- il y a 10 heures
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00:00:00La puissance du port du Havre, c'est la puissance du port du Havre, la culture de la bécrave.
00:00:05La puissance du port du Havre, c'est la puissance du port du Havre, la culture de la bécrave.
00:00:19Merci ! Écoutez, merci d'être venu, ça fait plaisir quand j'ai annoncé une date unique pour un spectacle.
00:00:26Donc, jamais bosser, je ne savais pas s'il y aurait des gens qui viendraient.
00:00:30Et vous êtes les élus, donc là ça fait plaisir.
00:00:35Alors, fragment, voilà le spectacle que vous êtes venu voir.
00:00:37En gros, comment l'idée m'est venue, c'est que j'avais des anecdotes dans mon premier spectacle que
00:00:43finalement peu de gens ont vu.
00:00:46Et j'avais des anecdotes que j'ai écrites pour le nouveau spectacle que je n'ai pas gardé.
00:00:50Et je me suis dit, si on combine les deux et qu'on en écrit des nouvelles, ça peut faire
00:00:54un spectacle unique.
00:00:55C'est ce que vous allez voir ce soir.
00:00:57Et vous inquiétez pas, je suis un professionnel.
00:01:01Ok ?
00:01:01Donc, ce soir, vous allez voir des vannes pour la première fois, mais surtout, pour la dernière fois.
00:01:08Je ne vais pas aller refaire ces blagues, ok ?
00:01:10Donc, évidemment, je me présente.
00:01:12Il y en a qui me connaissent déjà, je suppose.
00:01:14Mais voilà, moi je suis originaire du Havre.
00:01:17Voilà.
00:01:20La fausse ambiance, mais c'est ma tante qui a applaudi, c'est juste ça, je suis originaire du Havre.
00:01:25Ça met une vieille ambiance quand je dis que je viens du Havre, pourtant c'est une ville stylée, on
00:01:28a quand même la chance d'avoir une plage de galets.
00:01:31Vous ne voyez pas l'avantage, d'accord ?
00:01:33L'été, quand vous êtes sur la plage et qu'il y a du vent, vous pouvez vous prendre du
00:01:35sable dans les yeux.
00:01:36Alors qu'avant de te prendre un galet, il faut vraiment que ça souffle.
00:01:39Donc c'est bien organisé.
00:01:41Puis si tu repars avec des galets dans tes pompes, c'est que vraiment, t'as les doigts de pieds
00:01:43écartés, quoi.
00:01:44Donc là, on ne peut rien faire.
00:01:47Moi, j'aime beaucoup ma plage.
00:01:48J'ai emmené mes potes de Paris et Havre, je leur ai montré, je dis, alors, c'est pas stylé
00:01:51?
00:01:52Ils m'ont dit aller en travaux, la plage.
00:01:54Tu sais, j'ai dû leur dire que c'était pas des gravats, ça m'a saoulé.
00:01:57Donc ouais, je suis originaire du Havre.
00:01:59En vrai, comme pas mal de gens qui grandissent en province, ton principal ennemi, surtout quand t'es adolescent, c
00:02:04'est l'ennui.
00:02:05Ce qui fait qu'avec mes potes, on essayait de faire un maximum d'activités.
00:02:08Alors, des activités qui rentraient dans notre budget, forcément, ce qui fait qu'on a fait pas mal de randonnées.
00:02:13Et comme il n'y a pas de montagne au Havre, nous, on allait marcher au centre commercial, quoi.
00:02:18On tournait le samedi après-midi dans le centre commercial, on faisait tous les magasins, et puis on n'achetait
00:02:23rien, quoi.
00:02:23Parce qu'on n'avait pas de thunes.
00:02:26J'emmenais mes potes à foutre le cœur, je leur montrais des baskets que j'aimais bien.
00:02:29Tu vois, les bleus, là.
00:02:35Avec un jean.
00:02:37Puis après, je les emmenais voir un jean.
00:02:39Et mes potes, ils me disaient, eh, t'as du goût, hein.
00:02:43J'avais pas de style, mais j'avais du goût, quoi.
00:02:45Alors, je connaissais tous les magasins du centre commercial, sauf un, ce qui fait qu'au bout de quelques années,
00:02:49je me suis dit, il n'y a pas de raison, je vais rentrer.
00:02:50Donc, je suis allé chez Etam.
00:02:53Tu sais, j'avais pas prévu.
00:02:55Moi, je suis vraiment rentré là, genre, comme un agent immobilier.
00:02:58J'ai regardé, je me dis, ah ouais, c'est grave grand, et tout.
00:03:00J'avais pas prévu qu'une vendeuse vienne me voir, elle m'a dit, je peux vous aider.
00:03:03Je pouvais pas lui dire, ah non, mais moi, je suis là parce que je m'ennuie et tout.
00:03:06Du coup, j'ai paniqué, j'ai essayé deux, trois trucs.
00:03:09Et apparemment, je suis 85B.
00:03:12Et je pensais, la ficelle, ça dérange pour marcher, mais pas du tout, en vrai.
00:03:17Donc, non.
00:03:18Voilà.
00:03:19Ce soir, j'ai décidé de vous raconter des vraies anecdotes.
00:03:21Évidemment, j'ai pas essayé des vraies fringues.
00:03:24La vraie réponse que j'ai faite quand elle m'a dit, est-ce que je peux vous aider ?
00:03:27J'ai dit, je cherche ma mère.
00:03:31J'avais 16 ans.
00:03:32J'aurais pu dire, je cherche ma meuf.
00:03:35Et moi, j'ai dit, je cherche ma mère.
00:03:37Ce qui fait qu'après, j'étais dans les tables lingerie à faire semblant de chercher ma mère.
00:03:43Et j'allais voir des dames de 50 ans qui regardaient des strings.
00:03:46Et je faisais, excusez-moi, je vous ai pris pour ma mère.
00:03:48C'était terrible.
00:03:51Mais voilà, je faisais des activités pour m'occuper.
00:03:53Parce qu'on se faisait chier, quoi.
00:03:54Une des activités qu'on faisait beaucoup avec mes potes, c'était le contrôle de police.
00:03:58Parce que, bah, c'est gratuit.
00:04:00Et une fois, je me suis fait contrôler devant une nana qui me plaisait, ce qui fait que j'ai
00:04:03joué le rebelle.
00:04:04Tu sais, le flic, il m'a dit, vous avez des choses sur vous ?
00:04:06Et j'ai dit, lâchez-moi, j'ai rien.
00:04:07J'ai rien.
00:04:09Parce que j'avais rien, en fait.
00:04:11J'étais rebelle et honnête, moi.
00:04:15Une autre fois, on s'est fait contrôler qu'avec mes potes.
00:04:17On était cinq.
00:04:18On venait de se baigner à la plage.
00:04:19On remonte de la plage, on est en maillot de bain.
00:04:21Les flics nous contrôlent.
00:04:22Et il y en a un qui me dit, vous avez des armes sur vous.
00:04:27Je la refais parce que vous n'avez pas tous ri.
00:04:30Je suis en maillot de bain.
00:04:32Et le flic me dit, vous avez des armes sur vous.
00:04:35Et moi, au début, je me dis, flatteur.
00:04:42Je me dis, il est observateur, le gars.
00:04:45Et après, je réalise, je me dis quand même qu'on joue à la phrase la plus conne, là.
00:04:49Ça fait que je lui ai répondu, ouais, j'ai un bazooka dans ma poche.
00:04:54Il m'a mis une tarte.
00:04:56Et vraiment, j'ai pris une tarte, j'ai dit, ah bon, d'abord, on a le droit de faire
00:04:59ça.
00:05:00Et moi, j'ai grandi comme ça.
00:05:02Ma mère, elle m'a toujours dit, tu ne cherches pas les emmerdes, mais si on tape, tu tapes.
00:05:08Là, j'ai pris une tarte.
00:05:10Je ne sais pas, j'ai amorcé un mouvement de défense.
00:05:13Il y a une partie de ma tête qui a fait, attends, je crois que c'est un piège.
00:05:18Parce que ce genre d'histoire, ça finit au tribunal.
00:05:20Et je n'avais pas envie que ma défense se soit, ouais, c'est lui qui a commencé.
00:05:25Donc là, j'ai pris la tarte, j'ai dit, très bien joué, très bien joué.
00:05:28Mes potes étaient à côté de moi, ils ont pété un cas, ils ont dit, ouais, vous n'avez pas
00:05:31le droit de faire ça et tout.
00:05:31Ça commence à crier, on était quand même sur la plage.
00:05:34Et il y a le commissaire qui est avec eux, je ne sais pas pourquoi, mais en gros, il arrive,
00:05:37il dit, ouais, qu'est-ce qui se passe et tout.
00:05:38Et moi, j'explique, il m'a frappé et tout.
00:05:40Et il demande au flic, qu'est-ce qui s'est passé ?
00:05:42Il dit, ouais, je lui ai demandé s'il avait des armes sur lui.
00:05:44Et le commissaire, il me voit un maillot.
00:05:49Et j'ai vu dans son regard, genre, je suis désolé, en vrai, moi, je dois bosser avec lui tous
00:05:55les jours, c'est pire, tu vois.
00:05:57La vérité, c'est qu'il a simplement dit, il s'est reculé.
00:06:01Du coup, on est parti, mais dans l'histoire, j'ai quand même pris une tarte.
00:06:05On est parti, et cette journée a influencé mes potes et moi.
00:06:08Parce qu'à partir de là, on a commencé à moins sortir dehors, en vrai.
00:06:12On traînait plus chez les uns, chez les autres, et on s'est mis à regarder des films.
00:06:15Et un des films qui nous a beaucoup influencé, mes potes et moi, c'est Yamakasi.
00:06:19Pour ceux qui connaissent pas, c'est des mecs qui font de la randonnée, mais sur les toits.
00:06:24Et on s'est dit, c'est dans notre budget.
00:06:25Du coup, on a commencé à faire...
00:06:29Moi, j'étais graffeur, en plus.
00:06:30Tu sais, moi, je sautais des trottoirs et tout.
00:06:34Et pour ceux qui connaissent pas le film, au bout d'un moment,
00:06:36ils se mettent à cambrioler des appartements pour payer l'opération d'un enfant qui est malade dans leur quartier.
00:06:41Et nous, comme on n'avait pas d'enfant malade dans notre quartier,
00:06:46vous allez me juger, mais on rentrait chez les gens et on faisait rien.
00:06:52Juste pour l'adrénaline.
00:06:53Genre, vraiment, on rentrait, on faisait « Ah, la cuisine, elle est jaune ! »
00:06:55Et on repartait en courant.
00:06:57C'est le sommet de ce qu'on a pu faire.
00:06:59Évidemment, on y est allé par étapes.
00:07:01Au début, on se lançait des défis, genre traverser le jardin en courant.
00:07:04Après, il fallait rester longtemps dans le jardin.
00:07:06Je me rappelle un après-midi, je suis contre le mur d'une maison,
00:07:08il y a la fenêtre qui est là, mon pote est de l'autre côté de la fenêtre.
00:07:10Et on se parle en langage commando.
00:07:12Mais comme aucun de nous est commando, on se comprend pas.
00:07:15Du coup, je lui dis « On fait une roulade ! »
00:07:17Et mon pote a fait une roulade, et j'ai fait une roulade.
00:07:19Et comme on n'avait pas d'objectif, on s'est arrêté quand on avait mal de faire des roulades.
00:07:25Quand on avait mal à l'épaule.
00:07:26Et je me dis, le nombre de fois où on l'a fait,
00:07:29parce qu'on le faisait sans regarder s'il y a du monde dedans.
00:07:31Parce qu'on se disait « Si on regarde dedans, il va voir nos visages, il va nous reconnaître. »
00:07:34Parce qu'on était des génies.
00:07:36Donc on le faisait sans regarder s'il y a du monde.
00:07:39Je me dis, le nombre de fois où on l'a fait, c'est obligé.
00:07:40Il y a au moins une fois un gars qui devait être chez lui,
00:07:42qui au bout d'un moment a dû appeler les keufs, genre « Allô ? »
00:07:46« Ouais, il y a des ados dans mon jardin, là.
00:07:50Ça fait une demi-heure, ils font des roulades.
00:07:53Ils ont l'air désorientés, en fait.
00:07:56Je crois qu'ils cherchent le sud, je ne sais pas.
00:07:59Si vous venez envoyer une patrouille.
00:08:00Si les flics m'avaient arrêté, j'aurais même pas eu une bonne excuse.
00:08:03Vous vouliez cambrioler ?
00:08:04Pas du tout.
00:08:06Non, non, c'est parce qu'on a vu Yamakasi, on n'a pas de potes malades.
00:08:10C'est sûr que j'aurais pris une tarte, c'est sûr.
00:08:12Après Yamakasi, le film qui m'a influencé, c'est Robocop.
00:08:15Là où je le trouvais stylé, Robocop, c'est que lui,
00:08:17quand il sautait et qu'il atterrissait sur le béton,
00:08:19il ne fléchissait pas les jambes, il restait droit,
00:08:21c'est le béton qui se pétait.
00:08:22Ce qui fait qu'une fois, j'ai sauté sans fléchir.
00:08:27Et je me suis fait opérer.
00:08:30J'ai un ménisque qui a sauté.
00:08:32Mes potes sont venus me voir à l'hôpital,
00:08:33ils m'ont dit, si tu veux, on cambriole pour ton opération.
00:08:38Et je leur ai dit, bah...
00:08:39Merci, la tentative d'applaudissement.
00:08:46Je leur ai dit, c'est gentil, mais en fait,
00:08:50bah, j'ai une mutuelle, moi, en fait.
00:08:52Et c'est là que tu te rends compte que le film,
00:08:54il ne tient pas debout, quoi.
00:08:55Une carte vitale, il n'y a plus de scénario,
00:08:57il se fout de notre gueule, Luc Besson.
00:08:59Donc, ouais,
00:09:01j'ai essayé de contrer l'ennui
00:09:03pas mal de fois quand j'étais ado.
00:09:05Et dès que j'ai eu 18 ans,
00:09:07mon premier boulot,
00:09:08ça a été...
00:09:09Je voulais travailler dans le commerce, moi, au départ.
00:09:11Du coup, j'ai travaillé dans une baraque à frites.
00:09:14Voilà, dans une station balnéaire,
00:09:16donc le Havre.
00:09:17Et c'est marrant parce que
00:09:20je me rappelle de mon entretien.
00:09:22Tu sais, quand tu veux être commercial,
00:09:23bah, tu y vas en costard,
00:09:24histoire qu'on t'imagine avec la clientèle.
00:09:26Mais quand tu veux bosser dans une baraque à frites,
00:09:28comment tu y vas ?
00:09:29Tu sais, j'ai vraiment bloqué devant mon...
00:09:31devant mes fringues.
00:09:31Et je me suis dit, est-ce que je dois y aller avec un tablier ?
00:09:34Genre pour qu'ils disent,
00:09:35ah ouais, il peut gérer de la friture, tu vois.
00:09:38Et je vais à l'entretien.
00:09:40Première question qu'il me pose,
00:09:41il me dit, est-ce que t'as de l'expérience ?
