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  • il y a 12 heures
Grégory Bobbato, maire de Fleurance, puis Béatrice Brugère, magistrate et secrétaire générale du syndicat Unité Magistrats, étaient invités du Face-à-Face de ce vendredi 5 juin sur BFMTV et RMC.

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Transcription
00:00Il est 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV2, invité ce matin après l'immense émotion et
00:07peut-être même la colère qui est en train de s'installer dans le pays après la découverte du corps
00:11de cette fillette hier.
00:13Dans ce studio, Béatrice Brugère, bonjour. Vous êtes magistrate, vous êtes secrétaire générale du syndicat Unité Magistrat.
00:20La question que je vous poserai évidemment dans un instant, c'est celle des défaillances dont parle le ministre de
00:25la Justice.
00:25Est-ce qu'il s'agit de défaillance ? Est-ce qu'il s'agit d'une véritable faillite, voire
00:30même d'un scandale d'État à ne pas avoir su protéger cet enfant, ses enfants devrais-je dire,
00:36puisque de nombreuses plaintes avaient déjà été déposées contre le principal suspect ?
00:39Mais je voudrais d'abord qu'on parte à Florence, puisque mon autre invité c'est vous, Grégory Bobateau, bonjour.
00:45Vous êtes le maire de Florence, où Liana a été scolarisée, là où elle avait été vue la dernière fois,
00:54vendredi dernier.
00:55Il y a tout pile une semaine. Comment vous vivez tout cela ce matin ? Comment vous administrez ? Comment
01:00la ville de Florence dit sa peine ce matin ?
01:07On se réveille ce matin, pour ceux qui ont pu dormir, de façon meurtrie évidemment.
01:15Vous savez, j'ai pris la parole hier soir pour lancer un appel à la dignité, et je réitère cela
01:21ce matin, parce qu'on a une famille qui est dans le deuil,
01:24et je pense qu'il ne faut pas oublier tout cela, et il ne faut pas, même si on parle
01:29déjà de ce qui s'est passé, de la façon dont ça s'est passé,
01:34oublier que la famille est dans le deuil, et donc toutes mes pensées vont à la famille ce matin.
01:38Vous savez, hier soir, j'ai pris la parole à 20h, en me posant une question, savoir si c'était
01:45mon rôle.
01:45Si c'était le rôle du maire de la ville de prendre la parole à 20h sur tous les médias
01:49nationaux,
01:51pour pallier ce besoin d'humanité, ce devoir d'humanité qu'on ressentait dans la population,
01:58et que j'ai ressenti au plus près des Florentins, pour avoir une parole, une parole humaine,
02:02qui dise deux mots de compassion et de dignité à l'égard de la famille.
02:06Écoutez, je l'ai fait, parce que suite à un communiqué technique, un silence assourdissant des autorités,
02:13je pensais qu'il fallait humainement dire ce mot en direction de la famille.
02:18Et ce matin, je réitère cela en avant-propos.
02:20Monsieur le maire, quand vous dites cela, cela veut dire qu'effectivement, on entend chez vous qu'il y a
02:24eu un manque,
02:25qu'il y a eu un manque de parole, qu'il y a eu un manque même d'appel.
02:28Est-ce que vous-même, alors que depuis plusieurs jours, vous découvrez l'ampleur des peines
02:36qui n'ont pas été suffisamment prises au sérieux, cette fameuse phrase prononcée par la mère de Rosa,
02:41la petite fille qui a porté plainte pour viol contre le suspect numéro 1,
02:44elle a porté plainte pour viol en août dernier, depuis rien,
02:49et elle dit que si la plainte avait été prise au sérieux, peut-être que la petite Liana n'aurait
02:52jamais disparu.
02:54C'est face à cela que vous dites qu'il faut garder la dignité ? Pourquoi ?
02:58Parce que sinon, c'est la colère qui l'emporterait ?
03:03Bien sûr, il faut se garder de toute colère et il faut garder la dignité.
03:06Parce que vous savez, ce système est dénoncé par tous.
03:09Il est dénoncé par tous depuis longtemps, et encore plus ces dernières années, encore plus ces derniers mois.
03:15Et alors là, évidemment, à l'aune de ce que l'on vient de vivre à Florence,
03:19évidemment, on ne peut que réagir. Il a été dénoncé par la voie législative,
03:24puisque, en plus, pour illustrer cela, notre député, notre propre député du Gers, David Topiak,
03:29vous regarderez, mais en août 2025, dénoncer ça lors d'une question au gouvernement,
03:34pour alerter sur le dysfonctionnement du tribunal d'Auch,
03:38et particulièrement au niveau de la protection des enfants.
03:41Donc, c'était août 2025, la question de M. Topiak.
03:44On a une dénonciation associative qui se fait.
03:46On a entendu Mouve Enfant sur votre chaîne.
03:49On a pu lire France Victime dans le Monde, qui expliquait cette nécessité de faire quelque chose.
03:56Et puis, évidemment, par les victimes elles-mêmes.
03:58Vous parlez de cette maman qui s'est exprimée chez vous.
04:01Mais comment vous dire ?
04:04Le seul vrai courage aujourd'hui, moi, si je peux m'exprimer ainsi,
04:07ce n'est pas le mien de vous parler ce matin.
04:09Vous savez, je me suis longtemps demandé si c'était ma place de prendre la parole ici.
04:13Je le fais parce que je fais mon devoir de maire.
04:15Le seul vrai courage, ce n'est pas de vous parler ce matin,
04:17ce n'est pas le vôtre de me poser des questions,
04:20ce n'est pas de savoir ce qui a été fait ou pas fait, ou qui a manqué.
04:23Le vrai courage dont on parle aujourd'hui, c'est le courage des victimes,
04:26c'est le courage des enfants, c'est le courage qu'il faut à ses enfants
04:28pour pouvoir aller pousser une porte de gendarmerie, accompagner leurs parents.
04:31C'est le courage des enfants qui doivent surmonter leur honte,
04:35qui doivent surmonter leur terreur pour y aller.
04:36Et doit-on rappeler, peut-être, qu'un enfant est humain avant d'être adulte ?
04:43Et que c'est à nous, adultes, de protéger les enfants.
04:47Quand on voit que déjà, déjà, déjà, en 2023,
04:54le CIVIS, la Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles,
04:57faite aux enfants, préconisait tout un tas de choses,
05:01je crois qu'à 80 et quelques points.
05:02Et où en est-on en 2026 ? C'était en 2023.
05:06La question du député, c'était en 2025.
05:08Voilà les vraies questions.
05:09Aujourd'hui, je crois qu'il n'y a aucune polémique à avoir.
05:12Simplement, on pose les faits sur la table et on dit où on a failli.
05:15Voilà.
05:16Et je ne suis pas là pour vous dire que quelque chose a dysfonctionné
05:19au niveau départemental.
05:21Ce n'est pas au niveau départemental, ce n'est pas au niveau régional,
05:24mais c'est bien au niveau national qu'il faut...
05:26Est-ce que ça veut dire, M. le maire, ce matin...
05:27Je crois qu'il faut aller au bout.
05:29Est-ce que ça veut dire ce matin, M. le maire,
05:32qu'à vos yeux, ce n'est pas un dysfonctionnement de la justice
05:35ou un dysfonctionnement de la police
05:37ou un dysfonctionnement d'une collectivité,
05:40que c'est un dysfonctionnement de la France ?
05:46Eh bien oui, je crois que c'est un vrai dysfonctionnement d'État,
05:49de la France, dont il s'agit, puisque, comment vous dire,
05:55je peux illustrer ça en vous parlant de la solitude des élus, simplement,
06:02qui... Vous savez, les maires, c'est le premier maillon de la chaîne.
06:05Les maires, c'est les gens, c'est le peuple, c'est le premier représentant,
06:10c'est celui qui est en contact en permanence avec la population française.
06:15Et l'État, ce sont les personnes qui sont plus hauts.
06:20Et ce sont les législateurs, ce sont l'ensemble des ministres,
06:23ce sont toutes les personnes qui nous administrent, qui nous gouvernent.
06:26Et à un moment donné, on ne peut plus se contenter d'avoir des réponses partielles,
06:30des réponses étouffées, parce que tel ou tel considère
06:34que ce n'est pas sa place de prendre la parole,
06:36parce qu'il pense qu'humanement, il ferait un faux pas.
06:39Eh bien, écoutez, je suis là devant vous, parce que, humainement,
06:43je pense qu'il est de mon devoir de dire ces choses-là,
06:47sans aucune haine, sans aucune colère,
06:50mais simplement avec toute l'humanité qui peut caractériser
06:56la fonction que j'exerce, celle de maire.
06:59– Merci beaucoup, merci Grégory Beaubateau.
07:02Vous êtes le maire de Florence, allez-y, allez-y.
07:07– Oui, oui, voilà. Moi, je pense, vous savez que,
07:11si nous ne l'avions pas, avec mon équipe municipale,
07:13pris le taureau par les cornes, il y a quelques jours,
07:18nous serions restés seuls, nous serions restés seuls,
07:21sans coup de fil.
07:23– Parce que personne ne vous avait appelé spontanément,
07:25vous n'aviez reçu aucun appel, monsieur le maire,
07:28on sent aussi que vous vous dites, au fond,
07:31que vous étiez livré à vous-même.
07:32– Mais bien sûr, la seule proximité que nous avions,
07:39c'est les formidables enquêteurs,
07:41la gendarmerie qui a fait un travail formidable auprès de nous,
07:44qui a été là au jour le jour,
07:45qui a fait son travail sur un territoire
07:48qui est extrêmement difficile, extrêmement ardu,
07:53en recherche.
07:54On est dans le rural, vous savez,
07:56donc on n'est pas dans des zones faciles.
07:59Et la gendarmerie a été là.
08:01Effectivement, alors écoutez,
08:02que vous dire si,
08:04mon téléphone a sonné hier soir à 20h07,
08:07avec à l'autre bout du fil le cabinet de la présidence.
08:10Et enfin, j'ai envie de dire enfin,
08:11des mots qui m'ont semblé à la hauteur de la situation.
08:14Mais six jours après, six jours de silence,
08:19donc effectivement, à 20h07 hier soir.
08:21– Merci Grégory Bobateau,
08:23donc maire de Florence,
08:25de nous avoir partagé effectivement cette réaction,
08:28à la fois en tant que maire,
08:29mais on l'entend bien presque même en tant que citoyen français.
08:32Béatrice Brugière est avec nous dans ce studio,
08:35magistrate, secrétaire générale du syndicat,
08:36unité magistrat.
08:37Votre dernier livre, c'est
08:38« Les juges ont-ils vraiment tous les droits ? »
08:40Mais la question évidemment que je vous pose ce matin,
08:42c'est les mots qui ont été utilisés.
08:44Le ministre de la Justice dit
08:45« Il y a eu dysfonctionnement ».
08:46Quand on le regarde,
08:47la chronologie des plaintes et des signalements
08:50qui se sont accumulés à l'encontre du suspect Jérôme Badela,
08:55qui se retrouve aujourd'hui comme le suspect numéro un,
08:59après avoir été,
09:00et les mots du maire étaient très forts,
09:02quand il dit le courage de ses enfants
09:04qui ont été dénoncés,
09:05qui ont pris le temps d'aller porter plainte.
09:07Il y en a eu au moins une,
09:08sept ans en 2022,
09:11classée sans suite.
09:12Il y en a eu une autre en août 2025.
09:14Elle a eu rendez-vous avec les médecins
09:17qui ont constaté dans son corps
09:19les stigmates disant
09:20qu'elle ne disait pas faux,
09:23qu'effectivement les lésions qu'elle présentait
09:26coïncidaient avec son récit de viol.
09:28C'était le 11 septembre dernier
09:30et Jérôme Badela n'avait toujours pas été interrogé.
09:34Oui, merci beaucoup de votre invitation.
09:37Tout d'abord, je voudrais avoir un mot
09:38pour cette famille,
09:39parce que ce qui vient d'être dit
09:41est très juste par ce maire.
09:44D'abord, c'est le temps du deuil aujourd'hui.
09:47Le temps des responsabilités viendra.
09:49Le temps des explications complètes viendront aussi.
09:54Aujourd'hui, ce temps, il appartient à cette famille.
09:57Et moi, j'ai vraiment une pensée
09:59pour ce qui leur arrive,
10:00parce que c'est tragique.
10:02On va aller droit au but.
10:03C'est un échec.
10:05C'est un échec collectif, c'est sûr.
10:09Il y a des enquêtes administratives en cours
10:12qui verront s'il y a eu des responsabilités individuelles.
