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  • il y a 2 heures
Tamara Horacek avait tout pour devenir une grande championne de handball. Fille de Vesna Horacek, internationale croate vainqueure de la Ligue des champions, elle a démarré sa carrière à Metz puis avec une médaille d'argent olympique à Rio 2016. Après une période plus compliquée, elle est revenue en force en 2021, puis a décroché le titre mondial avec les Bleues en 2023. L'an prochain, elle sera de retour en France au sein du Brest Bretagne Handball.

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Sport
Transcription
00:16Bonjour, bienvenue dans la Victoire Éternel, l'émission consacrée aux femmes dans le sport.
00:21Aujourd'hui, je reçois une sportive qui est l'une des pièces maîtresses de sa discipline,
00:25aussi bien en club qu'en sélection. Elle a, vous allez voir, presque tout gagné dans sa carrière,
00:30qui est d'ailleurs très loin d'être terminée. J'ai la chance d'accueillir la handballeuse Tamara Horacek.
00:36Bonsoir Tamara.
00:37Bonsoir.
00:37Comment est-ce que ça va ?
00:39J'irai très bien, merci.
00:40Je suis très très heureuse de te recevoir. On va bien sûr parler de toi, du hand français et féminin,
00:48dont Sport en France a longtemps été le diffuseur. Mais d'abord, on m'a demandé de te poser une
00:52première question un peu originale.
00:54Est-ce que tu es prête ? Est-ce que tu as bien fait tes ongles ?
00:58Non, cette fois-ci, ils ne sont pas faits parce qu'on n'a pas eu match.
01:04Est-ce que tu peux nous expliquer un peu ce que c'est ce gimmick autour de tes ongles ?
01:08Oui, je pense que depuis que je joue handball dans le milieu professionnel,
01:12tout le monde sait que j'ai toujours mes ongles faits. Avant, je les faisais tous les jours.
01:16Mais maintenant, c'est devenu plus un rituel. Je les fais les jours de match pour que mes ongles soient
01:21bien faits quand je joue.
01:22Ça te porte bonheur ?
01:23Non, c'est juste un rituel, un moment où je me détends. C'est mon moment à moi.
01:28Donc, je fais mes ongles chaque jour de match.
01:30Bon, on sera plus attentifs la prochaine fois.
01:32Voilà, vous regardez bien.
01:33On te présente rapidement. Tu es donc demi-centre arrière-gauche. Tu as 30 ans.
01:38Tu viens tout juste de terminer ta saison à Crimm, l'un des plus grands clubs européens,
01:43le meilleur club slovéne, avec un doublé championnat coupe comme l'an passé.
01:47Tu as donc passé déjà deux saisons là-bas. Ce club, c'est vraiment une immense institution du handball français.
01:54Comment est-ce que toi, tu as vécu cette expérience ?
01:56C'était une nouvelle expérience à l'étranger pour moi. C'était un peu spécial parce que ma mère y
02:02a joué aussi,
02:03où elle a gagné la Ligue des champions.
02:05Et c'était comme se retrouver…
02:09Enfin, où j'ai grandi pendant trois ans, quand j'étais jeune, quand j'étais enfant,
02:12où tout a démarré parce que j'ai commencé le handball en Autriche, mais c'est vraiment revenir un peu
02:18sur les pas de maman.
02:19Et c'était une fierté de pouvoir porter ce maillot pendant deux saisons, sachant que ma mère y a joué
02:23aussi.
02:24Est-ce que tu penses que ça a influencé ton choix d'aller jouer là-bas ?
02:27Je pense que ça a influencé un peu mon choix, effectivement, et aussi d'être un peu plus proche de
02:31ma famille en Croatie.
02:33Parce qu'au moins, de temps en temps, quand je joue en France, c'est bien, je suis proche de
02:37ma mère et de mon chéri,
02:38mais c'est bien aussi d'aller voir de l'autre côté de la famille, mon papa et mes tantes.
02:42Oui, puisqu'ils sont restés là-bas et donc ça te permet de garder ce lien là-bas ?
02:46Oui, ça permet de garder le lien et aussi, je trouve que c'est important parce que, mine de rien,
02:50on a des saisons assez chargées, on n'a pas assez de temps pour voir tout le monde.
02:54Donc, ça m'a permis aussi pendant deux années de profiter de la famille du côté de mon papa.
03:01Alors, on le disait, le handball pour toi, c'est une histoire de famille.
03:04Ta maman, Vesna Horacek, a été une très grande joueuse de handball, vainqueur de la Ligue des champions,
03:10internationale croate, multiples championnes partout où elle est passée.
03:15Est-ce que tu aurais pu faire, toi, un autre sport ou est-ce que c'était vraiment, tu étais
03:19prédestinée à faire du handball ?
