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Lyhanna, jeune fille de 11 ans, a été retrouvée morte le 4 juin par les enquêteurs. L'affaire a mis en lumière des "dysfonctionnements graves" dans le système judiciaire, a reconnu à plusieurs reprises Gérald Darmanin. Le principal suspect, Jérôme Barella, a été incarcéré dans le sud de la France.
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00:00La conférence de presse de Pierre Dubuisson, c'est un grand avocat toulousain qui défend Audrey.
00:05Audrey et sa fille que vous avez appris à connaître sur BFM, elle a témoigné il y a une dizaine
00:10de jours.
00:11Sa fille s'appelle Rosa.
00:12Oui, et elle a été elle aussi victime de Jérôme Barrella un an avant Liana.
00:17Elle a porté plainte, il y avait des preuves, mais rien n'a été fait.
00:19C'est pour ça que l'avocat de sa maman va porter plainte contre l'État pour faute lourde.
00:26Adélaïde Malaveau, c'est ce qu'il va annoncer, faute lourde et mise en danger également.
00:31Une conférence de presse très attendue ce matin, la mère de Rosa a annoncé portée plainte contre l'État et
00:36Gérald Darmanin.
00:37Pour rappeler, cette mère de famille avait signalé dès août 2015 des faits supposés de viols,
00:42lisant Jérôme Barrella, principal suspect dans la mort de Liana.
00:45Pourtant, l'intéressé n'a jamais été inquiété ou interrogé dans cette affaire.
00:49Deux procédures judiciaires pour dénoncer des dysfonctionnements dans le traitement du dossier.
00:54Et cette affaire, elle est essentielle car elle fait partie de nombreuses plaintes à l'encontre de Barrella.
00:59Elle prouve qu'il était bien inscrit au TAJ, au traitement de ses engincières.
01:03Et c'est cela qui interroge aujourd'hui comment la plainte de la mère de Rosa en août 2025 n
01:08'a-t-elle pas fait bouger la justice ?
01:09Ce matin, la mère de famille a évoqué sa colère face à l'échec de cette justice.
01:14On pouvait éviter la mort de Liana et l'explicer ce matin.
01:17Alors justement, Mélanie Bertrand, peut-être qu'il faut rappeler aux téléspectateurs ce qu'ont dit à la fois Audrey
01:23et la petite Rosa à notre micro sur les faits infligés à l'enfant.
01:28En fait, elle raconte cette petite fille qu'elle a été victime de viol pendant plusieurs mois sur l'année
01:332024-2025.
01:35Sa mère porte plainte en août 2025.
01:38Cinq jours plus tard, elle est examinée par des...
01:41Et la voilà justement, Audrey, avec son avocat.
01:43Ils vont raconter toute cette histoire, expliquer aussi pourquoi ils ont décidé de porter plainte.
01:48Ce qu'ils en attendent aussi, ce qu'ils attendent de l'État.
01:50Ce que l'État peut, doit faire aujourd'hui.
01:56Bonjour, bonjour à tous.
01:58Merci, merci d'être venus dans le cadre de ce drame qui bouleverse toute la France.
02:06Nous n'aurons pas de parole assez forte pour tenter de ressentir ce qui peut affecter les parents de la
02:15pauvre Eliana.
02:15Nous pensons énormément à eux et à toute sa famille.
02:18Il serait inutile d'essayer de trouver des mots pour traduire cette souffrance, donc nous n'en parlerons pas.
02:22L'objectif de cette conférence de presse, c'est de saisir l'occasion peut-être unique de pouvoir,
02:31comme certains amis journalistes ont pu le dire, renverser la table.
02:34Faire en sorte que l'institution judiciaire, et il n'y a pas d'exagération dans ses propos, qui est
02:40en train de sombrer.
02:41On parle d'un véritable naufrage.
02:43Une institution judiciaire qui s'effrite depuis des mois, depuis des années, puisse se ressaisir.
02:50Essayer de voir comment on peut susciter un électrochoc au niveau national, au niveau politique.
