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  • il y a 13 minutes
Les prix de nos forfaits mobiles vont-ils augmenter? Une opération inédite est en cours de finalisation, une première dans le monde des télécoms en Europe. Orange, Bouygues Telecom et Free sont en passe de racheter leur rival SFR et ses 25 millions d'abonnés. C'est une transaction à plus de 20 milliards d'euros.

Après des mois de négociations sous haute tension, l'accord a été officialisé samedi soir. Que va-t-il advenir des clients SFR? Faut-il craindre une hausse des prix? Quel est le calendrier de cette migration géante?

Christel Heydemann, directrice générale d'Orange, répond dans RTL Matin et dévoile les coulisses de ce deal hors normes.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 09 juin 2026.

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Transcription
00:01Elle est la directrice générale d'Orange, numéro 1 des télécoms en France.
00:05Orange qui avec Free et Bouygues Télécom va donc racheter SFR.
00:08Christelle Edman est l'invité d'RTL Matin.
00:10Bonjour et bienvenue sur RTL, Christelle Edman.
00:11Bonjour.
00:12Vous allez donc racheter SFR et ses 25 millions de clients
00:15pour une somme totale d'un peu plus de 20 milliards d'euros.
00:17A vous Orange, ça va vous coûter combien cette affaire ?
00:20Alors pour nous c'est 5 milliards 6 très précisément.
00:225 milliards 6. Et quel est l'intérêt de la manœuvre ?
00:25Alors d'abord c'est un projet industriel d'ampleur
00:27parce que vous l'avez rappelé, on parle de plus de 20 millions de clients en France
00:31dans un contexte où en fait le propriétaire d'SFR souhaite sortir des télécoms
00:35et c'est SFR une entreprise qui est arrivée à bout de souffle,
00:39qui a beaucoup de dettes et qui n'avait pas d'autre choix que de trouver une issue.
00:45Vous avez envie d'acheter une entreprise à bout de souffle et qui a beaucoup de dettes ?
00:48C'est pour ça qu'on a passé beaucoup de temps.
00:50D'abord SFR c'est une belle marque, c'est beaucoup de clients.
00:53C'est effectivement des réseaux, des réseaux qui sont au cœur de la vie,
00:57des entreprises, des Français.
01:00Et puis c'est évidemment quelque chose qui va modifier les parts de marché
01:04de tous les opérateurs en place.
01:05C'est pour ça qu'on s'est associé à 3.
01:08Parce qu'on n'a pas envie, nous chez Orange, la France c'est notre premier marché,
01:11c'est un projet d'ampleur et puis c'est un projet qui va prendre beaucoup de temps.
01:15Donc évidemment on est très engagé sur ce projet.
01:17Vous dites c'est une belle marque SFR mais la marque va disparaître purement et simplement ?
01:20Le nom SFR va disparaître ?
01:21Alors la marque SFR va effectivement disparaître pour les clients.
01:25Alors ça va prendre du temps.
01:27Quelle échéance ?
01:28D'abord on parle d'un projet qui est annoncé mais qui n'est pas encore autorisé.
01:32Puisque ce projet va être évidemment autorisé par les autorités,
01:36en particulier l'autorité de la concurrence.
01:38Ça vous inquiète ?
01:39Ça ne nous inquiète pas.
01:40C'est normal dans une transaction de cette ampleur
01:42que l'autorité de la concurrence veille aux conditions
01:45pour que cette transaction s'effectue correctement.
01:47Le jour où elle sera autorisée et donc on pense que ce sera d'ici fin 2027,
01:52à ce moment-là il y aura évidemment des communications beaucoup plus précises vers les clients
01:56mais effectivement la marque SFR disparaîtra.
01:58Combien d'abonnés SFR allez-vous récupérer vous chez Orange ?
02:01Alors nous on parle de 5 millions d'abonnés SFR,
02:05donc des abonnés broadband, des abonnés fibre, des abonnés mobiles
02:10et puis des marques aussi qui sont des marques MVNO qu'on va aussi récupérer.
02:14MVNO c'est les opérateurs ?
02:15Les opérateurs, en fait des marques d'autres marques que la marque SFR.
02:19Très concrètement, qu'est-ce que ça va changer Christelle Edman pour les clients de SFR ?
