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L'ancien député et sénateur, également conseiller régional, fait le point sur son engagement au soir de sa vie politique en Moselle.
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00:01Est-ce que c'est des mémoires justement ? Qu'est-ce qu'on y trouve à l'intérieur ?
00:04J'ai écrit plusieurs fois des livres sur la synergie, sur l'histoire de la Lorraine, sur la formation des
00:12départements.
00:14Et chaque fois, j'avais beaucoup de plaisir de retracer finalement les travaux sur le sujet.
00:24Et j'ai notamment écrit un livre sur le canton de Vigie.
00:28J'ai été très surpris parce que j'essayais d'avoir la photo d'un conseiller départemental,
00:34ou plutôt général, parce qu'à l'époque c'était des conseillers généraux,
00:38qui était également député au Reichstag.
00:43C'était à l'époque de l'annexion.
00:45Et je suis arrivé à retrouver son arrière-petite-fille,
00:49laquelle ne se souvenait même pas que l'arrière-grand-père avait été député au Reichstag.
00:57Et ça m'avait quand même frappé, parce que je me suis dit, vraiment, il y a une coupure.
01:01Et j'y réfléchis.
01:03Finalement, je sais très peu de choses sur mes grands-parents.
01:05Mes grands-parents, j'allais en vacances chez eux, etc.
01:08Tout se passait bien.
01:08Mais les grands-parents parlaient assez peu de leur passé pendant la guerre de 40, etc.,
01:16de l'expulsion des problèmes qui se posaient.
01:19Et donc je me suis dit, j'ai terminé ma vie politique.
01:23Ça serait bien, finalement, de retracer les choses.
01:27D'autant que la presse, très souvent, est partisane et présente tantôt blancs, tantôt noirs.
01:35Non pas obligatoirement, en fonction de la personne à laquelle...
01:41Enfin, plutôt de la situation à laquelle ils font référence, mais plutôt en fonction des affinités de la presse.
01:48Et donc je me suis dit, je vais rédiger.
01:50Ça sera mon dernier livre.
01:52J'en ai écrit vraiment un certain nombre.
01:54Et je me dis, ça sera mon dernier livre.
01:57Et donc j'ai retracé tout ce qui a été ma vie.
02:02J'ai dressé un état des lieux de tout ce qui s'est passé politiquement en Moselle,
02:10disons depuis 1970 jusqu'à maintenant.
02:13Un demi-siècle d'engagement public.
02:16C'est le titre de cet ouvrage.
02:19C'est vrai, il y a eu une longévité, forcément.
02:22Est-ce qu'il y a eu aussi des envies, de temps en temps, de passer à autre chose ?
02:26Alors, non, parce que d'abord, quand on est, je dirais, lancé dans le système...
02:34Moi, je me suis lancé très jeune.
02:36Ma première élection de conseiller général, c'était à 28 ans.
02:40J'avais aucun soutien politique.
02:42J'appartenais à aucun parti politique.
02:44Et c'était rare à l'époque.
02:46Aujourd'hui, on voit souvent des jeunes qui ont 20 ans.
02:48Mais à l'époque, c'était exceptionnel.
02:50J'ai été le Benjamin du conseil général pendant, je crois, 12 ans.
02:55Donc, oui, c'est une chose qui est dure.
02:57Après, j'ai été le doyen.
02:59Mais ça, c'est autre chose.
03:04Je dirais, donc, on reste dans le système.
03:07Et puis, quand on est en politique, en général, on en sort quand on est battu.
03:11Et je n'ai jamais été battu comme député.
03:15Quand mon élection a été annulée, j'avais quand même déjà 51 ans.
03:19Et j'ai voulu reprendre une activité professionnelle.
03:24Et je me suis rendu compte que quand on a arrêté pendant 20 ou 25 ans une activité,
03:30c'est très difficile de reprendre.
03:32On est complètement déphasé.
03:33Ce n'est plus le même monde, etc.
