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  • il y a 1 jour
"Et maintenant, on fait quoi ?" est un documentaire réalisé à partir de la pièce Les Mots de la Faim, écrit par Adrien Gushing et Dominique Farci et produit par le Théâtre de Cristal, dans le cadre de la démarche « De la Dignité dans les Assiettes ».

Synopsis du documentaire :

S’alimenter dignement peut-il devenir un droit humain étendu au plus grand nombre ? En Lorraine, entre 2020 et 2022, 13 comédiens amateurs se sont engagés dans une pièce de théâtre relatant quelques-unes des situations quotidiennes vécues par 5 à 7 millions de personnes qui subsistent grâce l’aide alimentaire en France. Au beau milieu de la pièce, l’un des personnages dit : « bon d’accord, c'est bien beau tous vos témoignages, mais concrètement, on fait quoi ? » Un autre lance une proposition : « Et si on faisait un potager tous ensemble ? ». Portée par l’énergie de la pièce, l’idée commence alors à faire son chemin dans la vie réelle. Mais quand la tournée s'arrête, qu’advient-il de cet élan collectif ? Que devient ce désir de concrétiser quelque chose ensemble pour, non seulement, amener « de la dignité dans les assiettes » mais, plus largement, permettre de sortir des situations d'isolements ? Des relais et beaucoup de bonnes volontés existent … Les freins aussi.

Et maintenant, on fait quoi ? est un documentaire réalisé à partir de la pièce Les Mots de la Faim, écrit par Adrien Gushing et Dominique Farci et produit par le Théâtre de Cristal, dans le cadre de la démarche « De la Dignité dans les Assiettes ».

Réalisation : Vincent Glenn / Production : Eric Lebel (Callysta productions)

Avec le soutien du Pays Terres de lorraine, de la Fondation Carrasso, du Département de Meurthe et Moselle, du Programme LEADER, de RDGE (Réseau de Diffusion du Grand Est) et du programme "Accessibilité Alimentaire" du Réseau Cocagne, soutenu par le Ministères de la Santé et des Solidarités.

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Transcription
00:11Chéri ! Les enfants ! Attends !
00:20On fait quoi ?
00:22On pourrait lancer un grand mouvement mince,
00:25faire un bloc tous ensemble,
00:26un truc qui marque vraiment les esprits.
00:28Manger ! Grignoter !
00:31Déjeuner ! Grailler !
00:33Mastiquer ! Débusser !
00:36Goûter ! Dîner !
00:38Sustenter ! Dévorer !
00:40Gober ! Becter !
00:42Avaler ! Engouffrer !
00:45Enfourner ! Enpiffrer !
00:47Consommer !
00:59Prenez le temps !
01:00C'est super !
01:02Tiens !
01:03Ça c'est le monologue de moi ou de toi ?
01:07De toi !
01:07D'accord !
01:08Je suis sûr que tu mets une minute !
01:11On va aller sur marche !
01:12Attends, inquiète !
01:13Avec celle-là !
01:14Avec celle-là !
01:16Je pense qu'on peut laisser celle-là !
01:19C'est bon !
01:20Bam !
01:20Tu l'as vu de nier, celui-là ?
01:22Ouais, cool !
01:23Peut-être que tu peux procurer le petit...
01:25Et quoi ?
01:26Je pense que ça va aller...
01:27On peut nous répondre, mais vous pouvez un peu !
01:30Jean-Michel ?
01:32C'est bon, là ?
01:34Allez !
01:35C'est bon !
01:36Allez, fais ton entrée, chéri !
01:37Au revoir !
01:37Putain !
01:39Ouais, ça va être déduit !
01:40Attends, je...
01:56Quand j'étais gamin !
01:58Si je finissais pas mon assiette...
01:59Ma mère me disait toujours...
02:01Force-toi un peu !
02:03Pense à ceux qui n'ont rien à manger !
02:05J'ai pas pour vous, mais moi...
02:07J'ai jamais reçu de carte de remerciement en me disant...
02:11Merci d'avoir fini tes épinards !
02:13Grâce à toi, j'ai plus faim !
02:20J'ai 50 ans...
02:22Je suis en invalidité...
02:27Et...
02:28Autant entrepreneur à côté !
02:30Oui, parce qu'en fait...
02:31En étant en invalidité...
02:34J'ai le droit à être auto-entrepreneur...
02:37Mais j'ai pas le droit...
02:38De dépasser 2700 euros de chiffre d'affaires par trimestre !
02:44C'est pour ça que je dis à côté !
02:48Parce que je voulais pas perdre ma pension !
02:51Si je dépasse, je perds ma pension !
02:52La validité !
02:54Et comme j'ai un pied qui est complètement foutu !
02:56Si demain, je peux plus marcher !
02:58Je peux la revoir !
03:00Chérie !
03:01Les enfants !
03:02À table !
03:05Ouais !
03:08J'ai l'impression là !
03:11Reste, reste, reste, reste !
03:12Je vais essayer de caler...
03:14Il y a juste un petit souci d'éclairage...
03:16Bon, moi je la referai un coup !
03:19Parce que je sais que t'aimes bien...
03:20À ce niveau-là, Jean-Michel !
03:22À ce niveau-là !
03:23Là où t'es, c'est bien !
03:26Moi, je la referai, je te dirai de prendre plus le temps...
03:30Euh...
03:30Tu vois, de poser un petit peu...
03:32Parce que là, t'es un peu...
03:35T'es un peu déballé, quoi !
03:37Effectivement !
03:38Ça me gêne de jeter de la nourriture !
03:40Quand je pense à tous les gens dans le besoin...
03:43Je préférer la donner !
03:44Non, c'est évidemment normalement...
03:46Ah oui, comment ?
03:52Je suis fondateur du Théâtre de Cristal,
03:56compagnie qui est basée à Vannes-le-Châtel,
03:59en Meurthe-et-Moselle, en milieu rural,
04:02et qui travaille depuis 33 ans maintenant
04:04sur la parole des habitants.
04:06La plupart des spectacles et des projets qu'on a montés
04:09ont été créés à partir de la parole des habitants.
04:15Il y avait aussi un premier projet,
04:18enfin, un premier jet qui avait été fait,
04:21avec une récolte de paroles, mais dans la rue, un peu...
04:25On interrogeait les gens un peu au hasard,
04:26on leur demandait, c'est quoi pour vous bien manger ?
04:30Et puis les gens répondaient...
04:32Alors, il y en a qui parlaient juste de bien manger quantité,
04:34il y en a qui parlaient manger qualité.
04:36Donc déjà, il y avait deux poids deux mesures, un petit peu, sur ça.
04:40Et puis du coup, quand on parle...