00:09:42Je dis, non, j'ai tout juste 18 ans,
00:09:44ce serait mon premier travail,
00:09:45mais j'ai déjà mangé des frites.
00:09:49Il savait pas quoi faire de l'info.
00:09:51Tu sais, il m'a regardé, il fait, ah ouais, super.
00:09:53Mais j'ai vu dans son regard,
00:09:55genre, ah, il a l'air con,
00:09:55je vais pas le payer cher, lui.
00:09:58Deuxième question qu'il me pose,
00:09:59il me dit, t'es libre quand ?
00:10:00Je lui dis, bah, moi, je suis libre dès maintenant,
00:10:01je peux commencer quand vous voulez.
00:10:03Et il me dit, bah, ok, c'est bon.
00:10:04Donc, en fait, il n'y a pas de critères
00:10:06pour bosser là-dedans, il faut le savoir.
00:10:08Et j'ai commencé le lendemain,
00:10:10première cliente qui arrive au comptoir,
00:10:12elle me dit, bonjour, je voudrais un Coca-Cherry.
00:10:14Et moi, je la regardais, genre...
00:10:20Sérieux ?
00:10:21Et elle me dit, non, mais cerise.
00:10:23J'ai dit, ah, ouais, ouais, j'avais compris, ouais.
00:10:26T'as pas d'humour, toi.
00:10:27Et j'allais chercher la canette.
00:10:30Quand il y a un gars qui est arrivé,
00:10:31il l'a bousculé et il m'a fait,
00:10:33file-moi une bière,
00:10:34avec le petit claquement de doigts
00:10:35qui voulait dire, s'il te plaît.
00:10:39Et là, je réalise que c'est un toxicomane.
00:10:41Il y avait un indice,
00:10:42il avait une seringue sur l'oreille.
00:10:45C'était soit un toxicomane,
00:10:46soit un infirmier qui s'était perdu.
00:10:48Mais comme il avait des trous dans ses fringues
00:10:50et ses dents,
00:10:51je me suis dit, je pense que c'est un toxico.
00:10:53Alors, je lui ai posé une question
00:10:54que je posais quand même rarement au client.
00:10:56Je lui ai dit, mais vous comptez me payer ?
00:11:00Et il m'a dit,
00:11:01eh, fais pas comme si c'était la boîte à ton père,
00:11:02file-moi une bière.
00:11:03Et j'ai failli lui dire,
00:11:05la boîte de ton père.
00:11:08Mais j'ai sensi que c'était pas le bon moment.
00:11:15T'es prof de français ?
00:11:16Non.
00:11:17Ça t'a dérangé, j'ai vu ça.
00:11:20Je pensais que c'était moi qui parlais mal français.
00:11:21Voilà.
00:11:24Donc, je lui ai dit,
00:11:25ouais, je suis pas là pour distribuer les bières.
00:11:26Et il m'a dit, tu veux que je fasse le tour ?
00:11:29Et tu sais, je l'ai regardé,
00:11:30je dis, bah, pourquoi faire ?
00:11:32Parce que moi, j'ai passé un entretien pour être là.
00:11:35Apparemment, toi, t'étais pas libre, tu vois ?
00:11:37Et là, je réalise que la nana, à côté de lui,
00:11:39elle commence à avoir peur.
00:11:40Et je me dis, je dois la protéger.
00:11:42Elle m'avait quand même appelé chérie.
00:11:45Du coup, je fais le tour du comptoir
00:11:46et je lui dis, écoute, mec,
00:11:48qu'est-ce que tu veux ?
00:11:48Et là, il attrape sa seringue
00:11:50et il me dit, moi, j'en ai rien à foutre.
00:11:52J'ai le sida, je te plante.
00:11:54Et je lui ai dit, non, t'as pas compris.
00:11:56Qu'est-ce que tu veux comme bière ?
00:11:57C'est ça que j'allais te proposer.
00:12:01Parce que je suis payé 5 euros de l'heure,
00:12:03je vais pas mourir pour une canette.
00:12:04C'est clair et net, hein ?
00:12:08Je lui ai donné sa canette.
00:12:09J'étais dégoûté, hein ?
00:12:10Vraiment, j'étais dégoûté
00:12:11de céder à cette menace, tu vois ?
00:12:13Mais aujourd'hui, quand j'y repense,
00:12:15je sais que j'ai gagné ce débat.
00:12:16Tu vois, cette confrontation,
00:12:18je sais que je l'ai gagné
00:12:19parce qu'à l'heure actuelle,
00:12:20il doit être mort.
00:12:23C'est-à-dire que j'étais plus fort que lui
00:12:24mais au niveau des défenses immunitaires.
00:12:27Ça compte.
00:12:29Vous êtes pas à l'aise.
00:12:30Si, si, c'est drôle.
00:12:30Allez-y.
00:12:33Bon, j'ai quitté le Havre.
00:12:35Je suis venu sur Paris
00:12:36pour commencer à faire de la scène.
00:12:38Mes premières scènes,
00:12:39franchement, ça se passait plutôt bien.
00:12:40J'étais déjà très drôle
00:12:41et je me rappelle une de mes premières scènes.
00:12:45Je finis un plateau avec plusieurs artistes
00:12:47et à la fin, il y a un gars qui vient te voir
00:12:48et il me dit
00:12:48« Bonjour Hakim, j'ai beaucoup aimé ce que tu fais. »
00:12:50Je dis « Ah, merci beaucoup. »
00:12:52Et là, il me regarde, il bloque,
00:12:53il me dit « Mais attends, tu me reconnais ? »
00:12:55Et tu sais, moi, je bug, je suis « Wow.
00:12:58Papa ? »
00:13:00Et il n'a pas compris que c'était une vanne.
00:13:01Il dit « Non, non, je ne connais pas ta mère. »
00:13:03Et je dis « Tu t'éconnes ? »
00:13:05Je le connais, mon père.
00:13:06Il n'y a pas de problème.
00:13:08C'est juste que c'est marrant, quoi.
00:13:09Et il me dit « Non, mais moi, je suis producteur. »
00:13:11Je dis « Ah, oui, pardon.
00:13:13Oubliez la vanne que je viens de faire.
00:13:15Rappelez-vous ce que j'ai fait sur scène. »
00:13:17Il me dit « Où est-ce que je peux te revoir ? »
00:13:18Je dis « Pour le moment, je n'ai pas de spectacle. »
00:13:20Il me dit « Ah, c'est dommage. »
00:13:21Et il commence à m'attraper le bras
00:13:22et il me le caresse
00:13:23et il me fait « Mais un beau garçon comme toi,
00:13:25ça doit avoir une copine. »
00:13:28Hein ?
00:13:33J'en ai deux, moi.
00:13:35Je préfère plus stable, tout ça.
00:13:38Il m'avait dit « Bah, écoute, c'est toi qui vois dans la vie
00:13:40t'as ceux qui passent à la télé,
00:13:41qui font des grandes salles,
00:13:42puis t'as ceux qui continueront les petits plateaux. »
00:13:44Ouais.
00:13:46Non, mais j'aime pas la télé, moi.
00:13:49Plateau, ça me va très bien.
00:13:50Clairement, il m'a dit « Si tu veux, je t'encule. »
00:13:52Et...
00:13:53Parce qu'il y en a qui sont plus lents que les autres,
00:13:54donc j'explique.
00:13:55Et j'y ai repensé,
00:13:56parce que, bah, encore aujourd'hui,
00:13:58je passe pas la télé.
00:13:59Et...
00:14:00Et je me dis « Il y en a qui doivent dire oui. »
00:14:03Tu vois ?
00:14:03Il y en a qui doivent dire oui,
00:14:04parce que le gars a produit des gens connus, quoi.
00:14:05Je me dis « Mais quand tu dis oui,
00:14:06comment ça se passe ? »
00:14:08Tu sais, tu dois arriver chez le producteur
00:14:09vers « Salut, ça va ? »
00:14:11Ouais.
00:14:11Euh...
00:14:12Je me mets là ?
00:14:13Ouais.
00:14:15Sur les coudes ?
00:14:16Ah ouais, c'est...
00:14:17C'est technique, hein.
00:14:20Dis-moi juste une petite question.
00:14:21Tu sais, tu m'as dit « Je ferais des grandes salles, tout ça... »
00:14:24Il y a moyen de l'écrire quelque part, ça ?
00:14:27Non, parce que ce serait dommage
00:14:28de le faire pour rien.
00:14:29C'est pour ça...
00:14:32Ah non, mais j'ai confiance en toi.
00:14:33Je sais très bien que tu ne vas pas me...
00:14:37Bah si, ça va être ça, là, en fait.
00:14:38Ça va être ça.
00:14:40Bon, bah, on y va.
00:14:42À la confiance.
00:14:45Et...
00:14:46Ouais, encore cette anecdote.
00:14:48Bon, tout ça pour dire que moi, j'ai dit non, quoi.
00:14:50Parce que je ne voyais pas trop d'intérêt.
00:14:52Et j'ai bien fait,
00:14:53parce que quelques temps après,
00:14:54j'ai décroché mon premier rôle au cinéma.
00:14:57Devinez quel genre de rôle on m'a donné au cinéma.
00:15:00Cambrioleur.
00:15:00Cambrioleur, OK.
00:15:01Non.
00:15:03Serveur, footballeur.
00:15:04OK, je vais arrêter de vous poser des questions.
00:15:07J'ai l'impression de me faire insulter.
00:15:09En fait, j'ai joué dans le film de Danny Boone,
00:15:11Red Dingue,
00:15:12et dedans, je suis stagiaire du Red,
00:15:14donc policier.
00:15:16Voilà, même moi, j'étais surpris.
00:15:17Faites pas genre.
00:15:17Faites pas genre.
00:15:20Et Danny Boone, il m'a pris
00:15:21parce que j'ai fait de la boxe pendant des années
00:15:23et j'avais des scènes de combat dans le film
00:15:25qu'il a fini par couper au montage.
00:15:28Et il ne me l'a pas dit.
00:15:30J'ai emmené mon père à l'avant-première.
00:15:32J'ai dit, après, ça va être moi, là.
00:15:36Il est encore dans la salle, il attend, quoi.
00:15:39C'était une bonne expérience
00:15:40parce qu'on a tourné là où le Red s'entraîne.
00:15:42J'ai rencontré les vrais gars du Red.
00:15:44Et ces mecs, ils sont hyper impressionnants.
00:15:45Ce qui fait qu'un midi,
00:15:46au lieu d'aller manger avec toute l'équipe,
00:15:48j'ai voulu voir si je pouvais réellement être un mec du Red.
00:15:51Alors, je suis allé de l'autre côté de leur bâtiment.
00:15:52J'essayais de faire leur parcours du combattant.
00:15:54Je commençais à sauter des obstacles et tout.
00:15:56À un moment donné, je suis arrivé à deux tunnels en béton
00:15:58qui passaient sous terre.
00:15:59Il y en avait un gros et un petit.
00:16:01Et je me suis dit, je ne suis pas un lâche.
00:16:03Je prends le petit.
00:16:04Je suis rentré dedans.
00:16:05Ça touchait vraiment des deux côtés de mes épaules.
00:16:07J'étais comme ça.
00:16:08Et une fois à l'intérieur, je me suis dit,
00:16:11est-ce que je suis claustrophobe ?
00:16:14Et vraiment, mauvaise idée de se poser la question une fois dedans
00:16:16parce que ce n'est pas étudié pour faire demi-tour.
00:16:19Ça, ils le font à plusieurs.
00:16:20Et ils s'attachent aux pieds.
00:16:21Au cas où, si tu es coincé sous terre,
00:16:23ils puissent te tirer pour te sortir.
00:16:26Et moi, j'étais tout seul.
00:16:28Personne ne savait que j'étais là.
00:16:30Et on était vendredi.
00:16:32Donc, si je ne voulais pas passer le week-end dans le tunnel,
00:16:36il a fallu que je rampe.
00:16:37Ça m'a paru une éternité.
00:16:38Et vraiment, quand je suis ressorti,
00:16:39tu as un gars du Red qui m'a vu.
00:16:41Il m'a regardé et il m'a fait,
00:16:42mais qu'est-ce que tu fais là, toi ?
00:16:43Et je lui ai dit, c'est pour savoir si je peux être un mec du Red.
00:16:45Il m'a dit, ouais, mais ça, c'est le trou du chien.
00:16:53Et j'ai dit, ouais, ouais, je savais.
00:16:57C'est parce que moi, je ne veux plus être chien du Red,
00:16:59en fait, comme je ne suis pas sûr de réussir les écrits.
00:17:03Il me restait cinq jours de tournage.
00:17:05Il ne me respectait plus.
00:17:07Pendant que je jouais, il balançait des bâtons.
00:17:11Et moi, je l'ai ramené, parce qu'on ne sait jamais,
00:17:13tu vois, s'il y a une place qui se libère.
00:17:18Et après ce premier film, je me suis dit,
00:17:20OK, ça peut peut-être enclencher quelque chose
00:17:22et je vais avoir d'autres propositions et tout.
00:17:25Voilà, quoi.
00:17:26Donc, j'ai passé beaucoup de temps chez moi
00:17:30à regarder des vidéos de motivation.
00:17:34C'est la mode des vidéos de motivation sur Instagram.
00:17:36Et là, j'en ai vu une il n'y a pas longtemps.
00:17:38Et le gars, il disait, dans sa vidéo de motivation,
00:17:41il faisait juste,
00:17:42« Hé, lâche rien ! »
00:17:44Et c'est tout.
00:17:48Voilà, c'est moi, j'étais surprise.
00:17:50Je dis, il n'y a que ça, quoi.
00:17:51C'est vraiment...
00:17:52Par curiosité, j'ai tapé le nom du mec sur Google
00:17:54et Google m'a dit, je ne sais pas qui c'est.
00:17:57C'est normalement quelqu'un qui te motive,
00:17:58c'est un champion, un mec qui a réussi,
00:17:59qui te raconte son parcours.
00:18:00Là, aujourd'hui, c'est des anonymes, quoi.
00:18:02Et les gars, pour se donner un statut,
00:18:04ils disent qu'ils sont coachs de vie.
00:18:07Coach de vie,
00:18:08c'est-à-dire tout ce qui concerne la vie,
00:18:10il peut te coacher, quoi.
00:18:10C'est ça qui est bien fait, quoi.
00:18:12Lui, il va te poser des questions,
00:18:14genre, c'est quoi ta morning routine ?
00:18:15Tu sais, il met des mots en anglais
00:18:16pour que ça fasse professionnel.
00:18:18Parce que s'il te dit,
00:18:19« Tu fais quoi le matin ? »
00:18:22Tu n'as pas envie de parler avec lui, en fait.
00:18:24Si tu n'as pas envie d'avoir cette conversation,
00:18:25genre, moi, le matin,
00:18:27je prends ma douche,
00:18:29après, je vais aux toilettes, et tout.
00:18:31Puis lui, il peut te dire,
00:18:32« Non, ce n'est pas ça qu'il faut faire. »
00:18:34« Il faut que tu ailles aux toilettes avant de prendre ta douche. »
00:18:36Et en vrai, c'est vrai, quoi.
