00:00A mon tour, avec la même pudeur, je veux redire l'émotion du gouvernement à titre personnel,
00:05et évidemment au nom de l'institution, de l'exécutif que je représente ici devant vous,
00:10et qu'il me soit permis de saluer la gravité de votre ton,
00:14qui permet à chacun de mesurer l'implication ici même,
00:17comme le président du Sénat l'a fait en introduction,
00:20de ce qu'il convient de faire et l'approche collective qui doit être la nôtre, là où nous nous
00:24trouvons.
00:25Première chose, je pense qu'il faut aller vite sur la transparence.
00:29Vous avez fait référence à l'enquête, le président du Sénat l'a fait aussi.
00:33Les inspecteurs généraux, éducation nationale, justice et intérieure vont nous rendre les conclusions en fin de semaine prochaine.
00:39Je veux quand même qu'on respecte ce temps de l'enquête.
00:43Et vous l'avez dit d'ailleurs, monsieur le président du Sénat, en disant ne pas se précipiter,
00:46je crois que dans une démocratie qui fonctionne bien, c'est l'analyse des faits qui permettent ensuite,
00:52quelle que soit l'émotion, et Dieu sait qu'elle est importante, d'agir en droit.
00:56Il n'en demeure pas moins, et nous sommes dans une séance de questions gouvernement,
01:00donc de contrôle du Parlement sur l'exécutif, que les premières remontées, non pas de la mission d'enquête,
01:07mais de la hiérarchie, gendarmerie, la chaîne évidemment des parquets,
01:13laissent à démontrer des dysfonctionnements qui n'ont rien à voir avec un problème de moyens,
01:18ça sera à confirmer.
01:19Ce qui ne veut pas dire, madame la présidente, qu'il n'a pas un sujet de moyens pour l
01:23'institution judiciaire.
01:24Et merci de la manière dont vous avez posé la question, parce qu'il y a le drame que nous
01:28connaissons,
01:29et il y a la question structurelle, j'ai qualifié ça de fait de société, de la violence faite aux
01:35enfants.
01:35Et je pense qu'il va nous falloir être précis.
01:37Deuxième chose, oui, les moyens doivent augmenter.
01:41J'appartiens au gouvernement depuis 2017, 4 milliards d'euros, quelque chose comme 12 milliards d'euros aujourd'hui.
01:46Je pense que collectivement, on a tous accompagné cela.
01:49Est-ce qu'il faut continuer à le faire ? J'en suis persuadé.
01:51C'est aussi une leçon pour l'ensemble de la classe politique que nous représentons ici,
01:56puisque c'est du rattrapage, et que malheureusement, les ministères régaliens, vous le savez,
02:00pendant 20 ou 30 ans, ont largement été mises à contribution, armées, intérieures, justice, affaires étrangères,
02:08et que les efforts budgétaires importants que nous accomplissons ne sont qu'un rattrapage.
02:12Et en plus, le ministre y reviendra, pour la justice, je pense qu'il y a une révolution numérique qui
02:17est attendue,
02:17il prendra le temps nécessaire aussi pour faire en sorte que cet argent public que nous injectons soit le mieux,
02:25comment dire, utilisé.
02:26Ensuite, peut-être revenir sur un point important de votre question sur les 70 000 plaintes et leur examen.
02:33Vous avez dit que ces 70 000 plaintes soient traitées. Est-ce possible ? Est-ce raisonnable ?
02:38L'engagement des procureurs généraux et du garde des Sceaux, ce n'est pas traité, c'est criblé.
02:43Et c'est bien là où on le fait en urgence, parce que c'est précisément ce que ce criblage
02:47aurait peut-être pu permettre d'éviter dans le drame de l'IANA.
02:52Criblage entre les enquêteurs, soit des policiers, officiers de police judiciaire, soit des gendarmes, officiers de police judiciaire,
02:58les directeurs d'enquête et évidemment les parquets.
03:01Les procureurs généraux se sont engagés, je crois pouvoir dire devant le garde des Sceaux que c'est aussi une
03:05proposition,
03:06d'ailleurs, qu'ils ont faite lors de la réunion le lundi matin en disant « nous savons le faire
03:09».
03:09Si je suis honnête, des consultations formelles ou infirmelles que je peux avoir avec les ministres,
03:14la réalité c'est que vous n'avez pas un commandant de brigade de gendarmerie, un commandant de compagnie,
03:17ou un commissariat de police, un commissaire, un chef de circonscription de sécurité publique,
03:21qui de lui-même, depuis vendredi dernier, n'a pas fait ce travail-là.
03:26Rendons aussi hommage à celles et ceux qui, évidemment, accomplissent parfois dans des conditions difficiles ces missions.
03:32Ensuite, fait de société, c'est là où évidemment nous devons continuer d'avancer, de travailler.
03:38J'ai déjà annoncé des premières mesures.
03:39Vous le savez, un projet de loi de protection des mineurs était déjà en route,
03:42déjà adopté par le Conseil des ministres.
03:44Ce qui fait, malheureusement, référence à d'autres problèmes sur l'aide sociale à l'enfant,
03:48sur l'honorabilité de celles et ceux à qui on confie les enfants.
03:52Donc, ce texte-là, évidemment, est déjà lancé.
03:54Et je crois déjà, malheureusement, comprendre de ce qui s'est passé,
03:57que la lettre rectificative que nous allons faire en Conseil des ministres sous 15 jours
04:01permettra déjà d'injecter des premières réponses.
04:03Une première réunion interministérielle au niveau de nos cabinets auront lieu ce soir
04:07et vont permettre de balayer l'ensemble des mesures.
04:10J'essaierai de faire en sorte, Madame la Présidente,
04:12qu'on arrive à construire très en amont le compromis nécessaire
04:15parce que la République, la Nation, a besoin que nous fassions cela avec émotion.
04:21Le cœur est chaud, mais avec du sang-froid parce que nous statuons en droit.
04:26Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires