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  • il y a 2 jours
La mère d'Elias, tué pour son portable en janvier 2025 à Paris, témoigne sur BFMTV. Elle réclame de pouvoir rencontrer les juges des enfants qui ont suivi le parcours judiciaire des assassins de son fils.

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Transcription
00:00Je vous ai reçu il y a près d'un an maintenant, vous êtes la maman d'Elias, je crois
00:05qu'on peut montrer son visage, je voudrais que l'on voit sa photo, son visage.
00:11Voici Elias, votre fils. Elias, il a été tué il y a un an et demi maintenant, presque un an
00:16et demi, c'était le 24 janvier 2025.
00:19Il a été tué en sortant de son entraînement de foot, il avait 14 ans et il a été tué
00:25par deux autres mineurs, 16 et 17 ans, à la machette.
00:30Et ces deux jeunes avaient été connus de la justice, avaient déjà été jugés et pourtant ils étaient là ensemble,
00:40avec interdiction pourtant de se voir et ils ont tué Elias.
00:45Quand je vous ai reçu, vous aviez grande confiance dans la capacité de la justice à faire la lumière sur
00:53les défaillances, sur les dysfonctionnements.
00:56Un rapport depuis a été fait, une mission d'évaluation, je l'ai ici extrêmement détaillée, sur ce qui est
01:06absolument dramatique, c'est-à-dire en réalité l'enchaînement de dysfonctionnements,
01:10de petites erreurs, de grosses erreurs qui ont entraîné au fond la mort de votre fils.
01:17Mais malgré tout, là vous avez tenu bon et vous vous êtes dit, on m'a promis que j'allais
01:21pouvoir rencontrer les juges qui ont jugé ceux qui sont ensuite devenus les assassins de mon fils.
01:29Et vous m'avez appelée la semaine dernière et vous m'avez dit, si vous le voulez bien, j'aimerais
01:33reprendre la parole parce qu'au fond je suis au bord de la révolte, j'ai le sentiment d'être
01:37face à un mur.
01:38La justice se moque d'Elias. Est-ce que vous pouvez nous dire pourquoi ?
01:42Je peux vous affirmer que l'institution judiciaire et plus précisément le premier président de la Cour d'appel de
01:51Paris, Jacques Boulard,
01:52et le président du tribunal judiciaire de Paris, Péman Gallet-Marzban, se moquent de moi, se moquent d'Elias et
02:01se moquent de notre famille.
02:03Puisqu'ils nous avaient, lors d'une première rencontre, expliqué qu'ils allaient réfléchir à la mise en place de
02:10cette réunion, de cette rencontre avec les juges des enfants.
02:14Et puis finalement, au mois de mars, ils ont fait volte-face.
02:18Ils se sont emmurés dans la charte de déontologie des magistrats.
02:26En fait, ils ont demandé un avis consultatif au collège des magistrats de l'ordre judiciaire.
02:34Et en fait, cet avis, il est consultatif.
02:37Il repose sur une charte et ils sont partis de cet avis pour nous claquer la porte au nez.
02:44En nous disant, non, cette rencontre, elle ne peut pas avoir lieu.
02:49Or, cette rencontre, elle est pour nous légitime.
02:54Elle est nécessaire parce que nous avons besoin de dialoguer.
02:59Nous avons besoin d'échanger.
03:03C'est un besoin humain.
03:05Je l'ai déjà dit.
03:07Et en fait, ils ont complètement changé d'avis.
03:12Et on les a vus s'emmurer, vraiment.
03:16C'est-à-dire...
03:16Et là, vous avez l'impression, vous leur avez même écrit, votre lettre a été interceptée.
03:21Au fond, vous m'avez dit au téléphone, mais nous, on est des gentils, en fait.
03:25On ne demande même pas de sanctions.
03:26On ne se révolte pas.
03:28Et pourtant, vous pourriez.
03:30C'est-à-dire qu'honnêtement, Géraldine, moi-même, nous avons lu attentivement ce rapport.
03:34Il est écrit noir sur blanc que la justice a failli.
03:37Mais ce n'est pas juste la justice a failli.
03:39Un enfant est mort.
03:40Elle n'a pas juste failli.
03:41Ce n'est pas juste les désordres habituels d'une justice débordée.
03:45Je me souviens, parce que ce rapport, il faut quand même le rappeler à nos téléspectateurs,
03:51les deux jeunes qui ont tué Elias ne sortaient pas de nulle part.