02:23Alors notre enjeu, c'est d'abord que la migration pour les clients soit totalement transparente
02:28et sans impact sur leur service.
02:30Aujourd'hui, on ne peut plus passer de la connectivité,
02:33que ce soit le Wi-Fi à la maison ou que ce soit le mobile.
02:36Et donc c'est un projet qui est colossal, sur lequel on va avoir besoin,
02:39et je pense qu'on va parler après de l'emploi et de l'impact pour les salariés d'SFR,
02:42mais évidemment, migrer plus de 20 millions de clients à l'échelle,
02:47ça n'a jamais été fait dans l'histoire des télécoms.
02:49Donc c'est un projet qui est colossal.
02:51Mais pardon, mais admettons que je sois client SFR aujourd'hui,
02:53comment je sais si je vais atterrir chez Orange, chez Bouygues Télécom ou chez Free ?
02:56Donc aujourd'hui, vous ne pouvez pas le savoir, mais vous le saurez,
02:59on vous informera bien sûr, et puis on est dans un marché,
03:02alors c'est des critères qui ont été définis mais qui ne sont pas encore,
03:04d'abord, je rappelle, tant que l'autorité de la concurrence n'a pas validé l'opération,
03:08il y a encore des choses qui peuvent évoluer, donc on n'est pas, on ne veut pas,
03:11mais ce qui a rassuré les clients, c'est que d'abord, leur prix ne va pas changer,
03:16leur contrat ne va pas changer.
03:17Donc le prix d'abonnement ne changera pas ?
03:19Le contrat qu'ils ont en place ne changera pas.
03:21Par ailleurs, on est dans un marché ouvert,
03:24où à tout moment, les clients peuvent décider de changer,
03:26on n'est pas prisonnier de son contrat avec son opérateur.
03:29Vous allez lui poser la question, toi tu veux aller chez nous, chez Free ou chez Bouygues Telecom ?
03:33Non, ce n'est pas comme ça que ça va se passer,
03:36parce que d'abord, à l'échelle de plus de 20 millions de clients qu'on a besoin de migrer,
03:40évidemment, c'est un projet qui est industriel, dans lequel on va automatiser beaucoup de choses,
03:44automatiser de façon transparente,
03:46donc il y aura des communications en anticipation,
03:48bien sûr, les clients seront évidemment informés,
03:50il y a un droit de protection du consommateur en France qui s'applique,
03:52et puis, le prix ne changera pas, le service sera dans la continuité,
03:58il y aura une totale transparence et puis des échéances qui vont s'étaler,
04:02parce qu'il ne faut pas imaginer...
04:03Le prix ne changera pas à quelle échéance et jusqu'à quand ?
04:05Quand vous avez un contrat, il y a des clauses dans les contrats
04:08qui font que si jamais on vous change votre contrat,
04:12vous pouvez dénoncer le contrat, donc vous n'êtes pas prisonnier
04:14et évidemment, notre intérêt quand on récupère des clients,
04:18ce n'est pas de leur dire, votre prix va changer,
04:20et du coup, vous partez, puisqu'on investit, c'est des milliards...
04:23Est-ce qu'on peut espérer les voir baisser, les prix ?
04:25Parce qu'on est quand même dans un contexte où on va passer de 4 à 3 opérateurs,
04:29ça veut dire moins de concurrence,
04:30évidemment, quand il y a moins de concurrence,
04:32je parle sous le contrôle de François Langlais, en général, les prix augmentent.
04:35Alors, si vous regardez l'industrie des télécoms,
04:38on vient de passer quelques années où il y a de l'inflation dans le monde,
04:41et les Français qui nous écoutent le savent, on parle beaucoup du prix de l'essence,
04:45les prix des télécoms ont baissé depuis des années.
04:48On a des prix qui sont les moins chers d'Europe,
04:50et aujourd'hui, quand vous comparez le prix de votre forfait mobile par rapport à beaucoup d'autres,
04:55vous avez des prix qui sont accessibles, qui coûtent moins cher qu'un menu dans un fast-food.
04:59Aujourd'hui, avec une concurrence à 4, mais avec une concurrence à 3.
05:03Ce sera la même chose, parce qu'on est dans un marché mature,
05:06François Langlais vient de le rappeler, on a une population qui vieillit,
05:09et on a une démographie qui n'est pas en croissance,
05:12ce qui fait qu'on se bat tous pour fidéliser nos clients.
