- il y a 2 jours
Rencontre avec Bertrand Gasiglia, nouveau président de Lignes d'Azur et maire UDR de Tourrette-Levens ! Dans "L'interview à la une" présentée par Nicolas Galup, il a dévoilé sa vision pour adapter ce réseau colossal de 1800 collaborateurs aux besoins des usagers.
Au programme : la gratuité pour les plus de 65 ans dès le 1er septembre et une réflexion pour le retour des 10 tickets à 10€. Côté chantiers, la ligne 5 du tramway vers Drap est confirmée, tandis que la ligne 4 vers Cagnes-sur-Mer fera l'objet de discussions. Il souhaite également faire du "sur-mesure" pour renforcer la desserte en bus du moyen et haut pays. Proche historique d'Éric Ciotti, il assume par ailleurs la recomposition politique locale et l'alliance UDR-RN.
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Au programme : la gratuité pour les plus de 65 ans dès le 1er septembre et une réflexion pour le retour des 10 tickets à 10€. Côté chantiers, la ligne 5 du tramway vers Drap est confirmée, tandis que la ligne 4 vers Cagnes-sur-Mer fera l'objet de discussions. Il souhaite également faire du "sur-mesure" pour renforcer la desserte en bus du moyen et haut pays. Proche historique d'Éric Ciotti, il assume par ailleurs la recomposition politique locale et l'alliance UDR-RN.
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00:10– Bienvenue à vous sur le plateau de l'interview à la une,
00:14l'émission d'entretien vidéo du groupe Nice Matin,
00:16retrouvée sur toutes nos plateformes numériques.
00:19Cette semaine, notre invité, Bertrand Gassiglia, bonjour.
00:21– Bonjour.
00:22– Merci d'avoir accepté cette invitation.
00:23Vous êtes le maire UDR de Tourette-Levin,
00:25c'est le nouveau président de la régie Lignes d'Azur, dossier ô combien important
00:31avec des chantiers, les questions de tarification, de gratuité, de sécurité, de fraude aussi,
00:38dont on va parler, on va développer aussi les projets que vous avez pour votre commune.
00:42Et puis vous êtes un proche d'Éric Ciotti, un très proche, depuis plus de 30 ans.
00:48Vous êtes un fin connaisseur de la vie politique locale
00:50et nous aborderons aussi des questions très politiciennes,
00:55mais importantes sur la destinée de LR, les sénatoriales,
00:58qui s'approchent également à grands pas.
01:01On va commencer avec le dossier le plus brûlant,
01:03celui du réseau Lignes d'Azur.
01:06Vous récupérez donc cette présidence après 18 ans de mandat sous Christian Estrosi.
01:13Vous avez succédé donc à Gaël Noffry.
01:15C'est une grosse machine, vous qualifiez ce réseau Lignes d'Azur de grosse machine.
01:20On peut déjà redéfinir un peu le spectre.
01:22Ce sont les bus, le tramway sur toute la métropole et pas uniquement à Nice.
01:26C'est une grande et belle entreprise.
01:291800 collaborateurs directs, plus de 100 millions de personnes transportées en 2024.
01:34C'est énorme, c'est colossal.
01:36Et donc ça a une mission de service public très importante
01:39parce qu'on participe au développement des territoires,
01:42on participe au maintien de la traité des territoires,
01:45on participe au tourisme, mais aussi au quotidien.
01:47On transporte des gens qui vont travailler en toute sécurité.
01:50Et ça, c'est très important pour nous tous.
01:53Une entreprise qui est aussi inscrite dans l'histoire
01:55parce que ça, effectivement, c'est une régie depuis...
01:57Un épique, pardon, depuis 18 ans.
02:00Mais c'est une entreprise qui a une centaine d'années d'existence.
02:04Voilà, donc c'est la gestion directe de la collectivité, en fait, sur les transports.
02:08Quel constat vous faites à votre arrivée sur ces premières semaines ?
02:12Est-ce qu'il y a des warnings qui vous apparaissent, des points d'attention ?
02:17Est-ce que vous considérez que c'était plutôt bien géré financièrement ?
02:20C'est une entreprise, je vous dis, qui est profondément rassiée dans le territoire local
02:24avec des employés, des cadres qui sont très, très attachés à leur entreprise, à leur boîte
02:31et qui donnent le maximum.
02:33Alors après, bien sûr, il faut en permanence l'adapter.
02:35Il y a des chantiers très importants, ligne 4, ligne 5, mais il y a aussi le quotidien des lignes.