04:43Enfin, quand on approche un peu le domaine de l'alimentation,
04:47où les gens ont du mal juste à trouver à manger,
04:50ben là, on rentre dans d'autres considérations
04:53de qu'est-ce que c'est que bien manger, en fait.
04:54Bonjour, Mme, pardon de vous déranger.
04:57Oui, une minute.
05:06Bonjour !
05:07J'ai 56 ans, j'habite à Toul, depuis 4 ans maintenant.
05:14J'ai deux enfants, deux grandes filles,
05:17et je suis au RSA depuis 2017,
05:23suite à une séparation qui a été très, très compliquée.
05:30Et j'ai eu de gros problèmes de santé,
05:32j'ai été hospitalisée plusieurs fois,
05:35j'ai eu plusieurs interventions,
05:38et tout ça a fait que ça m'a démolie.
05:41J'ai fait une grosse dépression.
05:45Et...
05:45Oui, une minute !
05:47Et mais dis donc, c'est le dernier White Phone 15,
05:51il est déjà sorti.
05:53Ah ouais, alors t'as vu, il est génial, hein.
05:556 capteurs photo ultra HD, 235 centiles,
05:59il fait 4G et 5G.
06:00Parce que, vous savez, dans une conversation,
06:05on parle, et puis d'un coup, on va dire,
06:07ben tiens toi, qu'est-ce que tu fais dans la vie ?
06:10Ben, tu travailles où ?
06:12Moi, je ne travaille pas.
06:14Je ne travaille pas, je... voilà.
06:17Est-ce qu'on ose dire, j'ai le RSA ?
06:19Parce que quand on le dit, là, le regard, il est tout autre.
06:23Le regard, il est tout autre.
06:25Si elle est au RSA, ou si il est au RSA,
06:29et ben c'est qu'il le veut bien, ou qu'elle le veut bien.
06:31Moi, plusieurs fois, on m'a dit, mais...
06:33Lorsque je prenais justement la parole à la fin des représentations,
06:39il y a plusieurs fois, des gens qui m'ont dit, mais...
06:41Vous savez, vous, ce que c'est que d'avoir le RSA ?
06:45Vous êtes bénéficiaire ?
06:48Je devais justifier que j'étais assez pauvre
06:50pour pouvoir devenir bénéficiaire.
06:54Bénéficiaire !
06:55Les gens sont étonnés parce que...
06:59Je sais pas...
07:00J'ai l'impression qu'il faut avoir un physique pour être bénéficiaire.
07:04C'est ça, il faut avoir un physique.
07:06Et souvent, on m'a dit, mais t'as pas...
07:08T'as pas... comment...
07:10Non, on dirait pas que t'as le RSA.
07:19Quand j'étais gamin, je finissais toujours mon assiette.
07:24Ma mère me disait toujours...
07:25Mange mon petit !
07:26Tu sais pas qui c'est qui te mangera !
07:30Alors...
07:30Je sais pas pour vous...
07:32Et moi, jamais personne m'a demandé si j'avais fini en me restant d'épinards.
07:36La misère à mot de bazel de bonne compagnie, elle est toujours là.
07:40Mais bon, je peux pas compter qu'ils sont des associations.
07:43J'ai trois enfants et je veux pas qu'ils aient pas.
07:45Je pense que j'ai inversé un merdier là.
07:47Ouais !
07:48T'as inversé un peu de trucs !
07:53Franchement, t'es bien retombé sur tes pattes, hein !
07:55Vraiment ?
07:56C'est vachement bien, Patrick !
07:57Alors, on va la refaire...
07:58Encore ?
07:59Oui !
08:00Alors, c'est pour...
08:01Juste, tu vas vraiment prendre contact avec nous.
08:04Juste à ça.
08:05Ta jambe droite qui est un peu comme ça.
08:07À droite.
08:08Ouais !
08:08Tu vois ?
08:09Entre toi dans le sol.
08:11Comme ça ?
08:13Euh...
08:13Trouve-toi bien dans le sol.
08:15Bah, moi, assis !
08:16Non, elle raconte nous.
08:18Elle raconte nous.
08:19Elle raconte nous.
08:22En fait, j'ai atterri au théâtre parce que quand on est au RSA, on a des rendez-vous assez
08:27régulièrement avec les services sociaux.
08:31Et un jour, ils nous ont dit, ouais, si vous voulez, il y a une animation de théâtre, un atelier
08:35qui va se monter bientôt.
08:38Si vous voulez vous inscrire, vous pouvez aller et tout ça.
08:42Enfin...
08:42Donc, bah, moi, comme je suis curieux et tout...
08:45J'aime bien le théâtre, hein.
08:48Donc, j'y suis allé, quoi, en fait.
08:50Et c'est là que j'ai rencontré Dominique et Adrien.
08:53On a eu un...
08:55Un échange, quoi.
08:58Ils nous ont enregistrés, tu vois.
09:00Ils ont enregistré tout ce qu'on disait.
09:02Parce que je pense qu'après, ils ont fait la pièce sur tout ce qu'on a dit, quoi.
09:05Ensuite, ils m'ont dit que, oui, ils allaient...
09:08De tout ça, de tout ce qui allait en ressortir, de tous ces témoignages d'autres personnes,
09:15de bénéficiaires comme moi, de gens de Pôle emploi, etc.
09:22Des gens de foyers, qui étaient dans les foyers.
09:27Ils allaient monter une pièce de théâtre avec le directeur du théâtre de Cristal, Dominique Varsy.
09:36Je suis un peu en galère, là.
09:37Vous n'auriez pas un peu de monnaie ou même un ticket resto pour nous dépanner ?
09:40Désolée, je n'ai rien sur moi.
09:43Moi non plus, hein, désolée.
09:44Bah, tant pis. Merci quand même.
09:47Euh, attendez.
09:48Je peux vous faire un contit, si vous voulez.
09:51Un quoi ?
09:52Un contit.
09:53C'est une nouvelle appli sur un iPhone pour transférer des petites sommes.
09:57Mais...
09:58Voyons, Thierry.
09:59Madame n'a pas de smartphone.
10:01Bah, si, j'en ai un...
10:03Il a un smartphone.
10:05Pourquoi il va à l'aide alimentaire, quoi ?
10:06Bah oui, mais...
10:07Comment je fais pour avoir un boulot ?
10:09Comment je fais pour m'inscrire à Pôle emploi si j'ai pas Internet ?
10:12J'ai pas Internet à la maison, moi, parce que ça coûte trop cher de payer 30 euros par mois
10:16pour avoir Internet.
10:18Mais par contre, avec mon smartphone, on peut me contacter.
10:21Et en plus, bah, j'ai Internet.
10:23Donc je peux aller faire toutes mes démarches.
10:26Parce qu'il y a toute la dimension précarité numérique derrière.
10:29Bon, c'est pas le sujet, hein, mais qui est là, quoi.
10:33Elle pourrait quand même dire merci.
10:38Bonne journée.
10:39Elle est au bout, elle est au bout.
10:41Oui, en plus, j'ai filé un super plan réduit.
10:44Merde.
10:47J'ai filé un super plan pour rendre des réductions sur une appli.
10:51C'est pas la gratitude qui l'étouffe.
10:53Ok, on reprend même endroit.
10:55On reprend même endroit.
10:57Là, vous avez les rapports entre vous.
10:58Elle pourrait quand même dire merci.
11:01Oui, en plus, je vais faire un super plan sur une appli pour rendre des réductions.
11:05C'est pas la gratitude qui l'étouffe.
11:07Et sinon, tu pars où en vacances cette année ?
11:10Avec Hervé, on retourne à Malte et sans les enfants cette fois.
11:16Moi, cet été, je parlais de Gisèle en Australie.
11:19Il parait qu'il faut du kangourou des vaches bio qu'il fond dans la bouche.
11:23Allez, salut !
11:26Très bien.
11:28Trop bien.
11:29Est-ce qu'on chante avec lui ?
11:30Chapeau.
11:31Oui, on chante avec lui.
11:32Ouais, chapeau, ouais.
11:33Allez.
11:38Je sais pas qui a connu cette guitare, mais...
11:40On m'a pété.
11:41Regardez de m'a pété comme ça.
11:42Ça fait commenter, on n'a pas.
11:47Tu nous fais l'entrée pour qui sera ?
11:50Tu te souviens de ce qu'il y avait ?
11:52Dis-moi ce que tu fais quand tu rentres.
11:54Qu'est-ce que tu fais quand tu rentres ?
11:56Deuxième reprise.
11:57Deuxième reprise, c'est bon ?
12:00Oui, juste avec la discrète.
12:02Et Alain, prends soin de tes accords.
12:07Là, tu regardes pas trop, prends soin de tes accords,
12:12prends le temps de regarder, tu mets bien tes doigts,
12:14ou sur les bonnes cordes.
12:16D'accord.
12:16Ok ?
12:18Ok, quand tu veux.
12:22Vous m'écapistes, dans le poids, vous me dites
12:28que les disciples ne seraient plus fines,
12:34je voudrais mieux vous croire un jour mes jambes
12:38avec les gens,
12:40essayez de...
12:42Il y a ma question.
12:44Oui, il y a ma question.
12:45Il y a ma question.
13:04Malgré que j'ai un boulot,
13:05je travaille en ayant un salaire
13:07en dessous des normes,
13:08auquel je suis en situation précaire,
13:11je dois faire attention à chaque euro
13:12que je dois dépenser
13:15pour me nourrir,
13:16pour me chauffer.
13:19Et depuis,
13:21dans un premier temps,
13:22il m'a accueilli avec Adrien
13:23pour ne serait-ce que faire reprendre mon témoignage
13:26avec ma compagne.
13:28Et de là,
13:30je n'ai pas beaucoup retrouvé mon témoignage
13:32dans le spectacle,
13:33mais après,
13:34j'avais l'impression que certains moments
13:37des différentes scènes,
13:38je pouvais me sentir proche des personnages.
13:53La première fois,
13:55en voyant la longue file
13:57de personnes qui attendaient devant le bâtiment,
14:00je n'ai pas réussi
14:01à sortir de ma voiture.
14:03mais si je crois un voisin,
14:05qu'est-ce que les gens allaient penser ?
14:20Et moi, quand on n'a pas le choix,
14:22on prend ce qu'on nous donne.
14:24Alors, on trope, on jette,
14:26et alors, d'une certaine façon,
14:29cette nourriture, elle a déjà été jetée
14:30parce que personne n'en voulait.
14:33Pourquoi nous, on en voudrait plus que les autres ?
14:35Bon, moi, je ne suis pas difficile,
14:37je mange de tout.
14:38Bon, c'est vrai,
14:39il y a toujours la même chose.
14:41Je suis parti de Metz,
14:43je suis allé faire l'école hôtelière à Perpignan.
14:46Après, j'ai habité à Jeun,
14:47j'ai habité Toulouse,
14:48enfin, j'ai un peu bourlingué, un peu partout.
14:51Comme je travaillais dans la restauration,
14:54il y a du boulot à l'époque.
14:56Même maintenant, il y a encore partout du boulot.
14:57Mais bon, le truc, c'est que la restauration,
15:00ça ne paye plus.
15:01C'est trop d'heures,
15:03t'as plus de vie, quoi, en fait.
15:05Tu es en train de bosser, bosser, bosser.
15:07Donc, j'ai dit stop.
15:10Et après, je me suis mis dans le
15:12magasinage, en fait.
15:13J'ai passé les cassettes,
15:14pour les Fenwick, tout ça.
15:16Et je travaillais 10 ans là-dedans.
15:19Et puis là, maintenant, bon,
15:20sur 10 ans, je suis moitié trop vieux.
15:23Il n'y a plus de boulot pour moi.
15:29C'était en 2011.
15:31Donc, ça date.
15:34Et ils m'ont dit, vous êtes trop vieux à l'époque.
15:35J'avais que 50 ans, 51 quand même.
15:37Ils m'ont dit, vous êtes trop vieux.
15:39On sort de la crise de 2008.
15:42Donc, il n'y a plus de travail pour l'instant.
15:44Il faut attendre, peut-être dans un an,
15:45deux ans, trois ans.
15:48Donc, du coup, voilà.
15:50RSA, quoi.
15:51Pas le choix.
15:52Je ne sais même pas si ça ne s'appelait pas le Rémi encore à l'époque.
16:05Alors, quand ça sonne, le dimanche, je vais peut-être comme ça, moi.
16:09Bling, blong, bling, bling, blong.
16:35Bling, bling, bling, bling, bling, bling.
16:37Bling, bling, bling, bling, bling.
16:42Bling, bling, bling, bling, bling.
16:45On y arrive. Tiens. Hop.
16:48Tout est prêt, là.
16:49Vas-y, Jean-Michel.
16:50On lit notre texte.
16:53Au bout d'un moment, on va chercher à manger.
16:55On va chercher à manger et hop.
16:56Ça n'a pas été si difficile que ça, franchement.
17:00Après, c'était de faire comprendre aux comédiens, acteurs, actrices,
17:06qu'on montait un projet exigeant.
17:10Que du public allait venir, que beaucoup de gens allaient venir,
17:13qu'il fallait qu'ils soient exigeants envers eux-mêmes et envers nous.
17:18Que nous, en tout cas, on allait l'être.
17:20C'est-à-dire qu'il n'était pas question qu'on joue sans savoir le texte par cœur,
17:25qu'il n'était pas question qu'on joue dans un état anormal,
17:29en ayant bu, par exemple.
17:31C'est tout ça.
17:33C'est prendre en compte qu'on travaille avec des gens non professionnels,
17:37avec parfois des grandes difficultés dans la vie de tous les jours,
17:42et qu'on allait faire œuvres communes.
17:44J'aurais jamais imaginé qu'un jour...
17:48Et après, c'est lui.
17:50On flippait ?
17:56Arrive un moment où la faim est plus forte que la honte.
17:59Ah non, c'est pas moi, ça.
18:00Non ! C'est lui !
18:02J'y suis retourné la semaine suivante parce que je n'avais rien mangé depuis trois jours.
18:06Arrive un moment où la faim est plus forte que la honte.
18:10La première fois, on m'a accueilli à un bureau improvisé.
18:14Sur une minuscule table remplie de paperasse, coincée entre les céréales et les bouteilles de lait.
18:20J'ai dû remplir encore une fois un dossier très détaillé sur moi, sur ma vie.
18:27Refaire le bilan de ce qui m'avait conduit jusqu'ici et maintenant.
18:31Je devais justifier que j'étais assez pauvre pour pouvoir devenir bénéficiaire.
18:38Bénéficiaire !
18:39C'est marrant, hein ?
18:40Comme un même mot peut avoir un sens différent selon qu'on l'emploie dans la finance ou dans le
18:46social.
18:47Donc, j'ai donné mes papiers.
18:50Alors ça, c'est aussi pas...
18:51C'est pas facile de se dire, de prouver qu'on est pauvre.
18:56Moi, de base, j'avais une vie normale, complètement normale.
19:02Et là, je me suis dit, mais qu'est-ce qui me tombe sur la tête ?
19:05Je leur fais la scène ?
19:06Ouais, alors que la...
19:08Un petit peu avant...
19:09On finit par prendre ses habitudes.
19:11Jean-Michel, tu sais l'occurrence ?
19:12Oui.
19:13Oui, il l'a pas eu top juste.
19:18Bon, allez !
19:19Il n'y a pas toujours ce qu'il faut, mais il y a de quoi tenir un temps.
19:23Bah, des fois, il n'y a pas grand-chose qui donne envie, hein.
19:26Oui, d'ailleurs, madame, voilà.
19:27Je suis incolérante au lactose.
19:29Est-ce que ça vous dirait d'échanger vos carottes contre mes yaourts ?
19:31Je travaille en tant qu'assistante sociale.
19:34Et mon métier, c'est d'abord ça, moi, je pense.
19:38Accueillir la personne, l'écouter, comprendre, la laisser exposer.
19:44Ce qu'elle a à nous dire souvent, ils viennent pour quelque chose.
19:47Genre, bah, je sais pas, j'ai besoin d'une machine à laver.
19:51Ou là, j'ai plus rien à manger, on est le sein du mois, mais comment je fais ?
19:57Je sais pas, moi, mon enfant, il va pas bien, comment je peux faire ?
20:01Et puis, en fait, moi, quand la personne arrive,
20:03elle arrive avec un problème.
20:05Parce que, ouais, c'est vrai, c'est ça, on est avec les problèmes, en fait.
20:17Qu'est-ce que je peux faire pour vous ?
20:19Alors, voilà.
20:20Je suis pauvre et...
20:22Non, non, non, dis pas ça !
20:24Oh là là, malheureux.
20:25Dis plutôt que t'es en situation de précarité ou que tu bénéficies du RSA.
20:30Ouais, ça rassure les abréviations.
20:33Ça fait plus moderne.
20:35Et puis, souris un peu !
20:37Bah voilà, je bénéficie du RSA et...
20:39Et vous avez une attestation.
20:49Et moi, par le biais de l'animation, j'ai le volet, enfin, j'ai en charge la partie prévention,
20:55santé, par le biais du jeu et de l'animation.
20:59D'accord.
21:01Ça peut être des choses très très simples, comme...
21:03Bon, bah, on est en rando pendant deux heures.
21:06On évite de fumer.
21:07En tout cas, on fume le moins possible.
21:09Voilà, tout simple, mais pour autant, ça fait partie de notre quotidien.
21:14Parler un petit peu de santé à travers un petit déjeuner.
21:17Voilà.
21:19Fred, est-ce que j'organise des jeux à boire ?
21:22Non.
21:23Pourquoi je fais pas ça ?
21:27Toi, déjà, tu ne bois pas.
21:28Pardon ?
21:29Toi, déjà, tu ne bois pas.
21:31Mais qu'est-ce que vous en savez ?
21:33En fait ?
21:35Je pense.
21:36En tout cas, au boulot.
21:38Voilà.
21:41Avant, j'étais patron d'une PME.
21:43Je roulais pas sur l'or, mais je m'en sortais.
21:46Moi, j'étais cadre dans une start-up.
21:49J'avais de quoi voir venir.
21:51Moi, j'étais intérimaire dans le BTP.
21:53Les fins de mois étaient déjà très aléatoires.
21:57Et puis, j'ai fait une dépression nerveuse.
22:00Non, dis pas ça.
22:03Dis plutôt que t'as traversé une mauvaise passe
22:07ou que t'as fait un burn-out.
22:10Oui, ça rassure les homicides.
22:12Ça fait plus moderne.
22:14Et puis, souris un peu.
22:16Donc, j'ai fait un burn-out et...
22:19Et vous avez un certificat médical ?
22:23Et puis, on a traversé une crise.
22:26Écologique.
22:27Sanitaire.
22:28Conjugale.
22:29Quand la personne va mieux.
22:33Au niveau de son...
22:35Quand elle se sent mieux en sortant d'ici.
22:38Là, j'ai fait mon métier.
22:39Quand tu ressens qu'elle repart avec moins chargée.
22:47Tu vois ?
22:47Quand elle te sourit.
22:49Quand elle a pu pleurer pendant une heure dans ton bureau.
22:52Mais que quand elle part, elle te dit merci.
22:53Alors qu'elle a pleuré pendant une heure.
22:55Tu vois ?
22:56Mais elle part en souriant.
22:58Et après, tu sais, tu vas...
23:00Là, moi, pour là, là, là, j'ai fait mon boulot.
23:08On va voir ce qu'on peut faire.
23:11Tout va bien dans la vie.
23:12Et puis, à un moment, il se passe un truc.
23:15Cumuler un autre.
23:16Et puis, un petit troisième.
23:17Et puis là, c'est terminé.
23:18On est au fond du trou.
23:20Et puis, il n'y a plus personne pour t'aider.
23:23Mais en tout cas, si tu veux trouver...
23:25Si tu veux être aidé, il faut que tu ailles chercher de l'aide, quoi.
23:28Mais les démarches, ça dure longtemps.
23:34Pour moi, ça a duré trois mois.
23:36Du coup, dans ce laps de temps-là, des trois mois,
23:40on fait comment ?
23:41On fait comment ?
23:43Alors, comment j'ai fait ?
23:45Eh bien, ça a été très dur.
23:46J'ai réuni mes filles.
23:48J'avais quelques bijoux.
23:50Voilà.
23:51Quelques bijoux que leur père m'avait offert.
23:53Je leur ai demandé de choisir ce qu'elle voulait.
23:57Et ensuite, toutes les trois,
23:59on est allé vendre le peu de choses que j'avais.
24:02Voilà.
24:02J'ai récupéré une petite somme d'argent.
24:05250 euros.
24:06Pour moi, c'était le bonheur.
24:09Parce que du coup, je suis allé tout de suite
24:11mettre de l'essence dans ma voiture.
24:13Et je suis allé faire des courses.
24:20Allez, allez.
24:29Allez.
24:39Allez.
24:42Allez.
24:43les assistantes sociales et on est venu. Il y en a une qui m'a dit, mais vous savez
24:47monsieur Champouni, tant que vous n'êtes pas rentré dans la machine, vous n'êtes pas
24:50prêt d'avoir des droits. Je veux dire, c'est grave quand même. Nous, on était dans la
24:56misère. Il me restait 100 euros pour payer chauffage, électricité, se nourrir. J'allais
25:04chercher des bons à la mairie.
25:19Déjà, jamais je ne me serais capable de faire deux ans, un peu plus de deux ans, de continuer
25:27à répéter. Je me suis dit non, ce n'est pas possible, il ne faudrait pas. Parce que comme
25:33il y a eu le Covid, ça a bloqué un peu le truc, mais on répétait quand même au téléphone.
25:41Et tous les gens ont tenu, il n'y en a pas un qui est parti. Et après, on s
25:44'est tous
25:45retrouvés, ça a renforcé les liens.
25:47Bonjour Corinne ! Bonjour Jean-Pierre ! Bonjour Paris !
26:00Donc Corinne va nous parler de sa recette incroyable et surtout ultra économique. Les pâtes
26:07de Carbonara façon Corinne. Ou pourrait-on dire les pâtes Corinara ?
26:13Corinara !
26:14Quand on allait au théâtre, on était contents. Vous savez que l'après-midi, on allait passer
26:18au théâtre, on allait répéter. Puis quand on allait jouer après, devant le public, ça
26:22c'est le Graal. C'est ça le truc. Le but en fait, c'est de jouer devant les gens,
26:29de t'exprimer
26:30devant eux. Là, il n'y a pas de... Tu vois, c'est... Le public, c'est lui qui t
26:38'applaudit
26:38ou pas, quoi. Voilà. C'est lui l'arbitre, quoi. Tu sais, c'était bon, c'était pas bon. Voilà.
26:50Alors, voilà. Pour ma recette de pâtes Carbonara, pas chère, mais c'est très simple. Il vous
26:58faut des pâtes, évidemment, de la nature de votre choix. Ah, ça au moins, c'est sûr.
27:06Tous nos abonnés en ont. Il vous faudrait également des lardons, si par chance vous êtes encore en début
27:14de mois et que ce n'est pas encore le désert de Sibérie dans votre frigo. Eh oui, mais comme
27:24nous sommes
27:25déjà le 7, pour la plupart de nos abonnés, toutes les traites sont déjà passées. Mais voyons le bon
27:31côté des choses. C'est ce qui fait le succès d'Heureux les Pauvres. Heureux les Pauvres. Pas
27:36vrai, Cory ? C'est le moins qu'on puisse dire. Donc, mon éco-astuce pour les lardons, c'est
27:43de les
27:43remplacer par quelques chips blue bacon que vous aurez pris soin de préserver pendant
27:50l'apéro du week-end. En plus, en plus, ça donne un peu de croustillant.
28:02Des fois, je suis allé voir les collègues à la 9 maison de la troupe. Je suis obligé
28:06d'aller à Nancy, de Nancy de prendre le tramway et après le tramway de reprendre un bus
28:10pour la 9 maison. Deux heures de voyage pour y aller. Alors qu'il y a quoi, il y a
28:1430 bombes.
28:15Ah oui.
28:39C'est la question cruciale. Comment les gens, ils arrivent à se débrouiller à manger
28:44quand tu n'as pas trop d'argent ? Puis il y en a, ils n'osent pas aller dans
28:48des associations,
28:49demandez, ils n'aiment pas, ils ne veulent pas. Bon, là, je vais arrêter d'y aller, là, au resto
28:54du coeur.
28:56Parce que maintenant, c'est plus pareil. Maintenant, ils vous donnent une heure, un numéro pour passer.
29:00Enfin, c'est un bordel. Le Coluche, il doit se retourner dans sa troupe.
29:04Ah oui, non, non, c'est infernal, mais non. Avant, c'était bien, on buvait le café et tout,
29:09en arrivant, on saluait tout le monde et tout. Mais on était quoi, allez, une trentaine, une quarantaine.
29:13Mais maintenant, ils sont 200, 300, c'est plus la même. C'est plus la même ambiance, quoi.
29:21Même si je n'ai rien à reprocher, parce qu'il y a plein de gens, ça veut dire qu
29:25'il y a plein de gens
29:25qui sont dans la misère, quoi. Donc, moi, je ne crache pas dans la soupe.
29:30Moi, je suis content d'être français, même si je ne suis pas riche, mais je m'en fous de
29:35la richesse.
29:36Moi, la richesse, c'est la richesse du coeur, de la tête, le reste.
29:43Bon, c'est bien beau, tous vos délires. Mais concrètement, on fait quoi ?
29:51On pourrait lancer un grand mouvement de masse, faire une bloc tous ensemble,
29:55un truc qui marque vraiment les esprits.
30:01Et comme quoi ?
30:03Je ne sais pas, moi, une manif.
30:05Une manif, c'est bon pour les 68 arts de nos jours. On sait bien que ça ne sert plus
30:10vraiment à rien.
30:11Moi, je sais, moi. On pourrait faire une grève de la faim.
30:16Très bonne idée. Une grève de la faim. On devrait boycotter Louis Vuitton aussi, tiens.
30:23Là, c'est sûr qu'il devrait tous nous écouter.
30:25Oh, les gars, il faut rester optimiste. On est au plus bas. Ça ne peut que s'arranger maintenant.
30:32Et comme ils m'ont dit à la télé, ils ont donné de l'argent pour l'éducation.
30:38Enfin, vous voyez ? C'est comme ça qu'il faut faire maintenant.
30:41Ah, le ruissellement !
30:42Ils ont dit, il faut compter sur le ruissellement.
30:44Et c'est quoi, ça, le ruissellement ?
30:47Ben, vous voyez la scène ? Le fleuve ?
30:51Non, non, l'épisode biblique.
30:57Imaginez, Jésus, c'est les riches. L'argent, c'est le pain.
31:00Ben, vous connaissez l'histoire.
31:03Il vient, il dit, prenez et mangez-en tous.
31:06Sépara le pain en deux, donne à son voisin.
31:08Qui sépare en deux, donne à son voisin.
31:10Qui sépare en deux, donne à son voisin.
31:12C'est ça, le ruissellement.
31:14Eh ben, dis donc, on doit être assis tout au bout d'une très, très, très longue table.
31:24Eh, Jimbo, un copain agriculteur m'a proposé de mettre un bout de son champ à disposition.
31:30On pourrait faire un potager tous ensemble et partager la récolte.
31:35Une tournée comme ça, c'est aussi la volonté de plein de gens.
31:40Pour qu'on joue quatre fois au départ, c'est facile.
31:44Le Pays-Terre de Lorraine a des relais partout sur notre territoire, à nous.
31:48Pour qu'on joue douze fois en plus des quatre fois, c'était plein de relais.
31:53C'était des relais du conseil départemental qui a pris cinq spectacles au-dehors de notre périmètre, à nous.
32:00C'était les relais du Pays-Terre de Lorraine pour qu'on puisse jouer à Paris.
32:06On a fait du bateau mouche, on est allé à Montmartre.
32:09La nuit à Montmartre, c'était génial.
32:11On se retrouve là avec des gens qui, un, qui a peur de prendre le train,
32:15qui nous dit en rigolant, mais pas tant que ça.
32:18La seule fois où j'ai pris le train, il a déraillé.
32:21Donc, il y a ça, il y a le fait de prendre le métro ensemble.
32:24C'était magique pour tout le monde.
32:26La visite au musée Grévin, je vois Alain assis dans le fauteuil à côté de Charles Aznavour.
32:31Enfin, c'était… voilà.
32:33Dominique nous a dit qu'il était possible qu'on jouait à Paris.
32:35Je dis « Ah, quand même ! »
32:37Et quand il nous a confirmé que ça allait être tout le cas, j'ai fait « Ah oui, là
32:40! C'est du sérieux, là ! »
32:42Parce qu'au final, Paris, j'étais, pour ainsi dire, vraiment jamais allé.
32:45Et puis les gens, super accueillants, ils nous ont fait un, je sais pas comment on appelle ça, un brunch
32:51ou un lunch ou un achat.
32:52On essayait de sortir des plats pour manger à midi, tu vois, c'était excellent.
32:56Tous sympas.
32:58Bon, il n'y a pas moyen de boire un coup de bière ni que d'ol, mais bon, c
33:01'est pas bon.
33:15Nous n'avons pas d'abord.
33:57On a envie de dire concrètement qu'on fait quoi, qu'est-ce que ça va apporter, ce spectacle-là.
34:04Bon, je ne sais pas si concrètement c'est quelque chose qu'on va faire tous ensemble ou si on
34:09va se mettre à se faire un petit jardin tous ensemble, un petit potager.
34:13Je ne sais pas, tu n'aurais pas le terrain, Jean-Michel ?
34:14Moi, je vous ai dit, il n'y a pas de souci.
34:17Pour le terrain, il n'y a pas de souci.
34:18La seule chose, il faut que, pour aller à fou aussi, il faut que les gens soient motivés, il faut
34:23que…
34:24Moi, je suis prêt, mais il faut que ça vienne de vous.
34:33Maintenant, on fait quoi ?
34:35Et ça a été un des live motifs de Jean-Michel qui a effectivement demandé au public après, maintenant, on
34:41fait quoi ?
34:49Jardin partagé, alors moi, je suis partant. Je lui ai dit. D'ailleurs, j'en ai parlé à une copine
34:54aussi. Elle m'a dit que ça m'intéressait et tout.
34:58Mais bon, le truc, c'est que de toute la fougue, ce n'est pas la porte à côté. Ça
35:03va être un problème de transport.
35:06Parce que moi, oui, je préfère aller me planter mes légumes que d'aller les acheter. Ça, c'est déjà
35:12sûr.
35:13Puis au moins, ça me fera faire quelque chose. Même un copine, ça me fera faire quelque chose, quoi.
35:18Mais s'il n'y a que le Patrick, je ferais un jardin à l'air.
35:23Parce qu'il me dit, le problème, c'est que j'habite. Je lui dis, moi, j'irai le chercher.
35:26Il faut aller le chercher une fois à tous. Je vais tous les jours.
35:29Je lui dis, j'irai le chercher. S'il n'y a que le Patrick, je lui ferais un bout
35:32de jardin.
35:35S'il a envie, ça…
35:55Sous-titrage Société Radio-Canada
36:04Attends, au revoir.
36:06Salut.
36:07Bonjour.
36:09La bise.
36:09Ça faisait longtemps que ce n'était pas en vue.
36:11Oui, ça faisait un sacrément…
36:12Il fait beau, mais ça aille.
36:14Très bien.
36:15Bon, alors, du coup, ces idées de jardins partagés, on ne sait pas trop, nous.
36:22On est mis pour ça.
36:23Ben oui. Déjà, si vous êtes venus, c'est déjà vous aussi.
36:26On est déjà venus aussi.
36:27Après, effectivement, si on veut aller plus loin, on peut même créer un emploi.
36:32Ça peut aller là, après.
36:34Ça peut aller jusque là, oui.
36:35Mais avant de faire…
36:36Mais il faut qu'on commence.
36:38Au revoir.
36:39Est-ce que tu ne penses pas qu'il faut déjà aussi voir un peu plus loin ?
36:42Parce que si on commence, tu te dis, on va commencer à nettoyer le terrain, etc., etc.
36:48Mais si après, il n'y a personne ?
36:53Si tu n'as pas d'aide, si on n'a pas d'aide…
36:54Si on n'est que trois, tout ça, on fera du jardin, tu vois.
36:57On n'a pas besoin d'être 50.
36:59En plus, vu la conjoncture actuelle, vu les prix dans le magasin.
37:04Si on repart avec 10 kg de patates chacun, on se raconte.
37:09La mairie de Fouille voulait faire un jardin parsager.
37:13Il y avait deux, trois personnes qui étaient intéressées, mais il n'y avait personne pour lancer le truc.
37:18J'ai bien compris.
37:19Donc le maire, quand il m'a vu là-bas, il était bien content.
37:23Fouille, je lui ai dit, ben oui, nous, ça nous intéresse, puisqu'il y en a une pire qui sont
37:28intéressés au niveau du théâtre, machin.
