- il y a 3 heures
Xavier Bertrand, président “Les Républicains” de la région Hauts-de-France, était l'invité de BFMTV ce dimanche 14 juin
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00:00Mais d'abord, bonsoir Xavier Bertrand.
00:01Bonsoir.
00:02Merci d'être avec nous ce soir, Président Les Républicains de la région Hauts-de-France.
00:05Je voudrais d'abord entendre votre avis, votre sentiment sur l'affaire Liana.
00:09C'est vrai qu'on vous a peu entendu ces dernières semaines.
00:11Est-ce que vous êtes, comme beaucoup de Français, et comme Gérald Darmanin qui l'a dit,
00:16en colère après la mort de cette fillette ?
00:19Ce qui s'est passé est tragique, et vous me dites pourquoi je ne me suis pas fait entendre.
00:23J'ai voulu aussi respecter ce qu'ont demandé les parents de cette jeune fille,
00:27ce qu'a demandé l'avocat.
00:29Et je pense qu'il y a un minimum de décence à respecter la douleur qui est la leur,
00:34que rien n'effacera jamais.
00:36Et puis il y a aussi un autre phénomène, c'est que je veux maintenant, je veux savoir,
00:40je suis comme tous les Français, je suis certainement comme les parents de cette jeune fille,
00:44je veux savoir exactement, dans cette chaîne judiciaire, quel est le maillon qui a été défaillant.
00:50Qu'est-ce qu'on doit, à l'avenir, faire pour que ne puisse plus reproduire un drame aussi tragique
00:55que celui-là ?
00:56– Et quand vous saurez, quand nous saurons, les deux rapports réclamés par le gouvernement
01:02devraient être publiés dans les jours qui viennent, il faudra des sanctions ?
01:05– S'il y a eu des comportements qui sont des comportements défaillants, oui, il faudra des sanctions.
01:11Mais au-delà de ces sanctions, c'est comment notre appareil judiciaire,
01:14notre système judiciaire ne reproduira plus les mêmes errements, les mêmes erreurs.
01:19C'est ça le vrai sujet. Parce que, de quoi on parle ? On parle de notre justice.
01:24Je sais que c'est facile aujourd'hui de faire le procès de la justice, je le sais.
01:27Mais la justice est un des piliers français de notre État de droit.
01:31Et que nous devons avoir une justice qui est une justice forte, qui est efficace,
01:35respectée et qui inspire confiance.
01:38– Ce n'est pas ou plus le cas aujourd'hui ?
01:40– Non, je vois bien, je vois les sondages, je vois ce que les gens me disent régulièrement.
01:44– Non, on a besoin de refonder cette confiance, ce lien entre le citoyen et la justice.
01:50C'est indispensable, c'est incontournable.
01:52Regardez, aujourd'hui, je l'ai vu, c'était sur votre plateau la semaine dernière.
01:56J'en disais, mais au final, est-ce qu'il ne faudrait pas revenir à la peine de mort ?
01:59Et puis s'il n'y a pas la justice, on va se faire justice nous-mêmes ?
02:02Non, non, la justice doit être justement implacable, elle doit être efficace,
02:08elle doit inspirer confiance, on doit se dire, il y a la justice pour nous protéger.
02:12Dans tout cet enjeu qui est de vivre en sécurité,
02:15on a besoin d'une justice qui soit exemplaire et qui soit forte.
02:19Et dans les priorités que je veux avoir l'an prochain,
02:24il y a dans ces services publics clés, il y a bien évidemment la justice.
02:28– On va revenir dans quelques instants sur toutes les propositions,
02:30et il y en a énormément qui ont été faites par le gouvernement,
02:32par les oppositions après la mort de cette fillette,
02:35mais on a appris aujourd'hui qu'Emmanuel Macron a eu au téléphone la famille de Liana,
02:39c'était mercredi dernier, en compagnie de son épouse Brigitte,
02:43discussion qualifiée de longue et émouvante par l'Elysée auprès de BFMTV.
02:48Est-ce qu'il a bien fait de les appeler ? Est-ce que c'était le bon moment ?
02:50Est-ce que c'était trop tard ?
02:52– Écoutez, les obsèques ont eu lieu vendredi.
02:55– Oui.
02:56– De respecter le deuil des parents, c'est la moindre des choses.
02:59Et qu'il y ait eu cet échange, lui et Mme Macron,
03:02je pense que sont aussi une famille qui parle aussi à une famille,
03:06même si bien évidemment il est président de la République dans ses fonctions.
03:09Mais les mots ne sont pas simples, je comprends que la conversation ait été longue.
03:13Je pense qu'il a eu vraiment raison justement d'attendre que les obsèques aient lieu.
03:17Et beaucoup de responsables politiques auraient été bien inspirés d'attendre que les obsèques aient lieu.
03:21– Dans cette affaire, je ne veux pas entendre parler de manque de moyens.
03:24C'est ce qu'Emmanuel Macron a dit au début de l'affaire Liana.
03:27Est-ce que vous faites le même constat que lui ?
03:29Constat que fait par exemple aussi le plus haut procureur de France, Rémi Hedt,
03:32en disant que c'est une crise qui dépasse la question des moyens aujourd'hui.
03:36Pour vous ?
03:37– Il dit que c'est une crise systémique, le procureur général auprès de la Cour de cassation.
03:41Mais la vraie question, c'est quand nous saurons exactement si c'est une question de moyens
03:45ou si à un moment donné ceux qui devaient agir ne l'ont pas fait,
03:48on saura exactement à quoi s'en tenir.
03:51Ce qui est vrai aujourd'hui, c'est que sur la question des moyens,
03:55il y a eu un renforcement important des effectifs de la justice,
03:58et notamment, ça a été le combat d'Éric Dupond-Moretti, on le sait bien,
04:02ce combat a été entrepris et on n'est pas encore allé jusqu'au bout.
04:05– Pas suffisant donc ?
04:06– Il faudra continuer bien évidemment ce mouvement.
04:09Et puis il y a aussi autre chose, c'est que vous avez besoin,
04:11quand vous parlez de la justice, il y a tout ce qui est la police judiciaire,
04:14les enquêteurs, où là encore, il va falloir davantage de monde dans les années qui viennent
04:19et les gens qui sont formés, notamment pour les nouvelles priorités.
04:23Nous savons aujourd'hui clairement que la justice est un pilier essentiel,
04:26mais il y a une autre priorité dans notre pays.
04:29Ce sont nos enfants, ce sont nos enfants.
04:32Je pense qu'il n'y a rien de plus important que nos enfants,
04:35et là ce n'est pas du point de vue d'un père qui s'exprime,
04:38mais aussi en tant que responsable politique, en tant que responsable public.
04:41Notre société n'est pas assez tournée vers les enfants.
04:44Du plus jeune âge, de leur naissance jusqu'à l'âge adulte,
04:47on en parle bien nos enfants, on s'en occupe très mal.
04:50Que ce soit les places en crèche, que ce soit l'école,
04:54que ce soit pour trouver leur place dans la société,
04:56que ce soit également la protection sociale de l'enfance.
04:59Regardez, Marc Fauvel, le premier stage, la galère pour les parents
05:02qui n'ont pas de carnet d'adresse, le premier emploi, le premier logement.
05:06Il est temps que notre société soit à nouveau tournée vers l'avenir.
05:10Ce n'est pas une phrase.
05:11L'avenir, ce sont nos enfants.
05:13Et vous voyez, il va y avoir en débat, dans quelques jours,
05:16une loi qu'on appelle la loi intégrale sur la protection des enfants.
05:21Je réexplique simplement pour ceux qui n'ont pas le contexte.
05:23C'est une loi qui a été portée par une centaine de députés du centre et de la gauche,
05:28dite loi intégrale, parce qu'elle reprend en fait une grande partie
05:30de ce que réclament les associations féministes, mais qui coûte très cher.
05:342,6 milliards d'euros par an.
05:36Et c'est peut-être pour ça que, jusqu'à présent, le gouvernement ne voulait pas
05:40l'inscrire à l'agenda du Parlement.
05:41Est-ce que pour vous, il faut l'inscrire, et vite ?
05:43Oui.
05:43Vous voyez, l'Espagne a fait des progrès très importants pour lutter contre les violences
05:48infrafamiliales.
05:49C'est bien évidemment les violences faites aux femmes, les féminicides.
05:52Mais on ne peut pas considérer que, pour les enfants, ce n'est pas le même degré
05:56d'urgence, la même priorité.
05:58C'est la même priorité.
05:59Et je suis convaincu qu'il y a cet effort qui est très important.
06:02Ce sont des effectifs en plus.
06:03Et c'est même, vous voyez, en maternelle, il y aurait également des cours de formation,
06:09de sensibilisation pour expliquer aux enfants.
06:12L'idée, c'est de prévenir.
06:14C'est également de pouvoir mieux organiser la défense, la protection des enfants, et
06:21aussi pour pouvoir sanctionner.
06:23Parce que vous savez, les pédophiles, ces malades, ceux-là, il faut aujourd'hui, clairement,
06:30qu'il n'y en ait plus qui passent au travers des mailles du filet.
06:32Ça sera très compliqué, on le sait bien.
06:35Mais une chose est certaine, c'est qu'on ne peut pas avoir autant de nos enfants qui
06:39sont aujourd'hui victimes.
06:41Un enfant, ce n'est pas une proie.
06:42On sait qu'il y a des prédateurs.
06:44On doit tout faire pour justement les mettre à l'abri.
06:47En les traitant, judiciairement parlant, comme des terroristes.
06:50C'est ce que dit Gabriel Attal qui dit, parquet spécialisé, comme on a fait le parquet
06:56antiterroriste, peine plus lourde et suivi, finalement, comme les personnes radicalisées.
06:59Est-ce que vous faites le même rapprochement, pédophiles, terroristes ?
07:05Ils sont quand même gonflés de venir nous faire aujourd'hui des propositions.
07:09Ils n'attendent même pas le rapport.
07:10Ils ont été aux responsabilités.
07:13Ils ont été premiers ministres.
07:15Ils ont été ministres, parfois, pendant toutes ces années, où la question était déjà là.
07:20Et qu'est-ce qu'ils ont fait ?
07:23Qu'est-ce qu'ils ont fait ?
07:24Et aujourd'hui, ils viennent nous dire, avant même l'enquête,
07:27ils viennent nous dire exactement ce qu'il faut faire.
07:29Toutes les propositions qui sont mises sur la table aujourd'hui,
07:32il n'y en a aucune qui aurait empêché ce drame.
07:34Aucune.
07:35Et je le dis aussi très clairement, c'est que c'est des sujets sur lesquels
07:38on va avoir besoin d'attendre les conclusions du rapport.
07:41Donc toutes celles et ceux, parce que si vous faites l'inventaire
07:44de toutes les propositions qui sont mises sur la table,
07:46on en a pour toute l'émission.
07:48Il y en a quelques-unes, effectivement.
07:49J'entends ce que vous dites sur Gambier à la table.
07:51Édouard Philippe.
07:51Mais pareil !
07:52Il a été premier ministre, bon sang.
07:54Mais ça veut dire que ça le discrédite pour tout.
07:55Et le problème n'existe pas depuis un an.
07:57Depuis dix ans, ils ont été en responsabilité.
08:00Que n'ont-ils fait ?
08:01Ou alors, il fallait qu'ils commencent toutes leurs interviews en disant
08:05on n'a pas assez fait, on n'a pas assez vu le problème
08:07et maintenant il faut changer de logique.
