- il y a 2 heures
Cette semaine, on s'enflamme pour Mekdes Woldu ! D'origine Érythréenne, naturalisée Française en 2021, Mekdes est une spécialiste du marathon. 20ème lors des JO de Paris 2024, elle détient actuellement le record de france féminin, en 2h23min et 13 secondes. Le 12 avril 2026, elle a notamment terminé première française et deuxième européenne au Schneider Electric Marathon de Paris, en 2h26m25s.
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00:00:08Musique
00:00:18Salut tout le monde, j'espère que vous allez bien, c'est parti pour une nouvelle émission
00:00:22et aujourd'hui on s'enflamme pour Megdes Woldu.
00:00:25Salut Megdes, comment tu vas ?
00:00:27Bien, et toi ?
00:00:28Très bien, installe-toi avec du Eminem, évidemment, ça met tout de suite dans l'ambiance, ça donne envie de
00:00:35courir carrément.
00:00:36Ah là, il faut aller mettre les baskets, il faut changer les baskets.
00:00:39Ça va, tu as déjà eu ton quota aujourd'hui, séance de côte, c'est ça au programme ?
00:00:42Exactement.
00:00:43Nous on n'a rien fait, mais bon, on ira courir ce soir, peut-être, peut-être, qui sait ?
00:00:47Je te présente rapidement Megdes pour nos téléspectateurs, nos téléspectatrices, tu as 33 ans, tu pratiques l'athlétisme, plus particulièrement
00:00:53les courses de fonds
00:00:54et ton palmarès est pas mal, il faut le dire quand même, c'est pas mal, regardez ça.
00:00:58Voilà, tu détiens plusieurs records de France, celui du marathon, du 10 000 mètres, tu es également co-détentrice du
00:01:04record de France, du semi-marathon.
00:01:06Tu es quadruple championne de France élite, 20e aux Jeux Olympiques de Paris sur marathon, première française,
00:01:11et donc 8e du marathon de Paris, 2026, première française, deuxième européenne.
00:01:17C'est pas trop mal, de quoi tu es plus fière dans tout ça Megdes ?
00:01:21C'est, je peux dire, c'est que tout ce que, comme tu étais en train de lire, c'est
00:01:27une fierté, on peut dire ça.
00:01:28Ouais, bah ouais, tout, il n'y a pas à choisir, c'est vrai, pourquoi choisir après tout ?
00:01:31Donc Megdes, tu cours le marathon, je reprécise ton record, 2h23 et 13 secondes, donc c'est énorme.
00:01:39Pour vous donner un petit ordre d'idée, c'est du 17,7 km heure.
00:01:43Essayez, chez vous, vous allez à la salle de sport, vous mettez sur un tapis de course, vous mettez 17,
00:01:47juste 17 déjà, km heure.
00:01:49Je ne suis pas sûr que la plupart tiennent longtemps.
00:01:52Megdes le fait sur 42,195 km.
00:01:56Voilà, ça demande forcément un entraînement de dingue, j'imagine.
00:01:59Combien de kilomètres par semaine en prépa marathon ?
00:02:01Pour le marathon, entre 180 et 200 km.
00:02:04Wow, ça fait combien par jour, ça, à peu près ? Je suis très mauvais en calcul.
00:02:08Bah, 7 jours, du coup.
00:02:09Ouais, mais ça fait du 200…
00:02:11Quelques fois, on fait repos les dimanches, mais c'est tous les jours, matin et soir.
00:02:17C'est énorme, donc avec un peu de musculation dans tout ça ?
00:02:20Oui, il y a la muscu, et après, oui, il y a plein de choses en place.
00:02:24Tu fais un peu des sports portés aussi, un peu de vélo à côté, un peu de natation ?
00:02:27Vélo, oui, en mode récupération, vélée dans la salle, pendant la préparation de marathon.
00:02:32Ok, alors tu as dû le voir, Megdes, mais récemment, Jimmy Gressier,
00:02:35le champion du monde du 10 000 mètres en 2025 à Tokyo.
00:02:38Il a déclaré qu'à 18 km heure, physiologiquement, il était en footing.
00:02:42Alors ma question, c'est, Megdes, à quelle allure, toi, tu es en footing ?
00:02:4718…
00:02:48Le footing de récup, normalement, je suis même capable de courir 6 par kilo le soir.
00:02:55Très lentement, ça ?
00:02:56Oui, très lentement.
00:02:57J'aime bien récupérer bien, je ne regarde pas le montre.
00:03:00Mais entre 5, 4, 30, jusqu'à 6 par kilo, je peux courir le soir.
00:03:05Ok, donc là, tu es en facilité totale ?
00:03:07En facilité totale, oui.
00:03:08Ok, wow, c'est déjà pas mal.
00:03:09Et si tu cours, admettons, à 4 au kilo, à 15 km heure, tu es bien ?
00:03:13Tu peux te lire tranquillement ?
00:03:14Oui, je peux le faire, moi, sur tout le temps, mais pas tout le temps.
00:03:19D'accord, ok, c'est déjà incroyable.
00:03:21Tu sors tout juste des interclubs, Megdes.
00:03:24Les interclubs, c'est le championnat de France des clubs, tout simplement.
00:03:26C'est un peu l'une des rares compétitions où, finalement, on se retrouve en équipe.
00:03:30En équipe, c'est génial.
00:03:33C'est ma plus frérée, déjà.
00:03:35Ok.
00:03:35Comme j'ai fait les championnats de France, les interclubs, c'est quelque chose que j'attends.
00:03:39Parce que j'ai fait chaque année les mêmes distances, je fais sur 3 000.
00:03:43Et c'est là qu'on se croise avec tous les athlètes du club et aussi les autres clubs.
00:03:49C'est ça qui est bien, on rigole, on regarde et j'adore.
00:03:53J'attends que les relais à la fin.
00:03:55Ah, c'est clair que les interclubs, c'est bien.
00:03:56Et voilà, à la fin, c'est les médailles.
00:03:57Ils font tant les médailles.
00:03:58Cette année, on était un peu dessus avec mon club, mais voilà.
00:04:01C'est le moment assez incroyable dans la saison pour tout athlète qui regardera cette émission, vous allez comprendre.
00:04:06Bon, par contre, c'est sûr que c'est des top moments à vivre, mais les conditions, ça a été
00:04:11un petit peu compliqué, Megdes.
00:04:13On regarde les images, c'était un déluge, tout simplement, sur 3 000 mètres, voilà.
00:04:18Bon, il faut dire qu'il faut vraiment aimer ça, quoi.
00:04:23Ah ouais, là, c'était…
00:04:25L'élioport de 3 000, il était à 15h35.
00:04:29Oui.
00:04:29Et nous, on était déjà sur la piste, dans la salle d'attente, 20 minutes avant.
00:04:34Et on est sortis 15 minutes avant, il ne pleuvait pas.
00:04:37Et là, 10 minutes avant, on faisait la ligne droite.
00:04:41C'est là que la pluie est tombée.
00:04:44Et on avait tellement froid, tout ça.
00:04:47Il y avait une petite tente au milieu de la piste.
00:04:50On était tous dans la tente, parce qu'on n'avait pas de veste, on avait froid et tout.
00:04:54Mais la pluie, il était énorme.
00:04:56Et du coup, je remercie vraiment les juges qui ne nous ont déjà pas donné les départs.
00:05:01On a eu à peu près 30 minutes de retard.
00:05:03Et il nous a donné 5 minutes au chauffement.
00:05:06Du coup, on a rechauffé quelques lignes droites, quelques foutines,
00:05:09pour partir à peu près 35-40 minutes de retard.
00:05:13Et quand on le fait pour son équipe, évidemment, on se transcende.
00:05:16L'entente Franconville, ton club.
00:05:19Avant de démarrer vraiment cette émission,
00:05:21une personne tenait à te laisser un petit message.
00:05:23Écoute, Megdes.
00:05:26Salut Megdes, j'espère que tu vas bien.
00:05:29Alors, mon pote Lucien m'a demandé de te poser une question pour son émission On s'enflamme.
00:05:34Alors, du coup, ma question, elle va être très simple.
00:05:37Si je te dis une couleur au hasard, bleu ciel, à quoi tu penses directement ?
00:05:43Allez, bisous.
00:05:45Alors, cet homme, c'est Félix Bourg, que je salue et que je remercie.
00:05:49Marathonien de l'équipe de France.
00:05:50Donc, ce petit private joke, bleu ciel, ça te fait pour ça quoi ?
00:05:53– Bah, bleu ciel, ça peut être le Gio.
00:05:58– Oui, sûrement.
00:05:59– Mais aussi, le bleu, on a aussi Asics en même temps.
00:06:02– Ah !
00:06:02– Mais le bleu ciel, je pense que c'est le Gio.
00:06:04– Ah, les Gio.
00:06:04– Oui.
00:06:05– Bon, on aura l'occasion d'y...
00:06:08– Ça peut être le Gio.
00:06:09– Il est malin, Félix, en double sens, en fait.
00:06:11– Mais les deux, il y a deux sens, parce que les bleus, c'est aussi l'équipe de France,
00:06:15aussi, en même temps, Asics, il y a trois choses en même temps.
00:06:18– Il est fort, il est fort, ce Félix Bourg.
00:06:20– Il est très fort.
00:06:20– Bah, moi, je vais te poser la petite question rituelle de l'émission, Megdes.
00:06:23La dernière fois que tu t'es enflammée, pas forcément sur une piste d'athlétisme.
00:06:27– Oui.
00:06:27– C'était quand ?
00:06:29– La dernière fois.
00:06:31– Oui.
00:06:32– Les dernières courses que j'ai fais.
00:06:33– La dernière fois que tu t'es enflammée, que tu as fait un truc avec plein d'énergie,
00:06:38avec plein de fougue, c'était quand ?
00:06:41– Waouh, c'est le Gio.
00:06:46– Les Gio.
00:06:47– Les Gio.
00:06:47Bon, c'est parfait, parce qu'on va en parler dans cette émission,
00:06:50et on commence avec la première rubrique, Allumer le feu.
00:06:52– J'adore, j'adore déjà cette émission avec Megdes,
00:06:59elle est tout le temps en train de sourire, c'est un régal.
00:07:02Non mais c'est vrai, c'est vrai, c'est un sourire communicatif, et ça fait plaisir.
00:07:05– C'est gratuit, on ne paye pas.
00:07:07– Eh bien voilà, c'est nickel, quand c'est gratuit, c'est super.
00:07:10Tu es née en Érythrée, Megdes, à Adi Keblo,
00:07:14et aussi surprenant que ça puisse paraître, au début…
00:07:16– Adi Keblo.
00:07:17– Adi Keblo, oui.
00:07:18– Et au début, aussi surprenant que ça puisse paraître,
00:07:21tu n'aimes pas forcément courir.
00:07:22– C'était le foot, un truc.
00:07:23– C'est ça, je n'aimais pas, et pendant à peu près un an,
00:07:27ça m'a pris un an pour accepter la course à pied.
00:07:30Et puis je faisais le foot, je faisais le foot de 9 jusqu'à 11 ans,
00:07:3512 ans à peu près.
00:07:36– Et un jour, tu sors d'un match de foot,
00:07:38et là il y a un coach d'athlétisme de ton école,
00:07:40qui te prend direct à la sortie, qui te dit,
00:07:42« Attends, toi je pense que tu peux avoir des qualités là,
00:07:44tu vas faire un 800 m, et on va voir ce que ça donne. »
00:07:48– Oui, j'étais les gardiens en fait de mon équipe.
00:07:51– Oui.
00:07:52– Et j'étais à côté de… voilà.
00:07:55Non, c'est pas les gardiens, il y a les gardiens après lui.
00:07:59– Les défenseurs.
00:07:59– Les défenseurs, voilà.
00:08:00J'étais là, et les ballons, ils sont venus sur moi.
00:08:03Du coup, là, je les ai pris, les ballons,
00:08:05je suis marquée un point de l'autre côté.
00:08:07Mais je courais hyper vite.
00:08:09C'est là, je pense qu'il a vu que j'étais trop rapide.
00:08:11– Ah oui, tu m'étonnes, tu as traversé le terrain, pas nos pieds.
00:08:13– Et là, il m'a dit, tu vas courir.
00:08:16Et c'est quoi, je fais quoi ?
00:08:19Deux tours sur piste.
00:08:20C'est une piste de tirage de foot, ça peut être peut-être plus de 800.
00:08:24Donc j'ai gagné, j'avais à peu près 100 mètres de l'avance
00:08:27avec les athlètes qui étaient là.
00:08:28– Le tout en sandales en plastique en plus.
00:08:30– Exactement, j'avais les baskets en sandales en plastique
00:08:34avec lesquelles j'ai joué le foot.
00:08:36Et avec les shorts de foot, je ne sais même pas quel mal qu'il était.
00:08:40Mais voilà, j'étais première avec beaucoup d'avance avec les autres filles.
00:08:46Et je pensais que ça s'arrête là, mais non.
00:08:48– Mais non.
00:08:48– Mais non.
00:08:49– Donc au début, tu y vas un petit peu à reculons.
00:08:52C'est un peu paradoxal de dire ça quand on parle de course à pied.
00:08:54Mais être performante, oui.
00:08:56Aimer ça, c'est autre chose ?
00:08:58Ça a mis combien de temps à…
00:08:58– Aimer surtout parce que moi, à ce moment-là, à l'âge de 12 ans,
00:09:03je ne comprends pas trop de sport.
00:09:07En fait, la seule chose que j'ai vu, c'est de faire le foot
00:09:09et de jouer surtout avec mes amis et les copines qui étaient en train de jouer.
00:09:13– Alors que quand on court, on ne joue pas.
00:09:15– Par contre, je suis seule, on ne rigole pas.
00:09:17Et j'ai dit, ben non, c'est l'affaire.
00:09:18Ah non, je ne fais pas.
00:09:20Et du coup, ils étaient hyper intelligents.
00:09:23À l'école, les profs, ils m'ont dit,
00:09:27« Oh, dans ces cas-là, tu fais le foot, en même temps, tu cours. »
00:09:30Du coup, j'ai fini l'école à midi.
00:09:31Je m'entraîne avec les athlètes.
00:09:34Je fais ça deux fois par semaine, je fais l'athlète.
00:09:37Et le reste du jour, je fais le foot.
00:09:39– D'accord.
00:09:40– Ils m'ont proposé de faire le deux.
00:09:42– Oui.
00:09:43Sauf qu'au bout d'un moment, j'ai commencé à me fatiguer.
00:09:46Et là, j'ai commencé à dire non, j'ai un problème du cœur.
00:09:51– Inventer des excuses.
00:09:52– Oui, mais des choses…
00:09:54C'est horrible, quoi.
00:09:56Et un jour, ils m'ont dit, « Oui, tu vas appeler tes parents. »
00:09:59Sauf que si j'appelle mes parents, j'ai dit,
00:10:01« Ah, là, ça ne va pas parce que mon père,
00:10:04il était professeur à l'école avant. »
00:10:06– D'accord.
00:10:06– Et là, il ne va pas aimer.
00:10:09Du coup, qu'est-ce que j'ai fait ?
00:10:10J'ai mes caches d'arrière à l'école pendant deux semaines.
00:10:14Je vais comme si je vais à l'école,
00:10:17mais je reste à côté du midi jusqu'à 18h.
00:10:20– Ah, c'est long, quand même.
00:10:22– À la maison, comme si j'étais à l'école.
00:10:24Après deux semaines, ils se sont envoyés en courrier,
00:10:28comme quoi, ça fait deux semaines qu'elle est absente.
00:10:30Et là, mon père a dit, « Non, elle n'est pas absente.
00:10:33Vous vous êtes trompée. »
00:10:36– Et là, la super-chère est tombée.
00:10:37– Et là, mon père était là avant moi,
00:10:38et c'est là que ça devait être très, très compliqué.
00:10:43Je lui ai dit, « Non, je n'ai pas envie de courir. »
00:10:45Il m'a obligée à courir.
00:10:46Mon père m'a dit, « Oui, mais… »
00:10:48Tu sais, une course à pied, ça t'aide aussi pour jouer le match.
00:10:51C'est très bien, et il était très, très malin.
00:10:54Il m'a mis dans ma tête que c'est très bien.
00:10:58De plus en plus, je pense qu'au bout de six mois,
00:11:01les professeurs me disent, « Oui, mais au lieu d'attendre à midi,
00:11:04tu peux donner ta sac à dos à ton frère,
00:11:07et toi, tu cours d'ailleurs à lui,
00:11:08parce que moi, j'ai fait une heure à pied pour aller à l'école.
00:11:11Les villages, c'est une heure à pied.
00:11:12Aller au retour, ça m'a fait 12 heures. »
00:11:14– Et donc, tu courais pour aller à l'école et repartir ?
00:11:16– Oui, oui, en fait, en marche pour aller au village,
00:11:18tous les jours, je fais aller au retour pendant une semaine.
00:11:22Et là, j'ai dit, « Ah bah, ça, c'est une bonne idée. »
00:11:24J'ai donné mon frère qui était en vélo, mon grand frère,
00:11:26et moi, je cours derrière lui, ça me fait 40 minutes,
00:11:29quelques fois 35 minutes, voilà.
00:11:31Et là, j'ai arrêté de courir tous les midis,
00:11:34et je fais aller au retour, finalement.
00:11:35– Et c'est à partir de ce moment-là que ça a commencé à te plier ?
00:11:37– Mais un an après, je n'ai même pas envie de jouer le foot.
00:11:40– Ok.
00:11:40– Parce que j'ai commencé à faire le championnat, c'était 2007.
00:11:44– Oui.
00:11:44– Et du coup, 2008, il m'a dit de faire le championnat
00:11:49du régional département, le championnat national.
00:11:53Et je fais le cross, c'était en mars ou février 2008.
00:11:59– Oui.
00:11:59– Et là, en fait, j'ai qualifié pour aller
00:12:03avec le championnat national à la capitale.
00:12:06– D'accord.
00:12:07– Et parce que j'ai terminé quatrième,
00:12:09là, il m'a dit, tu vas aller faire avec tous les athlètes,
00:12:12peut-être que si tu qualifies là, tu vas aller monter dans l'avion
00:12:15et tu seras une championne.
00:12:17C'est là que 2008, j'ai fait le cross,
00:12:20du coup, c'était ma première sélection, j'avais 16 ans.
00:12:24– Oui.
00:12:24– Et j'ai terminé quatrième pour aller au championnat allemand de cross.
00:12:28– Incroyable.
00:12:28– Ma première compétition, et là, je suis devenue un vrai athlète.
00:12:31– Ah oui, incroyable, tu avais des qualités de dingue.
00:12:34À partir de ce moment-là, tu prends les courses les unes après les autres
00:12:37et tu vois que tu es performante,
00:12:38mais tu n'as pas cette idée d'en faire à haut niveau, forcément ?
00:12:41– Non, en fait, j'ai couru juste comme ça.
00:12:43Je ne fais pas d'espé.
00:12:44Je pense que le fait que tu fais un retour au village,
00:12:48il y a une heure, j'étais déjà une athlète, je pense.
00:12:53Même pour moi, il m'a dit, tu es qualifié,
00:12:55tu vas aller au championnat de monde,
00:12:56tu seras avec les athlètes qui vont fermer pendant un mois,
00:13:01qui s'entraînent ensemble, tu verras un coach,
00:13:03ils me donnent les baskets.
00:13:05Je dis, mais c'est quoi ça ?
00:13:07– Oui, tu découvres un peu.
00:13:08– Non, j'avais 16 ans, je ne comprends pas ce qui se passe.
00:13:11Et j'ai dit à mon père, en fait, j'ai qualifié,
00:13:14il m'a dit d'avoir un passeport pour aller,
00:13:17je ne sais pas quel pays, mais on va aller voyager et tout.
00:13:21Et là, il m'a dit, voilà, cette fois, tu as trouvé tes talents,
00:13:24mais en même temps, on n'oublie pas l'école.
00:13:26Parce que j'étais aussi le meilleur élève à l'école.
00:13:28– Ah oui, c'est parfait, tu étais au top dans tout.
00:13:31– J'étais très bien à l'école et mon père,
00:13:33il était vraiment obsédé par l'école,
00:13:35il ne voulait pas que j'ai quitté l'école.
00:13:37Mais bon, après, c'était compliqué.
00:13:40Deux, trois ans après, quelquefois, je vis en France.
00:13:43Pendant un mois, deux mois, trois mois, je restais en France.
00:13:46Et de retourner au pays, d'attraper tout, c'était très compliqué.
00:13:50– Tu as dit, ça c'est 2007, 2008 à peu près ?
00:13:52– Le premier voyage, 2008, c'était mon premier calife
00:13:56au championnat du monde.
00:13:57Je n'ai pas pu participer, on n'a pas eu le visa,
00:13:59donc on a fait des moutures, etc.
00:14:01C'est l'histoire, mais c'était 2008.
00:14:05Et le premier voyage que j'ai fait en France, c'était en 2010.
00:14:08C'est là, j'ai eu un manager, j'étais une athlète.
00:14:11– Tu as commencé à découvrir un secrétaire.
00:14:13– J'étais plusieurs fois championne national,
00:14:16je fais trois fois championne de…
00:14:18J'ai raconté comme je fais championne de France,
00:14:22le 10 000, le semi-marathon et les 10 km.
00:14:25Et je l'ai fait la même chose.
00:14:27– Déjà, en 2011, c'est ça.
00:14:28– Déjà, pour moi, c'était normal.
00:14:29– Oui, oui, c'est ça.
00:14:30– Et moi, j'ai déjà fait quatre titres, trois titres.
00:14:32– Alors que c'est une sacrée performance.
00:14:35On parle là de ces années 2007, 2008.
00:14:37Et après, moi, j'aimerais revenir sur un événement en 2007
00:14:40qui n'a rien à voir avec la course à pied,
00:14:41mais qui m'a profondément marqué.
00:14:42Je l'ai lu sur tes réseaux sociaux.
00:14:45Tu as témoigné là-dessus et je trouvais ça assez fort.
00:14:47En 2007, tu as vécu un accident de bus auquel tu as survécu,
00:14:52alors que plein de personnes ont péri.
00:14:55Est-ce que quand on vit quelque chose comme ça,
00:14:56on a une vision de la vie différente par la suite ?
00:14:59Est-ce qu'on relativise un peu plus les choses ?
00:15:02On se dit, on est persuadé que la vie est très précieuse
00:15:05et tient un fil, finalement ?
00:15:07– Oui, justement, en fait, c'était le moment
00:15:10que je commençais l'athlète.
00:15:12Comme il y a des vacances scolaires,
00:15:15l'école nous envoie à la capitale.
00:15:19Il y avait les athlètes qui viennent d'Italie
00:15:21et les coachs italiennes à la capitale.
00:15:24Comme on était jeunes, on était accueillis par eux
00:15:26pour apprendre, s'entraîner, qu'est-ce qu'il y a des PPG,
00:15:30de découvrir un peu pendant un mois.
00:15:33Du coup, je suis restée un mois à la capitale.
00:15:36J'étais…
00:15:37Je ne suis pas capable de faire ça.
00:15:39– Tu dis, si ça te dérange un truc,
00:15:44tu n'es pas obligée d'en parler.
00:15:45– Non, ce n'est pas grave, on ne va pas aller.
00:15:48Et du coup, c'était le moment que je retourne au village.
00:15:51Je suis partie prendre le bus avec tout le monde.
00:15:55Et le bus, ce n'est pas un bus de vingtaine,
00:15:58c'était à peu près 80 à l'intérieur, c'est hyper grand.
00:16:03J'avais que… c'était 2007, j'avais que 15 ans.
00:16:10Et on n'a même pas sorti à peu près trois kilomètres de la capitale.
00:16:15Il pleuvait énormément beaucoup.
00:16:17Et les chauffeurs, ils parlaient avec une dame qui avait un enfant,
00:16:22elle était juste devant moi.
00:16:23il parle de quelque chose qu'elle doit payer pour ça,
00:16:27tu ne peux pas regarder avec toi, tu dois me mettre à haut,
00:16:30un truc comme ça.
00:16:31Il parlait très fort.
00:16:33Et il y a un chemin qui arrive à droite,
00:16:36et il y a une autre voiture qui arrive à droite.
00:16:38Lui, il n'a pas vu, il a freiné très fort.
00:16:41C'est là que le bus est…
00:16:42– D'accord, ça remercie.
00:16:44– Oui, une fois, mais après, deuxième fois, deux fois.
00:16:48Donc moi, j'étais celui de droite.
00:16:50C'est les gens qui étaient celui à gauche,
00:16:52qui a fait deux fois, du coup, qui étaient plus décédés.
00:16:56Et j'ai eu la chance d'avoir une deuxième vie.
00:17:00C'est mon deuxième anniversaire, on peut dire ça.
00:17:02– Bien sûr.
00:17:02– Et oui, c'était très compliqué.
00:17:08Je ne comprenais pas au début.
00:17:10C'était tous les flux, on ne comprend pas ce qui se passe.
00:17:13Il y avait, je me rappelle, il y avait une grande dame
00:17:16qui était assise, une dame assez vieille,
00:17:20avec la dame qui avait un enfant.
00:17:22Et du coup, les bébés qui étaient vécus, du coup,
00:17:26et la grande dame, la vieille,
00:17:28et la maman qui ne se réveille pas.
00:17:31En fait, elle n'était plus là, les bébés qui pleurent.
00:17:33Moi, je prends le bébé,
00:17:35et il y avait un autre mec qui fait payer les gens,
00:17:38je ne sais pas comment on l'appelle en français.
00:17:40Et lui, il me dit de casser les vitres.
00:17:41En fait, je commence à casser les vitres avec mes pieds,
00:17:45et je fais sortir la dame, les bébés.
00:17:48Je commence à aider les gens, sauf que je n'étais pas consciente.
00:17:51Même lui, il n'était pas conscient.
00:17:53Et là, il y a la police, il y a les voitures partout, on sort.
00:17:56Et c'est là que je vois les gens qui étaient sortis de la voiture,
00:18:01en dessous du bus.
00:18:03Et c'est là que j'ai réalisé que c'était un accident.
00:18:07Et là, je commence à pleurer et tout.
00:18:09Et c'était très compliqué.
00:18:14Et donc, c'est là, il me ramène à l'hôpital,
00:18:19et de me dire que, est-ce que vous pouvez parler ?
00:18:24Qu'est-ce que s'est passé ?
00:18:25Parce qu'on n'était que cinq qui n'étaient pas touchés comme moi, du coup.
00:18:32Il y avait plein qui étaient blessés, très graves.
00:18:37Il y a un cinquantième qui est décédé, ce jour-là.
00:18:42Mais le pire de ça, en fait, on est tous dans la même ville.
00:18:45C'est ça qui est très, très dur.
00:18:47C'est la ville où je vais à l'école tout le temps.
00:18:52J'ai pris énormément de temps à l'hôpital et d'aller à l'école,
00:18:56parce qu'il y avait des enfants qui avaient perdu ses parents,
00:18:59ses frères, ses soeurs.
00:19:00À chaque fois, il me dit que j'étais avec mon papa.
