Qu’est-ce qui relève des prétoires et qu’est-ce qui relève du débat public ? Où en est-on de ces questions de liberté d’expression ? Ou de laïcité ?
Pour répondre à ces questions, Richard Malka, avocat, essayiste et grand défenseur de la liberté d’expression et de la laïcité est l'invité des Grands Entretiens d'Anne Rosencher.
00:00 : Introduction
01:46 : Vivre sous protection policière pour défendre Charlie Hebdo, c'est comment ?
05:10 : La liberté d'expression en France en 2026
06:54 : La liberté d'expression dans le discours officiel et la gauche
08:28 : L'avocat doit-il se poser des limites ? Le cas de Samuel Paty
12:33 : Les anciens procès que Richard Malka ne plaiderait plus
13:22 : Raphaël Enthoven et LFI : un procès qui n'aurait pas dû se jouer dans les tribunaux
14:41 : La France insoumise n'accepte pas la critique
15:00 : Au procès LFI, pourquoi avoir évité le sujet du conflit au Moyen-Orient ?
17:48 : Jean-Luc Mélenchon et ses propos sur le terroriste Mohammed Merah
18:56 : Quand est-ce que Jean-Luc Mélenchon a basculé ?
19:55 : Radio Nova peut-il se réclamer de Charlie ?
22:31 : La loi Yadan est-elle nécessaire ?
25:02 : Le cas des lois mémorielles
26:53 : L'avenir de la liberté d'expression et la critique de la religion
28:12 : C'est quoi le faux respect ?
29:42 : Est-on dans une bascule culturelle à l'image du communautarisme anglo-saxon ?
31:25 : Un retour sur la loi sur les signes religieux dans les écoles publiques françaises
33:11 : "Défendre le port du voile, c'est dingue"
34:55 : Réseaux sociaux et liberté d'expression
39:06 : Qui mettre sur le billet de 20 euros ?
40:21 : Outro
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14:41 : La France insoumise n'accepte pas la critique
15:00 : Au procès LFI, pourquoi avoir évité le sujet du conflit au Moyen-Orient ?
17:48 : Jean-Luc Mélenchon et ses propos sur le terroriste Mohammed Merah
18:56 : Quand est-ce que Jean-Luc Mélenchon a basculé ?
19:55 : Radio Nova peut-il se réclamer de Charlie ?
22:31 : La loi Yadan est-elle nécessaire ?
25:02 : Le cas des lois mémorielles
26:53 : L'avenir de la liberté d'expression et la critique de la religion
28:12 : C'est quoi le faux respect ?
29:42 : Est-on dans une bascule culturelle à l'image du communautarisme anglo-saxon ?
31:25 : Un retour sur la loi sur les signes religieux dans les écoles publiques françaises
33:11 : "Défendre le port du voile, c'est dingue"
34:55 : Réseaux sociaux et liberté d'expression
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NewsTranscription
00:00C'est quand même fou que cette gauche-là soit devenue bigote.
00:04C'est dingue !
00:05J'aurais pu, à plusieurs moments, et je l'ai envisagé d'ailleurs,
00:09décider d'arrêter, de défendre Charlie, de défendre ces causes-là,
00:13de faire autre chose.
00:14C'est impossible.
00:17Je le dois à ceux qui ne sont plus là.
00:19Je suis contre la limitation de la liberté de parole
00:24des humoristes de Radio Nova,
00:28même si ça me dégoûte.
00:29Bonjour, bienvenue dans cette nouvelle édition des grands entretiens d'Anne Rosencher.
00:34Anne Rosencher, c'est moi.
00:35Et tous les 15 jours, j'interroge pour vous une personne pertinente
00:39sur un sujet en particulier.
00:41On ne respecte pas des idées, on respecte des personnes.
00:45Aujourd'hui, je reçois Richard Malka, avocat, essayiste,
00:50grand défenseur de la liberté d'expression et de la laïcité.
00:53Certains des procès dans lesquels il a bataillé
00:56constituent des jalons du débat public.
00:58On pense bien entendu au procès des caricatures de Charlie Hebdo en 2007,
01:03dans lequel il défendait l'hebdomadaire satirique,
01:06ou plus récemment à sa défense gagnante de l'essayiste Raphaël Entoven,
01:11attaqué par LFI pour avoir dit du mouvement insoumis
01:15qu'il était passionnément antisémite.
01:18Que ne ferait-il pas s'ils étaient au pouvoir en matière de liberté d'expression ?
01:22Parce qu'ils n'acceptent pas la critique.
01:24Alors, qu'est-ce qui relève des prétoires ?
01:26Et qu'est-ce qui relève du débat public ?
01:28Où en est-on de ces questions de liberté d'expression ou de laïcité ?
01:33L'avocat Richard Malka est avec nous, avec vous,
01:37dans la rédaction de l'Express.
01:39Installez-vous, ça commence.
01:46Richard Malka, bonjour.
01:48Bonjour.
01:48Alors, ça fait un certain nombre d'années maintenant que je vous interview.
01:52Voilà, ça fait un certain nombre d'années.
01:53Et à chaque fois, je vous vois arriver avec une protection policière.
01:59Et malgré l'habitude, si j'ose dire, à chaque fois...
02:03On s'est connus avant.
02:04On s'est connus avant, c'est vrai.
02:06C'est dire si on se connaît depuis longtemps.
02:07Depuis longtemps, absolument.
02:09Néanmoins, depuis lors, à chaque fois, je ne m'y habitue pas.
02:12Ça me saisit.
02:13Et je me dis que quand on a 23 ou 24 ans, comme vous aviez à l'époque,
02:18et qu'on décide de choisir d'être avocat dans la liberté de la presse
02:23et la liberté d'expression,
02:26on n'imagine pas qu'un jour, on va vivre avec cette peur
02:29et cette protection policière.
02:31Est-ce qu'on s'y fait ?
02:32Et qu'est-ce que ça dit ?
02:33Est-ce que vous symbolisez ?
02:34Est-ce que ça symbolise quelque chose de l'époque qui a tourné comme ça ?
02:38Alors, effectivement, ça fait 11 ans, bientôt 12.
02:43C'est vertigineux de prononcer ces chiffres-là.
02:48Mais non, je vous arrête, je ne vis pas avec la peur.
02:52D'accord.
