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[#Déclaration] Bilie-By-Nze : la défense dénonce une détention “sans base légale”

Près de deux mois après le placement sous mandat de dépôt d’Alain-Claude Bilie-By-Nze, son avocat, Maître Thierry Nguia, conteste la procédure et réclame sa remise en liberté immédiate. Selon la défense, les faits reprochés seraient prescrits depuis 2011 et le maintien en détention préventive ne serait justifié ni par les nécessités de l’instruction, ni par la manifestation de la vérité.

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Transcription
00:00L'explication suivante concernant l'affaire de notre client, M. Alain-Claude Billy Binzé,
00:09ancien Premier ministre et principal opposant politique de notre pays.
00:18Près de deux mois après son placement, son mandat de dépôt, M. Alain-Claude Billy Binzé est toujours en détention
00:24préventive.
00:26Cette situation interroge plus que jamais.
00:30Qu'est-ce que le juge d'instruction attend pour entendre M. Alain-Claude Billy Binzé ?
00:38La plaignante a déjà été entendue.
00:42En effet, l'analyse des faits reprochés à M. Alain-Claude Billy Binzé révèle une réalité simple.
00:50Il ne s'agit pas d'une affaire pénale.
00:56Face à cette situation, M. Alain-Claude Billy Binzé a fait appel de l'ordonnance de placement sous mandat de
01:02dépôt
01:03et dans la foulée, une demande de mise en liberté provisoire, simple et sous caution a été sollicitée.
01:13M. Alain-Claude Billy Binzé a également sollicité du juge d'instruction qu'il soit assigné à résidence
01:19ou placé sous contrôle judiciaire en vain.
01:25Le juge d'instruction s'est contenté d'indiquer que l'ordre public a été troublé,
01:30sans préciser en quoi celui-ci l'a été, puisqu'il s'apprécie ce trouble-là au jour de l
01:38'infraction.
01:41M. Alain-Claude Billy Binzé a saisi la Chambre d'accusation en nullité de certains actes
01:46de la procédure pour prescription, puisque les faits visés remontent à 2008
01:52et que la prescription ici est acquise depuis 2011.
02:00Pour seule réponse, la Chambre d'accusation affirme qu'elle est incompétente
02:05pour annuler les actes du procureur de la République,
02:09alors même que l'article 155 du Code de procédure pénale lui en donne la compétence.
02:17La Chambre d'accusation admet donc implicitement que la prescription est acquise,
02:23mais elle ne veut pas attaquer le réquisitoire du parquet.
02:30Toutes ces décisions de refus ont fait l'objet de pourvots en cassation,
02:35afin que la haute juridiction puisse se prononcer sur la légalité de tous ces arrêts.
02:44Pendant que toutes ces procédures étaient en train d'être instruites devant la Chambre d'accusation,
02:49M. Alain-Claude Billy Binzé a demandé au juge d'instruction de l'entendre au fond
02:55pour la manifestation de la vérité,
02:58dès lors que la plaignante, elle, avait déjà été entendue
03:04conformément aux dispositions de l'article 96 du Code de procédure pénale.
03:11A ce jour, ni le juge d'instruction ni la Chambre d'accusation n'ont répondu à cette demande,
03:18alors même qu'ils sont tenus d'y répondre à peine de nullité de la procédure.
03:29Quelle indifférence !
03:34Nous entendons dire ici et là que la demande d'interrogatoire n'est pas une demande d'acte,
03:40et pourtant l'interrogatoire constitue un acte du juge d'instruction.
03:48En tout état de cause, même si l'on en vient à retenir qu'il s'agit d'une affaire
03:54pénale,
03:55comme nous l'impose désormais le génie juridique du parquet et du juge d'instruction,
04:01la prescription est acquise depuis mai 2011,
04:05dès lors que les faits visés remontent à 2008.
04:11Mieux, le dossier actuellement poursuivi ne présente aucune complexité particulière.
04:22Ainsi, le point de presse du procureur de la République pour une affaire ancienne,
04:28prescrite, portant sur une maudite somme de 5 millions de francs CFA,
04:33et confiée à un juge d'instruction, tout cela interroge.
04:40Car rappelons quand même que c'est le ministère public en personne
04:43qui a cru devoir médiatiser cette affaire,
04:47l'a portée sur la place publique,
04:50pour une affaire de 5 millions de francs CFA.
04:54Du moins, c'est l'intérêt du litige.
04:57Cela voudrait dire que le procureur de la République
05:01devrait faire des sorties lui-même médiatiques
05:03à chaque fois que quelqu'un irait se plaindre
05:07de quelqu'un d'autre qui devrait 5 millions de francs CFA.
05:10Je pense qu'avec toutes les activités au quotidien du parquet,
05:15du chef du parquet, ce serait assez fastidieux.
05:18C'est pourquoi tout cela interroge.
