- il y a 17 heures
24H EN PRISON POUR FEMME !!
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00:00Ici nous sommes dans la prison pour femmes de Rennes, c'est la plus grande prison pour femmes d'Europe.
00:04Elle accueille actuellement 230 personnes détenues.
00:06Dans cette vidéo nous irons à l'atelier, c'est là où les détenus travaillent.
00:09Nous irons suivre une séance de sport avec les détenus.
00:12Ensuite on va échanger avec le service pénitentiaire d'insertion et de probation.
00:15Et on ira ensuite servir le repas aux détenus en cellule.
00:18Donc là on va rentrer dans la prison, comme les portails de sécurité, comme dans un aéroport.
00:22Accès à la détention, c'est parti.
00:24Christelle comment tu vas ?
00:25Ça va et toi si bon ?
00:26Oui merci.
00:27Christelle c'est quoi ton métier toi ici ?
00:29Eh bien moi je suis surveillante au bagmestre, plus communément appelé le facteur de la détention.
00:33Donc je suis en charge du contrôle et du suivi des courriers entrant et sortant.
00:36Donc on peut être amené à travailler au cantine, à la buanderie, aux paroirs, à l'US.
00:40C'est vraiment un monde dans un monde.
00:41Donc c'est vraiment un métier très riche.
00:43Selon toi c'est quoi les qualités d'un bon surveillant pénitentiaire ?
00:46Le sens de l'écoute, c'est super important.
00:48L'observation aussi pour faire remonter les différentes informations,
00:50pour prendre en charge de la meilleure façon possible la population qui nous est confiée.
00:54La rigueur, le sang froid aussi, la vigilance et la sécurité.
00:57Et Stelle, où est-ce qu'on va aller du coup là ?
00:59Donc là on se dirige vers les ateliers de confection,
01:01c'est là où les personnes détenues confectionnent les uniformes des personnels.
01:04Combien de personnes travaillent ici ?
01:05Sur cet étage là, 28 personnes détenues, en tout environ une quarantaine.
01:09Super, merci beaucoup.
01:11Bonjour.
01:12Bonjour.
01:12Quand elles arrivent dans l'atelier de confection,
01:14les détenus doivent pointer avec cette carte là,
01:16qu'elles laissent ensuite ici.
01:17Allez-y, allez-y, allez-y bien sûr.
01:19Allez-y, allez-y.
01:20Bonjour.
01:21Ah bah.
01:22Donc là, voilà un pointage.
01:24Merci beaucoup.
01:25Parfait.
01:25Ensuite, elles récupèrent les outils juste à côté.
01:28Donc c'est fermé avec un cadenas.
01:30Donc les outils sont ici, numérotés.
01:32Donc chaque outil est identifié à une personne.
01:34Donc quand elles rentrent, elles viennent chercher leurs outils.
01:37Et quand elles sortent, c'est pareil,
01:38elles doivent remettre leurs outils,
01:39avoir un contrôle avant de sortir,
01:41qu'elles ont bien remis tous leurs outils numérotés.
01:43Comment vous réagissez s'il manque un outil ?
01:45On ne peut pas sortir.
01:46Il y a l'interdiction de faire le mouvement de sortie d'atelier.
01:49Et après, il peut y avoir une fouille individuelle
01:51pour voir où est l'outil.
01:52Du coup Fabienne, ici vous êtes la responsable, c'est ça ?
01:55Oui, je suis la responsable de confection
01:56sur l'établissement de Rennes.
01:59Pourquoi c'est important pour les détenus
02:00d'avoir une activité, un métier au sein de la prison ?
02:03C'est important parce que déjà,
02:04il y a une rémunération pour elles.
02:06Donc ça permet de payer les parties civiles,
02:08payer leur tabac.
02:09Bien sûr.
02:10Préparer aussi leur sortie.
02:11Et puis aussi pour le bien de venir travailler.
02:14Vanessa, enchantée.
02:15Enchantée.
02:16Toi, tu es détenue ici, c'est ça ?
02:17Oui, je suis détenue ici.
