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Commission des affaires culturelles : M. Mathieu Lacombe, ministre de la culture et de la communication du Québec

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00:24:30la jeunesse, le sport, la vie associative ou encore évidemment la culture, il est plus rare qu'elle reçoive des
00:24:36membres d'un gouvernement étranger.
00:24:37Mais je crois que votre présence ici, évidemment, est symbolique, mais pas que.
00:24:43Elle est symbolique parce qu'elle dit beaucoup des liens qui unissent la France et le Québec, mais n'est
00:24:48pas que symbolique parce qu'elle est aussi l'occasion de pouvoir aborder des sujets de fond
00:24:52qui nous tiennent à cœur et qui, je crois, tiennent aussi à cœur de l'ensemble des députés membres de
00:24:57notre commission et sans doute aussi de notre Assemblée.
00:25:00Vous avez été reçue ainsi que Mme la Première ministre du Québec ce matin par Mme la présidentielle Brune-Pivet.
00:25:06Vous avez eu l'occasion de rencontrer la ministre de la Culture également.
00:25:10C'est pour nous une occasion d'approfondir lors de ce déplacement des sujets qui nous sont chers.
00:25:18Je me souviens, pour reprendre la dévise du Québec, que nous avions eu l'occasion en février précisément d'aborder
00:25:25de nombreux sujets
00:25:26qui touchent la place de la langue française, à sa défense en 2026 dans le monde qui est le nôtre,
00:25:32mais aussi de pouvoir la défendre dans un contexte numérique, technologique tout à fait nouveau
00:25:37et qui nous soumet aujourd'hui à des défis de grande ampleur et à des menaces aussi pour la diversité
00:25:43linguistique.
00:25:43À l'époque, je veux le dire, vous avez eu l'occasion de me faire partager ce qu'était votre
00:25:52engagement au Québec
00:25:53sur la défense de la langue française, de la visibilité et de la découvrabilité.
00:25:59Vous nous expliquerez à l'instant ce que cela signifie pour vous.
00:26:04La découvrabilité de la langue française sur l'espace numérique
00:26:07et notamment votre souhait de voir évoluer la convention de 2005 de l'UNESCO
00:26:12sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles.
00:26:15Je pense que dans cette commission, c'est évidemment un point qui peut interpeller l'ensemble des groupes,
00:26:21quelle que soit leur sensibilité.
00:26:23On est tous convaincus qu'il y a urgence à affirmer notre souveraineté culturelle
00:26:27et évidemment la langue française est un point central pour cela.
00:26:32Donc on aura l'occasion très rapidement de vous entendre.
00:26:36Vous pourrez nous expliquer notamment ce qu'est la loi dite 109.
00:26:42On n'est pas habitués en France à les appeler par leurs numéros.
00:26:46On les réduit souvent à des noms, mais notamment à nous expliquer ce concept de découvrabilité,
00:26:50néologisme finalement transmis par le Québec, amené par le Québec dans notre débat public international,
00:26:57ce qui montre que la langue française est vivante
00:26:59et qu'elle germe de nouveaux termes un petit peu partout aux quatre coins du monde.
00:27:04Ce sera l'occasion, si vous le souhaitez également, de pouvoir évoquer les questions relatives au patrimoine
00:27:07ou encore à l'audiovisuel qui ont fait l'objet de travaux dans notre commission
00:27:10et que vous suivez naturellement au Québec.
00:27:14Et je voudrais rappeler qu'une délégation de notre commission,
00:27:16conduite par ma prédécesseur, Fatiha Kelo Hachi,
00:27:18s'était rendue au Québec en avril 2025 pour échanger sur des sujets liés à la culture,
00:27:22à l'enseignement scolaire et à l'enseignement supérieur.
00:27:24Notre collègue Bertrand Sors, ici présent, avait participé à ce déplacement.
00:27:28Il avait présenté ce dernier à la commission un compte-rendu.
00:27:33Il était accompagné de madame Frédérique Meunier, membre éminente de notre commission, évidemment.
00:27:38Et un certain nombre de membres de la commission peuvent être également membres du groupe d'amitié France-Québec.
00:27:43C'est l'occasion de les saluer et de les remercier de leur présence.
00:27:46Pour ne pas être trop long, je vais vous souhaiter à nouveau la bienvenue
00:27:49et vous laissez tout de suite la parole pour un propos liminaire de 15 minutes.
00:27:53Après quoi, je donnerai la parole aux orateurs des différents groupes
00:27:55et aux collègues qui le souhaiteront pour pouvoir vous questionner et émettre des réactions.
00:27:59Je vous en prie.
00:28:03Merci, M. le Président, pour le micro, mais surtout pour l'accueil ici en commission.
00:28:09Mesdames et Messieurs les députés, je suis vraiment très heureux de pouvoir m'adresser à vous aujourd'hui
00:28:14pour parler de ce qui est au cœur de l'âme de nos nations, n'est-ce pas, c'est
00:28:19-à-dire la culture.
00:28:20Et plus particulièrement, des actions que nous devons poser pour éviter que l'ère numérique
00:28:26ne devienne une ère d'homogénéisation culturelle.
00:28:30Parce que les défis que rencontre aujourd'hui le Québec face aux grandes plateformes numériques
00:28:36et à l'intelligence artificielle générative ne lui sont pas propres, évidemment.
00:28:41La France les connaît aussi, de plus en plus de pays les constatent également.
00:28:46Le Québec a toujours vécu la fragilité culturelle inhérente à sa condition de nation et d'État francophone
00:28:54en Amérique du Nord, entouré de plus de 400 millions de locuteurs anglophones.
00:28:59Chez nous, il existe donc aujourd'hui un très large consensus, un très large consensus
00:29:05en faveur d'un État actif dans la protection et dans la promotion de notre culture,
00:29:10autant dans le monde réel que dans l'univers numérique.
00:29:14Les défis sont grands, c'est vrai, mais le Québec dispose néanmoins d'atouts importants pour réussir ce virage.
00:29:21J'ai écrit ce virage, mais en même temps, j'ai l'impression qu'on a déjà terminé de tourner
00:29:27et qu'on avance déjà très rapidement, mais ceci dit, le Québec, pour relever ses défis, dispose d'atouts importants.
00:29:34Il est fort d'une identité culturelle solide, fondée sur quatre siècles d'histoire,
00:29:39dont le premier siècle et demi, d'ailleurs, est aussi votre histoire.
00:29:43Fort de la langue française qui nous distingue, bien sûr, dans les Amériques,
00:29:47tout en nous reliant à des centaines de millions de francophones à travers le monde,
00:29:52dont vous faites aussi partie.
00:29:53Le Québec dispose d'un secteur culturel dynamique qui contribue à notre économie
00:29:58autant qu'à notre identité collective et qui s'appuie sur une créativité
00:30:02qui est reconnue partout dans le monde.
00:30:03Il est également fort d'un ancrage institutionnel et diplomatique solide.
00:30:08On n'a qu'à penser à notre ministère de la Culture,
00:30:11le plus vieux ministère de la Culture des Amériques, qui a été fondé en 1962,
00:30:16soit seulement trois ans après la création de votre propre ministère de la Culture
00:30:20avec André Malraux en 1959.
00:30:23Que ce dernier, d'ailleurs, ait personnellement conseillé,
00:30:26le gouvernement du Québec de l'époque, sur le chemin à emprunter,
00:30:29peut d'ailleurs assurément expliquer une partie, du moins, de notre succès, je pense.