03:21Ce n'était pas ma destinée de base.
03:24Moi, je voulais faire du volet.
03:26OK.
03:26Quand ma mère a joué en Autriche et qu'on a fait la demande, il m'avait dit, non, mais
03:32tu es trop jeune en taille, ça va, tu es assez grande, mais tu es trop jeune.
03:35Et du coup, j'étais un peu déçue parce que, bon, volet, j'aime beaucoup ce sport et je le
03:40suis encore aujourd'hui, mais je voulais faire du sport.
03:43Je ne savais pas quel sport choisir et un jour, j'avais vu un entraînement des jeunes et c'était
03:47une coéquipière de ma mère qui les entraînait.
03:49J'ai dit, bon, on va essayer le handball et puis depuis mes six ans, j'y suis.
03:55Alors, tu es née en Croatie, tu vas y vivre pendant neuf ans.
03:59Quels souvenirs tu gardes de cette époque ? Est-ce que, déjà, tout tourne autour du handball à la maison
04:05?
04:05Tout tourne autour du handball parce que ma mère y joue, mais par contre, à la maison, c'est plus,
04:14on va parler d'autre chose que du handball
04:15parce que ça prend beaucoup de temps, beaucoup d'énergie.
04:20Donc, on essaie vraiment de ne pas parler de handball et je pense que aussi, c'est important de couper.
04:25On voit ta maman, d'ailleurs, c'est elle sur les images, là.
04:27Oui, voilà, mon net.
04:31Est-ce que ce n'est pas trop dur, justement, pour toi d'être un peu dans l'ombre, entre
04:35guillemets, de ta mère,
04:36même si on va en parler, elle a une carrière absolument incroyable qui n'éduque à toi et à ton
04:40talent,
04:41mais est-ce que ce n'est pas trop difficile de porter ce nom ?
04:44Ce n'est pas difficile parce que, je l'ai toujours dit, effectivement, ma mère a été une grande joueuse,
04:49mais moi, je n'ai pas envie qu'on me dise que je suis la fille d'eux.
04:52J'aimerais qu'on me retienne comme Tamara et pas Horacek.
04:56Et je pense qu'au fur et à mesure des années, ça s'est prouvé.
05:00Aujourd'hui, je pense qu'on me reconnaît plus comme Tami ou Tamara que la fille d'eux.
05:05Oui, bien sûr.
05:06Tu as donc débarqué en France à 9 ans lorsque ta mère a rejoint Metz en 2004.
05:11Le meilleur club français, elle, va y passer six saisons.
05:15Et vous allez donc, c'est là, véritablement poser vos valises en France.
05:19Tu vas, toi, intégrer le centre de formation du club.
05:22À ce moment-là, est-ce que tu es sûre de vouloir faire du hand ton métier ?
05:26Quand on arrive en France, non, je ne suis pas sûre.
05:29Pour moi, c'est encore le moment où on va jouer avec les copines.
05:32Le côté, je veux devenir professionnel est arrivé assez tardivement par rapport à l'âge que j'ai commencé le
05:39handball.
05:40Il est arrivé vers 14 ans et demi, 15 ans.
05:42Et c'est là où je me suis dit, bon, est-ce que j'y vais à fond ou est
05:46-ce que je veux encore juste jouer avec mes copines et me faire plaisir ?
05:50Donc, c'est là où ça a basculé un peu, où je me suis dit, je vais quand même essayer
05:54d'être professionnel et vivre de ma passion et surtout avoir des rêves.
05:59Est-ce que c'est un inconvénient ou un avantage justement d'avoir ta mère en club pro quand toi,
06:04tu es en centre de formation ?
06:07Elle n'était pas à Metz en balle. J'étais en centre de formation parce qu'elle est partie dans
06:12la région parisienne pour finir sa carrière.
06:14Donc, ce n'était pas dérangeant vu que tout le monde sait que je suis la fille de Vesna.
06:19Mais c'était assez cool qu'elle soit partie parce qu'au moins, je peux respirer tranquillement et prendre ma
06:27place.
06:28En tout cas, en 2013, ta mère stoppe sa carrière. Toi, tu démarres la tienne avec Metz.
06:33Malgré une grave blessure la deuxième saison, tu remportes deux titres de championne.
06:38Tu es sélectionnée comme remplaçante pour les Jeux Olympiques de Rio, moins de trois ans après tes débuts.
06:44Et tu vas même jouer la finale pour remplacer Chloé Buleux, blessée.
06:48Tu es donc vice-championne olympique. Déjà, félicitations.
06:52C'est plutôt pas mal pour des débuts, non ? Comment est-ce que toi, tu analyses ça ? C
06:55'est quand même fou.
