00:00Et là, je vais vous raconter quelque chose. J'ai eu une confidence d'un magistrat qui m'a appelé
00:04hier et qui m'a dit qu'il y a trois chambres de comparution immédiate à Paris, dont une qui
00:17a été rajoutée au dernier moment.
00:19Et avant, il y avait un juge qui présidait tout ça, qui s'appelait Tonis Curtis, et qui était considéré
00:28par le syndicat de la magistrature comme trop dur, parce que de temps en temps, il l'envoyait en prison,
00:34en comparution immédiate.
00:37Ils l'ont largué et ce magistrat m'a dit, je vous assure que deux chambres sur trois étaient composées
00:46exclusivement de membres du syndicat de la magistrature.
00:49Le syndicat de la magistrature est entré dans l'État pour démolir l'État, pour démolir la loi, pour démolir
00:55le bien commun.
00:58Et donc, la syndicalisation, ce n'est pas possible. C'est comme l'armée. Quand on rentre dans l'armée,
01:05on ne se syndique pas.
01:06Quand on est magistrat, on juge au nom de la société, au nom du peuple français et pas au nom
01:13de convictions idéologiques.
01:14On laisse ces convictions idéologiques au vestiaire quand on prend la toge et l'armine.
01:21Et enfin, je termine par quelque chose d'essentiel dont jamais personne ne parle, sauf l'Institut pour la justice,
01:27avec le remarquable Pierre-Marie Sèvres, qui était un homme exceptionnel, et qui est exceptionnel de bon sens.
01:37– Qui a parlé de désastre judiciaire à propos du drame concernant l'État.
01:42– Alors là, je ne crois pas trahir sa pensée en disant que l'Institut pour la justice a posé
01:48le problème de la composition de la magistrature.
01:55Pourquoi ? Parce que, en fait, les jeunes magistrats qui sortent de l'École nationale de la magistrature,
02:00il y a aussi Jean-Paul Garraud qui m'avait raconté ça, parce qu'il a été à un moment
02:04donné en responsabilité là-bas.
02:07Tous ces jeunes, ils rentrent à 22 ans et ils sortent à 25 ans.
02:11Et à 25 ans, ils sont substituts du procureur à hoches.
02:14Vous voyez ? Ils n'ont jamais rien fait d'autre.
02:18Donc, ils font des études, ils passent le concours, ils sortent de l'ENM et ils deviennent substituts du procureur
02:24à hoches.
02:25Bon. Alors, la solution ?
02:28La solution, c'est simple, c'est le panachage.
02:31La solution, puisqu'on dit souvent, il faudrait un lien plus fort entre police et justice,
02:39la solution, c'est de faire rentrer des policiers et des gendarmes dans la justice.
02:45Et donc, par le tour extérieur, ce qui est à la disposition du ministre.
02:50C'est-à-dire, en fait, permettre à des anciens gendarmes, à des anciens commissaires de police,
02:57de devenir magistrats et permettre à des magistrats de faire l'inverse.
03:02À ce moment-là, vous aurez une compréhension plus intime entre les forces de sécurité et la magistrature.
03:12La grande différence entre les forces de sécurité et la magistrature, je vais dire un truc horrible, mais ça ne
03:17fait rien, c'est le fruit de mon expérience.
03:19Quand vous rencontrez un gendarme ou un policier, il est dans la vie.
03:26Il est dans la vie de tous les jours, il parle à la population, il est dans la population, il
03:30est de la population.
03:32Le magistrat, lui, il est à l'abri de sa toge et il m'édite la phrase de Richelieu qui
03:40disait,
03:41« Laissez les juges dormir, tant qu'ils dorment, ils ne se révoltent pas et ils ne sont pas tentés
03:46de prendre le pouvoir. »
03:48Mitterrand a eu un mot juste, c'est rare que je lui rende hommage.
03:52Mais il a dit, « Les juges ont eu la peau de l'ancien régime, ils auront la peau du
03:56nouveau. »
03:57Voilà, le régime est en train de mourir.
04:00Sous-titrage Société Radio-Canada
04:00Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires