00:00À Libreville, Port-Gentil, Franceville ou encore OIEM, il n'est pas rare de croiser des personnes souffrant manifestement de
00:06troubles psychiatriques abandonnés à elles-mêmes dans les rues.
00:10Une réalité dérangeante qui interroge autant la prise en charge sanitaire que la capacité de la société gabonaise à protéger
00:16les plus vulnérables.
00:18Ils marchent seuls, parfois pieds nus, souvent désorientés, certains fouillent les poubelles, d'autres parlent dans le vide.
00:24Les cas les plus extrêmes montrent des hommes ou des femmes déambulants partiellement, voire totalement dénudés, au milieu de l
00:31'espace public.
00:32Une image qui choque mais qui semble progressivement s'installer dans le paysage urbain gabonais.
00:37Pourtant, derrière chaque silhouette errante se cache une histoire humaine, une maladie mentale non prise en charge, une famille dépassée,
00:44une rupture sociale
00:45ou simplement l'absence d'un système capable d'assurer un suivi durable aux personnes souffrantes de troubles psychiatriques.
00:51La question mérite d'être posée sans détour. Comment une personne manifestement en détresse psychique peut-elle vivre des semaines,
00:58des mois, voire des années dans la rue,
01:00sans qu'aucune solution pérenne ne lui soit proposée ?
01:03Le problème dépasse largement le cadre de la simple assistance sociale. Il relève de la santé publique, car lorsque les
01:09malades mentaux deviennent visibles
01:10uniquement parce qu'ils errent sur les marchés, les carrefours ou les grandes artères de nos villes, c'est tout
01:16le système de prise en charge qui apparaît défaillant.
01:18Au Gabon, les structures spécialisées restent limitées et les familles, souvent seules, face à la maladie, manquent d'accompagnement psychologique,
01:26médical et financier.
01:28Alors que les autorités multiplient les discours sur la modernisation du système de santé, la situation de ces hommes et
01:34femmes rappelle qu'une politique sanitaire
01:36ne se mesure pas uniquement au nombre d'hôpitaux construits ou aux équipements inaugurés.
01:41Elle se mesure aussi à la manière dont une nation traite ses citoyens les plus fragiles,
01:46car une République qui laisse ses malades mentaux errer nus dans ses rues ne fait pas seulement face à un
01:51problème médical,
01:52elle est confrontée à une question de dignité humaine.
01:55Le défi est désormais clair, sortir la santé mentale de l'angle mort des politiques publiques,
02:00car derrière chaque regard perdu au bord d'une route se trouve un Gabonais qui attend encore que la République
02:06se souvienne de lui.
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