10:15Je ne suis pas du tout la personne en charge de ça
10:19et ce n'est pas de ma responsabilité
10:22de parler de ça aujourd'hui.
10:23mais on ne va pas se cacher.
10:25C'est un échec collectif
10:27et des responsabilités, on verra.
10:32Puisque la personne actuellement
10:35qui est mise en examen,
10:37non, qui n'est pas encore mise en examen d'ailleurs,
10:38mais qui, je ne sais plus,
10:40Jérôme Barrena,
10:40qui est en tout cas présumée coupable,
10:47en vrai, était déjà dans nos radars.
10:48Il y avait déjà eu des signalements.
10:52Donc il va falloir démêler exactement...
10:54Décembre 2017,
10:55le renseignement judiciaire établi par la gendarmerie,
10:58une femme vient signaler
11:00que sa fille a une relation inappropriée
11:04avec un homme, Jérôme Barrena.
11:05Janvier 2024,
11:07une procédure le mettant en cause
11:09après une plainte pour viol
11:12sur une fillette de 7 ans
11:14est finalement classée sans suite
11:17car insuffisamment caractérisée.
11:20Août 2025,
11:22le 22 août,
11:23dépôt de plainte
11:24de la mère d'une mineure
11:25en 2014,
11:27elle avait 11 ans,
11:28qui dénonce des faits de viol.
11:31Elle est, je le disais,
11:32soumise à un examen médico-légal
11:35qui, en effet,
11:36corrobore ses dires
11:38et dit qu'elle a vraisemblablement
11:40été violée.
11:42Le 31 mai 2026,
11:44on a à nouveau le récit
11:47qu'un signalement a été fait
11:49à l'aide sociale à l'enfance
11:51d'une jeune fille
11:51à l'encontre de ce même
11:53Jérôme Morella.
11:55Que fallait-il de plus ?
11:56Et sans doute,
11:57d'autres choses vont arriver.
11:58Que fallait-il de plus ?
11:59Alors, moi,
12:00ce que je peux dire,
12:01en tout cas ce matin,
12:03c'est qu'on est sans doute
12:04sur des dysfonctionnements,
12:05et ça a été très bien dit
12:05par le maire avant,
12:06qui sont systémiques.
12:08Nous avons un problème en France
12:11sur la protection de l'enfance.
12:13Il va falloir que ça devienne
12:15un enjeu premier,
12:17un enjeu national.
12:20Nous avons en ce moment
12:20une commission d'enquête,
12:21vous savez,
12:22sur l'inceste,
12:23mais il y a eu des rapports
12:24sur la protection de l'enfance,
12:25sur la prise en charge
12:26de l'enfance, etc.
12:27On ne peut plus,
12:28et on ne doit pas,
12:29en tout cas moralement,
12:30se cacher sur l'excuse des moyens.
12:34Oui, on n'a pas les moyens,
12:35c'est vrai,
12:36mais ça ne suffit pas.
12:37Ce n'est pas une réponse
12:38que l'on peut entendre.
12:39Il va falloir qu'on fasse
12:41notre révolution
12:41et qu'on s'organise
12:43avec les moyens que l'on a
12:44pour faire en sorte
12:46que ces choses n'arrivent plus.
12:48Nous avons,
12:49dans cette commission d'enquête
12:50sur l'inceste,
12:52entendu toute la difficulté
12:53de ces toutes petites victimes
12:57à dénoncer les faits
12:58et sur la crédibilité
13:00qu'on apporte à leurs paroles.
13:01Mais je vous arrête un instant
13:02parce que Béatrice Brugière,
13:03ça, on l'a beaucoup dit
13:04et on l'a dit par le passé.
13:06Là, je vais vous redonner
13:07cet exemple.
13:08Il y a la parole,
13:09il y a les actes,
13:11il y a l'examen médical,
13:14il y a la preuve,
13:15j'allais dire matérielle,
13:16tangible.
13:16Que fallait-il de plus ?
13:18C'est-à-dire qu'on sait
13:19que la petite fille
13:19n'a pas menti.
13:20On sait qu'elle a été
13:22victime de viol.
13:23Des médecins en attestent.
13:25Ça, c'est le 11 septembre dernier.
13:27Bien sûr.