00:30:35Le Québec est fort de sa participation à des organisations comme l'UNESCO
00:30:38et l'Organisation internationale de la francophonie,
00:30:41en plus de nos relations privilégiées, bien sûr, avec de nombreux partenaires du monde,
00:30:45en particulier la France, avec laquelle nous avons construit une relation directe et privilégiée
00:30:51depuis les années 60.
00:30:53Finalement, à titre d'État fédéré, le Québec est également fort de ses victoires
00:30:58au sein de l'État fédéral canadien.
00:31:00Si les élus de la Chambre des communes du Canada ont reconnu l'existence de la nation québécoise en novembre
00:31:072006,
00:31:08il a quand même fallu attendre 2022 pour qu'il soit inscrit dans la Constitution du Canada
00:31:13que le Québec forme une nation dont le français est la seule et unique langue officielle.
00:31:18C'est le fruit d'une longue lutte qui date, donc, d'il y a bien longtemps,
00:31:24pour la reconnaissance de la spécificité culturelle du Québec par l'État fédéral.
00:31:28Le Québec, donc, possède plusieurs atouts, mais malgré tout,
00:31:33il sent sa souveraineté culturelle lui échapper progressivement dans l'univers numérique.
00:31:38Nous constatons que plus le numérique avance, plus notre culture recule.
00:31:44Et à cet égard, les chiffres, et je pèse mes mots, chez nous, sont catastrophiques.
00:31:50Au Québec, seulement 5 % de la musique écoutée en ligne provient d'artistes québécois francophones,
00:31:57alors qu'à l'époque où on achetait des disques en magasin,
00:32:00une vente sur deux ou à peu près était de la musique québécoise francophone.
00:32:04Chez les jeunes Québécois de 15 à 30 ans, plus de 60 % des contenus audiovisuels consommés
00:32:11proviennent désormais de l'extérieur du Québec.
00:32:14Avec la transformation des habitudes de consommation,
00:32:17c'est notre modèle culturel tout entier qui est fragilisé.
00:32:21À terme, c'est l'existence même de notre industrie audiovisuelle qui est en jeu.
00:32:25Et devant de tels bouleversements,
00:32:27seuls les pouvoirs publics peuvent véritablement agir.
00:32:31C'est pourquoi le Québec a adopté le 11 décembre dernier la Loi 109,
00:32:35effectivement, M. le Président,
00:32:37mais plus longuement la Loi affirmant la souveraineté culturelle du Québec
00:32:41et dictant la Loi sur la découvrabilité des contenus culturels francophones dans l'environnement numérique.
00:32:46Une loi qui a été adoptée à l'unanimité à l'Assemblée nationale du Québec.
00:32:49Une loi qui permettra à l'État québécois d'établir des exigences en matière de découvrabilité de nos produits culturels.
00:32:55Et l'utilisation de ce terme, d'ailleurs, « découvrabilité », est une première, nous dit-on,
00:33:01à l'intérieur du corpus législatif international.
00:33:06Le mot, d'ailleurs, vient de faire son entrée dans le petit Robert.
00:33:09Les plateformes devront avoir une quantité suffisante de titres
00:33:13et de titres d'expression originale de langue française.
00:33:16Et ces mêmes titres devront être facilement découvrables.
00:33:20En d'autres mots, la découvrabilité, c'est de pouvoir trouver quelque chose sans l'avoir nécessairement cherché activement.
00:33:28Cette loi modifie par ailleurs la Charte des droits et libertés de la personne du Québec
00:33:32afin d'y enchâsser le droit à la découvrabilité des contenus culturels d'expression originale de langue française
00:33:38et à l'accès à de tels contenus.
00:33:41Et vous remarquerez qu'on parle de contenus d'expression originale de langue française et non de contenus québécois.
00:33:48La raison est simple. On a souhaité y aller d'un élan de solidarité aussi avec la francophonie internationale
00:33:55parce qu'on pense qu'au jeu de la coopération, on a tout à gagner.
00:33:59Finalement, elle oblige les fabricants d'appareils connectés, comme les téléviseurs intelligents, par exemple,
00:34:04à installer d'office nos plateformes nationales sur les appareils qui sont vendus sur notre territoire.
00:34:09C'est donc un geste, l'adoption de cette loi, pour moi, qui était essentielle.
00:34:13Les Québécois doivent pouvoir se reconnaître dans les contenus qui leur sont proposés sur les grandes plateformes numériques.
00:34:19Ils doivent pouvoir entendre leurs artistes sur Spotify, sur Apple Music.
00:34:23Ils doivent pouvoir voir leurs films et leurs séries dans l'environnement numérique sur Netflix ou encore sur Amazon Prime.
00:34:29En somme, cette loi vise une chose simple,
00:34:32faire en sorte que notre culture, elle demeure visible, accessible et vivante à l'ère numérique.
00:34:38Et dans ce travail-là, la collaboration avec la France a été extrêmement précieuse, je me permets de le souligner.
00:34:45La stratégie franco-québécoise sur la découvrabilité en ligne des contenus culturels francophones 2020-2025,
00:34:51puis la stratégie France-Québec 2025-2030 pour la diversité des contenus culturels dans l'environnement numérique
00:34:58témoignent de cette volonté commune d'agir ensemble.
00:35:01Car partout, les États réalisent aujourd'hui qu'ils doivent défendre leur souveraineté culturelle dans l'univers numérique.
00:35:08Nous voyons bien que l'époque du Far West, je pense qu'on peut l'appeler comme ça, doit prendre
00:35:13fin.
00:35:14J'en parlais d'ailleurs en février dernier avec Thierry Breton dans une rencontre de travail à la Délégation générale
00:35:19du Québec à Paris.
00:35:20À mesure que nos vies culturelles se déplacent en ligne, les gouvernements doivent pouvoir légiférer.
00:35:27Les gouvernements doivent pouvoir légiférer sur ce qui s'y passe.
00:35:30Non pas pour limiter les libertés, mais tout simplement parce que l'espace numérique, qu'est-ce que c'est
00:35:38au fond?
00:35:39Ça se révèle l'extension du monde réel et qu'à ce titre-là, nos démocraties sont légitimes lorsqu'elles
00:35:44cherchent à y faire vivre nos valeurs.
00:35:47En matière culturelle, par exemple, nous ne pouvons accepter que les décisions commerciales de quelques multinationales
00:35:52puissent marginaliser les cultures nationales sur leur propre territoire.
00:35:56Et avec l'arrivée d'un modèle d'intelligence artificielle générative toujours plus puissant, ces enjeux ne feront que s
00:36:03'intensifier.
00:36:04C'est pourquoi les discussions internationales sont devenues essentielles, notamment à l'Organisation internationale de la francophonie,
00:36:10parce que la défense de nos souverainetés culturelles respectives dépasse largement le Québec et la France.
00:36:16En mai 2025, le Québec a donc accueilli la cinquième conférence des ministres de la culture de la francophonie à
00:36:22mon invitation
00:36:23pour discuter de ces défis et surtout pour discuter des solutions qu'on peut mettre de l'avant.
00:36:29Une déclaration ambitieuse y a été adoptée afin de soutenir la création, la diffusion et la découvrabilité des contenus culturels
00:36:35francophones.
00:36:36Un des éléments sur lesquels les États membres se sont engagés consiste en la nomination d'un émissaire de la
00:36:43francophonie auprès des grandes plateformes.
00:36:45Pour leur faire valoir la nécessité, mais aussi les avantages pour elles, pour ces grandes plateformes, de considérer le marché
00:36:52francophone,
00:36:53je le disais plus tôt, de pratiquement 400 millions de personnes dans le monde.