02:54Si je laissais la peur passer, en fait, j'aurais arrêté depuis longtemps.
02:58On ne peut pas.
03:00On arrête si on a peur.
03:01On fait autre chose et c'est tout à fait légitime et estimable.
03:05Il se trouve que je n'ai pas de mérite à ça.
03:08Ça ne passe pas par mon cerveau.
03:10Je pense que j'ai décidé de bloquer psychologiquement parce que c'est la seule manière de continuer, de poursuivre,
03:17de continuer à porter les combats que je porte.
03:20Donc, non, il n'y a pas de question de peur.
03:24Il y a effectivement une protection policière.
03:27Non, je n'imaginais pas, en devenant l'avocat de Charlie Hebdo, c'est complètement lunaire.
03:34Quand vous devenez avocat à 23 ans, d'une bande de joyeux de riz, de Kavana, de GB, ça n
03:44'a pas de sens, en fait, ce qui est arrivé par la suite.
03:47Mais c'est comme ça.
03:48Vous ne prévoyez pas ce qui vous arrive dans la vie et puis le destin s'en charge et vous
03:54faites des choix.
03:55Effectivement, j'aurais pu, à plusieurs moments, et je l'ai envisagé d'ailleurs, décider d'arrêter de défendre Charlie,
04:02de défendre ces causes-là, de faire autre chose.
04:05Je ne l'ai pas fait parce que ce serait renoncer à ce que je suis.
04:11Et puis ce serait...
04:14C'est impossible.
04:16Je le dois à ceux qui ne sont plus là, à ceux qui ont été tués.
04:22Et ce n'est pas très grave, en fait.
04:26Ça limite votre liberté.
04:28Il y a plein de contraintes.
04:29Mais il y a pire dans la vie aussi.
04:31Donc, voilà.
04:34J'ai décidé d'y accorder le moins de temps psychologique, d'énergie psychologique.
04:45C'est parfois pas évident parce qu'en fait, ça vous isole, quoi que vous fassiez.
04:51Outre que c'est un abandon de liberté, alors que je ne mets pas pour la liberté, ce qui est
04:57un peu paradoxal.
04:59Ça met une barrière.
05:01Quoi que vous fassiez, même si vous décidez que ça existe le moins possible, ça vous isole davantage encore.
05:09D'accord.
05:10Alors, justement, vous parliez de quand vous avez commencé à défendre Charlie.
05:15Et il y a eu ce procès emblématique pour lequel le grand public vous a connu.
05:20En 2007, le procès dit des caricatures de Charlie Hebdo.
05:23Vous y défendiez le journal satirique contre des associations musulmanes qu'il avait attaqué pour avoir publié des caricatures du
05:33prophète.
05:35La mosquée de Paris.
05:36Oui, la mosquée de Paris, notamment, absolument.
05:39Et depuis, bien sûr, il y a eu les attentats de 2015.
05:43Il y a eu la décapitation de Samuel Paty.
05:46Tout ça, vous l'avez vu, vous l'avez vécu, hélas, au plus près.
05:49Où est-ce qu'on en est aujourd'hui de ces questions de liberté d'expression et d'injonction ?
05:54Et un combat qui est en cours et qui est dur.
05:58Il n'y a pas beaucoup d'exemples.
06:01Vous ne pourriez pas me citer des livres, des pièces de théâtre, des films qui contestent une vision religieuse de
06:12la société,
06:12en particulier s'agissant de l'islam.
06:15Il n'y en a pas.
06:15Donc, en fait, le combat...
06:17Et à part Charlie, il n'y a pas beaucoup de caricatures non plus.
06:22Donc, judiciairement, on a gagné ce combat.
06:24Ce combat contre, pour l'émancipation des hommes, face aux religions, serait-ce l'islam ?
06:31Ce que vous aurez rappelé à la gauche, parfois.
06:33Que toutes les religions sont liberticides, en fait.
06:38Islam compris.
06:39Et que quand on est du côté des religions, dans leur version dogmatique et prosélyte, on n'est pas du
06:45côté des hommes.
06:46Et donc, on n'est pas de gauche.
06:47D'accord.
06:48Mais ce combat-là, on l'a gagné judiciairement.
06:52Dans le discours officiel aussi un peu, en tout cas, la plupart ?
06:55Il y a eu un réveil de l'opinion, en tout cas que moi, j'ai senti.
07:01Ça a commencé à déraper au début des années 2000.
07:06Et puis, il y a eu 2007, le procès des caricatures.
07:09Bon, on le gagne.
07:11On est quand même encore soutenu par une partie de la gauche, mais on sent bien que ça commence à
07:16devenir compliqué.
07:17Beaucoup plus compliqué que quand on s'en prenait à la religion chrétienne, ou aux autres, ou à la religion
07:22juive.
07:24Et puis, 2015, là, on se dit, il va y avoir une réaction.
07:28Moi, je ne me suis jamais dit ça.
07:30Vraiment, jamais.
07:31Je savais que ce serait pire.
07:33Et ça a été pire.
07:34D'accord.
07:34Jusqu'en 2020, au moment du procès, Charlie, juste des attentats de Charlie, où là, j'ai senti un réveil.
07:40Là, j'ai senti que ça suffisait pour l'opinion publique.
07:44Et puis, pendant le procès, il y a trois attentats.
07:48L'attentat à la feuille de bouchée, évidemment Samuel Paty, et l'attentat de la basilique de Nice.
07:54Et là, il y a un ras-le-bol.
07:55Et là, il y a un réveil.
07:56Et là, il y a quand même un peu une libération de la parole sur cette idée très française, très
08:06révolutionnaire, très voltairienne du combat contre le fanatisme, contre l'intégrisme.
08:15Mais ça reste un combat.
08:17Et je pense que ce combat-là, il se situe, on le gagnera ou on le perdra à gauche.
08:22D'accord.
08:23On va y revenir plus.
08:24Et en particulier dans les domaines culturels et dans les médias.
08:28On va y revenir tout à l'heure.
08:30Alors, justement, vous venez de l'évoquer le 16 octobre 2020.
08:33Samuel Paty était décapité pour son cours sur la liberté d'expression par un terroriste islamiste.
08:40Et cet hiver a eu lieu le procès en appel de ses complices.