02:41C'est aussi important pour nous de servir d'Uranus que de l'aéroport de Nice.
02:45Alors justement, la question du tramway, elle fait beaucoup parler.
02:50Ligne 5 confirmée, ligne 4, ça s'inscrit un peu plus en pointillés.
02:56Vous allez devoir trancher tous ces sujets importants.
02:59Évidemment, avec le maire de Nice, c'est le président de la métropole
03:02et les maires des communes concernées, là en l'occurrence Brian Masson.
03:05Est-ce que c'est déjà une petite épine dans votre pied, puisque c'est un sujet très politique ?
03:11Ce n'est pas du tout une épine.
03:13C'est un chantier, un dossier très important et très utile.
03:17Il y a deux éléments à prendre en compte.
03:19La dimension financière, les deux lignes, on sait que c'est à terme.
03:24Si elles vont jusqu'au bout, c'est un milliard d'euros.
03:26Un milliard d'euros, c'est considérable.
03:28C'est à mettre en parallèle avec la dette, la métropole, avec la capacité d'investir aussi de la métropole.
03:33Et puis la dimension politique, que veulent les élus ?
03:36Brian Masson a fait campagne à Cagnes-sur-Mer contre la ligne de tramway juste dans sa commune.
03:42Il faut respecter son choix.
03:43Il faut respecter la confiance que les canoas lui ont donnée.
03:47Donc pour vous, il faut suivre ces préconisations
03:50et aller vers un désengagement de la construction du tramway jusqu'à Cagnes-sur-Mer.
03:56Malgré les coûts déjà engagés, on parle de 5 millions d'euros.
03:59Oui, il y aura des discussions.
04:01Mais entre Cagnes-sur-Mer et Nice, il y a Saint-Laurent-du-Var.
04:04On peut très bien imaginer une phase 1 avec une ligne qui va jusqu'à Saint-Laurent-du-Var.
04:09Pareil sur la ligne 5.
04:11Elle doit aller jusqu'à Drape.
04:12Il y aura sûrement un phasage qui sera fait.
04:14C'est une évidence.
04:15On ne peut pas sortir comme ça en quelques années un milliard d'euros.
04:19C'est considérable comme investissement.
04:21Et ça ne doit pas se faire au détriment des autres investissements
04:23qui sont nécessaires sur le territoire de l'Amtropole du Côte d'Azur.
04:27Je l'ai dit, les transports en commun, c'est la ligne de tramway.
04:30C'est à peu près 75% des gens qui sont transportés le sont en tramway.
04:35Mais c'est aussi un dessert de tout le pays, tout le moyen pays.
04:37Et il faut que ça soit aussi pris en compte dans nos réflexions.
04:41Alors ça, on va y venir parce que c'est un dossier aussi important.
04:43Un dernier mot sur cette ligne 4, Cain-sur-Mer.
04:47Est-ce que vous ne craignez pas que ça aille un peu contre le sens de l'histoire,
04:52de mettre moins de bus pour désengorger finalement les axes de circulation ?
04:57Il y a quand même un côté très pratique au tramway de pouvoir se dire
05:00j'habite à Cain-sur-Mer mais je vais travailler à Nice en tramway.
05:03Est-ce qu'il n'y avait pas là juste un argument un peu populiste
05:08pour s'opposer à Louis-Nègre et qui finalement, dans l'effet, ne sera pas une si bonne idée que
05:13ça ?
05:14Ce n'est pas le tramway ou rien.
05:16Les transports en commun continueront à exister et il faudra adapter l'ordre de transport.
05:21Il y a des BHNS, il y a des bus, c'est un réseau à adapter.
05:25C'est parce que le tramway ne se fait pas que les Canois n'auront pas de transport en commun.
05:29Alors sur la question du tramway toujours, ce serpent de mer de la ligne 5
05:34qui doit passer par l'Ariane, remonter jusqu'à la Trinité.
05:38On est désormais sûr qu'on verra apparaître cette ligne.
05:43D'autant que Ladislas Polsky, le maire de la Trinité, a récupéré une vice-présidence à la métropole
05:49avec cette mission aussi d'organiser ces travaux-là.
05:54On va la voir sortir de terre, cette ligne.
05:57C'est clairement une volonté de votre part.
06:00On va aller jusqu'à Drap, ce n'est pas que la Trinité.
06:02C'est Nice, l'Ariane, la Trinité et Drap et tous les paillons qui pourraient être desservis.
06:07Oui, l'enquête publique a démontré la nécessité.
06:10On a validé au Conseil métropolitain la semaine dernière cette légitimité.