00:36:57Le Québec et l'OIF poursuivront ce travail.
00:37:00Mais défendre le français chez nous comme chez vous, ce n'est pas, au fond, un combat français ou québécois,
00:37:08ni même un combat francophone, c'est un combat pour la protection de toutes les langues et de toutes les
00:37:13cultures qui veulent survivre au 21e siècle.
00:37:16Ce qui m'amène donc à l'UNESCO.
00:37:18En 2005, le Québec et la France, il y a 20 ans déjà, ont contribué à mobiliser la communauté internationale
00:37:24autour de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles.
00:37:28Cette Convention affirmait un principe qui est fondamental.
00:37:32La culture n'est pas une marchandise comme les autres.
00:37:36Et à ce titre, les États ont le droit et ils ont la responsabilité même de la protéger.
00:37:41Aujourd'hui, toutefois, un nouveau défi s'impose, adapter cette protection à l'ère numérique et à l'intelligence artificielle.
00:37:48C'est pourquoi le Québec milite activement en faveur d'un protocole additionnel à cette Convention.
00:37:54Et je me réjouis de la décision qui a été prise récemment par le comité intergouvernemental de l'UNESCO
00:37:59de recommander l'élaboration d'un tel protocole.
00:38:02C'est un signal politique fort, auquel notamment a participé la France, que je remercie.
00:38:08Quand en agissant comme un bouclier juridique, un tel outil, le protocole,
00:38:13offrirait aux États un cadre solide pour défendre leur politique culturelle face aux géants du numérique
00:38:18et il permettrait aux nations qui souhaitent de continuer à adopter des lois pour protéger et promouvoir leur culture dans
00:38:23l'environnement numérique
00:38:24tout en contribuant à protéger celles qu'elles ont déjà adoptées.
00:38:29Parce que, ne l'oublions pas, la prochaine bataille, elle est déjà commencée.
00:38:33La prochaine bataille, c'est devant les tribunaux qu'elle se le déroulera
00:38:36parce que les plateformes attaquent et continueront d'attaquer ces législations nationales.
00:38:41Le Québec restera donc pleinement mobilisé en vue des prochaines étapes,
00:38:45notamment à la conférence des partis prévus en 2027,
00:38:47car c'est là que les États partis à la Convention devront prendre la décision de continuer à faire cheminer
00:38:52le protocole.
00:38:53Et je suis heureux de savoir que nos deux nations pourront compter l'une sur l'autre
00:38:56pour continuer à faire avancer nos intérêts communs.
00:38:59Très heureux de savoir que nos deux nations choisiront de l'affronter ensemble.
00:39:04Et ce sera mon dernier point.
00:39:06Dans un univers numérique, ce qui est particulier, c'est que nous pouvons choisir nos voisins.
00:39:12La géographie n'a plus besoin de nous éloigner.
00:39:16Le Québec et la France peuvent désormais créer ensemble, en français,
00:39:19des œuvres capables de toucher le cœur des gens des deux côtés de l'Atlantique.
00:39:23Je rêve de grandes séries francophones réunissant de jeunes talents québécois et français.
00:39:29Je rêve de coproductions historiques, pourquoi pas, qui nous rappelleraient, à vous comme à nous,
00:39:34le grand rêve de l'Amérique française, ce siècle et demi durant lequel français, canaillens à l'époque
00:39:40et peuples autochtones ont exploré ensemble un continent géant.
00:39:44Je rêve d'industrie culturelle audiovisuelle française et québécoise si habituée à travailler ensemble
00:39:49qu'il ne serait plus surprenant de voir un réalisateur français diriger un plateau québécois
00:39:53ou, à l'inverse, des personnages et des acteurs québécois dans des séries françaises.
00:39:57Voilà donc ce que pourrait devenir cette révolution technologique, si on est optimiste, un pont, en quelque sorte.
00:40:04André Malraux a déjà dit que la culture ne s'irrite pas, elle se conquiert.
00:40:09Je trouve ça éminemment beau.
00:40:10À nous donc de nous battre ensemble pour la conquérir jour après jour.
00:40:14Et je vous propose qu'on puisse la faire ensemble.
00:40:17Donc, merci beaucoup pour votre attention. Je suis prêt à répondre à vos questions.
00:40:20Un grand merci, M. le ministre, pour ces propos plein d'optimisme et de combativité.
00:40:25Je crois que cette commission y est attachée.
00:40:27C'est pour ça que je vais tout de suite donner la parole aux différents orateurs de groupe pour une
00:40:31durée de deux minutes.
00:40:32Ils interviendront tous à tour de rôle. Vous pourrez leur faire une réponse globale à la fin.
00:40:37Nous allons commencer par M. Christian Gérard pour le groupe Rassemblement National.
00:40:41Merci.
00:40:46Il est là.
00:40:47M. le Président, M. le ministre, merci.
00:40:49Nos deux nations partagent une histoire commune.
00:40:53Depuis l'arrivée de Jacques Cartier dans le golfe du Saint-Laurent et malgré la défaite des plaines d'Abraham
00:40:58et la séparation forcée entre nous,
00:41:00vous n'avez jamais cessé, de l'autre côté de l'Atlantique, de défendre votre identité propre, l'identité québécoise.
00:41:07Et tout particulièrement votre langue, notre langue commune, la langue française.
00:41:12Bien que ministre de la langue française distincte existe depuis juin 2022 et que les questions linguistiques ne soient donc
00:41:20plus directement parmi vos prérogatives en tant que ministre de la culture et de la communication,
00:41:24j'aimerais tout d'abord témoigner de notre respect pour votre détermination à protéger et à promouvoir le français.
00:41:32Vous avez en effet, avec la charte de la langue française, dite loi 101, l'unique langue officielle de votre
00:41:39province et de la langue habituelle de l'enseignement, du commerce, du travail et de l'administration publique.
00:41:46Vous avez encore renforcé cette loi en 2022 avec la loi 96.
00:41:51Votre situation est particulière au sein de l'État fédéral bilingue et d'une Amérique du Nord largement anglophone.
00:41:59Vient s'ajouter, de plus, la question de l'immigration non francophone.
00:42:05Permettez-moi donc, bien qu'il ne s'agisse pas exactement de votre domaine, de vous demander comment se porte
00:42:10la langue française aujourd'hui au Québec.
00:42:13Si les dernières modifications législatives ont permis d'affermir encore davantage sa place,
00:42:19et quel regard vous portez sur la situation du français en France, dans d'autres parties du monde et dans
00:42:26les institutions internationales comme l'Union européenne.
00:42:30Concernant d'autres questions culturelles, comment vous positionnez-vous vis-à-vis des plateformes comme Netflix ou Amazon ?
00:42:39Comment le gouvernement québécois promeut-il les productions audiovisuelles spécifiquement québécoises ?
00:42:45Et qu'en est-il par ailleurs du doublage en français québécois ?
00:42:48Inversement, quel est le poids des productions françaises dans la société québécoise ?
00:42:54Sur notre projet, quel est le rapport des Québécois au patrimoine ?
00:42:58Quelles sont les mesures mises en œuvre afin de les protéger ?
00:43:01Enfin, et si je suis conscient que cela fait beaucoup de questions, comment enfermer la coopération culturelle entre le Québec
00:43:09et la France ?
00:43:09Par exemple, quel regard portez-vous sur notre contribution commune à TV5MONDE ?
00:43:15Comment aller plus loin ?
