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  • il y a 12 minutes
Éric Ciotti, maire de Nice et président de l’Union des Droites pour la République (UDR) était l’invité du Face-à-Face de ce mercredi 10 juin sur BFMTV et RMC.

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Transcription
00:00Il est 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Éric Ciotti.
00:04Bonjour.
00:04Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions.
00:06Vous êtes le maire de Nice bien sûr, vous êtes aussi député des Alpes-Maritimes
00:09et président de l'UDR, l'Union des Droites pour la République Londres.
00:13De choc après la mort de Liana, Sébastien Lecornu qui dit hier
00:16ce n'est pas un fait divers, c'est un fait de société.
00:20Et la maman de Rosa, la petite fille qui a porté plainte pour viol contre Jérôme Barrella,
00:25cette plainte n'ayant pas été suivie de fait, porte plainte contre l'État pour faute lourde.
00:31Au pénal, contre les enquêteurs pour mise en danger de la vie d'autrui,
00:35pour non-assistance à personne en danger, contre le procureur de Toulouse,
00:38contre la procureure d'Auche, contre la Cour de justice de la République
00:41et contre le garde des Sceaux Gérald Darmanin.
00:44L'État est-il responsable de la mort de Liana ou de ne pas l'avoir empêchée ?
00:49Il y a naturellement une responsabilité collective.
00:52Mais je prendrai un peu de recul dans cette affaire qui soulève légitimement
00:59une immense émotion et une très grande colère dans le pays.
01:04De quoi s'agit-il ?
01:06Il s'agit depuis des années d'un déficit considérable de moyens
01:12et de volonté accordée à la lutte contre la criminalité, contre la délinquance,
01:19à la faiblesse des moyens dont dispose la justice,
01:22à la faiblesse des moyens dont disposent les enquêteurs.
01:25Cette affaire traduit d'abord ses failles.
01:29Il y aura sans doute à rechercher des responsabilités individuelles.
01:35C'est à la justice, c'est aux inspections à faire leur travail.
01:39Bien sûr, on voit bien quand on regarde le déroulé des faits
01:44qu'il y a des fautes très graves, très lourdes dans cette affaire.
01:48Mais on est dans un contexte général où depuis des années,
01:52je dirais même depuis des décennies,
01:55la sécurité de nos concitoyens n'est plus une valeur première.
01:59C'est une valeur secondaire, y compris dans les décisions du Conseil constitutionnel,
02:05au sommet de la chaîne juridique et quelque part judiciaire de notre pays.
02:11Vous faites référence à quoi ?
02:12À une multitude.
02:13C'est une question d'allongement, par exemple.
02:15J'imagine que c'était un de vos combats, par exemple,
02:17lorsque je réfléchis aux dernières décisions du Conseil constitutionnel.
02:21Qu'est-ce qu'il a retoqué ?
02:22Par exemple, le fait d'allonger la durée de rétention après la mort de Philippe.
02:27C'est à ça que vous pensez, à quoi vous pensez ?
02:29Absolument.
02:30Pourquoi le Conseil constitutionnel ne serait pas ?
02:30C'est multiple décision.
02:32Mais je dis, c'est un état d'esprit.
02:34La sécurité, pour ceux qui nous gouvernent.
02:37Moi, je n'aime pas parler de l'État.
02:38L'État, c'est un appareil, mais qui est dirigé par des politiques.
02:43Nous sommes dans un État, dans une démocratie,
02:46où il y a des gens qui sont élus.
02:48Et aujourd'hui, ceux qui sont élus, depuis des décennies,
02:52ne font pas leur travail.
02:53Ne font pas leur travail suffisamment pour protéger les Français.
02:56et ne font pas les choix qui conviennent.
02:59Vous savez, je veux m'attarder quelques instants
03:02sur cette affaire de moyens.
03:04Aujourd'hui, on a, en France, trois ponts de l'heure.
03:07Je précise d'ailleurs que l'avocat de la famille de Rosa
03:13remet en cause, effectivement, le déroulement
03:16de tout ce qui s'est passé ou pas passé, en l'occurrence,
03:18après la plainte de Rosa.
