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  • il y a 21 heures
Le philosophe Michel Onfray évoque l'attitude d'Emmanuel Macron dans l'affaire Lyhanna. «Le président méprise le peuple», souligne-t-il.

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Transcription
00:00Deux choses, si on prend le discours de ce monsieur, je trouve assez consternant de dire que s'il y
00:04a des pédophiles aujourd'hui,
00:05des pédophiles criminels, des pédocriminels, c'est à cause du manque de papier et des post-it qui ne sont
00:09pas en assez grande quantité.
00:10C'est assez consternant ce genre de discours.
00:13Ensuite, ce monsieur nous dit « je ne suis pas un politicien ».
00:15Il n'est pas un politicien, mais il fait de la politique, et de la politique la plus basse.
00:18De toute façon de dire « je dois défendre une petite fille qui a été assassinée, mais c'est la
00:21faute aux post-it et aux ramètres de papier ».
00:23Après, l'Emmanuel Macron, on sait comment il est.
00:28Il nous a fait savoir qu'il ne fallait pas répondre par des cris.
00:31Mais par quoi faut-il répondre ?
00:32Quand c'est par le bulletin de vote, on met le bulletin de vote à la poubelle.
00:36On a envie que ça change, on va voter pour des gens qui nous proposent de changement,
00:38et on dit « ah, vous avez voté ? »
00:39Ben non, finalement, on va mettre votre vote à la poubelle.
00:43Qu'est-ce que peut faire le peuple qui ne crie pas tant que ça, je rappelle ?
00:46Il est très digne.
00:47Il est digne.
00:48Moi, j'aimerais bien que sur les émeutiers d'après PSG,
00:52le président de la République parle des cris, et plus que des cris.
00:56Là, il n'y a rien du tout.
00:56Et là, on entend cette façon qu'a le président de la République de nous dire
00:59que le peuple qui descend dans la rue avec une grande sérénité,
01:03un grand calme, une grande décence, aucune insulte.
01:06Vous avez vu les pancartes, il n'y a aucune insulte,
01:08il n'y a aucune agressivité, il n'y a aucun mépris.
01:11On dit « mais la réponse, ce n'est pas les cris, ce n'est pas la démagogie ».
01:14Mais c'est quoi la démagogie pour ce monsieur ?
01:16Il faudrait quand même arrêter de croire que ces gens qui, depuis des années,
01:21se font trahir et tromper par la classe politique,
01:23et je ne dis pas seulement 10 ans, mais on peut remonter à 2005.
01:25Tous ces gens qui ont dit « votez, la République, l'État de droit,
01:29le suffrage universel, les élections, vous allez pouvoir vous exprimer,
01:33nous sommes des républicains, d'abord la République et la France après ».
01:36Et tous ces gens qui disent « mais quand la République marche mal,
01:39c'est-à-dire quand vous votez mal, on va jeter votre bulletin de vote à la poubelle ».
01:42Quand, sur un coup de colère, monsieur Macron dissout l'Assemblée nationale,
01:46parce qu'il a perdu, une fois encore, des élections intermédiaires,
01:50notamment les élections européennes,
01:52personne ne descend dans la rue en disant « c'est inadmissible ».
01:54C'est inadmissible parce que c'est un coup d'État.
01:56Il y a des chiffres, les chiffres sont là,
01:58et ce n'est pas ceux qui sont arrivés les troisièmes
02:01qui doivent prendre le pouvoir, conserver le pouvoir ou garder le pouvoir.
02:04Et ce peuple garde la dignité.
02:05Il ne casse rien, il ne brûle rien.
02:07Et on s'en vient dire, les cris, la démagogie, etc.
02:10Mais il ne se rend pas compte de la relation qui est la sienne,
02:15le président de la République, avec le peuple français.
02:16Une relation qui n'a jamais été autant dégradée.
02:19On a pu en avoir assez d'un certain nombre d'hommes politiques.
02:21La chambre et du lintel, enfin, ça se passe souvent comme ça.
02:24D'ailleurs, presque tous les présidents de la République
02:25ont eu des problèmes avec leur fin de mandat,
02:27ou leur double mandat.
02:30Je crois qu'on n'a jamais atteint un tel degré de détestation.
02:33François Mitterrand était capable d'aller acheter des bouquins
02:38dans des librairies de livres anciens, tranquillement.
02:42Nicolas Sarkozy pouvait faire son footing.
02:44François Hollande pouvait faire du scooter autant qu'il le souhaitait.
02:47Il y avait encore une espèce de respect, de dignité, et puis voilà.
02:51Et là, il y a un mépris perpétuel.
02:53Le président de la République méprise son peuple, le peuple.
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