00:18:38C'est un bon conseil.
00:18:39En plus, ils ont toujours les mêmes conseils.
00:18:41À chaque fois, ils vont te dire,
00:18:41« Ouais, lève-toi à 5h du mat',
00:18:43prends des douches froides, va courir. »
00:18:44Pourquoi ils veulent qu'on se lève à 5h du mat'?
00:18:46Tu sais, à moins que le gars te dise,
00:18:47« Je veux être boulanger,
00:18:48arrête de dire aux gens
00:18:50de se lever à 5h du mat'.
00:18:51Si le mec, il veut être DJ,
00:18:53il va mourir, le pauvre. »
00:18:54Tu sais, en plus,
00:18:55parce que leur argument,
00:18:55c'est de te dire,
00:18:56« Ouais, mais pendant que tu dors,
00:18:57il y en a qui réussissent. »
00:19:00Mais moi, j'aime bien dormir, en vrai.
00:19:02Je ne peux pas réussir
00:19:03si j'ai mal dormi, en vrai.
00:19:04Je vais être naze.
00:19:05Et comme ils savent
00:19:06qu'ils n'ont pas trop de légitimité,
00:19:09ils vont te sortir des trucs du style,
00:19:10« Tu n'as pas besoin de diplôme pour réussir. »
00:19:12Et je suis assez d'accord avec ça,
00:19:14mais pas dans n'importe quel domaine.
00:19:17Parce que si je dois me faire opérer,
00:19:19je veux un chirurgien
00:19:20qui a un diplôme, en fait.
00:19:21Pas un mec qui va me dire,
00:19:23« T'inquiète. »
00:19:25« Moi, je suis un autodidacte. »
00:19:28« J'ai regardé tout Doctor House deux fois. »
00:19:31« Tourne-toi, je vais t'assommer. »
00:19:32Tu vois ?
00:19:34Je ne peux pas dire ça aux gens.
00:19:35Du coup, ils s'appuient souvent
00:19:36sur des phrases de gens
00:19:37qui ont réussi, justement.
00:19:38Ils vont te citer Michael Jordan.
00:19:39Moi, j'en ai vu un qui avait cité.
00:19:40La phrase, c'était
00:19:41« Si tu abandonnes une fois,
00:19:43ça peut devenir une habitude,
00:19:44donc n'abandonne jamais. »
00:19:47C'est une phrase de psychopathe, en vrai.
00:19:49Ça peut marcher sur un terrain de basket,
00:19:51mais pas dans la vie de tous les jours.
00:19:52C'est sûr, il y a des gars,
00:19:53premier degré,
00:19:53ils vont aller voir des meufs,
00:19:54ils vont leur dire
00:19:55« Tu veux bien sortir avec moi ? »
00:19:56Elle va dire « Non. »
00:19:57Et ils vont faire
00:19:58« Bah, t'abandonneras avant moi. »
00:20:00« Moi, je ne vais pas lâcher l'affaire,
00:20:01donc on va être ensemble. »
00:20:03« Fais-moi de la place chez toi, j'arrive. »
00:20:06Je ne peux pas sortir des phrases
00:20:07toutes faites aux gens.
00:20:12À l'inverse,
00:20:13tu peux avoir des gens
00:20:13qui vont te dire
00:20:14« T'es parfait comme t'es. »
00:20:15« Ne change pour personne. »
00:20:17Tu sais,
00:20:17ils sont dans l'acceptation de soi.
00:20:19« Si tu crois en tes rêves,
00:20:20va jusqu'au bout,
00:20:21même si on te dit
00:20:21que ce n'est pas fait pour toi. »
00:20:22C'est à cause de ça
00:20:23qu'il y a des gens
00:20:23qui voient un incroyable talent
00:20:24et ils puent leur mère, en vrai.
00:20:26Parce que leurs proches...
00:20:28Leurs proches...
00:20:30Leurs proches
00:20:30ont essayé de leur dire
00:20:31« Je crois que ce n'est pas fait pour toi. »
00:20:33Et eux, ils se sont dit
00:20:33« Ouais, c'est des jaloux. »
00:20:35Tu vois ? »
00:20:37Donc, il y a des vidéos de motivation.
00:20:39En ce moment,
00:20:39la mode aussi,
00:20:40c'est les vidéos de témoignages
00:20:41qu'il y a beaucoup
00:20:42sur les réseaux sociaux.
00:20:43J'en ai vu une dernièrement.
00:20:44Je crois que c'était Brut ou Combini.
00:20:46Il y a une nana
00:20:47qui racontait
00:20:47qu'elle se faisait harceler au travail.
00:20:49Et en fait,
00:20:50son patron voulait
00:20:51qu'elle démissionne
00:20:51pour ne pas avoir à la virer.
00:20:53Et elle explique
00:20:53qu'elle se sentait tellement mal
00:20:54qu'elle a pensé à se tuer.
00:20:56Et moi, j'ai fait pause dans la vidéo.
00:20:58Je me suis dit
00:20:58« Bah, non ! »
00:21:00Peut-être que je pense bizarrement.
00:21:01Mais moi, je me suis dit
00:21:02« Bah, non ! »
00:21:02« Pense à le tuer. »
00:21:03« C'est lui, le problème dans l'histoire. »
00:21:06« Non, je ne sais pas. »
00:21:07« Ça me paraît plus logique. »
00:21:08« Il te met la misère. »
00:21:10« Tue-le, en vrai ! »
00:21:11« Non ! »
00:21:11« Toi, tu es gentil dans l'histoire. »
00:21:14« Non, je ne vous ai pas encore avec moi. »
00:21:15« Alors, je sais parce que... »
00:21:17« Attendez. »
00:21:18« Je sais que là,
00:21:19il y en a dans la salle,
00:21:20peut-être,
00:21:20ils se sont dit
00:21:20« Allez, je vais voir un spectacle ce soir
00:21:22pour me changer les idées
00:21:22parce que je me fais harceler au boulot
00:21:23et moi, j'en parle. »
00:21:25« Écoutez, voilà. »
00:21:26« Si vous vous faites harceler au boulot,
00:21:27mon conseil, personnellement,
00:21:29c'est tuer votre patron, en vrai. »
00:21:32« Parce que quand il y aura une vague de patrons
00:21:33qui seront fait niquer leur maire
00:21:34par leurs employés,
00:21:35ça va changer le rapport de force. »
00:21:38« Hein ? »
00:21:38« Parce qu'après... »
00:21:44« Quand tu vas arriver le lundi au boulot,
00:21:46il n'aura pas le même ton.
00:21:47Il va te dire
00:21:47« Vous avez passé un beau week-end ? »
00:21:50« Fatigué ? »
00:21:50« Je vous amène un café. »
00:21:51« Bougez pas. »
00:21:53« Je suis énervé par trop de trucs.
00:21:54Les vidéos sur Internet,
00:21:55ça m'énerve. »
00:21:56« Même des détails. »
00:21:57« Des fois, il y a... »
00:21:58« Là, il n'y a pas longtemps,
00:21:58je suis au resto. »
00:21:59« Il y a une nana à côté de moi. »
00:22:00« Elle est en couple avec un mec. »
00:22:01« Je ne sais pas. »
00:22:02« Et il allait commencer à manger. »
00:22:04« Elle lui dit
00:22:04« Attends, attends !
00:22:05Il faut que je prenne une photo du plat. »
00:22:07« Et ça m'a attendu un peu, tu vois ? »
00:22:10« Et je sais que ce n'est pas normal
00:22:12d'être énervé pour ça. »
00:22:13« Tu vois, il y a une partie de mon cerveau
00:22:14qui dit
00:22:14« Ouais, vas-y, elle fait mal à personne. »
00:22:15« Elle prend une photo son plat. »
00:22:16« Qu'est-ce qu'on en a à foutre ? »
00:22:18« Mais il y a une partie de moi qui dit
00:22:19« Mais à quoi ça sert
00:22:20que tu prennes en photo
00:22:21ta tartine d'avocat, Martine ? »
00:22:23« Parce que tu vas la foutre sur Instagram
00:22:25qui va faire tourner des serveurs
00:22:27parce que la photo,
00:22:28elle va rester pendant des années
00:22:29alors que les gens vont l'avoir vue
00:22:30une demi-seconde. »
00:22:31« Et les serveurs,
00:22:31ils vont tourner H24
00:22:324-7 jours sur 7,
00:22:33ils vont faire réchauffer le climat
00:22:34et à cause de ça,
00:22:35il n'y aura plus d'avocat
00:22:36pour tes tartines d'avocat, Martine. »
00:22:39« Et pourquoi elle fait ça, Martine ? »
00:22:40« Parce qu'elle se fait harceler au boulot. »
00:22:41« C'est ça, son vrai problème. »
00:22:43« Et comme elle se fait harceler au boulot,
00:22:44elle prend en photo des tartines d'avocat,
00:22:46elle les met sur les réseaux
00:22:47pour que les gens disent
00:22:47« Ah, ça a l'air trop bon,
00:22:48ça donne trop envie. »
00:22:49« Parce qu'elle veut créer de l'envie, Martine. »
00:22:51« C'est ça, son problème. »
00:22:52« Pour que les gens,
00:22:53elles lui disaient
00:22:53ou est-ce que tu l'as eue ? »
00:22:54« Puis après, elle va dire
00:22:55« Ah, bah, je ne sais pas si je te dis. »
00:22:56« Comme ça,
00:22:56elle récupère un petit peu de pouvoir, Martine. »
00:23:00Et là,
00:23:03et là, les gens, ils insistent.
00:23:05Ils disent « S'il te plaît,
00:23:06allez, donne-moi l'adresse. »
00:23:07Elle dit « Bon, d'accord,
00:23:08je te donne l'adresse.
00:23:08Je l'ai eue à tel endroit. »
00:23:09Et les gens disent
00:23:09« Ah, t'es trop sympa, Martine. »
00:23:11Sauf que Martine,
00:23:11elle n'est pas sympa.
00:23:12Martine, c'est une pute.
00:23:13C'est ça, le vrai problème.
00:23:14Parce que si elle avait des couilles, Martine,
00:23:16elle tuerait son patron
00:23:17et on te prend des tartines d'avocat en photo.
00:23:19C'est ça, le vrai truc.
00:23:21Je suis énervé pour des trucs bidons, des fois.
00:23:24Je passe trop de temps chez moi.
00:23:26Je regarde des vidéos comme ça.
00:23:27Et quand tu regardes des vidéos,
00:23:28forcément, il y a des pubs.
00:23:29Du coup, je commande des trucs sur Internet.
00:23:31Et je me fais livrer
00:23:32par des livreurs qui m'énervent aussi.
00:23:34Tu sais, parce que
00:23:34ça commence toujours de la même façon.
00:23:36Tu reçois un texto sur ton portable
00:23:37qui dit « Votre livreur à votre colis,
00:23:39il vous sera livré entre 8h et 20h. »
00:23:42Bah, mais t'es mardi, en vrai.
00:23:43C'est pareil, tu vois.
00:23:45Et toi, tu restes chez toi
00:23:47et j'ai reçu un appel.
00:23:48L'appel, c'était
00:23:49« Ouais, c'est votre livreur.
00:23:51Vous êtes où ? »
00:23:53Il m'a mis un coup de pression,
00:23:54tu vois,
00:23:55tranquillement.
00:23:56Et tu sais, j'avais peur de mal répondre.
00:23:58C'est pas normal.
00:23:59Je lui dis « Bah, je suis chez moi. »
00:24:00Il me dit « Ah, voilà, c'est bien. »
00:24:04« Maintenant, descends. »
00:24:08Tu sais, moi, ça m'a un peu piqué,
00:24:09ce qui fait que je lui ai dit
00:24:10« Bah, non, en fait. »
00:24:12Moi, j'ai mis d'autres informations
00:24:13dans ma commande.
00:24:13J'ai mis le code de la porte en bas,
00:24:15l'étage, ma porte.
00:24:16C'est pour que t'arrives jusqu'à moi, en fait.
00:24:19Et un bon argument,
00:24:20c'est qu'il avait déjà raccroché.
00:24:21Donc,
00:24:23ça m'a saoulé
00:24:24parce qu'en fait,
00:24:25tu peux pas gagner contre les livreurs.
00:24:27Tu sais, tu peux t'énerver.
00:24:28Tu peux dire « Ah ouais, bah, je descends pas.
00:24:29Je descends pas, mon pote. »
00:24:32Et t'as pas ton colis, en fait.
00:24:33C'est aussi simple.
00:24:34C'est aussi simple que ça.
00:24:35T'as pas de levier, ok ?
00:24:36Du coup, je suis descendu
00:24:39et au bout de cinq minutes, dix minutes,
00:24:41il était pas là.
00:24:42Ce qui fait que je l'appelle,
00:24:43je dis « Excusez-moi, vous êtes où ? »
00:24:45Il me dit « Ah, moi, je suis passé,
00:24:46vous étiez pas là, je suis parti. »
00:24:47Je dis « Mais vous m'avez appelé,
00:24:48je suis descendu aussitôt. »
00:24:49Il m'a dit « Ouais, mais moi,
00:24:50j'ai pas que ça à faire. »
00:24:53Comment expliquer à un livreur
00:24:54que c'est ça qu'il a à faire, en fait ?
00:24:57C'est dans le titre du métier,
00:24:59y a même pas de piège, tu vois ?
00:25:00Et je me dis « Mais qu'est-ce qu'ils font
00:25:01des informations qu'on leur donne ?
00:25:02Le code de la porte, l'étage, etc. »
00:25:04Et je pense qu'ils les revendent
00:25:06aux témoins de Jéhovah.
00:25:09C'est les seuls, ils arrivent à ma porte,
00:25:10j'aurais jamais donné le code.
00:25:11Comment ça se fait ?
00:25:13Tu sais, en plus, à chaque fois,
00:25:14je me fais avoir,
00:25:15j'entends toquer,
00:25:16je dis « J'arrive ! »
00:25:17Et je vais à la porte,
00:25:18je regarde dans l'œillet,
00:25:19je vois que c'est des témoins de Jéhovah.
00:25:21Et je sais pas pourquoi,
00:25:22j'ai ce réflexe.
00:25:23Peut-être que vous avez le même ?
00:25:24Je bouge plus.
00:25:28Je me dis « Si je fais plus de bruit,
00:25:30ils vont partir, tu vois ? »
00:25:31Alors qu'il m'a entendu crier « J'arrive, hein ? »
00:25:34Il y a de la musique chez moi et tout, hein ?
00:25:37Mais moi, je me dis,
00:25:39c'est un jeu de patience,
00:25:41il va perdre, tu vois ?
00:25:43Sauf qu'ils sont deux, quoi,
00:25:44ils peuvent se relayer et tout, tu vois ?
00:25:47C'est un enfer.
00:25:48En plus, une fois,
00:25:48j'étais mal à l'aise,
00:25:49parce que j'ai pas ouvert, quoi.
00:25:53Puis après, j'ai oublié.
00:25:55Je sais pas s'ils étaient chez la boîte.