13:27Et alors qu'elle a 10 ans,
13:29alors que l'homme en question
13:30est au contact de petite fille
13:31toute la journée,
13:32qu'il est lui-même père
13:33de deux filles,
13:34la police ne vient pas
13:35frapper à sa porte.
13:37Alors, c'est ce que je disais
13:38tout à l'heure,
13:39il y a une double enquête,
13:40il y a une double inspection
13:41qui va déterminer exactement,
13:42parce que c'est son rôle,
13:44s'il y a eu des failles
13:46individuelles,
13:47comment ça s'est passé
13:48et s'il y a des responsabilités
13:49qui devront être tirées
13:51de ces failles.
13:52Ça appartient aux deux ministres,
13:53le ministre de l'Intérieur
13:54et le ministre de la Justice
13:55dont j'ai cru comprendre
13:56qu'ils se réunissaient ce matin
13:58pour une réunion.
13:5910h30 aujourd'hui à Matignon.
14:00En l'état,
14:01ce que l'on peut dire
14:01de façon plus générale,
14:04c'est que je crois
14:05qu'on n'est pas organisé
14:06comme il le faut.
14:07Et ça, c'est très important.
14:08Ce que je vais vous dire,
14:09c'est que nous avons
14:10de plus en plus
14:11de profils à risque
14:12comme ces personnes.
14:13On voit de plus en plus
14:14d'ailleurs d'affaires,
14:15d'agressions sexuelles
14:16sur des mineurs.
14:18Les chiffres sont assez effarants
14:19et ça, c'est la commission
14:20d'enquête aussi
14:20qui l'a révélé.
14:22Qu'est-ce que l'on doit faire
14:23à partir de là ?
14:23On ne va pas continuer,
14:25comme vous le dites
14:25très justement,
14:27à dire les choses,
14:28à les constater,
14:28à ne rien faire
14:29et à rester les bras croisés.
14:31Il y a des modes d'organisation
14:34qui sont plus performants
14:35que d'autres.
14:36Je pense par exemple
14:38à ce qui se passe
14:39en Angleterre.
14:40Ils ont des modes d'organisation,
14:42ça s'appelle le MAPA d'ailleurs,
14:43c'est assez intéressant,
14:44où ils sont en capacité
14:45de faire un partage
14:46d'informations
14:46sur des acteurs
14:49pluridisciplinaires,
14:49services sociaux,
14:51psychiatrie, justice,
14:54mairie,
14:55il y a l'aide sociale
14:56à l'enfance
14:56qui signale,
14:57il y a une plainte.
14:58Sauf qu'en France,
14:59personne ne se parle
15:01et il n'y a pas
15:02de stratégie opérationnelle
15:04pour préserver justement
15:06de façon aussi organisée
15:08que ce qui se passe
15:09en Angleterre.
15:10On doit absolument
15:11monter en puissance
15:13sur nos organisations,
15:15c'est vraiment une réalité,
15:17sur la prise en charge
15:18des signaux d'alerte,
15:19sur le partage d'informations
15:21pour pouvoir justement
15:23évaluer ces profils à risque
15:24et prendre des mesures
15:26de prévention.
15:27Béatrice Brugère,
15:30lorsque l'on voit
15:31effectivement cet enchaînement,
15:32j'ai reçu
15:33et c'était quasi prémonitoire,
15:34mardi matin,
15:35la maman d'Elias.
15:37Elias, c'est ce garçon
15:38de 14 ans
15:38qui a été tué
15:39à la machette
15:39par deux jeunes hommes,
15:41mineurs eux aussi,
15:42déjà connus,
15:44déjà condamnés,
15:45mais dans une sorte
15:45d'à peu près
15:46de failles,
15:47d'enchaînements
15:48de failles
15:49et d'imprécisions
15:51qui finalement,
15:53jour après jour,
15:54ont échappé
15:55alors qu'il y avait
15:56des signalements,
15:56alors qu'il y avait
15:57des condamnations véritablement
15:59à la condamnation
16:00ou à la sanction.
16:02Est-ce qu'on n'est pas
16:03dans cette France
16:04de l'à peu près ?
16:05En tout cas,
16:06ce qui est sûr...
16:06Où les choses sont bricolées
16:07ou on se dit
16:07ça va tenir
16:08et puis finalement,
16:09ça ne tient pas.
