Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 jour
Depuis 1993, Bruno Vandenstick est le speaker des 24 Heures du Mans (Sarthe). Il nous explique comment il se prépare, et partage aussi ses astuces, ses conseils.

Catégorie

🥇
Sport
Transcription
00:00Mesdames et messieurs, allez tout le monde applaudit les hypercars, on y va, ça va être à fond et c
00:05'est maintenant !
00:07Est-ce que le public des 24 ans du monde est là ?
00:10Yeah !
00:11Est-ce que vous êtes fans de Sarah Bovich ?
00:15Ouais !
00:16Ouais !
00:17Et on y est en 3.32 !
00:20Oh là là là là, Esteban Masson devant, Jack Duane, Esteban Masson 3.32 !
00:25Vous dites, mais moi aussi, j'aimerais bien piloter, mais j'ai pas de matériel, quelques marques, c'est pas
00:31grave !
00:32Julian Glouwer, au pont le Ducane Team, réalise un chrono...
00:38On se prépare le speak avant la course, en fait il se prépare finalement toute l'année en regardant même
00:44quotidiennement tout ce qui est publié sur les sites spécialisés et sur les réseaux sociaux aussi, et des équipes, et
00:51naturellement des pilotes.
00:53Bon, c'est vrai que ça s'intensifie quand la course arrive, je regarde également les magazines spécialisés, bien sûr
00:59les communiqués de la SCO, puis alors je fais plein de petites fiches aussi, voilà, à l'image de celle
01:06-ci, où là encore je regarde vraiment le palmarès des pilotes, leur dernière actu, où ils en sont en 2026,
01:14de sorte à avoir plein de références en course.
01:17Il y a du numérique et puis il y a du papier aussi, l'avantage du papier c'est qu
01:21'on passe très vite d'une page à l'autre, même si, si vous venez me voir par exemple à
01:25ICMEN, je n'ai que du numérique.
01:27Mais c'est vrai que là, finalement, le papier ça a une souplesse que l'informatique n'a pas toujours.
01:33On a effectivement beaucoup d'images qui nous arrivent, ce qu'on appelle le signal télé, qui est aussi la
01:38source principale de commentaires, parce qu'on ne peut pas voir tout ce qui se passe sur un seul et
01:44même endroit,
01:45tout ce qui se passe sur le circuit des 24 heures du mort depuis un seul et même endroit.
01:48Donc oui, clairement, les images, qui sont aussi celles des téléspectateurs, nous aident énormément.
01:54Et puis, alors, on a évidemment les pages classement, les informations de la direction de course pour savoir ce qui
02:00s'est passé, pour savoir ce qui va se passer.
02:02Aller, imaginons un pilote dépasse trop, par exemple, la limite de course, c'est-à-dire qu'on circute un
02:07petit peu trop certains virages au chicane.
02:09Il va être sanctionné, l'information nous arrive parfois même avant que le pilote ne le sache.
02:13Et puis, alors, toujours à portée de main, la liste des engagés, naturellement, voilà, les 62 voitures, petites cases rouges
02:19pour les hypercars, cases bleues pour les voitures en catégorie LM P2.
02:23Et voilà, avec bien sûr aussi des cases vertes pour savoir ce qui se passe au niveau des GT3.
02:28Et ça permet comme ça d'avoir aussi le rappel de la composition des équipages.
02:31En fait, un élément important, il faut toujours avoir un oeil un peu comme un sportif, très, très entraîné.
02:36On va très, très vite au point essentiel.
02:39Et ça, ça se travaille finalement au fil des ans, au fil du temps.
02:42Comment on peut être réactif ?
02:44Ouais, alors moi, je le suis justement en prenant soin d'avoir toujours des éléments qui me permettent très vite
02:50de trouver réponse à une question ou de reprendre un élément chiffré.
02:55Encore une fois, le fameux cahier ou même encore parfois aussi l'écran.
02:58Mais effectivement, il faut que l'oeil ne perde pas de temps.
03:02C'est un petit peu comme si le cerveau commande une info.
03:05L'oeil va la chercher, la voix la restitue.
03:07Mais il faut que ça aille très, très vite.
03:09Est-ce que, par exemple, l'intelligence artificielle nous aide pendant la course ?
03:12Non.
03:13Est-ce qu'elle m'a aidé avant la course ?
