00:00On revient à ce qui était prévisible et ce qui s'est passé.
00:03On en parlait hier, on en parle donc ce matin.
00:06Après la victoire du PSG en finale de la Ligue des Champions,
00:08les scènes de chaos ont pris le pas sur les scènes de Liès dans la capitale.
00:13Quentin, personne n'a été surpris par la tournure des événements, évidemment.
00:17Non, personne. Nous avons passé la journée d'hier et même les jours précédents
00:21à attendre ces scènes, à les redouter, mais surtout à les annoncer.
00:25Elles sont venues comme un rendez-vous tristement ritualisé.
00:28Le pire, c'est qu'elles ont commencé avant même le coup d'envoi du match.
00:31Et puis, plus la rencontre avançait, plus les tensions montaient.
00:35Des bouteilles en verre lancées sur les policiers, des abribus mis en pièce,
00:38des feux tricolores arrachés, des mortiers tirés en direction des forces de l'ordre,
00:43des scènes de guiria urbaine en direct dans la capitale française,
00:46pas dans une zone de guerre à Paris, un soir normalement dédié à la fête.
00:50Ces individus ne sont pas des supporters.
00:53Ils n'étaient pas venus pour la rencontre ni pour la fête.
00:55Ils ont utilisé le PSG comme prétexte, un prétexte bien commode,
00:59pour venir casser, piller et se défouler.
01:02Et ce, malgré un dispositif XXL mis en place par l'État.
01:06Oui, c'est vrai que Laurent Nunez avait mis les moyens.
01:0822 000 policiers et gendarmes mobilisés, dont 8 000, rien.
01:12Qu'à Paris, le dispositif était renforcé, inédit.
01:15Et pourtant, les images parlent d'elles-mêmes,
01:17car on peut doubler les effectifs, tripler les barrières,
01:20quadrillées chaque avenue.
01:22Si ceux qui viennent pour casser sont déterminés,
01:25résolus, organisés, aucun cordon ne suffira à les arrêter.
01:29La question n'est pas simplement sécuritaire,
01:31elle est bien plus profonde que ça,
01:33car ce qu'on a vu hier n'a rien à voir avec du oliganisme ordinaire.
01:37C'est une conquête de territoire,
01:39une guerre de rue menée par ceux qui détestent ce pays
01:42et haïssent viscéralement les forces de l'or dans les artères de la capitale.
01:47On n'a vu ni femmes, ni enfants, ni famille.
01:50On a vu des jeunes hommes venus majoritairement des banlieues,
01:53les mêmes qui avaient pris prétexte de la mort de Naël en 2023 pour tout saccager.
01:57Et c'est précisément parce qu'il s'agit d'une logique de confrontation
02:01et non de débordement festif qu'aucun dispositif seul ne peut y répondre.
02:06On se retrouve alors dans une situation absurde,
02:09obligée de barricader une capitale entière de manière quasi militaire
02:13pour une simple soirée de football.
02:15La réponse humaine et matérielle ensuite s'ajoutera à la réponse judiciaire.
02:20Elle sera attendue.
02:21Sur ce point, le bilan de l'année dernière est accablant.
02:24Plus de 300 gardes à vue pour simplement 5% de condamnation.
02:28Souvent des travaux d'intérêt général,
02:30pas de quoi dissuader qui que ce soit de revenir l'année suivante.
02:33Les peines fermes existent pourtant dans le code pénal.
02:36Au magistrat, dans les prochains jours et les prochaines heures,
02:38de s'en saisir sans indulgence, sans excuses sociologiques,
02:42sans circonstances atténuantes accordées par réflexes.
02:45C'est vrai que ce sera intéressant de voir la réponse des magistrats.
02:47On rappelle qu'il y a trois salles d'audience qui ont été mises à disposition demain, lundi.
02:52Encore une fois, Quentin, on a assisté à une triste spécificité parisienne hier soir.
02:56Oui, hélas, car ailleurs, ça ne se passe pas du tout comme ça.
02:58Rien que le week-end dernier, à Lens, 60 000 personnes défilaient pour célébrer le Sacre en Coupe de France.
03:04Aucun bilan sécuritaire, zéro interpellation pour violences, dégradations ou troubles à l'ordre public.
03:09La préfecture du Pas-de-Calais a même salué les festivités dans un climat paisible et joyeux.
03:15On rêve de lire ce genre de communiqué après chaque Ligue des champions remporté par le Paris Saint-Germain.
03:20À Bordeaux, au même moment, des milliers de supporters du club de rugby fêtaient le deuxième titre consécutif en Champions
03:25Cup.
03:26Sans un carreau brisé, sans une poubelle brûlée.
03:29Et à Budapest, où se jouait hier réellement le match du Paris Saint-Germain, on a peut-être tendance à
03:33l'oublier.
03:34Zéro incident ou presque.
03:36Le comble, c'est que dans cette ville, il y avait deux fois moins de policiers qu'à Paris.
03:39Certains, dans la sphère politico-médiatique, aujourd'hui agiteront encore les explications sociales pour justifier ce qu'il s'est
03:46passé.
03:47Comme si la misère conduisait mécaniquement à incendier des abris bus ou à viser aux mortiers des policiers.
03:53Lens contredit justement cette thèse point par point.
03:55Le bassin minier n'est pas neuilly sur Seine.
03:58Les supporters sang et or viennent d'un territoire populaire, rude, meurtri économiquement.
04:03Et personne parmi eux n'a jugé utile de transformer la fête en guérilla urbaine.
04:07La leçon est simple et elle est terrible pour ceux qui refusent de regarder la réalité en face.
04:12Ce n'est pas la liesse populaire qui produit le chaos.
04:15Ce sont ceux qui viennent précisément pour l'organiser.
04:17Sous-titrage Société Radio-Canada
04:19Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires