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  • il y a 15 heures
Le journaliste Jonathan Siksou parle de la précarité alimentaire : «Les fins de mois des plus précaires sont de plus en plus difficiles».

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Transcription
00:00Triste état économique de la France qui nous offre malheureusement une ironie de l'histoire avec un grand H
00:05puisque depuis l'Antiquité, le surpoids, la crise de gouttes était l'apanage de la richesse
00:10et c'est aujourd'hui l'un des stigmates de la pauvreté.
00:14Et il se trouve que les Français s'appauvrissent de plus en plus.
00:17Selon un sondage Elab, 79% d'entre eux déclarent devoir se serrer la ceinture
00:22et les fins de mois des plus précaires sont de plus en plus difficiles.
00:25Les témoignages de toutes les associations convergent vers ce point.
00:30Il en va de même pour tous les travaux de l'INSEE qui débouchent sur le fait qu'aujourd'hui
00:35en France
00:359 millions de personnes vivent dans ce qu'on appelle un état de situation de privation.
00:41Pour ces millions de Français, le déclassement n'est pas un sentiment, c'est une réalité
00:45et on le voit dans le changement des habitudes quand ils vont faire leurs courses au supermarché.
00:49Eh bien, il y a un recul considérable des ventes de produits frais,
00:53de viande notamment au bénéfice des œufs et une augmentation constante des promos
00:59et des fameux marques des distributeurs.
01:01Et donc, petit à petit, c'est cette pente qui nous mène à la malbouffe.
01:05Oui, parce que c'est un constat là aussi qui est fait depuis quelques années.
01:08On peut le faire malheureusement, on a suffisamment de recul pour pouvoir dire
01:12que plus on est pauvre, moins on mange bien.
01:14Et oui, c'est aussi une pente vers la malbouffe parce que quand vous n'avez pas beaucoup d'argent,
01:18que vous soyez une famille nombreuse ou un couple, eh bien, vous pouvez avoir d'énormes difficultés
01:23à remplir votre chariot de supermarché avec des produits de qualité qui, par définition, coûtent plus cher.
01:28Ça, c'est pour la nourriture qu'on apporte à la maison.
01:30Mais quand on est obligé de déjeuner dehors, par exemple, que ce soit les ouvriers du bâtiment,
01:35des étudiants et autres, des employés de bureau aussi,
01:39où se dirigent-ils de plus en plus fréquemment vers ces nouveaux fast-foods que vous évoquiez en introduction ?
01:46Vous connaissez les marques, hein ?
01:46Non, enfin, j'en suis, puisque je peux en donner trois.
01:50De toute façon, on les connaît, c'est pas grave, ils sont décroustillés, machin.
01:52Le but, c'est pas de leur faire de la...
01:53Absolument pas, ils en ont déjà suffisamment.
01:56Je ne vais pas les citer.
01:57Ils ont tous à peu près les mêmes produits, des barquettes de riz agrémentés,
02:01de poulet frit ou de poulet rôti.
02:03Et il faut dire que leurs prix font passer les kebabs ou même les fast-foods historiques
02:08pour des restos de bourgeois.
02:10Parce que, par exemple, une grande enseigne qui est régulièrement citée,
02:13vend des pilons grillés à 1 euro, des demi-poulets à 4,50 euros.
02:17Autant dire que vous ne pouvez pas faire le poids en face de cela.
02:21Et puis, il y a aussi les problèmes sanitaires directement liés à ce qu'ils vendent.
02:26Parce qu'avec de tels prix, vous imaginez bien qu'ils ne sont pas très regardants.
02:29Ces poulets viennent d'Ukraine, viennent du Brésil.
02:32Ils transitent par des grossistes en Hollande ou en Espagne notamment.
02:38Régulièrement, ces enseignes sont pointées par des contrôles sanitaires
02:41qui mettent en évidence des failles élémentaires dans l'hygiène.
02:47Ces boutiques, si je puis dire, ferment le rideau le temps de passer un coup de ménage,
02:53réouvrent après.
02:54Ça ne désespère absolument pas la clientèle qui continue de gonfler les rangs devant leur comptoir,
02:59posé directement sur les trottoirs d'ailleurs.
03:01Et ça provoque aussi des nuisances.
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