37:30Donc le mieux, c'est qu'on se mette tous ensemble.
37:37Donc ma présentation, moi, je suis chargé du projet jardin nourricier pour le pays d'air de Lorraine,
37:41dans le cadre de la démarche de la dignité dans les assiettes,
37:45qui vise un accès digne et durable, une alimentation de qualité pour tous.
37:49Donc, pour que ce projet, la pièce de théâtre, Monde à la fin, aboutisse à un projet concret,
37:58qui est les Germains, qui est souhaité par les habitants.
38:03Voilà, c'est un plaisir pour nous, vraiment, de les accompagner.
38:08Nous, on est partants, on est motivés, donc je pense qu'il faut y aller tout de suite.
38:17Je suis d'accord avec ça. C'est-à-dire que, d'une part, vous êtes chauds.
38:22Oui, ben oui.
38:23Vous êtes dans un rythme, voilà, formidable.
38:27Et je pense qu'il faut, il y a cette année, je pense qu'il ne faut pas qu'on
38:29s'y prenne la tête.
38:31Il faut qu'on y aille doucement, qu'on voyait les gens qui veulent revenir avec nous, on nettoie le
38:37terrain.
38:38C'est pour ça que je t'avais demandé d'aller visiter les jardins partagés à 9 maisons,
38:43de rencontrer des gens qui ont mis en route pour qu'ils nous expliquent un peu comment ils ont fait,
38:48les erreurs qu'ils ont faites. Donc ça, on y va demain.
38:52C'est sur la même lancée, la même dynamique, sur le fait de commencer le plus rapidement possible.
39:00Il faut le démarrer. Il suffit d'avoir deux personnes, trois personnes qui sont motivées.
39:29On peut y voir.
39:321200 m², c'est ça ?
39:35Oui, oui, oui.
39:45Donc, on va pocher là.
39:48Jeudi matin.
39:49Jeudi matin, jeudi prochain.
39:56C'est la pièce de théâtre Les mots de la fin que vous avez suivie.
40:01Ah oui, je me rappelle de vous. C'est chouette.
40:03Voilà. Et donc, l'idée pour eux, pour donner une suite à cette pièce de théâtre,
40:07ils se sont dit, on va faire un jardin partagé.
40:10Alors, ce sont les petits pois, gentiment offert par le jardin partagé de 9 maisons.
40:18On va nous donner des épinards.
40:21Je suis heureux de ça.
40:22Oui, je suis heureux de les épinards.
40:26Ça, c'est des épinards.
40:36Les fraises, ça, c'est des petits pois, je crois.
40:39Oui, oui.
40:40Ça va bien.
40:40Romarin.
40:41Ça, c'est du romarin.
40:45Voilà.
40:46C'est pas rural.
40:49Un güzel œuf qui exig краient.
40:51Oh, ça va vraiment.
40:52On peut chercher whatsapps à danserienne ?
41:03Finalement, il faut pas pouvoir � ole un peu comme dos.
41:12Oui, bien sûr.
41:12purchased et en salty pauvres.
41:13Så est-à-vis qui, on doit passer un peu sur центршего,
41:15qui est au bout de la notified orientale d'un moment.
41:15On peut pas proven voir un avenir au salut du groupe,
41:16...
41:17...
41:49Réunion terminée. Là, c'était la dernière. De toute façon, il faut qu'il y aura les machins, le président,
41:57le trésorier, puis je ne sais pas quoi, vous ne me mettez pas dans le truc.
42:00Moi, je suis un intervenant, on va dire.
42:02Si, on se mettra à membre quand même.
42:04Oui, mais pas Réunion que dalle.
42:05Ah bah oui, on sait.
42:07T'inquiète.
42:10Je te connais, toi, tes Réunion, t'as duré 10 minutes, juste un petit café, deux plombes.
42:22Je te connais rien, mais il me semble qu'elle est belle, bien noire.
42:25Et ça, c'est pas des fraisiers, ça ?
42:29Non.
42:33Ça, c'est de la ciboulette.
42:34Ça, je me laisse, ça.
42:35Oui.
42:37Moi, je dégonne tout, parce que je ne sais pas.
42:40Non, mais là, il n'y avait rien.
42:41Non, mais là, il n'y avait rien.
42:42Il y en aura un petit peu.
42:45Après, bon, on se débrouillera avec le moyen du corps.
42:51Je sais pas.
42:51Non, mais là.
43:01Non, non, mon korra.
43:22Ici, c'est mon bureau.
43:25En fait, je viens ici boire mon café tous les matins
43:28et quand il y a des clients qui veulent que j'aille terrasser,
43:32ils viennent me trouver ici.
43:34Tous les matins ?
43:34Tous les matins, je vais boire mon café à 7h.
43:38C'est précis.
43:48Ça passe ou pas ?
43:49Non, non, non.
43:50Voilà.
44:47Je ne vais pas éborner personne.
44:51Le moral est bon.
44:53Ça se passe très bien.
44:56Les gens ont beaucoup de plaisir à venir.
45:00Donc, pour moi, on a gagné.
45:03Quand je vois le Patrick venir avec le sourire au jardin,
45:08il part de chez lui, il bougonne dans la voiture
45:11et il arrive sur le jardin, tout va bien.
45:16Donc, moi, c'était le principal but.
45:19Et pour moi, il est atteint.
45:20C'est pas proche des plants ?
45:26C'est pas proche des plants ?
45:28C'est pas proche des plants ?
45:29C'est pas proche des plants de terre.
45:31C'est pas grave, vous êtes, là, l'habitude.
45:36On est bon, là, Mimmy ?
45:37Oui, c'est bon.
45:38C'est bon, là, c'est bon.
45:39Alors, le troisième, c'est pareil.
45:41On déploie toujours comme ça à la verticale.
45:43On appuie sur derrière.
45:45Donc, le pot pour pouvoir ne pas casser les racines
45:48pour le replanter.
45:49Après, on met comme ça.
45:51Et on reprend tout.
45:53La terre que Béa l'a mise.
45:55On le met bien droit.
45:56Il pousse bien droit.
45:58Et on tasse bien.
46:03J'ai pas trop compris ton système, là.
46:05Mon système, n'aie pas peur.
46:09Tu enfonces ta mère.
46:10Elle est ça, te suivi.
46:15Quand ils ont fait la demande,
46:17moi, j'étais partant, au début.
46:19J'aime bien le jardin, j'aime bien rencontrer des gens.
46:21Je me suis dit, bon, tu vas apprendre des trucs, aussi.
46:24Et je m'étais inscrit.
46:26Bon, et voilà.
46:27Le résultat.
46:28Donc, moi, j'étais partant, puis j'habite là-bas, quoi.
