00:01Écoutez, moi je ne vais pas critiquer mon confrère, je participe, je ne partage absolument pas son analyse.
00:05Qu'il y ait un manque de moyens considérable, c'est une évidence.
00:08Entendre le président de la République nous dire que ce n'est pas un problème de moyens, c'est une
00:12aberration.
00:13Il y a des milliers de magistrats formidables qui font un travail exceptionnel, qui sont saturés,
00:17qui sont au bord du burn-out parce qu'ils sont submergés, parce qu'il n'y a pas assez
00:20de collègues,
00:21parce qu'il n'y a pas assez de magistrats, pas assez de greffiers, pas assez d'ordinateurs, pas assez
00:24de moyens techniques, c'est une réalité.
00:25Mais il serait hypocrite de venir dire aujourd'hui que tous les magistrats et tous les enquêteurs font correctement leur
00:30travail.
00:31Il y en a, heureusement c'est une minorité, qui travaille quatre fois moins que leurs collègues,
00:34et qui, dans ce cas-là, sont directement à l'origine du drame.
00:37Et si moi je ne le dénonce pas, c'est scandaleux.
00:39Moi je dis la vérité, je vois ça jour après jour, depuis des mois, depuis des années.
00:43J'ai peut-être des milliers d'affaires au sein de mon cabinet.
00:46Combien de dossiers dans lesquels je suis désespéré parce que des familles endeuillées, des post-plaintes, il ne se passe
00:50rien.
00:50Je pense encore à l'affaire Lincey.
00:53La maman de Lincey, vous vous souvenez, qui s'est suicidée à l'âge de 13 ans,
00:56qui avait déposé plainte avec sa fille pendant des mois.
00:59Les enquêteurs n'ont rien fait.
01:00Quand on a été reçu par les juges d'instruction deux mois après le suicide de la petite,
01:03écoutez-moi, deux mois après le suicide de la petite,
01:06ma cliente à côté de moi a été traitée, mais avec une inhumanité, moi qui m'a glacé le sang.
01:11Asseyez-vous madame.
01:12Non, prénom, profession.
01:14Voilà ce que j'ai vécu.
01:15Alors, si je ne suis pas là pour dénoncer les dérives du système,
01:17eh bien écoutez, moi je suis là pour ça aujourd'hui.
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