06:57Franchement, c'est fou. Même quand j'y pense maintenant, c'est fou.
07:01Parce que je vous le dis toujours, j'étais surprise d'aller au JO à Rio.
07:06C'est une année, une saison que je ne joue presque pas parce que je reviens d'une blessure.
07:12Jeune en plus. Donc, ce n'était pas... Enfin, pas que ce n'était pas mon but.
07:17C'est que je trouvais que c'était un trop gros rêve. Il fallait être réaliste.
07:20Et quand ça arrive, je me dis non, mais je me vis un rêve là.
07:24C'est une caméra cachée. Qu'est-ce qui se passe ?
07:27Mais non, les débuts étaient peut-être un peu trop « waouh ».
07:31Mais je suis contente d'avoir pu vivre ces JO parce que c'est là aussi, j'ai vu le
07:37travail qu'il reste à faire,
07:39à être performante et à toujours être au meilleur niveau.
07:42Et par la suite, ton histoire avec les Bleus va être un peu moins rectiligne.
07:46Lorsque tu quittes Metz pour le Paris 92, tu n'es pas appelé pour le Mondial 2017,
07:51peut-être remporté par les Bleus. Tu t'es blessé gravement juste avant l'Euro 2018 en France,
07:57remporté également par l'équipe de France.
08:00Tu as été partenaire d'entraînement seulement pour les JO de Tokyo,
08:03où les Bleus vont devenir championne olympique pour la première fois de leur histoire.
08:07Toute cette période a été difficile à vivre. Comment est-ce que tu as géré ?
08:11Parce que là, c'est quand même, je pense, dur à avaler, non ?
08:14En vrai, je suis quelqu'un de très positif et je pense que s'il y a des choses qui
08:18arrivent dans la vie,
08:19c'est parce que ça doit arriver.
08:22Le plus dur pour moi, c'était de gérer ma deuxième blessure,
08:25les ligaments croisés en 2018, parce que j'ai démarré une saison,
08:28mais je pense un peu, comment je peux dire ça ?
08:33C'était vraiment, je marchais sur l'eau.
08:36Et je me souviens, j'étais appelée en équipe de France, je fais un stage,
08:39et je dis à Olivier, Olivier, je me sens en forme là, enfin, en canne, tout va bien.
08:44Et il m'a dit, Tami, j'aime pas quand une joueuse me dit trop tôt qu'elle se sent
08:48en forme.
08:49Et deux semaines plus tard, je me casse le ligament croisé, le deuxième,
08:54et je savais que j'aurais potentiellement pu aller au championnat d'Europe qui était en France.
08:59Et cette blessure-là, elle m'a fait du mal.
09:02Mais vu que je suis quelqu'un de positif, j'ai dit, bon, c'est mon destin,
09:05c'est pas pour maintenant, c'est pas mon moment, je vais continuer à travailler et mon jour arrivera.
09:10Est-ce que justement, t'es accompagnée par un préparateur mental dans ces moments-là ?
09:13J'étais accompagnée par un préparateur mental, mais pas pour gérer ma frustration ou parce que j'étais déçue,
09:20c'était surtout comment je vais revenir sur le terrain.
09:23Parce que quand je me suis fait mal aux genoux, c'était sur un atterrissage,
09:28et du coup, j'avais l'appréhension de ressauter.
09:32Et du coup, c'était surtout pour gérer ça.
09:35Finalement, c'est ton club formateur qui va te permettre de rebondir.
09:39Tu reviens à Metz en 2021.
09:42Avec ce retour, ce sont aussi les portes de l'équipe de France qui vont se réouvrir.
09:46Olivier Crumbles te rappelle pour le Mondial 2021 en Espagne,
09:49où vous affrontez la Norvège en finale.
09:52Un match d'abord largement dominé par la France,
09:55puis une seconde période un peu Qatar.
09:59Elle a été dure à avaler, cette médaille d'argent ?
10:02Elle a été très dure à avaler parce que quand on a démarré le match,
10:06on avait l'impression que tout nous réussissait.
10:08Mais souvent, dans ces moments-là, maintenant avec le recul,
10:11quand tout nous réussit, la deuxième mi-temps, ce n'est pas comme ça que ça se passe.
10:16Ça s'inverse.
10:18Mais après, on était quand même contentes et fiers parce que ce n'est pas facile d'arriver en finale.
10:23Et je pense aussi que ça nous a servi de leçon parce que deux années plus tard,
10:26on est championnat du monde.
10:27Et oui, puisque justement, on en parle, ça vous a servi pour la revanche en 2023
10:32lors du Mondial au Danemark.
10:34Cette fois-ci, c'est l'or mondial pour l'équipe de France qui s'impose 31 à 28.
