00:01Oui, bonsoir monsieur. Il y a quelque chose d'important qui s'est passé dans notre commune,
00:04c'est le regroupement de recueillement qui s'est déroulé mercredi soir à 18h30.
00:10Nous étions plus de 250 personnes et 200 personnes n'étaient au moins plus qu'à ce qu'il roi.
00:14Et je crois que ça a été un moment très important, à la fois pratiquement une forme de catharsis.
00:20Ça a permis d'évacuer cette douleur, de parler, d'écouter les chants,
00:25bien sûr de faire une minute de silence et de montrer à la fois notre indignation par rapport à tout
00:34ce qui s'était passé,
00:35notre compassion surtout par rapport à la famille qui vit un moment très dur.
00:39Je crois que ce rassemblement a été un moment très important.
00:42Je crois que maintenant on va pouvoir dire, comme l'on dit souvent après des drames,
00:46Pukaski va pouvoir commencer à faire son deuil.
00:48Bien sûr les Pukaskirois sont toujours sensibles à cette douloureuse affaire.
00:53Quand je vois toujours les gens qui me disent j'ai du mal à dormir, j'ai du mal à
00:56manger,
00:57ça me touche, ça nous touche tous.
00:59Mais malgré tout, là maintenant je crois que petit à petit, on va reprendre tout doucement notre vie.
01:04Bien sûr la mairie est toujours ouverte.
01:06Ici on a une mairie toujours, je dirais, chaleureuse dans le sens que de nombreuses personnes viennent
01:11et on discute et on parle et on échange sur tous ces points importants.
01:15Je crois que ça va petit à petit, le temps fera son œuvre et ça s'améliorera peu à peu.
01:27Est-ce que vous avez pris des mesures particulières pour effectivement encadrer vos administrés
01:33et tenter de répondre à ces angoisses que vous venez de citer ?
01:40Ils savent qu'ils peuvent venir à la mairie n'importe quand.
01:44Et je vous dis, cette rencontre, ça vient quand même, c'était des demandes de Pukaskirois.
01:47Et je crois que ça a été très positif, très positif.
01:50Je vous dis, là on peut commencer.
01:51Les gens nous disent, en fait, ils expriment peut-être autrement,
01:54mais ils nous disent je commence mon deuil parce que bon, cette affaire s'est passée chez nous.
01:58On se sent, comme je l'ai dit plusieurs fois sur les médias, responsable en quelque sorte.
02:01Et là, je crois que petit à petit, on va évacuer cette responsabilité, penser toujours bien sûr à Liana, à
02:07sa famille et donc aller de l'avant.
02:10Et petit à petit, le temps fera son œuvre.
02:12Et bon, bien sûr, on n'oubliera pas.
02:14On a le silo à côté, à un kilomètre du centre du village.
02:17On n'oubliera pas.
02:18Chaque fois qu'on passe devant ce silo, on a notre cœur qui se serre malgré tout.
02:22On se dit, mon Dieu, c'est passé là, ça s'est passé là, c'est terrible.
02:24Mais petit à petit, peu à peu, je crois que le temps, comme je disais tout à l'heure, fera
02:28son œuvre.
02:30Est-ce que vous allez, à proximité de ce silo, peut-être mettre en place peut-être une plaque commémorative
02:37pour que les gens puissent se recueillir ?
02:40Là, écoutez, là, je vais prendre contact avec les propriétaires.
02:45Il s'agit d'une coopérative agricole, Val de Gascogne.
02:49C'est vrai que j'ai beaucoup, en ce moment, nous sommes inondés, je dirais, de demandes.
02:53Alors, il y a deux côtés.
02:55Il y a ceux qui veulent démolir le silo et il y a ceux qui veulent en faire mausolée.
02:59Donc, je prends des contacts avec les dirigeants de la coopérative pour voir ce qu'eux pensent en faire.
03:05Parce que c'est privé, de toute façon, c'est privé.
03:07Donc, c'est à eux de décider, de choisir quelque chose.
03:10Voilà.
03:10Et peut-être voir aussi ce que veulent les parents de l'IANA, on l'imagine, peut-être par rapport
03:15à ce lieu.
03:16Voilà, ça aussi, ça aussi.
03:18Ça aussi, je n'ai pas eu de contact avec eux.
03:22Mais c'est sûr qu'ils seront les premiers concernés.
03:25C'est évident.
03:26Déjà, bon, le silo est couvert de fleurs.
03:28Donc, on voit que, pour l'instant, c'est un besoin, un besoin de s'approcher de ce silo,
03:35de rendre hommage à l'IANA et de montrer toute son indignation.
03:39C'est sûr.
03:40Est-ce qu'en tant qu'élu local, vous avez senti une forme d'impuissance face à ce drame ?
03:50Ah oui, oui, on est impuissants face à ce drame.
03:53On se dit, bon, comment c'est arrivé chez nous ?
03:56Et puis maintenant, on attend des réponses aux questions.
03:58Tout le monde, vous savez très bien que tout le monde pose des questions.
04:01Je fais confiance aux inspecteurs qui sont venus dans le GR.
04:04Je fais confiance à nos élus.
04:06Je parle de nos grands élus et des députés et sénateurs qui vont s'emparer de ce problème.