08:09Il n'y a même pas eu ça.
08:10Mais ça veut dire que pour vous, d'avoir été aux responsabilités
08:12au premier ministre d'Emmanuel Macron, discrédite entièrement
08:15aujourd'hui dans cette affaire, Gabriel Attal et Édouard Philippe ?
08:18Je trouve sincèrement qu'ils ne sont pas les mieux placés
08:21pour venir nous dire aujourd'hui comment doit s'organiser
08:23la protection de nos enfants et notamment
08:25quelle réforme du système judiciaire il faut pour cela.
08:27Quand Édouard Philippe dit par exemple
08:29qu'il faut donner la possibilité aux parents
08:31avant d'embaucher quelqu'un qui va garder leurs enfants,
08:34d'appeler la police pour savoir si cette personne est fichée.
08:37C'est le système anglais.
08:38Il existe depuis quand ?
08:40Une dizaine d'années je crois.
08:41Le plus que ça ?
08:41Oui, 2005.
08:42Exactement.
08:43Pardon, ça fait 20 ans, je compte mal.
08:44Voilà.
08:44Il était en fonction, le premier ministre ?
08:47Donc que ne l'a-t-il fait plus tôt ?
08:49Maintenant, ce que vous avez besoin de faire,
08:51aujourd'hui j'en suis absolument convaincu,
08:53avant même le rapport de l'enquête,
08:55pour en avoir parlé à la fois avec des magistrats du siège
08:57et aussi avec des procureurs, des membres du parquet.
09:01Ce qui est évident, c'est qu'on a besoin de mieux protéger,
09:04et c'est le cas notamment de tout ce qui s'est passé pour le périscolaire,
09:07de mieux protéger nos enfants et de voir toutes celles et ceux
09:10qui ont eu des antécédents,
09:12celles et ceux qui ont eu des comportements qui ont été signalés,
09:15ils ne doivent pas s'approcher de nos enfants.
09:18Ils ne doivent pas le faire.
09:20Et tout ce qui peut être fichier,
09:21qui va permettre justement de mieux savoir,
09:24oui, il faut le renforcer bien évidemment.
09:26– En rendant public ces fichiers ou pas ?
09:28– En rendant public.
09:28Quels sont les pays qui rendent ça public ?
09:30– La Pologne.
09:31La Pologne le fait depuis quelques années pour les pédophiles jugés condamnés.
09:35– Oui, qui n'est d'ailleurs, si je ne me trompe pas,
09:37pas un exemple très répondu,
09:38et ce n'est pas la Pologne d'aujourd'hui,
09:40on ne peut pas dire que c'était la Pologne la plus,
09:43comment dirais-je, respectueuse à la fois du droit et du besoin de sévir.
09:48Il y a un équilibre entre les deux qui est à trouver.
09:50La Pologne n'étant pas le meilleur exemple, à mon sens là-dessus,
09:54parce que vous voyez bien les dérives que ça peut opérer.
09:56Même des pays où les tabloïds sont très développés,
09:58notamment comme l'Angleterre,
09:59ne sont pas allés jusque-là avec le fichier Sarah
10:03en souvenir de cette jeune fille.
10:05– Vous avez entendu depuis le début de l'affaire Xavier Bertrand
10:08les mots de Gérald Darmanin,
10:10qui s'est d'ailleurs démultiplié dans les médias pour dire
10:13les directives, mes directives collectives aux procureurs,
10:16parce que je n'ai pas le droit en tant que garde des Sceaux
10:18de donner des directives individuelles,
10:19n'ont pas été respectées.
10:21J'avais demandé qu'on mette tout en haut de la pile
10:24les narcotrafiquants et les affaires sexuelles,
10:27ça n'a pas été respecté.
10:28Il y a donc dysfonctionnement, c'est ce que dit aujourd'hui
10:30le ministre de la Justice.
10:31Est-ce que pour vous, sa responsabilité existe dans cette affaire
10:35et est-ce qu'il aurait dû présenter sa démission ?
10:38– Vous ne pouvez pas dire indépendance de la justice,
10:41tout le monde le dit,
10:42et démission du ministre, ça n'a aucun sens.
10:45Donc soit c'est une opération politique-politicienne
10:47pour avoir sa tête,
10:48mais la vérité, c'est que vous savez pertinemment
10:51qu'une affaire comme celle-ci n'est pas remontée jusqu'au ministre.
10:54Donc très clairement, il a commandité différentes enquêtes,
10:59différentes inspections,
11:00laissons-le travailler pour remettre de l'ordre dans tout cela
11:03et que l'on soit garanti que l'on n'ait plus les mêmes errements.
11:06– Donc vous ne serez pas de ceux qui,
11:08à l'instar de Jordan Bardella et Marine Le Pen d'ailleurs aujourd'hui,
11:12ou les Insoumis, réclameront la démission du ministre ?
11:15– Et deux extrêmes, encore une fois,
11:17l'extrême gauche, l'extrême droite,
11:18qui de toute façon n'ont que ça à la bouche,
11:20il leur faut des têtes,
11:21mais ils sont bien incapables justement de nous dire
11:23comment les choses iraient mieux avec eux.
11:25De toute façon, en plus vous prenez les Insoumis,
11:27je crois qu'ils n'ont voté aucun des budgets
11:29d'augmentation du ministère de la Justice à l'époque.
11:32– Je voudrais vous faire entendre justement ce qu'a dit Gérald Darmanin
11:35sur la question du suivi des pédocriminels,
11:38c'était sur ce plateau cette semaine.
11:40– Je pense que les pédocriminels sont incurables, personnellement.
11:44Et j'ai dit depuis plusieurs mois,
11:46évidemment comme il n'y a pas une affaire comme celle-ci
11:49qui met en avant ce qu'on peut dire,
11:50vous pouvez regarder les commissions d'enquête parlementaires
11:52où j'ai été interrogé, c'est public,
11:53il y a plusieurs mois que j'ai dit que pour ma part,
11:56vouloir réinsérer des pédocriminels
11:57me paraissait contraire à la vérité de ce qui se passait.
12:01Je pense que notre réponse pénale,
12:03en ce qui concerne les pédocriminels,
12:04ne doit pas avoir comme but dans la prison
12:06leur réinsertion future,
12:07mais on doit les priver, me semble-t-il,
12:10de liberté le plus possible.
12:12– Les pédocriminels incurables.
12:14– Il faut renforcer à la fois les peines,
12:17j'en suis absolument convaincu,
12:19et il faut aussi s'assurer que l'obligation de soins,
12:23elle est bel et bien respectée,
12:25parce qu'elle existe aujourd'hui.
12:26Mais vous voyez, il y a un point tout à l'heure
12:28sur lequel vous êtes allé vite, qui est très important.
12:31Je vais y revenir, je reviendrai sur ce que vous voulez ensuite,
12:33mais sur la parole de l'enfant,
12:34il y a eu outreau.
12:36Et outreau parce que des enfants ont été manipulés par des adultes,
12:39on s'est mis à douter de la parole de l'enfant.
12:41– Parce que certains avaient menti à l'époque.
12:43– Mais ils avaient menti.
12:44On a vu aussi qu'elle avait été le rôle
12:46de certains des parents vis-à-vis des enfants.
12:48Et depuis cette date-là,
12:49on a le sentiment que la parole des enfants est faillible.
12:53Mais toute parole peut être faillible.
12:54On doit respecter la parole de l'enfant,
12:56comme on doit respecter la parole des femmes,
12:58comme on doit respecter la parole des victimes.
13:00Il n'y a pas assez de place, à mon sens,
13:02dans le système judiciaire sur le respect de la victime,
13:05sur la prise en compte de la victime.
13:07– Que vous attribuez à quoi ?
13:08– La parole des enfants doit être justement entendue.
13:11Ça veut dire, encore une fois,
13:13c'est de la formation.
13:14C'est de la formation des services de justice,
13:16c'est de la formation des services de police,
13:18et de gendarmerie quand on auditionne les enfants.
13:21C'est ça, je pense aujourd'hui,
13:23l'une des clés de la réussite,
13:24si l'on veut faire en sorte que la cause des enfants
13:26devienne, vraisemblant, une cause principale.
13:29Et puis, il y a un autre point.
13:31Aujourd'hui, disons-le très clairement,
13:33et ça a été dit,
13:34nos services de justice sont méconnus des Français.
13:38Ils sont très méconnus.
13:39– D'ailleurs, certains tribunaux ont décidé d'organiser
13:42à partir de demain des opérations partout ouvertes.
13:44– Amiens, mercredi.
13:45Jean-Philippe Vicentini, le procureur d'Amiens,
13:48a annoncé l'autre jour à l'ensemble des élus de la Somme
13:50qu'il ouvrirait, le palais de justice,
13:53et qu'il expliquerait exactement comment il travaille,
13:56avec les possibilités qui sont les leurs
13:58et aussi les contraintes qui sont les leurs.
14:00Je pense que c'est important, encore une fois,
14:02pour redonner cette confiance,
14:03d'expliquer et de faire preuve de pédagogie.
14:06Mais derrière ça,
14:07c'est des besoins de formation qui sont essentiels.
14:09Et quand on nous dit aujourd'hui
14:10qu'il y a une nouvelle priorité,
14:13alors il faut dire quelles priorités on retire.
14:15Ça, ça s'appelle la transparence.
14:17Ça s'appelle la vérité.
14:18– Parce qu'à force d'admissionner des priorités,
14:19que rien n'est prioritaire.
14:20– Mais bien sûr, les services de justice qui entendent ça
14:23se disent « mais je vais devoir faire le tri ».
14:24Quand on voit aujourd'hui les 70 000 plaintes
14:28qui vont être réexaminées d'ici le 14 juillet,
14:30faire aussi attention à ne pas créer une psychose
14:33dans le pays avec toutes ces plaintes.
14:34Il y en a par exemple, nous a-t-il dit l'autre jour,
14:36700 dans le département de la Somme.
14:38Ils vont faire le maximum.
14:40Mais je pense qu'également,
14:41on a besoin de moderniser les services de justice
14:43en utilisant tout le potentiel aujourd'hui du numérique
14:46pour permettre que les transmissions se fassent plus rapidement
14:49et que l'on puisse voir également
14:51s'il y a des actes de procédure qui sont effectués ou pas.
14:54Vous voyez, ce que je vous dis
14:55n'est peut-être pas spectaculaire.
14:57Mais une chose est certaine,
14:59c'est que si on met tout ça en place
15:01sur tout le territoire,
15:03je pense sincèrement que nous aurons une justice
15:05beaucoup plus efficace.
15:06avec des peines qui sont bien évidemment renforcées
15:09et avec ce maître mot, protéger.
15:12Xavier Bertrand, je voudrais vous montrer une photo,
15:15vous avez prononcé son nom tout à l'heure,
15:16c'est une photo de Jordan Bardella
15:19qui sera ce soir à 20h45 sur BFM TV.
15:22C'était le jour de la marche blanche
15:23en hommage à Liana.
15:26Jordan Bardella était au Grand Prix de Formule 1,
15:30on le voit derrière moi, au Grand Prix de Monaco
15:32avec sa compagne.
15:34Cette image, est-ce qu'elle vous a choqué ?
15:35Quelle indécence !
15:37Non mais il y a une marche blanche.
15:39Au même moment, le même jour,
15:41le Front National, bien évidemment,
15:43vient dire que c'est un scandale,
15:46qu'il est aux côtés justement de toutes les victimes,
15:48et voilà la réalité de ce qu'il préfère.