10:38C'était quand même juste face à la Norvège.
10:40Avec une grande finale de ta part puisque tu mets cinq buts,
10:43tu tiens enfin ton premier grand titre avec les Bleus.
10:46Qu'est-ce que ça représente pour toi ce titre ?
10:48Est-ce que c'est l'accomplissement justement de toutes ces années
10:50où tu les as vus avoir des médailles, toi tu ne les as pas eues ?
10:53Est-ce que là, ça récompense toute cette patience et ce travail ?
10:56C'est une récompense, c'est une consécration d'un travail
10:59qui était dur à mener toute seule pendant des années
11:01et d'être appelée, des sélections, des non-sélections.
11:04Mais je pense aussi, ça m'a permis d'être la joueuse que je suis actuellement.
11:08Je remercie aussi à Olivier d'avoir été très dure avec moi
11:11à des moments où je ne comprenais pas pourquoi.
11:14Mais je suis très reconnaissante et je me suis dit, ça en valait de la peine.
11:18Est-ce que tu comprends maintenant pourquoi il a été dur avec toi
11:20avec le recul ou toujours pas ?
11:22Il y a des moments où je ne comprends pas.
11:23Mais après, comme je dis, j'ai mis tout ce que je pouvais de mon côté.
11:28La dernière clé de la porte, ce n'est pas moi qui l'ai, c'est le sélectionneur.
11:32Donc, c'est à lui de décider.
11:33Il y a des choses qu'on ne peut pas changer.
11:34C'était quoi d'ailleurs, ta relation avec lui ?
11:37C'est une relation très… comment je dirais ça ?
11:42Je ne dirais pas papa et fille, mais…
11:44Fusionnelle.
11:45Fusionnelle, voilà.
11:46Très fusionnelle et je le vous vois toujours.
11:49Sa femme m'a entraînée au Pôle Espoir.
11:52Mais on peut rigoler de tout et de rien.
11:54Mais par contre, je le respecte énormément.
11:57Et tu parles de relation fusionnelle, justement.
11:59Je reviens un peu avec ta maman.
12:01Dans ces moments-là, quand toi, ça a été dur pour toi,
12:03est-ce qu'elle a eu une place importante pour te faire revenir un peu sur le devant de la
12:06scène ?
12:08Ma mère et moi, on ne parle pas énormément de handball.
12:10Ok.
12:11Mais quasiment pas.
12:12Vraiment.
12:13C'est soit elle me demande après un match, est-ce qu'elle peut me dire…
12:17Par exemple, elle va me dire « je peux parler une minute de handball ? »
12:20Ou sinon, c'est moi qui va lui demander pour quelque chose de précis.
12:23Mais c'est plus quand il y a des changements de club ou des choix à faire.
12:27Mais sinon, bien sûr, elle m'a soutenue et elle a été là.
12:31Mais on ne parlait jamais de handball.
12:34Elle m'a toujours dit « juste toi, patiente ».
12:36Oui, elle a joué son rôle de mère et pas de joueuse.
12:38Voilà.
12:39Et c'est plus elle joue le côté maman à la maison qu'ancienne joueuse de handball.
12:43Et tant mieux.
12:44Parce que sinon, on n'aurait jamais eu ce moment où on est mère et fille.
12:49Et sinon, juste ancienne joueuse et joueuse de handball.
12:52Oui, c'est vrai.
12:52Tu as complètement raison.
12:53Et donc, pour revenir à cette médaille, à ce moment-là,
12:55est-ce que tu trouves que toi, tu pratiques ton meilleur handball ?
13:00Je ne me pose pas cette question-là parce que je profite de l'instant T.
13:03et je pense que toutes ces années aussi m'ont permis d'enlever un stress
13:07et une pression que je me mettais à moi-même qu'en arrivant sur un terrain,
13:11il fallait que je sois toujours à 100 %.
13:13Enfin, pas au niveau de l'énergie, mais c'est plus au niveau des tirs, des décisions.
13:18Et enfin, j'avais accepté peut-être qu'on a le droit aux erreurs.
13:23Bien sûr.
13:23C'est humain et j'ai commencé juste à me faire plaisir sur un terrain.
13:27Et je pense que c'était là aussi le switch qui s'est fait dans ma tête et sur un
13:31terrain
13:31et que j'étais encore plus épanouie.
13:33C'est juste à ce moment-là que tu as commencé à prendre du plaisir sur le terrain ?
13:36Je ne dis pas que je n'ai pas pris de plaisir avant, mais…
13:38Et tu te mettais plus de pression.
13:39Voilà, c'est ça.
13:40Là, je le prenais plus comme un jeu.
13:42Oui.
13:43Alors qu'avant, c'était « il faut que je performe ».