02:19Qu'est-ce que ça t'apporte de travailler au quotidien ?
02:21Ça m'apporte déjà le fait d'avoir une routine
02:23puis permettre de me lever tous les jours
02:25et d'avoir un rythme tous les jours ici.
02:27De donner un sens un petit peu à la détention ?
02:29Oui, franchement oui.
02:29Combien d'heures tu travailles ici par jour ?
02:31Je commence à 7h30, je finis à 11h45.
02:34En fonction des jours, je travaille l'après-midi ou pas.
02:36C'est important de se lever le matin,
02:38de venir au travail.
02:39D'avoir une activité peut-être qui les sort un petit peu du quotidien ?
02:42Oui, puis si elles savent s'adapter là,
02:43elles savent s'adapter aussi sur un autre travail extérieur.
02:46Bien sûr.
02:47L'idée, c'est de préparer aussi l'après, j'imagine.
02:49Voilà.
02:49Combien d'argent tu arrives à gagner par mois ?
02:51Si je fais un mois complet, je suis à 400 et quelques
02:54en enlevant les parties civiles qui prélèvent.
02:56C'est quoi les parties civiles ?
02:57C'est ceux qui ont des dommages aux victimes à l'extérieur.
03:00D'accord.
03:01On n'a pas le droit d'avoir le téléphone ici, c'est ça ?
03:02Non, pas du tout.
03:03Est-ce que ça manque ou pas de parole-téléphone ?
03:06Ça manque sans manquer.
03:07Ça fait du bien des fois aussi, parfois, des plans et des réseaux sociaux.
03:10Bien sûr, bien sûr.
03:10Merci beaucoup Vanessa en tout cas.
03:12Bon courage.
03:13Merci à vous aussi.
03:14Justine, tu vas bien ? La forme ?
03:16Oui, ça va.
03:16Justine, c'est quoi ton métier toi ici ?
03:18Alors moi, je suis porte-parole de l'administration pénitentiaire.
03:21Donc moi, je n'interviens pas uniquement pour le centre pénitentiaire pour femmes de Rennes.
03:25Je peux parler de toutes les prisons de France.
03:28Et moi, initialement, je suis directrice des services pénitentiaires,
03:30donc directrice d'une prison.
03:32Les femmes représentent quel pourcentage de la population pénale ?
03:35Les femmes représentent à peu près 3% de la population prise en charge par l'administration pénitentiaire.
03:40Donc d'ailleurs, l'établissement dans lequel on est ici est le seul qui prend en charge exclusivement des femmes.
03:45Partout ailleurs, ce sont des quartiers qui prennent en charge des femmes au sein de centres pénitentiaires
03:48où on accueille aussi des hommes.
03:49On est en prison, j'imagine qu'il y a beaucoup de personnes qui veulent mettre fin à leur vie.
03:52Comment on prévient tout ça ?
03:53C'est vraiment un enjeu majeur pour nous, la prise en charge des personnes détenues sur ce volet-là,
03:57essayer de prévenir le risque d'atteinte qu'elle pourrait se faire à elle-même.
04:00Déjà, le premier acteur de cette prévention, c'est le surveillant,
04:03qui est au quotidien et avec la personne détenue.
04:05C'est lui qui, chaque jour, va ouvrir la porte.
04:07C'est lui qui va déjà pouvoir un peu, entre guillemets, prendre la température,
04:10prendre l'ambiance avec la personne détenue et voir quel est son état d'esprit.
04:13C'est ces échanges d'informations qui vont faire qu'à un moment donné,
04:15on va pouvoir détecter qu'une personne détenue se sent plus ou moins bien
04:18et on peut prévenir à ce moment-là un passage à l'acte.
04:20Du coup, on est dans la cage d'escalier, on voit qu'il y a des filets.
04:23À quoi ils servent ?
04:24Alors, c'est pour éviter que les personnes détenues se jettent dans les escaliers.
04:27D'accord, pour mettre fin à leur vie ?
04:28Exactement, par exemple.
04:29Donc, c'est pour des règles de sécurité.