46:31Donc, j'étais partant.
46:33Et puis, c'est super dynamique, quand on voit.
46:37C'est, voilà, c'est tout juste, il y a des mots, quoi.
46:40Enchanté, Cathy.
46:41Ah, là.
46:41Oui, je vous ai vu en pièce de théâtre.
46:43Ah, là, là, là, là, non, ne manquez pas.
46:46Je ne jouais pas, je faisais les intermèdes.
46:48Les intermèdes, je veux dire.
46:50Vous chantiez très bien avec la guitare.
46:51Bonjour.
46:52Très bien.
46:52Oui.
46:53On fait ensemble.
46:55Chacun fait comme il a.
46:57Si tu as envie, si tu ne sais pas, tu demandes, voilà.
47:02Et on se met toujours d'accord sur un point.
47:05Donc, c'est ça ce qui est beau dans ce projet.
47:10Il n'y a pas une prise de tête, il n'y a pas de chèquerie, il n'y a
47:14pas de gendarme.
47:15Donc, le jardin, c'est avant tout un cadre pour se libérer, pour libérer l'esprit.
47:25C'est ça, la synergie.
47:27Il y a quelqu'un qui arrive, il dit, ah, ben, nous, on veut justement faire ça pour, c'est
47:30ça, l'histoire, pour continuer la pièce de théâtre, pour que ça soit concret.
47:36C'est trop génial.
47:37C'est ça, le...
47:39Alors, les synergies, ça arrive, si vous voulez, il y a un truc, c'est là, l'idée est là,
47:44et il y a quelqu'un qui met l'étincelle, parce qu'il y avait déjà des étincelles, mais
47:48bon, il y a...
47:49Hop, et quelqu'un qui vient nourrir ça, et après, ça démarre, ils font les ballons, quoi.
47:54Tu feras la chansonnette, hein, par contre, on écoute, d'accord.
47:58Tu pousseras la chansonnette.
47:59Oui, oui, je le fais, hein.
48:04Tiens, Béa, tu veux prendre ça, moi, je vais prendre la glacière, parce que c'est lourd.
48:08Ça va aller, Léa ?
48:10On veut prendre les charbons, bois, glacière, attends, ça va aller, c'est sûr ?
48:13Oui, c'est un dogme.
48:14Ça va aller, c'est sûr ?
48:15Ça va, et toi ?
48:16Oui, c'est sûr.
48:18Allô, c'est sûr.
48:19Ah, c'est super.
48:21Il faut que tu fasses le tour de l'école, c'est l'autre parting, en fait.
48:26C'est pas Adrien, c'est ma femme.
48:30Enchanté, Sabrina.
48:31Tout ce qui est des Jean-Michel, c'est pas par parole des vanguines non plus.
48:34C'est vraiment où tu veux les patates, excuse-moi.
48:39On va essayer de jouer, Etienne.
48:42Je suis député de Meurthe-et-Moselle, et je préside le pays-terre de Lorraine.
48:46On a eu une belle rencontre avec KTD Carmon,
48:48et on a été habité par la question qu'ils portaient de la dignité dans les assiettes,
48:53la question non seulement de la quantité, non seulement du pouvoir d'achat,
48:57mais la question de la dignité autour de la nourriture.
48:59On a fait tout un chemin avec eux,
49:01et on a accepté d'être une sorte de laboratoire de la lutte contre la précarité alimentaire,
49:08et on a baptisé ce programme justement de la dignité dans les assiettes.
49:11Et dans ce programme, il y a la réinvention d'une sorte d'amap de la mixité sociale,
49:19il y a une pièce de théâtre qui a porté la parole de tous ceux qui ont connu la faim,
49:24et parfois l'humiliation dans cette recherche de la nourriture,
49:28et il y a les jardins partagés.
49:29C'est toute une campagne un peu labo,
49:32on est une sorte de laboratoire vivant, d'expérimentation.
49:35Certaines sont microscopiques, certaines sont en train de prendre de l'ampleur.
49:39Ici, sur le territoire, maintenant, il y a 100 000 habitants,
49:41c'est un grand territoire, Terre de Lorraine, 4 communautés de communes,
49:45il y a 16 jardins partagés.
49:51Je vous remercie tous d'être venus, ça nous fait plaisir que vous soyez tous là.
49:57Comme j'ai dit à chaque fois aux pièces des mots de la faim,
50:06qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
50:07Moi, je disais toujours, on devrait faire un jardin partagé,
50:11on ne doit pas en rester là, machin.
50:13Grâce à l'équipe des mots de la faim, on en est là.
50:19Le concret est arrivé.
50:20Moi, je n'aime pas les discours, j'aime bien le concret, le concret est là.
50:24Merci à tout le monde d'être venus,
50:25merci à la mairie de nous avoir soutenus,
50:29et merci à l'AMS pour tous les plans et tout.
50:33Voilà, bon plan.
50:34Merci tout le monde.
50:35Merci.
50:36Merci.
50:37Au revoir.
50:41Merci beaucoup, chérie.
50:42Et voilà.
50:43À bientôt.
50:44On se tue en juin.
50:45Ça m'a fait plaisir.
50:49Nous, c'est plus se retrouver,
50:52et si ça peut nous permettre de nous nourrir.
50:56Nous, on est déjà sûr que le jardin,
50:58même s'il n'y a rien qui pousse,
51:03ça nous nourrit mentalement.
51:05Par contre, le chapeau, c'est pas un nom ?
51:10Allez, bonne fin de journée à vous.
51:14Allez, au revoir.
51:15Au revoir.
51:15À bientôt.
51:16Au revoir.
51:17Et de toute façon, on te rappelle.
51:19Ah, c'est bon.
51:21J'aimerais bien, parce que moi, j'avais un projet,
51:25j'ai toujours des projets.
51:27Et je me dis, parce que j'ai ma femme qui travaille chez les personnes âgées,
51:33et je me dis pourquoi on ne ferait pas des jardins partagés
51:36chez les personnes âgées qui ne peuvent plus faire leur jardin.
51:40Et ça, je pense que c'est un truc à développer.
51:44Je viens te chanter la salade,
51:48la salade des gens heureux.
52:09La vie,
52:12voilà, grâce à Jean-Michel,
52:15Réunis tous,
52:18Réunis.
52:47Sous-titrage Société Radio-Canada
53:16Sous-titrage Société Radio-Canada
53:30Réunis.
54:01Sous-titrage Société Radio-Canada
54:21Réunis.
54:21Réunis.
54:34Réunis.
54:42Réunis.
54:46Réunis.
54:47Réunis.
54:50Réunis.
54:52Réunis.
54:58Réunis.
55:00Réunis.
55:00Réunis.
55:00Réunis.
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