13:45Oui, je comprends.
13:48Tu reviens en force avec les Bleus et évidemment, il y a les fameux Jeux Olympiques 2024 en France, à
13:54Paris.
13:54C'est un peu la belle face à la Norvège.
13:58Encore une fois, l'équipe de France va s'incliner 29 à 21, ne conserve donc pas son titre olympique.
14:05Mais tous les souvenirs et les émotions traversées pendant cette compétition,
14:09est-ce que ça te reste quand même gravé à vie ?
14:12Moi, j'ai toujours dit depuis, malheureusement, qu'on a eu cette médaille d'argent.
14:16Oui, qui est quand même une belle médaille d'argent.
14:19Qui a une belle médaille d'argent, mais que la médaille d'or, c'est notre public.
14:22Et de pouvoir jouer cette finale devant 26 000 personnes, ce n'est pas donné à tout le monde.
14:27Bien sûr.
14:27Combien de personnes aimeraient être à notre place ?
14:30Et qu'il faut savourer cette médaille-là.
14:32Ce n'est pas facile d'arriver dans chaque compétition presque dans le dernier carré.
14:36Donc, il faut savourer et il faut accepter aussi.
14:39On les a battus chez elles, elles nous ont battus chez nous.
14:41Et oui.
14:42C'est ça aussi le sport.
14:43C'est vrai.
14:43Et puis, en plus, souvent, quand on joue à domicile, c'est encore plus dur d'arriver dans le dernier
14:47carré.
14:47Parce qu'il y a une sacrée pression quand même avec les Jeux de Paris.
14:49Je pense que pour beaucoup d'athlètes, cette pression, c'était compliqué à gérer.
14:55C'était compliqué.
14:56Surtout que quand ils sont au champion olympique à Tokyo, quand on démarre le nouveau cycle,
15:00on nous annonce, ben voilà, on attend la même chose quatre ans plus tard.
15:03Sauf qu'il y a encore quatre ans avant les Jeux de Paris.
15:06C'est un peu compliqué, mais on l'a assez bien géré, je trouve.
15:11Effectivement, on a senti la pression extérieure, mais on a été un peu épargnés parce qu'Olivier nous protégeait par
15:17rapport à ça énormément.
15:19Bien sûr, plus ça se rapprochait, plus on le sentait.
15:21Mais c'était vraiment, on avait une bonne protection de la part d'Olivier et tout le staff par rapport
15:26à ça.
15:26Et moi, c'est surtout quand les garçons, malheureusement, ont perdu, où là, on a senti une déception énorme.
15:32Une déception, mais une autre pression en plus parce que…
15:35On se rabattait sur vous.
15:36Voilà, c'était notre dernière chance, c'est faire quelque chose.
15:41Et en plus, vous n'étiez pas à Paris, vous étiez à Lille.
15:44Exactement, on était à Lille.
15:45Donc là, en effet, la pression, tout reposait sur vos épaules.
15:48Exactement, on était l'équipe de handball qualifiée encore en liste.
15:52Donc, il fallait rassurer, mais non, je ne retiens que des beaux souvenirs
15:57et surtout la médaille d'or que j'ai toujours dit du public.
16:00Le public nous a encouragés, nous a aidés et a été extraordinaire.
16:04Oui, c'est vrai que ça, quand même, même dans tous les autres sports,
16:06que ce soit en escrime, on l'a vu, le public a été vraiment incroyable.
16:11Et je pense d'ailleurs que ça a dû aussi faire nette des vocations
16:14de vous voir jouer comme ça les femmes pour le sport féminin.
16:17C'était hyper important.
16:19Depuis, en tout cas, toi, tu n'as plus laissé ta place
16:21en équipe de France dont tu as même pris le brassard
16:24en l'absence de Grasse Zaddy avec le nouveau sélectionneur Sébastien Gardiou.
16:29Tu as ajouté une médaille de bronze mondiale en 2025.
16:32Tu es parti, on le disait, à Crimes au début d'émission.
16:36Tu vas effectuer ton retour en France au Brest-Bretagne handball.
16:41Qu'est-ce que tu attends de ce nouveau défi dans ce club
16:44qui vient de remporter le titre en France ?
16:47Est-ce que tu es contente ? Est-ce que c'est quelque chose que tu attendais ?
16:51Raconte-nous un peu comment tu te sens.
16:53Je suis très contente de retourner en France, reconnaissante aussi.
16:57J'ai hâte de retrouver le public français aussi parce que, mine de rien,
17:01je suis partie après les JO et je pense que je n'ai pas autant savouré le post-JO
17:07comme les filles qui jouent en France en Ligue Butte à Gaz-Energie.
17:11Mais ça met une pression parce qu'elles sont championnes de France en titre.
