Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 jour
L’anesthésiste-réanimateur joue un rôle essentiel dans la prise en charge des patients avant, pendant et après une intervention chirurgicale. Entre sécurité au bloc opératoire, gestion de la douleur et suivi des cas les plus critiques en réanimation, il est au cœur de nombreuses urgences médicales. Dans cette interview qu’elle nous a accordée, professeur Bertille Ki, médecin anesthésiste-réanimateur et chef de service anesthésie et réanimation du Centre hospitalier universitaire pédiatrique Charles-de-Gaulle, nous éclaire sur sa fonction et sur des points importants de l’anesthésie-réanimation.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:13Ce métier requiert d'avoir deux compétences, une d'elles c'est d'administrer l'anesthésie donc
00:23pour donner des médicaments aux patients qui vont abolir toutes ces sensations notamment la
00:29sensation douloureuse qui permet de réaliser certains actes. La chirurgie, c'est un acte qu'on dit invasif
00:38parce qu'on va introduire un instrument dans l'organisme ce qui peut être désagréable ou
00:43douloureux. On va également administrer cette anesthésie quand on a besoin que le patient reste
00:49totalement immobile lors d'examens d'imagerie comme le scanner par exemple. Pour ce qui est de la deuxième
00:57compétence, faire de la réanimation, ça va consister à supplier les fonctions défaillantes de l'organisme,
01:07ce qu'on appelle les fonctions vitales, le coeur, la respiration, le système nerveux, la fonction rénale.
01:15Quand ces systèmes là ne fonctionnent plus très bien, il faudrait les ramener à leur état de fonctionnement
01:22normal et également pouvoir corriger les troubles qui ont été engendrés par leur dysfonctionnement.
01:29C'est ça qu'on appelle la réanimation, donc ramener à la vie en quelque sorte un organe qui était
01:36en train de mourir.
01:47Avant l'intervention chirurgicale, je dirais que nous sommes les consuls, c'est nous qui allons
01:51donner le visa d'entrée au bloc opératoire. Et donc pour conclure si oui ou non le patient peut être
02:00opéré, on va faire ce qu'on appelle la consultation d'anesthésie. Le patient viendra voir le médecin
02:07anesthésiste et cette consultation a pour objet de faire connaître le patient à l'anesthésiste.
02:15Donc l'anesthésiste va se chercher à comprendre pour quelles raisons le patient sera opéré,
02:22où est-ce qu'on va l'opérer, est-ce qu'il a d'autres maladies en plus de celles
02:26qui nécessitent
02:27l'intervention, est-ce qu'il a des allergies, il a des habitudes par exemple qui peuvent influer
02:33l'anesthésie comme le fait de consommer de l'alcool ou du tabac et on va s'enquérir
02:39d'un certain nombre d'informations comme cela. Après quoi, le médecin va examiner le patient.
02:47A la fin de cet examen, il va donc décider si oui ou non le patient peut être opéré. S
02:54'il ne peut pas
02:54être opéré, on va corriger les dysfonctionnements qui font qu'il ne peut pas être opéré dans l'immédiat.
03:01Et s'il peut être opéré, la deuxième étape sera de choisir le type d'anesthésie, de concert avec le
03:09patient, lui donner des consignes. Voici ce que vous devez faire, voici ce que vous ne devez pas
03:14faire par exemple. Le préparer, si on a de minimes dysfonctionnements, on va les corriger avant.
03:23Également informer le patient sur la douleur post-opératoire. Quelle en sera l'intensité,
03:30comment on va prendre en charge cette douleur-là. Également obtenir le consentement éclairé du
03:39patient. On ne devrait pas l'opérer, lui administrer l'anesthésie sans qu'il ait donné son aval. Et pour
03:47terminer cette consultation d'anesthésie, on laisse là l'attitude au patient de poser des
03:53questions, d'exprimer ses inquiétudes pour qu'on puisse y répondre. Voilà ce qu'on va faire en
04:03pré-opératoire. La différence entre l'anesthésie générale et l'anesthésie loco-régionale réside dans
04:16l'impact que chaque technique a sur l'organisme du patient, notamment sur son état de conscience.
04:23Quand on va faire de l'anesthésie générale, on va endormir entièrement et complètement le patient,
04:30qui n'est au courant de rien. Tout ce qui se passe autour de lui, il n'en sait absolument
04:36rien. À
04:37l'inverse, l'anesthésie loco-régionale va consister à endormir la partie qui est concernée par
04:45l'intervention chirurgicale. Et dans ce cas, le patient est conscient. On peut discuter avec
04:50l'équipe chirurgicale, l'équipe d'anesthésie autour de lui.
04:58Quels sont les risques de l'anesthésie ?