00:19:03J'ai pris à peu près trois ans.
00:19:05Je n'ai pas envie que les gens aient me dit ça.
00:19:07Oui, tu as la chance, parce que moi, j'ai parlé de mon grand-père,
00:19:10mon père.
00:19:11C'était très compliqué, très, très compliqué.
00:19:14Mais je n'ai pas pu parler pendant deux années.
00:19:17Je pense que j'ai parlé, j'étais au Kenya au mois de août.
00:19:20C'était le 13 août 2007.
00:19:24Ce jour-là, ma mère, elle m'appelle.
00:19:25N'oubliez pas, c'était une journée spéciale.
00:19:28Ne fais pas quelque chose qui ne va pas.
00:19:32Ma famille, elle fait comme une fête chaque année.
00:19:37C'est un avenir, c'est un grand...
00:19:39Pour eux, c'est quelque chose d'énorme.
00:19:42Je lui ai dit, mais maman, je suis au Kenya.
00:19:45Je ne peux pas allumer les bijoux, un truc comme ça.
00:19:48Je ne suis pas avec ma famille.
00:19:50Elle m'a dit, dis les gens avec toi.
00:19:52Tu dis qu'aujourd'hui, c'est un jour spécial pour moi.
00:19:57J'étais au centre de l'annexe il y a quelques années.
00:20:01Je me rappelle, j'ai dit au chef qui était là, le manager.
00:20:05Vous savez, aujourd'hui, c'est un jour spécial pour moi.
00:20:08J'ai vécu...
00:20:10Mais il a dit, ça c'est une grande fête.
00:20:15On va faire un petit truc pour toi.
00:20:19Et là, il m'a mis un petit gâteau.
00:20:22Moi, je ne fête pas avec les gâteaux ce jour-là.
00:20:24Je mets juste un petit souvenir, un petit silence
00:20:27pour les gens qui ont perdu la vie ce jour-là.
00:20:30Et j'ai coupé les gâteaux.
00:20:33Et mais le plus bon qui était là,
00:20:36c'est que je suis arrivée à parler de les gens
00:20:38et qu'est-ce que j'ai vécu et tout.
00:20:41C'est le jour-là que j'ai écrit sur Internet.
00:20:43Mais il n'y avait personne qui sait, même en coach, je ne sais pas.
00:20:46Bien sûr.
00:20:46Il n'y avait personne qui sait ce qui s'est passé.
00:20:48Merci beaucoup, Megdes.
00:20:50Je pense vraiment aux gens qui ont passé ce jour-là.
00:20:53Et moi, j'ai eu une chance, si on peut dire.
00:20:57Oui, mais merci d'en avoir parlé à cœur ouvert, comme ça.
00:21:00Tu l'as dit, c'est un peu une deuxième vie.
00:21:02Et tu l'as saisie et tu fais de très belles choses.
00:21:05Tu te bats sur la piste pour des performances, des chronos.
00:21:08Mais tu es aussi une combattante de la vie.
00:21:10D'avoir une deuxième vie aussi.
00:21:13Je pense que ça nous aide aussi dans la vie.
00:21:16Parce que si je suis restée aujourd'hui,
00:21:18je sais peut-être qu'il y a des raisons derrière.
00:21:20Ce n'était pas mon premier accident.
00:21:22Non, c'était ma deuxième accident de véhicule.
00:21:25J'ai eu aussi, il y a 7 ans, je suis tombée d'une nouvelle voiture
00:21:29qui n'était pas fermée, les fenêtres.
00:21:32C'est une nouvelle véhicule.
00:21:33Et j'ai vécu aussi une deuxième fois.
00:21:35Je me suis dit, peut-être que…
00:21:37Je ne sais pas s'il me bénisse.
00:21:40Il y a des choses à accomplir maintenant.
00:21:41Comment je peux m'épaniquer que j'ai déjà eu quelque chose de bien dans la vie ?
00:21:46En tout cas, on va en parler de cette deuxième vie, de cette deuxième belle vie.
00:21:50Parce que tu as accompli plein de belles choses.
00:21:52On reprend un peu le cours de ton histoire.
00:21:55En 2011, tu quittes l'Erythrée, ton pays d'origine.
00:21:59Oui.
00:22:00Pour quelles raisons tu te sentais menacée, en danger ?
00:22:03On sait que le contexte politique est très dur là-bas.
00:22:06Est-ce que c'était ça ?
00:22:07Oui, j'ai eu pas mal de choses qui m'empêchent à s'entraîner,
00:22:12à continuer mon sport.
00:22:14Et surtout, on peut dire ça.
00:22:17Du coup, moi, je qui aimais courir.
00:22:19Oui, tu ne pouvais plus…
00:22:21J'ai fini par aimer la course à pied.
00:22:24Du coup, je voulais vraiment continuer le sport
00:22:28et vivre ce que je voulais dans ma vie.
00:22:32Du coup, c'est pour cette raison-là que j'ai quitté le pays.
00:22:35Il y a un long périple ensuite.
00:22:36Tu arrives en France, tu restes deux mois,
00:22:38tu pars en Suisse où vivait ton frère.
00:22:40Tu reviens un peu par obligation en France comme réfugié politique.
00:22:44C'est compliqué.
00:22:45Tu passes de foyer en foyer.
00:22:46Il faut apprendre le français.
00:22:47Il faut reconstruire une vie.
00:22:48Il faut trouver des repères.
00:22:49Beaucoup de choses à gérer.
00:22:51Comment tu as vécu tout ça, toute cette période, Becdes ?
00:22:57C'est vrai que j'avais 19 ans.
00:23:0018-19 ans.
00:23:00Oui, en plus, tu étais très jeune.
00:23:01Et 2012, je pense, 18-19 ans.
00:23:05La seule chose que j'ai fait,
00:23:06en fait, je suis arrivée pour faire des compétitions.
00:23:08J'ai terminé ma course.
00:23:10Je pense que je suis restée un mois et demi à peu près.
00:23:13C'était fin d'année 2011.
00:23:16Et du coup, j'ai fêté la bonne année 2012
00:23:18chez mon frère en Suisse.
00:23:21Je me suis dit, je n'ai jamais imaginé de vivre en France, en fait.
00:23:24Je me suis dit, bon, tu vas rester, tu ne voulais pas aller au pays, ok,
00:23:28mais il faut aller vivre avec ton frère.
00:23:31Et j'ai aussi deux tantes aussi en Suisse.
00:23:35Et j'ai pas mal de familles en Suisse.
00:23:38Je me suis dit, en plus, j'adore mon frère.
00:23:42C'est comme si à l'école, on était toutes les deux à l'école,
00:23:46on mange ensemble, les gens, ils pensaient que c'était sa copine.
00:23:50On était vraiment comme ça.
00:23:51Il ne t'en veut pas de lui avoir fait porter son sac, ça va ?
00:23:55Il me dit, c'est bien, il était hyper timide,
00:23:58qu'il a adoré que je vais avec lui tout le temps.
00:24:02Du coup, la seule chose que je veux, c'est d'être auprès de mon frère.
00:24:07Mais voilà, c'était pas le cas.
00:24:12Et j'ai fait la demande d'asile en Suisse.
00:24:15Et là, j'ai eu la réponse.
00:24:19Je pense que j'étais dans un foyer,
00:24:22un foyer pas comme la France.
00:24:23J'ai vécu les choses.
00:24:25Je n'ai jamais parlé de ça, d'ailleurs.
00:24:27J'étais dans un foyer au sur-sol.
00:24:31Au sous-sol ?
00:24:32Au sur-sol, oui, oui.
00:24:33Je pensais avoir malentendu, mais comment ça au sous-sol ?
00:24:37C'est au sous-sol.
00:24:38Et dans un camp,
00:24:41on était cinq, six dans la même chambre.
00:24:48Je sortais tout le temps pour respirer.
00:24:51Ça a duré combien de temps, ça, Megdes ?
00:24:53Je pense que j'étais deux, deux mois, trois mois.
00:24:57Je ne me rappelle pas correctement.
00:24:59En fait, on attend là-bas.
00:25:01Après, il y a plusieurs étapes en Suisse.
00:25:03Il y a les camps où on demande d'asile.
00:25:05Après, il fait des transferts.
00:25:07Et ma deuxième transfert au camp, il était sur-sol.
00:25:10Après, je suis allée dans un autre, la finale,
00:25:14pour attendre la réponse.
00:25:16Je me rappelle de courir tous les matins.
00:25:18Ça m'a fait tellement de bien.
00:25:19Je courais matins et soins.
00:25:21Je m'entraînais.
00:25:23C'était bien.
00:25:24Donc, c'était l'affaire.
00:25:26Je n'ai pas trop aimé ce camp.
00:25:28Et je sortais chaque vendredi
00:25:29pour passer le week-end avec mon frère.
00:25:32On n'avait pas le droit de sortir dans la semaine.
00:25:35Enfin, on sort pour se balader,
00:25:37mais pas de dormir en dehors du centre,
00:25:40du foyer, du coup.
00:25:42Si on peut appeler ça un foyer.
00:25:43parce que là, c'est les conditions
00:25:45que tu nous décrits.
00:25:46– Vraiment, je n'ai jamais parlé de ce camp
00:25:47parce que je n'ai pas trop aimé.
00:25:49Et je déteste parce que j'avais mal
00:25:51à respirer et tout à l'intérieur.
00:25:53Et on était plusieurs, surtout.
00:25:55C'est ça qui est chiant.
00:25:56Et on dormait en deux lits.
00:25:59Il y avait trois lits qui étaient…
00:26:03Et du coup, sur la troisième transfert,
00:26:07en fait, j'ai eu une réponse.
00:26:08Et comme quoi, ils ne sont pas acceptés
00:26:11parce que j'ai passé par la France.
00:26:13Et c'est la loi, en fait, qui m'oblige.
00:26:16Sauf que moi, j'ai eu un avocat.
00:26:17– Vu que tu es passée par la France
00:26:19avant d'arriver en Suisse, tu es obligée de…
00:26:21– De demander d'asile dans les pays
00:26:23où on met le premier pied.
00:26:25– D'accord, ok.
00:26:26– Sauf que moi, j'ai eu un avocat.
00:26:28J'ai dit, ok, je suis passée par la France.
00:26:32Mais moi, je ne voulais pas vivre en France.
00:26:34Moi, je voulais être juste avec mon frère.
00:26:35La seule raison, c'est d'être auprès de mon frère
00:26:38parce que je suis jeune, j'ai 18, 19 ans.
00:26:41Et j'ai payé l'avocat.
00:26:43L'avocate, elle était super.
00:26:47Et la France, elle me donnait 5 mois pour que je revienne.
00:26:50La France, elle dit, oui, si elle revient en 5 mois,
00:26:53on va lui donner, on va accepter.
00:26:55– D'accord.
00:26:55– C'est ça, le document, la réponse.
00:26:57Et je dis, je vais prendre l'avocat, j'ai 5 mois.
00:27:00Sauf qu'on n'a même pas eu la réponse.
00:27:05On était dans un faillet, je dormais à haut du lit.
00:27:09C'est pour ça, d'ailleurs, je n'aime pas dormir à haut maintenant.
00:27:12Je déteste.
00:27:12– C'est devenu un traumatisme.
00:27:13À haut et bas, j'ai choisi plus bas, c'est jamais.
00:27:17Et je me rappelle, c'était à 4h ou 3h au matin,
00:27:21il y a les policiers d'immigration de la Suisse
00:27:25qui sont venus à 3h au matin,
00:27:27qui m'a réveillée avec mon pied.
00:27:29« Réveillez-vous, en fait.
00:27:31Vous devez aller en France. »
00:27:33Et c'est là que j'ai eu une malaise, du coup.
00:27:36J'ai eu une malaise, je suis tombée.
00:27:38Et je me suis réveillée, comme l'hôpital,
00:27:42mais c'était la prison de Suisse, de la police de Suisse.
00:27:48Je me suis réveillée, j'ai connu le visage du mec,
00:27:52du monsieur d'immigration qui m'a réveillée, du coup.
00:27:57Et il était habillé en civil,
00:27:59mais moi, je n'ai pas oublié sa tête.
00:28:02Et je ne parlais pas bien l'allemand,
00:28:07je parlais un petit peu,
00:28:08mais je lui ai lu en anglais, je ne voulais pas le voir, en fait.
00:28:12Et là, je vois l'avocate qui était là, mon frère,
00:28:14et il me dit, tout va bien, c'est juste la loi.
00:28:17Mais sauf que moi, je n'ai même pas eu la réponse.
00:28:20Et c'est une longue histoire.
00:28:25Pour, on peut dire, un petit peu couper l'histoire,
00:28:29je suis restée douze semaines, du coup, dans cette prison.
00:28:33– Douze semaines ?
00:28:34– Deux semaines.
00:28:35– Deux semaines.
00:28:35– Deux semaines.
00:28:36Et pour que je puisse signer les papiers pour aller en France,
00:28:41soit je signe, soit je ne sors pas, en fait.
00:28:45Et de signer ce papier, c'était, vous signez ce papier pour ne pas revenir en Suisse,
00:28:51pour demander d'asile encore une deuxième fois.
00:28:54C'est là que je n'ai pas accepté de signer le papier.
00:28:56Et je dis non, je ne vais pas aller en France, mais je ne vais pas.
00:28:59Déjà, au début, j'ai dit non.
00:29:01Au bout de deux semaines, je commençais à stresser,
00:29:04de ne pas courir, de ne pas sortir, c'était l'affaire.
00:29:07Et il m'a donné, voilà, j'ai eu la chance d'avoir quelqu'un
00:29:11qui m'a aidée énormément, un ami de mari de ma copine éthopienne
00:29:17qui était là-bas, une athlète, Alain, je le remercie beaucoup.
00:29:21Il a demandé une demande spéciale pour qu'il puisse m'autoriser
00:29:26de courir un petit peu de la journée.
00:29:29Et voilà, il me fait sortir haut, il y a un haut de la prison.
00:29:32Du coup, je suis tournée d'asile, oui.
00:29:37J'ai l'impression que dans toutes les phases très compliquées de ta vie,
00:29:42la course à pied revient souvent comme quelque chose
00:29:46qui t'a permis un peu de respirer.
00:29:48Un peu d'être respirée, libérée de tous les stress.
00:29:51Je commence à avoir la tâche sur mon visage, je n'étais pas moi-même.
00:29:56Et tous les matins, je vois Alain, mon frère,
00:30:00qui m'amène plein de mots.
00:30:03Pour que je sois très forte ce jour-là.
00:30:08Et ça m'a aidé vraiment, je révise ces quelques mots
00:30:12qui viennent de la Bible.
00:30:16Et au bout de deux semaines, je commence à lâcher.
00:30:20Je me suis dit, ok, je vais aller, mais aidez-moi juste l'avocate.
00:30:24Elle m'a aidé de ne pas signer les papiers
00:30:25parce que j'avais l'espoir de revenir en France, en Suisse.
00:30:32Et il m'a dit, oui, ok, vous pouvez aller s'en signer ces papiers,
00:30:36mais on va vous déposer à la frontière de la France.
00:30:41Et il m'a ramené avec la police, l'immigration, à Annecy.
00:30:47– D'accord, Annecy.
00:30:48– Du coup, il m'a déposé à Annecy.
00:30:51Il y a Alain, du coup, le monsieur qui m'a aidé,
00:30:55qui m'a suivi en voiture, parce qu'il sait que ça va être compliqué
00:30:58à communiquer en français et tout.
00:31:01Et surtout, j'avais 19 ans.
00:31:03– Et Annecy, bon, là, c'est vraiment…
00:31:05– Ainsi, ils ont donné mon sac,
00:31:09tous les sacs étaient, du coup, mes affaires.
00:31:12Moi, je n'avais pas le droit de toucher mes affaires,
00:31:14c'est la police qui avait, ils donnent.
00:31:16Et voilà, madame, vous êtes arrivée.
00:31:18– Et déployez-vous.
00:31:19– Et il part.
00:31:20Et là, je vois le visage de la police de la France,
00:31:24qui était souriante.
00:31:26Elle me dit, oh, qu'est-ce que vous avez fait, Jean-Fille ?
00:31:30Et Alain qui rentre, non, il n'a rien fait, c'est juste la loi.
00:31:34Il explique en français.
00:31:37Il est sportif, il voit mon document, mon photo,
00:31:40qui était plein d'albums.
00:31:41Ah, mais vous êtes champion, ne vous inquiétez pas.
00:31:43Dans quelques années, on va vous voir à la télé.
00:31:46Sauf que moi, je ne comprends pas ce qu'il raconte.
00:31:48Et non, elle ne parle pas français, elle parle anglais.
00:31:50Et là, il me parle en anglais,
00:31:54il commence à communiquer avec moi,
00:31:56de me dire que la France, c'est un bon pays.
00:32:00Vous inquiétez pas, on veut dire on a une TV.
00:32:04Et là, j'ai dit, mais ils sont différents aussi,
00:32:06même le pays aussi.
00:32:07Bon, j'ai dit, OK.
00:32:10Et là, il me dit, bon, on va vous envoyer dans un faillet.
00:32:14Alain, il a dit, non, elle ne va pas aller au faillet.
00:32:18Donc, la famille d'Alain,
00:32:23lui, ils m'ont payé deux semaines d'hôtel à Annecy.
00:32:27À Annecy.
00:32:28Un petit village à côté d'Ancy, pour que je sois bien.
00:32:31Dans la tête, il m'a accompagnée.
00:32:36Franchement, ma copine, elle a un bon mari.
00:32:39Il était là pour moi.
00:32:41Et au bout d'une semaine, déjà, moi,
00:32:43lui, il a regardé à gauche, à droite,
00:32:45avec le croix rouge d'Ancy.
00:32:47Ils se sont dit, je pense que le bon club,
00:32:48ils sont vers Paris.
00:32:51C'est là qu'Alain, il m'a accompagnée en train,
00:32:54jusqu'à Paris,
00:32:55parce qu'on connaît une dame qui habite à Paris.
00:32:59Une érythréane qui habite à Sarcelles,
00:33:02elle s'appelle Tumnit.
00:33:04Ma deuxième mère,
00:33:06c'est elle qui m'a accueillée en France.
00:33:08Voilà l'histoire,
00:33:09comment Megdesi, elle est arrivée en France.
00:33:11Elle est dingue.
00:33:12Elle est dingue, cette histoire.
00:33:13Non, non, mais vraiment, Megdesi,
00:33:15elle est pleine de…
00:33:15Peut-être qu'il y a des gens qui ont vécu pire,
00:33:18mais pour moi, je pense que c'était assez,
00:33:22c'était beaucoup.
00:33:23En fait, je me suis permis, en début d'émission,
00:33:26de dire que c'est génial de te voir aussi souriant,
00:33:29avec, oui, je te l'ai dit, ce sourire communicatif.
00:33:32Quand on sait tout ce que tu as traversé,
00:33:34tout ce que tu as vécu,
00:33:35les difficultés que tu as dû surmonter,
00:33:38c'est d'autant plus valorisant
00:33:40d'avoir ce très beau sourire.
00:33:41Oui, je pense que finalement,
00:33:42j'ai bien fait de revenir en…
00:33:44C'est le destin, le destin, il était bien, je pense.
00:33:47Oui, mais tu as saisi aussi l'opportunité.
00:33:50Donc, on reprend un peu.
00:33:51Tu arrives à Paris.
00:33:54Là encore, la course à pied
00:33:55va un peu te permettre de découvrir d'autres choses.
00:33:57Je pense que le sport,
00:33:59ça nous aide à sortir…
00:34:01En fait, la course à pied,
00:34:03plus que c'est à l'extérieur,
00:34:05ça fait communiquer avec la nature.
00:34:07De voir l'air, de respirer,
00:34:09ça nous fait de…
00:34:10C'est là que tu te sens le plus toi-même ?
00:34:11C'est quand tu cours ?
00:34:12Oui, oui.
00:34:12Moi, quelquefois,
00:34:13il y a des moments,
00:34:14même si c'est au repos,
00:34:15j'ai envie d'aller courir.
00:34:17D'accord.
00:34:20Je pense que c'est trop bien.
00:34:22Je comprends, je comprends.
00:34:24Tu vas retrouver le chemin de l'athlétisme en France,
00:34:27donc dans ton club de toujours,
00:34:28l'entente Franconville-Sésame-Valdoise,
00:34:31en 2013, grâce à un certain Jérémy Noël,
00:34:33il me semble.
00:34:34Jérémy Noël.
00:34:35Tu rencontres comme ça.
00:34:36Toujours avec les clubs.
00:34:37Sur une piste, tu lui parles,
00:34:39il te dit, attends,
00:34:39moi j'ai un truc à te proposer,
00:34:41tu reprends le chemin de l'athlétisme.
00:34:43Et puis, on passe quelques années ensuite,
00:34:45mais il y a quand même un moment très marquant,
00:34:47c'est qu'en 2021, tu obtiens la nationalité française
00:34:52avec l'autorisation officielle de porter le maillot bleu.
00:34:55En plus, je crois que tu l'apprends,
00:34:57tu es en train de te faire masser au Kenya, je crois.
00:35:00C'est ça.
00:35:01C'est incroyable, tu apprends ça,
00:35:03là c'est l'euphorie totale.
00:35:05Oui, c'était le moment,
00:35:08les plus bons moments.
00:35:11J'attendais depuis des années,
00:35:13j'ai déposé le dossier en 2016,
00:35:15il a eu plein de choses,
00:35:16les documents qui ont plein de choses,
00:35:21d'administratifs.
00:35:21Tu te dis, ça y est.
00:35:23Oui, là, c'était la bonne nouvelle.
00:35:26Enfin, je peux viser un objectif sportif.
00:35:30Justement, cette même année,
00:35:32tu fais le triplé,
00:35:33tu en parlais tout à l'heure,
00:35:3410 000, 10 kilomètres où,
00:35:36tu es un marathon,
00:35:37tu es triple championne de France.
00:35:38J'ai fait trop le championnat,
00:35:39je pense que je n'ai pas fait trop après.
00:35:41Est-ce que tu penses que justement,
00:35:42le fait d'avoir obtenu
00:35:43cette nationalité française,
00:35:45ça t'a un peu, tu vois,
00:35:47ça t'a permis de te sentir libérée,
00:35:50de valoir une certaine stabilité ?
00:35:51Oui, mais c'est une vraie liberté.
00:35:53En fait, j'avais énormément…
00:35:55C'est en temps sportif,
00:35:58on donne un objectif,
00:36:00en fait, d'aller un peu plus loin.
00:36:02Comment je peux imaginer
00:36:03d'aller au Géo
00:36:04si je ne présente pas
00:36:06l'érythrée ni la France ?
00:36:08Je serai conseillé
00:36:09dans une petite course
00:36:10à gauche, à droite,
00:36:11il n'y a pas de grand objectif.
00:36:14Du coup, ce jour-là,
00:36:15c'était quelque chose d'énorme.
00:36:18Pour moi, c'est la bonne nouvelle.
00:36:20C'est clair, c'est clair.
00:36:21Ce triplé,
00:36:22les années passent,
00:36:23tu es plus sur 10 000,
00:36:2510 kilomètres,
00:36:25semi-marathon.
00:36:26Pas encore le marathon,
00:36:27mais ça va arriver
00:36:28puisqu'en 2023,
00:36:30tu tentes ton premier marathon
00:36:31en Allemagne,
00:36:32à Hambourg.
00:36:33Donc, c'est une vraie découverte pour toi.
00:36:34On sait que le premier marathon,
00:36:35c'est toujours un peu l'inconnu,
00:36:37mais bon,
00:36:37tu l'avais très bien préparé
00:36:39puisque tu finis avec
00:36:40un très bon chrono,
00:36:422h26, 34 secondes,
00:36:43une neuvième place au général,
00:36:45troisième meilleure performance française
00:36:47et puis surtout,
00:36:48les minima olympiques.
00:36:49Minima olympique.
00:36:50Ça, c'est quand même incroyable.
00:36:51Premier marathon.
00:36:52Premier marathon.
00:36:53Minima olympique.
00:36:54Exactement, ouais.
00:36:56J'ai pris énormément de temps
00:36:57pour accepter le marathon.
00:36:59Dans la tête.
00:37:00D'accord.
00:37:01Ça te faisait peur ?
00:37:01Pourquoi ça te faisait peur ?
00:37:03Je ne sais pas.
00:37:04Je n'ai pas accepté de distance.
00:37:05Il est long.
00:37:07Et j'ai posé beaucoup de questions
00:37:09dans ma tête.
00:37:09Je n'ai pas accepté le marathon.
00:37:11Mais mon ancien coach,
00:37:13qui me connaît depuis que j'étais jeune,
00:37:15l'Erythréen,
00:37:15qu'il est au Canada maintenant,
00:37:18il me disait,
00:37:202018, 2017, 2019,
00:37:22il m'a dit de me faire un marathon.
00:37:24Parce que lui, il sait.
00:37:25Parce qu'à l'âge de 16 ans,
00:37:2617 ans,
00:37:27je faisais déjà deux heures sorties.
00:37:29et je me demandais,
00:37:30pourquoi tu ne fais pas le marathon ?
00:37:31Mais moi, je n'arrive même pas
00:37:32à faire un semi.
00:37:35Et là, ce jour-là,
00:37:36comme j'ai terminé le marathon,
00:37:37j'ai dit, waouh.
00:37:39Ça fait pour moi.
00:37:40C'est ça, le marathon.
00:37:42Je préparais six mois.
00:37:43Et normalement,
00:37:44c'était prévu que je fasse un semi,
00:37:46au mois de mars.
00:37:46Mais je suis blessée
00:37:484, 5 jours avant.
00:37:51Et c'était le pire.
00:37:54J'étais tellement prête.
00:37:56Et je savais que je pouvais même,
00:37:58j'étais capable de 2h25,
00:38:002h24.
00:38:01J'étais vraiment bien.
00:38:03Mais je suis blessée.
00:38:04En fait, c'est blessé.
00:38:06Tu dois accepter de ne pas courir,
00:38:08de ne pas faire ce marathon.
00:38:10Et c'était très, très compliqué.
00:38:12Mais voilà,
00:38:13c'est le médecin,
00:38:14il m'a dit vraiment,
00:38:16premier marathon,
00:38:18blessée.
00:38:19Ce n'est pas la bonne...
00:38:21J'ai dit,
00:38:21est-ce que je peux faire les straps ?
00:38:22J'ai dit plein de choses
00:38:24que non.
00:38:25Et après, voilà,
00:38:26on a pris trois semaines
00:38:28de pause,
00:38:29vélo, natation,
00:38:30tout ça avec mon coach
00:38:31qui est très, très doué pour ça.
00:38:34Et là, on part.
00:38:36La forme, elle était là.
00:38:38Ça, c'était février.
00:38:40Donc, je commençais
00:38:40à recourir en mars.
00:38:44Et là,
00:38:45il m'a dit,
00:38:46est-ce que tu fais
00:38:47Paris,
00:38:49Rotterdam ou Amsterdam ?
00:38:50Oui.
00:38:51Ou bien Hamburg.
00:38:52Moi, j'ai calculé
00:38:53six semaines
00:38:53ou sept semaines.