02:55Parce qu'en tant qu'avocat, en tant que citoyen, en tant que victime, et je laisserai la parole dans
02:59quelques instants à la maman de cette pauvre petite fille,
03:03qui avait déposé plainte presque un an avant que ce criminel commette cet acte odieux,
03:09eh bien tous ces hommes politiques semblent se réveiller aujourd'hui comme s'il n'y avait jamais eu d
03:14'alerte.
03:15Et cette hypocrisie, qui vient d'ailleurs de tout bord politique, est assez insupportable.
03:20Des alertes ont été données par des magistrats, par des avocats, par des auxiliaires de justice depuis des années.
03:25Et ce naufrage, nous l'avons prédit.
03:28Et nous sommes des milliers à l'avoir prédit depuis longtemps.
03:30Et donc l'occasion que nous devons saisir aujourd'hui, c'est d'éviter qu'il y ait d'autres
03:35lianas dans les prochains mois et dans les prochaines années,
03:38d'éviter que les discours que nous entendons soient des discours de façade, d'hommes politiques qui tentent de sauver
03:43leur peau,
03:44au mépris de l'intérêt des Français, pour qu'enfin l'institution judiciaire retrouve son éclat et que toutes les
03:50victimes puissent être protégées.
03:51Voilà, je laisse la parole à la maman de celle qui a donc déposé plainte en 2025 pour viol,
03:56avec un certain nombre d'éléments qui étaient convergents vers la culpabilité et qui auraient dû conduire immédiatement à l
04:02'interpellation de M. Barrella.
04:04Bonjour et bonjour à tous.
04:07Aujourd'hui, je suis là pour essayer de changer les choses et qu'il n'y a pas d'autres
04:14enfants qui souffrent.
04:15Comme moi, je souffre à côté de ma fille, comme je pleurais tous les soirs, que je couchais avec la
04:22culpabilité,
04:23que je ne pouvais pas protéger ma fille, que je ne pouvais pas être là et qu'elle ne souffre
04:30aucun enfant.
04:32Moi, je posais en août 2025, je posais une plainte pour viol contre Jérôme Barrella,
04:42avec le médecin qui a fait des tests, des épreuves pour ma fille, qu'elle était entendue pendant des heures
04:51et des heures,
04:52pour montrer qu'elle ne ment pas.
04:55Un médecin gynécologique qui a vu qu'il y avait une délésion au niveau de l'ouïne.
05:00Oui, psychologique, deux fois.
05:02Et en attendant, il n'y avait rien à été fait.
05:08La justice, elle n'a pas fait son travail.
05:10Et je ne comprends pas comment on peut attendre un an pour que quelqu'un soit mort.
05:17Je ne comprends pas.
05:20Pourquoi il faut attendre autant longtemps ?
05:23Avoir des réponses.
05:24Je vais appeler tous les lundis matin.
05:26Tous les lundis matin, le temps que ma fille, elle était chez le psychologue.
05:31Moi, j'ai appelé le gendarmerie.
05:33Le gendarmerie d'Oche ?
05:34Le gendarmerie de Florence, le gendarmerie de Lecture, le gendarmerie d'Oche.
05:39Et chaque fois, j'ai eu des réponses.
05:42L'affaire, il est en cours.
05:44Mais je suis la maman de victime.
05:47Je ne peux pas entendre ça, qu'il est en cours.
05:50Il n'était pas entendu, il n'était pas convoqué.
05:53Moi, j'ai été entendue deux fois.
05:58Et la dernière fois que j'ai appelé, ils m'ont dit, si je continue à harceler, ils m'ont
06:02fait porte-pleinte.
06:04C'est une réponse.
06:05Non.
06:06Pour moi, ce n'est pas une réponse.
06:09Et aujourd'hui, il y en a, il est mort.
06:11Mais je peux le dire qu'aujourd'hui, je me couche avec le fait, si je n'ai pas déménagé,
06:17peut-être que ça a été ma fille.
06:19Qu'est-ce qui s'est passé si je ne veux pas partir d'Oche ?
06:22Ça peut être ma fille morte.
06:24Je ne peux pas, je n'ai pas de monde.
06:28Aujourd'hui, je n'ai pas de monde.
06:30Vous aviez un sentiment de culpabilité.
06:32Oui.
06:33J'ai la culpabilité que je n'ai pas assez faite.
06:36Que je n'étais pas à la hauteur en tant que maman.
06:40J'ai essayé de faire tout mon possible, mais aujourd'hui, je vois que la justice ne m'a pas
06:46suivie.
06:48En tant que maman, en tant que victime, en tant que...
06:51Ma fille, elle est une victime.
06:53Elle souffre tous les jours.
06:57Elle souffre parce qu'elle a vu Diana mourir.
07:00Elle a entendu dans le journal.
07:02Et c'est la même personne.
07:04Pourquoi elle n'était pas arrêtée ?
07:06Pourquoi ?
07:07C'est mon question.
07:09Pourquoi il faut attendre un an pour arriver là ?
07:13Je vous remercie.
07:17Concernant les procédures judiciaires, vous venez de l'entendre.
07:20Une première plainte avait été déposée au mois d'août 2025.
07:24La fille de la femme qui se retrouve à côté de moi a donc été violée à une dizaine de
07:30reprises par M. Barrella.
07:32Elle a été entendue dans le cadre d'une procédure Amélie longuement par des enquêteurs.
07:36Elle a été réentendue.
07:37La maman a été réentendue.
07:38La petite a été examinée par plusieurs médecins, des médecins légistes, des psychologues.
07:43Il y a eu plusieurs expertises psychologiques.
07:45Surtout un examen gynécologique qui a révélé une lésion de l'hymen et donc une pénétration alors qu'elle n
07:50'avait jamais eu de relation sexuelle, bien évidemment.
07:52Donc cela caractérisait nécessairement le viol, la pénétration et le viol.
07:55Et malgré tous ces éléments-là, aucun enquêteur n'a trouvé utile d'interpeller l'intéressé.
08:02Aucun procureur, que ce soit à Toulouse ou à Hoche, n'a trouvé pertinent de donner les instructions pour que
08:07l'intéressé soit interpellé.
08:09Et donc aujourd'hui, encore une fois, je le dis, il faut saisir cette occasion unique de pouvoir taper un
08:15grand coup dans la fourmilière
08:16et faire en sorte que la justice retrouve son éclat et qu'on arrête de la reléguer au dernier rang,
08:20comme c'est le cas depuis trop longtemps.
08:21On évoque un problème de moyens financiers. C'est une réalité.
08:26Moi, je tiens rapidement à rendre hommage à tous ces magistrats qui sont amoureux de leur métier, qui sont passionnés,
08:32qui travaillent d'arrache-pied le soir, le week-end et qui font beaucoup pour la justice.
08:38Des enquêteurs aussi formidables qu'on retrouve sur le terrain.
08:40Je pense aux enquêteurs qui ont aidé à retrouver le corps des lianas, qui font un travail remarquable.
08:45Mais j'aimerais aussi dénoncer une autre réalité que je vois au quotidien, celle de magistrats qui travaillent quatre fois
08:50moins que leurs collègues,
08:51celles d'enquêteurs paresseux, des vrais fainéants, qui sont aussi à l'origine de ce drame humain
08:58et qui ont évidemment, quand je vous entends ce qui a été dit, notamment le fait qu'alors qu'elle
09:03appelait chaque semaine les enquêteurs
09:04pour savoir quand M. Barrella allait être interpellé, qu'on lui dit arrêtez, vous nous harcelez, on va déposer plainte
09:09contre vous,
09:10eh bien il y a des fautes humaines derrière ce drame.
09:13Il y a des gens qui sont des fonctionnaires, des enquêteurs et des magistrats qui sont totalement désinvestis, partisans du
09:18moindre effort.
09:19Et ça aussi, ça doit être dénoncé, parce que sinon on change de métier.
09:23Ce drame, c'est un drame collectif, le garde des Sceaux l'a dit.
09:27Mais ce qui est assez dérangeant dans le cadre du discours qui a été fait, c'est cette hypocrisie
09:31qui consisterait à prétendre qu'il découvrait aujourd'hui tous ces dysfonctionnements.
09:35Il est capitaine d'un navire qui prend l'eau depuis des années, qui est en train de couler.
09:39Et brutalement, il découvre toutes ces anomalies, ces dysfonctionnements qui sont extrêmement nombreux.