06:14Donc cette ligne se fera bien sûr.
06:16Donc c'est le chantier prioritaire sur le tramway.
06:20Si on doit mettre de l'argent, ça sera sur cette ligne-là ?
06:23Le transport en commun, ce n'est pas que le tramway.
06:26C'est une réflexion globale qu'il faut mener.
06:30Les tramways, les bus, etc., tout doit être pris en compte.
06:33Quelle stratégie on doit développer avec le haut et moyen pays,
06:37qui ne peut pas être desservi par un tramway ?
06:39Donc là, on exclut la question du tramway.
06:41Vous le savez bien, puisque Tourette-Levins, vous êtes concerné par cette problématique-là.
06:49Comment on résout ce problème-là ?
06:50Parce qu'on a peu d'axes, c'est très contraignant, on est dans un territoire très vallonné.
06:57Il faut pouvoir desservir jusqu'à Isola.
07:00Donc quelle est votre position là-dessus, votre stratégie, ou en tout cas votre philosophie ?
07:06Des transports adaptés.
07:08Il faut en permanence adapter les transports aux pratiques des usagers.
07:12J'étais en réunion encore ce matin, et on voit bien que parfois on peut bouger une ligne d'une
07:18demi-heure,
07:19parfois on peut changer un arrêt de bus, ça a des conséquences au quotidien.
07:23Il faut vraiment être très réactif.
07:24Très réactif, il y a 17 millions de kilomètres qui sont parcourus chaque année par nos transports en commun.
07:31Donc il faut vraiment adapter au cas par cas.
07:33Il faut faire de la dentelle, donc quasiment, pas du sur-mesure, parce que c'est parfois compliqué.
07:38C'est le sur-mesure quasiment qui est fait, oui.
07:40Aujourd'hui, dans le haut et moyen pays, les besoins sont situés aux heures de bureau pour assurer les flux,
07:48où il y a quand même une demande aussi dans les heures un peu plus creuses, en journée.
07:53Est-ce que vous avez déjà un regard là-dessus sur les moments de forte affluence, en fait, et de
07:57forte demande ?
07:58Les influences, elles sont évolutives, en plein été ou à l'automne, ça va être différent en situation de ski.
08:04En plein hiver, la demande sera différente.
08:06La liaison entre Isola 2000 et Isola, il y a plein de sujets qui sont extrêmement variés.
08:12Éric Ciotti a annoncé la gratuité des transports pour les plus de 65 ans à partir de la rentrée prochaine.
08:20Vous travaillez là-dessus ? Qu'est-ce qu'on peut en dire ? C'était une promesse de campagne,
08:25vous l'appliquez.
08:27C'est calculé ? Ça ne représentera pas de manque à gagner ?
08:31Tout est calculé, tout est en place. On instaurera la gratuité au 1er septembre.
08:38Vers le 10 juillet, on mettra en place le dispositif pour accompagner nos aînés pour qu'ils puissent prendre leur
08:44abonnement.
08:44On a déjà aujourd'hui une gratuité pour les plus de 65 ans qui ne sont pas soumis à impôts.
08:50Désormais, c'est étendu à l'ensemble des contribuables.
08:54Pour les retraités qui ont des retraites confortables, vous trouvez ça juste qu'ils soient inclus dans ce dispositif ?
09:01Pourquoi pas les travailleurs en difficulté ou notre strat de la population ?
09:08On va lancer une étude sur l'offre tarifaire pour essayer de la reprendre entièrement, parce qu'il faut là
09:15aussi l'adapter.
09:16Il y a aujourd'hui beaucoup trop de tarifs différents.
09:20On constate une chose, de toute façon, plus les revenus augmentent, moins on prend le tramway, moins on prend les
09:25transports en commun.
09:26Donc on sait très bien que les populations les plus aisées financièrement, ce sont elles qui prendront le moins les
09:32transports en commun.
09:33C'est une réalité statistique, mathématique. Donc on sait bien qu'on va avoir des retraités qui sont à des
09:39revenus très faibles, très modérés,
09:42et qui ainsi auront ce petit coup de pouce financier.
09:45Mais je note que vous dites que vous allez reprendre la grille tarifaire.
09:47Ça veut dire qu'on ne peut pas exclure d'ouvrir la gratuité à d'autres strates, à d'autres
09:52populations ?
09:53On l'a déjà ouverte à la métropole aux agents du CHU. Ça sera aussi en vigueur.
09:59On l'a ouverte également aux agents de la pénitentiaire. On travaille sur toutes les hypothèses.