03:36Et ce qui m'a amené, parce que je ne voulais surtout pas redevenir député,
03:40parce qu'il aurait fallu que je pousse mon ancienne suppléante,
03:44Mme Zimmermann, vers la porte.
03:47Et comme on s'était toujours bien entendu,
03:49il était hors de question pour moi de vouloir lui dire
03:53« Tu me rends, entre guillemets, mon siège ».
03:56Et elle était tout à fait d'accord.
03:57Donc, il n'y avait aucun problème.
03:59C'était même plutôt la mère.
04:00Moi, je ne voulais pas le prendre.
04:01Elle voulait que je le reprenne.
04:03Et donc, c'est la raison pour laquelle je me suis présenté comme sénateur.
04:08Là aussi, j'ai été élu sans soutien des partis politiques.
04:12J'ai été réélu pendant 22 ans.
04:14Et puis, au bout de 19 ans et demi de député,
04:183 ans de vice-président du conseil régional et 22 ans de sénateur,
04:22je me suis dit « Bon, il faut arrêter ».
04:23Vous dites dans le livre, vous parliez des partis.
04:25Vous dites dans le livre que le quotidien des partis
04:27est fait de trahisons, de conflits internes.
04:30Est-ce que c'est ça qui vous a finalement mené progressivement ?
04:32Vous avez été élu tout au début sans soutien des partis.
04:36Finalement, vous étiez après avec le RPR.
04:38Est-ce que c'est ça qui vous a mené à quitter progressivement le RPR et ensuite l'UMP ?
04:45Écoutez, les partis politiques, c'est relativement décevant.
04:51Quand on fait de la politique, il faut un certain nombre de qualités ou de capacités.
04:57J'avais la compétence, c'est évident.
05:02Je travaillais beaucoup.
05:05Même mes ennemis ne l'ont jamais contesté.
05:10J'avais une capacité de gagner les élections.
05:14Parce que quand on est en politique, il faut aussi une capacité de gagner les élections.
05:19Et toutes mes élections, mes six élections de députés, j'étais toute gagnée contre des adversaires importants.
05:24Masseret en 1981, au moment où il y avait le raz-de-marée.
05:28Mme Grisbeck, qui était première adjointe de Roche, soutenue par tout le monde,
05:32alors que moi j'étais soutenue par le RPR à peu près comme l'accord de soutien à le pondu.
05:37J'étais largement réélu.
05:38Et au sénatorial, j'ai même battu, sans étiquette, j'ai battu l'actuel maire de Metz,
05:45qui était président des maires, le soutien qui avait le soutien de tout le monde.
05:48J'ai fait deux sièges, il y en a fait un.
05:50Et j'ai battu aussi le candidat socialiste, Todechini.
05:54Quand on n'a pas d'étiquette, c'est quand même pas mal.
05:57Donc j'avais aussi cette qualité.
06:00Mais il me manquait quelque chose, et je m'en rends compte rétrospectivement.
06:05J'avais, j'ai toujours une forte personnalité,
06:09et je n'ai pas le tempérament de lécher les bottes de M. Juppé ou de M. Tartampion.
06:17Ce qui fait que, par exemple, Juppé me supportait difficilement,
06:21parce qu'il était entouré de gens qui lui seraient les chaussures matin, midi et soir.
06:25Moi, je ne lui ai jamais rien ciré.
06:27Mais c'était ça le défaut que j'avais.
06:31Et c'est un défaut énorme.
06:32Parce qu'une fois qu'on a franchi des premiers pas,
06:36il faut absolument lécher les bottes de tout le monde pour arriver.
06:39Et ce n'est pas mon tempérament.
06:41Ce qui fait que, bien qu'ayant été 19 ans député,
06:47normalement, le RPR aurait dû me soutenir largement dans d'autres élections.
06:51Ils ne m'ont jamais soutenu.
06:53Et moi, je peux vous dire, par exemple, en 1993, j'avais une âme chrismée contre moi.
06:57Juppé est venu, il a soutenu les deux autres candidats députés,
07:02qui étaient en l'espèce jacquette et gros dédiés.
07:04Il n'est même pas venu me...
07:06Il ne m'a même pas écrit pour me dire qu'il venait à Metz.
07:08Vous voyez ?
07:09Et c'est la raison pour laquelle, disons,
07:12je n'ai pas fait la carrière que j'aurais pu faire.
07:14Et aujourd'hui, est-ce que vous vous positionnez quelque part ?
07:18Est-ce qu'il y a un des partis politiques qui existe aujourd'hui,
07:21qui a votre soutien ?
07:23Je sais que vous avez soutenu Nicolas Dupont-Léunion pendant présidentielle,
07:26après Marine Le Pen en 2022.
07:32Écoutez, disons, depuis 1992, si vous lisez mon livre, vous comprendrez pourquoi,
07:38depuis 1992, je n'ai plus jamais voté RPR,
07:41sauf quand c'était pour moi ou pour Mme Zimmermann.
07:45Donc, j'avais une dent très forte de mon côté contre eux.
07:51Bon, actuellement, je crois que le RN représente un certain nombre de choses.
07:58Je dirais, le RN représente actuellement un peu ce que le RPR était dans les années 75.
08:06Vous voyez, quand j'ai adhéré...
08:08Moi, je me suis d'abord fait élire, j'ai adhéré au parti après.
08:11Il y a beaucoup de gens qui font l'inverse, qui vont dans les partis pour être élus,
08:14et qui, je dirais, après, essayent d'être élus en profitant de l'étiquette.
08:21Moi, c'est l'inverse que j'ai fait.
08:22Et à l'époque, je dirais, ça correspondait vraiment à mes idées.
08:26Et il y a eu une dérive vers la gauche, les bien-pensants, etc.
08:32Bon, j'avais des amis au RPR.
08:34J'avais Bernard Ponce, qui était le président du groupe, qui m'a beaucoup soutenu.
08:37J'avais Charles Passois.
08:39Vous voyez à peu près où je me situais.
08:43Et ces gens ont disparu.
08:44Bon, actuellement, c'est un ramassis d'opportunistes, de gens qui se mangent le nez entre eux.
08:50Ça ne m'intéresse pas.
08:52Vous avez participé aussi un petit peu à la campagne au municipal à Metz.
08:59J'avais rencontré le candidat RN, qui m'avait dit que vous étiez de précieux conseil.
09:03Vous l'avez conseillé ?
09:04Non, il est très gentil.
09:05Moi, je lui avais dit, si tu as besoin de moi, parce que j'avais, vous voyez, quand j'ai
09:10écrit mon livre,
09:10je n'avais pas l'intention d'être de nouveau candidat à quelque chose.
09:13Je lui ai dit, si tu as besoin de moi, je viens.
09:18Bon, et puis, il m'a dit, bon, il ne savait pas trop.
09:23Après, il m'a dit, tiens, j'en ai trouvé deux qui étaient bien.
09:26Bon, j'en ai deux qui étaient bien.
09:28Bon, je n'allais pas mettre dixième.
09:29On était 22 ans sénateur et 19 ans et demi député.
09:33Je n'allais pas mettre dixième derrière des gens qui arrivaient comme ça.
09:36Donc, je lui ai dit, ce n'est pas grave.
09:37Moi, je voterai pour toi, mais point.
09:41Vous auriez bien voulu être sur la liste ?
09:43Non, non.
09:43Non, c'était, s'il avait pensé que je pouvais être utile, je l'aurais fait.
09:47Mais, bon, utile pour être dixième ou quinzième sur une liste, bon, il faut savoir ce qu'on veut de
09:54la vie.