09:44Moi, dans mon cabinet, à ma petite échelle, j'ai une douzaine de dossiers de plaintes pour viol contre des
09:48mineurs
09:49qui ne sont pas traitées d'effet, ou pire, récemment, il y a quelques semaines,
09:53un homme qui a violé et qui a reconnu avoir violé une gamine, qui a été remis en liberté sans
09:57passer un jour en prison.
09:59Des jeunes femmes handicapées qui ont été violées par un homme qui a été remis en liberté.
10:04D'autres mères de famille qui sont désespérées parce qu'elles dénoncent des incestes, des viols,
10:10et que pendant six mois, neuf mois, un an, aucun enquêteur n'est joignable, aucun procureur n'est joignable,
10:14malgré les appels, les écrits. Et tout ça, c'est mon travail aussi de le dénoncer,
10:18parce que nous devons rénover la justice pour faire en sorte que ça change.
10:21Et cette hypocrisie qui consisterait à dire que c'est un échec de l'État,
10:25c'est-à-dire que c'est un échec de tous, c'est la responsabilité de tous et de tout
10:29le monde,
10:29c'est quelque chose d'inacceptable, parce qu'encore une fois, derrière l'État, il y a des hommes et
10:32des femmes.
10:32Et quand on est garde des Sceaux, et c'est l'objectif aussi de cette conférence de presse,
10:38eh bien la première chose à faire, c'est de faire un audit du nombre de plaintes qui sont déposées,
10:42de leur durée, de leur efficacité, de leur aboutissement.
10:44Et aujourd'hui, tout le monde semble découvrir l'ampleur des dégâts.
10:47Donc c'est inacceptable, c'est inadmissible, et c'est la raison pour laquelle nous déposons plainte.
10:51D'abord, une plainte pour faute lourde contre l'État, par rapport à ce dysfonctionnement majeur des services publics.
10:57Et je le répète, c'est malheureusement pas un cas isolé.
11:00Et, petite parenthèse, je pense à la mère de l'INSEE, la plus grosse affaire de harcèlement scolaire,
11:05cette jeune qui s'est suicidée à l'âge de 13 ans, je défends les intérêts de la maman,
11:08eh bien la petite avait déposé plainte pendant des mois avant de se suicider.
11:11Rien n'a été fait par les enquêteurs, rien n'a été fait par les procureurs, elle s'est suicidée.
11:15Et deux mois, et ça c'est important que tout le monde l'entende,
11:18deux mois après le décès de la petite l'INSEE, j'ai accompagné sa maman dans un bureau devant deux
11:24juges d'instruction
11:25qui l'ont traité avec la plus cruelle inhumanité.
11:29Asseyez-vous, madame.
11:30Nom, prénom, profession.
11:32Voilà comment elle a été traitée, elle venait de perdre sa fille depuis deux mois.
11:35Alors, je le répète, il y a des magistrats fabuleux, et c'est l'immense majorité des magistrats,
11:38mais il y en a aussi qui sont catastrophiques et ça doit s'arrêter.
11:41On doit revenir à une justice humaine, une justice simple.
11:44On a affaire à un mastodonte administratif,
11:46et cette hypocrisie qui consiste à se dédouaner, parce que tout le monde se dédouane.
11:49Le garde des Sceux se dédouane contre l'État.
11:51Le président dit que c'est pas un problème de moyens, alors qu'il y a aussi un problème de
11:54moyens.
11:55Les magistrats disent que c'est pas de leur faute, que c'est le problème des politiques.
11:57Non, c'est un problème collectif, et il est grand temps qu'il y a un sursaut.
12:00C'est la raison pour laquelle, donc, en plus de la plainte pour les dysfonctionnements du service public
12:04contre l'État pour faute lourde, nous déposons plainte contre les enquêteurs au pénal
12:08pour mise en danger de la vie d'autrui, non-assistance à personne en danger.
12:12Tous les enquêteurs qui étaient sur cette affaire, qui n'ont rien fait,
12:15qui n'ont pas interpellé ce criminel.
12:16Nous déposons plainte contre le procureur de Toulouse et le procureur d'Hoche,
12:19qui n'ont pas cru bon devoir donner l'instruction d'interpeller ce criminel.