00:43:17Merci à vous pour votre présence aujourd'hui parmi nous.
00:43:20C'est avec plaisir que nous écouterons vos réponses.
00:43:23Merci, chers collègues, pour ces nombreuses questions.
00:43:26Pour le groupe Ensemble pour la République, M. Bertrand Sœur.
00:43:32Merci, M. le Président.
00:43:34M. le Ministre, un plaisir de vous revoir.
00:43:37Et on a en mémoire, effectivement, avec ma collègue Frédéric Meunier,
00:43:40l'excellent accueil que vous nous aviez réservé lors de notre visite à Québec au mois d'avril 2025.
00:43:46Mon attention avait été alors particulièrement attirée sur un enjeu stratégique et culturel majeur,
00:43:51vous l'avez évoqué à l'ère du numérique, celui de la découvrabilité des contenus culturels francophones en ligne.
00:43:56D'ailleurs, le mot nous avait beaucoup interpellés et votre explication nous avait effectivement permis,
00:44:01encore une fois, de se rendre compte que certains mots utilisés au Québec ont peut-être beaucoup plus de sens
00:44:06que certains qu'on utilise en France.
00:44:08En tout cas, nous sommes, comme l'ensemble des Québécois, profondément attachés à notre langue, à notre culture, à notre
00:44:13capacité à raconter le monde en français.
00:44:15Vous l'avez évoqué, et particulièrement au Québec, l'armement français est aujourd'hui confronté à une pression sans précédent,
00:44:21d'abord géographique en raison de votre proximité avec le monde anglo-américain,
00:44:25et donc numérique en raison de la domination écrasante des plateformes internationales,
00:44:29dont les algorithmes valorisent prioritairement et parfois quasi exclusivement des contenus en anglais.
00:44:34Face à cette situation, votre gouvernement a mis en place une politique publique ambitieuse et exemplaire,
00:44:40avec un plan d'action et des programmes de sensibilisation et de formation pour les artistes, producteurs et diffuseurs,
00:44:45afin qu'ils maîtrisent les enjeux de visibilité numérique, la structuration des métadonnées
00:44:50et l'utilisation des réseaux sociaux et des algorithmes pour toucher le public cible.
00:44:55Cette politique publique s'inscrit dans le prolongement d'une démarche de coopération structurée entre nos deux pays depuis 2019,
00:45:01vous l'avez rappelé, et en 2020, une première stratégie conjointe France-Québec sur la découvrabilité à vue de jour,
00:45:07avec pour ambition de favoriser la présence des contenus culturels francophones en ligne,
00:45:12mais six ans plus tard, de nouveaux défis sont apparus.
00:45:15Aussi, Monsieur le Ministre, pouvez-vous nous indiquer quelques actions menées par votre gouvernement
00:45:20en faveur de la découvrabilité des contenus francophones,
00:45:23qui ont produit des résultats les plus concrets à ce jour ?
00:45:26Grâce à la loi 109 que vous avez évoquée, quelles nouvelles mesures seront vos prochaines priorités sur ce sujet ?
00:45:32Et enfin, pour poursuivre efficacement la coopération engagée entre la France,
00:45:37avec la France, pardon, sur ses enjeux essentiels pour la francophonie,
00:45:40quelles mesures seraient à vos yeux utiles de porter ici, à l'Assemblée nationale française ?
00:45:45Je vous remercie.
00:45:47Merci, chers collègues.
00:45:48Pour le groupe droite républicaine, Madame Frédérique Meunier.
00:45:51Merci beaucoup, Monsieur le Président.
00:45:53Monsieur le Ministre, aussi un vrai plaisir de vous retrouver chez nous, à travers nos murs,
00:45:58et de pouvoir vous écouter avec autant de passion que vous n'avez pas perdue en ces quelques mois.
00:46:04Le Québec occupe une place singulière et précieuse dans l'espace francophone.
00:46:08Dans un contexte de concurrence culturelle accrue, d'uniformisation des contenus
00:46:14et de domination des plateformes anglo-saxonnes,
00:46:16votre action rappelle combien la langue française demeure non seulement un héritage,
00:46:22mais aussi une puissance d'avenir.
00:46:24D'autant qu'au sein du Canada, le Québec est le seul État à parler français,
00:46:30et vous êtes un peu les seuls à défendre la francophonie et évidemment notre belle langue.
00:46:36En février 2025, vous avez annoncé le lancement avec Rachida Dati de la stratégie France-Québec 2025-2030
00:46:44pour la diversité des contenus culturels dans l'environnement numérique.
00:46:48L'objectif est de favoriser l'accès et la diffusion des contenus culturels francophones
00:46:53dans un environnement numérique plus concurrentiel que jamais.
00:46:58Elle vise à relever des nouveaux défis posés par des transformations numériques,
00:47:02notamment l'essor de l'intelligence artificielle générative
00:47:05et la prolifération de contenus synthétiques.
00:47:08Le but est clair, le français doit rester visible sur les plateformes internationales.
00:47:14En effet, l'évolution des technologies et des pratiques culturelles,
00:47:18ainsi que la surabondance de contenus, complexifient l'accès au contenu francophone
00:47:24et imposent la nécessité d'agir pour que ces contenus soient visibles et recommandés en ligne.
00:47:30Alors, comment faites-vous pour que le français ne soit pas complètement absorbé
00:47:35par l'anglais dans les sphères numériques ?
00:47:37Pendant longtemps, la francophonie reposait surtout sur des institutions et des sommets diplomatiques.
00:47:43Aujourd'hui, la bataille semble se jouer sur TikTok, Netflix, Spotify ou YouTube.
00:47:49Selon vous, les États francophones ont-ils pris suffisamment conscience
00:47:53de ce basculement culturel et technologique ?
00:47:57Nous sommes loin d'un ministre de la francophonie en France.
00:48:01Enfin, beaucoup de nos concitoyens ont le sentiment que la francophonie reste parfois
00:48:05un concept diplomatique, mais insuffisamment incarné dans le quotidien.
00:48:10Selon vous, comment redonner à la francophonie une dimension plus concrète,
00:48:15plus visible et plus ambitieuse auprès de nos jeunes générations ?
00:48:19Je vous remercie.
00:48:20Merci, chers collègues.
00:48:21Pour le groupe démocrate, Mme Géraldine Beignet.
00:48:24Merci, M. le ministre, pour vos propos très éclairants sur l'effet du déploiement
00:48:28du numérique sur votre culture.
00:48:30Merci aussi pour cette prospective enthousiasmante de véritables ponts
00:48:33entre nos industries culturelles.
00:48:35On partage évidemment l'enthousiasme.
00:48:38Alors, un article du Journal de Montréal pointé récemment, je cite,
00:48:41« L'anglicisation de la France est une tendance lourde au sein de notre nation
00:48:45à s'enticher d'expressions anglaises ».
00:48:47L'article rappelle notamment le titre donné au Sommet France-Afrique,
00:48:51organisé conjointement avec le Kenya, Africa Forward Summit,
00:48:55quand l'Afrique compte pourtant 340 millions de francophones
00:48:58contre 240 millions d'anglophones.
00:49:00Ils sont aussi épinglés les « Choose France » ou « Partner with France »,
00:49:05expressions censées capter l'intérêt de potentiels investisseurs.
00:49:09Si l'attraction pour l'anglais dans la sphère économique peut encore s'expliquer
00:49:12assez naturellement par souci de praticité des échanges,
00:49:15on s'aperçoit que le quotidien des Français est, il est vrai,
00:49:17peuplé, voire parfois envahi, d'expressions pas toujours faciles à saisir
00:49:21dans l'intérêt qu'elles comportent.