10:03La gratuité complète est financièrement impossible.
10:06Alors ça, on va y revenir. J'ai une question là-dessus, évidemment.
10:10Allons-y, abordons-le tout de suite puisqu'on est dans le thème.
10:13Il y a une grande ville surtout qui l'applique et qui dit que ça fonctionne plutôt bien, c'est
10:19Montpellier.
10:20Gaël Noffry disait à l'époque que dans la métropole c'était inapplicable parce qu'il fallait encore financer et
10:25rembourser les travaux et les investissements.
10:29C'est votre position aussi ?
10:31C'est 80 millions d'euros à trouver.
10:33Si on met à la gratuité complète, c'est 80 millions d'euros de rentrer en moins sur un budget
10:38de 300 millions d'euros.
10:40Donc il faut effectivement bien peser les pour et les contre.
10:44On sait également qu'un réseau qui est gratuit, c'est un réseau dans lequel il n'y a plus
10:48d'investissement qui est fait.
10:49Il n'y a plus d'entretien qui est fait.
10:50Je vous invite à venir rencontrer les équipes de la métropole de la Côte d'Azur qui au quotidien entretiennent
10:56les trams et les bus.
10:57C'est un coût financier qui est considérable.
10:59C'est donc, l'opposition à ça répond que c'est un choix budgétaire.
11:05On peut aussi choisir de financer la gratuité.
11:10Effectivement, ce n'est jamais gratuit.
11:11Mais ce n'est pas dogmatique de votre part.
11:14C'est ça que je veux...
11:14Pas du tout.
11:14Ce n'est pas une réflexion.
11:15Ce n'est pas une volonté dogmatique.
11:18C'est une volonté réelle.
11:19Et d'ailleurs, je crois que tous les acteurs de la régime d'Azur sont conscients qu'il faut continuer
11:24à avoir la rentrée.
11:25Un territoire qui est en plus un territoire très touristique.
11:27Donc on a beaucoup de touristes qui prennent le tramway, qui prennent le transport en commun.
11:31On sait bien qu'ils financent aussi cet investissement qui bénéficie après à tous les niçois et azuréens.
11:35Est-ce que vous menez aussi une réflexion sur la politique tarifaire, la gratuité éventuellement, autour des heures de pointe
11:43?
11:43Peut-être les diriger vers les heures où c'est un peu plus creux pour attirer finalement les automobilistes ?
11:51On en a parlé, mais c'est extrêmement compliqué de mettre une tarification en fonction de l'heure à laquelle
11:56vous passez.
11:57Ça paraît très complexe.
11:58C'est intéressant sur le papier, mais après mettre en œuvre, c'est plus compliqué.
12:02Alors il y avait à l'époque une formule qui fonctionnait très bien et qui a fait couler beaucoup d
12:08'encre quand elle a été modifiée.
12:09C'est le fameux retour à l'époque des 10 tickets à 10 euros.
12:13Éric Ciotti en a parlé aussi pendant la campagne.
12:15C'était un marqueur important.
12:17C'est vraiment quelque chose dont les lecteurs de Nice Matin nous parlent régulièrement.
12:22On peut espérer le retour de ces 10 tickets à 10 euros ?
12:26Éric Ciotti l'avait dit.
12:27On a chiffré à 12 à 15 millions d'euros le passage du ticket 10 euros 10 tickets.
12:36Je vous dis, on lance une réflexion globale, générale, sur la tarification et on verra à l'automne ce qu
12:41'on peut faire.
12:42Voilà, c'est ce que j'allais vous demander, le calendrier.
12:45Donc plutôt vers l'automne pour une refonte.
12:47Plutôt vers l'automne pour une vie en service en début d'année 2027.
12:50C'est toujours mieux de travailler en année civile complète.
12:53Autre question importante sur les transports, et puis on pourra avancer ensuite sur d'autres dossiers,
13:00c'est celle de la lutte contre la fraude.
13:03Beaucoup de communications qui étaient faites avec beaucoup d'actions aussi, lors précédentes mandatures.
13:10Quelle est votre position là-dessus ?
13:12Est-ce qu'il faut accroître la lutte contre la fraude ?
13:16Et que vous font remonter les services de RLA ? Est-ce que c'est une plaie pour eux ?
13:22Il y avait hier soir justement une opération, jeudi soir, une opération sur Vence, à demande du maire d'Anne
13:28Satonnet,
13:28de contrôle de vérification.
13:30Plus de 300 personnes ont été contrôlées.
13:32Et c'est plus de 7000 euros d'argent qui va être récupéré de personnes qui n'avaient pas pris
13:38leur ticket.
13:39Donc c'est une question de justice sociale, bien sûr.
13:41Il faut que chacun paye aussi de justice financière, c'est de l'argent qui ne rentre pas dans les
13:47cas de la région d'Azur.
13:48Donc on va continuer bien sûr à travailler sur la fraude.
13:50Et on constate d'ailleurs que lorsqu'on contrôle quelqu'un et qu'il est sanctionné,
13:54on explique en même temps aussi ce qu'il pourrait faire pour avoir un tarif qui parfois est un tarif
13:58très intéressant pour lui.
14:00Alors, dernière question, je voudrais vous faire réagir à une déclaration de Juliette Chanel-Leroux la semaine dernière sur ce
14:05plateau.
14:06Quand on lui a demandé si elle considérait que le début de mandat d'Éric Sotty contenait des marqueurs de
14:13l'extrême droite,
14:14elle a eu cette réponse surprenante de dire qu'Éric Sotty était pro-voiture,
14:19puisqu'il était question à un moment, par exemple, le tunnel du Congrès, de le repasser à Nice en mode
14:27voiture,
14:28et que finalement c'était un marqueur de l'extrême droite, d'être pro-voiture.
14:34Qu'est-ce que ça vous inspire ?
14:37Et donc contre l'écologie, c'était ça ?
14:39Oui, oui, j'ai beaucoup de respect pour la Chanel-Leroux qui est très intelligente et qui, parfois, a des
14:44formules comme là.
14:45Ça me rappelle un petit peu la formule de la députée écologiste qui expliquait quand on mange la viande rouge
14:50et du barbecue,
14:50on est extrême droite.
14:51Voilà, donc je pense qu'il ne faut pas être caricatural.
14:53Éric Sotty est tout seul caricatural, il est attaché à la voiture et elle est indispensable dans notre société.
15:00Ce n'est pas parce qu'on est pro ou anti-voiture qu'on est extrême droite ou extrême gauche.
15:03Et vous, votre position sur la voiture, est-ce que très clairement aujourd'hui, il faut limiter le flux,
15:10ce qui est compliqué, puisqu'on le voit, on avait encore un dossier d'Andy ce matin sur les bouchons
15:15sur l'autoroute,
15:15il y a encore beaucoup d'utilisateurs de la voiture et culturellement, on y est attaché.
15:19Est-ce qu'il faut combattre ça malgré tout ou est-ce que c'est finalement un peu peine perdue
15:24dans les Alpes-Maritimes ?
15:25Non, il faut encourager les pratiques les plus pertinentes.
15:28Le transport en commun pour venir dans vos locaux est le meilleur des moyens de circulation, par exemple.
15:34Et on constate d'ailleurs une augmentation très importante des transports en commun, de la pratique de transport en commun.
15:40On constate de plus en plus de bouchons aussi, parce qu'il y a de plus en plus de monde,
15:43de plus en plus de déplacements qui sont ceux du quotidien.
15:46Alors, avant de parler de Tourette-Levin, c'est quelques petites questions politiques quand même,
15:49Bertrand Gaziglia, puisque vous êtes un fin connaisseur et un militant historique de la droite sur la Côte d'Azur,
15:57très proche d'Éric Ciotti.
15:58Vous avez travaillé très longtemps avec lui.
16:00Vous êtes maintenant l'un de ses alliés politiques, puisque également aux affaires.
16:05C'est quand même un sacré big bang qui a eu lieu là, aux dernières municipales,
16:10où vous, vous avez été réélus au premier tour.
16:13Il y a une vraie recomposition là, sur la Côte d'Azur, tant et si bien qu'aujourd'hui,
16:19on se pose même des questions sur les sénatoriales.
16:21Là où, lors des dernières élections, le grand chelais Mellert était même anticipé,
16:27c'est-à-dire qu'il y avait très peu de suspense là,
16:29on va arriver dans une configuration très particulière,
16:33avec probablement deux listes à droite, une liste LR et probablement une liste dissidente,
16:40et puis une liste UDR-RN.
16:43Avant qu'on aille sur cette question des sénatoriales,
16:45on a quand même basculé dans une autre recomposition,
16:49une autre composition politique depuis les municipales.
16:51Vous savez, j'ai quitté Les Républicains,
16:52il y avait plusieurs centaines d'adhérents par circonscription.
16:55Il y a quelques jours, dans l'indifférence la plus générale,
17:00ont été renouvelés dans un sens local des Républicains.
17:03J'ai vu les chiffres.
17:04Michel Tabarro, qui a été élu présidente.
17:07J'ai vu les chiffres, dans sa circonscription, elle a fait des cartes, effectivement.
17:10J'ai vu les chiffres, c'est quelques dizaines, même pas, d'adhérents par circonscription.
17:1730 électeurs par-ci, 30 électeurs par-là.
17:20Ce parti, les Républicains, auxquels j'étais profondément attaché,
17:22moi j'adhérais, effectivement, au RPR, j'ai été à l'UMP, j'ai été aux Républicains.
17:27Aujourd'hui, il est un micro-parti qui est un des éléments d'une galaxie centro-macrono-socialiste
17:35qui est au pouvoir en France.
17:37On voit bien qu'effectivement, il y a un éclatement
17:39et que ce parti, qui était mon parti, ne représente plus grand-chose, aujourd'hui, sur la carte politique.
17:44J'ai connu le RPR ou l'UMP, on était dans l'opposition.
17:47On était en difficulté, on était opposant,
17:49mais il y avait une espérance, il y avait des militants, des adhérents, des élus,
17:53l'espoir de reprendre le pouvoir, ce qu'on a fait avec Nicolas Sarkozy.
17:58Et depuis, malheureusement, on ne fait que décliner.
18:01Et je crois que, malheureusement, à terme, les LR vont disparaître.
18:04– Qu'est-ce que vous dites à Jean Léonetti, à Jérôme Diot,
18:07et dans une moindre mesure à Charles Anginesi ?
18:12Vous les appelez à franchir, alors j'allais dire le Rubicon, mais pas forcément,
18:16mais à rompre, du coup, avec LR.
18:18On voit bien que c'est fragile dans le sens où
18:23Éric Ciotti a une forme d'autorité aussi, là-dessus.
18:27Et il y a une forme de maintien d'appartenance à une famille politique,
18:32tout en travaillant avec des gens de l'UDR.
18:33– Je n'ai pas de conseil à donner à ces trois personnalités majeures
18:36de la vie politique dans le maritime,
18:38mais je crois bien qu'eux-mêmes ne sont pas dupes
18:41et sont très lucides sur l'avenir de la formation politique
18:44auquel ils appartenaient.
18:45Charles Anginesi a quitté les Républicains.
18:48Voilà, ils sont bien, ils voient ce qui se passe
18:50et ils voient aussi ce que les électeurs leur disent.
18:52– Comment ça se passe avec les maires RN ?
18:55Je pense notamment à Brian Masson et Alexandra Masson,
19:00Éric Ciotti en président de la métropole.
19:03Les relations sont au tombeau fixe ?
19:05– J'ai connu Alexandra Masson en 1997.
19:07– Au RPR aussi ?
19:09– Au RPR, effectivement, par l'annonce du pouvoir Paul Montel.
19:11Brian Masson est beaucoup plus jeune que nous,
19:14tant mieux pour lui.
19:16On voit bien, ils gèrent leur commune
19:18de manière responsable, raisonnable,
19:21et il n'y a pas d'à-coups.
19:22Chacun, ils ont été légitimement élus,
19:26ils gèrent la commune, ils seront aux électeurs de dire
19:28après s'ils ont bien géré ou mal géré.
19:30Mais en démocratie, on doit respecter le choix des électeurs.
19:31– Qu'est-ce que vous pensez du terme d'extrême droite ?
19:34Est-ce que vous considérez comme un membre de l'extrême droite ?
19:37– Non, non, je suis quelqu'un de droite.
19:39Voilà, aujourd'hui, les lignes ont complètement changé,
19:42mais c'est propre à la France,
19:44et c'est propre à tous les pays occidentaux.
19:46On voit bien qu'il y a aujourd'hui un big band considérable
19:48en Italie, aux Etats-Unis, en Allemagne, en Angleterre, en Espagne.
19:52Les lignes changent complètement.
19:55La classe politique évolue, on verra comment ça se terminera
19:58ou comment ça continuera à évoluer.
20:00Mais aujourd'hui, non, je suis de droite.
20:03– Force est de constater que le pari qu'a fait Éric Ciotti,
20:06il y a deux ans maintenant, est en passe, ou en tout cas, est réussi,
20:10puisque, évidemment, localement, on a parlé de cette recomposition,
20:14l'alliance RN-UDR a récupéré un certain nombre de places fortes.
20:22Les sénatoriales qui arrivent là, ça va être un test aussi.
20:25Qui pour mener la liste RN-UDR ?