04:31D'accord, et jettent aussi des objets, tu me disais ?
04:33Oui, ça peut être des objets aussi, mais essentiellement, les personnes détenues.
04:36Ça arrive justement que des détenus souhaitent mettre fin à leur vie ?
04:39Oui, malheureusement, on a beaucoup de cas en prison.
04:42On a des protocoles de mise en place avec notre équipe pluridisciplinaire
04:46et on est en lien aussi avec l'unité médicale qui se charge de ça et de faire le nécessaire.
04:51Ici, nous sommes dans l'une des cours de promenade de la prison.
04:53Généralement, ici, c'est 1h le matin et 1h l'après-midi.
04:56Ici, dans cette cour, 20-30 personnes max.
04:58Derrière moi, il y a un potager.
04:59Initialement, ce projet a été créé pour renouer le lien des détenus qui étaient plutôt isolés.
05:03Ce que vous voyez ici, ce n'est pas le cas de toutes les prisons, ce n'est pas une
05:05généralité.
05:06Tout simplement parce que c'est le seul établissement pour femmes qui accueille les longues peines.
05:09Bonjour, vous allez bien ?
05:12Enchanté, on fait un reportage YouTube.
05:15Merci beaucoup, merci.
05:16Donc là, on arrive sur le secteur sportif avec le plateau extérieur.
05:20Ah oui, avec du coup les terrains de foot, il y a un petit truc de street workout, panier de
05:23basket.
05:23Ah, c'est intéressant.
05:24Donc là, du coup, c'est la salle cardio ici ?
05:26Oui, exactement.
05:27Donc les personnes détenues peuvent faire du vélo, du ski-hack, du rameur, du tapis.
05:30Il y a quand même pas mal de matériel mis à leur disposition.
05:32Assou-bike, bike-herg, rameur, ski-herg, elles peuvent préparer un i-rock ici.
05:37Du coup, là, on va dans la salle à côté, ça ?
05:38Là, c'est la salle multisport.
05:40Bonjour.
05:41Bonjour.
05:42Bonjour.
05:42Bonjour.
05:43Incroyable.
05:43Nicolas, tu es coach de sport ici.
05:45Enchanté.
05:46Enchanté, Thibault.
05:46Merci beaucoup de nous recevoir.
05:48À la base, tu es surveillant pénitentiaire ?
05:49C'est ça.
05:50Donc du coup, oui, je suis entraîné à l'administration pénitentiaire en 93 et à l'issue de ça, j
05:53'ai passé le concours de moniteur de sport.
05:55Il y a de fait quelques années maintenant, je suis en fin de carrière et actuellement, je suis majeur moniteur
05:59de sport.
06:00À quel rythme les détenus peuvent venir faire du sport ?
06:02Je dirais deux heures de sport au quotidien.
06:04Quel type d'activité tu leur fais faire du coup ?
06:06Alors, on a beaucoup développé l'i-rocks.
06:07Moi, je suis un féru de ski-argue d'aviron indoor et donc j'ai mis ça aussi en place
06:11au Centre Pénitentiaire des Femmes.
06:12Laura, enchantée.
06:13Enchantée.
06:13Merci beaucoup.
06:14Toi, du coup, tu es détenue ici.
06:16Oui, c'est ça.
06:16À quel rythme tu viens faire du sport ?
06:18Entre 7 et 10 heures par semaine.
06:19Et après, le reste, du coup, je suis en cellule parce que je suis étudiante aussi en même temps.
06:22Je suis en licence de droit.
06:23Du coup, je suis beaucoup dans ma cellule à réviser.
06:25Est-ce que c'était dur les premières années, le fait d'être enfermée ?
06:28Très, parce que du coup, forcément, au début, on est en maison de barée.
06:30C'est-à-dire, on est enfermé H24 à plusieurs cellules.
06:33On n'a pas tous non plus la même éducation.
06:35Bien sûr.
06:35On ne vient pas tous du même milieu.
06:36Donc, en fait, des fois, ça peut être un petit peu compliqué.
06:38On voit des détenus qui vont du sport ici.
06:40En quoi ça les aide de faire du sport au quotidien ?
06:42Eh bien, écoute, c'est surtout une soupape.
06:43Il y a des dédures, un parcours super compliqué.
06:45Le fait de venir en sport, déjà, c'est la première démarche dans le milieu cancerat.
06:48Beaucoup sont isolés, restent dans leurs cellules.
06:49Il y a très peu qui sortent.
06:50Donc, nous, on va un petit peu les chercher.
06:51On leur propose différentes activités sportives.
06:54On essaie de développer du matériel qui répond à une attente.
06:56Qu'est-ce qu'on peut répondre aux gens dans les commentaires qui vont dire
06:59« En fait, c'est mieux que Club Made ici. »
07:00Alors, il faut comprendre qu'on a quand même ici, au centre pénitentiaire des femmes, des longues peines.
07:04Donc, automatiquement, il faut savoir les occuper.
07:10Donc, heureusement qu'il y a ça, le matériel, on est obligé d'avoir un matériel exigeant
07:13qui répond aux attentes parce que c'est du quotidien.
07:15On s'entraîne jusqu'à, des fois, 7 heures dans la journée sur le même appareil.
07:18Donc, il nous faut des appareils de qualité.
07:20Donc, grâce à ça, effectivement, on peut perdurer au sein du travail.
07:24Quel sentiment tu ressens d'être enfermé ?
07:26Est-ce que, des fois, tu t'oublies un petit peu de par le fait de faire du sport ?
07:28Qu'est-ce que ça te provoque un peu ?
07:30En fait, on est enfermé, mais à la fois ici, on est quand même assez libre, donc ça va.
07:34Donc, des fois, on arrive à oublier un petit peu ce sentiment de l'ostrophobie, on va dire.
07:37Oui, bien sûr, bien sûr.
07:38Mais en fait, au quotidien, c'est pareil.
07:40Je le vois, moi, tous mes potes, ils sont dehors, ils profitent de la vie, ils vont à la plage,
07:43ils font des voyages, ils dégouent le monde.
07:45Surtout, moi, à mon âge, je suis quand même assez jeune, j'ai 27 ans.
07:48Et nous, en fait, on a ce sentiment d'être un petit peu écrasé, d'être un peu bridé.
07:52Et c'est ça qui est compliqué, vraiment.
07:54L'idée, c'est de les priver de liberté de par la détention, déjà.
07:58Mais ensuite, ce n'est pas de les punir au quotidien.
08:00C'est de leur proposer des soupapes, des alternatives.
08:03En fait, s'il n'y a pas une préparation, justement, à cette sortie-là, dans quel état ils vont
08:06sortir ?
08:07Le parcours est déjà tellement compliqué.
08:08Nous, on est un petit peu là pour ça.
08:09Le sport est facteur de désistance.
08:11Quoi qu'il en soit, la réinsertion, elle est là.
08:13Ça passe par ces valeurs-là, à mon avis.
08:15Moi, ça fait 25 ans que je le fais.
08:16On voit quand même que le sport, c'est un équilibre pour la détention, pour la personne.
08:20C'est toujours valorisant, quoi qu'il en soit.
08:21Comment tu imagines l'après ?
08:23Ma famille, avant tout déjà.
08:24La carrière pro et le sport.
08:26Bien sûr.
08:27Magnifique.
08:28En tout cas, je te souhaite une belle réinsertion et plein de projets pour la suite.
08:31Merci beaucoup, c'est très gentil.
08:32Est-ce que de par le fait que nous sommes dans une prison, est-ce que des fois, tu as
08:35peur pour ta sécurité ici ?
08:37Honnêtement, pas chez les femmes.
08:38On ne se sent pas du tout en insécurité.
08:40Elles sont même bienveillantes par rapport à nous.
08:42Donc, il y a plutôt un bon contact avec la population pénale.
08:44Le fait d'être moniteur de sport, déjà, il n'y a pas le vouvoiement.
08:46On est dans le tutoiement.
08:47Il n'y a plus l'uniforme.
08:48Le barrage, voilà, il est différent.