00:38:55J'ai dit,
00:38:56je prends celle-là.
00:38:58Hamburg.
00:38:58Mais Hamburg,
00:38:59ce n'est pas un parcours plat.
00:39:00Oui, en plus.
00:39:01Je dis, oui.
00:39:02Mais là,
00:39:02qu'est-ce que je veux ?
00:39:03Même mon coach,
00:39:04il était vraiment d'accord avec moi.
00:39:05Là,
00:39:06qu'est-ce que je veux ?
00:39:06C'est de faire un marathon,
00:39:07de terminer avec plein de smiles.
00:39:10Je n'ai pas envie
00:39:11de faire un marathon,
00:39:12viser un chrono.
00:39:13Non,
00:39:13il faut que je finisse bien
00:39:14cette marathon.
00:39:15Ça a été le cas ?
00:39:15Tu finis,
00:39:16tu as tout sourire ?
00:39:16OK.
00:39:17La forme,
00:39:18elle était là.
00:39:19On était très prédents
00:39:20que les blessures
00:39:21ne s'arrivent pas.
00:39:22Et là,
00:39:22finalement,
00:39:23arrivé à un bord,
00:39:25mon coach qui était,
00:39:26je me rappelle,
00:39:26il était en Afrique du Sud,
00:39:29sage avec l'équipe de France.
00:39:30Et moi,
00:39:31j'étais accompagnée
00:39:31avec mon agent.
00:39:33Il m'a dit,
00:39:34oui,
00:39:34on a dit,
00:39:35au moins de 2h,
00:39:3626,50,
00:39:36qui était minima
00:39:38pour les championnats de monde
00:39:39à Budapest.
00:39:40On a dit ça.
00:39:42J'ai dit,
00:39:42oui.
00:39:43Sauf que,
00:39:44quelques fois,
00:39:44en compétition,
00:39:45il y a des pace,
00:39:47des paceurs,
00:39:48qui,
00:39:48moi,
00:39:48j'étais avec le cinquième,
00:39:50qui était au milieu
00:39:51de 2h26,
00:39:522h27.
00:39:54Du coup,
00:39:54moi,
00:39:54j'ai choisi ça
00:39:55au lieu de faire 2h28.
00:39:57On est parti.
00:39:59Il appelle à mon agent,
00:40:00mais ce n'est pas possible.
00:40:02On a dit ça.
00:40:03Le moment que j'ai passé
00:40:0530 de km,
00:40:06c'est bon.
00:40:07comme il m'en connaît par cœur,
00:40:08puisqu'elle a passé
00:40:0932,
00:40:1033,
00:40:1034,
00:40:11je sais qu'elle va faire
00:40:12quelque chose.
00:40:13Et tu l'as fait.
00:40:14Tout ça,
00:40:14c'était au téléphone
00:40:15avec mon agent.
00:40:15Incroyable.
00:40:16Et ce chrono
00:40:17de 2h26
00:40:18et 34 secondes.
00:40:21Incroyable course.
00:40:22Tu vas confirmer
00:40:22quelques mois plus tard
00:40:23à Valence,
00:40:24fin 2023,
00:40:25tu vas encore
00:40:25ton corps personnel.
00:40:26C'est un peu
00:40:27ce qui va officialiser
00:40:27finalement ta sélection
00:40:29pour le marathon
00:40:29des Jeux Olympiques
00:40:31de Paris.
00:40:32Exactement.
00:40:32À quel moment
00:40:33tu réalises vraiment
00:40:34que ça y est,
00:40:35tu vas devenir
00:40:36Olympienne ?
00:40:39Déjà,
00:40:40comme j'ai qualifié
00:40:41à Hambourg,
00:40:43j'étais qualifiée
00:40:44pour le championnat
00:40:45de Boudapest
00:40:45qui était au mois de août.
00:40:48Là,
00:40:48la fédération
00:40:49me dit
00:40:49ce que Megdes
00:40:51a qualifié
00:40:51pour le championnat
00:40:52de Boudapest.
00:40:52j'ai dit tout de suite
00:40:53non.
00:40:56J'ai fait
00:40:56mois d'avril
00:40:56marathon,
00:40:58août,
00:40:59il y a
00:40:59les qualifs
00:41:00qui vont commencer
00:41:01à Valence.
00:41:03Je me suis dit
00:41:03je pense qu'il faut mieux
00:41:04pour une marathonienne
00:41:05un premier marathon
00:41:07de courir
00:41:07au bout de 3 mois,
00:41:082, 4 mois
00:41:09et que je vais à Valence.
00:41:11Et il visait
00:41:11un chrono
00:41:12et surtout
00:41:12de qualifier
00:41:13dans cette course.
00:41:15Et là,
00:41:17c'est vrai
00:41:18que j'avais
00:41:19tellement d'avance
00:41:20pour le record de France
00:41:21mais c'était
00:41:22la pire reprète
00:41:22que j'ai fait.
00:41:24J'avais plus de jambes
00:41:24à partir de 32
00:41:25et j'ai terminé
00:41:28une minute
00:41:28et quelques
00:41:29de retard
00:41:30que j'avais
00:41:31une minute
00:41:31et quelques d'avance
00:41:32de record de France.
00:41:33Mais j'étais tellement
00:41:34à faire,
00:41:35qu'est-ce que j'ai fait ?
00:41:35J'ai vraiment
00:41:37géré la fatigue,
00:41:38tout ça.
00:41:40Et franchi
00:41:41la ligne d'arrivée
00:41:41du coup
00:41:42à 12h24
00:41:44et c'était magnifique.
00:41:45Et ce ticket
00:41:46pour les Jeux Olympiques.
00:41:47On voit les images,
00:41:48on va en parler
00:41:49évidemment de ces Jeux.
00:41:49Déjà c'est symbolique
00:41:50parce que t'es sélectionnée
00:41:5120 ans après
00:41:52la médaille de bronze
00:41:54remportée par
00:41:54l'Erythréen
00:41:55Zersené
00:41:56Tadessé
00:41:56Tadessé
00:41:57C'est quand même
00:41:58aussi symbolique.
00:41:59C'est d'ailleurs
00:41:59ce qui a permis
00:42:00un peu de démocratiser
00:42:01la course à pied
00:42:02en Erythrée
00:42:03qui est de base
00:42:04un pays plus connu
00:42:06pour le cyclisme.
00:42:07Donc c'est pas rien
00:42:07d'être toi aussi
00:42:08de devenir olympienne.
00:42:10Ça n'a pas été simple
00:42:11cette préparation
00:42:12pour les Jeux de Paris.
00:42:14Forcément
00:42:14il y a des moments difficiles.
00:42:16C'était une période
00:42:17très intense
00:42:18physiquement
00:42:18et mentalement
00:42:20mais quand même
00:42:21avec quelques petits moments
00:42:22de relâchement.
00:42:23Écoute ce message
00:42:24Megdes.
00:42:26Comme je pense à Megdes
00:42:27je repense directement
00:42:29notre préparation
00:42:30olympique
00:42:31à fonds remont 2024.
00:42:33On s'entraînait
00:42:34très dur
00:42:34mais on récupérait
00:42:36encore plus sérieusement.
00:42:38Un jour
00:42:39après l'étraînement
00:42:40on a pris
00:42:40direction
00:42:41à Andor
00:42:42pour faire
00:42:42une récupération
00:42:43plus professionnelle.
00:42:46Donc ça veut dire
00:42:47bon shopping
00:42:48trouver un bon restaurant
00:42:50et on a mangé
00:42:51un fondu
00:42:53en plein mois de juillet.
00:42:55Franchement
00:42:56je savais que
00:42:56Megdes
00:42:57il courait vite
00:42:58mais je ne savais pas
00:42:59qu'il avait
00:43:00autant de talent
00:43:01pour faire
00:43:01des bons shopping
00:43:02et commander
00:43:03les meilleurs plats.
00:43:04Oh my God.
00:43:07Zana
00:43:07Mama Zanova
00:43:08marathonienne
00:43:09kazakh
00:43:10avec qui tu as fait
00:43:10ta préparation
00:43:11avec qui j'ai partagé
00:43:13toute ma préparation.
00:43:15On a fait
00:43:15toutes les sorties
00:43:16toutes les poutines
00:43:17de récup
00:43:18cette fille
00:43:19que j'adore
00:43:19elle a toujours
00:43:20le smile
00:43:21tout le temps
00:43:22souriante
00:43:23comme toi
00:43:23finalement.
00:43:25Oui
00:43:25on a fait
00:43:26plein de choses
00:43:26avec elle
00:43:27et son mari
00:43:28elle était accompagnée
00:43:29par son mari
00:43:32c'est une fille
00:43:33adorable.
00:43:34Merci
00:43:34vraiment
00:43:35pour ce message
00:43:36je ne sais pas
00:43:37comment tu as pensé
00:43:38à cette fille.
00:43:39Un journaliste
00:43:40ne dévoile jamais
00:43:40ses sources.
00:43:41Wow
00:43:41mais vraiment
00:43:43cette fille
00:43:43elle était
00:43:44j'ai partagé
00:43:45beaucoup
00:43:45mes entraînements
00:43:47et je me rappelle
00:43:48on a fait
00:43:4937 kilomètres
00:43:50sur Toulon
00:43:51on est parti
00:43:54de Fort-Hommeux
00:43:55donc Fort-Hommeux
00:43:56pour ceux qui ne savent pas
00:43:57en altitude
00:43:57en altitude
00:43:58de 1800
00:43:59jusqu'à 2000
00:44:00on est parti
00:44:02de Fort-Hommeux
00:44:03jusqu'à Matemal
00:44:05Matemal
00:44:05c'est un parcours
00:44:06un peu plus plat
00:44:06et qui est un peu
00:44:07plus bas
00:44:08de altitude
00:44:10moi
00:44:10qui n'étais pas bien
00:44:13j'étais pas
00:44:15moi
00:44:15comme j'ai fait
00:44:1640 kilomètres
00:44:1737 kilomètres
00:44:18à cette allure-là
00:44:19au Kenya
00:44:19je suis hyper à l'aise
00:44:21et ce jour-là
00:44:22c'est pas l'histoire
00:44:23de la forme
00:44:24mais j'étais pas du tout
00:44:25à ma forme
00:44:26en fait
00:44:26je me suis arrêtée
00:44:27j'ai tiré
00:44:28j'ai fait
00:44:28plein de choses
00:44:29j'étais accompagnée
00:44:31par Jeann
00:44:31mon coach
00:44:32et mon agent
00:44:34on a une petite vidéo
00:44:35de s'estvenir
00:44:35ce jour-là
00:44:36qui fait mon coach
00:44:37qui était en train
00:44:38de contrôler
00:44:38le lactate
00:44:39le sucre
00:44:39etc
00:44:39c'était un mode
00:44:41de travailler
00:44:42comment il faut
00:44:42prendre le ravito
00:44:43les gels
00:44:44etc
00:44:46et je me rappelle
00:44:47j'ai arrêtée
00:44:47à 34 kilomètres
00:44:50parce que j'avais
00:44:51énormément mal
00:44:52au bassin
00:44:52parce que j'ai caché
00:44:53et j'étais blessée
00:44:54au pied
00:44:56mon coach
00:44:56qui pensait
00:44:57que le problème
00:44:59il est là
00:44:59parce que j'ai jamais
00:45:00parlé de mon pied
00:45:02j'ai tiré
00:45:03sauf que
00:45:04j'ai pas envie
00:45:05d'arrêter
00:45:06on peut arrêter
00:45:07on n'est pas obligé
00:45:08d'aller jusqu'à 37
00:45:09j'ai dit
00:45:10non
00:45:10je tire
00:45:11et je pars
00:45:13et j'ai un
00:45:14et au final
00:45:15on n'a même pas
00:45:16fini ensemble
00:45:18elle est partie
00:45:19un peu plus avant
00:45:21parce que
00:45:21je tirais deux fois
00:45:22je me suis arrêtée
00:45:23deux fois
00:45:24et c'était
00:45:25une très belle s'avenir
00:45:26on a de belles vidéos
00:45:27de photos
00:45:27et c'est adorable
00:45:28et elle a bien couru
00:45:30à Paris
00:45:30elle a fini
00:45:32pas loin de moi
00:45:33et merci Jeanne
00:45:35pour son humeur
00:45:36surtout
00:45:37cette course à Paris
00:45:38était
00:45:39j'ai envie de dire
00:45:40chargée d'émotions
00:45:40en tout point de vue
00:45:41puisqu'on parlait
00:45:42de cette préparation
00:45:43compliquée
00:45:44physiquement
00:45:45mentalement
00:45:45émotionnellement
00:45:46aussi
00:45:46puisque tu perds ton papa
00:45:49trois mois avant les Jeux
00:45:50ton papa
00:45:51qui était ton socle
00:45:52qui t'a toujours soutenu
00:45:53qui t'a dit
00:45:54vas-y
00:45:54Megdes lance-toi
00:45:55dans la course à pied
00:45:56il faut que tu continues
00:45:56finalement
00:45:57cette course
00:45:58on le voit
00:45:58à travers les images
00:46:00notamment à l'arrivée
00:46:01tu n'étais pas seule
00:46:02vous l'avez couru à deux
00:46:04en fait ce marathon
00:46:04oui
00:46:06je n'étais pas
00:46:07je n'étais pas seule
00:46:08toute la course
00:46:11et ça a commencé
00:46:13au championnat d'Europe
00:46:14de Rome
00:46:15d'ailleurs vous avez une photo
00:46:16juste arrièrement
00:46:17c'est à Rome
00:46:20personne ne comprend
00:46:21je pense
00:46:22ce genre-là
00:46:22parce que je n'ai pas pu parler
00:46:23de la caméra
00:46:25je fais qu'ils pleuraient
00:46:25à l'arrivée à Rome
00:46:27on a raté aussi
00:46:28une médaille
00:46:30à la troisième place
00:46:31par équipe
00:46:32avec une seconde
00:46:33voilà
00:46:35le plus difficile
00:46:37oui c'est vrai
00:46:38c'était Gio
00:46:39mais aussi
00:46:40trois semaines
00:46:41au moins
00:46:42trois semaines
00:46:43qu'il était à Rome
00:46:44en fait
00:46:45comme je suis arrivée
00:46:46à Rome
00:46:47je suis venue
00:46:47directement du pays
00:46:49je suis allée
00:46:51c'est ma mère
00:46:52qui m'a dit
00:46:54c'était prévu
00:46:55tu dois partir
00:46:55tu vas faire pour lui
00:46:58donc l'Erythrée
00:46:59tu n'étais pas retournée
00:47:01depuis 13 ans
00:47:02c'est ça ?
00:47:0313 ans
00:47:04je n'ai pas pu voir
00:47:05mon père
00:47:06j'ai eu la chance
00:47:07de voir ma mère
00:47:08en 2019
00:47:09elle était venue
00:47:10en Éthépie
00:47:11mon père
00:47:12il n'a pas pu venir
00:47:13avec le boulot
00:47:13donc il a fait
00:47:14juste le visa pour elle
00:47:15et je n'ai jamais
00:47:17retourné au pays
00:47:19il a refusé
00:47:20que je rentre
00:47:21juste après Valence
00:47:22en décembre
00:47:23il m'a dit
00:47:26non
00:47:27pourquoi maintenant
00:47:29tu as quelques mois
00:47:30de Gio
00:47:32c'est peut-être
00:47:33c'est nous
00:47:33qui vas venir
00:47:34pour te voir
00:47:34c'est un rêve commun
00:47:36parce que mon père
00:47:37c'est quelqu'un
00:47:38qui ne peut pas
00:47:40partir comme ça
00:47:41sortir du pays
00:47:43il dit non
00:47:44tout le temps
00:47:44non je travaille
00:47:45j'ai mon boulot
00:47:46c'est pas possible
00:47:47mais votre mère
00:47:48elle peut venir
00:47:50il l'aime tout le temps
00:47:51notre maman
00:47:54et ce jour-là
00:47:55il m'a dit
00:47:55papa tu l'as dit
00:47:56je lui ai dit
00:47:57trois fois
00:47:58quatre fois
00:47:59oui oui
00:48:00plus que tu es qualifié
00:48:01pour le Gio
00:48:02ça fait des années
00:48:04que j'attends ça
00:48:05oui je vais venir
00:48:07et là j'ai dit
00:48:08mais c'est pas possible
00:48:09tu ne voulais pas me voir
00:48:09je posais plein
00:48:10je ne te manque pas
00:48:11pourquoi tu ne voulais pas
00:48:12que je vienne
00:48:12en fait il ne voulait
00:48:13pas m'empêcher
00:48:16il veut vraiment
00:48:16que je sois prête
00:48:19à 100%
00:48:20il m'a dit
00:48:21tu voulais courir
00:48:22juste comme ça
00:48:23ou tu voulais faire
00:48:23quelque chose de bien
00:48:25pourquoi maintenant
00:48:26c'est huit mois
00:48:26tu peux venir
00:48:27mais par contre
00:48:28nous on peut venir
00:48:28tu peux faire la visa
00:48:29les visas
00:48:30et là
00:48:33je me suis tournée
00:48:35je me rappelle
00:48:36j'étais en plan
00:48:37de préparation
00:48:37des interclubs
00:48:39à Forme
00:48:402024
00:48:43c'est là que j'appelle
00:48:44et mon père
00:48:45parce que moi
00:48:46j'appelle
00:48:46mon père
00:48:47tous les vendredis
00:48:48samedi
00:48:48et dimanche
00:48:51les vendredis
00:48:52et les samedis
00:48:53ou bien le lundi
00:48:54après la Corse
00:48:56et un jour
00:48:57j'appelle
00:48:57c'est mon petit frère
00:48:58qui me répond
00:48:59le téléphone
00:49:00et j'ai dit
00:49:01mais il est où
00:49:03ton téléphone
00:49:03pourquoi tu
00:49:04et mon papa
00:49:05il est au village
00:49:05parce que mon père
00:49:07il est toujours
00:49:07à la capitale
00:49:09et si il y a
00:49:11ma famille
00:49:11avec lui
00:49:12ça veut dire
00:49:12qu'il est au village
00:49:13ah non non
00:49:13je suis à la capitale
00:49:16comme il est jeune
00:49:17il m'a caché pendant
00:49:18une semaine
00:49:18qu'il est malade
00:49:19à l'hôpital
00:49:21mais mon petit frère
00:49:22c'est le plus petit
00:49:22de la maison
00:49:23il me dit
00:49:23non mon papa
00:49:24il est malade
00:49:25il est à l'hôpital
00:49:27mon père
00:49:28malade
00:49:28à l'hôpital
00:49:29il n'a jamais été
00:49:30hospitalisé
00:49:30il n'a jamais été
00:49:31malade
00:49:32et mais
00:49:34non mais ça va
00:49:35et là c'est ma tante
00:49:37qui prend le téléphone
00:49:38oh mais
00:49:39il est juste en train
00:49:40de faire quelque chose
00:49:41avec les médecins
00:49:42sauf que mon père
00:49:43il n'était pas vraiment
00:49:45avec les médecins
00:49:46ils m'ont menti
00:49:48et il a dit
00:49:49passe moi le téléphone
00:49:50il me parlait
00:49:51avec plein de force
00:49:53ouais mais
00:49:55je pense qu'il n'y a
00:49:55personne à l'hôpital
00:49:56il veut que je reste
00:49:57il me manipule
00:49:58en fait
00:49:59comme s'il a plein de
00:50:00force etc
00:50:02ça a duré une semaine
00:50:04je commence à m'inquiéter
00:50:05mais pas vraiment
00:50:06à ce point là
00:50:07et
00:50:09un jour
00:50:09il y a mon frère
00:50:10qui m'a dit
00:50:10ouais tu sais
00:50:12je pense que
00:50:12parce qu'il a déjà
00:50:14eu son visa en fait
00:50:15la France
00:50:16il m'a déjà dit
00:50:17ok c'est bon
00:50:17vous pouvez ramener
00:50:18votre famille
00:50:19j'ai déjà envoyé
00:50:20le dossier
00:50:20tout ça
00:50:22c'est pour qu'il vienne
00:50:23au mois de juin
00:50:24jusqu'à Paris
00:50:27et là mon frère
00:50:28qui est en Suisse
00:50:29il m'a dit
00:50:29je pense qu'on peut
00:50:30aller voir
00:50:33mon père
00:50:34comme ça
00:50:34tu peux le ramener
00:50:35avec toi
00:50:36pourquoi pas
00:50:37j'ai dit
00:50:37mais c'est bizarre
00:50:38mais tu étais là
00:50:39il y a deux mois
00:50:39mon frère
00:50:40il était là-bas
00:50:41ouais mais
00:50:42je pense qu'ils ont lui dit
00:50:44qu'il était malade
00:50:45mais il ne voulait pas me dire
00:50:47et là
00:50:47j'ai dit ça
00:50:48de faire au moins
00:50:49le jeudi
00:50:50pour courir dimanche
00:50:51sur un tel club
00:50:51je me suis dit
00:50:52peut-être qu'après un tel club
00:50:53peut-être que je vais aller
00:50:54mais pas vraiment inquiétée
00:50:57sauf que j'arrive à la maison
00:50:58et la maman de Sarcelles
00:51:00ma deuxième mère
00:51:01elle m'a dit
00:51:03tout était prêt
00:51:04mes valises
00:51:07j'ai dit
00:51:07mais c'est bizarre
00:51:09je pense que
00:51:10les clubs
00:51:10ils vont comprendre
00:51:11tu peux aller voir ton papa
00:51:15et après
00:51:16j'appelle
00:51:19mon agent
00:51:20je dis
00:51:20mais regarde
00:51:21en fait
00:51:21je pense que mon père
00:51:22il est malade
00:51:23et
00:51:24il me dit
00:51:25que je dois aller
00:51:26tu penses que les clubs
00:51:27ils vont me comprendre
00:51:28en fait
00:51:28j'ai fait ce souci
00:51:29je n'ai jamais raté
00:51:30les clubs
00:51:31et du coup
00:51:31j'ai dit
00:51:32je n'ai pas appris
00:51:33qu'il était vraiment malade
00:51:34à ce point-là
00:51:36et
00:51:37regarde
00:51:37il me dit
00:51:39je me rappelle
00:51:40il me dit
00:51:41tu sais
00:51:41dans la vie
00:51:42quelques fois
00:51:43il fait mieux
00:51:44de ne pas arrêter
00:51:45il fallait
00:51:46il fallait
00:51:47maintenant
00:51:48il ne peut pas
00:51:49prendre beaucoup de temps
00:51:51je lui ai dit
00:51:52mais pourquoi
00:51:53tu dis ça
00:51:53il n'est pas
00:51:56il n'est pas malade
00:51:57à ce point-là
00:51:58tu sais
00:51:58il me parle au téléphone
00:52:00il me dit ça
00:52:02c'est que
00:52:03je pense que
00:52:04peut-être
00:52:04je n'ai jamais demandé
00:52:05d'ailleurs après
00:52:06peut-être que
00:52:07mais il y a ma famille
00:52:08qui a déjà
00:52:09ils sont en contact
00:52:10avec mon agent
00:52:11peut-être qu'ils ont déjà
00:52:12lui dit qu'il était malade
00:52:12grave
00:52:14et donc
00:52:15je suis partie
00:52:16le samedi
00:52:18j'ai parlé avec mon père
00:52:19le samedi matin
00:52:20au téléphone
00:52:20à autre partie
00:52:22je suis partie le samedi
00:52:23et
00:52:25arrivé
00:52:25le dimanche matin
00:52:27à 5h le matin
00:52:30et là
00:52:30j'attends
00:52:31qu'on est arrivé
00:52:32en même temps
00:52:32avec mon frère
00:52:33qui est venu de la Suisse
00:52:34et
00:52:35je pense qu'il a
00:52:3630 minutes d'avance
00:52:37et il était là
00:52:38je sors du aéroport
00:52:40déjà
00:52:40la seule chose
00:52:41que je veux
00:52:42c'est de voir ma mère
00:52:43ma petite soeur
00:52:44ma grand soeur
00:52:46et
00:52:46qui nous accueille
00:52:47c'était pas ma famille
00:52:48c'est une famille
00:52:49un peu plus loin
00:52:51et
00:52:53je dis
00:52:54c'est bizarre
00:52:54mais
00:52:55ah elle est ma mère
00:52:57oh peut-être
00:52:58qu'ils sont
00:52:59dans l'hôpital
00:52:59avec papa
00:53:01et là je dis
00:53:02ah ok
00:53:03je n'ai jamais imaginé
00:53:05que
00:53:05mon père
00:53:06il n'est plus là
00:53:07il me manipule
00:53:09jusqu'à
00:53:09il me dit
00:53:10il me donne à manger
00:53:13j'ai dit
00:53:14mais on ne va pas aller
00:53:14chez ma grand soeur
00:53:15il m'a dit
00:53:16non
00:53:16je pense que
00:53:17on va passer ici
00:53:18on va aller manger
00:53:19c'est chez vous
00:53:21ici
00:53:22et là
00:53:23il me donne à manger
00:53:24il me dit
00:53:25se reposer
00:53:25parce que c'était
00:53:26à 5h-6h
00:53:27la matin
00:53:27on était chez eux
00:53:28on a mangé
00:53:29on dort avec mon frère
00:53:30dans la même pièce
00:53:32et là
00:53:34vers 11h
00:53:35à peu près
00:53:35parce que je dormais
00:53:36je pense que j'étais
00:53:37hyper fatiguée
00:53:38vers 11h
00:53:40j'entends plein de bruit
00:53:42je dis
00:53:43ah peut-être c'est
00:53:43ma soeur
00:53:44mon frère
00:53:45je ne sais pas
00:53:46ils sont là
00:53:46pour qu'on va aller
00:53:47à l'hôpital
00:53:47voir mon papa
00:53:49parce qu'il m'a dit
00:53:50il ne laisse pas rentrer
00:53:51avant midi
00:53:52c'est pour ça
00:53:53j'attendais
00:53:54qu'il me dit
00:53:56et là je sors
00:53:57de la pièce
00:53:57mon frère
00:53:57il dort tout le temps
00:53:58et il y a plein de gens
00:54:00que je ne connais même pas
00:54:04chez nous
00:54:06il y a des trucs
00:54:06en fait
00:54:07comme
00:54:08il y a quelqu'un
00:54:09qui est décédé
00:54:09c'est les dames
00:54:10plus âgées
00:54:11qui disent
00:54:12qu'il y a un petit problème
00:54:14de la famille
00:54:16et là je commence
00:54:17à comprendre
00:54:17quelque chose
00:54:18et
00:54:19je donne plein de câlins
00:54:21à toutes les dames
00:54:22et je commence
00:54:23à pleurer
00:54:25et
00:54:27je dis
00:54:28mais pourquoi tu pleures
00:54:29ouais
00:54:30tu sais
00:54:31ça c'est ma soeur
00:54:32elle commence
00:54:33à manipuler
00:54:34la maman
00:54:35qui nous a accueillées
00:54:38et
00:54:39je dis
00:54:39je ne sais pas
00:54:39et là comme ça
00:54:40je sors
00:54:41pour me laver
00:54:42sauf qu'elle me donne
00:54:43un câlin
00:54:44et
00:54:45je m'asseoir
00:54:47je fais que regarder
00:54:48les dames
00:54:48qui me regardent
00:54:49mes yeux
00:54:49il y a mon frère
00:54:51qui se réveille
00:54:51il s'asseoir
00:54:53et là
00:54:54il y a une dame
00:54:54qui vient sur moi
00:54:56comme quoi
00:54:57mon père
00:54:57il est plein
00:55:00j'ai envie de te faire
00:55:01un câlin
00:55:08ça me touche beaucoup
00:55:09Mekdes
00:55:10vraiment
00:55:11on en a parlé
00:55:12un petit peu
00:55:13en off
00:55:13tous les deux
00:55:14je trouvais ça
00:55:16important
00:55:16d'en parler
00:55:17je me retrouve beaucoup
00:55:18je ne vais pas m'étaler
