00:00On cherche à comprendre effectivement comment une plainte pour viol sur une mineure de 10 ans peut rester sans réponse
00:05pendant comme ça des mois.
00:06On va revenir en détail sur la chronologie, mais d'abord pour vous, est-ce qu'on fait face à
00:10un dysfonctionnement majeur ?
00:14C'est clair qu'on fait face à un questionnement majeur sur à la fois les process de justice, je
00:22pense tant phase d'enquête que phase de poursuite devant les tribunaux,
00:26et également l'autre difficulté, et j'en reviens toujours à ça, c'est à la fois quel moyen nous
00:33faut-il pour rendre justice de qualité qui protège nos concitoyens ?
00:36Moi, quand je suis rentré dans la magistrature il y a bientôt 36 ans, plus de 36 ans même maintenant,
00:41je ne suis pas rentré dans la magistrature pour subir cette émotion,
00:48cette grande frustration de ne pas pouvoir protéger et poursuivre nos concitoyens des faits qui sont commis.
00:55Et malheureusement, au quotidien, trop souvent, on doit faire des choix entre ce qui est très urgent, très très très
01:02urgent, très très très très urgent,
01:04et ces choix-là parfois s'avèrent malheureux.
01:07Mais pardon Ludovic Friat, la pédocriminalité, c'est très très très très très très urgent ?
01:14C'est très très très très urgent, on est bien d'accord, là-dessus ça...
01:20Ce que je veux dire, c'est qu'on ne peut pas, enfin, nos concitoyens ne supportent pas ce qu
01:24'on est en train de raconter,
01:26est-ce qu'on ne peut pas expliquer pourquoi les priorités de la justice ne peuvent pas être, dans le
01:32contexte que l'on sait,
01:34déployées un peu plus favorablement en faveur de ces faits, de ces crimes potentiels ?
01:40Tout à fait, parce que les priorités de la justice, si vous voulez, on demande à la justice des priorités
01:45sur tous les fronts,
01:46et c'est des vrais sujets. La justice s'est beaucoup mise en marge, s'est beaucoup déployée sur les
01:53vifs,
01:53les violences intrafamiliales, et c'est heureux après les drames qu'on a connus.
01:57La difficulté, prenons le traitement de ce dossier-là. Ce dossier-là, normalement, c'est le parquet qui les traite
02:03en première intention.
02:04Il faut savoir qu'en France, nous avons trois à quatre fois moins de procureurs que dans les pays européens
02:10de richesses comparables.
02:11Donc on voit bien le gap qu'il y a entre les moyens, notamment humains, mais des moyens également techniques
02:17et informatiques,
02:18pour traiter ce volume important d'affaires. Actuellement, on sait qu'on a à peu près entre 10 et 12
02:23000 plaintes
02:23qui sont déposées par jour dans les commissaires et les gendarmeries, et on en a environ 700.
02:28700, c'est énorme, qui concernent des violences sexuelles ou sexistes, et des vifs, des violences intrafamiliales.
02:34– Sous-titrage Société Radio-Canada
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