04:11Faire en sorte que ça ne se déroule plus et trouver des solutions.
04:15J'avais au téléphone ce matin encore notre député, Cazeneuve, qui est dans cette ligne-là,
04:19qui veut des réponses.
04:20Et je pense que les députés et sénateurs feront en sorte de trouver des solutions.
04:25Et je le souhaite pour la famille qui en a bien besoin.
04:28Hier, lors des obsèques de Liana, le maire de Florence a enlevé son écharpe tricolore, un geste fort.
04:35Comment vous l'interprétez ? Est-ce que c'est une manière de dire pardon au nom de la République
04:40?
04:44Peut-être, je ne sais pas.
04:46Oui, moi je le sens comme ça.
04:47Oui, c'est vrai que je l'interprète un peu dans ce sens-là.
04:49Oui, mais j'avoue que je n'ai pas échangé avec lui.
04:51Je ne sais pas vraiment ce qu'il voulait signifier par cela.
04:55Mais je pense aussi, oui.
04:56J'ai une dernière question à vous poser, si vous me le permettez.
04:58J'aimerais avoir votre réaction, et on l'évoquait tout à l'heure,
05:01sur les propos du président de la République.
05:03Emmanuel Macron, le chef de l'État, qui a déclaré, je vous rappelle ses propos,
05:07on ne répond pas à un drame par des cris.
05:09La précipitation et la démagogie sont des réponses qui ne sont pas à la hauteur
05:13et qui ne sont pas respectueuses.
05:15Qu'avez-vous pensé des propos du chef de l'État ?
05:23Moi, je suis quelqu'un, je dirais, de raisonner, pas de passionner.
05:28Je suis un peu dans ce sens.
05:29Je crois qu'il ne le faut pas, par rapport à tout drame qui arrive,
05:34je crois qu'il faut prendre le temps de la réflexion,
05:35ne pas démarrer au quart de tour, relancer.
05:38Moi, j'ai peur, souvent, aux chasses aux sorcières.
05:41On sait ce que donnent souvent, parfois, les chasses aux sorcières.
05:44C'est vrai qu'il faut faire quelque chose.
05:45Je crois que le président le veut aussi, qu'on fasse quelque chose, qu'on trouve des solutions.
05:49Et je crois qu'il est bon de prendre du temps.
05:51C'est vrai que peut-être que pour la famille, c'est dur d'entendre dire, on va prendre du
05:54temps.
05:55Mais je crois que pour trouver une bonne solution,
05:58il faut prendre le temps et trouver des solutions adaptées
06:00qui répondent vraiment aux besoins pour que plus jamais ce drame ne se déroule.
06:05Effectivement.
06:05Et j'imagine que dans votre commune, il y a eu des cris de douleur, de tristesse.
06:09Et il y a aussi beaucoup d'inquiétudes.
06:12Notamment, j'imagine, des parents qui s'inquiètent pour leurs enfants.
06:19Oui.
06:20Inquiétudes, oui, un petit peu.
06:22C'est vrai que les gens, peut-être, changent d'habitude.
06:24On surveille un peu plus ses enfants, on les laisse moins courir dans la rue.
06:27On est plus attentifs.
06:29Bon, après, il faut éviter les psychoses.
06:30Je crois que nos personnes, nos pucasquirois et pucasquiroises sont responsables.
06:35Ils savent ce qu'il faut faire.
06:38Mais c'est vrai qu'il y a peut-être un peu plus quand même d'inquiétudes.
06:41Et on a tout le monde à l'œil sur les autres.
06:46En faisant attention aussi à ce que je disais tout à l'heure,
06:48d'éviter quand même la chasse aux sorcières et de se méfier de tout le monde.
06:52Il faut quand même, dans nos petits villages, encore, on se fait confiance, on se connaît et on s'entraide.
06:57M. Turchin, une dernière question de Sabrina Birlin-Bouillet, qui est notre journaliste du service Police-Justice.
07:04Bonjour M. le maire.
07:05Une question, après un drame aussi terrible, grave et médiatisé que celui de l'IANA,
07:12est-ce que vous n'avez pas peur que votre commune soit pour toujours associée à ce drame ?
07:20Ah, c'est une crainte, c'est une crainte.
07:22C'est vrai que nous aurions préféré avoir les médias pour un sujet tout autre.
07:27Bon, là, c'est arrivé chez nous, nous assumons et nous ferons en sorte que, petit à petit,
07:33de faire avec la famille peut-être, avec les amis de l'IANA,
07:37de faire en sorte que ça avance et surtout que l'on retrouve la vie habituelle.
07:44Bon, déjà, vous voyez, là, on est en train de préparer, le comité des fêtes prépare la fête de la
07:48musique.
07:49Je crois que, petit à petit, on va retrouver nos habitudes et je ne dis pas qu'on oublie,
07:55on n'oubliera jamais, mais que la vie habituelle reprenne son cours,
07:59son cours tranquille dans une commune tranquille du Gers, rural.
08:04Donc, voilà, je crois que le temps, il n'y a que le temps, mais nous n'oublierons jamais, c
08:09'est sûr.
08:09Nous penserons toujours à l'IANA.
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