00:25:56Et après, je suis sortier,
00:25:57ils étaient là, quoi.
00:26:00T'as l'air con, tu sais.
00:26:01Tu sais, ils te regardent, genre,
00:26:02« Bah, on a toqué, euh... »
00:26:04Et je fais « Hum, hum, hum, hum... »
00:26:05Et...
00:26:07J'ai dit « Bah, j'avais rien d'autre à faire,
00:26:08qu'est-ce que tu veux que je fasse ? »
00:26:13J'ai joué le muet alors que je suis censé être sourd,
00:26:15ça n'a aucun putain de sens.
00:26:17En vrai, tu sais,
00:26:18moi, je serais à la place de Jéhovah,
00:26:19je monterais « Jéhovah Livraison ».
00:26:23Eh oui, parce que...
00:26:25Jamais ils vont te dire « Descends ».
00:26:26Ils rêvent de rentrer chez toi.
00:26:29Donc, t'auras ton colis à ta porte,
00:26:30en temps et en heure.
00:26:31Après, ils te donneront une Bible.
00:26:32Mais voilà, tu l'auras, tu vois.
00:26:34Je trouve ça intéressant.
00:26:37Bon, là, l'Ivoire, il m'avait appelé,
00:26:38il était passé...
00:26:40Et encore, il se trouvait sympa
00:26:41parce qu'il m'avait appelé, quoi.
00:26:42Il y a pire que cela.
00:26:43Il y a ceux qui disent
00:26:44« Je vais passer entre 8h et 20h. »
00:26:46Tu passes la journée chez toi.
00:26:47À un moment donné, tu te rends compte
00:26:48il est 20h30, personne n'est venu.
00:26:50T'appelles le SAV,
00:26:51mais le SAV, il ferme à 20h,
00:26:52parce qu'ils sont pas cons.
00:26:53Du coup, tu les rappelles le lendemain,
00:26:55tu te dis « Ouais, j'attendais un colis,
00:26:56et il est pas venu. »
00:26:57Et le gars te dit « Si, si, il est passé. »
00:27:02J'essaie de rester calme
00:27:03parce que c'est pas sa faute à lui, tu vois.
00:27:05Mais j'étais obligé de lui dire
00:27:06« Écoute-moi, j'ai passé la journée chez moi.
00:27:09J'ai même chié la porte ouverte,
00:27:10pour être sûr que personne talk sans que je le sache.
00:27:14Donc, me dis pas qu'il est passé. »
00:27:15Il me dit « Ouais, mais moi,
00:27:16c'est ce qui est écrit sur mon truc. »
00:27:18Du coup, tu vas voir dans ta boîte aux lettres
00:27:19et il y a un avis de passage.
00:27:21Et voilà, après, tu vas à la poste
00:27:23et t'insultes tout colissimo, quoi.
00:27:25C'est vraiment ça, ma vie, quoi.
00:27:27Ouais, je passe du temps chez moi,
00:27:28je passe du temps sur les réseaux
00:27:29à regarder des vidéos
00:27:30et je sais que ça influence ma manière de penser
00:27:32parce que je suis un mec qui s'énerve facilement,
00:27:34mais en vrai, je suis un mec gentil, OK ?
00:27:36Je suis un mec même trop gentil.
00:27:37Moi, quand j'emmène une fille prendre un verre
00:27:38au moment de l'addition,
00:27:39j'adorais faire « Non, laisse, c'est pour moi. »
00:27:42Une fois, il y en a une, elle m'a dit
00:27:43« Parce que tu crois que j'allais payer ? »
00:27:46C'est hyper frustrant.
00:27:47N'importe quelle fille, c'est ce qu'il faut faire.
00:27:49Normalement, vous sortez votre sac
00:27:50et vous faites « Ah, il y a un de ces fouillis là-dedans. »
00:27:54Juste pour qu'on ait le temps de dire « Laisse, c'est bon, je paye. »
00:27:56C'est pour ça que vous avez des sacs qui mensent.
00:27:58Quand ça ne vient pas, vous êtes en galère.
00:27:59Vous nous regardez et vous faites « Mais... »
00:28:05Il n'a pas compris ou quoi ?
00:28:08Il y a un fouillis là-dedans ?
00:28:11« Non, merde. Je sors mes clés. Tu t'en fous, ok ? »
00:28:17« Je sors les capotes. Et là, on paye. »
00:28:19« Parce que... »
00:28:20« Ah, elle n'est pas complètement con. »
00:28:23« Merci beaucoup. »
00:28:30« Non, j'ai essayé... »
00:28:31« Quand je suis arrivé sur Paris, j'étais célibataire un bon bout de temps. »
00:28:34Au début, j'ai essayé de rencontrer des filles normalement.
00:28:37Je me rappelle une fois, j'étais dans le métro
00:28:38et il y a une nana qui s'est assis en face de moi.
00:28:41Et vraiment, je l'ai trouvée super belle.
00:28:42Mais vraiment jolie, tu vois, pas bonne, jolie.
00:28:44Et j'avais envie de lui parler, mais je me suis...
00:28:46Tu peux vite être lourd, tu ne sais pas si elle est casée, etc.
00:28:49Je n'aime pas les phrases bidons, tu vois.
00:28:51Donc...
00:28:51Ce que j'ai trouvé comme idée, c'est que j'ai écrit sur mon portable.
00:28:53« Je m'appelle Hakim Omiri. »
00:28:55« Si jamais un jour, tu veux juste discuter, tu vas me trouver sur les réseaux. »
00:28:59Et je lui ai tendu mon portable.
00:29:00Et au début, elle n'a pas compris. Elle croyait que je voulais y donner mon portable.
00:29:04Et moi, je me suis dit « Bah non, elle est quand même pas tombée. »
00:29:08« Il faut lire, là. »
00:29:09Elle m'a dit « Ah, pardon. »
00:29:11Elle a lu et elle est devenue toute rouge.
00:29:13Et moi, je ne voulais pas la mettre mal à l'aise.
00:29:14Je lui dis « Non, mais tu lis et après tu fais ce que tu veux.
00:29:16Je n'attends pas de réponse tout de suite, juste tu fais comme tu veux. »
00:29:19Et elle me dit « Ah, ok. »
00:29:20Elle prend le temps de relire, parce que c'était plutôt bon signe, tu vois.
00:29:22Elle prend le temps de relire, elle me donne mon portable et je suis descendu là.
00:29:25C'était pas ma station.
00:29:28Mais je voulais pas le moment gênant d'après où on se regarde.
00:29:40Je voulais pas ça, je voulais pas ça.
00:29:42Donc je suis descendu.
00:29:44Je suis descendu.
00:29:45Et franchement, c'est une belle histoire parce que le 1er octobre là,
00:29:49ça fera huit ans que j'ai pas de nouvelles.
00:30:00Du coup, waouh, t'es vraiment en dehors des temps là.
00:30:03C'est vraiment très bizarre.
00:30:07C'est trop bizarre de faire ça.
00:30:10Pas au moment des rires quoi, vraiment.
00:30:13Peut-être des tocs.
00:30:15Bon, comme tout le monde, j'ai essayé les sites de rencontres.
00:30:19Je discute avec une fille, ça se passe plutôt bien.
00:30:21Je l'invite au resto, je lui dis où est-ce que tu veux aller comme resto.
00:30:23Elle me dit j'aimerais bien essayer un resto de fruits de mer.
00:30:26Je dis vas-y, go.
00:30:27On y va, je l'emmène.
00:30:28Après le resto, on va chez moi.
00:30:29J'habitais dans un petit studio au départ.
00:30:31On arrive chez moi et chez moi j'avais un canapé-lit.
00:30:34Et l'ambiance se passait plutôt bien parce qu'il était en mode lit.
00:30:38Donc franchement, c'était cool.
00:30:40Il y avait la musique d'ambiance, on discutait, ça se passait grave bien.
00:30:44Et au bout d'un moment, j'ai mal au ventre.
00:30:47Mais j'ai mal au ventre, genre...
00:30:49J'ai mal au ventre quoi.
00:30:51C'est arrivé d'un coup.
00:30:51Comme si j'avais pris un coup de batte d'un mec qui me faisait
00:30:54Tu me rends mon oseille !
00:30:55Tu vois ?
00:30:55J'ai pris un coup dans le bide, d'un coup.
00:30:59Et...
00:30:59C'était plus possible d'être séduisant.
00:31:02C'était un...
00:31:02A chaque fois qu'il me parlait, c'était un...
00:31:04Qu'un...
00:31:06J'ai...
00:31:07Je pouvais plus faire de phrases.
00:31:08C'était un...
00:31:09Un enfer.
00:31:10Et...
00:31:11Et je me dis, vas-y, si ça doit devenir sérieux entre elle et moi,
00:31:14à un moment donné, elle me verra aller aux toilettes.
00:31:16Donc vas-y, tant pis si c'est le premier soir...
00:31:19Go quoi !
00:31:19Tu vois ?
00:31:20Donc je décide d'aller aux toilettes.
00:31:23Et je monte le son pour que...
00:31:25Couvrir les traces quoi.
00:31:26Et...
00:31:27Je rentre dans les toilettes, je ferme la porte.
00:31:29A partir de là, on est d'accord qu'il y a un chrono qui s'enclenche.
00:31:32Ce qu'il faut faire vite quoi.
00:31:34Faut qu'elle ait le doute que j'ai peut-être juste pissé.
00:31:36Tu vois ?
00:31:37Donc j'avais la pression.
00:31:39Et en...
00:31:39Dans tous les sens du terme, en vrai, parce que...
00:31:43Parce que...
00:31:43T'as envie d'aller vite.
00:31:45Mais t'as pas envie de faire de bruit quoi.
00:31:46C'est ça qui est...
00:31:48Terrible.
00:31:49Et j'essaie...
00:31:49Et je me suis dit, si je...
00:31:50Si je le fais en rythme sur les basses, ça peut passer, tu vois.
00:31:55Mais je lui ai mis de la musique douce dans le salon.
00:31:58Y'avait pas de basses.
00:31:59Du coup...
00:32:00Du coup...
00:32:01Avec mon portable, je lui ai mis du rock.
00:32:04Je lui ai mis du...
00:32:05Elle a changé d'ambiance d'un coup.
00:32:06Elle a dû se demander ce qu'il se passait.
00:32:07Je lui ai mis du rock.
00:32:08J'ai pu faire vite, tu vois.
00:32:10Bon après, j'ai fait une erreur des débutants.
00:32:11J'ai tiré deux fois la chasse.
00:32:13Mais...
00:32:14J'ai pu faire vite.
00:32:15Ok ?
00:32:16J'ai fait vite.
00:32:16Je suis revenu dans la pièce.
00:32:18Et tu sais, je suis revenu vraiment comme si Dorian était genre...
00:32:21Alors, on a été où ?
00:32:23Le problème, c'est que tu sais, elle faisait à moitié la gueule.
00:32:26Parce que, en fait, l'ambiance des toilettes a été venue avec moi.
00:32:31Elle est vraiment rentrée dans la pièce genre...
00:32:33Eh, vous faites quoi ?
00:32:35Vous allez au ken ou pas ?
00:32:36Tu vois, si j'étais...
00:32:37Et je peux faire semblant pendant une minute de...
00:32:39Ouais, je vois pas de quoi tu parles.
00:32:40Ok ? Ça...
00:32:41Ça...
00:32:42Ça peut marcher.
00:32:43Tu sais, j'ai ouvert mon frigo.
00:32:44J'ai dit, ah putain, le camembert, c'est relou et tout.
00:32:47Ok.
00:32:48Mais au bout de dix minutes...
00:32:51C'est pas normal que ça sente plus fort.
00:32:53Je suis dé...
00:32:54Ça n'arrive jamais, quoi.
00:32:55L'ambiance, elle était crescendo.
00:32:56Je comprenais pas et tout.
00:32:57Tu sais, j'ai ouvert quatre fois le frigo.
00:32:59J'avais plus d'excuses.
00:33:00C'était un enfer.
00:33:01Ce qui fait que j'étais mal à l'aise.
00:33:03Elle me dit, ah bah, je crois que je vais y aller.
00:33:04Je dis, ouais, je comprends.
00:33:06Et puis, je voulais pas lui demander, ah bon, pourquoi ?
00:33:08Parce que j'avais pas envie d'avoir cette discussion.
00:33:10Elle est partie.
00:33:12Je suis allé prendre une douche.
00:33:13J'allais me coucher.
00:33:15Quand j'ai levé mon drap,
00:33:16elle avait chié dans mon lit.
00:33:20C'est une info qui demande du temps.
00:33:21C'est une info qui demande du temps.
00:33:23Les fruits de mer nous avaient fait mal à tous les deux, apparemment.
00:33:27Et elle avait...
00:33:29Ouais, j'ai bloqué, hein, comme ça.
00:33:33Longtemps, hein, je suis resté là.
00:33:35C'était pas moi depuis le départ.
00:33:39Et j'ai...
00:33:41Tu sais, j'y ai pensé.
00:33:42J'y pense encore de temps en temps, tu vois.
00:33:45Tu me dis, mais qu'est-ce qui s'est passé dans sa tête, quoi ?
00:33:47Je me dis, bah...
00:33:48Peut-être qu'elle a eu mal au ventre d'un coup comme moi.
00:33:51Y'avait qu'un seul toilette.
00:33:53Je lui ai mis du rock.
00:33:55Elle a mal interprété le message.
00:33:57Je sais pas, tu vois.
00:33:59Ce qui est sûr, c'est qu'il y a un combat qui a eu lieu dans sa tête.
00:34:01En mode, est-ce que j'ai vraiment envie de le revoir ?
00:34:04Et j'ai perdu, quoi.
00:34:05C'est ça qui s'est...
00:34:06Qui s'est passé.
00:34:08Et moi, je bloquais devant ce truc-là.
00:34:11Et je refaisais la soirée dans ma tête.
00:34:13Tu sais, mais qu'est-ce que j'ai dit pour...
00:34:16C'est parce que...
00:34:17Allez, admettons.
00:34:18Ok, admettons.
00:34:19Elle a mal au ventre.
00:34:20Y'a une urgence et tout.
00:34:21Mais c'est quand même pas la meilleure option.
00:34:23Je veux dire...
00:34:24Non, mais...
00:34:25Une poubelle.
00:34:26Genre, en vrai, y'a une poubelle.
00:34:28Tu sais, une poubelle qui pue, ça peut se camoufler, tu vois.
00:34:31Mais là, elle devait forcément se dire qu'à un moment donné,
00:34:33j'allais aller me coucher, non ?
00:34:36Ou alors à miser sur le fait que...
00:34:38Peut-être que je suis un mec qui chie régulièrement dans son lit.
00:34:41Et...
00:34:42Et...
00:34:42Je suis en train de vous perdre, mais...
00:34:45C'est pour moi que c'était dur, d'accord ?
00:34:48Et elle me visait sur le fait que j'allais ouvrir la couette
00:34:50et me dire peut-être que ce matin j'ai chié dans mon lit et je m'en rappelle pas,
00:34:53quoi.
00:34:56Voilà.