03:56Ils étaient connus de la police, de la justice, depuis 2021, déjà.
04:01En 2023, ils sont présentés à un juge.
04:04Ils viennent de commettre en deux semaines 19 infractions.
04:07Le procureur requiert un contrôle judiciaire que le juge refuse.
04:11ils récidivent quelques mois plus tard.
04:15Une fois de plus, les juges des enfants refusent un contrôle judiciaire.
04:18Alors qu'ils estiment qu'ils ont des regrets.
04:20Il y a ça dans tout le dossier avant d'arriver au meurtre fatal.
04:26Donc si je me souviens bien, vous, vous vouliez simplement rencontrer ces juges
04:30pour qu'ils expliquent pourquoi, en dépit d'un dossier ultra lourd,
04:35ils avaient considéré que non, ces enfants-là ne méritaient pas qu'on soit un peu ferme avec eux
04:41et qu'on ait un contrôle judiciaire sur eux.
04:43Et c'est ce rendez-vous, cette explication qu'on vous refuse.
04:46Cette rencontre, une rencontre humaine, nous considérons que notre demande est légitime,
04:52que c'est la demande des parents d'Elias.
04:55Mais finalement, nous représentons les victimes, nous représentons le peuple français.
05:01Et la justice, aujourd'hui, doit gagner la confiance du peuple français.
05:07En fait, nous sommes les invisibles.
05:10L'institution judiciaire est une institution visible.
05:13Nous, nous sommes une institution invisible.
05:16Et pourtant, notre poids, ce que ne comprennent pas Jacques Boulard et Pémane Gallet-Mardin...
05:23Les plus hauts magistrats.
05:24Les si hauts magistrats.
05:26Ce qu'ils ne comprennent pas, c'est notre force, c'est notre légitimité.
05:32Et ils sont au pied du mur.
05:34C'est-à-dire qu'ils se sont construits un mur.
05:37Mais en fait, aujourd'hui, ils sont au pied de ce mur.
05:40Cette rencontre, ils n'ont pas le choix.
05:43Elle doit avoir lieu.
05:45Ce d'autant qu'ils s'appuient sur l'avis consultatif du collège de théontologie,
05:50mais ils refusent d'appliquer la circulaire du garde des Sceaux.
05:56Une circulaire du garde des Sceaux, là encore, je l'ai aussi sous les yeux.
06:01Circulaire du garde des Sceaux, qui a d'ailleurs un cri très signalé,
06:05qui, soi-disant, y donne beaucoup d'importance.
06:07Et dans cette circulaire, il est indiqué que cette rencontre est souhaitée.
06:13Il convient de systématiser, dans de telles hypothèses,
06:15un accès renforcé des victimes à l'autorité judiciaire.
06:18Donc, en fait, tout est écrit noir sur blanc.
06:20Et vous, vous heurtez à ce mur.
06:24Quels sont vos recours aujourd'hui ?
06:26Qu'est-ce que vous demandez ?
06:28Alors, nous, ce qu'on demande,
06:31ce n'est pas une demande, en fait.
06:33C'est fini, les demandes.
06:35C'est fini.
06:35Notre enfant, il est mort.
06:37Il a été assassiné par des prédateurs.
06:40Par des prédateurs qui étaient connus des juges des enfants.
06:44En fait, aujourd'hui, nous nous opposons
06:47à la décision de ces six hauts magistrats
06:50qui, finalement, nous méprisent.
06:54Donc, du mépris, naît la révolte.
06:57Donc, aujourd'hui, nous sommes une famille unie.
07:00Nous avançons avec force et honneur.
07:03Et nous allons exiger que cette rencontre ait lieu.
07:08Ce d'autant que sur les trois juges des enfants,
07:12que pour l'instant, je ne nomme pas.
07:14C'est-à-dire que nous continuons d'être respectueux.
07:19Nous ne nommons pas ces juges.
07:21Nous ne jetons pas leurs noms en pâture.
07:25Il y a un élément très important.
07:27C'est que parmi ces trois juges des enfants,
07:29il y en a une qui a émis le souhait de nous rencontrer.
07:33Qui a dit, mais moi, j'aimerais bien rencontrer
07:35la famille d'Elias.
07:36Parce que je veux bien, déjà, humainement, échanger.
07:41Et cela lui a été refusé.