17:15Il faudra garder ce titre-là.
17:17Mais j'ai hâte de ce nouveau défi.
17:20En fait, j'ai hâte de jouer dans la Brest Arena,
17:25même si j'y ai déjà joué.
17:26Mais en tant qu'adversaire, là, ce sera mon nouveau chez-moi,
17:30entre guillemets, et j'ai hâte de prendre mes marques.
17:33Alors, je suis passée dessus, mais on va quand même revenir un peu dessus.
17:36Qu'est-ce que ça t'a fait d'avoir le brassard de capitaine en équipe de France ?
17:40Le brassard de capitaine, c'est une sacrée responsabilité.
17:44Pourquoi ? Pour les novices ?
17:48Oui, une capitaine, c'est quand même un lien entre le staff et les joueuses.
17:54Alors, moi, j'ai toujours dit que la capitaine, c'est juste le miroir de son équipe.
18:01Elle doit prendre toutes les informations et doit les apporter au staff.
18:04Mais c'est vraiment aussi un lien entre le staff, les entraîneurs et les joueuses.
18:10Mais moi, c'est aussi, je le prenais à cœur parce que, de base, je ne suis pas française.
18:15Je suis naturalisée et je suis la capitaine d'équipe de France.
18:19Je ne vais pas donner à tout le monde.
18:21Oui, c'est incroyable.
18:22Avant, grâce, c'était Estelle Nzimenko qui était là depuis un moment.
18:26Avant Estelle, il y avait Coralie La Source ou Siraba Dembele.
18:30Donc, c'est des sacrées joueuses et je me dis, est-ce que je vais être à la hauteur ?
18:34Bien sûr.
18:35Mais non, je pense que chaque capitaine a sa façon de faire.
18:39Il n'y a pas la meilleure des façons.
18:41Il faut surtout rester soi-même et à l'écoute.
18:44Est-ce que toi, tu t'étais préparée à endosser ce rôle un jour ?
18:48On t'avait prévenue à l'avance ou pas ?
18:49On ne m'avait pas prévenue, mais quand on a su qu'elle ne pouvait pas jouer le championnat du
18:56monde, Sébastien m'avait demandé si j'étais prête.
19:00Et je lui avais répondu qu'aujourd'hui, je me sens prête mentalement, physiquement, que je suis bien alignée avec
19:06moi-même d'avoir ce rôle-là et que je n'ai aucun souci avec ça.
19:11Donc, il peut me mettre capitaine, mais effectivement, il y a un moment de doute, pas par rapport aux joueuses
19:17ou par rapport aux coachs.
19:19C'est plus, est-ce que moi-même, je serais capable ?
19:22Parce qu'il faut se concentrer sur soi, mais il faut aussi se concentrer sur l'équipe et savoir faire
19:28le juste milieu.
19:28Mais tout s'est bien passé au final.
19:30Oui, parce qu'en plus, ça rajoute une pression.
19:31Et en plus, il y a plein de jeunes joueuses en équipe de France.
19:34Donc, tu es un peu le modèle.
19:35Je pense que tu es celle qu'on écoute.
19:37Oui, c'était quand même un championnat du monde avec beaucoup de jeunes et il fallait trouver un équilibre.
19:44Il fallait trouver un équilibre, aussi montrer aux jeunes comment ça fonctionne, qu'est-ce qu'on fait un jour
19:49de match, comment on fait les vidéos.
19:51Donc, ce n'était pas facile, mais après, on a pas mal de cadres et il n'y avait pas
19:56que moi qui montrais l'exemple aux jeunes, c'est aussi les autres filles.
20:01Et après, on a de la chance d'avoir Amandine Lennoux dans le staff, ancienne joueuse d'équipe de France,
20:06emblématique d'ailleurs, et qui nous a aidés aussi à trouver le bon chemin.
20:10Là, avec le nouveau sélectionneur Sébastien Gardiou, quelle est ta relation aujourd'hui ?
20:15C'est presque, je pourrais dire, presque une même relation que j'ai avec Olivier.
20:20C'est beau.
20:20C'est différent parce que, par exemple, Olivier, je le bouvoie, Sébastien, je le tutoie.
20:26Et quand il est passé sélectionneur, il m'a quand même, pour l'anecdote, il m'a dit, bon, tu
20:30vas commencer à me bouvoyer.
20:32Mais non, je parle beaucoup avec Sébastien.
20:36Et de temps en temps, quand je l'appelle, je lui dis, là, ce n'est pas la capitaine ni
20:40la joueuse, là, c'est l'ami qui parle.
20:43Et comme ça, on sait faire la part des choses et c'est important.
20:46Où est-ce que tu l'as connue pour la première fois ? C'était à Metz ?
