00:00Comme d'habitude, je vais remettre le clocher au milieu du village et même de deux villages,
00:04les villages du 9e arrondissement de Paris et Bobigny, préfecture de la Seine-Saint-Denis.
00:08Pourquoi ces deux grands villages ?
00:10Parce que l'avis rendu hier par le conseil supérieur de la magistrature,
00:13qui siège dans le 9e arrondissement,
00:15à l'encontre d'un vice-procureur de Bobigny m'a,
00:18c'est le moins qu'on puisse dire, paru léger.
00:20En effet, un vice-procureur a comparu le 12 mai dernier
00:23pour des faits qui me semblent particulièrement graves.
00:26La consommation depuis environ 5 ans de différentes drogues de synthèse
00:293 MMC, méthamphétamine et GBL.
00:32Un comble pour une personne chargée de protéger la société
00:35en requérant contre ceux qui violent la loi,
00:38d'autant plus que l'intéressé était affecté au parquet en charge de la lutte contre les stupéfiants.
00:42Un double comble quand on apprend que son fournisseur,
00:46condamné pour trafic de stupéfiants, appartenait à son ressort.
00:49Un triple comble quand on apprend que ses prises de substances inferdites
00:54avaient été gravement préjudiciables à son travail
00:57entre absence, retard, désinvestissement,
00:59le summum étant un procès d'assises où il n'a pas été en mesure de requérir,
01:04on imagine la réaction des victimes.
01:06On aurait pu imaginer des sanctions exemplaires,
01:09à commencer par le pénal, mais rien du tout,
01:12puisque le parquet de Paris a classé sans suite le volet pénal.
01:15Alors, à défaut de pénal, on n'osait pas imaginer que cet individu resterait dans la magistrature.
01:20L'exemplarité devra venir d'en haut.
01:23Eh bien, pas du tout.
01:24Nonobstant, l'avis du Conseil supérieur de la magistrature reconnaissant que,
01:29je cite,
01:29« en transgressant un interdit absolu au regard de ses missions professionnelles de magistrat,
01:35qui plus est en charge de la lutte contre le narcotrafic,
01:38M. X a gravement jeté le discrédit sur l'institution judiciaire
01:41et porté atteinte à son image » fin de citation,
01:44mais que, je cite à nouveau,
01:45« au regard de la manière de servir et de la personnalité de M. X,
01:50le Conseil considère que la révocation du magistrat serait néanmoins disproportionnée
01:54en dépit de la gravité des fautes retenues à son égard » fin de citation.
01:59La sanction demandée est donc une rétrogradation et un déplacement,
02:03mais pas de révocation.
02:05La balle est maintenant sur le bureau de Gérald Darmanin,
02:07puisque c'est le garde des Sceaux qui décide des sanctions contre un magistrat du parquet,
02:11mais qu'on ne vienne surtout plus nous dire
02:14que les magistrats sont sanctionnés par leur père en cas de manquement grave.
02:17Ce cas emblématique est là pour le prouver.
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