03:19L'avocat de la famille de Liana, en revanche, remercie les enquêteurs,
03:23mais pointe le manque de moyens.
03:25Je crois qu'ils ont raison.
03:27Moi, ce que j'appelle, c'est un quoi qu'il en coûte sécuritaire,
03:30dans notre pays.
03:31C'est un changement total de vision, de paradigme.
03:36C'est dire, la sécurité, c'est notre priorité.
03:41Et dans la sécurité, il faut ce quoi qu'il en coûte.
03:44Aujourd'hui, la sécurité, dans tous les arbitrages budgétaires,
03:47est passée au second, au troisième, au quatrième plan.
03:50Si on prend, de façon très large, depuis 50 ans,
03:55les moyens consacrés à la sécurité, à la défense et à la justice,
04:00qui sont les piliers porteurs d'un État régalien,
04:03ont été divisés par deux dans notre pays.
04:06Par deux.
04:07On a trois procureurs, aujourd'hui, en moyenne, en France,
04:11pour 100 000 habitants.
04:13C'est en Europe 12.
04:15C'est moins de la moitié de la moyenne européenne.
04:17On consacre, aujourd'hui, 7 euros pour la justice,
04:24quand on dépense 1 000 euros de dépenses publiques.
04:27C'est juste.
04:27Ce sont les chiffres avancés.
04:28On a 77 euros de dépenses pour la justice, en moyenne,
04:35par habitant, quand en Allemagne, c'est 133.
04:39En Suisse, c'est 200.
04:41Trois fois plus.
04:41Il y a eu des tentatives de rattrapage,
04:45notamment ces dernières années,
04:47avec une loi de programmation sur la justice.
04:49Moi, depuis des années, j'avais rédigé un rapport,
04:51c'est très vieux,
04:53que j'avais remis en 2011 à Nicolas Sarkozy.
04:55Je l'ai retrouvé.
04:56Sur l'exécution des peines.
04:58C'était au moment du meurtre de Laetitia.
05:01Nicolas Sarkozy, alors président,
05:03vous avez confié un rapport,
05:05après la mort de Laetitia Perret,
05:07qui avait été assassinée, on s'en souvient,
05:08à Pornic.
05:09Dans votre rapport, vous étiez à l'époque le monsieur sécurité de l'UMP,
05:13je me souviens très bien que c'était comme ça qu'on vous appelait.
05:16Dans ce rapport que vous avez remis en 2011,
05:18vous aviez dénombré que le nombre de peines de prison ferme non exécutées,
05:22à date, à ce moment-là,
05:24se situait entre 97 000 et 102 000.
05:26Autour de 100 000 peines de prison ferme non exécutées.
05:31Et à l'époque, ce rapport proposait que nous ayons 80 000 places de prison.
05:3780 000 places de prison, c'était une des mesures très fortes.
05:41Nous étions en 2011.
05:43Une loi avait été votée,
05:44donc c'est pour ça que je relativise aussi cette inflation législative qui est annoncée.
05:49Une loi avait été votée au début de l'année 2012,
05:52qui prévoyait qu'en 2017,
05:55nous ayons ces 80 000 places de prison.
05:57Nous sommes aujourd'hui en 2026,
06:00donc 15 ans plus tard,
06:02nous avons à peine 62 000 places de prison.
06:07Ça veut dire que rien n'a été fait pour que la justice trouve et la sécurité se caractère.
06:15Eric Ciutti, vous dites,
06:15je relativise donc aussi l'idée qu'il y ait eu une inflation de tous les dossiers.
06:21Vous dites, au fond, si on regarde 15 ans en arrière, c'était déjà le cas.
06:24Qu'est-ce que vous dites aussi de ce que disent les procureurs eux-mêmes,
06:28qui estiment dans cette affaire devenir les boucs émissaires ?
06:31D'ailleurs, les magistrats du tribunal d'Auche
06:34se sont plaints d'être victimes, je cite, d'une vindicte populaire.
06:40Ils ont tous signé une sorte de tribune dans laquelle ils mettent en cause.
