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  • il y a 8 minutes
Nous avons reçu le philosophe et écrivain Fabrice Midal pour un échange sur l’évolution de notre vocabulaire et son impact sur notre sensibilité.
Dans cet extrait, il explique comment l’utilisation généralisée d’acronymes administratifs comme « SDF » modifie notre perception de la société.

Fabrice Midal est le fondateur du podcast « Dialogues » et auteur du livre « Empêcher que le monde ne se défasse » (éditions Flammarion/Versilio).

Qu’en pensez-vous : le langage moderne cherche-t-il à minimiser la dureté du monde, ou ces nouveaux termes sont-ils simplement devenus plus neutres et adaptés ? On attend vos avis en commentaires. 👇💬

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Transcription
00:00C'est fondamental de comprendre que le totalitarisme a toujours fonctionné en empêchant qu'on nomme les choses.
00:07Le nazisme s'est imposé dans les esprits en changeant doucement les mots pour empêcher qu'on voit les choses.
00:13Comment les mots et les acronymes, par exemple, nous empêchent de voir les choses ?
00:18Je donne l'exemple tout simple dans le livre SDF, ça ne veut rien dire.
00:22Ça empêche de dire la souffrance.
00:24Autrefois, il y a très longtemps, on disait miséreux, ça fait mal au cœur.
00:28SDF, ça ne veut rien dire, parce que Ken Uribe, qui vivait dans les grands hôtels, lui aussi, il est
00:33sans domicile fixe.
00:34Ça ne veut rien dire.
00:35Et on fait exprès d'employer partout des sortes d'acronymes ou de mots qui ne veulent rien dire
00:41et qui font comme un filtre qui nous empêche de voir la violence.
00:44La violence ne se montre pas toujours.
00:47On s'indigne devant ce qui est apparent sans voir que ce qui est beaucoup plus grave est inapparent.
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