15:50Je le dis à celles et ceux qui nous regardent,
15:51regardez-le bien,
15:52comme vous pouvez regarder M. Mélenchon,
15:54regardez bien les extrêmes.
15:56Vos vies ne les intéressent pas,
15:57vos suffrages les intéressent,
15:59mais vos vies ne les intéressent pas.
16:00Mais ça veut dire que vous, ce jour-là,
16:02vous vous êtes interdits de participer à quelque chose
16:04qui aurait pu être festif ?
16:05Oui.
16:06Oui.
16:07C'est une question de respect.
16:09Et vous pouvez avoir toutes les explications du monde
16:11quand vous êtes un responsable public,
16:12un responsable politique,
16:14que vous aspirez aux plus hautes fonctions,
16:15vous comprenez ce que peuvent ressentir d'autres personnes.
16:18Les gens ne disent pas aux responsables politiques,
16:20vivez notre vie,
16:21mais comprenez notre vie.
16:23Et là, de comprendre la douleur et le respect,
16:25qui à mon avis étaient indispensables,
16:28cette marche blanche,
16:28puis après, ils vont nous faire leur grand cinéma.
16:30C'est insupportable.
16:32Mais il ne faut pas tomber dans le panneau.
16:34Et vous savez,
16:35Bardella, Le Pen, Mélenchon,
16:37c'est exactement les mêmes.
16:38On est à dix mois du premier tour
16:40de l'élection présidentielle, Xavier Bertrand.
16:41Est-ce que vous savez pour qui vous voterez ?
16:44Pour qui je voterai à l'élection présidentielle ?
16:46J'aime bien votre sourire.
16:47Vous savez que je me prépare à cette élection présidentielle.
16:49Oui, mais je me prépare, ça ne veut pas dire que je vivaille.
16:51Non, mais pourquoi ?
16:52Parce qu'il y a beaucoup de monde qui se prépare en ce moment.
16:54Mais il y en aura beaucoup moins à la fin.
16:55Mais vous verrez bien, vous verrez bien comment ça va finir.
16:58Il n'y aura pas plus de candidats à la prochaine élection présidentielle
17:02qu'il y en avait aux précédentes.
17:03Il y en aura peut-être même un peu moins.
17:03Donc pour dire les choses clairement,
17:04votre objectif, c'est de glisser un bulletin à votre nom
17:07le jour du premier tour.
17:09Mais pourquoi je ne vous dis pas aujourd'hui,
17:10je suis candidat ?
17:11Parce que quand vous êtes candidat,
17:13ceux qui vous écoutent doivent se dire,
17:15si c'est lui,
17:17voilà ce que ça va changer pour moi,
17:18voilà ce que ça va changer pour le pays.
17:20Mais vous vous laissez combien de temps ?
17:21Vous êtes comme Raphaël Gluckspann,
17:22vous dites qu'il me faut encore trois mois
17:23pour être sûr de moi.
17:25Vous savez ce que je fais en ce moment ?
17:26Non.
17:27Je parcours le pays sans les médias.
17:30Parce que quand vous avez les journalistes avec vous
17:32pour faire des visites sur le terrain,
17:34vous ne pouvez pas vous empêcher de parler pour les journalistes
17:36et pas pour les gens qui sont face à vous.
17:37Que ce soit en rencontrant les salariés
17:40du zoo au parc de Beauval avec Rodolphe Delors,
17:42que ce soit pour aller rencontrer des mamans solos au Mureau,
17:46que ce soit pour rencontrer des chefs d'entreprise.
17:48Je leur dis ce que j'ai en tête
17:50et je vois aussi quelles sont leurs réactions.
17:52C'est le meilleur des sondages.
17:54C'est-à-dire que je ne viens pas leur dire,
17:55excusez, donnez-moi des idées, j'en ai pas trop.
17:57J'en ai.
17:58Mais je veux avec eux voir
18:00quelle sera la force de mon projet.
18:02Et je m'aperçois d'une chose,
18:03c'est qu'il y a autre chose que le projet.
18:06Le prochain président devra se battre
18:09pour retrouver l'unité du pays.
18:13Aujourd'hui, vous voyez,
18:14ce qui me marque le plus,
18:16c'est que c'est difficile de vivre en France
18:19quand on est musulman.
18:21C'est difficile de vivre en France quand on est juif.
18:24C'est difficile de vivre en France
18:26quand on n'est pas blanc de peau.
18:28C'est difficile de vivre en France
18:30quand on ne porte pas le prénom du calendrier grégorien.
18:33Et c'est difficile aussi pour de très nombreux Français
18:35qui se sentent invisibles, oubliés.
18:38Eh bien, moi, je leur dis très clairement.
18:39C'est qu'ils respectent la loi,
18:41ils respectent la République,
18:43ils seront respectés
18:44et que chaque enfant a sa place
18:47dans la République française.
18:49Et ça, je pense que c'est important
18:51au moment où vous avez les deux extrêmes
18:54qui nous présentent leur vision
18:57d'une France fracturée,
18:59d'une France l'une contre l'autre.
19:01et vous voyez, cette droite,
19:04cette droite qui fait que chacun
19:05est à sa place dans la société française,
19:07elle existe.
19:08C'est la droite de Chirac.
19:09Mais ce n'est pas celle de Bruno Retailleau.
19:11Eh bien, c'est la droite de Chirac.
19:12Mais ce n'est pas celle de Bruno Retailleau.
19:13Oui, je vous le dis clairement,
19:14c'est la droite de Chirac,
19:15une droite républicaine.
19:16Et Bruno Retailleau,
19:18quelle différence avec Jacques Chirac pour vous ?
19:20Parce que je vous entends
19:21et je vous vois, les Français sans doute aussi
19:23depuis des mois,
19:25dire je ne veux pas de la candidature
19:26de Bruno Retailleau
19:27en raison de ces liens supposés
19:31avec le Rassemblement national.