06:43Je cite un discours politique décomplexé
06:45qui ferait des magistrats les responsables.
06:49Il parle quasiment à mot couvert de Gérald Darmanin lui-même
06:53qui avait pointé des dysfonctionnements.
06:55Moi, je dis qu'aucune profession,
06:58et y compris celle qui a dans ses mains
07:01une responsabilité aussi lourde,
07:03celle de priver un citoyen de sa liberté,
07:07celle de condamner,
07:09ne doit être irresponsable.
07:11L'irresponsabilité ne peut exister dans une démocratie.
07:15Les magistrats doivent rendre des comptes.
07:17Les policiers rendent des comptes tous les jours
07:19et avec une très grave sévérité.
07:22Toutes les professions rendent des comptes.
07:25Donc, pour moi, il est légitime que s'il y a faute,
07:29il y ait recherche de responsabilité et il y ait sanction.
07:34Ceci étant dit, parce que je condamne aussi ce réflexe un peu corporatiste,
07:40s'il y a faute, elle doit être sanctionnée, c'est naturel.
07:43Mais ce que je dis, c'est que, regardons aussi,
07:46quand le garde des Sceaux dit « j'ai envoyé des circulaires »,
07:48comment les magistrats peuvent-ils répondre
07:50à 54 priorités différentes ?
07:55Peut-être, malheureusement, la semaine prochaine,
07:57on aura une affaire criminelle en matière de stupéfiants.
08:02J'en ai eu dans ma ville, il y a un mois,
08:06avec un double assassinat.
08:08Et donc, le garde des Sceaux va dire
08:10« la priorité, c'est la lutte contre la criminalité organisée,
08:13contre le trafic de stupéfiants qui gangrènent la société »
08:16et il aura raison, naturellement.
08:19Mais les enquêteurs, vous savez, je prends un exemple dans ma ville.
08:22Allez-y, à Nice.
08:23En deux ans, on a perdu 97 enquêteurs.
08:27C'est le syndicat Alliance qui a révélé ce chiffre
08:29et malheureusement, il est vrai, 97 enquêteurs.
08:33Aujourd'hui, avant de voter des lois,
08:35donnons des moyens à la police judiciaire.
08:38La réforme qu'avait portée Gérald Darmanin
08:41lorsqu'il était ministre de l'Intérieur de la police judiciaire
08:44a déstabilisé aussi cette filière.
08:47Et au lieu de lui donner des moyens,
08:49en a enlevé.
08:50Aujourd'hui, les enquêteurs,
08:52beaucoup de policiers qui sont officiers de police judiciaire,
08:55qui sont enquêteurs,
08:55veulent partir de la filière investigation.
08:58Depuis des mois, des années,
09:00on attend la revalorisation de cette filière.
09:02Il faut qu'il y ait un soutien.
09:04Il y a la question humaine, il y a la question matérielle.
09:07J'étais extrêmement frappée hier sur BFM TV.
09:09Je recevais l'une des représentantes du syndicat de la magistrature.
09:12Et alors que Pauline Revenin, la chef du service police justice,
09:15lui disait,
09:16mais pourtant, Jérôme Barrella était inscrit otage,
09:19le fameux fichier des délinquants sexuels.
09:23Non, c'est globalement.
09:24Globalement.
09:26La magistrate répondait,
09:27oui, mais pas sur Cassiopée.
09:29Alors attendez, on lui disait,
09:30mais c'est quoi Cassiopée ?
09:32Cassiopée, c'est l'autre logiciel
09:34qui lui recense d'autres choses.
09:35Et ensuite, elle expliquait,
09:37oui, mais de toute façon,
09:37Cassiopée n'est pas en temps réel.
09:39Il y a six mois de délai
09:41entre le moment où il est signalé
09:42et le moment où il rentre vraiment dans Cassiopée.
09:43Les noms sont inscrits.
09:44Mais là aussi, le problème de moyens.
09:45C'est un temps réel.
09:46Est-ce que là, on n'a pas un problème mécanique ?