16:09Ce qui est sûr,
16:10c'est que comme on est,
16:11et ça c'est une réalité,
16:12cet objectif,
16:13cet objectif et pardon,
16:15sur une surcharge
16:16de procédure,
16:17on est sur une culture
16:18un peu malgré nous,
16:19du classement
16:20un peu trop facile,
16:21je vous l'accorde
16:22et ça ne va pas.
16:23Si on a des signaux
16:24d'alerte comme ça
16:24sur des profils
16:25qui sont sériels,
16:26puisqu'on voit très bien
16:27qu'il y a eu plein de faits,
16:28il faut qu'on ait
16:29des capacités d'alerte
16:31extrêmement sérieuses,
16:32vous avez raison,
16:33on ne peut pas être
16:34dans l'à peu près.
16:35Il faut que tous ces signaux
16:36d'alerte soient répertoriés.
16:38C'est pour ça que je vous parlais
16:38de systèmes beaucoup
16:39plus performants
16:40comme en Irlande
16:41ou en Angleterre.
16:42Ils le font,
16:43pourquoi on ne le fait pas ?
16:44Donc c'est possible
16:45d'avoir cette possibilité
16:46d'organiser de façon
16:48opérationnelle.
16:49Mais c'est parce qu'on ne le fait pas.
16:51En fait,
16:51on n'est pas à la hauteur
16:52des enjeux.
16:53Je pense qu'on a des systèmes,
16:55on a des gens formidables.
16:56Et d'ailleurs,
16:56ça a été dit par le maire
16:57et il a raison de le dire
16:58parce qu'il faut quand même
17:01rendre à César ce qui est à César.
17:02Les gendarmes ont fait
17:03sans doute un travail exceptionnel
17:04y compris pour retrouver le corps.
17:06Je crois qu'il faut,
17:08et ça c'est vrai,
17:09il l'a dit,
17:09au niveau de l'État,
17:11au niveau de l'État,
17:12que chacun prenne
17:12ses responsabilités
17:14pour avoir des systèmes
17:16mieux organisés,
17:17plus performants.
17:18Par exemple,
17:19j'entends...
17:20que les juges rendent compte.
17:22C'est-à-dire,
17:22faut-il subir à un moment
17:23une forme de sanction ?
17:26Mais vous avez raison,
17:26mais en fait,
17:27c'est une responsabilité collective.
17:28Tout le monde a une responsabilité
17:29dans ce système.
17:30L'État pour nous donner
17:32les moyens,
17:32l'État pour nous donner
17:33des organisations performantes
17:35et des outils performants.
17:36Les individus
17:37pourraient être au meilleur,
17:39j'allais dire,
17:39de leurs compétences
17:40et de leurs missions,
17:41bien sûr.
17:42Mais si vous voulez,
17:43c'est systémique.
17:44C'est-à-dire qu'on va peut-être
17:45pouvoir dire
17:45« Ah, un tel n'a pas fait
17:47ce qu'il fallait. »
17:48Mais ça ne réglera pas
17:49le problème
17:50parce que demain,
17:51vous aurez une autre affaire.
17:52Donc en fait,
17:53il faut qu'on ait
17:54une réflexion d'envergure
17:55pour prendre maintenant,
17:58j'allais dire,
17:58de façon sérieuse
17:59ces problématiques
18:01qui sont extrêmement graves
18:02de mise en danger
18:04de la population
18:04et notamment de mineurs
18:06sur lesquels
18:07on a des signaux.
18:08On n'aurait pas de signaux,
18:09je vous tiendrai pas.
18:09Parce qu'il y a une urgence
18:10plus spéciale ?
18:11Mais surtout parce que
18:12c'est possible.
18:13C'est-à-dire qu'il y a
18:14des pays qui le font,
18:15on peut faire mieux.
18:16Merci beaucoup.
18:17Merci Béatrice Brugière
18:18d'avoir répondu
18:18à mes questions ce matin.
18:19Vous êtes magistrate,
18:20secrétaire générale
18:21du syndicat Unité Magistrat.
18:23Je rappelle le titre
18:23de votre livre
18:25« Les juges ont-ils
18:26vraiment tous les droits ? »
18:27C'est aux éditions
18:27de l'Observatoire.
18:28Vous êtes bien sur RMC,
18:29BFM TV.
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