12:23Et enfin, nous déposons plainte contre la Cour de justice de la République,
12:27devant la Cour de justice de la République, contre M. Darmanin, le garde des Sceaux,
12:30pour les mêmes infractions de mise en danger de la vie d'autrui,
12:33et non-assistance à personne en danger.
12:34Je terminerai sur une lettre que je lui ai adressée il y a quelques mois,
12:37dans le cadre d'une affaire qui concerne le décès de deux autres enfants,
12:40Clément Poedras, et évidemment à l'INSEE, il s'agit d'une affaire de suicide,
12:44mais il n'y a pas que cela, dans lequel je lui disais
12:47« Je vous alerte sur le dysfonctionnement continu et non résolu de l'institution judiciaire
12:52dans le traitement des affaires, qui concerne notamment les mineurs.
12:55En outre, à titre professionnel, je constate jour après jour un décalage
12:58entre l'institution judiciaire et la réalité vécue par les familles endeuillées,
13:02à la lumière de l'enjeu sociétal qui entoure la protection des mineurs,
13:05je vous invite à recevoir les familles, etc. »
13:08Aucune réponse de la part du garde des Sceaux,
13:10il a préféré laisser répondre un membre de son équipe.
13:16Et à côté de cela, aujourd'hui, on entend des excuses sur les médias,
13:20sur les plateaux, etc.
13:20Mais je vous pose la question, Madame, est-ce que le garde des Sceaux est venu vous voir
13:23ou est-ce qu'il vous a appelé ?
13:24– Non. – Pas d'appel.
13:27Donc, encore une fois, un discours de façade qui devient insupportable,
13:30il est temps que les hommes politiques puissent enfin s'occuper de l'intérêt des Français.
13:33Merci.
13:34– Madame la question, c'est-à-dire qu'est-ce que vous attendez de ces deux-là aujourd'hui
13:37?
13:38– Je attends qu'elle va être donnée de justice pour ma fille,
13:42que les autres, les enfants, ils ne subissent pas la même chose que ma fille,
13:46qu'est-ce qu'elle a subi, que moi, je subis derrière.
13:48Parce que les enfants, ils ne vont pas y aller aux gendarmeries toutes seules.
13:52C'est la maman, c'est le papa qui l'accompagne.
13:55Aujourd'hui, je veux qu'il y ait de justice pour les enfants.
14:00Je veux que les enfants soient protégés, autant que je ne suis pas nationalité française.
14:05Je suis étrangère ici en France, mais je suis chez moi.
14:08Je travaille en France, je habite ici.
14:11Alors je veux que mes enfants et tous les enfants de France soient protégés.
14:17– Vous dites qu'on vous a menacé de porter plainte contre vous
14:20pour avoir appelé plusieurs fois, est-ce que vous vous souvenez quand ?
14:23– Non, je ne peux pas vous dire la date.
14:25C'est trop compliqué de souvenir la date de tout ça.
14:29C'est très dur d'être là pour moi.
14:31– C'était plusieurs fois ou ça a été une seule fois ?
14:34– Plusieurs fois.
14:35– Est-ce qu'on a pu identifier ces enquêteurs ?
14:38– Non, je ne sais pas du tout.
14:39– Je n'étais déjà pas au courant de l'affaire, le cours de dossier de ma fille.
14:47Ils ne vont pas me le dire.
14:49C'est qui ? Il m'a dit que…
14:51– Nous espérons accès à ces informations dans les prochains jours.
14:55Si j'étais cynique, je dirais que je ne sais même plus vers qui me tourner
14:58pour que les plaintes que nous allons déposer puissent aboutir.
15:00Je vais espérer que, et je le crois, que des magistrats feront vraiment leur travail
15:03et nous aideront à rénover la justice.
15:05– Est-ce que Mélanie Bertrand, pour cette conférence de presse,
15:15de la maman de Rosa et de son avocat Pierre Debuisson ?
15:20Je voudrais qu'on revienne aux faits avant évidemment de…
15:23Alors ça répond, il y a d'autres questions, on y va.
15:26– Tu ne voulais pas comme parti ?
15:28– Non, non.
15:29– Il y a eu des manipulations très fortes de M. Barrella
15:31qui a dit à la petite, si tu parles, j'irai en prison et je me suiciderai
15:35et c'est l'une des raisons pour lesquelles elle a tardé avant de parler.
15:37– Maître, est-ce que vous avez eu un contact avec Marc et Doge ?
15:40Puisqu'ils ont annoncé qu'ils pouvaient joindre du côté de la gère de la gère.
15:43– Non, mais c'est toujours la même chose.
15:45Quand on a un problème, nombre de familles ou des enfants sont décédés
15:47et aucun parent ne reçoit un coup de fil d'un magistrat.
15:50Il faut que ça change.
15:51– Merci.
15:54– Alors avant de voir ce qui va ou ce qui doit changer,
15:57on est d'abord soufflé par la force évidemment du témoignage
16:01à la fois de l'avocat et de la maman de la petite Rosa.
16:03Et on s'est tous interrogés, on pensait avoir mal compris.
16:05La petite, elle a été violée des dizaines de fois Mélanie ?
16:08– C'est ce que précise l'avocat, effectivement maître Dubuisson, de cette maman.
16:12Il explique que cette petite fille, Rosa, si la mère dépose plainte,
16:16c'est parce que sa fille a tardé à lui parler.
16:18Pourquoi ? Parce que, dit l'avocat, Jérôme Barrella a fait preuve d'une grande manipulation
16:22après avoir violé des dizaines de fois cette petite fille.
16:25Selon cet avocat, il a dit à la petite Rosa,
16:27si tu parles, je vais aller en prison et je vais me suicider.
16:30Donc évidemment, il y a un jeu psychologique terrible et une culpabilité énorme.
16:34– Elle essaie même de parler une première fois et en fait, on ne la croit pas
16:36et elle revient courageusement six mois après, l'été dernier,
16:40pour là, vraiment aller porter plainte avec sa mère qui la soutient.
16:43– Exactement, sa mère dit je dépose plainte en août dernier.
16:46Elle dit moi, j'ai été entendue plusieurs fois,
16:48ma fille a été auditionnée des heures et des heures et des heures et lui, rien.
16:52Et c'est vrai que ce qui nous frappe, c'est à la fois cette émotion et cette colère
16:55face à un dysfonctionnement qui semble évident.
16:58– Cette pauvre maman, balottée de gendarmerie en gendarmerie,
17:01Auch, Florence, Lectour, et à chaque fois,
17:05j'allais dire le mépris en fait, le désintérêt de ces gendarmes.
17:09– Elle dit j'appelais tous les lundis matins.
17:11Quand ma fille était chez le psychologue,
17:12j'appelais pour savoir où en était ma procédure, ma plainte.
17:15Et on lui disait l'affaire est en cours.
17:17Et c'est effectivement au bout d'un certain nombre de fois,
17:19on lui a dit arrêtez de nous appeler,
17:20sinon c'est nous qui allons porter plainte pour harcèlement.
17:23parce que vous nous appelez trop souvent.
17:25Et cette mère, elle porte en elle, malgré tout cela,
17:28elle porte elle-même cette culpabilité de dire
17:31je n'ai peut-être pas fait assez.
17:33Si j'avais crié plus fort,
17:35si j'avais davantage remué les institutions,
17:38peut-être que Liana ne serait pas morte.
17:41En fait, elle dit qu'elle rend public aujourd'hui son affaire
17:44à la fois pour sa propre fille,
17:46qui, on le rappelle, est quand même victime présumée
17:49parce qu'il reste présumé innocent,
17:50mais en tout cas, qui dénonce des faits extrêmement graves,
17:53des dizaines de viols qu'elle a subis,
17:54alors que c'est une toute jeune fille.
17:56Elle le fait évidemment pour sa fille.
17:59Elle le fait aussi pour Liana et pour d'autres enfants
18:01pour que cela ne se reproduise plus,
18:03parce qu'elle dit que la justice n'a pas fait son travail.
18:05Vous voulez bien rappeler l'âge
18:06qu'avait la petite lorsqu'elle a subi ces viols ?
18:10Elle avait une dizaine d'années.
18:11Les faits remontent à 2024-2025.