20:48Oui, quand on a été entraîneur à Metz, c'était ma pire préparation physique.
20:53C'est vrai ?
20:53Oui, on s'entraînait 3 heures le matin, 3 heures l'après-midi.
20:58Je ne m'ai jamais oublié, j'ai été jeune.
21:00Et franchement, faire la première préparation physique avec les professionnels et quand on s'entraîne comme ça, je me suis
21:07dit, mais pfff, moi, je ne vais jamais tenir.
21:09Je ne vais pas réussir dans ma carrière.
21:11Mais au final, ça, c'était le pire.
21:14Et après, ça va.
21:15Mais peut-être que ça t'a permis d'être aujourd'hui au niveau auquel tu es.
21:18Peut-être, vu comme ça, peut-être, mais c'était difficile.
21:22Oui, je veux bien te croire.
21:23On va revenir un peu à Brest maintenant, puisque l'entraîneur part, il va aussi y avoir de nombreuses joueuses
21:30importantes de l'équipe qui vont être remplacées.
21:32Comment est-ce que toi, justement, tu appréhendes ça ?
21:35J'avoue que je n'appréhende pas du tout.
21:37Je n'ai pas encore pensé à tout ça parce que chaque chose en s'entend, en vrai.
21:42La saison vient de se finir.
21:44Je vais avoir droit aux vacances.
21:45C'est la première fois où on n'a rien avec l'équipe de France.
21:47Donc, j'ai envie aussi de me reposer, me préparer mentalement et physiquement pour ce nouveau challenge.
21:52J'espère aussi qu'elles vont gagner la Ligue des champions, aller le plus loin possible parce que là, ça
21:58va être difficile.
21:59On a Metz et Brest au Final Four.
22:01On a de la chance d'avoir deux clubs français.
22:03Mais j'ai le temps pour ça.
22:05J'ai juste hâte de voir parce qu'il y aura beaucoup de changements.
22:08C'est un nouveau code, c'est un nouveau système.
22:09Mais j'ai aussi envie de voir comment ça va fonctionner quand j'arrive là-bas.
22:13Tu disais que là, cet été, vous n'avez pas de compétition avec l'équipe de France.
22:16Il y a quand même l'Euro 2026 dans ta ligne de mire qui sera en Pologne du 3 au
22:2120 décembre prochain.
22:23Donc, en effet, tu as largement le temps de te projeter.
22:26Quel sera ton objectif ?
22:28À toi personnellement et après pour l'équipe de France.
22:31Mais toi, ton objectif ?
22:33Mon objectif à moi, c'est surtout déjà parce qu'on ne sait jamais d'y être.
22:38Non, on ne sait jamais.
22:39Oui, c'est vrai que tu as raison.
22:40Je préfère le dire.
22:42J'ai dit que sans la santé, on ne peut rien y faire.
22:45Mais après, avec la santé, il faut performer pour être sélectionné.
22:48On ne sait jamais.
22:49Et après, prendre du plaisir et pouvoir aller le plus loin possible avec mon équipe.
22:55Parce que j'aimerais bien qu'on ait une petite médaille pendant le championnat d'Europe.
22:59Une petite médaille d'or.
23:01Voilà.
23:03Accessoirement.
23:04Non, je rigole.
23:05Non, j'aimerais bien une médaille d'or.
23:06Mais après, on sait tous qu'il y a des aléas.
23:08Et déjà, on va voir comment on se retrouve avec celles qui vont revenir des congés maternité.
23:18Donc, j'ai hâte.
23:19Eh bien, en tout cas, on va croiser les doigts pour toi.
23:22On te souhaite évidemment une bonne saison.
23:25On va parler, on va continuer de parler de championnes.
23:29Mais cette fois, c'est avec Julie Caron pour la chronique Sacrée Championne.
23:37Bonjour, Julie.
23:38Salut, Virginie.
23:39Et enchantée, Tamara.
23:40On est ravis de te recevoir aujourd'hui.
23:43Bon, vu le palmarès et la langue liste de championnes que l'on a en France, j'aurais pu choisir
23:48une tricolore.
23:49Il y a les anciennes, les pionnières, Véronique Pécquerolland, Cléopâtre, Darleux, avec tous ses engagements,
23:55notamment en faveur de la maternité des sportives et puis toute la génération dorée actuelle dont tu fais partie, Laura
24:02et puis aussi Alison Pinault.
24:05Mais même si les grands noms ne manquent pas, j'ai choisi de me diriger vers une athlète qui a
24:09révolutionné à tout point la discipline.
24:13Il y a certaines championnes qui changent leur sport à jamais.
24:15Et c'est le cas de Anya Andersen.