00:34:56Tout ça pour vous dire qu'on s'est pas revus.
00:35:00Euh...
00:35:00Je l'ai pas...
00:35:00Je vais pas demander pourquoi elle avait fait ça.
00:35:03On s'est évité cette conversation.
00:35:05Après ce moment difficile, j'ai décidé de rentrer un peu au Havre.
00:35:08Je rentrais régulièrement au Havre voir ma famille et...
00:35:12Et je me rappelle, ce jour-là, je suis dans le train et ma mère me dit quand t'arrives
00:35:15à la gare...
00:35:16Y'a bagarre ?
00:35:19Elle m'a dit quand t'arrives à la...
00:35:20Quand t'arrives à la gare du Havre, tu m'appelles et je viens te chercher.
00:35:23Je dis ok, pas de soucis.
00:35:25J'arrive à la gare, j'ai plus de batterie sur mon téléphone.
00:35:27Ce qui fait que j'ai dû demander à des gens dans la rue...
00:35:30Excusez-moi, vous avez pas un portable ?
00:35:33Voilà.
00:35:33Je sais quelle tête j'ai.
00:35:34Ok ?
00:35:35Donc y'a des gens qui ont osé me dire...
00:35:37J'ai pas de portable.
00:35:40Qui ici n'a pas de portable ?
00:35:43Voilà.
00:35:44Donc...
00:35:45Ça voulait clairement dire, je pense que t'es un voleur, tu vois ?
00:35:47Et en plus, c'est quand on te dit ça, tu sais qu'on te ment.
00:35:50Mais tu peux pas t'énerver.
00:35:51Tu sais, tu peux pas dire, ouais, c'est ça, t'as pas de portable.
00:35:53Parce que les gens vont se dire, ben j'ai bien fait, j'avais pas de portable, tu vois ?
00:35:56Donc moi, je répondais premier degré à leurs mensonges.
00:35:59Genre je disais, ah ouais, vous avez pas de portable ?
00:36:01Ah c'est dommage, parce que c'est pratique, hein.
00:36:04J'essaie de leur vendre le portable, voilà quand même.
00:36:06Y'a un gars qui a fini par me dire, j'ai un portable, je veux bien te le prêter.
00:36:10Par contre, je te tiens par la manche.
00:36:13C'est violent comme phrase.
00:36:15C'est-à-dire qu'il m'a dit dans les yeux, t'es peut-être un voleur, mais si
00:36:17je te tiens,
00:36:19tranquille, tu vois ?
00:36:20Et moi j'avais besoin d'appeler, du coup je lui ai dit, d'accord.
00:36:24Donc j'étais dans la rue avec un mec qui me tenait par la manche.
00:36:28J'avais l'impression qu'on était un couple gay qui s'est embrouillé, tu vois ?
00:36:31Genre je voulais plus lui donner la main et lui me disait, non, pars pas.
00:36:35Et donc il me tient et il me donne son portable.
00:36:38Et c'est au moment où j'ai son portable dans les mains
00:36:40que je réalise que je connais pas le nouveau numéro de ma mère.
00:36:43Elle me l'a donné, je l'ai enregistré et je l'ai pas appris parce que je fais plus
00:36:47ça.
00:36:48Et je peux pas lui rendre son portable à ce moment-là.
00:36:51Parce que ça fait trop genre, bah, vu que tu me tiens, je peux pas courir.
00:36:55Tu m'as piégé, tu vois ?
00:36:57Je suis obligé d'appeler quelqu'un à ce moment-là.
00:36:58Il me l'a donné en mode répertoire et je sais pas, j'ai tapé maman.
00:37:04Et je me suis dit, ah bah, c'est bon, il a le numéro.
00:37:07Parce que je suis con, c'est ça qu'il faut retenir.
00:37:10Je suis complètement con.
00:37:11Moi, j'ai fait maman, je l'ai vu, j'ai appelé.
00:37:13Mais je suis désolé, mais pour moi, maman, ça devrait être un numéro générique.
00:37:17Non, mais ça devrait être un numéro qu'on appelle et après, eux, ils te redispatch vers la maman la
00:37:21plus proche.
00:37:23Et tu leur dis, je suis à la gare et ils t'envoient une maman, je sais pas, un...
00:37:28Mais bref, là, j'appelle, je suis au téléphone, le gars, il me tient, il me regarde droit dans les
00:37:33yeux
00:37:33et quand j'entends, allo, je réalise que c'est pas ma mère.
00:37:37Et sais, j'ai un moment de panique et je peux pas lui faire, c'est pour toi, c'est
00:37:40trop bizarre.
00:37:42Du coup, je joue mon rôle, je dis, allo, maman ? Elle me dit, oui.
00:37:45Je dis, ah, cool.
00:37:48Et je dis, ouais, je suis à la gare.
00:37:50Elle me dit, qu'est-ce que tu fous à la gare ?
00:37:52Je dis, ah, bah, euh, j'aurais besoin que tu viennes me chercher.
00:37:55Elle me dit, ah, tu casses les couilles, tu préviens au dernier moment.
00:37:57Elle est grave malpoli sa mère, il faut le savoir.
00:38:00J'étais...
00:38:01J'étais mal à l'aise, tu vois.
00:38:03Et je lui dis, ah, non, je suis désolé, je te préviens tard,
00:38:05c'est parce que j'ai plus de batterie sur mon téléphone.
00:38:11Y'en a qui sont plus rapides que d'autres.
00:38:17Et elle me dit, mais tu m'as pas allé avec ton téléphone, là ?
00:38:20Et je dis, ouais, ouais, ouais, effectivement, mais viens quand même.
00:38:24Et elle me dit, bon, donne-moi 15 minutes, j'arrive.
00:38:27Et je lui dis, d'accord, une fois que t'arrives à la gare,
00:38:29cherche un mec habillé en noir.
00:38:31Et elle me dit, mais je sais à quoi tu ressembles.
00:38:34Et je dis, ah, elle cherche quand même un mec en noir dans le doute et tout.
00:38:39Et j'ai raccroché, j'ai rendu le portable.
00:38:41Et 15 minutes après, c'est ma mère qui est arrivée.
00:38:45Et tu sais, je l'ai vu débarquer.
00:38:46Je dis, ah ouais, numéro générique de fou, en fait, c'est incroyable.
00:38:50Et je lui dis, qu'est-ce que tu fais là ?
00:38:51Elle me dit, bah, j'essaie de t'appeler, c'est répondeur direct.
00:38:53Du coup, j'ai regardé les horaires de train.
00:38:56Elle est pas conne, ma mère, en vrai.
00:38:57C'est ça que je suis en train de vous dire.
00:39:03Ouais, et du coup, je commence à charger mes affaires dans le coffre de ma mère.
00:39:07J'ai vu une voiture qui passait,
00:39:09avec une meuf qui disait, ah, il casse les couilles, lui, et tout.
00:39:12Et je lui dis à ma mère, roule, roule, roule.
00:39:14Elle me dit, pourquoi ?
00:39:15Je dis, parce que je suis habillée en noir.
00:39:17Elle a pas compris, mais...
00:39:19Ce qui est marrant dans cette anecdote,
00:39:21c'est que ça arrivait il y a environ trois ans.
00:39:24Et je connais toujours pas le numéro de ma mère.
00:39:26Je retiens aucune leçon de ce qui m'arrive.
00:39:28C'est ça qui est intéressant.
00:39:30Mais bon, je rentre pour voir ma mère régulièrement.
00:39:32Mon père, je le vois peu aussi.
00:39:34Ce qui fait qu'il y a quelques temps, je lui ai dit, écoute, on se voit jamais.
00:39:37Viens, on passe un peu de temps ensemble.
00:39:38Viens, on passe une journée tous les deux.
00:39:40Je dis, propose-moi une activité, on la fait ensemble.
00:39:42Il me dit, ah, cool.
00:39:43Il me dit, bah, viens, on va à une brocante.
00:39:47Et je me suis dit, ah, j'aurais dû préciser fun, un truc dans le jour.
00:39:50C'était trop large, ce que j'ai proposé, tu vois.
00:39:53Parce que jamais j'ai dit, j'aimais bien les brocantes, moi.
00:39:55Et je lui dis, bon, vas-y, bah, si ça te fait plaisir, ok, on ira à une brocante.
00:39:58Et la veille, il m'appelle, il me dit, ah, tu voudrais pas venir dormir à la maison,
00:40:01comme on va se lever tôt.
00:40:02Et je dis, bah, ça, on va pas se lever si tôt que ça.
00:40:04Il me dit, bah, quand même, 4h du mat'.
00:40:08Et là, j'ai réalisé un truc.
00:40:10C'est qu'il me proposait pas d'aller à une brocante.
00:40:12Lui, il me proposait de faire un déménagement à 4h du matin,
00:40:15de poser deux très tôt sur un parking,
00:40:17pour essayer de vendre des trucs qu'on aurait dû jeter.
00:40:19C'est ça qu'il m'a proposé.
00:40:21Et je l'ai fait, quoi.
00:40:23On a chargé sa voiture, on est allé sur le parking,
00:40:26on commence à décharger.
00:40:27Et quand je décharge, il y a un mec qui est monté dans notre voiture
00:40:29avec une lente torche, il regarde comme ça.
00:40:31Et je me dis, waouh, c'est les flics, qu'est-ce qu'il se passe, et tout.
00:40:33Et je dis au gars, je dis, ouais, qu'est-ce qu'il se passe ?
00:40:35Il me dit, vous avez des horloges ?
00:40:38Et je dis, c'est un nom de code, c'est quoi ?
00:40:41C'est une drogue, qu'est-ce qu'il me raconte, lui ?
00:40:44Je lui dis, comment ça, des horloges ?
00:40:45Je lui dis, je peux voir votre carte ?
00:40:46Et il me sort sa carte, et c'est un antiquaire.
00:40:48Et je lui dis, mais qu'est-ce que tu fais là, toi ?
00:40:50Descends de ma voiture ?
00:40:51Il me dit, non, mais je cherche des horloges, je cherche des horloges.
00:40:53On aurait dit un mec sous crack, mais qu'il voulait des horloges.
00:40:56C'était trop bizarre.
00:40:57Et je dis, mais j'ai pas d'horloges, barre-toi de là, toi.
00:40:59Et ça, ça a donné le ton de la journée.
00:41:02Je savais, j'ai passé une journée trop bizarre.
00:41:05Je connaissais pas les brocantes.
00:41:06J'ai installé mon stand.
00:41:08Et tu sais, normal, moi, je regarde les gens à côté de moi qui montent leur stand.
00:41:12Il y a un gars, il avait monté sa vaisselle en porcelaine.
00:41:15Et à côté, il avait posé un balai à chiottes.
00:41:18Son balai à chiottes, il l'avait posé à côté de la vaisselle.
00:41:22Et je le regarde.
00:41:24Et il me dit, non, mais il est propre.
00:41:26C'est des traces d'usure, ça n'a rien à voir.
00:41:29Et je me disais, mais il est chelou ce mec, tu vois.
00:41:31Et il disait aux gens qui regardaient son stand,
00:41:33non, mais c'est parce que comme c'est de la porcelaine, ça va ensemble.
00:41:37Comme si les gens allaient dire, ah bah c'est bien la bouffe,
00:41:39elle retrouve de la porcelaine à la sortie.
00:41:41C'est vraiment, c'est trop bizarre de penser comme ça.
00:41:43Et il vendait son balai à chiottes un euro.
00:41:46Et je lui ai dit, c'est marrant, c'est le prix de votre dignité.
00:41:49Et il a pas compris la vanne, heureusement,
00:41:51parce que j'avais quand même passé la journée à côté de lui, quoi.
00:41:54Et j'ai eu que des clients bizarres.
00:41:56Au début, tu sais, il y a des gens, ils viennent me voir,
00:41:58ils me disent, ouais, c'est combien ce truc-là ?
00:41:59Et je dis 5 euros et ils me disent, ah, 50 centimes.
00:42:05Je dis, bah c'est pas le prix que je viens de vous donner.
00:42:07Il me dit, bah on peut négocier.
00:42:10Bah oui, mais pour négocier, il faut amener des arguments, en fait.
00:42:12Si je t'en prends deux, est-ce que vous me faites un prix ?
00:42:14Ça, c'est négocier.
00:42:15Mais si je te dis 5 euros et que tu me dites 50 centimes,
00:42:18c'est que t'en as rien à foutre du prix que je t'ai annoncé.
00:42:20Et tu dis le prix que tu veux.
00:42:21Il me dit, ouais, c'est ça.
00:42:24Je dis, je vais rien vous vendre.
00:42:32Il y a un gars, il regardait ce qu'on vendait.
00:42:34Au bout d'un moment, il regarde une raquette de tennis.
00:42:36Il la tourne de tous les côtés.
00:42:38Au bout d'un moment, il me fait, ah, il y a une éraflure, là.
00:42:42Comme s'il avait résolu une enquête, tu vois.
00:42:45Il me dit, bah ouais, il y a une éraflure, je m'en suis servi, quoi.
00:42:47Il me dit, ah, je l'ai vu.
00:42:50Ouais, donc c'est pas neuf.
00:42:51Et moi, je le regarde, je dis, ouais, non, en fait, parce que,
00:42:54vous voyez tous les gens qu'il y a sur le parking, là ?
00:42:57On n'était pas au courant qu'il fallait vendre des trucs neufs, en fait.
00:43:00Il me dit, ouais, mais du coup, c'est moins cher.
00:43:02Alors que je lui ai pas donné de prix encore.
00:43:05Du coup, je lui dis, ah, bah ouais, c'est moins cher.
00:43:07Ouais, ouais, vous venez de gagner 5 euros sur le prix que j'allais vous donner.
00:43:11Et je lui dis, bah, c'est 3 euros.
00:43:14Et il me dit, ah, vous êtes durs.
00:43:18Je dis, mais attendez, la raquette, je l'ai acheté 200 euros, là, je la vends 3 euros.
00:43:22Il me dit, ouais, vous pourriez faire un geste.
00:43:24Je dis, non.
00:43:26Neuf à vos 200 euros, là, c'est 3 euros.
00:43:28Soit tu la prends, soit tu niques ta mère, en fait.
00:43:30Et je suis pas un très bon vendeur, il faut le savoir.
00:43:33Parce que je sais pas, restez calme.
00:43:36Les gens, ils négocient tout.
00:43:38Il y a un gars, je vendais des jeux PlayStation, 1 euro.
00:43:40PlayStation 4, 1 euro.
00:43:42Le gars, il me dit, ouais, mais si le jeu, il marche pas, je vous le ramène.
00:43:46Il me dit, bah ouais, revenez demain.
00:43:50Il me dit, mais ce sera un parking.
00:43:52Je dis, t'as tout compris, en fait.
00:43:53Je suis pas un commerçant, moi.
00:43:55Il me dit, bon, ok, je vous le prends, à la confiance.
00:43:59Il me dit, vous avez un sac ?
00:44:02Je dis, mais même à Auchan, ils donnent plus de sacs aujourd'hui.
00:44:04Vous êtes au courant de ce truc-là ?