03:14Alors, je ne cache pas.
03:15Oui.
03:15Et de plus en plus, et même, je peux te dire qu'en 2027, 2028, ainsi de suite, je l
03:18'utiliserai.
03:19Je lui demande de me faire une synthèse de l'actualité de chaque équipe, de chaque pilote.
03:23Des fois aussi, de me suggérer des questions sympas auxquelles je ne pense pas.
03:26Surtout des questions extra-courses.
03:29Par exemple, quel est le bruit qui, pour vous, pilote, évoque le plus les 24 heures du Mans ?
03:35Quelle est la partie de la course que vous aimez ?
03:37Tout un tas d'autres petits exemples de questions sympas.
03:40Et qui plaisent, finalement, ce qui est aussi très sympa dans ces interviews.
03:44Alors, certes, de parler purement des enjeux sportifs, mais de parfois poser des questions
03:48qui surprennent les pilotes.
03:50Et ça, ils aiment bien, je remarque.
03:53Le speaker aux 24 heures du Mans n'a pas pour obligation de parler tout le temps.
03:58Et je serais tenté de dire, le speaker ne doit pas parler tout le temps.
04:02S'il y a matière, il faut parler.
04:04Mais il ne faut pas non plus saouler le public.
04:06De temps en temps, accorder une à deux minutes, quand il n'y a rien,
04:11de bruit d'ambiance, de musique d'accompagnement, c'est aussi bien.
04:15Nous, on ne se dit jamais, il faut qu'on parle tout le temps, tout le temps, tout le temps.
04:17Si on parle beaucoup, c'est parce que la course, quelque part, nous amène la matière.
04:22Et l'on sait qu'en face, il y a un public qui est demandeur et qui est preneur.
04:26Mais voilà, mais de temps en temps aussi, s'accorder comme ça, un petit moment de...
04:31Surtout pour finalement les oreilles du public.
04:33Pas pour nous, c'est quelque chose qui me paraît essentiel.
04:36Je ne travaille pas la voix.
04:37Sincèrement, je ne travaille pas la voix.
04:39Je ne sais même pas, le fait est, comment on pourrait travailler une voix ?
04:43C'est simplement qu'il faut faire attention.
04:46Mais j'avoue que je ne la travaille pas.
04:48Je ne fais rien de particulier.
04:49La différence entre un téléspectateur et un spectateur,
04:52un spectateur est un téléspectateur qui a choisi de ne pas regarder
04:54et de vivre l'événement devant un écran.
04:57Il a choisi de se déplacer.
04:59Et notre volonté, nous, elle est là.
05:01Elle est de faire en sorte que ce public vienne,
05:03profite de cette ambiance,
05:05et se dire aussi, et se dit surtout en partant,
05:07je suis venu, j'ai vu et j'ai su ce qui s'est passé.
05:11Et c'est parce que j'ai su ce qui s'est passé
05:13que j'ai apprécié le spectacle.
05:15C'est surtout ça, pour nous, l'élément absolument essentiel.
05:19Si on devait supprimer quelque part un commentaire d'un speaker,
05:23quel qu'il soit,
05:24je pense sincèrement que la course deviendrait ennuyeuse
05:27et qu'un défilé de voitures,
05:29une jolie blanche qui passe d'un côté,
05:31une rouge et noire ensuite,
05:33une jaune encore après,
05:35ça n'aurait pas de sens quelque part.
05:37Pour être un bon speaker, il faut vraiment faire vivre la course.
05:42Ne jamais oublier pour qui nous sommes là
05:45et mettre également tout le monde à un même niveau de considération.
05:49Il faut que le novice comprenne la course
05:51et il faut que le super expert,
05:53l'encyclopédie vivante des 24 heures du Mans,
05:55trouve aussi satisfaction dans la qualité des commentaires
05:59qu'il va entendre, soit dans les soirées de soir,
06:01via la toute nouvelle sonorisation du circuit en plus.
06:05Ça, c'est hyper important.
06:06C'est clairement ça, être un bon speaker.
06:09C'est considérer tout le monde,
06:10prendre tout le monde en considération,
06:12dire de temps en temps,
06:13j'espère que tout le monde va bien,
06:14donner un message sympathique aux spectateurs
06:18qui sont en Mulsanne,
06:19dans les autres virages que la ligne droite des stands,
06:21parler à tout le monde,
06:23quelque part tout le temps.
Commentaires

Recommandations