Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 22 minutes
Interview ou reportage d'une émission cinéma produite par CANAL+ autour d'un film disponible sur CANAL+ ou sortant en salles, un événement ou une actualité du 7ème Art
https://www.canalplus.com/cinema/
Facebook : https://www.facebook.com/canalpluscinema/
Twitter : https://twitter.com/Canalplus
Instagram : https://www.instagram.com/canalplus/

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Simon Abkarian, je suis ravi de vous recevoir dans Tête à Tête.
00:02Je suis ravi d'être là.
00:03Pour quelqu'un qu'on surnommait De Gaulle à l'école, il me semble,
00:06c'était l'évidence. Vous l'attendiez ce film ?
00:09Non, non, je ne l'attendais pas.
00:11Bien sûr que non.
00:12Moi, on m'appelait De Gaulle parce que je venais de France
00:14et que De Gaulle, manifestement, c'est une figure importante pour les Libanais.
00:18Donc, on m'appelait De Gaulle.
00:19Et vous avez pourtant accepté tout de suite ?
00:20Je n'ai pas hésité. J'ai tremblé.
00:22Ça m'a fait...
00:23C'est vrai ?
00:23Ça fait peur.
00:25T'as arraché l'image du général De Gaulle
00:28gravé dans le marbre de l'éternité.
00:31Une figure mythique, évidemment.
00:32Et oui, redonner vie, ce n'est pas évident.
00:34Mais le scénario était bien écrit.
00:36J'étais bien dirigé, j'avais de bons partenaires.
00:38Donc, tout ça fait que...
00:39Vous y êtes allé.
00:40Et vous avez eu raison.
00:42Alors, vous incarnez le général De Gaulle
00:43à un moment très précis de l'histoire.
00:44Il faut le préciser.
00:45Le moment où il part à Londres.
00:47Il va faire ce fameux appel du 18 juin.
00:49Et dans ce premier volet, on va jusqu'en 1942.
00:51Donc, on découvre cet homme quand même un peu seul.
00:53C'est un peu un anti-héros dans ce film.
00:55C'est un euphémisme.
00:56C'est pas quand même très, très seul.
00:58Seul contre tous.
00:59Seul contre tous et contre tous.
01:01C'est-à-dire qu'il est condamné à mort
01:03dans son propre pays et déchu de sa nationalité.
01:06Et il est méprisé.
01:08Les gens disent, c'est qui ce clown, quoi.
01:10En tout cas, vous réussissez un beau tour de force.
01:12C'est-à-dire que vous n'en faites pas trop, en fait.
01:14Il est théâtral, vous l'êtes, mais sans trop l'être.
01:17C'est pas évident.
01:18Ça s'appelle la mesure et la deux mesures.
01:20Ça, s'il était clair, mais...
01:21C'est très clair, non, mais c'est très clair ce que vous dites.
01:23Parce que ça a été ça.
01:24C'est incarner, mais ne pas imiter.
01:26Et finalement, la frontière, elle est quand même assez...
01:28C'est inimitable.
01:29Nous, on passe par notre travail.
01:31Notre outil principal, c'est l'imaginaire.
01:33Il faut imaginer De Gaulle.
01:34Je serais absolument ravi d'accueillir votre premier ministre ici, à Brazzaville, capitale de la France libre.
01:43Si j'étais vous...
01:44Vous n'êtes pas De Gaulle, Spears.
01:47De Gaulle n'obéit qu'à la France.
01:53Évitez-moi les moustiques.
01:58Spears.
02:00Les moustiques ne piquent pas le général De Gaulle.
02:03Moi, j'aime ces films où, évidemment, on se pose cette question de qu'est-ce qu'on aurait fait
02:07à leur place.
02:08J'imagine qu'il y a des résonances très intimes pour vous, de par vos origines, arméniennes, libanaises.
02:13Vous avez vécu dans votre chair l'occupation d'un pays, la guerre, l'assidération que cela représente.
02:17Ça vous a aidé aussi pour faire ce film, pour comprendre ?
02:19J'ai envie de dire, hélas, oui.
02:21J'aurais préféré ne pas avoir à m'inspirer de ça et ne pas avoir vécu ça en tant qu
02:25'arménien ou libanais.
