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Anne Fulda reçoit Béatrix de L'Aulnoit pour son livre «Ils les ont tant aimées : les présidents et leurs mères» dans #HDLivres

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00:00Bienvenue à l'heure des livres, Béatrix Delonois.
00:02Bonjour.
00:03Alors vous êtes journaliste, vous avez déjà écrit plusieurs livres,
00:06moi Winston Churchill notamment,
00:08Les mille vies d'Agatha Christie.
00:09Là vous venez de publier un nouveau livre qui s'appelle
00:12« Ils les ont tant aimés, les présidents et leurs mères »,
00:15un livre qui est paru chez Plon,
00:17et un livre qui explore les liens pour le moins singuliers,
00:21spécifiques, entretenus entre les huit présidents de la Ve République,
00:24Emmanuel Macron compris, avec leurs mères.
00:28Alors ces mères, quelle que soit leur origine sociale,
00:31quel que soit leur profil,
00:33elles ont été de toute façon déterminantes
00:36dans l'orientation de la vie de leurs enfants,
00:39comme n'importe quelle mère d'ailleurs.
00:41Mais est-ce que c'est au point que vous pensez
00:43que sans leur empreinte, sans leur amour,
00:47ces enfants-là, qui sont devenus présidents de la Ve,
00:50n'auraient pas eu le même destin ?
00:53Je crois qu'elles ont eu un rôle décisif,
00:56mais pas du tout qu'elles aient pensé un jour
01:00qu'ils pourraient être présidents de la République.
01:02Mais si vous prenez de Gaulle,
01:05en fait, toutes ces idées viennent de sa mère.
01:08Moi, on me demande souvent,
01:09mais est-ce qu'elle a eu vraiment une influence ?
01:12Il répond lui-même dans ses mémoires de guerre,
01:15il dit « Ma mère portait à la patrie une passion intransigeante
01:20à l'égal de sa piété religieuse ».
01:22Et Yvonne de Gaulle, son épouse,
01:24dira « Toutes ces idées viennent de sa mère,
01:27qui était une maîtresse femme ».
01:29Parce que la grande surprise aussi,
01:31c'est que ces huit mères de présidents
01:33sont toutes des femmes de caractère.
01:35Alors, d'ailleurs, pour revenir à la mère de De Gaulle,
01:39elle, ce qui n'est probablement pas totalement inconnu,
01:42avec l'orientation qu'a prise De Gaulle en 1940,
01:46elle vouait un culte à Jeanne d'Arc.
01:48Et c'est vrai que certains,
01:49lorsqu'il est parti à Londres,
01:51certains se sont dit « Bon, il se prend pour Jeanne d'Arc ».
01:53Mais il a sûrement été imprimé par cette question.
01:56Mais bien sûr, mais bien sûr.
01:58Il a été...
01:59Et vous savez, moi, je commence leur histoire
02:01par une anecdote assez bouleversante.
02:04On est justement le 17 juin 1940.
02:07De Gaulle vient de prendre la décision
02:09de refuser l'armistice
02:11et de quitter sa patrice,
02:12qui n'est pas rien pour un général d'armée.
02:14Et alors que son avion décolle de Bordeaux
02:17pour l'Angleterre,
02:18il demande au pilote
02:19de survoler le petit village de Pimpon
02:22où sa mère s'est réfugiée.
02:24C'est un adieu, un adieu déchirant
02:26parce que Jeanne de Gaulle est très malade.
02:28Elle mourra un mois plus tard.
02:31Il ne la reverra plus.
02:32Et plus tard, en se souvenant de ces heures tragiques,
02:36il dira « Ce qui m'a souvent réconfortée,
02:39c'est qu'elle eût été toujours et en tout à mes côtés. »
02:43Alors, ce qu'on peut se dire,
02:44c'est que même si ce que vous disiez à l'instant,
02:47aucune d'entre elles n'a poussé son enfant
02:50pour qu'il devienne président de la République,
02:53il faut en tout cas une bonne dose d'amour
02:54et instiller une bonne dose de confiance en soi
02:57pour que ces hommes,
03:00ces garçons qui sont devenus des hommes,
03:03décident un jour,
03:04suprême défi de se présenter devant les Français
03:07au suffrage universel direct,
03:09donc d'une certaine façon d'être l'élu de tous les Français.
03:12Oui, et si vous voyez la vie de Chirac,
03:15la vie de Chirac, c'était l'amour total avec sa mère.
03:18Pourquoi ?
03:19Parce que Marie-Louise Chirac
03:21avait eu une petite fille
03:23qu'elle avait perdue à l'âge de 22 ans,
03:25une petite Jacqueline, avant Jacques,
03:27et quand Jacques est arrivé
03:29huit ans plus tard,
03:30elle ne l'attendait plus
03:31et il va devenir le centre de sa vie,
03:34son plus grand bonheur.
03:35Et lui dira dans ses mémoires
03:37« J'adorais ma mère comme elle m'adorait ».
03:41Et écoutez, moi, ce qui m'a quand même surpris,
03:44c'est qu'elle dépapiotait quand même ses sucettes
03:48pour qu'il n'ait pas le mal de le faire
03:50à la rentrée d'école.
03:52Ce qui prouve, comme vous le disiez,
03:53qu'on ne donne jamais trop d'amour à un homme
03:55et que finalement, ça se termine bien.
03:59Alors, on ne donne jamais trop d'amour,
04:02certains peuvent aussi se dire
04:03qu'ils ont manqué d'amour côté paternel
04:05ou en tout cas qu'ils ont vécu
04:07comme une forme d'emprise
04:09ou d'autoritarisme des pères
04:12qui a pesé aussi.
04:13Il y a une forme de défi aussi.
04:15C'est une constante.
04:17Chez la majorité des présidents
04:18de la Ve République,
04:19ils se sont construits face à un père autoritaire.
04:22C'est le cas pour Pompidou,
04:25c'est le cas pour Chirac.
04:27Son père voulait qu'il soit gouverneur.
04:29En plus, les pères avaient énormément d'ambition
04:33puisque le père de Chirac voulait qu'il soit gouverneur
04:35dans la Banque de France.
04:35Le père de Giscard voulait qu'après l'inspection des finances,
04:40il fasse une carrière dans le privé
04:41comme lui l'avait fait.
04:43Alors, Sarkozy, Sarkozy,
04:45c'est le premier président
04:48dont les parents ont divorcé
04:50et il va être élevé
04:52dès l'âge de 6 ans
04:54exclusivement par sa mère
04:55et il détestait son père
04:57qui était un publicitaire hongrois,
05:03playboy,
05:05qui ne payait jamais sa pension alimentaire.
05:08Et quand il va se marier
05:10pour la quatrième fois,
05:13Sarkozy va refuser de continuer à le voir.
05:16Il le reverra après.
05:18Mais d'ailleurs, concernant Nicolas Sarkozy,
05:21sa mère était présente
05:22mais surtout son grand-père
05:23parce que justement,
05:23il disait que sa mère s'est remise à travailler
05:25à 35 ans pour devenir avocate
05:27et il ne l'a pas énormément vue.
05:29En revanche,
05:30ça, ça a été quelque chose d'assez nouveau.
05:32Effectivement,
05:33il l'a invité dans des voyages officiels
05:36et l'a montré.
05:37Oui, mais est-ce qu'il y a moi,
05:38quand j'ai rencontré Sarkozy,
05:39je lui ai dit
05:40« Mais écoutez, votre mère,
05:42elle ne vous a pas aidé du tout.
05:44Elle vous a presque empêché
05:45de faire votre carrière
05:46et d'arriver à la présidence de la République. »
05:48Alors, il m'a dit
05:49« Elle a tenté. »
05:51Mais c'est vrai que
05:51dès la première élection,
05:53quand il a voulu se présenter
05:54à 28 ans à la mairie de Neuilly,
05:57elle a réuni un conseil de famille
05:59en disant
06:00« Il n'en est pas question,
06:01tu vas ruiner ta carrière. »
06:02Et ils se sont tous réunis au restaurant
06:04et ils s'élevaient à le grand-dessert
06:06en disant
06:07« On se reverra dans 15 jours
06:08quand je serai élue. »
06:10Alors, il y en a une qui est un peu à part,
06:13un peu différente,
06:13par exemple de Marie Chavagnac,
06:15Marie Chavagnac
06:15qui était la maire de Georges-Pontvidou,
06:17institutrice puis professeure des écoles
06:19qui lui a inculqué beaucoup
06:21d'abord dans ce désir
06:23et ce d'ascension sociale
06:26par l'école, par le savoir,
06:28dans une forme de rigueur et d'exigence.
06:30C'est la maire de Valérie Giscard d'Estaing.
06:32Pour le coup, c'est un profil
06:33un petit peu différent
06:35puisque elle,
06:36elle était passionnée de politique.
06:37D'abord, c'était une femme
06:38d'un milieu aisé,
06:41élégante, sportive,
06:42mais elle avait cette passion
06:44de la politique en elle.
06:45Elle avait baigné très tôt
06:47dans ce qu'on appelle
06:48la grande politique
06:48puisqu'elle avait
06:49deux grands-pères
06:50du côté maternel,
06:51deux grands-pères Montalivet
06:52qui avaient été ministre
06:54de l'Intérieur,
06:55deux Napoléon
06:55et du roi Louis-Philippe.
06:57Et puis, de l'autre côté,
06:58du côté paternel,
07:00un autre grand-père,
07:01à Génard Bardou
07:02qui était maire
07:03de Clermont-Ferrand,
07:05députée centre-gauche
07:06du Puy-de-Dôme,
07:09amie de Jules Ferry,
07:11comme lui,
07:11ministre de l'Instruction publique.
07:13Et c'est dans ses pas
07:14qu'elle va conduire Valérie.
07:18Et il y avait une passion aussi
07:19entre la mère et le fils.
07:22Quand elle est morte
07:23à 102 ans,
07:24elle avait quand même âgé,
07:25elle était quand même âgée
07:26et il a dit
07:27mais vous ne pouvez pas savoir
07:28comme c'est dur
07:29de perdre sa mère.
07:30Comme a dit Emmanuel Macron
07:32à propos de sa grand-mère,
07:33Manette.
07:34Qui ?
07:34Parce que vous mettez
07:36dans cette liste
07:38la mère d'Emmanuel Macron
07:39mais c'est vrai
07:40qu'il en a fait
07:42une spécificité,
07:42il l'a clamée.
07:44Il doit beaucoup
07:45à sa grand-mère.
07:46Il doit tout
07:46à sa grand-mère.
07:48En fait,
07:49il a été élevé
07:49par sa grand-mère
07:50et ça s'explique très bien.
07:52Vous savez,
07:53Françoise Noguès-Macron,
07:54elle aimait beaucoup
07:55les enfants,
07:56elle voulait être pédiatre.
07:57Mais après trois naissances,
07:58coup sur coup,
07:59elle a opté
08:00pour une carrière
08:00à la sécurité sociale,
08:01elle a même pris
08:02un trois-quarts de temps
08:03pour pouvoir s'en occuper.
08:05Et à cinq ans,
08:07le petit Emmanuel
08:08est allé
08:08à l'école primaire
08:09au goût du jardin,
08:12à l'école primaire
08:13d'Elpech
08:14et dans cette même rue
08:15d'Elpech
08:15vivait sa grand-mère,
08:17formidable directrice
08:18d'école
08:19qui venait
08:19de prendre sa retraite
08:20et qui donc avait
08:21tout son temps
08:22pour s'occuper
08:23du petit Emmanuel.
08:23donc il venait déjeuner
08:25le midi
08:25et puis à cinq heures
08:27après un bon chocolat chaud,
08:29il ouvrait ses cahiers
08:30avec manette
08:30et elle lui a tout appris.
08:32D'autant plus
08:33que c'était un élève
08:34quand même surdoué.
08:36Tout à fait.
08:38Alors,
08:39dans cette galerie de portefeuille,
08:40on n'aura pas évoqué
08:41la mère de François Mitterrand
08:42mais on n'a pas le temps
08:42ni celle de François Hollande
08:43qui était une assistante sociale
08:45et dont il a hérité
08:46beaucoup de choses
08:47et lui aussi
08:48était en opposition
08:48avec son père
08:49plutôt d'extrême droite.
08:50En tout cas,
08:51si vous en voulez
08:51en savoir plus,
08:52vous lisez ce livre.
08:53Ils les ont tant aimés,
08:54Les présidents et leurs mères,
08:55un livre qui est paru chez Plon.
08:57Merci beaucoup,
08:58Béatrix Delonard.
08:58Merci Anne Feuillard.
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