05:24En effet, l'effet reproché à M. Alain-Claude Bilibinze
05:27concerne des événements anciens, parfaitement identifiés,
05:32ne nécessitant ni investigation particulière,
05:36ni commission rogatoire,
05:38ni recherche de co-auteur ou de complice.
05:42Dans ces conditions,
05:44le choix procédural consistant à saisir un juge d'instruction
05:48apparaît pour le moins surprenant.
05:53L'information judiciaire a-t-elle été ouverte
05:55parce que les nécessités de l'enquête l'imposaient ?
05:59Réellement ?
06:01Ou parce qu'elle constituait le seul moyen procédural
06:07permettant d'obtenir l'incarcération de M. Alain-Claude Bilibinze,
06:12ancien Premier ministre du gouvernement de notre pays
06:15et, comme je le disais plus haut,
06:17principal opposant politique de notre pays ?
06:23Cette interrogation est d'autant plus légitime
06:26que près de deux mois après son placement sous mandat de dépôt,
06:29le juge d'instruction ne l'a encore pas entendu au fond
06:34et prétend désormais qu'il ne détient plus le dossier
06:38de M. Alain-Claude Bilibinze,
06:42sous prétexte qu'il s'en est dessaisi
06:44du fait des différents appels initiés par la défense
06:47de M. Alain-Claude Bilibinze.
06:52Pourtant, la loi impose au juge d'instruction
06:56de garder par devers lui une copie du dossier
06:59afin qu'il poursuive l'information,
07:02sauf décision expresse de la Chambre d'accusation.
07:08Seule la Chambre d'accusation
07:11peut arrêter une instruction
07:13menée par le juge d'instruction.
07:18Et le juge d'instruction ne peut pas dire
07:21qu'il n'a plus copie d'un dossier.
07:28Il va donc sans dire que la détention
07:30de M. Alain-Claude Bilibinze
07:32n'est aujourd'hui justifiée
07:34ni par les nécessités de l'instruction
07:37ni par les exigences
07:39de la manifestation de la vérité.
07:43Près de deux mois après son placement
07:44sous mandat de dépôt,
07:46aucun acte substantiel d'instruction
07:48n'est venu justifier
07:51le maintien d'une mesure
07:52aussi attentatoire
07:54à la liberté individuelle.
07:57Or, il ne saurait être admis
08:00qu'un citoyen demeure privé
08:01de liberté pendant plusieurs mois
08:03sans avoir été mis en mesure
08:06de s'expliquer pleinement
08:07devant le juge
08:09sur les faits qui lui sont reprochés.
08:14C'est pourquoi l'article 96
08:16du Code de procédure pénale
08:17a été institué.
08:19Pour sanctionner la négligence
08:21des juges d'instruction
08:22et de celles de la Chambre d'accusation.
08:27Il n'y a aucune raison
08:29aucune
08:31qu'un juge d'instruction
08:32ou une Chambre d'accusation
08:33ne répondent pas à un avocat
08:35à la défense
08:37qui demande
08:38d'entendre son client.
08:41L'article 96
08:43alinéa 4 du Code de procédure pénale
08:45est pourtant claire.
08:48Si le juge d'instruction
08:50n'a pas statué
08:51dans un délai
08:51de 8 jours,
08:55le procureur de la République,
08:57la partie intéressée
08:58ou son avocat,
08:59saisit la Chambre d'accusation
09:00qui statue
09:01à peine de nullité
09:03de la procédure,
09:04à peine
09:06de nullité
09:07de la procédure,
09:10à peine
09:11de nullité
09:13de la procédure
09:15dans le même délai.
09:20Ainsi,
09:21à compter de sa saisine,
09:23le 11 mai 2026,
09:26la Chambre d'accusation
09:27disposait à son tour
09:29d'un délai impératif
09:31de 8 jours
09:33expirant
09:34le 19 mai 2026
09:36pour rendre
09:37sa décision.
09:40Or,
09:40aucune décision
09:42n'est intervenue
09:44dans ce délai
09:45et jusqu'à ce jour.
09:50Il résulte
09:51de cette situation
09:51une méconnaissance
09:52manifeste
09:53des prescriptions
09:54de l'article 96
09:55du Code de procédure pénale.
09:58Dès lors,
09:59le maintien
10:00en détention
10:02préventive
10:03de M. Alain-Claude
10:05Billy Binzé
10:05se trouve
10:07privé
10:08de base légale
10:09et impose
10:11sa remise
10:13en liberté
10:13immédiate.
10:17Nous appelons
10:19en conséquence
10:20les autorités
10:21judiciaires
10:22compétentes
10:23à tirer
10:24toutes les conséquences
10:26de droit
10:26des irrégularités
10:28dénoncées
10:28et à ordonner
10:30sans délai
10:31la remise
10:33en liberté
10:34de M. Alain-Claude
10:36Billy Binzé.
10:37Je vous remercie.
10:39Je vous remercie.
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