00:49:23Un JT propose une séquence intitulée « La Story ».
00:49:27Partout, l'on trouve des showrooms, autres shops ou stores.
00:49:30« The Voice » eut certainement pu s'appeler « La Voix » sans rien perdre de son sens.
00:49:35Comment percevez-vous les choses depuis le Québec ?
00:49:38Quelle est votre politique en termes de préservation de l'identité linguistique francophone
00:49:41afin d'éviter ce problème de suremploi facile de l'angle anglophone ? »
00:49:49Merci beaucoup, chers collègues.
00:49:50Et pour le groupe Horizon et Indépendant, Mme Béatrice Piron.
00:49:53Merci, M. le Président.
00:49:55M. le Ministre, au nom du groupe Horizon,
00:49:57je vous remercie chaleureusement d'être parmi nous aujourd'hui.
00:49:59Votre présence au sein de notre commission témoigne de l'importance
00:50:02que nous partageons de part et d'autre de l'Atlantique
00:50:05pour les questions culturelles et linguistiques qui nous unissent.
00:50:08La France et le Québec entretiennent un lien singulier
00:50:13que les chiffres viennent rappeler avec constance.
00:50:15En 2025, la France s'est classée au deuxième rang des pays d'origine
00:50:19des immigrants permanents admis au Québec,
00:50:22représentant 15% des admissions.
00:50:24Ces Françaises et Français qui font le choix du Québec
00:50:26participent activement à l'habitabilité de votre société.
00:50:30Et depuis Paris, nous mesurons pleinement
00:50:32combien votre engagement en faveur de la langue française
00:50:35mérite d'être salué.
00:50:36Préserver le français comme langue commune
00:50:38sur un continent majoritairement anglophone
00:50:40constitue un véritable acte politique et culturel.
00:50:44Vous avez d'ailleurs franchi une étape notable
00:50:47avec l'adoption unanime en décembre 2025
00:50:49de la loi affirmant la souveraineté culturelle du Québec
00:50:52et la loi sur la découvrabilité des contenus culturels francophones
00:50:56dans l'environnement numérique.
00:50:57C'est précisément sur ce terrain numérique
00:51:00que je souhaitais vous interpeller.
00:51:01Car les données sont préoccupantes.
00:51:03Selon le dernier rapport de l'Office québécois
00:51:05de la langue française,
00:51:07la majorité des jeunes adultes de 18 à 34 ans au Québec
00:51:11utilisent régulièrement l'anglais
00:51:12pour publier sur les réseaux sociaux,
00:51:14jouer à des jeux vidéo
00:51:15ou faire du magasinage en ligne.
00:51:17Plus précisément, seulement 44% des 18-34 ans
00:51:22publient leurs messages uniquement en français
00:51:24sur des plateformes comme Instagram, Snapchat ou X.
00:51:26Ce phénomène n'est pas propre au Québec.
00:51:29Nous l'observons aussi en France.
00:51:30Mais il prend chez vous une dimension particulière
00:51:33car c'est l'existence même du fait francophone
00:51:35en Amérique du Nord qui est en jeu.
00:51:38Alors, M. le ministre,
00:51:39au-delà de la législation sur la découvrabilité,
00:51:42quelles mesures concrètes envisagez-vous
00:51:43pour reconquérir les jeunes générations
00:51:46et faire en sorte que le français reste
00:51:47non seulement une langue officielle,
00:51:49mais une langue désirée, choisie, vivante,
00:51:52y compris sur les plateformes numériques
00:51:53qui structurent aujourd'hui l'identité culturelle
00:51:56de la jeunesse.
00:51:57Je vous remercie.
00:51:58Merci, chers collègues.
00:51:59J'ai reçu également une demande
00:52:01de questions individuelles d'une députée,
00:52:03en l'occurrence de Céline Calves,
00:52:04que je vous propose de prendre tout de suite
00:52:05pour une durée de une minute.
00:52:08Merci, M. le Président.
00:52:09M. le ministre,
00:52:11aujourd'hui, on s'informe de plus en plus
00:52:12avec les modèles d'IA.
00:52:18Et aujourd'hui, il se pose un paradoxe devant nous.
00:52:21C'est que, d'un côté, on sait que ces modèles
00:52:23sont entraînés sur une majorité de contenus anglo-saxons.
00:52:27Et de l'autre côté, nous sommes aussi devant un dilemme.
00:52:33On a envie que de plus en plus de contenus culturels
00:52:36francophones puissent être et entraîner ces modèles.
00:52:40Mais pour autant, on n'a pas forcément de respect
00:52:42du droit d'auteur par les fournisseurs d'IA.
00:52:45Alors, on a une réglementation en Europe
00:52:47depuis la directive droit d'auteur de 2019
00:52:50et le règlement sur l'IA de 2024.
00:52:53Mais moi, je voulais savoir comment, au Québec,
00:52:57vous saisissiez de cette question.
00:52:59Comment on peut aussi mettre à disposition
00:53:01de ces fournisseurs d'IA des banques de données
00:53:06culturelles qui respectent aussi bien
00:53:08la nécessaire visibilité de nos contenus
00:53:10sur ces modèles, mais aussi le respect
00:53:12des droits d'auteur attachés à ces contenus.
00:53:14Je vous remercie.
00:53:15Merci beaucoup, chers collègues, pour ces questions.
00:53:18Je pense n'avoir oublié personne.
00:53:21Je vais, M. le ministre, vous laisser la parole
00:53:23pour pouvoir répondre à ces différentes interventions,
00:53:25ce qui, normalement, devrait nous permettre,
00:53:26je rassure mes collègues, de pouvoir être à l'heure
00:53:28pour aller voter pour notre programmation militaire.
00:53:30Voilà. M. le ministre, je vous en prie.
00:53:32Merci, M. le Président.
00:53:33Je veux juste m'assurer du temps de parole
00:53:36qui m'est imparti pour répondre à toutes ces questions.
00:53:39Vous avez au moins 20 grosses minutes.
00:53:40D'accord. Je vais essayer d'être bref.
00:53:43Je vous ferai ce fin de si ça s'accélère.
00:53:45Il y a énormément de questions.
00:53:47J'ai pris des notes, des questions qui sont très intéressantes,
00:53:51puis ça me fait réaliser qu'on partage vraiment
00:53:55les mêmes préoccupations et que c'est universel, probablement.
00:53:58Donc, je parlais tantôt du fait que ce n'est pas nécessairement
00:54:02un combat québécois, francophone,
00:54:05mais que c'est un combat pour la survie de toutes les cultures nationales,
00:54:08pour nous assurer que les cultures nationales puissent survivre au 21e siècle.
00:54:12Donc, on parlait peut-être au départ de...
00:54:17à savoir comment se porte la langue française au Québec.
00:54:21La langue française au Québec, elle est très fragile.
00:54:24Elle est très fragile parce qu'on est dans un contexte qui est le nôtre,
00:54:28c'est-à-dire qu'on est entouré d'une marée de locuteurs anglophones.
00:54:33Donc, il y a une langue principalement qui nous entoure,
00:54:37et c'est une langue qui est parlée partout dans le monde,
00:54:41c'est la langue anglaise,
00:54:42et elle a un pouvoir d'attractivité qui est très, très fort,
00:54:45notamment parce qu'on est aussi collé sur les États-Unis.