20:28Est-ce qu'il va falloir jouer sur les équilibres ?
20:31– Vous n'aurez pas de scoop aujourd'hui.
20:33– Non, mais bon, je tente.
20:34– Vous tentez, je...
20:35– Non, mais il y aura une liste.
20:36– Il y aura une liste, bien sûr.
20:38– Il y aura une liste, et aujourd'hui, elle paraît quand même
20:40très bien placée pour envoyer des sénateurs,
20:42peut-être pas les cinq, mais à minima deux, voire trois.
20:45– Oui, effectivement, il y a un rapport mathématique.
20:48La ville de Nice, avec ses grands électeurs,
20:50est sûre d'avoir un siège, voilà,
20:52qui, lorsqu'un membre de l'exécutif municipal est candidat,
20:57il est sûr d'être élu.
20:58Voilà, donc c'est une élection qui est très particulière,
21:02qui est faite de beaucoup d'accords, de désaccords.
21:06Quand on fait l'addition des promesses de vote aux actions éditoriales,
21:09on a 10 000 électeurs, en réalité, il y en a 2 500,
21:12mais chacun promet tout à tout le monde.
21:14– Oui, donc très difficile, là, de faire un pari.
21:17– On y verra plus tard dans quelques jours,
21:20quand on connaîtra un petit peu la carte,
21:22les listes à gauche, ça bouge beaucoup.
21:25Chez les Républicains, je crois comprendre qu'il y aura deux listes.
21:28Voilà, donc tout ça va...
21:30Une fois qu'on aura les listes, on sera à peu près,
21:32on aura une idée des équipes des rapports de force.
21:34– La question des présidentielles, maintenant,
21:36qui est une question locale, finalement,
21:38puisqu'Éric Ciotti va jouer un rôle important.
21:41Il a apporté des voix.
21:44Si c'est Jordan Bardella, on parle même de lui à Matignon,
21:50qu'est-ce que vous en pensez ?
21:51Est-ce que vous dites qu'Éric Ciotti doit, d'abord,
21:54prendre part à cette campagne, ça, ça paraît évident,
21:57et puis, ensuite, accéder à des plus hautes fonctions,
22:01si on lui propose ?
22:03– Il a pris part à la campagne de François Fillon,
22:05à la primaire des Républicains en 2022.
22:09Il prendra toute sa place dans cette campagne.
22:11– Mais là, il est vraiment en primaire ligne,
22:13il est en tant que chef de parti solide.
22:15– En 2022 aussi, il était candidat à la primaire,
22:18donc il a fait un très beau score.
22:19D'ailleurs, là, qu'il a un petit peu, au niveau national,
22:21changé de dimension, je fais confiance,
22:23il aura toute sa place, cette action présentielle,
22:25et puis, après, on verra tout ce qui peut arriver par la suite.
22:27Mais les politiques fictions, voilà,
22:30on pourrait écrire des livres là-dessus.
22:31– Bon, déjà, on va attendre le mois de juillet
22:33et la décision autour de Marine Le Pen.
22:37Dernière question sur le sujet,
22:38est-ce que vous considérez qu'il est plus proche
22:39de Jordan Bardella idéologiquement,
22:41puisque sur l'économie, notamment,
22:43Jordan Bardella est plus libéral,
22:45ce qui conviendrait à Éric Ciotti ?
22:49Est-ce que ça serait le meilleur candidat,
22:52est-ce qu'il est plus Jordan Bardella que Marine Le Pen ?
22:54– Non, il n'est pas plus, il est sur sa ligne politique,
22:58qu'il défend, et on verra au moment venu de qui sera le plus proche.
23:02– Mais vous êtes d'accord pour dire que la question économique
23:04sera centrale et qu'il faudra la trancher et trouver des compromis ?
23:07– Question économique, question d'immigration,
23:10il y a plein de sujets qui sont très importants pour la France.
23:13sur l'immigration, ils sont un peu plus en phase
23:15sur le postulat de départ.
23:19Bertrand Gazigué, on va maintenant terminer cet entretien
23:22avec votre commune, parce que vous avez été réélu au premier tour.
23:28Quels sont les projets concrets sur les 6 ans de mandat, 7 ans ?
23:34Qu'est-ce que change aussi le fait que la gouvernance
23:37ait été bouleversée à la métropole,
23:40que vous en soyez un acteur aussi important ?
23:44Est-ce que vous vous sentiez un peu mis de côté précédemment ?