05:15On est dans un marché où l'enjeu, c'est la fidélisation des clients,
05:18la satisfaction des clients, et on a plusieurs marques,
05:20et on a des forfaits accessibles, et on prendra évidemment des engagements en la matière.
05:24Christelle Edmane, pourtant le 6 mai, vous étiez entendu au Sénat,
05:26et vous disiez que ces opérations de consolidation devaient permettre de restaurer les marges.
05:31Restaurer les marges, ça veut dire gagner plus d'argent.
05:33Comment ? Sur quoi vous allez prendre ?
05:34Si ce n'est pas sur les forfaits, c'est sur l'emploi ?
05:36Sur le nombre de salariés ? Comment ça va se passer ?
05:38Le moteur industriel, c'est nos réseaux ont un coût, un coût fixe,
05:43et un coût qui continue d'augmenter avec des enjeux de sécurité, de cybersécurité.
05:47L'enjeu, c'est effectivement d'augmenter les marges,
05:49parce que quand vous migrez des millions de clients,
05:515 millions de clients pour Orange sur le réseau d'Orange,
05:54vous faites beaucoup de synergies sur la partie réseau,
05:56parce que vous réduisez une partie d'infrastructure,
05:58et donc ça, c'est de l'efficacité qui va nous permettre de poursuivre les investissements.
06:02On est dans un marché des télécoms où l'année dernière,
06:05et ce n'est pas moi qui le dit, c'est le régulateur,
06:06les investissements ont baissé de 15%.
06:08Ça ne peut pas durablement continuer quand on parle de menaces sécuritaires,
06:13de cybersécurité, de se protéger contre les drones, et des choses comme ça.
06:16Et pour l'emploi, alors que vont devenir les 8000 salariés de SFR
06:19dont on peut deviner l'inquiétude aujourd'hui ?
06:20Oui, alors c'est évidemment, et j'ai une pensée pour eux,
06:24j'ai une pensée pour tous les salariés, évidemment, dans l'industrialité,
06:27comme c'est des projets...
06:27Vous avez une pensée, vous avez un job pour eux pour demain ?
06:29Mais alors d'abord, on a pris des engagements,
06:31on est trois entreprises, Iliad, Bouygues et Orange, qui sont responsables,
06:34on est trois entreprises qui ont évidemment une histoire,
06:38une responsabilité vis-à-vis de la société et des collaborateurs.
06:41Les salariés de SFR, je voudrais d'abord les rassurer.
06:43D'abord, à court terme, je tiens à le rappeler,
06:46on est concurrents, les choses continuent, etc.
06:49On parle après l'autorisation de l'autorisation de l'autorisation.
06:51Et après, on a pris des engagements, évidemment,
06:53de garantir un emploi pour tous.
06:55Alors évidemment, ça va dépendre des jobs actuels,
06:58puisqu'il y aura des différences.
07:00Il y aura des doublons quand même, non ?
07:01Il n'y aura pas forcément des doublons,
07:03parce que prenez tous les techniciens chez SFR,
07:05le travail qu'il va y avoir à faire de migration de millions de clients,
07:08on ne sait pas le faire sans les collaborateurs d'SFR.
07:11Mais après, est-ce que vous garantissez zéro suppression d'emploi ?
07:14Alors aujourd'hui, on garantit un emploi pour tous à horizon début 2029,
07:18on n'a pas encore des plans, la durée de la transition,
07:22on parle d'une durée qui va être entre deux ans et demi et cinq ans.
07:24Donc on est à un horizon de 2032.
07:26Donc aujourd'hui, on ne sait pas se projeter au-delà de 2030.
07:29Mais en tout cas, jusqu'à 2030, zéro suppression de partenaires.
07:31Donc jusqu'à aujourd'hui, début 2029,
07:33jusqu'à début 2029, pas d'impact sur l'emploi.
07:37Et ça, c'est garanti.
07:38Bien sûr, on va engager un dialogue avec les partenaires sociaux.
07:40Évidemment, les salariés d'SFR sont inquiets,
07:42et donc on répondra à toutes leurs questions.
07:44Et on privilégie, bien sûr, les représentants du personnel,
07:46donc le dialogue.
07:47Et dès qu'on aura des plans plus précis,
07:49évidemment, on rentre là dans les détails et les modalités.