08:45Un procès qui a été marqué par la stratégie de défense d'un des avocats de la défense, Maître Villemin,
08:52qui a beaucoup chargé Samuel Paty, qui l'a accusé d'avoir été offensant.
08:57Bon, ça, on avait l'habitude envers les élèves musulmans, mais aussi de les avoir discriminés, ce qui est faux,
09:02puisqu'il avait proposé à tous les élèves éventuellement susceptibles qui pensaient pouvoir être choqués de sortir de son cours.
09:09Et il a même dit, s'il n'avait pas montré ces caricatures offensantes, alors nous ne serions pas là
09:15aujourd'hui.
09:16Façon de dire qu'en fait, Samuel Paty était coupable de sa propre mort.
09:20Transformer les bourgs en victimes et les victimes en bourgs.
09:22Ça pose cette question-là de la responsabilité des grands procès dans ce qu'ils influent ou pas dans la
09:29société, dans la politique.
09:31Quand on est avocat, est-ce qu'on se pose ce genre de questions ? Est-ce qu'on se
09:34pose des limites, finalement, à ce qu'on va plaider parce qu'on se dit qu'il y aura des
09:40effets dans la société ?
09:41Alors, ne comptez pas sur moi, évidemment.
09:44Pour limiter les droits de la défense et des avocats de la défense.
09:49Et en particulier la liberté d'expression de l'avocat quand ils plaident.
09:52Bien entendu.
09:52Et je rappelle que nous sommes à peu près les seuls à bénéficier d'une immunité.
09:58Dans ce que nous disons dans une salle d'audience, c'est couvert par une immunité légale.
10:03Absolument. Il faut le rappeler parce que les gens ne sont pas forcément en courant.
10:06Il y a là et pour les politiques au sein des deux assemblées.
10:12Là, on a une immunité.
10:13Donc, c'est bien normal qu'on en...
10:15S'il y a une immunité, c'est parce que c'est important.
10:17Ce n'est pas pour nous protéger, nous.
10:19C'est parce que la fonction de défendre un client, elle doit pouvoir s'exercer librement.
10:24Quel que soit le procès.
10:26Et je dois dire que j'ai été assez peiné d'une tribune, pour moi, complètement suicidaire.
10:34Qui a été publiée dans le journal Le Monde sur un autre procès, dans un autre domaine.
10:39Où des avocats réclamaient la limitation de la parole des avocats.
10:42D'accord.
10:43Complètement dingue.
10:44D'accord. Bien sûr, le droit et cette immunité.
10:46Mon confère Villemin a plaidé exactement ce qu'il voulait.
10:49Et ce n'est pas moi qui contesterai cette liberté-là.
10:55Après, on plaide, si possible, dans l'intérêt de son client.
11:00Et pas dans son intérêt propre ou dans l'intérêt de sa propre publicité.
11:04Je ne suis pas sûr qu'en l'occurrence, il était de l'intérêt...
11:08En tout cas, moi, je ne l'aurais pas joué comme ça.
11:10Vous ne l'auriez pas joué comme ça.
11:11De son client, d'avoir cette ligne de défense-là.
11:14Alors, la question que vous posez, qui est encore une autre question, c'est celle de la responsabilité de l
11:21'avocat dans la société.
11:23Oui, dans la société.
11:24Et des grands procès.
11:25La responsabilité de l'avocat, elle est d'abord vis-à-vis de son client.
11:28D'accord.
11:34Alors, dans ces procès-là, effectivement, moi, dans les procès de presse, là, on plaide pour l'opinion publique.
11:40On plaide... C'est des faits de société. C'est des débats de société.
11:43D'accord.
11:43C'est pas... Il n'y a pas d'enjeu.
11:45Parce que quand je défends Raphaël Antoven, il risque un euro, en gros.
11:49Ou quand je défends un journaliste, il ne risque vraiment pas grand-chose.
11:53Là, on est sur des débats de société.
11:57C'est du symbole.
12:03Notre responsabilité, c'est de défendre au mieux les clients qui ont décidé de nous faire confiance.
12:08Bien sûr.
12:08Ce qui, parfois, vous amène à abandonner une défense.
12:14Parce que vous n'êtes pas en accord avec votre client sur son intérêt.
12:19Et que vous ne voulez pas plaider quelque chose que vous considérez être défavorable et négatif pour lui.
12:29Pour moi, en tout cas, c'est l'alpha et l'oméga de ma profession.
12:32Et aujourd'hui, j'imagine que vous ne plaideriez pas tout.
12:37Vous venez de dire, en plus, que vous pensez à l'effet.
12:41Je crois que je vous ai même entendu dire dans une émission sur France Culture qu'il y a des
12:45choses que vous aviez piedsées il y a longtemps, que vous ne plaideriez plus aujourd'hui.
12:49Oui, mais ça, c'est autre chose.
12:51C'est que quand on est jeune, on y va.
12:54Avec l'audace des débutants.
12:57Et pour Charlie Hebdo, c'était très utile.
12:59Aujourd'hui, le niveau, d'ailleurs, quand on reprend les dessins de l'époque et d'aujourd'hui, c'était
13:08beaucoup plus hard.
13:11Mais je ne me rendais pas compte.
13:12Donc, j'y allais, la fleur au fusil.
13:14Aujourd'hui, j'enverrais ma collaboratrice plus jeune que moi.
13:18Comme vous envoyez à l'époque.
13:22D'accord, alors vous venez juste d'y faire mention, en septembre dernier, vous avez plaidé en défense de l
13:27'essayiste Raphaël Enthoven, auquel la France Insoumise intentait un procès pour injure publique.
13:36L'objet du litige, c'était un tweet qu'il avait fait, où il traitait notamment la France Insoumise de
13:42mouvements passionnément antisémites.
13:45Alors, j'ai assisté à cette audience, j'ai assisté aux témoins que vous avez cités, etc.
13:50Et à plusieurs reprises, vous avez dit, vous avez précisé, voilà qu'il ne devrait pas relever des tribunaux.
13:58Qu'est-ce que vous vouliez dire par là ?
14:00C'était le débat public, normalement, ça ?
14:02Bien sûr, c'est un mouvement politique, c'est un parti politique, c'est pas une personne physique qui a
14:07été injuriée, diffamée.
14:09Non, c'est un parti politique.
14:10S'il y a un organe, une personne morale qui doit accepter la critique de son programme, de son idéologie,
14:19de ce qu'elle est, même vive, même polémique, même excessive,
14:23c'est évidemment un parti politique, sinon on n'est plus en démocratie.
14:25Et tous les autres partis politiques le font.
14:29Des critiques très violentes sur le parti communiste, il y en a.
14:32Sur le macronisme, alors là, il y en a vraiment beaucoup, beaucoup.
14:36Sur l'extrême droite, sur l'extrême gauche, enfin tous, tous l'acceptent, sauf ce parti-là.
14:40Donc pour vous, c'est quand même un révélateur, le fait que...
14:42Ah, pour moi, ça dit quelque chose de très inquiétant.
14:45Cela dit, ils ne sont pas venus.
14:47Que ne ferait-il pas s'ils étaient au pouvoir en matière de liberté d'expression ?
14:50Parce qu'ils n'acceptent pas la critique.
14:52Et ils ne viennent pas.
14:54Et ils ne font pas affaire.
14:56Personne n'est venu au procès de la France insoumise.
15:00Dans votre plaidoirie...
15:02Alors, juste précisons peut-être pour ceux qui nous regardent que vous avez gagné ce procès.
15:06Merci de préciser.
15:07Voilà.
15:08Et dans cette plaidoirie qui a été publiée ensuite chez Grasset,
15:12vous insistiez, et là on va parler peut-être plus du fond,
15:15sur le fait que vous teniez éloigné tout le débat autour de la guerre du Moyen-Orient.
15:21Voilà, vous traitiez de la question de savoir si on pouvait dire que la France insoumise était passionnément antisémite,
15:28en disant, je ne ferai pas rentrer, je vais me concentrer sur des clichés culturels vieux,
15:35sur des débats nationaux, sur des événements nationaux qui ont eu lieu,
15:39et vous teniez éloigné toutes les polémiques ou les débats qu'il peut y avoir autour du conflit au Moyen
15:43-Orient.
15:44Pourquoi était-il important pour vous de préciser cela et de faire cette stratégie de défense-là ?
15:49Pour fermer toutes les portes.
15:51Je m'intéresse, là, dans ce procès, à l'antisémitisme.
15:55Pas aux avis des uns et des autres sur la question israélo-palestinienne.
15:59Ça n'a rien à voir.
16:01Les Juifs de France ne sont pas responsables de ce qui se passe en Israël.
16:05Et il y a des Juifs qui pensent que ce que fait Benjamin Netanyahou est très bien,
16:11d'autres qui le prennent pour le diable, d'autres qui sont entre les deux.
16:14Il y a autant d'avis que de Juifs, comme dans toute religion, peut-être plus encore dans celle-ci.
16:21Donc, mon sujet n'était pas celui-là.
16:22Mon sujet, c'était précisément l'amalgame qui était fait entre ce qui se passe à 4000 ou 5000 kilomètres
16:29et la situation des Juifs de France, des étudiants juifs, qui est difficile,
16:33qui sont renvoyés à des stéréotypes antisémites, qui sont mis de côté.
16:37Les insultes, les croix gammées qu'on retrouve, les stigmatisations, les exclusions, les tabassages aussi.
16:51Et ça, et le fait que l'on défenestre des vieilles dames,
16:56ou qu'on tue des Juifs quand ils vont faire leurs courses.
16:59Ça n'a rien à voir avec Israël, tout ça.
17:00Ou le fait qu'on dise que les Juifs sont responsables de la mort du Christ,
17:04ça n'a rien à voir avec le conflit israélo-palestinien.
17:07Ou les caricatures du Troisième Reich, de Cyril Hanouna, ça n'a rien à voir avec le conflit.
17:12Donc, je ne voulais pas leur fournir les excuses de dire
17:15« Ah, mais c'est parce qu'il est sioniste ».
17:18Et donc, non, je suis sur le sujet français,
17:22sur l'explosion de l'antisémitisme à l'extrême gauche,
17:26qui est documenté, maintenant, par je ne sais combien d'études,
17:31qui a dépassé, en termes d'adhésion à des préjugés,
17:36l'antisémitisme des électeurs du Rassemblement national.
17:40C'est complètement fou.
17:42Et donc, je suis là-dessus.
17:43C'est ça, mon sujet.
17:44Ce n'est pas la géopolitique.
17:46Et dans les témoins que vous avez cités pour la Défense,
17:51il y avait l'historien Paul Salmona qui a dit
17:53que s'il y avait un moment qu'il avait finalement décidé à venir témoigner,
18:00il a dit que c'est ce qu'avait déclaré Jean-Luc Mélenchon
18:03sur le terroriste Mohamed Merah,
18:08en disant qu'en fait, ça avait été monté en épingle
18:11pour stigmatiser les Français musulmans.
18:14Moi, vraiment, j'aimerais,
18:16c'est pour ça que j'ai écrit ce livre-là,
18:17enfin, que j'ai publié cette plaidoirie,
18:19j'aimerais que tous les jeunes
18:22qui ont l'intention de voter Jean-Luc Mélenchon,
18:27qu'ils le fassent, je n'ai pas de conseil à donner,
18:29mais qu'ils le fassent en connaissance de cause,
18:31en étant informés, en étant éclairés,
18:34en n'étant pas aveuglés,
18:35en n'étant pas comme dans une secte,
18:37et qu'ils aillent voir ce que Jean-Luc Mélenchon
18:40a déclaré de Mohamed Merah,
18:43qui a exécuté à bout portant
18:46un petit garçon de 3 ans
18:47et une petite fille de 8 ans,
18:49qu'ils aillent lire cela.
18:52Ces déclarations sur France Inter,
18:54c'est très facile à trouver.
18:56Si vous deviez dater le moment où vous êtes dit
18:59« Ok, LFI a basculé. »
19:02Jean-Luc Mélenchon, peut-être même avant LFI a basculé,
19:06« LFI, c'est Jean-Luc Mélenchon. »
19:08Et quand est-ce que vous l'êtes dit ?
19:09Qu'est-ce qui vous a...
19:11Quel est pour vous l'événement ?
19:15Est-ce que vous sauriez le...
19:16Ah ben là, effectivement,
19:19sa déclaration sur Mohamed Merah,
19:21il n'y a plus de doute possible.
19:22D'accord.