18:13Elle a 11 ans aujourd'hui.
18:15On va retrouver Adélaïde Malavaux,
18:17l'envoyée spéciale de BFM TV, sur place.
18:20Comme nous, j'imagine, Adélaïde,
18:22vous avez été saisie par la puissance du témoignage,
18:26la colère froide également de l'avocat.
18:30Oui, évidemment.
18:31Et puis, je vais vous citer les mots de la mère de famille
18:32qui a commencé par dire
18:33« La justice n'a pas fait son travail ».
18:35Voilà les mots de la mère de Rosa,
18:37qui évidemment a paru très émue par cette prise de parole.
18:40De son côté, son avocat qui a parlé d'une occasion
18:43de renverser la table.
18:44Les deux ont tenu à souligner des alertes
18:46qui ont été données depuis des années.
18:48Je vous situe à une nouvelle fois la mère de famille.
18:50Je suis là pour essayer de changer les choses
18:52pour qu'il n'y ait pas d'autres enfants
18:53qui souffrent comme ma fille.
18:55Elle a évidemment aussi parlé de sa culpabilité
18:57en tant que mère de famille
18:58de ne pas su avoir protégé les autres enfants.
19:00Elle a dit ensuite
19:01« Rien n'a été fait.
19:02La justice n'a pas fait son travail.
19:04Je ne comprends pas comment on peut attendre un an.
19:06Pourquoi attendre ? »
19:07J'ai appelé tous les lundis matins
19:08pour avoir des réponses.
19:09La gendarmerie de Florence,
19:11de Lectour, d'Auch.
19:11On a finalement menacé cette mère de famille
19:13de porter plainte contre elle.
19:15Elle n'a toujours pas compris.
19:16Évidemment, elle parle de culpabilité.
19:18Elle était très émue de cette prise de parole.
19:20Elle ne comprend pas
19:21pourquoi elle n'a pas eu les réponses
19:22qu'elle demandait depuis plusieurs mois.
19:24Mais personne ne comprend d'ailleurs.
19:25Et on en aura le garde des Sceaux
19:26et le ministre de l'Intérieur
19:27qui font leur mets à coups-le-pas
19:28parce que ce n'est pas normal, Laurent Neumann.
19:31Oui, et cette colère,
19:32elle se matérialise par trois plaintes.
19:35Une plainte pour faute lourde contre l'État.
19:38Une plainte au pénal contre les enquêteurs
19:41dont cette maman dit
19:42qu'ils n'ont pas fait leur travail correctement
19:44en ne convoquant pas,
19:46en ne mettant pas en garde à vue Jérôme Bardella.
19:48Plainte au pénal également
19:49contre le procureur de Toulouse
19:51et la procureure d'Auch,
19:53si j'ai bien compris.
19:54Et une troisième plainte
19:55devant la Cour de justice de la République
19:58contre l'actuel garde des Sceaux
20:00ministre de la Justice,
20:01Gérald Darmanin,
20:02pour mise en danger de la vie d'autrui
20:03et non-insistance à personne en danger.
20:05Bah tiens, écoutez-le, le garde des Sceaux,
20:07il était ce matin auditionné par les sénateurs
20:09avec Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur,
20:10et tous les deux, oui,
20:11ils ne savent pas quoi répondre.
20:13Il y a eu une défaillance
20:15des services déparqués,
20:17parce que nous avions tous les éléments,
20:18un rapport médical
20:19qui était extrêmement clair,
20:21un auteur identifié,
20:22déjà connu dans les services
20:23du Tâge et de Cassiopée,
20:25et un expert
20:26qui avait pu rendre très rapidement son rapport
20:29pour dire que cette petite fille,
20:30il fallait la croire.
20:31Du temps d'enquêteurs, il y en avait,
20:32parce qu'on a entendu à peu près
20:33tout le monde sauf le mis en cause.
20:35Des OPJ, un gendarmerie, il y en avait.
20:38Des parquetiers au tribunal d'Oche,
20:39il y en avait.
20:40Des mails qui fonctionnaient,
20:41une procédure pénale numérique,
20:42il y en avait.
20:44On a eu pris du temps.
