00:00Bonjour, je m'appelle Sven et je suis un des cofondateurs d'une association qui s'appelle La Sauge.
00:04Je m'appelle Nadine, Nadine Laoud et je suis la fondatrice et la directrice de l'association Véniverdi.
00:08Je m'appelle Massamy Charlotte Laveau et je suis la fondatrice de Plein Air.
00:12La Sauge, c'est une association d'agriculture urbaine dont l'objectif est que tout le monde jardine deux heures
00:17par semaine.
00:18Véniverdi, si je l'ai créé, c'est parce que j'ai pris conscience il y a 15 ans que
00:22là où moi j'ai grandi au contact de la nature et du vivant,
00:25beaucoup d'enfants dans les villes ne connaissent rien de tout ça.
00:27J'ai créé cette ferme il y a 10 ans, vraiment juste en rêvant.
00:32Je me disais que ce serait juste super beau qu'il y ait une ferme florale dans Paris.
00:36Notre objectif sur la ferme, c'est à la fois d'avoir un atelier de semences, c'est-à-dire
00:42qu'on produit des graines,
00:43et également des paniers solidaires qui permettent de rendre gratuit une alimentation de qualité.
00:50On a oublié tout simplement dans le monde moderne d'enseigner le vivant.
00:54Le vivant, pour l'enseigner, c'est de le vivre, de le pratiquer, de prendre le temps d'observer, d
00:58'explorer, d'admirer, de goûter.
01:01Vraiment, en tant que Parisienne, vraiment pure souche, moi je suis née ici dans le 14e.
01:05Je n'ai eu aucun contact avec la ruralité, aucun contact avec le monde agricole, aucun contact avec le monde
01:10végétal.
01:10Le fonctionnement des paniers solidaires, c'est que les gens viennent faire leurs deux heures de jardinage,
01:16et lorsqu'on récolte, on va partager tous ensemble les récoltes qu'il y a sur place.
01:19On a deux métiers au sein de l'Hiverdi, c'est nourrir et transmettre.
01:23En gros, un tiers est distribué aux participants du jour, aux bénévoles, aux enfants.
01:27Un autre tiers est vendu chez les acteurs de l'économie sociale et solidaire.
01:31Et un autre tiers est distribué directement aux habitants en pied d'immeuble.
01:35Je suis associée au fil des années avec des floristes parisiennes qui s'appellent Désirée,
01:40et elles sont spécialisées en fleurs françaises.
01:43Ailleurs, c'est aussi un patrimoine en France qui est magnifique, qui est vraiment historique.
01:49L'idée pour nous, c'est de créer un sentiment que la société écologique, finalement, c'est un avenir joyeux.
01:55Et par exemple, lors de nos journées bénévolat, les personnes sont invitées à partager le déjeuner avec nous.
02:00En fait, on fait table ouverte, qu'on puisse partager ce moment de vivre ensemble, tout simplement.
02:04Ma fierté aussi, c'est de voir que depuis 15 ans, je suis à mon 16e ou 17e salarié,
02:10qui est parti faire sa ferme, son projet agricole.
02:13Une autre de mes grandes fiertés, c'est le nombre de jeunes, d'enfants, d'élèves
02:15qui sont aujourd'hui dans les métiers verts, paysagistes, à biologie moléculaire végétale.
02:21Ça fait écraser en France avec nos vieilles exploitations familiales, fleuricoles,
02:25l'industrie mondialisée de la fleur.
02:28Je pense que c'est intéressant d'avoir une diversité, d'avoir des petits producteurs
02:32qui produisent des fleurs un peu délicates, comme les pavots par exemple.
02:35Ce sont des magnifiques fleurs qui ne peuvent pas être exportées
02:38et qui ont un vrai avantage à être produites localement.
02:42Les bénéfices principaux qui sont attribués à notre projet,
02:45c'est la lutte contre l'exclusion et le fait de créer du lien social
02:49qui va bénéficier à la santé mentale des participants.
02:52On a bien sûr la partie changement des comportements alimentaires
02:55et l'apprentissage de savoir-faire rudimentaire sur l'agriculture, le jardinage, etc.
03:01Le premier bénéfice, c'est du lien social, soyons clairs.
03:03Beaucoup de gens de bénévoles se rencontrent chez nous et j'ai même vu des grandes amitiés se former.
03:09J'ai vu des gens s'organiser pour nous aider encore plus fort.
03:12C'est quelque chose qui franchement m'émeut parfois de voir la force quand les bénévoles s'y mettent.
03:16Samedi dernier, on avait une vente et on a pris du retard pour des raisons versé variées.
03:20Et quand les clients sont arrivés, on leur a dit on n'est pas prêt, on n'est pas prêt.
03:24Et bien ils ont dit on est clients et adhérents, on va vous aider.
03:26Je suis convaincue que juste mettre une fois la main à la patte de cette planète,
03:31ça peut vraiment aider à se rendre compte de l'importance que le vivant autre qu'humain
03:37et tout ce qui nous entoure a pour nous.
03:40On dit que l'écologie sans lutte des classes, c'est du jardinage.
03:44Et effectivement, il n'y a pas de société écologique sans une société plus juste
03:47parce que finalement c'est les personnes les plus vulnérables qui subissent à premier les conséquences du changement climatique.
03:53Il y a des gosses qui ne s'intéressera pas et j'ai souvent moi dans ma tête ma petite
03:57règle des cinq.
03:58J'ai des enfants jardiniers, j'ai des scientifiques, j'ai des bricoleurs, j'ai des artistes, j'ai des
04:01journalistes.
04:02Qui veut bien suivre tout ce qu'on va faire cette journée et raconter l'histoire ?
04:05Qui veut nous dessiner ? Dans les bricoleurs, quelqu'un veut bien me faire ceci.
04:08J'ai besoin de mettre en place un process scientifique et tu trouveras toujours un enfant qui va trouver sa
04:13place.
04:14Moi je rêve que l'agroécologie puisse être ce trait d'union et qu'on puisse créer un récit commun.
04:19Il est où le projet de société dans le discours écologique ? C'est quoi l'écologie aujourd'hui ?
04:23Ce qui manquerait peut-être en ce moment dans notre époque c'est vraiment une feuille de route très concrète.
04:29Imaginez que les jeunes des banlieues viennent au secours du monde rural pour réaliser en fait cette transition agroécologique.
04:36En fait on a vraiment peu d'actions sur le long terme qui sont prévues.
04:41Aujourd'hui on passe notre temps à nous diviser et ça commence par génération boum boum, je ne sais pas
04:45quoi.
04:45Ce n'est pas intéressant, c'est ensemble. C'est ensemble et local la réponse.
04:50L'écologie c'est ça. Il faut qu'on construise ensemble un projet de société et aujourd'hui il n
04:55'y a personne qui en propose et c'est pour ça qu'il ne m'intéresse pas.
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