19:32Ce que je ne comprends pas,
19:34Xavier Bertrand,
19:34c'est pourquoi vous restez dans ce parti
19:36sur un sujet aussi important.
19:37Parce qu'il y a deux choses.
19:38Il y a deux choses.
19:39Déjà, quand on appartient
19:40à une famille politique,
19:41ça permet aussi de s'exprimer
19:43et d'éviter les dérives.
19:44Et vous l'avez dit vous-même,
19:45je me suis exprimé
19:46à différentes reprises.
19:48J'ai quitté cette formation politique
19:49à un moment donné
19:50parce qu'il y avait même attitude.
19:52Mais de l'extérieur,
19:53vous n'avez pas la même force.
19:54Vous n'avez pas le même poids.
19:56Pour dire les choses autrement,
19:57est-ce que ça veut dire
19:58que si vous êtes candidat,
19:59au moment où vous le serez,
20:00vous aurez besoin du parti ?
20:02Ce n'est pas le sujet.
20:04Avec des désaccords aussi importants,
20:06c'est vrai qu'on se dit
20:07que votre position pourrait être en dehors.
20:08J'ai un mouvement avec moi
20:08qui s'appelle Nous France.
20:10J'ai des parlementaires,
20:11des élus locaux
20:12et des membres de la société civile
20:14qui ont envie de s'engager
20:15et qui, c'est vrai,
20:16auraient envie de s'engager
20:17dès maintenant.
20:18Mais je leur dis que l'important,
20:19c'est la force du projet
20:20et la force des convictions
20:21que vous apportez.
20:22Mais je vais aller aussi plus loin.
20:23Je pense aujourd'hui
20:24qu'être le candidat
20:27d'un parti politique seulement
20:28vous empêche de rassembler.
20:30Vous empêche le moment venu
20:32de créer une grande coalition.
20:33Et avant que vous me relancez là-dessus,
20:35une coalition...
20:36Moi, je n'avais rien dit.
20:37Je vous connais.
20:37Pas seulement avec les partis politiques,
20:40aussi avec les forces de ce pays.
20:42La démocratie sociale, j'y crois.
20:44Un changement de gouvernance,
20:46la république des territoires,
20:47faire en sorte que Paris
20:48ne soit plus décideur de tout,
20:50c'est quelque chose
20:51qui compte profondément pour moi.
20:52Donc, si je comprends bien,
20:53vous ne serez pas au meeting
20:55de lancement de Bruno Retailleau
20:56le week-end prochain ?
20:56Ça serait totalement incohérent de ma part.
20:58Il vous a invité ?
20:59Je pense avoir reçu une invitation,
21:01oui, comme l'ensemble des adhérents.
21:02Vous lui avez dit,
21:04les yeux dans les yeux,
21:05je ne serai pas là.
21:06Non, écoutez,
21:06je ne l'ai pas vu depuis longtemps.
21:08Je ne l'ai pas vu depuis longtemps.
21:09Mais je reviens à ce qui est plus important
21:10de savoir, Retailleau, Bertrand.
21:12Ce que je veux vous expliquer,
21:14c'est que la clé,
21:16la droite à laquelle je crois,
21:17une droite qui respecte tout le monde,
21:18prenez notamment Chirac.
21:20Chirac, c'était celui qui combattait
21:22les oppresseurs.
21:24Chirac, c'était l'ami d'Israël
21:25et l'ami des pays arabes.
21:27Et on est capable de le faire à nouveau.
21:29Et rappelez-vous aussi
21:30du testament de Chirac.
21:32Le testament de Chirac,
21:34quand il quitte l'Élysée,
21:35ne pactisez, ne composez jamais
21:38avec l'extrême droite.
21:39Et c'est ça qui est,
21:40à mon avis, important.
21:42Et ce fil-là,
21:43il n'est pas rompu.
21:45Un mot sur le RN, justement.
21:47Dans trois semaines,
21:47on saura qui,
21:48de Jordan Bardella
21:49ou de Marine Le Pen,
21:49portera les couleurs du parti
21:50à l'élection présidentielle.
21:52Est-ce que vous êtes de ceux
21:52qui font la différence entre les deux ?
21:55En disant,
21:55Jordan Bardella est plus à droite
21:57sur l'économie,
21:59sur les retraites,
22:00ou est-ce que vous dites,
22:00ils sont parfaitement interchangeables,
22:02il n'y a pas de différence de fond
22:04entre les deux candidats possibles ?
22:06Des gens s'aperçoivent
22:07qu'ils ne sont pas d'accord
22:08sur grand-chose,
22:09sinon sur une,
22:11profiter de la colère
22:12et des problèmes du pays.
22:14Et puis surtout,
22:15être dans le même registre
22:17que d'habitude.
22:18C'est-à-dire qu'à une époque,
22:20c'était les étrangers.
22:23Aujourd'hui,
22:23c'est un seul et même vocable
22:24qui englobe tout.
22:25C'est l'immigration
22:26qui est responsable de tout.
22:27Mais derrière,
22:28ça va beaucoup plus loin que ça.
22:29Le vrai sujet,
22:30c'est qu'eux,
22:31comme M. Mélenchon,
22:33et M. Mélenchon a fait la preuve
22:34encore la semaine dernière,
22:35ils veulent trier les Français.
22:36Ils veulent les trier.
22:39Mais ça, c'est impardonnable
22:40de vouloir prier les Français.
22:41Vous vous dites,
22:42je peux les battre au second tour.
22:43Écoutez,
22:44je vais vous dire une chose,
22:45nous sommes deux
22:46dans le pays
22:47à avoir battu Mme Le Pen.
22:49Au régional.
22:50M. Macron
22:50et moi-même.
22:52Entre deux élections,
22:54aux élections régionales,
22:55j'ai fait reculer
22:56le Front National de 16%.