23:48– Effectivement, Christian Estrosi avait fait une stratégie politique
23:52qui était d'éliminer, de mettre sur le côté
23:55tous ceux qui ne pensaient pas comme lui
23:57ou qui ne disaient pas qu'ils pensaient comme lui.
24:00Éric Ciotti a fait très différemment.
24:01Il a été en désaccord avec certains maires
24:04et qui pourtant, il a associé tous les maires à la gouvernance.
24:07Je pense à José Gura, je pense à Lyssa Spolsky.
24:10Donc tout le monde est associé à la gouvernance
24:11parce qu'un maire est légitime et légitimé par l'élection.
24:16Voilà, donc aujourd'hui, j'ai une des fonctions à la métropole,
24:18à la régime d'Azur, à la vice-présence des routes.
24:20Mais je ne vous lis pas ma commune
24:22et ma commune, elle est au cœur de mon engagement politique.
24:24Donc j'ai beaucoup de projets du quotidien
24:26et j'ai notamment un projet de maison de santé.
24:29Le permis a été déposé.
24:30J'espère qu'on pourra commencer les travaux à l'automne.
24:32C'est un projet à 2 millions d'euros
24:33et qui répond très clairement aux besoins des habitants.
24:37La santé en est un.
24:38Aujourd'hui, question totalement dépourvue de sous-entendus,
24:44comment va financièrement Tourette-Levince ?
24:47Eh bien, comme toutes les communes,
24:49on est confronté à des besoins croissants
24:53en termes de fonctionnement.
24:54Mais on va bien, on gère la commune
24:56avec le soutien du département,
24:57le soutien de la métropole, de la région.
24:59On a un projet qui va être financé par des fonds européens.
25:02Donc il faut se battre pour faire entrer de l'argent, bien sûr,
25:05et être vigilant pour ne pas en dépenser trop.
25:07Habituellement, on termine toujours cette émission
25:10par une question un petit peu plus perso.
25:11Là, je vais aller sur le terrain du football
25:12puisque vous êtes un grand fan de foot,
25:15supporter de l'OGC Nice.
25:18Donc deux questions en une.
25:19Comment vous avez vécu la saison de l'OGC Nice
25:21et qu'attendez-vous pour l'année prochaine ?
25:22Et puis un petit pronostic pour la Coupe du Monde aussi
25:25puisque c'est une Coupe du Monde particulière, politique.
25:29Mais là, on va rester sur le terrain du jeu.
25:32Sur l'OGC Nice, effectivement,
25:33la saison a été très stressante
25:35jusqu'à la dernière minute quasiment pleine de frustration.
25:39Il y avait, je crois, moyen de faire beaucoup mieux
25:42avec un groupe qui fait de qualité.
25:44Bon, il ne faut qu'elle me retenir
25:46que depuis 25 ans, le club était en Ligue 1,
25:4825 ans d'affilée, il y a peu de clubs en France
25:50qui ont cette stabilité.
25:51Et j'espère qu'on continuera
25:53et qu'on retrouvera de belles ambiances.
25:57J'allais dire, ça a dû réveiller l'apsus
25:58à la Lance Riviera.
26:00Et la Coupe du Monde, vous suivez, j'imagine ?
26:02Je la suis, effectivement.
26:05Elle a été très...
26:07Des choses qui sont assez surprenantes.
26:09Je ne suis pas convaincu par le fait
26:10qu'il fallait qu'il y ait autant de pays
26:11à la Coupe du Monde.
26:13La France a une très belle équipe.
26:15Maintenant, une Coupe du Monde, c'est très particulier.
26:17C'est sur un mois.
26:19Ce serait super que Deschamps finisse
26:21par rajouter une troisième étoile
26:23sur le maillot tricolore.
26:24Merci beaucoup, Bertrand García,
26:26maire UDR de Tourette-le-Vince.
26:29Et notamment, c'était tout l'objet de cet entretien,
26:33nouveau président de la régie Ligne d'Azur.
26:36Donc, une très grosse et belle machine
26:37à 300 millions d'euros de budget.
26:39Merci d'avoir accepté cet entretien
26:42à retrouver, évidemment,
26:44sur toutes les plateformes numériques
26:47du groupe Nice Matin.
26:49Merci à Christelle Benjamin
26:50et à Frédéric Maurice
26:51pour la préparation de cet entretien.
26:54Et évidemment,
26:55merci à notre éternel duo de chocs en régie,
26:58Sophie Doncé et Philippe Bertigny.
27:01On se retrouve la semaine prochaine
27:02pour un nouvel entretien
27:03dans l'interview à la UNE.
27:06– Sous-titrage FR –
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