04:59De toute façon, il n'y a pas de risque zéro. À nulle part, on a de risque zéro. Donc
05:05oui,
05:06l'anesthésie a des risques, mais ces risques, comme pour le choix de la technique d'anesthésie,
05:16ce risque est lié au patient et son âge. Un nouveau-né, par exemple, on sait bien qu'il a
05:24plus
05:24de risques de faire des complications liées à l'anesthésie qu'un adolescent ou un adulte. Un patient
05:36qui a d'autres maladies, un hypertendu par exemple, quelqu'un qui a un diabète, s'il faut l'opérer
05:43pour
05:43quelque chose, il est plus à risque que quelqu'un qui n'a ni un diabète, ni une hypertension ou
05:49juste
05:49un autre terrain spécifique, c'est la femme enceinte. D'endormir une femme enceinte, ça comporte plus de
05:57risque d'endormir une autre catégorie de patient. Il y a la gravité de la maladie en elle-même. Ce
06:03pourquoi on doit
06:04opérer le patient, c'est une maladie très grave, ça va avoir plus de conséquences en termes de
06:11dysfonctionnement au niveau de l'organisme qu'une pathologie qui est béni. Il y a la chirurgie, la
06:19complexité de la chirurgie qui peut constituer un risque pour le patient. Est-ce une chirurgie qui va
06:28saigner beaucoup ? Est-ce qu'elle est très douloureuse ? Parce que la douleur, on la néglige, mais elle
06:34a pas mal de
06:35conséquences. Donc une chirurgie très douloureuse, voilà, on n'aura pas le même risque pour le patient
06:42qu'une chirurgie qui n'est pas très douloureuse. Bon, la douleur, ça sera plus en post-opératoire. Et enfin,
06:48l'anesthésie en elle-même, parce qu'on va administrer des médicaments qui ont des effets
06:53secondaires qu'on connaît. Mais sur un terrain particulier, ces effets secondaires là peuvent
07:00être plus marqués que sur un terrain qui n'est pas débilité.
07:13Conseil, je dirais, c'est de s'assurer de voir un chirurgien, un anesthésiste. Donc il faut
07:19les voir. C'est un médecin que j'ai vu un chirurgien, un anesthésiste pour ma consultation. Et pour ce
07:29qui est de
07:29l'anesthésiste, il faut donner toutes les informations. Est-ce qu'on peut se dire que telle chose est anodine,
07:37mais ça ne l'est pas au fond. Même une allergie à un médicament, du moins ça, un aliment. Allergie
07:45à
07:45l'avocat, au kiwi par exemple, ça peut être considéré banal, mais pour nous non, parce qu'on a ce
07:52qu'on
07:52appelle des allergies croisées. Donc quelqu'un qui est allergique à l'avocat, au kiwi, il y a des
07:59risques qui soient allergiques au latex, les gants qu'on utilise. Donc la consigne, répondez
08:06franchement aux questions de l'anesthésiste. Dites toutes vos maladies que vous avez, en
08:14dehors de celles qui vont conduire à l'intervention chirurgicale, vos allergies, vos habitudes de
08:23vie. Ce n'est pas pour vous condamner si vous consommez excessivement d'alcool, vous êtes
08:29consommateur chronique, il faut le dire. Si vous consommez du tabac, il faut le dire,
08:34parce que le fait de prendre du tabac, ça peut entraîner des complications respiratoires
08:39au cours de l'intervention. Donc c'est de tout dire à l'anesthésiste. Ensuite, respectez les consignes
08:47qu'on va donner, donc le jeûne préopératoire. Pour vous des questions, vous pouvez être rassuré.
08:56Je dirais qu'il ne faut pas lire sur internet, écouter, voilà, tenir compte de ce qui se
09:02fait sur les réseaux sociaux. Même si vous l'avez fait, il faut en discuter avec le chirurgien
09:10ou l'anesthésiste et le jour de l'intervention du jeûne préopératoire. Il faut le signaler. La
09:19consultation d'anesthésiste, c'est pour des chirurgies programmées, ça se fait. Les recommandations,
09:24c'est 48 heures avant l'intervention chirurgicale. Mais entre les deux, donc la consultation et le jour
09:34qu'on doit vous opérer, il peut se passer des choses. Donc il faut également signaler cela à votre
09:41anesthésiste. Vous avez été enrhumé entre temps, vous avez fait une infection quelconque entre temps,
09:46il faut le dire. Les médicaments que vous avez pris aussi entre temps, voilà, il faut signaler tout ça
09:52à l'anesthésiste pour qu'il en tienne compte dans la décision de est-ce qu'on vous opère ou
09:58bien on va se
09:59donner le temps donc de voir comment on règle ces petites choses là avant de vous opérer.

Recommandations