08:51Elles se confient relativement souvent aussi à nous.
08:53Donc, on se permet d'intervenir, notamment, tu vois, sur des règlements de compte.
08:56Donc, il pourrait y avoir un début de bagarre, une cour de promenade, on peut arriver pour calmer tout de
08:59suite les choses.
09:00Bien sûr.
09:00On est perçus différemment, je pense.
09:02Tu me dis qu'il y a une salle de muscu à côté de ça ?
09:03Ah oui, on a équipé Shippanata.
09:06C'est un peu ton domaine, il me semble.
09:07Ah, ça, c'est vrai ?
09:07Oui, c'est pas mal.
09:11Wouah !
09:11Toi qui as fait plusieurs prisons, cet équipement sportif, c'est pas dans toutes les prisons ?
09:15Non, non, les petites maisons d'arrêt, effectivement, avec des budgets un peu plus serrés et surtout de l'espace,
09:21n'auront pas forcément les mêmes moyens.
09:22Mais ici, sur le centre pénitentiaire des femmes de Rennes, on est bien lotis.
09:26On voit que tout le matériel est fixé au sol.
09:28À quoi ça sert, là ?
09:28Bah, du coup, tu vois, ça évite en cas de manifestation, qu'on se sert du matériel pour bloquer des
09:33portes ou s'en servir contre le personnel.
09:35C'est en cas des détenus qui ont des peines longues, c'est ça ?
09:37Entre autres, oui, oui.
09:38Ça va de combien à combien ?
09:39Ouais, ça peut aller de deux ans jusqu'à perpétuité.
09:40D'où l'entretien aussi, c'est là qu'on voit qu'il y a du respect dans le matériel,
09:44parce qu'il y a des longues peines qui sont là régulièrement, et pour eux, elles sont un petit peu
09:47chez elles, quoi qu'il en soit.
09:48C'est une réalité, les lieux de détention pour femmes sont plus calmes et respectueuses.
09:53Je pense qu'on le voit dès qu'on met un pied en détention, tu vois les abords, il n
09:56'y a pas de déchets, il y a de la verdure, c'est atypique ici.
09:59Et ouais, ça reste une prison relativement...
10:02Bien entretenue.
10:03Ouais, complètement.
10:04Allez, c'est parti, 500 mètres !
10:06Allez, c'est une poate de moyenne, hein !
10:33C'est un mec qui regarde la vidéo et qui souhaite rejoindre l'administration pénitentiaire. Comment ils font ?
10:38Pour devenir surveillant pénitentiaire, on passe un concours de la fonction publique, on a deux recrutements par an, chacun de
10:421 000 personnels, donc on recrute chaque année 2 000 surveillants, donc c'est quand même des recrutements qui sont
10:46importants.
10:47Donc pour présenter le concours, il faut avoir le niveau bac au minimum, et donc ensuite on passe les épreuves.
10:52C'est une formation qui dure 8 mois, qui se fait à l'École nationale d'administration pénitentiaire à Agen,
10:55et donc on alterne des périodes de cours à l'école et des périodes de stage en établissement pénitentiaire.
11:00Et c'est à partir de quel âge ?
11:01Et donc on peut passer le concours à partir de 17 ans.
11:03Aurélie, enchantée !
11:04Enchantée Thibault !
11:04La forme ?
11:05La forme !
11:06Très très bien, merci de nous accueillir dans ton bureau. Comment s'appelle ton métier, toi ?
11:10Alors moi je suis conseillère pénitentiaire d'insertion et de probation.
11:13Quelles sont les missions alors ?
11:14C'est la prévention du risque de récidive. Ma première mission c'est de travailler le parcours d'exécution des
11:20peines avec les personnes détenues.
11:21D'accord.
11:22Elles sont là pour certaines pour une longue période, donc il faut occuper ce temps de détention pour le rendre
11:27utile.
11:28Avec des formations, des diplômes ?
11:29Elles peuvent aller au pôle scolaire effectivement pour passer des diplômes.
11:32Est-ce que tu as ce rôle des fois de confidente ?
11:34Elles se livrent beaucoup. Ça fait partie du processus d'accompagnement en fait.
11:38Elles comprennent que plus elles se livrent, plus on les connaît et mieux on les accompagne à la fois dans
11:44le temps de leur peine, mais aussi pour la préparation à la sortie.
11:47Donc elles sont amenées effectivement à parler de leur parcours d'enfance, adolescence, adulte.
11:52Je comprends.
11:53Est-ce qu'il y a beaucoup de détenus qui viennent te voir et qui te disent « moi je
11:56suis innocente, laissez-moi sortir ? »
11:58C'est possible, oui tout à fait.
11:59Nous on part du jugement, on ne refait pas le jugement.
12:02L'objectif premier est effectivement que la personne comprenne comment se tenir éloigné des tribunaux.
12:07Pour quand elle rencontre une situation à risque, voilà, elle sache comment faire et ne pas revenir.
12:11C'est bien là l'essentiel.
12:13Du coup là on est dans une des ailes du centre de détention chez les femmes.
12:16On va pouvoir procéder à une ouverture de cellules.
12:18Comment c'est fermé du coup une cellule et comment ça s'ouvre ?
12:20Alors tu as déloqué, pour sécuriser le soir principalement et le peine de la serrure.
12:25Pour l'ouverture on vérifie toujours à l'œilleton.
12:27Et donc là c'est un exemple de cellules par exemple ?
12:29C'est des cellules qui font combien de mètres carrés ?
12:30Environ 9 mètres carrés.
12:319 mètres carrés.
12:32Donc là on a la litterie, on a l'armoire pour les effets personnels de la personne détenue,
12:35la table pour manger, pour travailler, le nécessaire pour se laver, les sanitaires.
12:39Pour les douches ce sera dans un local à part.
12:41Comment on réagit si tu es un détenu qui fait une crise d'angoisse dans une cellule ?
12:44Alors l'une de nos principales qualités qu'on doit avoir en tant que surveillant c'est l'écoute.
12:49Donc on va essayer de rassurer la personne détenue, on va essayer de comprendre aussi pourquoi elle agit ainsi.
12:52Et si vraiment c'est compliqué pour elle au niveau de la gestion de ses émotions ou de son état
12:56à l'état actuel,
12:57on va la rediriger vers le service médical.
12:59Est-ce qu'il y a un travail d'équipe entre tout le personnel de l'administration pénitentiaire ?
13:02C'est super important dans notre métier, on a un vrai métier pluridisciplinaire.
13:06On est en lien avec des psychologues, avec le service d'insertion et de probation.
13:10Dès lors qu'on a un souci, il faut qu'on arrive à le transmettre aux personnes concernées
13:13pour pouvoir travailler et faire le nécessaire pour que la personne détenue soit prise en charge de la meilleure des
13:17manières possibles.
13:18Mélissa, enchantée, tu vas bien ?
13:20Oui, toi.
13:20Très bien. Mélissa, c'est quoi ton métier ici, toi ?
13:23Moi, je suis suriante à l'étage.
13:24C'est l'heure du repas ?
13:25Oui, c'est l'heure du repas du BID.
13:26Ça sent bon, ça sent très très bon.
13:28On va aller servir le repas aux détenus ensemble ?
13:29Oui, tout à fait. On va aller remonter au troisième étage de la maison d'arrêt.
13:32Trop bien. Eh bien, vas-y, je te suis alors.
13:34Ok, c'est parti. On y va.
13:36Combien de détenus doivent être en ouvrits tous les jours ?
13:38En maison d'arrêt, on en a 59.
13:40Bonjour.
13:41Bonjour.
13:41Je récupère mon chariot ?
13:43Oui.
13:43Bonjour. Donc là, tu confies le chariot, c'est ça ?
13:45Oui, là, c'est mon oxy. C'est celle qui va servir le repas.
13:47Qu'est-ce que c'est, un oxy ?
13:48C'est une détenue qui fait le ménage le matin sur son aile.
13:51Et elle va aussi servir le repas et le midi et le soir.
