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00:01Ici Normandie, premier sur l'actu locale en Normandie, ici matin.
00:067h45, manifestée tous les lundis soir devant les tribunaux de France.
00:10C'est l'appel d'associations féministes et de défense des enfants pour demander une loi intégrale contre les violences
00:16sexuelles
00:17et un budget adapté après la mort de Liana le 4 juin dans le Gers.
00:21Marianne, notre invitée ce matin est la députée socialiste de la première circonscription de la Seine-Maritime.
00:28Bonjour Florence-Héron à la haute.
00:30Après l'affaire Liana, pensez-vous qu'il y a urgence, qu'il faut une loi intégrale sur les violences
00:34sexuelles et sexistes faites aux enfants et aux femmes
00:36de façon urgente comme celle déposée par une députée de votre groupe en décembre dernier, co-signée par un groupe
00:42transpartisan d'une centaine de députés ?
00:44Mais il y a urgence aujourd'hui comme il y avait urgence hier.
00:47Et il faut vraiment que le gouvernement prenne la mesure de la situation dans laquelle nous sommes
00:52et qu'on prenne, entendent la société civile, les femmes, les parents qui manifestent partout en France,
01:00qui remanifesteront ce soir pour dire que ça suffit en fait.
01:06On n'en peut plus. Ce n'est plus possible d'avoir conscience qu'il y a des pédocriminels qui
01:14sont laissés en liberté
01:16suite à des plaintes et des signalements réalisés par des mineurs, par leurs parents,
01:21qu'aucun acte d'enquête n'est réalisé, que c'est classé sans suite et qu'on s'en lave
01:27les mains.
01:27Eh bien non, on ne s'en lave pas les mains, c'est l'avenir de nos enfants.
01:31160 000 enfants par an sont victimes d'agressions sexuelles.
01:34100 000 femmes par an sont victimes de viols.
01:37Il y a un processus de reproduction qui est à l'œuvre.
01:40L'affaire Barrella nous montre que...
01:42Du nom du principal suspect.
01:44Du nom du principal suspect, on a là affaire à une famille incestueuse.
01:50Sébastien Lecornu, le Premier ministre, a dit qu'il allait prendre un décret sur la nécessité de motiver
01:55les classements sans suite des plaintes concernant les crimes sexuels sur les mineurs.
02:00Il a raison ?
02:01Non mais très bien.
02:02Mais une mesure suffira-t-elle à enrayer ce processus que je viens de décrire ?
02:0770% des victimes d'incestes reproduisent les agressions sexuelles.
02:12Donc c'est un grand coup de pied dans la formelière qu'il faut mettre.
02:15Il faut intervenir en prévention, en formation, en sanction, en procédure judiciaire et ensuite en réparation.
02:23Et c'est à tous les étages qu'il faut intervenir.
02:25C'est le sens de cette proposition de loi que j'avais travaillée avec Céline Thiebaud-Martinez
02:29qui est effectivement la chef de file sur ce texte,
02:32qui intervient dans toutes les sphères où s'opèrent les agressions sexuelles.
02:37Sinon on n'y arrivera pas.
02:39On n'y arrivera pas.
02:40Et moi j'engage ce soir devant les tribunaux les hommes, les hommes bien,
02:45ceux qui aiment leurs enfants, qui protègent leurs enfants,
02:48qui respectent leurs épouses, leurs compagnes, à être avec nous devant les tribunaux.
02:53Ce n'est pas possible qu'en 2026, pour défendre les droits des enfants,
02:57nous n'ayons que 20% en moyenne d'hommes présents dans ces rassemblements.
03:02Vous visez les hommes là, Florence Hermoy-Léauté ?
03:04Je dis que nous ne gagnerons pas toutes seules,
03:08et que ce n'est pas une lutte, si elle est féministe et enfantiste,
03:13cette lutte, elle ne peut pas appartenir qu'aux femmes.
03:15Moi j'ai été très touchée par l'appel de Thomas Pesquet,
03:18il y a trois semaines je crois à l'issue de la grande librairie,
03:21qui a fait un appel très juste, une adresse aux hommes.
03:25Et bien sûr que ce n'est pas tous les hommes qui agressent,
03:28mais dans 94% des cas ce sont des hommes.
03:31Mais ce ne sont pas tous les hommes, il y a bien d'hommes bien,
03:35et nous voudrions les voir à nos côtés être aussi combattifs que nous
03:39pour défendre les droits des enfants.
03:40Florence Hermoy-Léauté, vous êtes membre de la commission d'enquête parlementaire
03:43sur le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses parentales,
03:47commise contre les enfants.
03:48Le rapport est en cours d'écriture, il doit être rendu en juillet.
03:52Quelles sont les priorités qui se dégagent ?
03:54Un parquet national dédié, par exemple ?
