00:00Il va falloir prendre une décision parce que quand il se passe un drame et qu'on a aux yeux
00:08d'un certain nombre d'observateurs le malheur de réagir tout de suite,
00:11on nous explique qu'on fait de la récupération politique. Quand on attend que les marches blanches aient eu lieu,
00:18on nous explique qu'on a tardé à réagir.
00:21Donc je veux bien qu'on ait tout le temps en tort et qu'il faille systématiquement nous reprocher quelque
00:27chose.
00:29La réalité c'est que nous vivons depuis des mois et des années une multiplication de drames qui à chaque
00:37fois mettent en cause non seulement les gens qui sont responsables de ce drame,
00:41mais un état qui a très largement été défaillant dans l'exercice de ses devoirs et dans l'assurance de
00:48ses missions.
00:48Donc il y a eu manifestement, au cours de ce drame qui a horrifié la France entière, des dysfonctionnements, des
00:57signalements avaient été effectués,
01:00des plaintes avaient été déposées. Ces derniers mois, le parquet n'avait pas jugé nécessaire d'entendre ce prédateur présumé.
01:12Donc il y a manifestement eu des défaillances. Donc ces défaillances, elles devront être naturellement éclairées et les responsables devront
01:25être sanctionnés.
01:27Maintenant, je pense que compte tenu de la gravité de l'affaire, compte tenu de la multiplication des drames et
01:33des affaires qui se succèdent dans notre pays
01:36et de l'émoi que suscite cette affaire en France, je pense qu'un responsable politique est responsable avant d
01:42'être politique.
01:43Et donc je crois précisément que parce qu'il a été ministre de l'Intérieur en charge de la sécurité
01:49des Français, parce qu'il est en charge de l'institution judiciaire
01:52et que cette institution a manifestement failli, peut-être que l'honneur aurait appelé Gérald Darmanin à présenter au président
02:01de la République sa démission
02:02pour reconnaître la faute de l'administration. Ce qui ne veut pas dire de reconnaître sa faute, sa responsabilité personnelle,
02:08mais en tout cas celle de l'administration dans cette affaire. Libre au président de la République de l'accepter,
02:15libre au président de la République de la refuser.
02:18Mais voyez bien que nous avançons dans une démocratie où plus personne n'est responsable de rien, où le ministre
02:24de l'Intérieur n'est plus responsable
02:27des scènes de guerre civile qui se déroulent dans Paris, où le ministre de la Justice n'est plus responsable
02:32des fautes de son administration
02:34et où le gouvernement et le président de la République ne sont plus responsables de rien.