07:42C'est-à-dire que ces si hauts magistrats
07:47protègent leurs corporations
07:49et se sont dit, oula, non, pas du tout.
07:51Pas de dialogue, pas de rencontre.
07:54Alors que, en fait, ça serait si simple.
07:57Cette rencontre n'a pas lieu.
07:59Et si ce mur, en effet, continue à être...
08:01Alors, la justice ne fera jamais cette recherche,
08:06cette réflexion.
08:07Quand on regarde le dossier,
08:08on voit qu'ils ont été signalés
08:10pour un premier fait de vol et de port d'armes en 2021.
08:13Puis, déféré en 2023.
08:15Puis, le 22 septembre,
08:17alors qu'ils sont dans une mise à l'épreuve éducative.
08:19L'un des jeunes, récidive.
08:21Violence en réunion, coup de pied, coup de poing.
08:23Une victime.
08:23Il est convoqué, mais quatre mois après.
08:26L'audience de culpabilité est renvoyée plus tard.
08:29L'un des juges est en arrêt maladie.
08:31Donc, on décale l'audience.
08:34Au total, il y a neuf mois qui s'écoule.
08:36Bien loin du délai de trois mois maximum.
08:38Le 27 octobre 2024,
08:41avant même d'être jugé pour des violences,
08:43il y en a un autre qui est récidive,
08:45qui est revenu,
08:47qui a de mauvaises fréquentations.
08:48Les deux autres récidives.
08:48Si je peux me permettre,
08:49les deux autres, le 27 octobre,
08:52les deux autres,
08:53ceux qui vont être les meurtriers de mon enfant,
08:55les deux autres récidives ensemble.
08:58Et la juge des enfants rentre octobre.
09:02Lorsqu'elle les reçoit,
09:04elle dit
09:04« Vous avez une interdiction de rentrer en contact. »
09:11Je voudrais qu'on s'arrête un instant là-dessus,
09:13parce que cette interdiction de rentrer en contact,
09:15d'abord, on voit bien qu'ils étaient en permanence ensemble,
09:19mais ça aurait pu être prévisible,
09:20parce que leurs adresses,
09:22c'est la même résidence.
09:24Vous vous êtes d'ailleurs vous-même rendu sur place.
09:26Vous avez été sur place.
09:27Vous avez eu besoin de voir.
09:29Parce que ça me semblait tellement impensable
09:32que je suis allée dans cette résidence,
09:35ce d'autant qu'Elias est mort au pied de cette résidence,
09:38puisque le stade de foot,
09:40en fait, c'est très simple.
09:42C'est des délinquants multirécidivistes.
09:47Je pense que finalement,
09:48le terme de prédateur est assez juste,
09:50puisqu'en fait,
09:51ils ont toujours le même mode opératoire.
09:54Ils sont deux.
09:55Ils vont terroriser des mineurs.
09:58Aux abords, le plus souvent de ce stade.
10:00Donc, ils descendent de chez eux et hop,
10:02ils vont voler un téléphone, une doudoune, une trottinette.
10:06D'accord ?
10:07Donc, j'ai eu besoin, finalement,
10:08en voyant le lieu où est décédé Elias,
10:12ce lieu où je me suis allongée, moi, à côté de lui,
10:16ce lieu où je reste, finalement, physiquement allongée depuis le 24 janvier.
10:21Je me suis aperçue que leur résidence, elle était à côté
10:24et qu'ils se voyaient chacun de leurs fenêtres.
10:29Donc, il y a...
10:30Je n'ai pas envie d'être...
10:32Je n'ai pas envie d'avoir de haine ni d'animosité contre la justice.
10:36Mais aujourd'hui, en ne nous répondant pas,
10:39en ne nous rencontrant pas,
10:41c'est la justice qui nous méprise.
10:44Et de ce mépris, je le rappelle,
10:48va naître notre révolte,
10:51voire notre vengeance.
10:53C'est-à-dire que vous retenez,
10:55je sens bien, vous retenez,
10:56vous m'avez même dit,
10:58mon fils, le frère d'Elias,
11:00il dit, mais attends, maman, on va mettre les noms des juges,
11:02enfin, je veux dire, s'ils ne veulent pas qu'on les rencontre,
11:03on va le mettre sur les réseaux sociaux.
11:05Vous lui dites, ben non, parce que ça ne se fait pas.
11:06Votre mère a répondu,
11:09mais ça ne se fait pas de tuer un garçon.
