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  • il y a 1 jour
Avec quatre autres régions pilotes, les Hauts-de-France ont été choisis pour initier un nouveau programme de dépistage du cancer du poumon. 20 000 volontaires sont recherchés. Chef de pôle au CHU de Lille, Arnaud Scherpereel répond aux questions d'ICI Nord.

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Transcription
00:00Bonjour Arnaud Charperelle. Bonjour, merci d'accueillir.
00:02Le cancer du poux moins est celui en France qui est responsable chaque année du plus grand nombre de décès.
00:072800 décès en moyenne chaque année, ça c'est uniquement pour la région des Hauts-de-France.
00:11Et pourtant il n'existe pas aujourd'hui de campagne de dépistage comme on peut avoir pour d'autres types
00:16de cancers.
00:17C'est ça ce qu'apporte en nouveauté ce programme qui est initié dans les Hauts-de-France ?
00:21Tout à fait. Donc l'étude d'impulsion c'est un programme pilote qui se passe au départ dans 5
00:25régions
00:26et donc on a réussi à faire que les Hauts-de-France fassent partie de la première charrette.
00:30Et on est très content parce que ça fait 15 ans qu'on attend la mise en place de ce
00:34dépistage
00:34qu'on espère là pour l'instant dans une expérimentation mais après en routine
00:38et qui nous permettrait on espère vraiment d'améliorer l'espérance de vie des patients en lien avec le cancer
00:44du poumon.
00:44C'est un test mais à relativement grande échelle puisque vous cherchez 20 000 personnes, 20 000 volontaires,
00:49vous cherchez des fumeurs, des anciens fumeurs parce que le cancer du poumon dans 80% des cas
00:54est dû à la consommation de tabac. Ce sont ces publics-là que vous ciblez en particulier ?
00:57Alors on va effectivement cibler le public qui est gros fumeur entre guillemets au départ
01:02parce qu'on sait que c'est ceux qui sont le plus à risque.
01:04Donc là la population cible c'est une population qui est entre 50 et 74 ans inclus.
01:10C'est à peu près la population des autres dépistages
01:12parce qu'on sait que c'est là où il y a le risque maximum de tabagisme cumulé
01:16et en même temps lié aussi à l'âge et à d'autres facteurs, la possibilité de développer des cancers.
01:21C'est aussi là où on est dans une tranche où on peut faire quelque chose,
01:24on peut opérer, on peut irradier éventuellement,
01:27donc vraiment être efficace sur ce cancer à un stade précoce puisque ça change tout.
01:32Quand vous êtes opéré par exemple d'un cancer à un petit stade localisé,
01:36vous avez 90-95% de chances parfois de guérison
01:39alors que quand vous êtes à un stade métastatique, évidemment c'est pas du tout la même chose,
01:43on est presque à 5% de survie à 5 ans.
01:45Donc vraiment c'est un changement très positif pour nous
01:48qui va nous permettre non seulement d'essayer de dépister ces patients très très tôt
01:53mais également de passer beaucoup de messages de santé publique en même temps en termes de prévention.
01:58Que va-t-on proposer à ces volontaires ?
02:00Alors on va leur proposer de participer à cette étude
02:03qui on l'espère de nouveau sera de la routine après.
02:06Dans cette prise en charge, la première chose c'est,
02:08on leur propose s'ils sont encore fumeurs, un sevrage tabagique.
02:11Donc il n'est pas obligatoire, il ne faut pas avoir peur en disant
02:14« Oh non, moi je n'ai pas envie d'arrêter ».
02:15Non, non, l'idéal c'est d'arrêter, c'est pour autant pour le cancer du poumon
02:19que pour plein d'autres maladies, mais on va leur proposer.
02:21Et après on leur propose de faire ce qu'on appelle un scanner thoracique non injecté,
02:26donc il n'y a pas d'injection, et c'est faiblement irradiant,
02:29donc c'est à peine, c'est peut-être la même chose qu'une radiographie de thorax.
02:31Donc il ne faut pas avoir peur.
02:32Avec une double lecture ensuite de ce scanner, un radiologue,
02:35une deuxième lecture avec intelligence artificielle, j'imagine pour être d'autant plus précis,
02:40et à l'issue de ce scanner, que se passe-t-il si on ne trouve rien ?
02:44Ça veut dire que tout va bien, c'est-à-dire qu'il y a un suivi quand même ?
02:46Trois scénarios.
02:47Premier scénario, heureusement le plus fréquent, on ne trouve rien,
02:50et on vous propose de refaire un scanner un an après, puis encore après, deux ans après.
02:55Si on trouve quelque chose, soit c'est franchement suspect,
02:58et à ce moment-là on vous met dans une voie express pour vous prendre en charge
03:01et faire le bilan pour confirmer ou pas que c'est un cancer et le traiter si besoin,
03:04soit troisième situation, vous êtes dans une situation indéterminée,
03:07et à ce moment-là on refait un scanner un peu plus tôt,
03:10et s'il n'y a rien, on remet dans le circuit normal, sinon on accélère de nouveau.
03:137h46, c'est l'amitié d'ici matin, nous sommes avec le professeur Arnaud Scherperell,
03:18chef du pôle cardiovasculaire et pulmonaire au CHU de Lille.