00:44:06Il me dit, mais vous pouvez être commerçant.
00:44:07Il me dit, regardez, derrière vous, il y a un sac, là.
00:44:09Je déteste qu'on fasse ça, quoi.
00:44:11Et il m'a montré le sac avec lequel j'allais remballer tout ce que j'allais pas vendre, quoi.
00:44:15Je dis, mais c'est un sac à 5 euros, ça.
00:44:17Donc je vous vois un truc à 1 euro, et je vous donne un sac à 5 euros.
00:44:21Et il me dit, ça se tente.
00:44:25J'ai passé cette journée à la brocante pour passer du temps avec mon père.
00:44:29Et vers 11 heures, il me dit, je vais...
00:44:30Tu t'en vas ?
00:44:31Ouais.
00:44:32Pour de vrai ?
00:44:33Ouais.
00:44:34Ah, ça fait plaisir.
00:44:35Qu'est-ce qui se passe ?
00:44:37Ok.
00:44:37Donc, waouh, c'est trop bizarre.
00:44:39Ok.
00:44:41Trop bizarre de faire ça.
00:44:43Genre le gars...
00:44:44T'as vraiment une fille ?
00:44:45Ouais, y a pas de soucis.
00:44:46Ouais, ouais.
00:44:48C'est trop bizarre, quoi.
00:44:49Le gars, il a prévu de regarder un demi-spectacle.
00:44:53Du coup, est-ce que vous pouvez vous avancer ?
00:44:55Sinon, ça fait vraiment trop bizarre d'avoir un trou.
00:44:57Ça vous va de vous avancer ?
00:44:58Je taille pas les gens, vous avez vu ?
00:45:01Il est parti en me disant...
00:45:03Ouais ?
00:45:05Vous partez ?
00:45:06Ouais, ouais.
00:45:06Très content de m'envoyer me faire foutre, en fait.
00:45:10C'est ça qui vient de se passer, hein.
00:45:18Ouais ?
00:45:18Vous êtes restés, ça fait plaisir.
00:45:21En tout cas...
00:45:22Il y a d'autres gens qui ont des filles à aller chercher...
00:45:25Quelle heure il est, là ?
00:45:2921h05 ?
00:45:30Ouais, cool.
00:45:31Sa fille, elle sort de l'école, là, cette heure-ci, là, je pense.
00:45:37Ce serait trop marrant qu'il ait vraiment oublié sa fille, quoi.
00:45:41C'est 21h...
00:45:42Oh merde !
00:45:44La gamine, depuis 16h, elle est dehors.
00:45:47Il fait nuit, là, quand même.
00:45:51Bon, il m'a chié dessus en direct.
00:45:53Donc...
00:45:55Je vous disais que j'ai passé une journée...
00:45:59J'aime bien parce que moi, je le prends mal.
00:46:02Mais vous, ça vous fait rire, quoi.
00:46:03C'est vraiment...
00:46:04C'est genre...
00:46:05On passe un bon moment, nous.
00:46:07Donc...
00:46:08Non, mais tout ça pour vous dire que voilà.
00:46:10J'ai accepté cette journée à la brocante pour passer une journée avec mon père.
00:46:13Et vers 11h, il me dit que je vais rechercher des trucs à la voiture.
00:46:16Et il n'est pas revenu.
00:46:18Un peu comme eux, quoi.
00:46:20Et...
00:46:21J'ai compris qu'il ne reviendrait pas.
00:46:23Quand mon petit frère, il est arrivé, il m'a dit...
00:46:25Papa, il a dit que tu avais besoin d'aide.
00:46:28Donc là, le message, il était clair.
00:46:30Je lui ai dit...
00:46:30Ouais, ouais, j'ai besoin d'aide.
00:46:31Prends ma place.
00:46:32Je vais marcher.
00:46:34Je suis allé faire un tour dans la brocante pour voir ce que les gens vendaient.
00:46:36J'ai découvert qu'il y a des gens qui vendaient des poupées en porcelaine.
00:46:40Tu sais, les trucs de films d'horreur, là.
00:46:42C'est déjà bizarre d'en avoir une, OK ?
00:46:44Là, le gars, il avait un stand avec que des poupées en porcelaine.
00:46:48Et moi, je me suis dit, c'est obligé, c'est la police criminelle.
00:46:52C'est obligé.
00:46:53Ils ont un stand.
00:46:54Ils attendent qu'un mec arrive.
00:46:55Il dit, oh, j'aime bien cette poupée-là.
00:46:56Il dit, OK, vous allez venir avec nous.
00:46:59Non, non, on ne sait pas ce que vous avez fait, mais vous allez prendre cher.
00:47:01C'est sûr et certain.
00:47:02On va trouver, quoi.
00:47:03Merci beaucoup.
00:47:11Cette journée à la brocante, c'était un délire.
00:47:13J'ai fini par moi-même.
00:47:14Vu que j'ai vendu plein de trucs avec des pièces, à la fin, tu te retrouves avec plein de
00:47:17pièces.
00:47:17J'ai fini par moi-même aller acheter un truc sur le stand d'à côté.
00:47:21J'ai acheté une figurine Dragon Ball sur le stand d'à côté.
00:47:24Je lui dis, c'est combien ?
00:47:24Il me dit 2 euros.
00:47:25Je dis, OK.
00:47:26Il me dit, bah...
00:47:30Il me dit, bah, vous négociez pas ?
00:47:31J'ai dit, bah non, 2 euros, c'est pas cher.
00:47:33Et il commence à avoir les larmes aux yeux.
00:47:35Il m'a dit, merci.
00:47:37Et t'es à bout comme moi, quoi.
00:47:40Mais bon, c'était une journée intéressante,
00:47:42puisque du coup, je reviens avec un sketch.
00:47:45Ouais, je passe beaucoup de temps sur Paris.
00:47:48Je suis plus trop sur le Havre.
00:47:50Et mon taf, en fait, quand je suis arrivé sur Paris au début,
00:47:53donc c'était de monter sur scène le soir.
00:47:54Et au fur et à mesure, on m'a demandé d'écrire des vidéos, des sketchs pour des gens.
00:47:58Et je faisais ça dans des bureaux qui sont dans le 10e arrondissement de Paris.
00:48:02Et un jour, j'avais qu'un texte à écrire.
00:48:04Je me suis dit, vas-y, je le fais pas au bureau.
00:48:06Je vais le faire chez moi et je l'enverrai, quoi.
00:48:08Et dans l'après-midi, je reçois un texto qui me dit,
00:48:10il y a une prise d'otage au bureau.
00:48:12Et comme n'importe qui, moi, j'ai répondu LOL.
00:48:15Parce que je me suis dit, ils sont en réunion, en fait, tu vois.
00:48:18Et après, je regarde aux infos et je vois qu'il y a réellement une prise d'otage dans le
00:48:2110e.
00:48:22Ce qui fait que j'appelle tout de suite mes potes avec qui je bosse tout le temps,
00:48:24mes potes les plus proches.
00:48:25J'appelle mon pote Karim, sa femme et Guillaume.
00:48:27Il n'y en a aucun des trois qui répondent.
00:48:29Ce qui fait que j'ai appelé mes collègues que j'aime moins.
00:48:32Et il y en a une qui a décroché, a fait, ouais, c'est bon, j'ai réussi à sortir,
00:48:35je vais bien.
00:48:36Et je me suis dit, ah, putain.
00:48:40Je me suis dit, bon, est-ce que tu sais si Karim, sa femme et Guillaume, ils sont sortis ?
00:48:45Écoute, j'en sais rien, je dois raccrocher.
00:48:47Et c'est très bizarre, mais quand je raconte cette anecdote,
00:48:49les gens me disent, ah, t'as dû te sentir chanceux pile ce jour-là de pas y avoir été.
00:48:53Sauf que non, moi, dans ma tête, je suis un mec du raid, ok ?
00:48:57Moi, j'aurais dû y être.
00:48:59Le gars, il serait rentré, il m'aurait dit, j'ai une bombe.
00:49:02J'aurais dit, non, ici, il n'y a qu'une bombe et c'est moi.
00:49:06Parce que je regarde beaucoup de films de Chuck Norris.
00:49:09Et je ne sais pas, je n'ai pas réfléchi, j'ai pris un scooter,
00:49:11j'ai foncé vers le dixième pour aller voir ce qui se passait.
00:49:14Et sur la route, je vois la police avec les gyrophares qui va dans la même direction que moi.
00:49:18Ce qui fait que je me mets à leur hauteur.
00:49:19Je leur dis, excusez-moi, il y a une prise de tâche dans le dixième.
00:49:21Est-ce que vous savez si Karim, sa femme et Guillaume, ils sont sortis ?
00:49:23Et le flic, il me regarde, il me dit, mais comment vous savez ça, vous ?
00:49:25Je dis, non, mais est-ce qu'ils sont sortis ? J'ai besoin de savoir.
00:49:27Il me dit, mais comment vous savez ?
00:49:28J'ai dit, bon, ok, il ne va jamais me répondre.
00:49:29J'ai accéléré, ils m'ont rattrapé, ils m'ont serré contre le mur.
00:49:34Et je me suis dit, ah ouais, j'ai l'air d'être un complice, effectivement.
00:49:38Je n'avais pas pensé à ça.
00:49:39Ils m'ont contrôlé, heureusement que j'avais mes papiers sur moi
00:49:41parce que je n'aurais pas passé la même soirée.
00:49:43J'aurais dû dire à mes potes, je viens vous sauver, mais après la garde à vue.
00:49:47Et ils se rendent compte que je travaille réellement là-bas.
00:49:50Ce qui fait qu'ils m'ont dit, écoutez, vous allez venir avec nous,
00:49:52vous allez avoir des informations importantes à nous donner.
00:49:54Ce qui fait que d'un coup, je devenais important.
00:49:56Alors je leur ai dit, donc je monte devant.
00:50:02Et une fois à l'arrière, ils m'ont emmené sur place.
00:50:06Et c'est trop bizarre.
00:50:07On a passé toutes les barrières de sécurité avec les journalistes, les flics, etc.
00:50:10Et à chaque fois, ils disaient, il est avec nous.
00:50:12Et moi, je disais, ouais, je connais des gens dedans.
00:50:14J'ai l'impression qu'on allait en boîte.
00:50:15Tu vois ce que je veux dire ?
00:50:17Je ne savais pas s'il fallait prendre une bouteille.
00:50:18Et ils m'ont fait rencontrer la BRI.
00:50:20Et ces mecs-là, tout de suite, ils m'ont demandé des photos
00:50:23de ceux qui pouvaient être dedans.
00:50:24Ils m'ont dit surtout des photos de Karim pour pas qu'ils tirent dessus.
00:50:28Et j'envoie des photos de Karim et sa femme.
00:50:30Et je n'ai pas de photos de Guillaume.
00:50:32Ce qui fait que je leur ai vraiment dit, vous avez Instagram ?
00:50:36Et ils m'ont montré les talkie walkie.
00:50:37Je dis, laissez tomber, je vais chercher.
00:50:38Et j'ai vraiment passé deux minutes sur le compte Instagram
00:50:40de mon pote Guillaume en train de faire.
00:50:42Non, pas celle-là.
00:50:44Celle-là, c'est mort.
00:50:45Parce qu'avec lui, je fais des sketchs.
00:50:46Sur la plupart de ses photos, il est habillé en meuf, il est en costume.
00:50:50Si j'envoie une photo chelou, je ne sais pas après qui va l'avoir, cette photo.
00:50:53Si ça finit à BFM et qu'ils disent prise d'otage dans le 10ème
00:50:56et que tu as une photo de Guillaume habillé en meuf,
00:50:59si lui, il voit ça, il va dire, c'est mort, je ne sors pas.
00:51:01Voilà, je sais, je le connais.
00:51:04Et c'est au moment où j'envoie la photo de Guillaume
00:51:06que j'aperçois mon pote Karim et sa femme, ils étaient sortis
00:51:09et lui, il était en sang et tout.
00:51:10Je cours le voir, je lui demande ce qu'il s'est passé.
00:51:11Il m'explique que le mec s'est fait passer pour un livreur délivré roux.
00:51:14Il est rentré dans les bureaux et il a dit
00:51:16j'ai une bombe, tout le monde à terre.
00:51:18Et les gens étaient ouf parce que personne n'avait commandé de bombe.
00:51:22Du coup, mon pote, quand il a entendu cette phrase, il n'a pas réfléchi.
00:51:25Il lui a sauté dessus, il s'est battu avec le gas
00:51:27qui a laissé le temps à sa femme de sortir par la fenêtre.
00:51:29Et je me suis dit putain, c'est ouf, il a sauvé la vie de sa femme.
00:51:33C'est vrai, il est une vraie preuve d'amour.
00:51:36Aujourd'hui, quand sa femme, elle a dit
00:51:41« Hey, tu peux te lever et mettre la table ? »
00:51:43Il peut faire « Hey, reste bien tranquille. »
00:51:46Si aujourd'hui, on peut mettre la table, c'est grâce à moi, d'accord ?
00:51:50Et je vais ken ta soeur.
00:51:53C'est moi qui ai envie de le dire.
00:51:55Ça serait pas mal.
00:51:58Mais tout ça pour dire que lui, il est blessé,
00:52:01sa femme va bien, mais ils partent à l'hôpital.
00:52:04Et les gars de la BRI me disent
00:52:05« Écoute, ton pote Guillaume, on sait pas où il est.
00:52:07Peut-être qu'il est de l'autre côté du bâtiment.
00:52:08Ce que je te propose, c'est qu'on essaie de traverser la rue en courant
00:52:11pour voir si tu peux le reconnaître. »
00:52:12Je dis « Ok, pas de soucis, j'étais devenu leur collègue. »
00:52:14Et on va à l'angle du bâtiment.
00:52:17Il me dit « Je vais compter jusqu'à 3, on part en courant. »
00:52:19Et au moment où je dis « Ok, je réalise que lui, il a un bouclier, un gilet pare-balles,
00:52:23un casque. »
00:52:25Et moi, je suis en k-way.
00:52:28Et je me dis « Mais il va me proposer un bouclier et tout. »
00:52:31Et non !
00:52:33Apparemment, fallait venir avec le sien.
00:52:37Et il me dit « T'es prêt, on court ? »
00:52:38Je dis « Moi, je comptais pas marcher, donc vas-y courir, c'est très bien. »
00:52:41Il compte, on part en courant.
00:52:43Et quand on court, au bout d'un moment, j'aperçois mon pote Guillaume
00:52:45qui est caché dans un hall d'immeuble.
00:52:47Et quand je le vois lui, je regarde pas le trottoir.
00:52:50Ce qui fait que je me suis cassé la gueule, mais comme une merde.
00:52:54Guillaume m'a vu arriver en héros, mais pas longtemps.
00:52:58J'ai fini à 4 pattes par terre.
00:53:01Et quand j'étais à 4 pattes, je me suis dit « Que ferait un chien du raid ? »
00:53:10Et j'ai fini à 4 pattes, je vais être honnête avec vous.
00:53:12J'ai fini à 4 pattes jusqu'à Guillaume.
00:53:14Je me suis niqué la cheville.