22:57Et vous savez pourquoi ?
22:59Parce que
23:00je me suis battu
23:01pour les gens de ma région,
23:02je me suis battu
23:02pour ma région.
23:04J'avais fait campagne,
23:05notamment sur l'emploi,
23:06parce que c'est la première
23:06compétence de la région.
23:08Et force est de reconnaître
23:09qu'en dix ans,
23:10le chômage a beaucoup reculé
23:11dans ma région,
23:12qu'il y a à nouveau de l'espoir
23:13et que le vrai sujet
23:14pour s'attaquer aux extrêmes
23:15n'est pas de reprocher
23:18aux électeurs.
23:18Les électeurs,
23:19je les connais dans ma région.
23:20Il y a même des électeurs
23:21qui votent pour eux
23:22au niveau national,
23:22qui votent pour moi.
23:23Pourtant,
23:23Dieu sait combien je combats
23:24les extrêmes.
23:25Ils ne vous font pas peur.
23:25Et pourquoi ?
23:26Non.
23:26Non.
23:27Ce qui me fait peur,
23:28c'est le défaitisme de certains.
23:30Ceux qui ont baissé les bras
23:31en se disant
23:31qu'ils ont déjà gagné.
23:32Mais ils n'ont rien gagné du tout.
23:34La seule chance
23:35qu'ils puissent l'emporter,
23:37c'est qu'effectivement,
23:38M. Mélenchon soit face à eux.
23:40Et c'est ça,
23:41le rêve des extrêmes.
23:42C'est de se retrouver
23:43l'un face à l'autre
23:44de façon à pouvoir
23:46mettre en place
23:47cette France fantasmée
23:48qui est la leur,
23:49un bloc contre un bloc
23:50des Français contre les Français.
23:51Vous vous rappelez
23:52de Gérard Collomb ?
23:53Oui.
23:53Ministre de l'Intérieur.
23:54Quand il quitte ses fonctions,
23:56quand il dit
23:57on est côte à côte,
23:59on va se retrouver face à face.
24:00Il n'est pas trop tard.
24:01C'est pour ça qu'il y a
24:02véritablement cet enjeu
24:03de rassemblement,
24:04de l'unité du pays retrouvé.
24:06C'est la seule façon
24:08pour nous
24:08d'avoir un quinquennat.
24:10Le quinquennat prochain
24:11ne sera pas ordinaire.
24:12Ce sera un quinquennat
24:13de la reconstruction.
24:14Mais vous n'aurez pas
24:15de reconstruction
24:16sans apaisement
24:17et sans réconciliation.
24:18Je voudrais qu'on parle
24:19d'un sujet sur lequel
24:20tous les candidats
24:21aujourd'hui sont en train
24:22de se positionner.
24:23C'est l'intelligence artificielle.
24:24Vous avez organisé
24:25ces derniers jours
24:25un grand sommet sur l'IA
24:27à Lille,
24:281500 personnes.
24:29Vous avez rencontré
24:29Emmanuel Macron,
24:30le Premier ministre canadien
24:32également,
24:32qui a fait de gros investissements
24:33dans votre région.
24:34Et c'est vrai qu'aujourd'hui,
24:34la région Hauts-de-France,
24:36elle accumule les investissements,
24:3745 milliards encore récemment
24:39par un groupe japonais.
24:39Un peu plus, parce que
24:40d'autres acteurs viennent.
24:42Est-ce que vous n'êtes pas
24:43en train de faire entrer
24:43le loup dans la bergerie ?
24:44C'est-à-dire des investissements
24:45records qui vont supprimer
24:46les emplois de demain ?
24:47Alors, la première des choses,
24:49c'est que j'ai beaucoup
24:49de défauts.
24:50Mais je ne suis pas naïf.
24:52Je ne suis pas IA, BA.
24:54Mais je sais une chose,
24:55c'est que l'IA,
24:56les Français l'ont dans leur poche
24:59et dans leur vie.
25:00Elle est déjà là.
25:01Soit on organise les choses,
25:03soit on se fait imposer les choses.
25:05Je peux vous donner un exemple ?
25:06SoftBank,
25:06le groupe japonais qui a investi,
25:08vous avez dit,
25:08plus de 45 milliards d'euros,
25:09ça va se faire sur plusieurs années.
25:11900 emplois directs dans la région.
25:13Non, plus que ça.
25:14900 emplois directs.
25:15Non, pardonnez-moi,
25:16j'ai négocié avec eux,
25:17encore vendredi dernier,
25:18ce n'est pas ça.
25:19C'est que vous pouvez compter
25:21900 emplois directs,
25:22mais il y a plusieurs choses.
25:22Il y a la construction,
25:24mais ça, c'est juste
25:25pendant la construction
25:26sur trois sites.
25:27Ensuite, vous avez
25:28les emplois permanents.
25:30Et ensuite, vous avez
25:31une deuxième chose.
25:32Ce sont toutes les personnes
25:33qui sont les clients
25:34de ce data center
25:35qui sont tous les jours sur place.
25:37Je ne l'invente pas,
25:38je suis allé visiter
25:39des data centers,
25:40notamment ceux de Data 4,
25:41en Essonne,
25:42voilà quelques mois.
25:43Et puis, il y a aussi
25:43autre chose,
25:44on ne vous parlait pas.
25:45C'est que sur chaque data center,
25:47nous allons implanter
25:47un campus
25:49emploi sur les métiers
25:50de l'intelligence artificielle.
25:51Donc, vous êtes sûr
25:52qu'au final,
25:52il y aura davantage
25:53d'emplois créés
25:53que d'emplois supprimés
25:55par l'intelligence artificielle ?
25:56Vous parlez de deux choses
25:58différentes.
25:58Les data centers,
25:59c'est de l'infrastructure.
26:00C'est la face visible.
26:02C'est important,
26:02ce n'est pas le plus important.