09:54Alors, justement, pour revenir sur ces élections, à très nombreuses reprises pendant la campagne,
09:59et même en dehors, le maire actuel qui a été réélu, François Grodidier, vous a attaqué en disant que vous
10:04cherchiez constamment à le nuire depuis 25 ans.
10:07Pourquoi ? Comment ça a débuté cette animosité entre vous deux ?
10:11Ah, ben, écoutez, si vous lisez mon livre, vous le verrez, c'est des choses qui sont vraies.
10:18Bon, moi, je l'ai beaucoup aidé, parce que lui, il ne s'est pas fait élire et puis ensuite
10:24adhérer à un parti politique.
10:26Lui, il a, comme beaucoup de jeunes qui se mettent dans la vie politique pour eux,
10:31ils se mettent dans la vie politique pour profiter et être élu.
10:34Bon, moi, je l'avais, il était venu me voir en 1981, au lendemain de l'élection de Mitterrand,
10:42avec Thierry Gourlot, et ils sont venus me voir tous les deux en me disant,
10:49ben, nous, on était d'extrême droite, alors Gourlot était avec Le Pen,
10:53et Grodidier était encore plus à droite que Le Pen, puisqu'il appartenait au parti des Forces Nouvelles.
10:58Et eux, leur souci, c'est que je leur dis, ben, allez-vous en, je ne vous veux pas.
11:02Et moi, les étiquettes de parti, je n'ai jamais attaché une grande importance.
11:07Je leur ai dit, ce que je vous demande, c'est d'être loyal, vous venez avec moi, je vous
11:09prends, il n'y a aucun problème.
11:11Je l'ai fait adhérer, j'ai poussé Grodidier, à l'époque, il n'avait même pas le bac,
11:16donc il était au chômage, je l'ai embauché dans le syndicat mixte dont j'étais le président,
11:21et je l'ai obligé à suivre un peu de formation pour qu'il apprenne un minimum de choses.
11:28Donc, on peut dire que je l'avais beaucoup aidé, beaucoup poussé.
11:32Et en 86, le docteur Schwartz, il vincait du syndicat mixte du Nord-Métropole-Lorraine, dont j'étais le président.
11:44Lui, il était président du conseil géral, donc c'est lui qui distribuait les positions.
11:50Et à ce moment-là, Grodidier a estimé qu'il n'avait plus besoin de moi.
11:53Il était relativement en apparence, relativement correcte, mais je sentais bien que ça commençait à...
11:59Gérard qui se sentait pousser des ailes.
12:02Et en 89, donc je le prends sur ma liste comme troisième,
12:09et une fois que la liste était déposée en préfecture, on ne l'a plus revue.
12:14Et il allait faire la campagne à Thionville.
12:17Bon, quand vous êtes candidat à mai, si vous voulez faire la campagne à Thionville, on peut quand même se
12:20poser des questions.
12:24Et disons, manifestement, il n'était pas clair.
12:29Et le soir du premier tour, donc, bon, Jacques a été devant moi parce que le RPR ne m'avait
12:34pas du tout soutenu.
12:35Il avait laissé, le RPR avait laissé une dizaine de RPR se mettre sur la liste de Jacques A.
12:40Bon, ce qui était le meilleur moyen de me déstabiliser.
12:46Et, pas le soir des élections, le lendemain des élections, donc je vois Jacques A et Schwartz,
12:53parce que Schwartz était le président, le Schwartz président RPR du Conseil Général soutenait Dr. Jacques A.
12:58Alors, vous imaginez à quel point le RPR me soutenait.
13:04Et on arrive chez Jacques A, j'arrive avec Marie-Josie Merman, et ils nous disent,
13:10« Non, vous ne vous présentez rien, on ne veut pas fusionner, vous n'avez qu'à vous retirer. »
13:14Je dis, « C'est comme ça, moi je reste là. »
13:16Ils me disent, « Mais de toute manière, on en prend un, on prend trop d'idées. »
13:20Alors, vous voyez, quand vous négociez pour fusionner des listes éventuellement,
13:29sinon vous prenez la tête de liste, vous ne choisissez pas quelqu'un.
