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  • il y a 6 heures
Au Sénat, le Premier ministre Sébastien Lecornu est revenu sur l’affaire Lyhanna, indiquant que l’Etat «doit réagir vite». 

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Transcription
00:00Mesdames et Messieurs les sénatrices et sénateurs, Monsieur le Président d'Arnaud,
00:04vous avez raison de citer le Général de Gaulle et dans sa conception de l'autorité de l'Etat,
00:08je pense qu'on peut rappeler que si l'Etat dispose de la force, c'est précisément pour protéger nos
00:13concitoyens et nos concitoyens.
00:15Qu'il n'y a pas d'autorité de l'Etat sans transparence, c'est ce que je disais aussi
00:19il y a quelques instants sur les résultats de l'enquête,
00:22ça a été rappelé par le Président du Sénat, ça a été dit par le garde des Sceaux devant la
00:25commission des lois de cette Assemblée,
00:27on fera la transparence complète. Je pense qu'il n'y a pas non plus de l'autorité de l
00:31'Etat sans responsabilité.
00:32Vous êtes nombreux à y être revenus récemment dans les médias ou dans vos travaux.
00:39Responsabilité individuelle déjà et vous me permettrez avec cette liberté de m'étonner que dans beaucoup de prises de parole
00:47sur les plateaux de télévision ces deux ou trois derniers jours, on finit par oublier, et c'est votre question
00:52Madame la Sénatrice
00:52qui quand même m'y a fait penser que là où il y a la victime d'un meurtre, il
00:57y a un meurtrier et que les premiers responsables
01:00quand même de cette violence sont celles et ceux qui en sont à l'origine.
01:04Et je crois que dans notre philosophie politique, nous croyons à la responsabilité individuelle, nous croyons aux décorations,
01:10nous croyons aux sanctions, ces sanctions sont individuelles.
01:13Et on ne peut pas s'exonérer, certes dans une société qui perd beaucoup de valeur, qui jadis était régulée
01:19par d'autres systèmes de valeur,
01:21on ne peut pas quand même d'un revers de main faire comme s'il n'y avait pas une
01:24responsabilité individuelle.
01:25En tout cas, moi j'y crois et il faut le rappeler.
01:27La deuxième des choses, c'est la responsabilité individuelle de celles et ceux qui rendent le service de l'Etat.
01:33Et je reviendrai à l'Etat après dans sa globalité.
01:35Vous avez des magistrats, du siège ou du parquet, vous avez des avocats, vous avez des juges, vous avez du
01:42siège, vous avez des policiers, des gendarmes.
01:45Et je le dis, je pense que le débat sur la responsabilité individuelle, c'est bien pour ça qu'on
01:49a saisi ces missions d'inspection pour faire la lumière,
01:53doivent aussi permettre de redonner notre confiance à toutes celles et ceux qui dans ce pays se sont engagés pour
02:00porter l'uniforme comme policiers, comme gendarmes.
02:02Certains ont passé les concours d'OPJ par vocation, précisément pour protéger leurs prochains, les magistrats aussi.
02:10Et je sens la tentation potentielle, et absolument pas dans votre question et dans ce que vous avez dit, justement,
02:15je me permets à travers vous de m'adresser aussi au pays.
02:18Il n'y aurait rien de pire que de jeter l'opprobre sur l'ensemble d'une chaîne de métiers.
02:23Personne ne pense que les gendarmes des communautés de brigades ou des brigades territoriales autonomes de l'Ardèche, votre beau
02:30département, ne sont pas pleinement engagés.
02:32Et je pense qu'il n'y a pas d'autorité de l'État sans que les élites politiques que
02:35nous représentons redisions aussi la confiance,
02:38ce qui n'exclut pas le contrôle, dans celles et ceux, évidemment, qui accomplissent ces missions.
02:43Ça veut donc dire aussi que là où il y a responsabilité, il peut y avoir sanction.
02:47Et là où il y a une responsabilité aussi politique du gouvernement, devant l'opinion publique, devant le Parlement.
02:53Et pardon de rappeler ces principes, mais dans un moment où les esprits me semblent parfois un peu brouillés,
02:57je pense qu'en repartant des grands principes républicains, de ce qu'ils font de l'État, nous arrivons à
03:02le faire.
03:02Et enfin, vous l'avez dit, oui, l'État doit réagir, soit par l'exécutif, soit par le Parlement, pour
03:08adapter son droit.
03:09La réalité, c'est qu'il y a une violence endémique qui pousse dans le pays.
03:13Elle revient aussi à un problème sociétal beaucoup plus profond, beaucoup plus transversal.
03:18Est-ce que d'ailleurs les seuls ministères de l'Intérieur et de la Justice peuvent tout ? La réponse
03:21est non.
03:22La question de la santé, la question de la psychiatrie, la question de l'éducation nationale.
03:26Il est évident qu'il faut continuer à accélérer sur l'ensemble de ces sujets.
03:30Alors ensuite, on doit réagir vite.
03:32La ministre Aurore Berger disait à l'instant, des textes sont à venir.
03:37Je prends un exemple, président D'Arnaud, parce que je sais que c'est quelque chose qui tient à cœur
03:40à votre groupe politique.
03:41En tout cas, je le crois.
03:42La nécessité de motiver un classement sans suite par un procureur lorsqu'il y a un classement sans suite sur
03:49une affaire criminelle qui concerne un mineur, en tout cas un crime sexuel.
03:54Typiquement, c'est du décret.
03:55La rédaction de ce décret est déjà en cours et je le prendrai avec le garde des Sceaux dans les
03:59tous prochains jours.
04:00Je souhaite vous associer très directement à l'ensemble de la réponse.
04:03Je pense qu'il faut qu'on le fasse avec beaucoup de dignité, beaucoup de sang-froid, beaucoup de fermeté.
04:08Ne pas non plus donner l'impression qu'à chaque, je mets des guillemets en étant respectueux, fait divers, nous
04:13déclenchons une loi.
04:14Mais expliquons aussi à la nation que dès lors que la violence évolue sur sa forme, les outils que nous
04:18devons développer, mettre en place, doivent aussi s'adapter.
04:21Et je pense qu'un chemin est possible à l'Assemblée et au Sénat dans les toutes prochaines semaines pour
04:26y parvenir.
04:28Sous-titrage Société Radio-Canada
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