13:54C'est un travail.
13:55Oui, tout à fait.
13:56Qu'est-ce qu'il y a de bon menu, du coup, alors, ce midi ?
13:58Donc, en menu, nous avons betteraves, carottes à l'ail et galettes de blé.
14:03Et c'est les détenus qui font les cuisines aussi en bas ?
14:05Oui.
14:05D'accord, ok.
14:07Ça sent bon, en tout cas.
14:09Une heureux pas.
14:10Bonjour.
14:11Un peu plus.
14:11Non, c'est bon, merci.
14:12C'est bon ?
14:13Carottes.
14:14C'est trop, comme l'habitude.
14:15T'es trop aimable.
14:18Bon appétit.
14:19Voilà, bon appétit.
14:20Merci, bonne journée.
14:21Combien de temps ça prend, Agnès, pour faire la distribution ?
14:24Oh, ça dépend.
14:25Moi, je vais assez vite.
14:26On va peut-être dire 20 minutes.
14:27Bien, et vous ?
14:28Bien, merci.
14:29Ça te va, comme ça ?
14:30Oui, ça te va, merci.
14:32Tu es au fond, c'était un pain ou pas ?
14:33J'y étais ce matin.
14:34Ce matin, la prochaine fois.
14:35C'était plaisant, tout ça, là.
14:37Tu y vas souvent, au sport ?
14:39À chaque fois que je peux y arriver.
14:40Voilà, bon appétit.
14:42Partagé.
14:43Bon appétit.
14:44Merci, c'est gentil.
14:45Bon appétit.
14:46Merci.
14:46Bon appétit.
14:47Super, bonjour.
14:48Salut.
14:49Tu prends du pain, aujourd'hui ?
14:50Oui, allez.
14:53Tiens, des craves, comme ça, ça te va ?
14:55C'est bon, ça va ?
14:56Ça dépend des jours.
14:57Ça dépend des jours ?
14:58Oui, mais ça va.
14:58C'est quoi le programme de cet après-midi pour toi ?
15:00Un sport.
15:01Un sport de l'aide ?
15:02Génial, bon courage, en tout cas.
15:03Ça va, c'est gentil.
15:04Merci, c'est gentil.
15:05Allez, bon appétit.
15:06Bonjour.
15:07Alors ?
15:08Vous allez bien ?
15:08Bon appétit, fan de toi.
15:09C'est vrai ?
15:10Tu passeras le bonjour.
15:11C'est un m****, regarde avec qui je suis.
15:13Je te suis sur les réseaux depuis tout...
15:15Ah ouais ?
15:16C'est un six ans.
15:16Trop bien.
15:17Voilà, bon appétit.
15:17Merci à toi, bon courage à toi, c'est gentil.
15:20Très bonne journée.
15:20C'est quoi une journée type pour toi ?
15:22On arrive le matin à 6h45, il y a l'appel avec le chef.
15:25Il nous donne l'émission du jour et ce qui s'est passé la nuit.
15:28Quand on monte aux étages, on vérifie que toutes les détenues sont présentes et vivantes.
15:32Dès que c'est débloqué, dès que tout le monde a validé ces étages, les mouvements commencent.
15:35Il y a les douches, les ateliers, le médical, le sport, la promenade.
15:40Et après, nous, on fait une fouille de cellules tous les matins.
15:43On fouille une cellule au hasard.
15:46Il y a une question.
15:48Oui, c'est qui ?
15:49Non, c'est l'argent.
15:49On peut lui demander ce qu'il y a.
15:51Est-ce qu'il pourrait nous dire qu'il faut signer ça ?
15:54Une dédicace.
15:55Alice, on va faire ça.
15:57Avec plaisir.
15:59Avec plaisir.
16:02Hop, et voilà.
16:04Attends, je vais mettre deux sauts.
16:05C'est bon, je te le glisse.
16:08Merci, c'est gentil, de même, avec plaisir.
16:12Bonjour, Sarah.
16:13Bonjour.
16:13Enchantée.
16:14Merci de m'accueillir.
16:15Pas de problème.