13:32Et c'est là, le lendemain, je revois Jacques A, « Mais c'est comme ça, moi je dépose ma
13:36liste, je te laisse un ultimatum. »
13:40Jacques A m'a dit, « Ben écoute, je te prends. »
13:45Et moi, je voulais prendre avec moi, donc Marie-Josie Merman, bien entendu,
13:50ça ne s'agissait pas aller s'il ne l'avait pas prise.
13:52Et puis, il me dit, « Ben que je t'en laisse un troisième. »
13:54Et moi, j'ai voulu mettre mon suppléant.
13:57Il m'a dit, « Non, non, nous on a déjà négocié avec Gros Didier pour que Gros Didier soit
14:04avec nous. »
14:05Et ils n'avaient pas percuté que de toute manière, ils ne pouvaient pas prendre Gros Didier comme ça,
14:09il fallait qu'il y ait ma signature.
14:11Il faut la signature de la tête de liste pour fusionner.
14:13Si on ne fusionne pas, il ne peut pas en prendre.
14:15Et donc, à partir de ce moment-là, Gros Didier avait ouvertement fait campagne contre moi
14:20et a essayé d'ailleurs d'avoir l'investiture du RPR contre moi aux élections suivantes.
14:26Il a essayé de naviguer comme ça.
14:29Donc, à partir de là, ça a été une guerre à mort.
14:32Vous lui en voulez ?
14:35Oui, parce qu'on peut être l'adversaire de quelqu'un, mais vous savez, ceci étant,
14:39la politique est faite de trahison.
14:41Il ne faut pas se faire d'illusions.
14:43Mais je dirais, j'ai été pour le moins très déçu.
14:49Et donc, c'est à partir de là que nos rapports...
14:53Et lui a estimé d'abord que si je n'étais plus là, lui serait député à ma place.
15:01Bon, comme disons, il ne voyait pas le moyen de m'évincer, il a été de l'autre côté de
15:07la Moselle.
15:08Et puis, après, il a essayé de me torpiller parce qu'il se disait, il ne faut pas que Masson
15:15puisse prendre la mairie.
15:16Et il a essayé de même de torpiller Marie-Josie Mermann, puisqu'il a fait campagne, lui étant à Voipy,
15:22il a fait campagne contre Marie-Josie Mermann à deux élections, en venant lui-même distribuer des tracts à Metz.
15:28Et il a fait ça, non pas pour avantager Dominique Gros, pour peindre l'élection de Dominique Gros,
15:34mais il a fait ça pour que ce soit Gros qui soit élu.
15:38Et que ça, enfin, la finalité, c'était que ce ne soit pas Marie-Josie Mermann ou moi qui puisse
15:43prendre la mairie,
15:43parce qu'ils se disaient, s'ils prennent la mairie, mon tour viendra dans 20 ans, quoi. Voilà.
15:50Beaucoup de journalistes, alors il y a des journalistes de bonne foi, des journalistes de mauvaise foi, ou partisans,
15:55mais beaucoup de journalistes ne connaissent pas, ne connaissent pas du tout l'origine du problème.
16:00C'est ça, l'origine du problème. Et je l'explique de manière très détaillée, avec des références.
16:07Mais c'est, je dirais, je ne fais plus d'illusions sur la politique.
16:11Vous savez, quand vous voyez les trahisons, les bagarres, prenez M. Ciotti et M. Estrosi, ça ressemble un peu, quoi.
16:19Je reviens justement sur ces municipales de 89, vous en avez parlé, il s'est passé quelque chose.
16:23Donc, le lendemain, quasiment du premier tour, c'était le 14 mars, au Club de la Presse,
16:29vous vous affichez avec, donc, le député à l'époque, UDF, Denis Jacquin.
16:34Vous annoncez votre fusion, c'était votre ennemi politique.