03:22Arnaud Scherperell, au-delà du fait que cela va permettre de dépister potentiellement 20 000 personnes,
03:27ce sont 20 000 volontaires que vous cherchez, à quoi va servir ce programme ?
03:30Qu'est-ce que vous allez étudier ?
03:31Ce qui est vraiment important, c'est de se dire qu'il faut se projeter au-delà des 20 000
03:34personnes.
03:35Le but, c'est vraiment de mettre en place des circuits de dépistage,
03:38de prise en charge d'accélérer des cancers,
03:40et puis de passer des messages de prévention,
03:42parce qu'on sait que les populations les plus à risque de cancer du poumon,
03:45c'est des gens qui fument le plus souvent, mais il y a aussi parfois d'autres facteurs de risque,
03:49précarité sociale, précarité médicale,
03:51problèmes alimentaires, problèmes d'exercice physique, autres expositions.
03:54Donc on va passer plein de messages,
03:55et sur le scanner, ce qui est très positif dans ce dépistage, il faut le savoir,
03:58c'est qu'on peut avoir un gain d'espérance de vie global,
04:01parce qu'on va trouver d'autres maladies potentiellement sur le scanner,
04:03de l'amphysème, de la BPCO, des maladies cardiovasculaires,
04:06voire même de l'ostéoporose.
04:08Donc venez, participez, et nous on ira aussi devant vous,
04:10avec des opérations, ce qu'on appelle aller vert,
04:12pour aller chercher également les gens là où ils sont, si c'est nécessaire.
04:15On assiste ces dernières années à une baisse de la consommation de tabac,
04:194 millions de fumeurs quotidiens en moins, en 10 ans, 2014-2024.
04:23Est-ce que cela veut dire qu'on va voir diminuer, ces prochaines années,
04:25le nombre de cancers du poumon ?
04:27Je l'espère. Si je peux être au chômage à terme,
04:30ça m'arrange très bien sur ce point de vue-là.
04:31Mais malheureusement, on va payer encore pendant de nombreuses années
04:34le tabagisme qui a existé encore, et qui existe encore beaucoup,
04:37puisque ça vient juste de diminuer un peu à distance du Covid.
04:41Et attention notamment au lobby du tabac,
04:44qui continue à stimuler nos jeunes et la population à fumer.
04:47Parce que vous parliez tout à l'heure de ces scanners,
04:49est-ce que c'est possible par exemple sur un scanner de ne rien voir dans un premier temps
04:53et d'avoir un cancer qui se développe ensuite dans un second temps ?
04:56Tout à fait, c'est pour ça qu'il faut impérativement faire les trois scanners du dépistage.
05:00Il y en a deux à un an latéral, puis un autre encore deux ans après,
05:03voire si on a un douze, on suit un peu plus longtemps.
05:05Parce qu'effectivement, on trouve des cancers sur le premier scanner,
05:08mais on en trouve encore sur les suivants.
05:09Ça veut dire qu'on peut avoir arrêté de fumer, de réavoir sur un scanner,
05:12et X années après quand même développer...
05:14Ce serait assurance trop rapide, effectivement.
05:16Vous posez la question, parce que des associations anti-tabac,
05:19malgré le fait que l'on voit le nombre de fumeurs quotidiens diminuer,
05:22des associations anti-tabac s'inquiètent de revoir parfois à l'écran,
05:26dans des séries ou dans des films, des scènes où l'on fume.
05:28Parce que finalement, ces programmes se passent dans les années 80-90,
05:31à des périodes où on n'avait pas encore la loi E20.
05:33Vous êtes vigilant, vous également à ce point ?
05:35Après, il faut vraiment passer les messages à la jeunesse,
05:37parce que c'est vraiment la cible des fabricants de cigarettes,
05:40et puis continuer à essayer de faire baisser le tabagisme,
05:42notamment chez les femmes, parce que ça a diminué chez les hommes,
05:45mais attention, ça n'a pas diminué chez les femmes,
05:47voire ça a augmenté ces dernières années.
05:48Donc la population féminine qui voit le nombre de cancers du poumon augmenter plus
05:52est vraiment une population importante.
05:54Mais rappelons que c'est le premier cancer qu'il tue au monde et en France,
05:58et qu'on peut baisser la mortalité par cancer du poumon de 20 à 30% par ce dépistage.
06:03Un dépistage qui va se faire dans le cadre de ce nouveau programme
06:06qui démarre dans les Hauts-de-France,
06:08qui s'appelle Impulsion, dans quatre autres régions pilotes.
06:11Et on parlait de ces volontaires, ça passe par le médecin généraliste
06:14qui peut faire une recommandation.
06:15Il y a également un site dépistage-cancer-poumon.fr
06:20où il y a un questionnaire à remplir.
06:22Et un numéro 34-33, n'hésitez pas.
06:24Et bien voilà, vous avez tout dit.
06:25Merci beaucoup Arnaud Scherfeurel, professeur pneumologue
06:28et chef du pôle cardiovasculaire et pulmonaire au CHU de Lille,
06:30d'avoir accepté notre invitation ce matin.
06:31Merci beaucoup.
06:32Bonne journée.
06:337h49 sur ICINOR.
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