11:11C'est-à-dire qu'il y a un conflit,
11:14en fait, nous, comme vous tous,
11:16nous sommes civilisés,
11:19nous respectons les institutions,
11:22et on a un respect profond pour l'institution judiciaire.
11:25Aujourd'hui, on a découvert que la justice n'a pas protégé Elias,
11:29et de manière très innocente,
11:32nous nous sommes dit,
11:33nous allons pouvoir dialoguer
11:35avec les juges des enfants.
11:37Je voulais simplement,
11:38c'est très important ce que vous dites aussi,
11:41parce que nous entendons là la révolte d'une mère,
11:44mais je pense qu'elle traduit la révolte de beaucoup,
11:46qui ne peuvent pas s'exprimer sur le même sujet.
11:48Il y a dans ce rapport,
11:49un élément qui, moi, m'avait sidéré,
11:52et qui est très important,
11:53et sur lequel l'institution judiciaire est restée totalement muette,
11:58on apprenait dans ce rapport qu'en 2024,
12:02le service territorial éducatif en milieu ouvert,
12:06c'est-à-dire qui doit assurer le suivi judiciaire
12:11auquel sont condamnés des jeunes délinquants,
12:14comptait 63 jeunes en attente de prise en charge,
12:18dont 38 pour fait grave,
12:19dont un viol, deux tentatives de mœurs.
12:21C'est-à-dire que c'est des jeunes qui étaient condamnés à ça,
12:24mais ça n'est pas appliqué.
12:25Et cette condamnation n'était pas appliquée.
12:29Et il a fallu ce rapport de l'inspection générale de la justice
12:33pour qu'on le découvre.
12:34Derrière, il n'y a pas de suivi, pas d'explication.
12:37J'imagine que ces familles sont dans le noir complet.
12:40Et là, c'est un dysfonctionnement majeur
12:44qui concerne toute la société,
12:46pas uniquement le cas de madame.
12:48Vous avez dit, Stéphanie, du mépris n'est la révolte
12:53et peut-être la vengeance.
12:54C'est-à-dire qu'au fond, vous-même,
12:56vous dites qu'on est hyper respectueux, etc.
12:58Mais vous êtes animée de quoi ?
13:02D'une envie de tout.
13:03Qu'est-ce qu'il y a derrière ce mot ?
13:06En fait, c'est un sentiment de vengeance.
13:09On n'est pas au stade de jeter des pavés
13:11contre le tribunal judiciaire.
13:14Mais il y a un an, lorsque je vous ai rencontré,
13:18pour moi, c'était un devoir.
13:20On le devait, alias, de rencontrer ses juges.
13:24Et en fait, au fil des mois,
13:27dans le métro, dans la rue, à l'hôpital où je travaille,
13:32les personnes me disent,
13:33madame, nous vous soutenons dans votre combat
13:36contre la justice, contre l'institution judiciaire.
13:40En fait, je ne comprends pas.
13:41Ce mot de combat, il m'a surpris,
13:43parce que je ne pensais pas être une guerrière.
13:48Mais finalement, j'ai découvert que j'étais probablement
13:54l'une des mères les plus malheureuses de France,
13:57comme d'autres mères qui ont perdu leur enfant
14:00dans des situations dramatiques.
14:01Mais je suis aussi devenue la mère la plus combative de France.
14:07Et je pense que ces six hauts magistrats
14:11n'ont pas compris ce caractère combatif.
14:16Ils n'ont pas compris que la famille d'Elias
14:19ne lâcherait rien.
14:21Ils n'ont pas compris que la famille d'Elias
14:22était une grande famille.
14:25Et que ce sentiment de vengeance,
14:27c'est un sentiment qui est parfaitement sain, la vengeance.
14:31Évidemment, si on ne la met pas en action.
14:34Sauf que vous espérez que ce soit la justice qui le fasse.
14:35Mais encore faut-il pour cela que la justice vous réponde.
14:38Oui.
14:39Stéphanie, merci d'être venue ce matin,
14:42de nous avoir alertés.
14:44Espérons peut-être que ces six hauts magistrats
14:47vous entendent ce matin.
14:50Ils doivent nous entendre.
14:51En fait, il n'y a pas l'espérance.
14:54Cet entretien doit avoir lieu.
14:56Et il aura lieu, quoi qu'il arrive.
14:59On a entendu.
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