09:48C'est-à-dire qu'on se dit qu'on est en 2026,
09:49on a en temps réel n'importe quel suivi de colis
09:53ou de je ne sais quoi.
09:54Vous avez totalement raison.
09:55Et on ne sait pas où en est une peine.
09:56On a des années de retard.
09:58On a des années de retard en moyens scientifiques.
10:02On a des années de retard en moyens humains.
10:05Donc c'est pour ça que j'appelle
10:06à ce quoi qu'il en coûte sécuritaire.
10:09Et ce que je dis,
10:10et ça, ça a une conclusion politique,
10:12ceux qui ont conduit le pays dans cette situation,
10:14ceux qui ont fait de la sécurité
10:17quelque chose de secondaire,
10:18qui n'ont pas pris les mesures.
10:20Parce que c'est bien beau de parler après un drame.
10:22Vous savez, on voit bien,
10:24c'est toujours le même scénario.
10:26C'est la condamnation, l'émotion, les pleurs.
10:30On annonce une loi, la loi est votée,
10:33on met des années à faire voter
10:35même les décrets d'application.
10:36Les moyens financiers ne sont pas là.
10:38Et on passe à un autre fait divers.
10:40Les Français sont lassés de cette impuissance.
10:43Et l'impuissance, elle est dans les mains
10:45de ceux qui nous gouvernent aujourd'hui.
10:47Donc pour vous, vous dites qu'il y a une responsabilité politique ?
10:49Ce n'est pas une responsabilité individuelle politique.
10:52Elle est collective dans ceux qui ne font pas le choix.
10:55Et moi, je propose qu'il y ait une alternance
10:59qui fasse l'année prochaine
11:00que la sécurité soit la priorité
11:04de tout gouvernement digne de ce nom.
11:06Et pour vous, celui ou celle qui incarnera cela,
11:08ce sera Jérôme Bardella ou Marine Le Pen ?
11:11Jordan Bardella ou Marine Le Pen ?
11:13Oui, naturellement, parce que ce n'est pas des petits placebos
11:18qu'il faut.
11:19Ce n'est pas des petites mesurettes.
11:21Il faut un changement puissant, radical,
11:25une ambition nouvelle.
11:26Dire, oui, il y a ce quoi qu'il en coûte sécuritaire.
11:30Dans toutes les décisions,
11:32mais aussi d'abord dans les décisions budgétaires,
11:35on passe à l'action,
11:37on recrute des enquêteurs,
11:39on réinvestit dans la filière investigation.
11:42On a parlé de la question des sanctions
11:43contre les éventuels responsables de ce fiasco
11:47ou de cette chaîne de décision
11:48qui a conduit au fiasco,
11:50mais aussi les sanctions contre les criminels.
11:53Gérald Denarmanin veut étendre
11:54la peine de perpétuité réelle aux pédocriminels.
11:57C'est également ce qu'a dit Sébastien Lecornu.
12:00Il dit d'ailleurs qu'il pense
12:01que les pédocriminels sont incurables.
12:03Qu'est-ce que vous en pensez, vous ?
12:04Il a sûrement raison.
12:06Il a certainement raison.
12:08D'ailleurs, si on dit qu'ils sont incurables,
12:10il faut aussi qu'on les connaisse.
12:12Et moi, j'appelle à une ouverture
12:15du fichier des délinquants sexuels.
12:17C'est le FIGES.
12:18Quand on recrute,
12:19quand on est maire ou président d'un département,
12:22quand on recrute un éducateur,
12:24notamment sur la protection de l'enfance,
12:26il faut saisir le préfet
12:27qui vous dit si la personne
12:29est inscrite dans ce fichier.
12:31Mais ça se fait une fois au moment du recrutement.
12:34J'ai eu ce problème en tant que maire de Nice.
12:36Il faut qu'on puisse le faire en permanence.
12:38Et je le dis,
12:39qu'il soit réévaluant.
12:40Je vais plus loin.
12:41Il faut qu'on s'inspire de ce qui se passe
12:43en Grande-Bretagne, par exemple,
12:44la Saralo.