00:53:15Je suis le seul mec qui s'est blessé alors qu'il était pas otage.
00:53:18C'est une performance.
00:53:20Je suis arrivé auprès de Guillaume, je lui dis « C'est bon, tu vas venir avec nous,
00:53:22on va te ramener au QG de la BRI et tout. »
00:53:24Il m'a dit « C'est mort, je te suis pas. »
00:53:26« J'ai vu comment tu cours. »
00:53:29On est retourné à la BRI.
00:53:31Et à ce moment-là, on se rend compte qu'il y a réellement deux otages dans le bâtiment.
00:53:35Il y en a une, c'est une secrétaire.
00:53:37En fait, quand elle a entendu la bagarre dans le hall,
00:53:39elle est rentrée dans son bureau, elle s'est cachée dans un carton,
00:53:42et elle a mis des livres sur elle.
00:53:45C'est bizarre de rire à ce moment-là.
00:53:48Je pense qu'elle s'est dit « Ça va durer longtemps, faut que j'ai de la lecture. »
00:53:51Je sais pas, mais en tout cas, elle s'est cachée sous des livres.
00:53:53Et le seul qui était réellement otage, c'est un gars, il bossait même pas là.
00:53:59C'est un voisin qui était dehors en train de fumer sa clope,
00:54:01il a entendu la bagarre, il est rentré dans le hall pour voir ce qui se passait,
00:54:05et il a fini otage.
00:54:07Comme quoi, fumer c'est vraiment dangereux, faites attention.
00:54:09Et le preneur d'otage, il l'a menotté sur une chaise,
00:54:13il lui avait versé de l'essence dessus,
00:54:15mais il lui avait pas pris son portable.
00:54:17Ce qui fait que dans son dos, il a réussi à envoyer un message qui disait
00:54:19« Je crois que son arme c'est une fosse. »
00:54:23Le mec est menotté sur une chaise, il a de l'essence dessus et il se dit
00:54:28« Non, j'y crois pas. »
00:54:31Je pense qu'ils bluffent.
00:54:33Et comme la BRI a reçu ce message, ils m'ont dit
00:54:36« On va rentrer, il faudrait que tu nous fasses un dessin de l'intérieur du bâtiment. »
00:54:39J'avais pas dessiné depuis la maternelle, moi.
00:54:41Tu sais, tu rencontres la pression que j'ai eue d'un coup, j'ai dû leur faire un dessin,
00:54:45j'étais là genre « Alors ça, c'est une porte. »
00:54:47Et ça, c'est cool.
00:54:48C'est vu du dessus, c'est vu du dessus.
00:54:51J'étais en panique.
00:54:52Je sais pas si les dimensions c'est exact.
00:54:55J'ai fait un soleil dans le coin.
00:54:56Je sais même pas pourquoi j'ai fait un soleil.
00:54:59C'est le seul truc que j'avais bien dessiné.
00:55:00J'ai fait un soleil.
00:55:01Et grâce à ça, ils sont rentrés dans le bâtiment.
00:55:03Ils ont interpellé le gars.
00:55:05Et il n'y a pas eu de blessé, il n'y a pas eu de mort.
00:55:06Ils l'ont interpellé.
00:55:07C'est pour ça que vous, vous êtes pas au courant.
00:55:10Et ensuite, ils nous ont dit qu'aux infos, ils ont dit que c'était un déséquilibré.
00:55:14Ils ont dit que c'était un déséquilibré comme il était pas arabe.
00:55:18Et sinon, c'est un attentat, ça n'a rien à voir.
00:55:26Hop, hop, hop, je vous dérange deux secondes.
00:55:28Merci à vous de regarder Fragments.
00:55:30J'espère que le spectacle vous plaît.
00:55:31Mais il faut savoir que ce spectacle, je l'ai joué une seule fois et dans un seul but précis.
00:55:36vous annoncez le nouveau spectacle qui s'appelle Contexte.
00:55:40Celui-ci, il est plus engagé.
00:55:42Parce que voilà, je suis un rebelle, je suis un peu un électron libre.
00:55:45Et ce spectacle, je le joue partout en France, à Paris, aussi à l'étranger.
00:55:48Je vous mets le lien dans la description, mais aussi en premier commentaire.
00:55:52Comme ça, vous êtes sûr de le trouver.
00:55:53Vous ne pourrez pas dire, j'ai pas trouvé.
00:55:55C'est juste en dessous, OK ?
00:55:56J'espère que je vous retrouverai en tournée et qu'on pourra rigoler ensemble en live.
00:56:01Et voilà, je vous laisse avec les deux dernières anecdotes de Fragments.
00:56:04Je vous kiffe, à bientôt.
00:56:05Par applaudissement, qui pense que les violences conjugales, c'est pas ouf ?
00:56:14J'aime bien cette question parce qu'elle vous fait bugger, en fait.
00:56:17C'est vrai, juste pour le kiff.
00:56:19Parce qu'il y a des gens qui n'ont pas applaudi en mode,
00:56:20la question est trop conne, je joue pas le jeu.
00:56:22Puis il y a des gens, ils n'ont pas applaudi parce qu'ils sont concernés.
00:56:25Et pourquoi je vous pose cette question ?
00:56:27Parce que moi, j'ai grandi, on m'a souvent dit, la violence ne résout rien.
00:56:29Je trouve que la violence, ça résout grave des trucs, OK ?
00:56:32Je suis désolé, la violence, ça résout grave des trucs.
00:56:34Moi, j'ai déjà vu un gamin se faire raqueter devant moi.
00:56:37Je suis intervenu.
00:56:38Ça a résolu le problème, quoi.
00:56:40Après ça, mes potes, ils m'appelaient Batman.
00:56:42mais pas en mode respectueux.
00:56:44Tu sais, ils me faisaient « Ah, ok, Batman ».
00:56:45Tu vois, ce genre de pote, il m'appelait Batman, le justicier, ce genre de truc.
00:56:49Mon ex a m'appelé la poutre, mais...
00:56:51Non, rien à voir.
00:56:53C'est parce que je me suis pris une poutre devant elle,
00:56:56et du coup, elle a trouvé ça marrant, quoi.
00:56:58Et moi, je l'ai laissé m'appeler comme ça devant les gens,
00:57:01parce que, tu sais, je veux pas l'embêter, quoi.
00:57:03Et...
00:57:04La violence résout des trucs, OK ?
00:57:06Et avec mes potes, on s'était toujours dit que voilà,
00:57:08si on voyait des choses, il fallait qu'on intervienne
00:57:11parce qu'on était en capacité de le faire.
00:57:13Et...
00:57:14Un jour de l'an,
00:57:15je suis en soirée au restaurant avec des amis,
00:57:17que des couples, sauf moi,
00:57:19parce que...
00:57:19Je fais ce que je veux.
00:57:21Et...
00:57:23Et...
00:57:23Il y a un couple qui est dehors, parti fumer,
00:57:25et les plats arrivent.
00:57:26Ce qui fait que les autres m'ont dit
00:57:27« Hakim, va les chercher ».
00:57:28Tu sais, comme...
00:57:29Il me respecte pas.
00:57:31Et puis moi, comme il fait nuit,
00:57:32et que je suis Batman, j'adore la nuit.
00:57:34Donc...
00:57:35Je sors, je vais les chercher,
00:57:37et au moment où je sors, je les aperçois,
00:57:39je vois une claque, mais monumentale devant moi.
00:57:41Et tu sais, ça m'a...
00:57:41Je suis resté figé sur place.
00:57:43J'ai pas su quoi faire.
00:57:44C'est trop bizarre quand c'est des gens que tu connais, quoi.
00:57:46J'ai vu une tarte,
00:57:47et c'était si fort
00:57:48qu'il y a des gens,
00:57:49ils se sont mis à leur fenêtre
00:57:49pour voir ce qui se passait.
00:57:51Et détail important,
00:57:52c'est mon pote qui se faisait taper.
00:57:55Ouais, voilà,
00:57:56ça change la perception de l'histoire.
00:57:57C'est très bizarre.
00:57:58Parce qu'en vrai,
00:57:58ça aurait été grave simple.
00:57:59Tu sais, mon pote, il tape sa meuf,
00:58:01je serais arrivé coup de coude,
00:58:02facile, tu vois.
00:58:03Mais là,
00:58:04je pouvais pas taper la meuf en disant
00:58:06« Oh, on tape pas les mecs ! »
00:58:07Tu vois.
00:58:08Je savais pas...
00:58:09Il y avait aucune solution dans ma tête
00:58:10qui était la bonne.
00:58:11Le seul truc qui m'est venu à l'esprit,
00:58:13c'est que j'ai crié
00:58:14« Euh, ça va ? »
00:58:17Juste pour qu'elle soit perturbée,
00:58:18qu'elle se rende compte qu'il y a des gens
00:58:19qui la voient et tout,
00:58:20et elle m'a regardée et a dit
00:58:21« Rentre, on arrive ! »
00:58:24Elle m'a mis un coup de pression.
00:58:25Voilà.
00:58:26Et j'ai vraiment...
00:58:27J'étais sur...
00:58:29J'ai dit « Bah, est-ce que je rentre ? »
00:58:30Du coup, je savais pas quoi faire.
00:58:32J'ai dit « Mon pote, tu veux que je reste ou... »
00:58:34Il m'a dit « Non, non ! »
00:58:35Et il se faisait taper et il disait
00:58:36« Non, non, je te rejoins ! »
00:58:37Il se faisait taper et il me parlait
00:58:39comme si de rien n'était, quoi.
00:58:40Ils nous ont rejoints dans le restaurant.
00:58:42Elle est partie aux toilettes
00:58:43et je dis tout de suite à mon pote
00:58:44« Tu peux pas rester avec elle,
00:58:45elle est toxique de fou ! »
00:58:47C'est pas vrai.
00:58:47Je lui dis « Reste pas avec elle,
00:58:48c'est une pute ! »
00:58:50Et je connaissais pas « Toxic »
00:58:51à l'époque, tu vois.
00:58:52Il m'a dit « Ouais, t'as raison, je vais la lâcher. »
00:58:54Et puis il m'a fait ça
00:58:54pendant des semaines et des semaines
00:58:55et puis à chaque fois, il restait avec elle.
00:58:57Et c'est terrible parce que
00:58:58t'es déçu, toi, qu'il tienne pas sa parole.
00:59:00Mais si tu l'abandonnes,
00:59:01il va rester qu'avec elle.
00:59:03Parce qu'elle va lui dire
00:59:03« Tu vois, tout le monde t'abandonne,
00:59:04moi je reste avec toi. »
00:59:06Et en plus, elle le suce.
00:59:07Donc tu peux pas gagner.
00:59:09Bah oui, non,
00:59:10mais je vais pas me mettre à sucer mes potes
00:59:11pour qu'ils lâchent leur meuf.
00:59:12À un moment donné, il y a des limites, tu vois.
00:59:14Donc, je suis en train de vous choquer.
00:59:15Mais la vérité, c'est que
00:59:18j'essayais de créer du temps
00:59:19en dehors de son couple à mon pote.
00:59:21Je savais qu'elle voulait pas
00:59:22qu'il voit d'autres meufs, etc.
00:59:24Du coup, je crée des soirées chez moi
00:59:25où on joue aux jeux vidéo.
00:59:26Et je me rappelle,
00:59:27il avait l'autorisation de 23 heures,
00:59:29et je me rappelle un soir,
00:59:31j'entends toquer à la porte,
00:59:32je vais voir, et c'était elle.
00:59:33Je lui dis « Mais qu'est-ce que tu fais là ? »
00:59:34Elle me dit « Une soirée qu'entre mecs, c'est louche. »
00:59:37Je dis « Mais non, mais c'est le fait
00:59:38que tu sois là qui est louche, c'est insupportable. »
00:59:39Elle me dit « Non, mais je veux vérifier qu'il n'y a personne. »
00:59:41Puis moi, j'avais peur qu'elle me tape,
00:59:42donc je lui dis « Vas-y, rentre. »
00:59:44Elle est rentrée,
00:59:45elle a fouillé tout l'appart.
00:59:46Elle a ouvert des placards.
00:59:47Je sais pas si tu te rends...
00:59:48Elle a ouvert des placards.
00:59:49Et elle a vu son mec,
00:59:50parce qu'il était caché, il avait peur.
00:59:53Et je lui dis « C'est bon, t'es rassurée ? »
00:59:55Elle m'a dit « Ouais, c'est ça et tout. »
00:59:56Elle a commencé à sortir.
00:59:57Et avant de sortir, elle me dit « Tu m'aimes pas, hein ? »
00:59:59Je lui dis « Non, mais c'est pas que je t'aime pas.
01:00:00C'est juste que j'aime pas la relation que t'as avec mon pote. »
01:00:02Elle me dit « Bah, c'est dommage parce que moi, je t'aime bien.
01:00:04En plus, je trouve que t'es marrant. »
01:00:07Et je me suis dit « Ouais, en même temps, elle a des bons côtés aussi.
01:00:09On sait pas... »
01:00:11Non, mais on est pas dans le couple.
01:00:12On peut pas juger...
01:00:14Vraiment.
01:00:15Après, je me suis ressaisi.
01:00:16Je dis « Non, mais la vérité, c'est que...
01:00:17Écoute, je sais pas pourquoi il reste avec toi.
01:00:19Je comprends pas ce qu'il te trouve. »
01:00:21Et là, elle m'a sucé.
01:00:21Je me suis dit « Ah bah ouais, en vrai... »
01:00:23Non, ne riez pas.
01:00:25Au van, j'ai dit que je racontais des trucs vrais.
01:00:28Je lui ai dit « Écoute, moi, je préférais qu'il soit plus avec toi. »
01:00:31Et elle est partie.
01:00:32Et ça a duré encore quelques mois.
01:00:34Et un jour, mon pote finit par arriver chez moi.
01:00:37Et il me dit « Écoute, cette fois, elle est allée trop loin.
01:00:39Je suis plus avec elle. »
01:00:40Et tu sais, moi, j'avais peur qu'il me dise ce qui s'était passé.
01:00:41Je me suis dit « Elle l'a violée, c'est sûr. »
01:00:44Et il me dit « Non, elle a jeté mon ordinateur par la fenêtre. »
01:00:50J'adore parce que ça vous choque pas, en fait.
01:00:52Tout le monde est là genre « Ah ouais, c'est une bonne raison, en vrai... »
01:00:55Je lui ai dit « Mais tu te rends compte qu'elle te tape depuis des mois.
01:00:58Et l'ordinateur, c'est trop, quoi. »
01:01:00Et il me dit « Bah ouais, mais je peux pas acheter un ordinateur toutes les semaines. »
01:01:03Et c'était un bon argument, du coup, je lui ai dit « Effectivement. »
01:01:08Allez, je finirai avec la dernière anecdote, le dernier fragment de ma vie,
01:01:12avant de vous laisser.
01:01:14Ouais, mais c'est le meilleur.
01:01:17Vous êtes des bons comédiens, en tout cas.
01:01:22Dernière anecdote.
01:01:23En gros, j'écrivais le nouveau spectacle qui commence à la rentrée.
01:01:27Je le faisais dans des scènes ouvertes et dans des plateaux.
01:01:30Et un soir, vers Châtelet, je finis une scène, je décide de rentrer chez moi vers 22h.
01:01:34Et je décide de couper par les halles.
01:01:36Vous voyez, là où il y a des allées d'arbres mal éclairées.
01:01:41Parce que je me dis « Je vais quand même gagner une dizaine de secondes, c'est intéressant. »
01:01:45Et donc je prends mon vélo, je coupe par les halles.
01:01:48Et je fais à peine 50 mètres quand j'entends au loin crier « Non, non, laisse-moi ! »
01:01:52« Non, je veux pas ! »
01:01:54Bonne ambiance, hein ?
01:01:55Donc, je décide d'y aller parce que je n'allais quand même pas faire de détour.
01:01:59Et je vois une fille sortir d'une allée, elle est en pleurs, elle est poursuivie par un mec.
01:02:03Et elle lui dit « Non, non, je veux pas ! »
01:02:05Ce qui fait que je me rapproche d'elle, je m'arrête à son niveau pour l'aider.
01:02:07Et elle est passée devant moi.
01:02:10Elle m'a pas vue.
01:02:12Elle est passée.
01:02:13Il y a de l'aide qui arrive et elle est passée.
01:02:15On est d'accord qu'après, si elle meurt, c'est sa faute, non ?
01:02:19Je sais pas.
01:02:19En tout cas, dans les films, c'est comme ça que ça se passe, quoi.
01:02:22Et au moment où elle est passée devant moi, elle a dit cette phrase.
01:02:24Elle a dit « Je veux plus être avec un mec qui me frappe. »
01:02:26Donc là, on a un indice, c'était un couple, du coup, ça me concerne pas.
01:02:32C'est ce que j'aurais dit si j'étais un connard.
01:02:34La vérité, c'est que je fais demi-tour, je me dis « Tant pis pour le raccourci. »
01:02:37Et je me rapproche d'eux et le gars la rattrape, il la retourne violemment.
01:02:41Elle lui dit « Non, non, laisse-moi, non ! »
01:02:43Et s'il y a un truc que j'ai retenu des chansons d'Angèle, c'est « Non, c
01:02:47'est non ! »
01:02:49Qui a un message plutôt simple, en vrai.
01:02:52Du coup, je m'arrête à leur niveau et je m'adresse à elle.
01:02:55Je lui dis « Ça va, madame ? » et c'est lui qui me répond.
01:02:58Parce qu'apparemment, je l'ai mégenré.
01:03:01Et il me dit « Tu veux jouer au héros ? »
01:03:04Et il faut savoir que moi, j'adore les jeux de rôle.
01:03:07Et je me dis « Il me propose une soirée, il a pas demandé à sa meuf, ça se fait
01:03:10pas. »
01:03:10Tu vois, je veux pas être le gars qui tient la chandelle.
01:03:13Et je lui dis « Mais il y a une dame qui pleure dans un lieu public, c'est normal
01:03:15de demander si ça va, quoi. »
01:03:17Et là, elle me dit « Non mais partez, monsieur, c'est mieux. »
01:03:21Je suis là pour elle, à la base.
01:03:23Je me suis fait recaler par la victime, je sais pas si vous vous rendez compte.
01:03:26C'est-à-dire qu'elle m'a vu et elle s'est dit « Non, ça va pas le
01:03:30faire. »
01:03:32Je connais mon mec, on va juste être deux à se faire taper, ça sert à rien.
01:03:37Et lui, il se rapproche de moi à nouveau et il me redit « Tu veux jouer au héros ?
01:03:41»
01:03:42Là, je sens qu'il a vraiment envie de jouer.
01:03:44Du coup, je descends de mon vélo et je lui dis « Ouais, je veux jouer au héros. »
01:03:47Parce que je me dis « Je bluffe, il bluffe. »
01:03:52Bon bah, il bluffait pas.
01:03:54Le gars, il retire sa sacoche, il retire sa veste, il retire son pull.
01:03:57Je me dis « C'est un strip-tease ou une bagarre ? »
01:04:00« C'est quoi le projet, là ? Il va twerker. »
01:04:04Et tu sais, je suis un peu décontenancé.
01:04:06Du coup, je le regarde, je lui dis « Du coup, on fait quoi ? »
01:04:08Et il voit que j'ai pas peur.
01:04:09Du coup, je pense que ça l'a déstabilisé.
01:04:11Il a fait un truc trop bizarre.
01:04:12Il a levé le bras, il a dit « Hey les gars, venez voir ! »
01:04:17Ah, donc ça, je l'avais pas vu venir.
01:04:22Et je me dis « Ah ok, il fait ça pour que je tourne la tête et en profiter pour
01:04:26m'en mettre une. »
01:04:27Du coup, je lui dis « Hey, tu peux appeler qui tu veux, je reste là, je bouge pas. »
01:04:30Parce que je me dis « Je bluffe. »
01:04:34Bon bah, je suis une merde au poker, il faut le savoir.
01:04:36Parce que moi, pendant que je le regarde, je commence à entendre des pas qui arrivent en courant derrière moi.
01:04:42Et je me dis « Ah, il est fort quand même là. »
01:04:46« C'est un ventriloque qui gère les échos, comment il fait son truc là ? »
01:04:50Du coup, dans le doute, je sais pas, j'essaie de le garder dans mon champ de vision.
01:04:53Je tourne la tête et je vois vraiment 3-4 mecs qui arrivent de derrière les arbres en courant.
01:04:56Genre, le gars, il a invoqué des gobelins. Je sais pas si vous vous rendez compte.
01:05:00Ils sont arrivés en deux secondes, je me suis retrouvé seul face à 5 mecs.
01:05:04Et 5 mecs, c'est un peu un public.
01:05:06Du coup, j'ai fait place à l'art oratoire.
01:05:09Tu vois, je leur ai dit « Vous êtes sérieux, les gars ? »
01:05:14J'avais que ça. J'avais que ça à ce moment-là.
01:05:17Et j'ai à peine fini ma phrase que je prends un coup dans l'œil.
01:05:20Je sais pas avec quoi on m'a frappé ni qui m'a frappé,
01:05:22mais mon œil, il s'est fermé instantanément.
01:05:24Je voyais plus ce qui se passait à ma gauche.
01:05:27Et j'en voyais plus que deux et je me suis dit « Deux, ça peut le faire. »
01:05:31Parce que je suis un mec optimiste.
01:05:34Et je saurais pas dire si c'est métaphorique ou quoi,
01:05:37mais c'est pile à ce moment-là qu'il s'est mis à pleuvoir.
01:05:41C'est vrai, c'est symbolique, je sais pas.
01:05:43Mais pile à ce moment-là, il s'est mis à pleuvoir, des coups de pieds, des coups de poing.
01:05:47Et je bloquais ce que je pouvais.
01:05:49Et tu sais, pendant que je prenais des coups, j'avais cette phrase qui tournait dans ma tête.
01:05:52C'était « Non mais partez, monsieur, c'est mieux. »
01:05:56Et je me suis dit « Ah ouais, c'est ça qu'elle voulait dire. »
01:06:00Je pouvais pas dire « Ils sont 5, connasses ! »
01:06:03Et ce qui est dingue, c'est que, en fait, j'arrive pas à voir,
01:06:05mon œil il s'ouvre pas, j'arrive pas à savoir combien ils sont.
01:06:08Ce qui fait que, je sais pas, j'en attrape un, je le pousse sur les autres,
01:06:11et je me dis « Je vais courir une dizaine de mètres, comme ça,
01:06:14ceux qui vont me poursuivre, je vais savoir que c'est eux qui m'en veulent
01:06:16et je saurais à qui j'ai affaire, quoi. »
01:06:18Je cours une dizaine de mètres, je me retourne,
01:06:20et il n'y en a aucun d'eux qui m'a suivi,
01:06:21parce que je les avais impressionnés.
01:06:24Et du coup, je me dis « Bon bah ok, je vais rechercher mon vélo. »
01:06:28Et il y a un gars qui monte sur mon vélo et il s'est barré avec.
01:06:31Et il était pas avec eux.
01:06:35C'est-à-dire qu'il y a un mec qui m'a vu me battre seul pour défendre une
01:06:39nana
01:06:40face à cinq gars et s'il dit « Non, je vais pas l'aider, non. »
01:06:43Non, ce qui lui manque, c'est le cardio, je pense que c'est ça qui lui manque.
01:06:47Et comme il pense trop, il doit être déconcentré par le vélo.
01:06:52Je vais lui retirer comme ça, il va se focaliser sur ce qui se passe, quoi.
01:06:56Il s'est barré avec mon vélo.
01:06:57Je l'ai vu partir avec mon vélo et vraiment, c'est sorti naturellement.
01:07:01J'ai fait « Ah, mon vélo ! »
01:07:03Et quand je l'ai fait, je me suis dit « Mais c'est Bourville, ça. »
01:07:06Je me suis entendu faire Bourville.
01:07:08Je me suis dit « Oh, la honte, plus jamais je crie ça, quoi. »
01:07:11Tu sais, je me suis dit « Fais-toi voler ton vélo, mais ding ! »
01:07:15Je me suis dit « Ouais ! »
01:07:17Tu vois, c'est ça, c'est voler son vélo comme un homme, quoi.
01:07:21Et quand j'ai porté plainte après,
01:07:23les flics, ils m'ont dit que le gars qui m'avait volé mon vélo, c'était un opportuniste.
01:07:27C'est le terme, voilà, c'est opportuniste.
01:07:30Moi, je pensais que c'était un fils de pute, mais apparemment, il faut dire opportuniste, quoi.
01:07:34Et mon vélo est parti, les mecs sont plus là, la meuf est plus là non plus.
01:07:38Je suis tout seul.
01:07:39C'est moi qui ai appelé la police.
01:07:41C'est l'appel le plus nul de ma vie, quoi.
01:07:43Je les ai appelés, genre « Hey, je me suis fait taper ! »
01:07:45C'est nul, tu vois.
01:07:46Je suis retourné dans le Comédie Club d'où je venais de sortir.
01:07:48Ça faisait deux minutes que j'étais sortie à peine.
01:07:50Elle me voit revenir en sang.
01:07:51La meuf de l'accueil, elle est en panique.
01:07:52Elle est petite comme ça.
01:07:54Elle me dit « Ah, qu'est-ce qui s'est passé ? »
01:07:56Je me suis fait agresser.
01:07:57Elle est sortie devant le bâtiment, elle a fait « Ils sont partis par où ? »
01:08:02Et je lui ai dit « Tu vas faire quoi ? »
01:08:03Elle m'a dit « Non, c'est pour le dire à la police. »
01:08:07Et les flics sont arrivés, ils m'ont dit « Vous inquiétez pas, on va les retrouver. »
01:08:10Moi, je vous avoue, j'ai du mal à les croire, OK ?
01:08:13Le soir, j'ai pas de nouvelles.
01:08:14Moi, je vais à l'hôpital essayer de soigner mon œil.
01:08:16Le lendemain soir, j'ai un appel de la police
01:08:18qui me demande de venir identifier des gens.
01:08:20J'y vais.
01:08:21Et il y en a deux, je les reconnais formellement.
01:08:23Je sais que ces deux-là, ils étaient dans le tas, quoi.
01:08:26Et je dis « Mais comment vous les avez retrouvés ? »
01:08:27Genre avec les caméras de sécurité, vous les avez suivis et tout.
01:08:29Ils m'ont dit « Non, non, ils sont revenus au même endroit, ils s'étaient habillés pareil. »
01:08:35Des génies, des génies.
01:08:37Vraiment, l'enquête...
01:08:42L'enquête la plus simple du monde, quoi.
01:08:44Ça s'est passé là ? Ouais, ils sont là.
01:08:46Voilà, c'est ça qui s'est passé, c'est incroyable.
01:08:51Ils les ont contrôlés, ils avaient couteau et gazeuse sur eux.
01:08:55Et le flic leur demande « Ouais, pourquoi vous avez ça sur vous ? »
01:08:57Et le gars, il a répondu « Parce que hier, je me suis fait agresser par des Arabes. »
01:09:02Donc autant moi je voyais à moitié, autant lui m'a multiplié de ouf, quoi.
01:09:07Ils sont passés direct devant le juge des Libertés
01:09:09et le juge leur a donné l'interdiction d'approcher à moins d'un kilomètre de Hakim Omiri.
01:09:18Ils savaient pas qui j'étais à la base.
01:09:21Et le juge, un mec qui a fait des études et tout, il leur a dit « N'approchez pas
01:09:27d'Hakim Omiri. »
01:09:28Et eux, ils ont dit « C'est qui ? »
01:09:33« Vous inquiétez pas, je vais vous l'écrire de toute façon. »
01:09:36Il y a ces horaires de spectacle, ils sortent à cette heure-là.
01:09:40Donc eux, ils ont été condamnés et moi, il n'y a pas longtemps, j'ai reçu un courrier chez
01:09:44moi
01:09:45de la préfecture de police et j'ouvre ce courrier.
01:09:49Et dedans, ils me disaient qu'ils me donnaient plus d'informations.
01:09:51En fait, ils m'ont expliqué que la femme que j'ai protégée ce soir-là, elle était enceinte.
01:09:55Et moi, je le savais pas, tu vois.
01:09:57Ça aurait rien changé pour moi, je l'aurais protégée pareil, quoi.
01:10:00Je me serais pas dit « Bah, ils sont deux contre un, ça va. »
01:10:04Donc voilà, ça aurait pas joué.
01:10:06Mais bon, écoute, j'apprends qu'elle est enceinte et pour cet acte-là, j'ai reçu une médaille
01:10:10qui est « Acte de bravoure » et c'est une médaille de bronze.
01:10:17Ça veut dire qu'ils ont jugé la performance, là.
01:10:22Moi, j'ai rien demandé à la base.
01:10:24Et eux, ils ont dit « Bah, il a sauvé, mais il a pas perdu son œil non plus. »
01:10:29C'est trop bizarre de faire ça.
01:10:30Et ça me dit que je reçois une médaille de bronze,
01:10:33mais il y avait pas de médaille dans le courrier.
01:10:36C'était juste un papier qui me disait « J'ai une médaille. »
01:10:39C'est un peu humiliant, en fait.
01:10:42C'est-à-dire qu'ils m'ont dit « Bravo, mais fais pas le fou non plus, quoi. »
01:10:48Et c'est là-dessus que je m'arrête.
01:10:49Merci beaucoup de m'avoir écouté.
01:10:56Merci beaucoup.
01:11:32Sous-titrage Société Radio-Canada
01:11:34« Allez, le courage, viens! J'sens la pub! »
01:11:36« Viens à Nice, viens à nice, viens à nice, viens à nice. T'as un peu d'air, là.
01:11:41»
01:11:41Ouais, c'est bon, en fait, ça va.
01:11:43C'est faisable.
01:11:49« Tête de m'omere, je peux faire l'armée! »
01:11:52« T'inquiète, je sors, c'est merci. »
01:11:58c'est pas beau par contre au niveau
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