03:56Un parquet national dédié, par exemple, mais ça veut dire des agents qui sont formés
04:01à toutes les étapes des procédures.
04:04Aujourd'hui, moi je vous rappelle que seulement 1% de nos policiers et gendarmes
04:07sont formés à cette fameuse procédure Nietzsche,
04:10qui permet dans les salles Mélanie ou les UAPS de recueillir la parole de l'enfant
04:13sans la polluer pour qu'elle ait une valeur probante.
04:16Donc on a des gros, gros efforts à faire et cette loi intégrale, elle a le mérite.
04:22Alors il y a la loi intégrale dans laquelle on retrouvera beaucoup des préconisations
04:25qui seront dans le rapport de la commission d'enquête inceste.
04:29Il faut aussi qu'on garantisse un certain nombre d'actes dans un délai imparti.
04:33Il faut que l'enfant soit mis en protection,
04:36dans le respect de la présomption d'innocence,
04:38mais que son intérêt supérieur prime et qu'il soit mis en protection.
04:42Que les parents protecteurs n'aient pas entamé une deuxième bataille pour se justifier, eux,
04:47et que leur enfant ne leur soit pas arraché, voire reconfié aux parents signalés comme étant agresseurs,
04:52il y a énormément de sujets à aborder.
04:56Et puis il y a toute cette question de la prévention.
04:58Il faut que les enfants sachent à qui ils peuvent parler.
05:02Il faut que les adultes qui évoluent autour d'eux soient formés à recueillir,
05:05à entendre et à comprendre ce que l'enfant relate.
05:08Florence-Hermain Léauté, vous avez été élue à la ville d'Oran en charge des écoles
05:11en neuf plaintes ont été déposées pour des violences sexuelles ou des viols
05:14visant des agents de la crèche Pierre de Lune et de l'école à Maudé-Brouette.
05:17Est-ce que vous aviez eu connaissance, vous, de signalement lorsque vous étiez adjointe ?
05:21Moi, j'avais eu principalement à gérer des signalements d'agression entre enfants
05:28que l'on avait pris en charge.
05:29Et puis on avait eu effectivement des signalements qui avaient conduit à des suspensions
05:33le temps que l'enquête et que le parquet nous disent ce qu'il en était.
05:36Et voilà, donc à chaque fois, et c'est le cas à Sotville,
05:40mais rendez-vous compte, 160 000 enfants par an, ça ne peut qu'émerger.
05:45C'est-à-dire que ce débat, ce sujet qui est présent dans les débats médiatiques
05:50et dans le débat public depuis ces dernières semaines,
05:54ne peut qu'inciter, et tant mieux, des familles, des parents, des enfants
06:00à révéler, à dire et à être entendus.
06:02Parce que les enfants, on le dit, ont toujours parlé,
06:05mais ils n'ont pas toujours été entendus.
06:07Et donc, aujourd'hui, il faut que les collectivités,
06:10les associations qui organisent des choses avec les enfants,
06:12le conservatoire, les écoles de musique,
06:15soient prêts à entendre et à réagir, et donc à suspendre.
06:19Pour avoir cette précision, vous avez eu vent, vous,
06:21de signalements sur des agressions entre enfants
06:24à la crèche Pierre de Lune ?
06:26Non, ce n'est pas ce que je vous ai dit.
06:28Vous m'avez renvoyé à mon mandat d'adjoint sur le précédent mandat ?
06:33Je vous dis que dans le précédent mandat,
06:34nous avons eu à gérer, effectivement, avec l'éducation nationale,
06:38ce type de situation, bien sûr.
06:40Donc, entre enfants, c'est bien ce que vous avez dit ?
06:43Entre enfants et de signalements d'adultes sur des enfants,
06:46pour lesquels nous avons à chaque fois suspendu,
06:49conduit une enquête interne,
06:51et puis attendu les conclusions du parquet.
06:56Merci beaucoup.
06:57Il faut que chacun soit prêt à les recevoir,
06:59et soit prêt à agir pour protéger l'enfant,
07:02et mettre en place les dispositifs qui s'imposent.
07:05Et là-dessus, une enquête est ouverte par le parquet d'Euron.
07:07Merci beaucoup, Florence Serron,
07:09députée socialiste de la Seine-Maritime,
07:10d'avoir accepté notre invitation.
07:11Bonne journée à vous.
07:12Merci à vous.
07:147h52, tiens, je vous offre,
07:15ça peut paraître un peu paradoxal,
07:16« Mon sourire » de Zaz,
07:18c'est une chanson, justement,
07:19qui dit qu'on peut continuer à sourire.
07:22C'est un élan vital,
07:23c'est aussi une forme de résistance ce matin.
07:26Zaz, et puis dans la foulée,
07:27Richard Gauthier nous rejoint
07:28pour les trois plus ici Normandie,
07:30les incontrins.
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