26:03Pourquoi je préfère avoir
26:04les data centers
26:05ici chez moi ?
26:06C'est parce que ça va
26:07nous permettre de maîtriser.
26:08D'ailleurs,
26:08permettez-moi de le dire,
26:10un groupe japonais en premier,
26:11le deuxième que l'on citait
26:12avec la ministre
26:14la semaine dernière,
26:15c'est un groupe français.
26:16Oui, je choisis
26:17et je l'assume.
26:19Deuxièmement,
26:20je donne une garantie
26:21d'accès et de souveraineté
26:22des données
26:22aux entreprises régionales.
26:24Je permets également
26:25à mes universités,
26:26à mes grandes écoles
26:26d'avoir accès
26:27à la capacité de calcul.
26:29Et comme je sais
26:29qu'il y a des questions
26:30qui se posent
26:31sur les data centers,
26:32tout ce qu'ils produisent
26:33comme énergie,
26:33on la rebascule
26:34dans les réseaux de chaleur.
26:36Donc, vous voyez,
26:36on essaye au maximum
26:37de tirer profit.
26:39Et ensuite,
26:39j'ai autre chose.
26:40Comment je fais
26:41que l'IA soit pour tous ?
26:42Et comment on peut
26:43maîtriser l'IA ?
26:45Et pour ça,
26:45vous avez raison,
26:46il y a des métiers
26:46qui vont se transformer.
26:48Le prochain président
26:49de la République
26:50aura pour mission
26:50de préparer notre pays
26:52à cette vague de l'IA.
26:53Et j'organise,
26:53à l'automne,
26:55présidé par Philippe Aguillon,
26:56le prix Nobel de l'économie,
26:57une conférence sociale
26:58technologique,
26:59de façon à ce qu'avec
27:00les partenaires sociaux,
27:01on regarde exactement
27:02les impacts.
27:03Le rôle du politique,
27:04c'est d'anticiper.
27:05Je ne sais pas
27:06si vous avez écouté
27:06le discours de Raphaël Glucksmann
27:08hier,
27:08son premier discours
27:09de pas tout à fait candidat,
27:10puisqu'il a parlé également
27:11de l'intelligence artificielle
27:12et de la tech.
27:13Écoutez bien ce qu'il dit.
27:16Notre ennemi a un visage
27:18et il a un nom.
27:20Il en a même plusieurs.
27:22Il s'appelle Elon Musk.
27:27Sam Altman.
27:28Zhang Yiming.
27:29Voilà, il cite
27:30le patron de SpaceX,
27:31le patron d'Open AI,
27:33le patron de TikTok.
27:34Est-ce que vous diriez
27:35la même chose ?
27:35Mon ennemi,
27:36ce sont ces hommes-là...
27:38Mais qu'il n'hésite pas
27:39qu'il fasse aussi
27:39une ligne Maginot.
27:40Et puis s'il veut,
27:41il a qu'à dire à tout le monde
27:42« Attendez,
27:43on est au Moyen-Âge,
27:44on va tous dans le donjon,
27:45je remonte le pont de vie,
27:46je prépare l'huile bouillante. »
27:47Je vous sens un brin ironique.
27:48Ben oui,
27:48il y a une autre façon de faire.
27:49L'autre façon de faire,
27:50c'est d'avoir des solutions françaises,
27:52des solutions européennes.
27:53Regardez,
27:53chez nous,
27:54on a Mistral,
27:56on a AmiLabs,
27:57le nouveau groupe
27:58qui a été fait
27:58sur des nouveaux usages
27:59de l'IA,
28:00Yann Lequin,
28:01c'est important justement
28:02de pouvoir pousser
28:03toutes ces solutions.
28:04Mais ça veut dire que vous,
28:05par exemple,
28:05avant de venir sur ce plateau,
28:06vous vous préparez avec l'IA ?
28:08Non.
28:08Dans votre vie de tous les jours ?
28:09Non, attendez,
28:10je ne prépare pas.
28:10Non, mais c'est quand même
28:11important de le savoir.
28:12Si vous nous dites
28:12« C'est bien en théorie,
28:13mais moi je ne l'utilise pas »,
28:14ce n'est pas pareil.
28:14Ce que je vous dis,
28:15non,
28:16je ne le prépare pas avec l'IA.
28:17D'ailleurs,
28:17c'est l'une des clés pour moi.
28:18La décision finale,
28:20le propos final,
28:20c'est de l'intelligence humaine,
28:22c'est du génie humain.
28:23En revanche,
28:24c'est vrai que pour regarder
28:25des déclarations,
28:26de voir justement
28:27ce qui a été dit,
28:28ce qui a été fait auparavant,
28:30vous gagnez un temps phénoménal.
28:31Mais il faut surtout
28:32bien comprendre une chose,
28:34c'est que la décision finale,
28:35ça sera toujours du ressort humain.
28:37Prenez les radiologues.
28:38Les radiologues,
28:39pendant des années,
28:39on s'est dit
28:40« Les radiologues vont être remplacés
28:41par l'IA ».
28:42Non.
28:42Les radiologues qui n'utilisent pas
28:44l'IA seront remplacés,
28:45mais pas ceux qui utilisent l'IA.
28:46Et par exemple,
28:47mes demandeurs d'emploi dans la région,
28:49on a signé avec Thibaut Bulli,
28:51le patron de France Travail,
28:5225 000 de ces demandeurs d'emploi
28:54vont pouvoir utiliser l'IA.
28:56Vous avez accès aux offres d'emploi.
28:57Mais là,
28:58vous allez savoir
28:58si votre profil match
28:59pour retrouver plus facilement du boulot.
29:01Je ne suis pas IABA,
29:02mais je sais une chose,
29:04c'est que face à cette vague-là,
29:05on a besoin de pouvoir maîtriser
29:07et d'organiser les choses.
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