20:45On a fait d'innombrables d'actes d'enquête
20:46dans l'affaire Rosa ou Tabara.
20:49Simplement, on n'a jamais mis
20:51en garde à vue l'auteur.
20:52On n'a jamais fait les perquisitions
20:54sur ce téléphone.
20:55Donc, c'est pas qu'on n'a pas traité l'affaire.
20:58C'est pas qu'on a décidé de la classer
20:59par manque d'éléments.
21:00C'est qu'on a fait des actes d'enquête
21:01qui ne correspondent pas à un viol sur un enfant.
21:03C'est tout ce que je dis.
21:04L'enquête dira si les choses ont été menées
21:07convenablement ou pas.
21:09J'ai, pour ce qui me concerne,
21:10et je vous l'ai déjà dit,
21:11quelques doutes sur des orientations
21:13qui ont pu être données
21:16et qui, si elles avaient été correctement données,
21:18auraient sans doute permis
21:19d'entendre plus vite l'auteur.
21:21Et l'avocat de Buisson ajoute,
21:23avec des mots extrêmement forts,
21:24sans faire d'amalgame
21:25avec l'ensemble, évidemment, des magistrats.
21:27Il parle de la réalité
21:28de magistrats et d'enquêteurs
21:30paresseux et fainéants,
21:32partisans du moindre effort.
21:34C'est terrible, Laurent Neumann.
21:35Oui, et qui ne font pas preuve d'humanité.
21:38Alors, il dit ça,
21:39et en même temps,
21:40il rend hommage à des dizaines d'enquêteurs
21:42qui, eux, ont bien...
21:43Il dit que ce n'est pas tous.
21:44Mais là, en l'état,
21:45est-ce qu'il y a eu fainéantisme ?
21:47Il y a eu fainéantisme
21:48dans les actes d'enquête.
21:49Il parle des partisans du moindre effort.
21:52Et puis, surtout,
21:53cette façon d'accueillir cette maman au téléphone
21:55en allonge qu'elle a menacé
21:58de porter plainte pour harcèlement.
21:59Cette maman qui ne fait juste qu'appeler
22:01chaque semaine, chaque lundi,
22:03juste pour savoir où en est l'enquête,
22:05où en sont les actes de procédure.
22:07Le problème, c'est que cette procédure,
22:08elle s'est baladée, entre guillemets,
22:09entre Toulouse et Hoche.
22:10Et finalement, c'est la gendarmerie de Lectour.
22:12Lectour, c'est 3 000 habitants,
22:148 gendarmes.
22:158 gendarmes, effectivement.
22:16Alors, on nous avait dit...
22:17Priorité au direct,
22:18on va réentendre la maman de Rosa.
22:19Tout mon être.
22:21Et je regrette que je n'ai pas fait plus ça.
22:23Je suis tellement regrette.
22:25Je suis désolée.
22:29Merci.
22:30Merci à vous.
22:32Comment va votre fille la voir aujourd'hui ?
22:36Comme elle a dit, je souris devant,
22:40mais derrière, je vais essayer de survivre.
22:44C'est la vie de peine pour elle.
22:47Malheureusement qu'elle a la culpabilité
22:50par rapport à Liana, comme moi.
22:54Je ne dors pas, je ne mange pas,
22:57je ne suis pas capable de travailler.
22:58C'est compliqué.
23:00Très, très compliqué.
23:01Vous parlez beaucoup de la culpabilité de votre famille,
23:04mais qui sont pour vous les coupables aujourd'hui ?
23:06Qui est-ce que vous avez...
23:07Les âgés Rombarella et la justice.
23:10Pourquoi ils n'ont pas fait leur travail ?
23:13Moi, j'ai essayé de faire mon travail.
23:16En tant que maman,
23:17j'étais allée voir le gendarmerie.
23:19Je posais plainte.
23:20On a fait tous les examens.
23:24Pourquoi ils n'étaient pas arrêtés ?
23:26Pourquoi ils n'ont pas fait leur boulot ?
23:28Pourquoi ils étaient libertés
23:30en mode juin,
23:33quand moi, je posais plainte
23:34en mode de août 2025 ?
23:36On est en 2026.
23:38Je vous remercie.
23:39Merci, merci.
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