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  • il y a 2 heures
Sur notre plateau, le cas de Patrick Bruel soulève un débat de fond beaucoup plus large : la confrontation entre deux principes moraux et juridiques majeurs.

D’un côté, François-Xavier Bellamy (professeur agrégé de philosophie et député européen) défend le principe strict de la présomption d’innocence. Pour lui, il est dangereux de laisser l’opinion publique ou la Cancel Culture remplacer les tribunaux en empêchant un artiste de se produire sur scène avant même qu’un juge ne se soit prononcé.

De l’autre, Alain Policar (chercheur associé au Cevipof) soutient le concept de la présomption de véracité. Il rappelle que, pendant des siècles, la parole des femmes a été invisibilisée. Considérer qu’il faut croire les victimes a priori ne remplace pas le jugement pénal, mais constitue une nécessité morale pour que leur voix existe dans l’espace public.

Selon vous, face à des accusations, comment la société doit-elle réagir en attendant le verdict de la justice ? On attend vos avis en commentaires. 👇💬

🔗 L’émission intégrale est disponible sur notre chaîne YouTube.

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Transcription
00:00Quand vous dites présomption de véracité, ça me fait, je vous le dis très simplement, ça me fait froid dans
00:04le dos.
00:04Si Patrick Bruel a été réellement coupable des faits qui lui sont reprochés, il faut qu'il soit condamné.
00:09Il n'y a aucune ambiguïté là-dessus.
00:10Le point pour moi, c'est est-ce qu'on doit aller jusqu'à organiser l'empêchement pour Patrick Bruel
00:16de se produire sur scène ?
00:17Ça, c'est ce qu'on appelle la cancel culture.
00:19Et ça, ça me paraît dangereux parce que c'est une manière de dire que ce n'est plus la
00:22justice qui doit condamner,
00:23mais que c'est l'opinion qui peut le faire.
00:25Parce que qu'est-ce que ça veut dire la présomption de véracité ?
00:27Vous avez dit, il y a une infime part de cas où des accusations se trouvent être infondées.
00:32Peut-être que c'est le cas, mais quand bien même ce serait le cas, dans cette infime part de
00:36cas, on traitera comme coupable un innocent.
00:39Trois, la parole des femmes me paraît quelque chose d'important parce que pendant des siècles, cette parole a été
00:44niée.
00:45Aujourd'hui, on les entend et moi, je pense qu'il faut considérer que ce qu'elles disent, a priori,
00:52doit être cru.
00:53C'est ça que j'appelle la présomption de véracité.
00:55Elle ne s'oppose pas à la présomption d'innocence, sauf si évidemment, on en arrive à des violences que
01:00nous condamnons l'un et l'autre.
01:01Rendez-vous le 5 juin à l'Européen, prenez vos places, le lien est en bio.
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