16:16Tu connaissais les vidéos ?
16:17Oui.
16:17C'est vrai ?
16:18Oui, je connais, je regardais beaucoup avant.
16:20C'est gentil, merci beaucoup.
16:21Du coup, là, c'est ta cellule ?
16:23Oui, c'est ça.
16:23Comment t'occupes tes journées, toi ?
16:25Moi, je travaille.
16:26Ok.
16:26Donc, du coup, ça m'occupe déjà pas mal.
16:28Je fais aussi, du coup, une licence d'anglais en parallèle.
16:32Bien sûr.
16:32Donc, je suis quand même pas mal occupée.
16:34Ok.
16:34Je pense pas.
16:35Trop bien.
16:36Est-ce que tu peux nous présenter un petit peu ta cellule ?
16:38C'est pas compliqué.
16:39Ça fait salon, séjour, cuisine, salle de bain.
16:42Ça fait tout en un ?
16:42Tout est là.
16:43Est-ce que c'était dur, les premiers jours, quand t'es arrivée ici ?
16:46Le choc carcéral, il est énorme.
16:48On se rend pas compte, en fait, mais le plus dur, c'est le premier réveil, où on vraiment
16:52réalise que c'est pas un cauchemar.
16:54C'est la réalité.
16:55Ouais.
16:55Comment tu t'es sentie, toi, effectivement, le premier réveil ?
16:58Je me suis sentie triste, désemparée, vraiment, c'est très, très dur.
17:02Là, j'en parle comme si c'est simple.
17:03Ouais, bien sûr.
17:04Mais c'est quelque chose que je me rappellerai toute ma vie.
17:07C'est la première fois que j'ai ouvert les yeux.
17:08Je me suis dit, mais en fait, non, c'est la vraie vie.
17:10C'est pas un cauchemar.
17:11Qu'est-ce que tu dirais aux gens qui vont regarder la vidéo et qui disent, c'est le
17:14Club Med, la prison ?
17:15Non, la prison, c'est pas le Club Med.
17:18On est privé du truc essentiel, la liberté.
17:21En fait, tu penses qu'ils ne mesurent pas ?
17:22Exactement.
17:23Enfin, on ne mesure pas tout ce qu'on ne peut pas faire.
17:26On ne peut pas appeler qui on veut.
17:27Il faut des autorisations pour tout.
17:29On ne peut pas écrire comme on veut.
17:31Tout est contrôlé, tout est lu.
17:32On ne peut pas faire ce qu'on veut à l'heure qu'on veut.
17:35Qu'est-ce qui te manque le plus, toi, ici, en prison ?
17:37En vrai, la famille, les enfants.
17:39Ok.
17:40C'est très, très dur.
17:41Comment tu vois l'après, l'après des tensions ?
17:45Je le vois loin.
17:47Mais j'espère juste reprendre une vie normale, en fait.
17:50Retrouver mes fils, retrouver ma famille, retrouver mes amis.
17:55Redevient normal.
17:56Bien sûr.
17:57Entre guillemets.
17:57Merci beaucoup.
17:58Bon courage pour l'après.
17:59Je te sers la main.
18:00Merci beaucoup.
18:01Bon courage pour l'après, en tout cas.
18:02Je me permets.
18:02C'est une dédicace.
18:04Bien sûr, je fais la dédicace en échange.
18:05Ce qui est vraiment touchant, c'est qu'en fait, on se rend compte qu'il n'y a pas
18:07de tête
18:08de détenue.
18:09En fait, ça peut être monsieur, madame, tout le monde.
18:10Je trouve que c'est très touchant de voir ces femmes-là.
18:12On ne connaît pas leur parcours de vie.
18:14On n'a pas le droit de leur demander pour combien de temps elles sont là, ce qu'elles
18:16ont fait.
18:17Ça n'empêche que ça reste des êtres humains.
18:18On leur souhaite vraiment de purger leur peine et de réussir à s'insérer dans cette
18:21société.
18:22Sous-titrage Société Radio-Canada
18:25Sous-titrage Société Radio-Canada
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