00:55:19sur le sujet
00:55:19mais j'ai perdu
00:55:20ma maman aussi
00:55:21c'était une chose
00:55:22qui est inacceptable
00:55:23je ne sais pas
00:55:25j'ai dit
00:55:26mais non
00:55:26je commence à crier
00:55:27sur mon frère
00:55:28mon frère
00:55:29il avait compris
00:55:29qu'il n'était plus là
00:55:31j'ai dit
00:55:33je commence à
00:55:34même à frapper
00:55:35mon frère
00:55:35tu m'as manipulé
00:55:36tu m'as menti
00:55:37tu l'as compris
00:55:39après
00:55:40que c'était pour te préserver
00:55:42je pense que
00:55:42mon frère
00:55:43il sait déjà
00:55:44qu'il n'était plus là
00:55:45parce qu'est-ce qu'ils sont lui dire
00:55:46il m'a dit
00:55:47moi je savais déjà
00:55:49j'ai dit
00:55:50ah les dames
00:55:50non
00:55:51je voulais voir mon père
00:55:54et
00:55:57c'était très bien
00:55:58très compliqué
00:55:59j'ai dit non
00:56:00c'est impossible
00:56:03il me ramène
00:56:03et pourtant tu as eu la force
00:56:04après
00:56:05de pouvoir plus tard
00:56:06il me ramène voir ma famille
00:56:08du coup
00:56:09on est parti
00:56:11où il était
00:56:12mon père
00:56:12il était à l'hôpital
00:56:17et là je vois
00:56:19ma soeur
00:56:20mon frère
00:56:21toute la famille
00:56:22qui
00:56:25il me regarde droit
00:56:26de mes yeux
00:56:26comme ça
00:56:27et
00:56:28c'était
00:56:29même pour eux
00:56:29c'était dur
00:56:30que
00:56:31s'il n'y a que moi
00:56:32qu'il n'a jamais vu
00:56:32mon frère
00:56:33il allait déjà
00:56:3513 ans
00:56:36sans le voir
00:56:37et
00:56:38à 5 heures
00:56:39ou 4 heures
00:56:39avant que j'arrive
00:56:40qu'il est parti
00:56:41comme ça
00:56:41c'est
00:56:44je lui demandais
00:56:45je voulais voir
00:56:47sauf que
00:56:47chez nous
00:56:48on ne peut pas voir
00:56:48le coeur
00:56:49c'est impossible
00:56:51ils me disent
00:56:52c'est
00:56:54vous savez
00:56:54en France
00:56:55je ne sais pas
00:56:56si c'est des belles choses
00:56:57mais
00:56:58vous regardez le coeur
00:56:59de votre famille
00:57:00et chez nous
00:57:01sinon
00:57:01même ma mère
00:57:02elle ne peut pas voir
00:57:04et
00:57:05j'ai dit
00:57:06jusqu'à
00:57:07pour qu'avec l'intervention
00:57:09je me rappelle
00:57:09j'ai dit
00:57:10vous allez pour attirer
00:57:10mon père
00:57:12avant que je lui donne
00:57:13un câlin
00:57:15mais
00:57:16je pense que
00:57:17l'effet que d'être là
00:57:19même
00:57:19maintenant
00:57:20je ne sais pas
00:57:20comme s'il est là
00:57:21tout le temps
00:57:24c'était très dur
00:57:26c'était très dur
00:57:27et
00:57:29pour revenir
00:57:29à
00:57:30à Rome
00:57:32ma mère
00:57:32elle m'a dit
00:57:333-4 jours après
00:57:34elle m'a dit
00:57:35tu vas t'entraîner
00:57:36à la capitale
00:57:37j'ai dit non
00:57:39je ne vais pas
00:57:40je ne sais pas
00:57:40si mes gens
00:57:41vont courir de nouveau
00:57:43parce que
00:57:44lui il était mon moteur
00:57:45depuis que j'étais petite
00:57:46et
00:57:47comment je peux courir
00:57:47tu avais envie d'arrêter
00:57:48à ce moment-là
00:57:49d'arrêter la course à pied
00:57:50quasiment ?
00:57:51là-bas en fait
00:57:52j'ai fait 10 jours
00:57:55je ne voulais pas retourner
00:57:56et je voulais être
00:57:57auprès de ma famille
00:57:59ma mère
00:57:59et à chaque fois
00:58:01je voulais aller voir
00:58:04où il était mon père
00:58:05et
00:58:07il m'a surveillé
00:58:07pour que je ne vienne pas là-bas
00:58:10au bout de 3-4 jours
00:58:11après ma mère
00:58:11elle m'a dit
00:58:12tu vas aller à la capitale
00:58:13et elle a demandé
00:58:14à Zersenay Tadesse
00:58:15l'ancien recordman
00:58:17c'est comme mon frère
00:58:18mon grand frère
00:58:19et elle a lui appelé
00:58:21il faut que tu viennes chercher
00:58:22il faut que tu lui dire
00:58:23de s'entraîner
00:58:24et
00:58:25du coup je suis allée à la capitale
00:58:27et je suis accompagnée
00:58:29par Zersenay
00:58:31par tous les athlètes
00:58:32et aussi
00:58:33je me rappelle
00:58:38le champion du monde
00:58:39le marathon
00:58:41le marathon je pense
00:58:42en 2019
00:58:44et
00:58:45ils étaient là
00:58:46tous les matins
00:58:47ils viennent à l'hôtel
00:58:49pour que je m'entraîne
00:58:50donc que je m'entraînais
00:58:50je pense que 10 jours
00:58:51j'ai fait foutre une lente
00:58:53etc
00:58:53mais je n'étais pas moi-même
00:58:55elle m'a dit
00:58:56tu vas aller faire
00:58:57cette course
00:58:58qui est prévue
00:58:59le championnat d'Europe à Rome
00:59:00le semi-marathon
00:59:01et la fédération
00:59:02elle m'a dit
00:59:03tu n'étais pas obligée
00:59:04elle m'envoyait plein de messages
00:59:05et
00:59:06mon agent
00:59:07qui était
00:59:09qui était tout le temps là
00:59:10pour moi aussi
00:59:11vous savez
00:59:12en tant qu'athlète aussi
00:59:14il y a des
00:59:14il y a des localisations
00:59:15il y a plein de choses
00:59:16pour FLD
00:59:17c'est
00:59:18nation
00:59:19non mais en tout cas
00:59:20tout ça
00:59:21c'est beau
00:59:22en tout cas
00:59:22Megdes
00:59:23ce parcours que tu nous racontes
00:59:25trois mois plus tard
00:59:26après cet événement tragique
00:59:27être sur la ligne de départ
00:59:28du marathon de Paris
00:59:29finir ce marathon
00:59:30avec tout de même
00:59:31une 20ème place
00:59:32première française
00:59:33derrière
00:59:34il y a eu l'année 2025 aussi
00:59:36où ça n'a pas été simple
00:59:37tu te blesses
00:59:38tu en as un peu parlé
00:59:39de cette fracture de fatigue aux pieds
00:59:41mais tu vas rebondir
00:59:42encore une fois
00:59:42j'ai l'impression que c'est ta vie
00:59:44de toujours réussir à rebondir
00:59:45tu vas enchaîner
00:59:46trois records de France
00:59:47en trois mois quand même
00:59:48c'est complètement fou
00:59:49le marathon
00:59:50le 10 km
00:59:51le 10 000 m
00:59:52on voit ce national record
00:59:54c'est fou
00:59:56et moi j'aimerais revenir quand même
00:59:57sur le marathon de Barcelone
00:59:59où tu fais le record de France
01:00:002h23 minutes
01:00:02et 13 secondes
01:00:03un marathon
01:00:04oui ça se court seul
01:00:06mais pas que
01:00:06tu as été accompagné
01:00:08durant toute cette course
01:00:09par un pacer
01:00:10un lièvre
01:00:10un meneur d'allure
01:00:11qui est très très important pour toi
01:00:13il s'appelle Razine Abdelali
01:00:15et il tenait à te laisser un message
01:00:17salut Mekdes
01:00:18c'est Abdel
01:00:19je veux juste te dire
01:00:21merci beaucoup
01:00:21pour l'opportunité
01:00:23que tu m'as donnée
01:00:24dans ce moment-là
01:00:25historique
01:00:26de records de France
01:00:27en Barcelone
01:00:28et je suis vraiment sûr
01:00:30que tu vas le renouveler
01:00:32encore et encore
01:00:33et ton père
01:00:35va être toujours
01:00:37fier de toi
01:00:39merci
01:00:41merci beaucoup
01:00:42c'est adorable
01:00:42l'athlétisme c'est un sport individuel
01:00:43mais finalement c'est un sport d'équipe
01:00:45en fait
01:00:45ce mec il est extraordinaire
01:00:46et il était là
01:00:48en top baisseur
01:00:49il était là
01:00:49comme le coach
01:00:51je pense que
01:00:51le fait qu'il fait aussi
01:00:53de travailler comme ça
01:00:54ou peut-être
01:00:54c'est un ancien marathonien
01:00:56peut-être ça peut-être un coach
01:00:57il m'a aidé énormément
01:00:58j'ai eu un petit souci
01:01:00de digestion
01:01:00avec les ravitaux
01:01:02il était là
01:01:03il me protège
01:01:04pour que les autres
01:01:05ne m'empêchent pas
01:01:06il m'a aidé à chaque fois
01:01:07de prendre le ravitaux
01:01:08il me conseille
01:01:09de prendre
01:01:10comme je prends le ravitaux
01:01:11moi j'ai l'habitude
01:01:12de boire trop vite
01:01:12et lui me dit
01:01:13je respire
01:01:15merci beaucoup
01:01:16c'est lui
01:01:17qui m'a fait jusqu'à la fin
01:01:18parce que de 39 à 40 km
01:01:21c'était très difficile
01:01:23mais il m'a dit
01:01:24tu peux le faire
01:01:25et merci
01:01:25c'était
01:01:28on a fait
01:01:29tous les nécessaires
01:01:29pour qualifier
01:01:30au championnat du monde
01:01:31à Tokyo
01:01:32je me rappelle
01:01:33tous les travails
01:01:34que j'ai fait
01:01:35au Kenya
01:01:36et la seule chose
01:01:37que je veux
01:01:38c'était de faire
01:01:39moi 2h23
01:01:412h22
01:01:41je me suis dit
01:01:42il faut que j'ai qualifié
01:01:43au championnat du monde
01:01:44parce que j'ai raté
01:01:46au Budapest
01:01:46parce que c'est moi
01:01:47qui ne voulais pas aller
01:01:49mais je me suis dit
01:01:51c'est d'être mon premier
01:01:52championnat du monde
01:01:55mais finalement
01:01:56ce n'était pas le cas
01:01:58c'est magnifique
01:01:59ce record de France
01:02:00à Barcelone
01:02:01j'aimerais qu'on aborde
01:02:02une dernière petite chose
01:02:03Megdez c'est le marathon de Paris
01:02:05c'est assez récent
01:02:05c'était en avril
01:02:07tu finis 8ème
01:02:081ère française
01:02:092ème européenne
01:02:10on a les images
01:02:11de cette course
01:02:12sur les départs
01:02:13là tu t'avais un peu froid
01:02:14c'est ça je crois
01:02:15il faisait hyper froid
01:02:16un peu froid
01:02:17partage-nous un peu ton ressenti
01:02:18de cette course mythique
01:02:19c'était ton premier marathon
01:02:20de Paris en plus
01:02:21c'est ça
01:02:23avec le jeu
01:02:24c'était le 10ème
01:02:25oui du coup
01:02:26c'est vrai
01:02:26il faisait hyper froid
01:02:28ça me rappelle Paris 2024
01:02:32on ressent quoi
01:02:33sur la ligne de départ
01:02:34comme ça
01:02:34il y a du stress
01:02:35il y a de l'adrénaline
01:02:36oui mais là
01:02:36on avait trop de froid
01:02:38il faisait hyper froid
01:02:38le matin
01:02:39on a resté quand même
01:02:4020 minutes
01:02:42on est arrivé à 7h40
01:02:45pour la présentation
01:02:46des élites
01:02:47je pense que
01:02:49je pensais
01:02:50comme si on était
01:02:51à Paris 2024
01:02:54c'est un peu ça
01:02:54on va retrouver un peu
01:02:55l'ambiance
01:02:55il y a du monde
01:02:57tout le monde
01:02:57qui crie le non
01:02:58c'était trop bien
01:03:00tu penses
01:03:01quand tu cours ou pas
01:03:0242 km 195
01:03:03c'est long
01:03:03est-ce que
01:03:04ton esprit
01:03:04focus juste sur
01:03:05la montre
01:03:06le chrono
01:03:06les temps de passage
01:03:06ou parfois
01:03:07ça divague
01:03:08je n'écoute pas
01:03:10ce qui se passe
01:03:11à gauche à droite
01:03:11j'écoute
01:03:12ce qu'ils disent
01:03:13les gens
01:03:13qui crient
01:03:14les mecs des
01:03:14etc
01:03:15mais je ne peux pas
01:03:16connaître
01:03:16qui est les personnes
01:03:18il y a un moment
01:03:19même mon coach
01:03:19il me dit
01:03:20oui même
01:03:20on va clamer de Paris
01:03:21c'est pas que
01:03:21au jeu
01:03:22c'est encore pire
01:03:23mais même
01:03:24on va clamer de Paris
01:03:25mon coach m'a dit
01:03:26oui j'ai donné du chrono
01:03:2710 km
01:03:28à 15ème
01:03:30mais j'étais là
01:03:30avec eux
01:03:32sauf que moi
01:03:33je ne vois personne
01:03:34je suis vraiment concentrée
01:03:35soit
01:03:36si le paysseur
01:03:36il est là
01:03:37je suis le paysseur
01:03:38s'il y a les athlètes
01:03:39mais je suis à 100% concentrée
01:03:40focus
01:03:41oui vraiment
01:03:42avant de passer
01:03:43à la dernière rubrique
01:03:44de l'émission
01:03:44la petite tier list
01:03:45on fera très très rapidement
01:03:46mais question aussi
01:03:47très rapide
01:03:48sur les jeux de Los Angeles
01:03:49c'est un peu
01:03:49la prochaine grande échéance
01:03:51c'est déjà
01:03:51dans un coin de la tête
01:03:52Megdes
01:03:532028
01:03:53Los Angeles
01:03:55bah oui
01:03:55je pense que
01:03:56dans la tête
01:03:58de tous les athlètes
01:03:59il y a
01:04:00Los Angeles
01:04:00qui soit
01:04:03vraiment
01:04:03c'est
01:04:05le chrono
01:04:06ça va être
01:04:07difficile
01:04:08à le faire
01:04:10le minimum
01:04:10je pense que
01:04:11c'est 2h20
01:04:12déjà aller chercher
01:04:12la qualif
01:04:13oui c'est 2h20
01:04:152h20
01:04:16je pense
01:04:17si je ne me trompe pas
01:04:18mais on attend
01:04:19toujours
01:04:19les qualifs
01:04:20officiels
01:04:21mais
01:04:23il y aura encore
01:04:24des boulots
01:04:25comme tous les marathons
01:04:26c'est
01:04:27je souhaite
01:04:29vraiment
01:04:29qu'on soit
01:04:30beaucoup
01:04:31comme
01:04:31Paris 2024
01:04:33les athlètes
01:04:33françaises
01:04:34parce que
01:04:35les garçons
01:04:35on a tout le temps
01:04:36beaucoup
01:04:37parce que
01:04:37pour 2024
01:04:38on était 5 ou 6 filles
01:04:39qui étaient qualifiées
01:04:40déjà
01:04:40et je souhaite
01:04:42vraiment la même chose
01:04:42pour 2028
01:04:44pas que pour moi
01:04:45pour tout le monde
01:04:45parce que
01:04:46les compétitions
01:04:48les championnats
01:04:49du monde
01:04:50ou les JO
01:04:50c'est les frais
01:04:51les athlètes
01:04:52le travail
01:04:52des années
01:04:53des années
01:04:53et maintenant
01:04:54nous avons beaucoup
01:04:55de marathons
01:04:55et j'espère
01:04:57que je serai
01:04:57au départ
01:04:592028
01:04:59pas de blessure
01:05:00parce que
01:05:02Tokyo
01:05:02ça m'a laissé
01:05:03énormément de traces
01:05:04les blessures
01:05:05de Tokyo
01:05:05dans la tête
01:05:06et je ne souhaite
01:05:07vraiment pas
01:05:07à tous les athlètes
01:05:08cette blessure
01:05:09qui arrive
01:05:10un mois
01:05:10ou trois semaines
01:05:11avant
01:05:11bien sûr
01:05:11on va suivre ça
01:05:12de très très près
01:05:13make this
01:05:13avant ça
01:05:14on finit sur
01:05:15une petite note
01:05:15marrante
01:05:16la petite tier list
01:05:17c'est parti
01:05:18ok
01:05:18allez c'est parti
01:05:19c'est le tout fait
01:05:20tout flamme
01:05:26je viens de rejoindre
01:05:27comme ça
01:05:27ça sera plus simple
01:05:28make this
01:05:28alors très très très rapide
01:05:30la petite tier list
01:05:30il nous reste très très peu de temps
01:05:32mais on pourra encore parler
01:05:32des heures et des heures
01:05:33je te laisse classer
01:05:34ces petits éléments
01:05:35donc
01:05:368 Mile
01:05:36je ne sais pas si tu connais
01:05:38le film sur Eminem
01:05:41waouh
01:05:41waouh
01:05:42c'est trop bon
01:05:43Eminem
01:05:45j'adore
01:05:45ouais
01:05:46donc
01:05:46flamme olympique
01:05:49à feu de camp quand même
01:05:50non
01:05:51oulala
01:05:52il y a quoi d'autre
01:05:53je ne sais pas du tout
01:05:54mais moi Eminem
01:05:55j'adore
01:05:55c'est
01:05:56oui
01:05:56ah bah c'est pas grave
01:05:57tu peux tu peux
01:05:58tu peux en mettre plusieurs
01:05:59ok
01:06:00donc Eminem
01:06:00flamme olympique
01:06:01oui
01:06:01ensuite le 100 km route
01:06:04est-ce que ça te tente
01:06:05ça un jour
01:06:06100 km route
01:06:08je pense
01:06:10pas vraiment
01:06:10je vais bien faire les trails
01:06:12mais je pense que je vais
01:06:13placer au 13ème
01:06:14ah quand même
01:06:14middle
01:06:15la bière de récup
01:06:16ça c'est un truc très institutionnalisé
01:06:18chez les athlètes
01:06:18moi je ne bois pas du tout
01:06:20je ne bois jamais les bières
01:06:22moi non plus
01:06:22donc on est bien là dessus
01:06:25la fondue suisse
01:06:26la fondue suisse
01:06:28j'adore
01:06:31le MMA
01:06:32est-ce que tu vois ce que c'est
01:06:33le sport de combat
01:06:34mixte martial arts
01:06:36dans la cage
01:06:37eh non pas trop sport de combat
01:06:38le combat moi je n'aime pas
01:06:41la montre
01:06:41ça c'est un vrai sujet
01:06:43est-ce que tu es
01:06:44toujours les yeux rivés
01:06:45sur ta montre en séance
01:06:46avec le réflexe
01:06:46même quand il n'y a pas la montre
01:06:47d'appuyer
01:06:48ça arrive ça
01:06:49mec d'ess
01:06:49les montres
01:06:50je pense que j'ai mis
01:06:51sur le deuxième
01:06:52j'ai pas trop envie
01:06:53qu'il y ait quelqu'un
01:06:54qui est obsédé
01:06:54pour la montre
01:06:55le mur des 30 kilomètres
01:06:57bon alors ça
01:06:58il faut préciser
01:06:59donc c'est un truc
01:07:00qu'on retrouve souvent
01:07:01chez les coureurs amateurs
01:07:02ouais mais ça m'est arrivé
01:07:03déjà à France
01:07:04le courant
01:07:04j'ai fait déjà 24
01:07:05c'est vrai
01:07:06et je ne souhaite pas
01:07:08que de l'avoir
01:07:09celle-là
01:07:10encore
01:07:12prison break
01:07:13c'est mon préféré
01:07:16série culte
01:07:17et les séances
01:07:19sur tapis
01:07:20les séances
01:07:21sur tapis
01:07:23franchement
01:07:24je déteste
01:07:25les tapis
01:07:25ça me fait penser
01:07:26à Sanchani
01:07:27que tu dois connaître
01:07:28oui
01:07:28qui pour une préparation
01:07:31marathon
01:07:31avait fait toutes ses séances
01:07:32quasiment sur tapis
01:07:33ça m'avait bluffé
01:07:34je me suis dit
01:07:34ah ouais
01:07:35non j'aime pas les tapis
01:07:36t'aimes pas le tapis
01:07:36non
01:07:37et le tour de France
01:07:38pour finir
01:07:38le tour de France
01:07:39j'adore
01:07:40d'ailleurs j'étais cette année
01:07:41bah oui
01:07:42j'ai vu quelques photos
01:07:43Guillaume, Guillaume et
01:07:45Erythrée
01:07:47magnifique
01:07:47dernière petite question
01:07:48tu dois choisir
01:07:48entre les quatre
01:07:49on va choisir un
01:07:50le top du top
01:07:518 Mile
01:07:52la fondue Suisse
01:07:53prison break
01:07:53ou le tour de France
01:07:548 Mile
01:07:558 Mile
01:07:56allez c'est parti
01:07:57et bah tu sais quoi
01:07:58avant de se quitter
01:07:59Megdes on a une dernière
01:08:00petite surprise
01:08:01pour toi
01:08:02je te laisse écouter
01:08:02ce tout dernier message
01:08:04de l'émission
01:08:05Mickey
01:08:06ma grande soeur
01:08:07j'espère que tu vas bien
01:08:08je veux juste
01:08:09te faire cette petite vidéo
01:08:11pour te dire que
01:08:12j'étais fier de toi
01:08:13tu es une personne
01:08:15dont je suis
01:08:16vraiment heureux
01:08:17d'avoir fait la rencontre
01:08:18je t'ai aidé parmi
01:08:19de nombreuses courses
01:08:21maintenant
01:08:21je t'ai d'ailleurs
01:08:22connu grâce à ça
01:08:24je pourrais raconter
01:08:25des petites bêtises
01:08:26surtout par rapport
01:08:27à Foromeu
01:08:28mais je vais essayer
01:08:29de rester sage
01:08:30en tout cas
01:08:31sache que je suis fier de toi
01:08:32tu es un exemple
01:08:33pour moi
01:08:34et tu as une histoire
01:08:35dont on peut partager
01:08:37la même toi et moi
01:08:38tu sais
01:08:39ça reste dans le monde
01:08:40du prévu
01:08:41mais en tout cas
01:08:41sache que je suis fier de toi
01:08:43je te fais un gros bisou
01:08:46et je ne vais peut-être pas
01:08:47m'asseoir de sang
01:08:47mais en tout cas
01:08:48dans mon coeur
01:08:49tu y es
01:08:49oh merci beaucoup
01:08:50beaucoup mes guests
01:08:52j'espère que tu l'as bien
01:08:53je te fais une petite vidéo
01:08:54pour te dire que
01:08:55je suis très contente
01:08:56de t'avoir en tant qu'adversaire
01:08:58mais surtout en tant que
01:08:59coéquipière
01:09:00de marathon
01:09:01j'ai été très contente
01:09:02de partager les JO
01:09:04et le marathon de Paris
01:09:05récemment avec toi
01:09:06et j'espère qu'il y en aura
01:09:07encore plein d'autres
01:09:08en attendant
01:09:09j'espère que tout va bien
01:09:11pour toi
01:09:11que tu t'entraînes bien
01:09:12et puis je te dis
01:09:13à très vite
01:09:14merci beaucoup
01:09:15c'est très adorable
01:09:16et la dernière petite surprise
01:09:17Abder Azakshari
01:09:18qui est Méline Rollin
01:09:20voilà
01:09:20qu'on salue
01:09:21et qu'on remercie
01:09:22Mekdes
01:09:23merci beaucoup
01:09:24merci pour tout
01:09:25merci à vous
01:09:25j'ai passé un super moment
01:09:27vraiment
01:09:27d'avoir m'invité ici
01:09:28merci aussi
01:09:29à toutes les personnes
01:09:30qui sont derrière moi
01:09:31c'est très important
01:09:32et mon coach
01:09:33Thierry Chauffin
01:09:34c'est vrai qu'on n'a pas cité
01:09:35qui est un coach superbe
01:09:37qui est mon coach
01:09:38depuis 2020
01:09:40et à toutes les personnes
01:09:42qui sont derrière
01:09:43et aussi
01:09:44je ne sais pas
01:09:45si je profite
01:09:46à remercier
01:09:47à mon sponsor
01:09:49Moklev
01:09:50et l'armée
01:09:52qui fait partie
01:09:53de ma vie
01:09:54depuis 2023
01:09:55et vraiment
01:09:58je salue
01:10:00à eux aussi
01:10:01je pense tellement
01:10:02à toutes les
01:10:03militaires
01:10:04et
01:10:05à toutes les personnes
01:10:07qui me disent
01:10:08Allez Mekdes
01:10:09qui est derrière moi
01:10:10écoute j'ai envie
01:10:11de te dire
01:10:12Allez Mekdes
01:10:12merci beaucoup
01:10:13moi je suis monté
01:10:14dans le train
01:10:14Mekdes
01:10:15c'est bon
01:10:15c'est fait
01:10:16je remercie toute l'équipe
01:10:17en régie
01:10:18Julien Perronet
01:10:18à l'édition
01:10:19Gabriel Dorier
01:10:20et Enzo Morello
01:10:21à la réalisation
01:10:22Amélie Gilbert
01:10:22au son
01:10:23et Elisa Provins
01:10:24au maquillage
01:10:25salut tout le monde
01:10:26à la semaine prochaine
01:10:27pour un nouveau
01:10:27On s'enflamme
01:10:28merci
01:10:29happy job
01:10:32Sous-titres par Jérémy Diaz
01:10:35Sous-titres par Jérémy Diaz
01:10:45Sous-titres par Jérémy Diaz
01:10:47Sous-titres par Jérémy Diaz
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