07:53Il paraît que vous avez baptisé cette opération Voltaire en interne.
07:55Pourquoi Voltaire ?
07:56Alors, Voltaire, c'était le nom chez Orange.
07:58Mais il y avait Mont Blanc, Mosaïque,
08:01on avait des noms de codes.
08:02Mosaïque chez Fri, Rainbow chez Altice.
08:03Mais pourquoi Voltaire, comme ça ?
08:04Voltaire, c'est la France.
08:06La fois précédente, c'était Jardiland, il paraît.
08:08Jardiland, oui, c'était il y a 10 ans.
08:09J'étais pas là.
08:10Vous étiez pas là.
08:11Orange est partenaire de l'équipe de France de foot.
08:13Ça vous coûte combien, ça ?
08:14C'est un investissement rentable d'être partenaire des Bleus ?
08:16Alors nous, on est partenaire de l'équipe du Sénégal.
08:20Justement.
08:21Le 16 juin, vous allez porter quel maillon ?
08:23Je n'ai qu'un passeport, moi.
08:24Donc vous soutiendrez ?
08:26Derrière la télé, à titre personnel, la France, bien sûr.
08:29Mais l'entreprise Orange soutiendra évidemment les deux équipes.
08:33Ça vous coûte combien ?
08:35On ne donne pas les montants,
08:37mais on est très engagé avec la Fédération de foot
08:38sur plusieurs sujets.
08:39Bien sûr, l'équipe nationale,
08:40et là, c'est la vitrine, la Coupe du Monde.
08:42Mais on est très engagé avec la Fédération,
08:45dans les clubs de foot,
08:46autour d'attirer aussi des femmes dans le foot
08:48et puis travailler sur la déconnexion,
08:50utiliser le sport comme un moyen de rappeler aux enfants,
08:53aux jeunes,
08:53que oui, c'est super d'être connecté
08:56et d'avoir un portable,
08:57mais le sport, la vie en communauté,
08:59ça fait partie aussi de la vie.
09:00En revanche, Orange n'est plus partenaire du stade Vélodrome.
09:02Le contrat de naming, comme on dit,
09:04a réveil échéance ce mois de juin.
09:05Vous n'en voulez plus du Vélodrome ?
09:07Ce n'est pas qu'on n'en veut plus,
09:08c'est qu'on revoit régulièrement
09:09l'ensemble de nos partenariats.
09:11Ce n'est pas parce que Stéphane Richard,
09:12l'ancien patron d'Orange,
09:13est devenu patron de...
09:13Non, ça n'a rien à voir.
09:14Et d'ailleurs, les équipes de l'OM le savent,
09:16c'est des discussions qu'on avait initiées bien avant.
09:19Dernière question à Marseille,
09:20votre site de Massilia Saint-Mauron,
09:22va-t-il rouvrir ?
09:22Parce qu'on sait que ce site avait été...
09:24Il n'est pas fermé,
09:24mais les salariés ont été déplacés au début janvier,
09:27d'autres sont en télétravail
09:28parce qu'il y a eu une fusillade
09:29et que des impacts de balles
09:30avaient touché la façade de cet immeuble.
09:33Il va fermer ce site ou pas ?
09:34Alors, ce site ne va pas fermer
09:35parce que c'est un site technique
09:37qui est un site historique
09:38qui n'a pas vocation à fermer
09:39et on l'a rappelé.
09:41Par contre, effectivement,
09:41il y a eu des menaces intenses
09:43pour nos collaborateurs.
09:44Ma responsabilité,
09:45notre responsabilité,
09:46c'est d'assurer la sécurité
09:47de nos collaborateurs
09:48qui ne voulaient plus venir travailler
09:50et donc on a travaillé
09:51sur un plan de réallocation immobilier
09:54dans la région de Marseille
09:55et donc on va migrer une partie des emplois
09:58mais le site va rester.
09:59Certains de nos techniciens
10:00vont continuer à travailler sur place
10:01donc on a besoin de travailler
10:02avec les forces de police,
10:03bien sûr,
10:03pour sécuriser l'environnement.
10:04Merci Christelle Edman,
10:05Madame la patronne d'Orange,
10:06d'avoir choisi RTL
10:07pour votre toute première interview
10:08après l'annonce de...
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