19:23Et sur son conspirationnisme,
19:25et sur une sorte de folie, en fait.
19:27C'est une déclaration quasi d'une personne dérangée
19:32à ce niveau de complotisme-là.
19:34Puisque ce qu'il dit, c'est...
19:36En gros, tout ça est un prétexte.
19:39C'était pour montrer du doigt des musulmans.
19:41Et c'est un coup des macronistes.
19:43Enfin, c'est complètement dingue.
19:45Donc là, il n'y a plus de doute possible.
19:48Mais enfin, ça faisait déjà longtemps
19:50que les dérapages s'accumulaient.
19:54Et alors, récemment,
19:56il y a eu plusieurs polémiques,
19:57non pas autour du parti LFI,
20:00mais autour, par exemple, de Radio Nova,
20:04donc la chaîne qui appartient à Mathieu Pégas,
20:07dont les audiences...
20:09Banquiers, absolument.
20:11Dont les audiences, il faut le dire...
20:12Qui seraient présidents de la République.
20:14Allez-y, faites toute la bio.
20:16Non, non, mais je peux...
20:16Allez-y.
20:19Et dont les audiences augmentent,
20:21il faut le dire,
20:22depuis qu'elle a recruté des humoristes
20:27vraiment marqués, pour le coup,
20:28la gauche LFI,
20:29qui s'en revendiquent, d'ailleurs.
20:30C'est pas la question.
20:31Et ces polémiques,
20:32donc notamment un sketch mêlant
20:34Yaël Brunpivé,
20:35la présidente de l'Assemblée nationale,
20:37avec Israël, le Mossad, Epstein.
20:40Un autre souhaitant la mort de Sofia Ramad,
20:44comme Sofia Ram et l'humoriste
20:45qu'on retrouve notamment sur France Inter
20:47et leur cible quasi...
20:49Leur bouc émissaire,
20:50leur cible préférée.
20:52Ce qui est marquant,
20:54c'est qu'à chaque fois qu'ils sont attaqués,
20:55ou presque,
20:56ils répondent,
20:57eh bien alors,
20:58c'est pas ça être Charlie,
20:59il faut défendre tous les humours
21:02offensants d'où qu'ils viennent.
21:03Qu'est-ce que ça vous inspire ?
21:06Alors, ça m'inspire du dégoût
21:08que ces gens-là se réclament de Charlie,
21:10qu'en fait,
21:11ils détestent.
21:12Oui.
21:14Et ils aborrent.
21:15Tous ne s'en réclament pas,
21:16cela dit, certains...
21:18Il y en a ras-le-bol, en fait.
21:18Il y en a ras-le-bol de se réclamer de Charlie
21:20quand on fait ce type d'humour-là,
21:23qu'ils se démerdent à faire leur humour,
21:26qu'on les laisse faire leur humour.
21:28Effectivement,
21:29ce qui m'interroge plus,
21:30c'est la responsabilité de Mathieu Pigasse.
21:34Oui.
21:34Ça, ça m'interroge.
21:36Parce que...
21:37Lui, il a une responsabilité.
21:39Il finance sciemment quelque chose
21:41qui va avoir une influence sur la société.
21:44Toxique.
21:46Mais bon, c'est sa responsabilité.
21:48C'est ce qu'il fait.
21:51C'est sa conception.
21:54C'est triste.
21:56Oui.
22:00C'est une imposture, surtout.
22:03En termes d'humour,
22:04en termes de...
22:07Ça aurait dit,
22:08leurs audiences augmentent.
22:10Mais ça, vous savez,
22:11il y a toujours...
22:13Sur les réseaux sociaux,
22:15l'audience de Jordan Bardella
22:16est très importante.
22:18Très, très importante.
22:19Notamment sur TikTok.
22:20Non, non, mais c'est vrai.
22:21C'est le...
22:22Voilà, oui.
22:24On peut faire de l'audience
22:25avec des immondices.
22:26Mais je suis pour qu'ils aient le droit
22:28de continuer à proférer leurs immondices.
22:31Alors, justement,
22:32j'avais une question là-dessus.
22:33Parce que, en mars dernier,
22:34une proposition de loi,
22:36qu'on avait appelée
22:37la proposition de loi Yadant,
22:40elle entendait lutter
22:41contre les nouvelles formes
22:42de l'antisémitisme.
22:45bon, elle a été débattue
22:46à l'Assemblée, cette loi,
22:48et puis, finalement,
22:49retirée avant son examen.
22:51Mais, donc,
22:53elle crée un délit,
22:55on va dire,
22:55d'appel à la destruction
22:56d'un État.
22:58Elle élargissait
22:59tout ce qui était
23:00incitation au terrorisme,
23:02notamment incitation implicite.
23:05Est-ce que vous étiez pour ?
23:06Est-ce que vous étiez contre ?
23:07Est-ce qu'il faut une loi
23:09pour combattre
23:11les nouvelles formes
23:12d'antisémitisme ?
23:13Alors, j'essaie d'être cohérent
23:15dans ma vision
23:17de la liberté d'expression.
23:18Donc, je suis contre
23:19la limitation
23:20de la liberté de parole
23:21des avocats.
23:22Je suis contre
23:22la limitation
23:25de la liberté de parole
23:27des humoristes
23:29de Radio Nova,
23:30même si ça me dégoûte.
23:32Et je suis contre
23:33ces nouvelles lois
23:35qui ne résoudront rien.
23:37Qui peut penser
23:38qu'on va résoudre
23:39l'antisémitisme
23:41qui sévit
23:43en ajoutant
23:44des lois aux lois ?
23:44Il y en a déjà
23:46suffisamment.
23:47Et les magistrales,
23:48en tout cas ceux
23:49de la 17ème Chambre,
23:50les appliquent
23:50avec discernement.
23:51Et quand on emploie
23:53le terme sioniste
23:54pour dire juif,
23:55ce que faisait Alain Soral
23:56depuis,
23:57et Dieu donné,
23:57depuis très très très longtemps,
23:59ben, ils condamnent.
24:00Donc, en fait,
24:01je ne comprends pas
24:02l'intérêt de...
24:03Ce n'est pas comme ça
24:04qu'on va résoudre
24:06les problèmes.
24:07Parfois, ces lois
24:08ont, au contraire,
24:10des effets boomerang
24:12qui sont négatifs.
24:15Il y a aujourd'hui
24:17toutes les lois nécessaires
24:19pour combattre
24:20l'antisémitisme.
24:21Mais même,
24:22je veux dire,
24:23on a fait,
24:23et j'ai fait condamner
24:24avec beaucoup d'autres
24:25qui l'ont fait plus que moi,
24:27Alain Soral,
24:28Dieu donné,
24:28je ne sais pas
24:29combien de fois.
24:30Est-ce que ça a résolu
24:31la question
24:32de l'antisémitisme ?
24:34Est-ce que c'est un coup
24:35de condamnation
24:36qu'on résout le problème
24:37du racisme ?
24:38Non.
24:39Et ça donne l'illusion
24:40que l'on fait
24:42et ça donne bonne conscience
24:43parce qu'on fait
24:44du judiciaire.
24:45Ce n'est pas là
24:46que ça se joue.
24:47C'est avant.
24:48C'est dans le préventif.
24:49Ce n'est pas dans le curatif.
24:51Alors, je ne dis pas
24:51qu'il ne faut pas
24:52qu'il y ait ces lois,
24:53qu'il y ait ces poursuites,
24:55qu'il y ait ces condamnations,
24:55mais qu'on n'ait pas
24:56l'illusion
24:57de résoudre les problèmes
24:58parce qu'en fait,
24:58on ne les résout pas.
24:59Est-ce qu'à l'instar
25:01d'ailleurs de Robert Bannenter,
25:02que vous avez
25:03beaucoup connu
25:05et admiré,
25:06vous étiez par exemple
25:07pour ces mêmes raisons
25:08contre les lois
25:10dites mémorielles,
25:11c'est-à-dire
25:11qui condamnaient
25:12notamment le déni
25:14de la Shoah, etc.
25:15Ou est-ce que c'est
25:16un autre cas pour vous ?
25:17Robert Bannenter,
25:18je ne sais pas.
25:19S'il était opposé,
25:20mais pour des raisons
25:20vraiment purement
25:21comme vous les exposez.
25:23Simone Veil s'il était opposé.
25:24Oui, Simone Veil.
25:26Mais ça pose problème.
25:28Dans un monde idéal,
25:30il n'y aurait pas
25:31ces lois-là
25:31parce que c'est le travail
25:32des historiens
25:32parce que personne,
25:34aucun dingue
25:34ne remettrait en cause
25:35l'existence de la Shoah.
25:39L'idée,
25:40c'était qu'on ne pouvait
25:41pas accepter,
25:43et ça,
25:43je le comprends
25:44et j'y adhère,
25:45on ne pouvait pas accepter
25:46que des rescapés,
25:48que des survivants
25:49de cette horreur
25:52absolue
25:53soient confrontés
25:54à des discours
25:54nions ce qu'ils avaient vécu.
25:56Ça, c'était insupportable.
25:58Et là,
25:58il y a un impératif
25:59de paix publique.
26:00L'idée,
26:00c'était que ça ne devait pas
26:02durer pour l'éternité,
26:03qu'à un moment,
26:05les historiens devraient prendre
26:06parce que sinon,
26:07ça veut dire qu'on a raté.
26:08Ça veut dire que c'est une faillite.
26:11Donc,
26:13je comprends l'utilité,
26:14la nécessité
26:15de ces lois-là.
26:19c'est la plus mauvaise solution,
26:21mais parfois,
26:21elle est nécessaire
26:22de faire des lois.
26:23Mais faire des lois
26:24en matière historique,
26:25c'est très dangereux.
26:26Et ça peut faire passer
26:29l'idée d'une vérité officielle
26:30et pourquoi une loi
26:31pour cela
26:32et pourquoi pas une loi
26:33pour les autres
26:33et on n'en sert jamais.
26:35Alors,
26:35ce n'est pas une loi
26:36pour les Juifs,
26:36pour le coup.
26:37Non, non, bien sûr.
26:38C'est plus large que ça.
26:39C'est toutes les victimes...
26:41Des génocides.
26:44voilà.
26:45Elles sont nécessaires
26:46pour assurer
26:47une cohérence de la société,
26:48mais là encore,
26:51ça ne résout rien, en fait.
26:53Et alors,
26:53justement,
26:54vous disiez
26:54que ces lois
26:55ne devaient pas rester
26:55parce qu'en fait,
26:56ça devait être réglé
26:59par d'abord
27:00la documentation,
27:01les historiens,
27:02le débat public
27:04qu'on imagine
27:04faire progresser.
27:04C'est-à-dire que la raison
27:05a perdu, en fait.
27:06C'est la question
27:07que je voulais vous poser
27:08maintenant.
27:08c'est comment vous voyez...
27:09Je vous ai demandé
27:10où on en était aujourd'hui,
27:11mais comment vous voyez...
27:13Je sais que parfois
27:13vous allez être dans des lycées,
27:14etc.
27:15Comment vous voyez
27:15l'avenir ?
27:17C'est-à-dire
27:17quand on sonde
27:19la jeunesse,
27:19etc.
27:20Est-ce que vous,
27:21vous y voyez plutôt
27:21matière à espérer
27:23ou plutôt matière
27:25à être inquiet ?
27:27Alors,
27:28en matière de critique
27:28de la religion,
27:30oui,
27:31il y a matière
27:32à s'inquiéter un peu.
27:33Il y a une espèce
27:34de faux respect,
27:36comme ils disent.
27:38des religions
27:38qui est dingue,
27:39qui pour un lecteur
27:43des philosophes
27:44des Lumières,
27:44en fait,
27:46est complètement dingue.
27:47C'est le terme de respect.
27:48Pendant des milliers
27:50d'années,
27:50on s'est battus
27:51pour gagner des droits
27:53face aux religions,
27:54pour enfin arriver
27:55à être libre,
27:56à vous habiller
27:57comme vous avez envie
27:58de vous habiller,
27:59à aimer
27:59qui vous avait envie
28:00d'aimer,
28:02du sexe différent,
28:03de votre sexe,
28:04à vous marier
28:04ou à ne pas vous marier,
28:05à faire des enfants,
28:06à ne pas faire des enfants
28:06quand vous voulez.
28:09Et puis,
28:10il faudrait revenir
28:10sur tout ça.
