00:00C'est une grimace, hein ?
00:03Ah bah oui, on est là !
00:04Il y a des fois qu'il y a...
00:05Waouh !
00:07Ça, c'est du clap.
00:09Ma chère Charlotte, depuis 1991 et les frères Taviani,
00:13avec ce film qui s'appelait « Le soleil même la nuit »,
00:15vous avez rendu de multiples visites à Cannes.
00:17Quel est le plus beau souvenir de Cannes ?
00:20Mais moi, c'est facile, parce que c'était le film de Lars, Antichrist.
00:27Antichrist, c'était le...
00:29À la fois de le présenter et après un accueil que j'attendais...
00:34Moi, je m'attendais à des sifflements, quelque chose de très costaud.
00:40Et donc, je m'étais beaucoup blindée.
00:43Et en fait, les gens étaient adorables et c'était très facile, en fait.
00:47Puis après, j'ai eu le prix, donc...
00:49C'était un beau souvenir, ouais.
00:52Bon, revenons en 1972.
00:5472, c'est donc l'année de l'affaire Marie-Claire.
00:57Cette célèbre affaire plaidée par Gisèle Halimi, que vous interprétez.
01:02Gisèle Halimi, qui était une grande avocate,
01:03une grande militante de la cause féministe.
01:06Mais il se trouve qu'en 72, vous, vous aviez un an.
01:09Oui.
01:09Donc, vous n'avez pas pu la rencontrer à ce moment-là, j'imagine ?
01:11Non.
01:12À quel moment vous avez entendu parler d'elle ?
01:14Très tard.
01:16Très tard.
01:17J'ai dû la voir à la télé, bien sûr.
01:20Elle était quand même...
01:21C'était une figure publique, donc...
01:23Ma mère, par exemple, a participé aux signatures, à...
01:29Au 343 ?
01:30Ouais.
01:30Je vais vous demander de ne pas vous excuser, comme le font les femmes d'habitude,
01:34mais d'assumer pleinement d'avoir aidé votre fille à avorter.
01:37Ah, mais ça, je l'assume. Je l'assume complètement.
01:40Je vais dire au juge que ça n'est pas vous qui avez fauté, mais la loi.
01:43On ne fera pas votre procès, mais le procès de la loi.
01:46Mais on a le droit de faire ça ?
01:48En théorie, non.
01:50Mais on va le faire quand même.
01:52Alors, on connaissait la femme publique, évidemment, avec Gisèle Halimi,
01:55mais ce dont parle le film, c'est la femme derrière l'avocate, le côté intime.
02:00C'est par ce biais-là que vous l'avez abordé, ce personnage ?
02:03Non, moi, ce qui m'a...
02:05Ce qui m'a plus interpellée dans le scénario,
02:07c'était vraiment centré autour du procès.
02:10Donc, c'était tout ce qui vient avant, le procès, la rencontre avec ces femmes,
02:15et cette envie, coûte que coûte, de les défendre,
02:19jusqu'à les trahir à un moment donné, quand même, un peu.
02:23Ce n'est pas un biopic.
02:25Donc, j'ai voulu m'approcher d'elle le plus possible,
02:30mais ce n'est pas...
02:32Je ne lui ressemble pas.
02:33Donc, à part une envie d'aller vers sa coiffure, ses costumes,
02:39c'était vachement excitant de pouvoir même mettre des vêtements qui lui avaient appartenu.
02:43Donc, c'était assez émouvant.
02:44Mais, à part ça, j'avais une limite.
02:49Je me demandais, même si dans la diction, il fallait que je l'imite un peu plus,
02:53parce qu'elle avait une manière très particulière de parler.
02:56Il fallait que ça reste naturel pour moi.
02:59Je ne pense pas que je sois une actrice de composition.
03:02Il y a beaucoup de grandes figures historiques dans ce Festival de Cannes 79e édition.
03:08Il y a De Gaulle, il y a Jean Moulin, il y a Gisèle Halimi.
03:10Donc, est-ce que ça veut dire que le passé pourrait être un bon moyen d'éclairer le présent ?
03:15Vous avez 4 heures, Charlotte.
03:19En ce qui concerne le procès Marie-Claire, c'est vraiment des sujets d'actualité.
03:23C'est vraiment des sujets importants et dont il faut débattre.
03:28Merci, Charlotte.
03:29Merci.
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