12:45C'est-à-dire que les parents
12:47peuvent aller dans un commissariat
12:49et demander si quelqu'un
12:50qui est en contact avec son enfant,
12:53un enseignant,
12:54un éducateur dans un centre de loisirs,
12:57est inscrit dans ce fichier
12:59des délinquants sexuels.
13:00Il faut que les parents puissent être informés.
13:03C'est une révolution,
13:05là aussi,
13:06en Pologne,
13:07dans l'Union européenne,
13:08donc dans le cadre
13:09des règlements,
13:12notamment sur les libertés individuelles européennes,
13:15il y a la possibilité,
13:17les délinquants sexuels
13:19sont connus de tous,
13:20et notamment ceux sur les mineurs.
13:23Il y a un fichier.
13:24C'est le cas aux Etats-Unis.
13:26Si on veut mieux protéger,
13:28alors bien sûr,
13:29on va avoir des débats.
13:30Donc vous demandez
13:30à ce qu'il y ait cette transparence
13:33vis-à-vis des parents
13:35sur ceux qui sont en contact.
13:36Quand ils confient leur enfant
13:38ce qu'on a de précieux
13:41dans une crèche,
13:43à l'école,
13:44il faut qu'on sache,
13:46il faut que les parents
13:48sachent qu'ils aient la certitude.
13:49Moi, j'ai vécu une affaire comme ça
13:51dans ma ville.
13:52En début d'année,
13:52je n'étais pas encore mère.
13:53Il y a eu dans un centre de loisirs
13:55une agression sexuelle.
13:57La personne mise en cause
13:58est d'ailleurs toujours en détention.
14:00Mais il y a aussi
14:01des responsabilités administratives
14:03parce qu'il y avait une sorte
14:04de pas de vague
14:05qui a été extrêmement grave.
14:07Nous allons prendre des sanctions
14:08qui vont aller potentiellement,
14:10le Conseil de discipline est convoqué,
14:12jusqu'à la révocation.
14:14Et je pense qu'il faut aussi
14:16qu'on resserre
14:17les mailles défilées de détection.
14:20Mais qu'il y ait cette information
14:23vers les parents.
14:24C'est une révolution.
14:26C'est-à-dire que mentalement,
14:27c'est une chose
14:27aujourd'hui qui se heurtera,
14:29en tout cas en France.
14:30Oui, mais les mêmes
14:31qui aujourd'hui appellent à des mesures
14:33vont naturellement s'y opposer.
14:36Mais moi, ce que je dis,
14:37c'est qu'on ne changera pas,
14:39on ne protégera pas plus nos enfants.
14:42Et ça doit être une priorité absolue
14:44si on ne fait pas
14:45une véritable révolution.
14:46La question, Éric Ciotti,
14:48est-ce que vous estimez
14:49qu'il faut la perpétuité réelle
14:51pour les crimes sur les enfants ?
14:54Et est-ce que, pour vous,
14:56les pédocriminels sont donc incurables ?
14:58S'ils sont incurables,
14:58alors ça veut dire que,
14:59dans un sens, j'ai envie de vous dire,
15:00il n'y a même plus besoin
15:01de savoir qui c'est.
15:01Ils ne devraient plus avoir
15:03de contact avec les enfants
15:04si on va au bout de la logique.
15:05La perpétuité, oui.
15:06Et sur les pédocriminels,
15:08c'est au médecin de le dire.
15:11Mais le principe de précaution,
15:13vous savez, on applique sur n'importe quoi
15:15le principe de précaution.
15:17Je pense qu'on doit l'appliquer
15:18pour la sécurité de nos enfants.
15:21Est-ce que vous avez toujours
15:21confiance en la justice ?
15:22Est-ce qu'au moment où on se parle,
15:23vous avez confiance en la justice ?
15:25Oui, globalement,
15:26j'ai confiance en la justice.
15:28Mais il faut réarmer cette justice.
15:32Il faut réarmer cette justice.
15:34Il faut qu'elle ait une loi de programmation
15:37sur plusieurs années
15:39qui réarme toute la chaîne sécuritaire.