00:54:47Donc, il y a cette tentation, par exemple, de s'angliciser
00:54:52en écoutant de la musique en anglais,
00:54:54en écoutant des séries télé,
00:54:55en écoutant du cinéma en anglais,
00:54:58et la pente, elle n'est pas toujours très abrupte.
00:55:02Donc, c'est un glissement.
00:55:05À chaque année, on voit un recul dans l'utilisation de la langue française.
00:55:09Puis, évidemment, il y aura toujours des gens au Québec
00:55:11pour nous dire que la langue française n'est pas en recul.
00:55:14Je pense que ces gens se mettent la tête dans le sable.
00:55:16On va dire les choses comme elles sont.
00:55:18Il y a des gens qui essaient de nous faire croire ça,
00:55:20mais la vérité, c'est que la langue française,
00:55:22non seulement elle est fragile au Québec,
00:55:23mais elle recule à chaque année,
00:55:25principalement sur l'île de Montréal, qui est notre métropole.
00:55:29Lorsqu'on regarde la langue principalement parlée à la maison,
00:55:33et je vais vous dire pourquoi j'utilise cet indicateur-là,
00:55:36mais lorsqu'on regarde la langue parlée à la maison,
00:55:39on est sous la barre des 50 % pour ce qui est de la langue française.
00:55:43C'est la métropole, la métropole francophone des Amériques.
00:55:47C'est comme ça qu'on la nomme Montréal.
00:55:48J'utilise cet indicateur-là parce que le lien avec la culture, il est frappant.
00:55:52Si on est à la maison et que la langue qu'on parle n'est pas le français,
00:55:57ça veut dire que la musique qu'on écoute,
00:55:59ça veut dire que la télévision qu'on écoute,
00:56:01ça veut dire que les produits culturels qu'on consomme à la maison
00:56:04sont aussi dans une langue autre que le français.
00:56:08Et là, pour moi, il y a un enjeu, parce qu'au-delà de la question linguistique,
00:56:12qu'est-ce qui fait que les Français, les Québécois, les Africains, les Belges
00:56:15ont des différences culturelles parce qu'on parle tous la même langue?
00:56:19C'est tout le reste.
00:56:20Et ça, pour nous, c'est un enjeu.
00:56:22Donc, je glisse là-dessus pour vous dire que, évidemment, c'est un enjeu pour nous.
00:56:27L'immigration, évidemment, et je pèse mes mots,
00:56:31c'est un sujet émotif, c'est un sujet glissant, ici comme chez nous.
00:56:36Et vous avez bien entendu que je n'ai pas dit les immigrants,
00:56:39mais je dis l'immigration, donc les politiques d'immigration
00:56:43qui nous ont été imposées, dans notre cas, par le gouvernement fédéral,
00:56:48ont mené à un accueil qui a dépassé notre capacité.
00:56:52Et là-dessus, je vous dirais que même les tenants d'une politique migratoire
00:56:56beaucoup plus généreuse en sont arrivés à un point
00:56:59où eux-mêmes ont convenu que la limite avait été dépassée
00:57:04parce qu'il faut se conserver une capacité d'accueil
00:57:06si on veut que les gens qui viennent chez nous,
00:57:09qui ont des rêves et qui veulent les réaliser,
00:57:11puissent les réaliser en français.
00:57:12On doit bien les accueillir.
00:57:15Et ça, je dirais que ça a été un grand enjeu,
00:57:18principalement dans la métropole, mais aussi sur les couronnes.
00:57:23Ensuite, vous me posiez la question, j'y vais en vrac,
00:57:25mais sur TV5, absolument extraordinaire comme outil, à mon sens,
00:57:31quand on parle de découvrabilité de nos contenus,
00:57:34et je fais encore le lien avec ce que je vous disais tantôt,
00:57:36on a, même si on a des cultures qui se ressemblent,
00:57:40on a quand même des différences culturelles très, très marquées,
00:57:42par exemple, avec les Africains, au-delà de la langue.
00:57:45Donc, c'est intéressant de partager cet espace-là
00:57:47où nos produits culturels peuvent être échangés.
00:57:50Pour notre part, on a augmenté notre soutien à TV5Monde
00:57:55parce que je pense que c'est important
00:57:58et je voulais poser ce geste-là.
00:58:00Je pense que ce qu'on peut faire de plus,
00:58:02la France et le Québec, je pourrais vous parler de plein de choses,
00:58:05mais je dirais que certainement,
00:58:08ce qui retient mon attention en ce moment,
00:58:09ce sont les coproductions.
00:58:11On a une langue commune,
00:58:14je l'abordais aussi dans mon allocution d'ouverture,
00:58:17on a une histoire commune.
00:58:19Le premier siècle et demi de l'histoire de notre nation,
00:58:23c'est aussi votre histoire.
00:58:25On a des valeurs communes aussi,
00:58:26la laïcité, l'égalité entre les hommes et les femmes, par exemple.
00:58:30Je pourrais continuer à défiler la liste.
00:58:33On a tout intérêt à mettre nos ressources en commun,
00:58:35que ce soit nos ressources financières pour faire des coproductions,
00:58:38mais aussi nos talents, les talents québécois.
00:58:41Il y en a plusieurs d'entre eux qui sont très appréciés en France.
00:58:44Je pourrais vous parler de Monia Chokri, par exemple.
00:58:48En ce moment, je pourrais vous parler de Xavier Dolan.
00:58:50Je pourrais vous parler de Magali Lépine-Blondeau.
00:58:53La liste, elle est longue et le contraire est vrai aussi.
00:58:55Donc, je pense qu'on aurait tout à gagner,
00:58:57à augmenter cette coproduction entre nos deux nations.
00:59:03Par contre, il y a des irritants en ce moment.
00:59:05Il y a des éléments qui font en sorte
00:59:07que les coproductions ne sont pas toujours faciles.
00:59:10C'est un sujet dont j'ai discuté avec Mme la ministre,
00:59:12qui a témoigné de l'ouverture.
00:59:15Mme la ministre de la Culture, Mme Pégard,
00:59:18avec Mme Carroir aussi.
00:59:19C'est un sujet que nous avons abordé
00:59:21avec le président de la République.
00:59:23C'est une priorité pour nous,
00:59:24augmenter ces coproductions.
00:59:26Et je pense que quand il y a une volonté politique,
00:59:30au-delà de ce que l'administration nous répond,
00:59:32je pense qu'on peut aussi décider de trouver des solutions.
00:59:35Donc, j'ai assuré mes collègues français, mes homologues ici,
00:59:38que j'étais bien, bien disposé à trouver des solutions à ces enjeux-là
00:59:43pour qu'on puisse augmenter notre coproduction ensemble.
00:59:46Qu'est-ce qu'on fait au Québec pour assurer la découvrabilité?
00:59:51Vous m'avez aussi posé cette question-là.
00:59:53Je ne reviendrai pas en détail sur tout ce que j'ai énoncé
00:59:56dans mon allocution d'ouverture.
00:59:59Projet de loi 109 sur la souveraineté culturelle.
01:00:01Donc, ça, c'est une chose.
01:00:03Le protocole additionnel à la Convention de 2005,
01:00:06ce n'est pas un luxe, ce n'est pas une lubie, ce protocole-là.
01:00:09Je veux le réitérer.
01:00:10C'est un outil juridique international dont on a absolument besoin
01:00:13parce que le prochain combat sera devant les tribunaux.
01:00:16Les lois que nous adoptons dans nos parlements sont attaquées en justice.
01:00:20Et si on veut que ces lois-là tiennent la route,
01:00:24ça nous prend un bouclier juridique international.