02:27Mais hélas, oui.
02:28Et mon travail, c'est de mettre à contribution cette humanité-là qui me constitue, quelle qu'elle soit.
02:34Et ceci étant dit, on n'a pas besoin d'avoir souffert et vécu des choses comme ça pour incarner
02:38le général De Gaulle.
02:40Mais c'est normal.
02:41On amène toujours un peu de son histoire.
02:42Si on n'amène pas un peu de son histoire, c'est qu'on s'est trompé d'endroit.
02:45C'est-à-dire qu'il y a toujours nous qui sommes présents.
02:48Mais alors le nous qu'on représente à l'écran, ce n'est pas parfois toujours le bon.
02:52Il faut avoir le nous le plus noble possible et le plus effacé.
02:55Le bon recul, c'est de se tenir derrière les mots du personnage qu'on incarne.
02:58Pas dans les mots, mais derrière.
03:00Par conséquent, vous mettez fin à l'alliance entre la France et l'Angleterre.
03:07Entre De Gaulle et l'Angleterre.
03:09Pourquoi discuter avec De Gaulle s'il n'est pas la France ?
03:11Vous n'êtes pas la France !
03:16Je n'en vous le connais pas comme la France !
03:30Le film met vraiment en parallèle ce combat du général De Gaulle face à cette jeunesse à Paris
03:35qui est incarnée entre autres par Anna Maria Bartolomei et Florian Le Sieur qu'on va recevoir dans un instant.
03:41Vous n'avez aucune scène ensemble.
03:42Qu'est-ce que vous avez ressenti lorsque vous les avez découvertes ?
03:45Mais surtout, qu'est-ce que vous avez envie de leur dire ?
03:47Je suis vraiment magnifié par ce qu'ils ont fait.
03:49C'est vraiment, c'est-à-dire qu'ils ont incarné à eux deux, à eux trois, parce qu'il
03:53y a un troisième qui joue Pierre.
03:55De par leur regard, de par leur force de jeu, on réussit à faire ce qu'ils ont fait.
04:00C'est merveilleux.
04:00J'ai ressenti de la fierté et de l'espérance.
04:03C'est-à-dire que même les générations présentes, je pense qu'il y aura toujours des jeunes gens qui
04:07diront non.
04:08Moi, j'ai été jeune Jean.
04:09Je ne le suis plus, mais à l'intérieur de moi, il y a toujours le gamin de 15 ans
04:13qui cavale.
04:13Ça, je le sais.
04:15J'ai cette enfance-là en moi, cette crédulité en moi, cette naïveté en moi, cette force inconsciente en moi.
04:21Je l'ai encore.
04:22Mais c'est vrai que quand les conflits éclatent, souvent on dit qu'ils sont embrigadés.
04:27Non, ils ont envie d'y aller.
04:28On n'a pas besoin d'embrigader la jeunesse.
04:30Elle veut y aller.
04:31Quand l'injustice se dresse devant elle, elle veut y aller.
04:34Qu'est-ce que vous disiez, votre père ?
04:36Parce que vous m'avez confié que votre père était fan du général de Gaulle.
04:40Comment il vous en parlait quand vous étiez enfant ?
04:41Il parlait de lui comme étant un homme honorable, comme un héros qui avait lavé l'honneur de la France.
04:46Il en parlait comme ça.
04:48Chez nous, les héros, ils sont accrochés au mur et c'est des gens à qui on parle.
04:53Mon père, il leur parlait souvent.
04:55Il avait la photo d'un héros arménien à côté de là où il se rasait.
04:59Tous les matins, c'était salut.
05:01C'est vrai ?
05:02Est-ce qu'on quitte facilement le général de Gaulle ?
05:04On peut quitter facilement le général de Gaulle, mais est-ce que le général de Gaulle va vous quitter facilement
05:09?
05:09C'est encore une autre question.
05:11Je suis d'accord.
05:12Non, mais ce que je vais garder en lui, c'est aussi la confirmation de justement cette éloquence,
05:17cette théâtralité qu'on souvent dit trop théâtrale.
05:21Ce n'est pas un gros mot théâtral et lui me le confirme.
Commentaires

Recommandations