16:37Le matin même, encore, dans la presse, vous vous écharpiez, avec le recul.
16:42C'était pour battre Roche, évidemment, mais être avec le recul.
16:44Est-ce que c'est un regret d'avoir annoncé cette fusion à ce moment-là ?
16:47Non, pas du tout, parce que, de toute manière, il avait perdu.
16:53Et si je n'avais pas fusionné, Gros Didier aurait foncé au RPR à Paris,
16:59en disant que c'est à cause de Maçon que Roche est repassée.
17:03Et, je dirais, c'est quand même curieux, quand on voit que Gros Didier,
17:07pendant plusieurs années, a harcelé à Paris en disant,
17:12« Maçon, il fait le jeu de Roche, etc. »
17:15Bon, je ne suis jamais allé chez Roche.
17:18Ni avant, ni après, je ne suis allé chez Roche,
17:20alors que lui est allé ensuite lécher les pieds de Jean-Marie Roche.
17:24Enfin, bon, et c'est là où je vous dis que peut-être que je ne suis pas suffisamment opportuniste,
17:32alors que lui, il l'est particulièrement.
17:34Si on doit retenir une chose de ces 50 ans d'engagement de vie public et politique,
17:39une réalisation dont vous êtes fier, ce serait quoi ?
17:42Alors, j'en ai fait beaucoup, mais l'une dont je ne suis plus fier,
17:45c'est quand même, au niveau de l'importante réalisation,
17:48c'est la création du pôle industriel d'Enerie.
17:50Quand j'ai été élu conseiller général du canton de Vigie,
17:55le pôle d'Enerie était quelque chose dont on parlait depuis une dizaine d'années,
17:59mais virtuellement.
18:01On en parlait à chaque élection, on parlait du pôle d'Enerie à chaque élection,
18:04mais il ne se passait jamais rien.
18:06Il n'y avait pas un emploi ou une entreprise qui avait été installée.
18:11Et quand j'ai été élu conseiller général,
18:14je me suis arrangé pour qu'il y ait une première petite implantation
18:18qui était un centre de contrôle de camions.
18:20J'ai accentué la maîtrise foncière des terrains,
18:24ce qui a permis, quand l'usine SMAE,
18:29l'usine de moteur de Peugeot Citroën,
18:32voulait chercher une grande emprise territoriale dans la vallée de la Moselle,
18:38nous, on pouvait leur amener tout de suite le terrain.
18:42Ce qui fait qu'ils sont venus chez nous et pas ailleurs,
18:44alors qu'auparavant, c'était un vrai désert.
18:47Des communes comme Ennerie,
18:52Ailly, etc., c'est des petites communes.
18:54Aujourd'hui, je crois qu'à Ennerie, il y a 2000 habitants.
18:57Et le pôle industriel, en une quinzaine d'années,
19:02avait 7-8 000 salariés et 7-8 000 emplois,
19:05dont 6 000.
19:06L'usine SMAE Peugeot Citroën était montée jusqu'à 6 000 emplois.
19:11Bon, maintenant, avec les aléas de l'automobile,
19:15ils sont descendus bien, bien, bien, bien plus bas.
19:18Mais c'est, disons, la chose la plus importante que j'ai eue.
19:23Mais il y en a d'autres.
19:24J'ai beaucoup influencé au niveau de la création du TGV.
19:31Il y a eu une très grande bagarre sur le choix du tracé.
19:35Et même Julien Schwartz, le président du Conseil Gérald,
19:38qui, disons, comme je vous l'ai dit,
19:41n'était pas obligatoirement un de mes amis,
19:42sauf à la veille de sa mort, quoi.
19:44Après, on s'était un petit peu rabiboché.
19:47Mais il n'était vraiment pas parmi mes amis.
19:49Il m'avait confié le dossier au Conseil départemental.
19:53Et j'ai remonté, je dirais, la pente,
19:55puisque les Nancyens avaient, à un moment donné,
20:00obtenu que la ligne passe par Nancy.
20:01Ce qui aurait été extrêmement négatif pour Metz,
20:07parce que, je dirais, tous les flux,
20:12tout le rayonnement du TGV,
20:13ce n'est pas Metz qui l'aurait eu.
20:14Et là, c'est un rayonnement partagé.
20:17Moi, je n'ai pas du tout voulu marginaliser Nancy ou quoi,
20:20mais l'idéal, c'était de le faire passer au milieu des deux
20:23et que, disons, il y a un embranchement.
20:25Et d'ailleurs, mais ça, on ne le dit pas trop,
20:28il y a un petit boni pour Metz,
20:32puisqu'on passe au nord de Pont-à-Mousson.
20:33Et le tracé en TGV Paris-Metz,
20:36c'est un petit peu plus court que le tracé TGV Paris-Nancy.
20:40Mais ça, c'est des bricoles.
20:42Ça porte sur quelques kilomètres.
20:44Et donc, cinq minutes, cinq ou six minutes.
20:47Enfin, quand on descend à 1h20,
20:50cinq ou six minutes,
20:51on ne peut pas dire qu'il n'y a tout à fait rien du tout.
20:54Ce tracé et cette gare qui sont très souvent dans les débats,
20:56d'ailleurs, puisqu'on est toujours sur l'emplacement de la gare.
21:00Non, mais là, l'emplacement de la gare,
21:02non, elle est où elle est, ça serait de la folie.
21:04Entre les deux départements.
21:06Oui, mais là, elle a été mise entre les deux départements
21:09parce qu'elle est sur le reste du tracé,
21:12donc vers Strasbourg.
21:13Mais ça serait de la folie
21:15de vouloir refaire une deuxième gare à 3 kilomètres de là.
21:19Il faut être écologiste pour avoir des projets comme ça.
21:22Quel est votre avis aujourd'hui sur la politique mozélane ?
21:31Alors, le vrai problème,
21:33il n'y a pas de grande personnalité.
21:38Le drame de la Moselle,
21:40c'est qu'il n'y a pas de grande personnalité.
21:44Même à l'Assemblée nationale ?
21:47Non, mais après,
21:51disons, si demain, le RN gagne les élections,
21:54il y aura des personnalités.
21:55Mais pour être une personnalité,
21:57il faut, un,
22:00je dirais, avoir de la personnalité,
22:02et deux, être du côté du pouvoir.
22:04Pour l'instant,
22:06le RN n'est pas au pouvoir,
22:08donc on ne peut pas parler des élus RN,
22:11parce que quand vous êtes dans l'opposition,
22:12vous êtes dans l'opposition.
22:13Personnalité ou pas,
22:14vous ne pouvez pas faire grand-chose.
22:16Mais je dirais,
22:21il y a une certaine,
22:25je vais utiliser un terme gentil,
22:28une certaine immobilisme
22:31ou la vie au jour le jour.
22:33Ce n'est pas comme à l'époque de Mondon.
22:37Depuis Mondon,
22:38on n'a pas eu de grande personnalité.
22:40On a eu Mesmer.
22:41S'il y a eu Mesmer,
22:42parce qu'on a posé la question sur la Moselle,
22:45moi je vous répondais sur Messe.
22:46Bon, sur la Moselle,
22:47on a quand même eu Mesmer.
22:49Je dirais qu'il y a eu trois personnes
22:52qui ont vraiment de la personnalité,
22:54qui ont fait des choses.
22:57C'est Paroche, Mondon,
23:01Mesmer et Bouche sur le bassin rouillé.
23:03Mais Bouche n'a pas réussi suffisamment
23:06au niveau national
23:07pour donner toute la mesure
23:09de ce qu'il aurait pu donner.
23:10Mais je pense que Bouche est quelqu'un
23:12qui a fait beaucoup de choses aussi.
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