01:00:26L'UNESCO nous permet de faire ça.
01:00:28Il y a certains qui voudraient nous dire que ça doit se régler au G7
01:00:31ou que ça doit se régler à l'OCDE.
01:00:33Permettez-moi de leur dire que je suis en désaccord.
01:00:35Je le répète, c'est un enjeu qui ne touche pas seulement 1, 2, 10 ou 20 États dans le
01:00:40monde.
01:00:41C'est un enjeu qui touche toutes les cultures nationales.
01:00:46Donc, c'est à l'UNESCO où toutes les cultures sont représentées
01:00:49qu'on doit faire ce travail-là.
01:00:51On a, par exemple, mis sur pied un premier micro-programme universitaire en découvrabilité.
01:00:58C'est offert maintenant à l'Université du Québec à Montréal.
01:01:00Donc, c'est une première dans le monde pour les gestionnaires du milieu culturel
01:01:04qui voudrait bien comprendre comment opérer cette découvrabilité-là,
01:01:07au-delà du concept, comment on l'opérationnalise au quotidien
01:01:10dans nos entreprises, dans nos organisations.
01:01:15On a fait un grand travail aussi.
01:01:17J'ai aimé ce que vous avez amené, Mme la députée,
01:01:21quand vous dites qu'il ne faut pas seulement que ce soit la langue officielle,
01:01:23il faut que ce soit une langue choisie, une langue désirée.
01:01:26Je crois que c'est comme ça que vous l'avez apportée.
01:01:29Bien, pour ça, il faut les rejoindre, les jeunes.
01:01:31Et en ce moment, les jeunes ne sont pas bien exactement au même endroit
01:01:35où leurs parents étaient.
01:01:36Moi, je suis de la génération qui s'est désabonné du câble.
01:01:39Donc, quand j'ai quitté le domicile familial,
01:01:42je ne me suis pas abonné au câble.
01:01:43J'ai 37 ans.
01:01:45La plupart des gens de ma génération sont dans la même situation que moi.
01:01:48Mes amis, les gens autour de moi qui sont dans le même groupe d'âge,
01:01:53et les plus jeunes ne sont plus abonnés au câble
01:01:55et on ne remettra pas la pâte à dents dans le tube.
01:01:57C'est-à-dire, on ne reviendra pas en arrière.
01:02:00On continuera ce glissement vers la mort du câble
01:02:04et les plateformes numériques vont continuer de prendre des parts de marché.
01:02:08Donc, vous savez, moi, je suis un grand amateur de hockey
01:02:10qui est notre sport national au Québec.
01:02:12Et on dit au hockey, pour faire une analogie,
01:02:15qu'il ne faut pas courir après, ici, vous dites, le palais.
01:02:21Le palais, n'est-ce pas?
01:02:22On m'a dit ne pas utiliser l'autre mot, donc le palais.
01:02:29Donc, je n'ai pas osé le dire.
01:02:32Donc, le palais, il ne faut pas courir après.
01:02:35Il faut anticiper où le palais s'en va, si on veut marquer un but.
01:02:39Donc, il faut changer nos façons de faire en ce moment
01:02:42en regardant où s'en va l'industrie
01:02:44pour être capable de mieux rejoindre nos jeunes
01:02:46et que nos jeunes aient accès.
01:02:48Parce que quand on entend que les jeunes se désintéressent
01:02:50de la culture québécoise, dans notre cas,
01:02:52et qu'ils n'en consomment pas, c'est faux.
01:02:54C'est faux.
01:02:55Ils en consomment de la culture québécoise,
01:02:57de la culture française,
01:02:58mais ils la consomment différemment de leurs parents.
01:03:01Et ça, il faut le capter.
01:03:02Il faut absolument le capter,
01:03:03parce que sinon, ça se développe en parallèle.
01:03:06Et moi, je pense que l'État a un rôle à jouer
01:03:07pour réorganiser l'écosystème,
01:03:09comme on l'a si bien fait dans les années 60, 70, 80, 90,
01:03:14jusqu'au tournant des années 2000,
01:03:15même avec l'arrivée de l'Internet,
01:03:17où on a un peu perdu le contrôle.
01:03:20Est-ce que les États sont suffisamment conscients du risque?
01:03:24Je ne sais pas.
01:03:25C'est une bonne question.
01:03:27Je pense qu'on doit toujours,
01:03:31sans se faire traiter d'alarmiste,
01:03:33on doit toujours parler de ce risque-là,
01:03:37parce que le risque, il existe.
01:03:39Puis à l'échelle de l'histoire du monde,
01:03:41des cultures qui disparaissent,
01:03:44il y en a eu.
01:03:45Et je pense qu'on n'est pas à l'abri de ça.
01:03:48On a le nez collé sur l'arbre.
01:03:49Parfois, ça nous empêche de voir la forêt.
01:03:51Mais je pense que sur quelques centaines d'années,
01:03:56des cultures qu'on croit bien vigoureuses en ce moment
01:03:58pourraient disparaître.
01:03:59Ce qui m'amène peut-être à la question
01:04:00que vous m'avez aussi posée sur le regard québécois.
01:04:03J'ai bien aimé votre intervention.
01:04:05Ça me fait toujours sourire le regard québécois
01:04:07sur la langue française ici en France.
01:04:12Je vais rester, je vais me garder un devoir de réserve
01:04:16parce qu'évidemment, vos politiques linguistiques
01:04:20de protection de la langue vous appartiennent.
01:04:22Mais je dirais que, d'abord, c'est toujours un peu cocasse
01:04:27quand on est en rencontre
01:04:28et que je suis avec des Français qui utilisent un anglicisme.
01:04:32On dirait qu'ils sont toujours un peu gênés.
01:04:34Et là, ils s'excusent.
01:04:36Peut-être parce que, bon, ils se disent qu'au Québec,
01:04:39on en utilise aussi, des anglicismes.
01:04:41Mais c'est vrai qu'on a peut-être davantage cette sensibilité
01:04:45parce que ça fait 250 ans qu'on lutte.
01:04:49Ça fait 250 ans au Québec qu'on lutte pour la survie de ce qu'on est.
01:04:54C'est-à-dire, depuis la conquête britannique,
01:04:57on lutte pour continuer d'exister.
01:05:00Puis, tantôt, je vous parlais de l'histoire.
01:05:04250 ans, encore une fois, à l'échelle de l'histoire du monde.
01:05:06C'est cinq minutes.
01:05:08Donc, ça fait 250 ans qu'on lutte.
01:05:10Il y a des gens, on célébrait la Journée nationale des patriotes
01:05:12ce lundi au Québec.
01:05:14Il y a des gens qui ont laissé leur vie, il n'y a pas si longtemps,
01:05:17pour qu'on puisse aujourd'hui continuer de parler français,
01:05:20qu'on puisse voter nos lois à l'Assemblée nationale,
01:05:22pour qu'on puisse décider de notre propre avenir.
01:05:24Donc, je pense que ça, ça nous habite au Québec.
01:05:27Ça nous habite et je pense que ça nous rend
01:05:29beaucoup plus sensibles à ces questions-là.
01:05:32Parfois, on se fait dire qu'on exagère peut-être un peu,
01:05:37mais moi, je pense qu'on n'exagère pas,
01:05:38surtout quand on parle des indicateurs dont on parlait tantôt,
01:05:41c'est-à-dire qu'il y a un recul à chaque année.
01:05:43Là, je sens que je suis long.