24:17Alors, cette joueuse danoise, elle est devenue dans les années 90 le visage d'une génération victorieuse.
24:24Avec son équipe nationale, elle a remporté l'Euro 94, l'Euro 96, les JO d'Atlanta 96, puis le
24:32championnat du monde en 97.
24:34En sélection, elle a disputé pas moins de 133 matchs pour 735 buts inscrits.
24:39Donc un sacré palmarès.
24:42Mais c'est pas ça seulement qui a fait sa légende.
24:44Anya Andersen, elle a joué comme personne avant elle, à une époque où le handball féminin était encore assez codifié,
24:51rigide, presque académique.
24:53Elle, elle apporte beaucoup d'audace, de l'improvisation et aussi beaucoup de spectacles, passe dans le dos, gestes un
25:00peu inattendus et une vision de jeu surtout exceptionnelle.
25:04Elle a vraiment tout osé.
25:05Elle a transformé chaque match en représentation.
25:09Et son talent est tel qu'en 97, après avoir déjà terminé deuxième du classement mondial à plusieurs reprises, elle
25:17est enfin élue meilleure joueuse du monde par l'IHF.
25:20Une distinction qu'elle va remporter qu'une seule fois dans sa vie, mais qui est venue couronner une influence
25:25qui est bien plus grande, bien plus grande que n'importe quel trophée individuel.
25:30Car Anya, c'est pas seulement une immense joueuse, c'est aussi une personnalité hors normes, impulsive, rebelle, parfois provocatrice.
25:41Elle a souvent contesté les arbitres, elle bouscule les conventions et elle refuse surtout de rentrer dans le rang qu
25:48'on attend souvent d'une athlète féminine.
25:50Son caractère lui a valu quelques exclusions d'ailleurs, des conflits, parfois même des critiques.
25:57Mais c'est aussi ce tempérament-là qui a fasciné.
25:59Elle joue avec émotion sans jamais tricher.
26:03Malheureusement, à seulement 30 ans, un problème cardiaque l'a obligé à mettre fin à sa carrière.
26:09Beaucoup auraient quitté la scène sportive.
26:11Elle a choisi de réinventer le jeu une seconde fois.
26:13Elle est devenue entraîneur et elle a construit à Sla Gehlze, une équipe qui a dominé l'Europe pendant des
26:21années.
26:22Elle a remporté trois ligues des champions.
26:24Une réussite qui a fait d'elle l'une des rares légendes du handball à avoir autant révolutionné le sport
26:29sur le terrain que sur le banc.
26:31Et aujourd'hui encore, son influence, elle est immense.
26:33En 2024, elle a intégré le Hall of Fame de la Fédération Européenne de Handball.
26:38Donc, Ania, elle n'a pas seulement gagné.
26:40Elle a montré qu'une femme, elle pouvait être géniale, créative, libre, dérangeante aussi parfois.
26:46Et elle a changé à elle seule le regard porté sur tout un sport.
26:49Et c'est peut-être ça, la véritable marque des pionnières.
26:53Elle ne laisse pas seulement un palmarès, mais surtout un héritage.
26:56Alors, je crois que tu as une petite anecdote, toi, sur cette fameuse joueuse.
27:01Moi, j'ai une petite anecdote.
27:03Effectivement, je n'étais pas née.
27:04Je n'étais même pas dans les plans.
27:05Mais je sais que, putain, on m'a toujours dit qu'elle se rappait ses doigts pour ne pas faire
27:10de mauvais gestes vers l'arbitre, surtout quand elle l'entraînait.
27:14Du coup, non, c'est pour rebondir un peu.
27:17Je pense que si on pouvait comparer à Ania Anderson, ça serait un peu avec Jackson Richardson chez les garçons
27:22en France.
27:23Parce qu'elle a fait du spectacle quand elle jouait.
27:27Elle ne voulait pas être celle qui faisait juste tirer comme tout le monde.
27:31C'était vraiment révolutionné le handball.
27:33Et je pense que ça a beaucoup aidé pour la suite.
27:36Merci beaucoup, en tout cas, Tamara.
27:38On te souhaite bonne chance pour la suite de ta saison en club et en équipe de France.
27:43Et on suivra, bien sûr, tes résultats.
27:45Merci d'avoir accepté notre invitation.
27:47Merci à vous.
27:48Ça fait vraiment plaisir.
27:50Merci à François Caudal, notre réalisateur, Clément Ritter au son, Enzo Morello à la vision, Sylvie Vanel au maquillage, Julien
27:58Perronnet à l'édition.
27:59J'espère que cette émission vous a plu.
28:01On se retrouve dans deux semaines pour un nouveau numéro de La Victoire est en aile.
28:05A bientôt, salut.
28:07Salut !
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