15:42des enquêteurs aux derniers maillons
15:44qui sont les places de détention.
15:46Parce qu'aujourd'hui,
15:48il y a beaucoup de gens
15:48qui sont dans la nature
15:49qu'on ne poursuit pas
15:50parce qu'il manque aussi
15:52ou que des peines
15:53dont les peines ne sont pas exécutées.
15:55Il y a 100 000 peines de prison ferme
15:56qui ne sont toujours pas exécutées aussi.
15:59Vous le rappeliez tout à l'heure,
16:01on est toujours dans la même situation.
16:02Donc c'est toute une chaîne
16:04qu'il faut réarmer.
16:05Et il faut aussi qu'il y ait
16:07dans la magistrature, bien sûr,
16:10ce principe de responsabilité
16:12comme ça existe dans d'autres corporations.
16:13Lorsque vous entendez Bruno Retailleau
16:16qui demande à ce qu'il y ait
16:17davantage, un peu comme sur le modèle de la police,
16:20une sorte de cours
16:21qui juge ses propres magistrats,
16:23est-ce que vous considérez effectivement
16:25que c'est nécessaire ?
16:25Ça existe aujourd'hui,
16:26mais il faut bien reconnaître
16:28que c'est plutôt le corporatisme
16:30qui domine.
16:31Il faut aussi que la justice...
16:33Il veut le cours disciplinaire
16:34de la magistrature.
16:36Il estime qu'en effet
16:37l'actuel conseil supérieur
16:38de la magistrature
16:39est trop corporatiste.
16:40Il y a...
16:41Oui, et il a raison.
16:44Naturellement,
16:45je pense que c'est
16:46les magistrats eux-mêmes
16:47devraient mesurer,
16:48en tout cas ceux qui sont
16:49dans ces instances,
16:51que cette forme
16:52d'autoprotection permanente,
16:54elle nuit à l'indispensable confiance
16:57que les citoyens doivent avoir
16:59dans la justice.
17:00Un dernier mot,
17:01Éric Soutier,
17:01on l'apprend à l'instant,
17:02le parquet a requis
17:04une mise en détention provisoire
17:06pour Patrick Bruel
17:08qui est sorti
17:08il y a quelques instants
17:09de sa garde à vue.
17:11Il devait,
17:12avant d'annuler sa tournée,
17:14se rendre à Nice.
17:15Il avait normalement
17:16une date prévue
17:17dans un des palais de Nice.
17:20Comment vous réagissez ?
17:22C'est à la justice
17:23de suivre son cours.
17:26Les réquisitions du parquet
17:28sont extrêmement graves.
17:30Ça veut dire que,
17:31bien entendu,
17:32et on le savait
17:33de façon un peu médiatique,
17:34les faits sont graves.
17:35Désormais,
17:36c'est la justice
17:36qui en est saisie.
17:38Et je préfère
17:39que ce soit la justice
17:40que le procès médiatique.
17:43Que la justice fasse son travail
17:45et qu'elle le fasse
17:46comme il est nécessaire
17:47face à la gravité des faits
17:49qui, potentiellement,
17:50lui sont reprochés.
17:51Est-ce qu'on est à un tournant ?
17:52Est-ce qu'on est à un tournant
17:53du rapport
17:57aux agressions sexuelles
17:59sur les femmes,
18:00sur les enfants ?
18:00Est-ce qu'on est à un tournant ?
18:02Ce tournant,
18:03il doit avoir lieu.
18:04Il y a une prise de conscience
18:07légitime,
18:07il y a une mobilisation.
18:09On l'a vu aussi
18:10dans les manifestations
18:11qui ont rassemblé
18:13une foule
18:16très importante
18:17dans toutes les villes de France,
18:18et y compris à Nice.
18:20Donc, il faut
18:21qu'on soit
18:23à la hauteur
18:23de ce moment.
18:24Merci beaucoup,
18:24Éric Ciotti,
18:25d'avoir répondu
18:25à mes questions.
18:26Vous êtes bien sur AMC
18:27et BFM TV.
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