01:05:47Donc, je vais accélérer en disant que la valeur de l'Organisation internationale
01:05:54de la francophonie, vous m'avez aussi posé cette question-là,
01:05:56qu'est-ce qu'on peut faire?
01:05:59Je pense qu'on doit faire front commun.
01:06:01On doit faire front commun sur des enjeux très précis.
01:06:04On peut essayer de refaire le monde à l'OIF,
01:06:08mais quand on essaie de tout faire, on fait tout à moitié.
01:06:11Je pense que quand on a dix priorités, on n'a pas de priorité.
01:06:15Je pense que si on priorise bien,
01:06:17on va être en mesure de régler des choses très précises.
01:06:21Et personnellement, c'est ce que je vois dans le cadre de mes fonctions au Québec.
01:06:25C'est comme ça que j'organise mon travail.
01:06:26Je pense que ça a une valeur.
01:06:28Et je pense que si on fait donc front commun sur des objectifs très précis,
01:06:32on a le pouvoir de les faire changer.
01:06:33Puis je termine peut-être en disant,
01:06:36je pourrais vous parler d'intelligence artificielle aussi,
01:06:38partenariat entre la Bibliothèque nationale de France,
01:06:40Bibliothèque et archives nationales du Québec
01:06:42pour constituer une banque de données culturelles
01:06:45pour que l'IA réfléchisse aussi bien en français qu'en anglais.
01:06:48Parce qu'au-delà de la traduction d'un contenu,
01:06:51il y a aussi le caractère culturel sur lequel l'IA se base
01:06:55pour produire sa réponse, en anglais ou en français, peu importe la langue.
01:06:58Mais la réponse qu'elle va nous donner, le sens de la réponse,
01:07:01il se base aussi sur des éléments culturels.
01:07:04Et ça, il faut que la culture francophone, française, québécoise,
01:07:08elle soit bien représentée.
01:07:09Et donc ça, c'est un projet que nous avons financé.
01:07:12D'ailleurs, j'ai fait une annonce là-dessus il y a quelques semaines.
01:07:15Et puis sinon, dernier point, légiférer sur l'intelligence artificielle.
01:07:19On en a parlé la dernière fois qu'on s'est rencontré, M. le Président.
01:07:22Je vous avoue que notre discussion m'a fait réfléchir sur les opportunités,
01:07:28sur les risques aussi.
01:07:30Est-ce qu'on doit attendre?
01:07:31Est-ce qu'on doit y aller rapidement?
01:07:33Est-ce qu'on doit légiférer spécifiquement dans le secteur culturel?
01:07:36Est-ce qu'on doit y aller plus largement?
01:07:39C'est une bonne question.
01:07:40On sera attentifs sur tout ce qui se fait,
01:07:42parce que le milieu culturel lui-même n'a pas toutes les réponses.
01:07:44Il y a certains des créateurs qui nous disent,
01:07:46bien, on veut pouvoir utiliser l'intelligence artificielle.
01:07:48Il y en a d'autres qui ne veulent rien savoir.
01:07:50Où est la limite aussi dans l'utilisation?
01:07:52Donc, je pense qu'il faut se poser ces questions-là.
01:07:54Mais je sais que ça fait l'objet de discussions ici,
01:07:56notamment cette question d'un projet de loi
01:07:59sur le renversement du fardeau de la preuve, si je ne m'abuse.
01:08:03Donc, on suit ça, évidemment, avec attention.
01:08:05C'est un sujet qui nous mobilise aussi au Québec.
01:08:10Merci beaucoup, M. le ministre.
01:08:12Je crois, au nom de mes collègues,
01:08:13pouvoir vraiment vous remercier pour vos propos.
01:08:17C'était important pour nous de pouvoir vous entendre
01:08:19et de pouvoir avoir aussi ce recul,
01:08:22parce qu'on a beaucoup discuté ensemble en février
01:08:26quand vous êtes venus et en amont de cette commission
01:08:27sur les différences qu'il peut y avoir.
01:08:30Et l'une des grandes forces du message que vous apportez
01:08:33en tant que ministre du Québec,
01:08:34c'est de nous alerter sur l'urgence qu'il y a à défendre
01:08:38la langue française et l'espace francophone en ligne.
01:08:41Et peut-être que tous nos constoyens n'ont pas encore compris
01:08:44en France, en tout cas, l'urgence et la menace,
01:08:47la fragilité de la langue française.
01:08:49Il y a des chiffres qui méritent d'être rappelés.
01:08:51Et je pense que c'est important de l'être dans cette enceinte.
01:08:52Mais on a à peine à imaginer ce qu'est le recul accéléré
01:08:57du français aujourd'hui sur l'espace numérique.
01:09:01En trois ans, entre 2021 et 2024,
01:09:03le français est passé de la quatrième à la septième place
01:09:05sur Internet.
01:09:07Donc, c'est vraiment quelque chose d'accéléré.
01:09:10Le français, c'est 3,5% des contenus
01:09:12contre 24% en anglais.
01:09:14Et ça ne va du fait que s'accélérer.
01:09:15On arrivera très vite à 1% si la donne ne change pas.
01:09:19Notre collègue Céline Calvez parlait des corpus d'entraînement,
01:09:23des modèles de langage de l'intelligence artificielle.
01:09:27C'est uniquement 0,2% qui utilisent des données francophones.
01:09:31Donc, autant dire que si on descend de ça,
01:09:33le français finira par très vite, en quelques années,
01:09:35tout au plus quelques décennies,
01:09:36à disparaître tout simplement des référentiels de base
01:09:39de la réflexion sur Internet.
01:09:41Et ça peut aller très vite quand on sait que
01:09:43les grands gérants de la tech investissent
01:09:46non pas quelques millions ou milliards d'euros
01:09:48comme on peut investir, nous, à l'échelle nationale,
01:09:50mais plusieurs centaines de milliards.
01:09:52Amazon, Alphabet, Meta, Microsoft,
01:09:54c'est 650 milliards qu'ils ont investis dans l'IA en 2026.
01:09:57Donc, des fois, on a des débats sur ce qu'il faut défendre
01:09:59nos gérants de la tech comme Istral.
01:10:00On n'est pas du tout sur les mêmes échelles.
01:10:03Et il faut aussi qu'on puisse trouver des réponses
01:10:05qui ne seront pas seulement des réponses économiques,
01:10:07mais des réponses juridiques.
01:10:08Et c'est pour ça que je tenais vraiment à saluer ici,
01:10:10je l'espère, au nom de tous mes collègues,
01:10:11l'initiative qui a été la vôtre et la motivation qui a été la vôtre,
01:10:14parce que le principe de découvrabilité, je pense,
01:10:16fournit une base juridique intéressante pour le Québec,
01:10:19potentiellement, je le crois aussi, pour la France,
01:10:21et je l'espère demain aussi à l'échelle de l'UNESCO.
01:10:23Donc, un grand merci au nom de tous mes collègues.
01:10:24Merci à vous.
01:10:28Applaudissements
01:10:32Alors, un dernier mot pour vous rappeler,
01:10:34parce qu'on a encore quelques minutes,
01:10:35que nous nous retrouvons demain matin à 9h30,
01:10:37pour une table ronde sur le bilan des politiques de recherche depuis 20 ans,
01:10:41et ensuite l'étude de la proposition de loi de Joël Bruneau,
01:10:43dans le cadre de la Niche-Cliotte,
01:10:45que nous ferons directement dans la foulée,
01:10:46et pour laquelle il y a 8 amendements.
01:10:48Merci beaucoup.
01:10:57Merci à vous.
01:11:19Merci à vous.
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