28:12Et c'est quoi ?
28:12Pourquoi vous dites
28:13de faux respect ?
28:14Parce que c'est vrai
28:14que c'est le terme
28:15qui revient,
28:15c'est le terme de respect.
28:18Qu'est-ce que vous voulez dire
28:19par faux respect ?
28:20Comment vous le démonter ?
28:21Parce que le respect,
28:22c'est de dire aux gens
28:22ce qu'on pense vraiment.
28:24Ce n'est pas d'être
28:25dans un respect
28:25un peu mafieux
28:27parce qu'on a peur,
28:28en fait.
28:28C'est ça qui se passe.
28:30On ne respecte pas
28:31des idées.
28:33On respecte des personnes.
28:34Et plus on respecte
28:35des croyances,
28:36moins on respecte
28:37les personnes.
28:38Et plus on veut tuer
28:39les personnes
28:39qui ne respectent pas
28:40ces croyances.
28:42Donc,
28:43c'est un respect
28:45complet,
28:45anti-liberté,
28:48en fait.
28:48Puisqu'on vous dit
28:50vous devez respecter
28:51cette croyance
28:52ou cette idéologie.
28:53Parce que ça peut marcher aussi.
28:55Le communisme,
28:56c'était pareil.
28:57Si vous ne le respectiez pas,
28:59vous étiez du mauvais côté.
29:00Non,
29:01critique
29:01et même
29:02de manière virulente.
29:04Tout ce qui relève
29:05de la croyance,
29:06des idées,
29:07ce qu'on respecte,
29:08c'est les personnes.
29:09Et c'est cette différence-là
29:10que je me tue
29:11à expliquer.
29:12et c'est très difficile
29:14de la faire passer.
29:16Mais on respecte
29:17les personnes.
29:18Les personnes
29:19à raison
29:20de leur religion,
29:21de leur sexualité,
29:22de leur genre,
29:23de leur...
29:24Tout ce que vous voulez.
29:24Mais on ne respecte pas
29:26ce à quoi ils croient.
29:27C'est de la folie.
29:28Et pour vous,
29:29c'est...
29:30Parce que ça,
29:31ça pousse à l'idolâtrie.
29:32Oui.
29:33Est-ce que c'est juste
29:34qu'en fait,
29:34c'est...
29:35C'est...
29:36Comment dire ?
29:37Il faut que jeunesse se fasse.
29:39Il y a de ça.
29:39Ou est-ce qu'il y a
29:41une bascule culturelle,
29:43on va dire,
29:43qu'on pense peut-être
29:44de plus en plus
29:44comme les anglo-saxons ?
29:45C'est très anglo-saxon
29:47comme façon de penser.
29:49Chacun fait comme il veut.
29:50Il faut surtout respecter,
29:51même si ça crée,
29:52finalement,
29:52des frontières intérieures
29:54entre les communautés.
29:55Ça, ça veut dire
29:55qu'on ne vit plus ensemble.
29:56Voilà.
29:57C'est ça.
29:58Est-ce qu'on est dans la...
29:59Est-ce qu'on est dans
30:00le modèle français
30:01qui met du temps
30:02à être intégré
30:04et processé
30:04par les générations
30:05ou est-ce qu'on est
30:07dans la bascule culturelle ?
30:11Alors, je pense effectivement
30:12qu'il y a un phénomène
30:13de jeunesse
30:14qui peut évoluer.
30:15Vous l'avez vous-même remarqué
30:16sur France Inter.
30:17Il me semble.
30:18Il y a des études
30:19qui montrent
30:19qu'on n'est pas très laïque
30:20quand on est jeune.
30:21Mais c'est normal.
30:21C'est conceptuel.
30:22C'est compliqué.
30:23Et on le devient
30:24un peu plus plus tard.
30:26Donc, il y a un phénomène
30:27comme ça.
30:28Et puis, il y a aussi,
30:30vous avez raison,
30:31une influence anglo-saxonne.
30:34Mais le modèle anglo-saxon,
30:37communautariste,
30:38c'est un modèle
30:38où on vit séparé.
30:40Communauté,
30:41on reste dans sa communauté,
30:42on se mélange
30:43beaucoup moins
30:44que dans notre modèle à nous
30:45qui ne s'arqueboute pas,
30:48qui n'est pas obsédé
30:48par ses différences,
30:50par les différences.
30:51On a le droit
30:51d'être différent
30:52de ses différences.
30:53On a le droit,
30:54pardonnez-moi,
30:55de dire merde
30:55à sa communauté d'origine,
30:57à sa religion d'origine,
30:58à sa cité d'origine,
31:02on a le droit.
31:03On fait ce qu'on veut.
31:05On est libre.
31:07À son genre d'origine,
31:08si vous avez envie,
31:09on est libre de tout ça.
31:11Et l'ennemi
31:12de cette liberté,
31:14ce sont toujours
31:15les religieux.
31:15Enfin,
31:16encore une fois,
31:18je n'ai rien contre
31:18les religions en tant que telles.
31:20Je parle des religions
31:21en tant qu'elles soient
31:22dogmatiques,
31:23aux élites.
31:24Oui, qu'elles aient
31:24un projet d'influence politique.
31:26Et vous venez de citer
31:28le droit d'être différent
31:28de sa différence
31:29qui était dans l'appel
31:31des intellectuels
31:33au moment de l'affaire
31:35des voiles de Craig
31:36en 1989.
31:37J'avais une bonne référence.
31:38Voilà, exactement.
31:41Justement,
31:42qui a fini par accoucher
31:43en 2004
31:45de la loi
31:46sur l'interdiction
31:47des signes ostentatoires
31:48religieux à l'école.
31:50C'est par cette interdiction-là
31:52que certains sont tentés
31:55de revenir
31:55dans le débat public
31:57aujourd'hui
31:57et pas que dans le débat public
31:59sur les réseaux sociaux
32:00beaucoup.
32:00C'est à cela
32:01que les islamistes
32:03s'attaquent le plus
32:04et c'est peut-être
32:05cela aussi
32:06que le discours politique
32:08et notamment LFI
32:09parfois
32:10prend sur
32:11il faudrait revenir
32:12sur cette loi
32:12qui est une loi discriminante,
32:13une loi raciste.
32:14C'est quand même fou
32:15que cette gauche-là
32:17soit devenue bigote.
32:18C'est dingue.
32:21Ils ont fait
32:22la révolution.
32:24et aujourd'hui
32:27c'est vraiment
32:28le contraire
32:29de l'insoumission.
32:30C'est la soumission.
32:34Comment on peut défendre
32:36quand on se dit
32:38attaché à la liberté,
32:40à l'égalité entre les sexes,
32:42comment on peut défendre
32:43c'est fou.
32:46C'est fou.
32:46Le voile,
32:48j'y ai consacré
32:51un chapitre
32:52d'un de mes précédents livres.
32:53Il y a plein de motivations
32:54pour le porter.
32:56C'est très complexe.
32:57On peut être
32:59observant
33:00ou on peut être
33:01tout à fait républicain
33:02et porter un voile.
33:03On peut vouloir
33:04être tranquille.
33:06Donc porter le voile
33:07pour être tranquille.
33:09On peut être
33:10au contraire
33:10mais quel que soit
33:12et je disais
33:13je racontais
33:14que ma grand-mère
33:15je ne l'ai jamais vue
33:16sans foulard.
33:17Donc je sais
33:18que c'est complexe
33:19parce qu'elle venait du Maroc
33:20et que c'était
33:21sa génération.
33:23Il y a plein de motivations
33:24des femmes
33:24pour porter le voile
33:25et moi je ne demande pas
33:27qu'on leur interdise
33:28de porter le voile
33:28dans la rue.
33:29Pas du tout.
33:30Là c'est mon prisme
33:31liberté
33:32qui prend le dessus.
33:34Mais néanmoins
33:35de là à défendre
33:36le port du voile
33:37c'est dingue
33:38parce que
33:39quelle que soit
33:40la motivation
33:42le port du voile
33:43a une signification
33:45autonome
33:46de la motivation
33:47de celle qui le porte
33:48c'est politique
33:49c'est un affichage
33:50et là
33:51ce que veut dire
33:52le port du voile
33:53ici en France
33:54c'est
33:56il y a une différence
33:57entre les hommes
33:58et les femmes
33:58la femme doit se cacher
33:59qui peut me dire
34:00le contraire de ça
34:01la femme doit
34:02cacher sa féminité
34:03qui peut oser
34:04prétendre le contraire
34:05et vous avez
34:06la gauche
34:08mélenchoniste
34:08qui défend ça
34:09le fait que
34:11la femme doit
34:11cacher sa féminité
34:13et qui en fait
34:14un argument
34:16politique
34:18comment on en est
34:19arrivé là
34:19c'est une perte
34:22complète de repères
34:23en fait
34:24et alors
34:25on a parlé
34:25de
34:26c'est pas les hommes
34:27qui portent le voile
34:28attends ça
34:29Nasser
34:30s'en était moqué
34:31d'ailleurs
34:31disant mais mettez-le
34:32vous-même
34:32le voile
34:33aux islamistes
34:34au moment où
34:35des femmes
34:36partout dans le monde
34:37sont égorgées
34:39lapidées
34:40tuées
34:40parce qu'elles
34:41refusent de porter
34:42le voile
34:43c'est le cas
34:44en Iran
34:44ça a été le cas
34:45en Algérie
34:46on a fait sortir
34:47du bus
34:47une jeune femme
34:48parce qu'elle
34:49portait pas le voile
34:50et on l'a égorgée
34:51c'est ce symbole-là
34:52que la gauche
34:53défend aujourd'hui
34:53bah pas moi
34:55alors justement
34:56sur ces questions-là
34:57on a évoqué
34:58d'un mot
34:59les réseaux sociaux
35:00parce que
35:00TikTok est devenu
35:01quasiment
35:02l'un des influenceurs
35:03enfin
35:04je crois que le chercheur
35:05Hugo Michelon
35:06dit que c'est le premier
35:07prédicateur
35:08islamiste de France
35:09c'est le premier imam de France
35:10le premier
35:11oui
35:11et intégriste
35:13et
35:15ça me permet d'ouvrir
35:17cette question
35:18qui est compliquée
35:19sur les réseaux sociaux
35:20et la liberté d'expression
35:21parce que
35:22bon alors là
35:23on est sur autre chose
35:24que la liberté d'expression
35:25parce que l'incitation
35:26au terrorisme
35:27etc
35:28je suis désolée
35:30mais de manière générale
35:32on assiste quand même
35:35si vous voulez
35:36à un débat très complexe
35:37parce qu'il y a
35:38d'un côté
35:39bien entendu
35:40des menaces réelles
35:43sur des manipulations
35:45d'ingérence
35:47etc
35:47et de l'autre côté
35:49je dirais
35:50une tentation
35:51de réaction
35:51de pulsion
35:52un peu liberticide
35:53de vouloir
35:56réagir
35:56en interdisant
35:59les réseaux sociaux
35:59ou en les
36:00alors les interdire
36:01pour des raisons
36:02de santé mentale
36:03pour les enfants
36:04c'est vraiment autre chose
36:05je le mets à part
36:05je parle vraiment
36:06là
36:07de la parole politique
36:08de l'effet
36:10des logarithmes
36:11sur la démocratie
36:12on va dire
36:14est-ce que vous
36:15en tant qu'avocat
36:15d'abord vous vous intéressez
36:16à ces questions
36:18et où on en est
36:20de ça
36:20et où en sont
36:21vos réflexions
36:23alors effectivement
36:24il faut mettre de côté
36:25la santé mentale
36:26c'est comme le voile
36:27en fait
36:28c'est avant 18 ans
36:29et après 18 ans
36:29oui
36:29là c'est 16 ans
36:31je crois
36:31en l'occurrence
36:32mais ça c'est la santé mentale
36:35des enfants
36:35l'effet
36:36au-de-ça maintenant
36:37est documenté
36:38sur la dépression
36:38et les troubles
36:39c'est très compliqué
36:40parce que
36:40je pense que
36:41sous nos latitudes
36:42les réseaux sociaux
36:44sont des destructeurs
36:45de civilisations
36:47mais en même temps
36:48on est content
36:49qu'ils existent
36:49en Russie
36:50et en Iran
36:51parce que c'est le seul
36:52moyen
36:53de s'exprimer
36:54un peu librement
36:56d'avoir accès
36:57parfois
36:57à des informations
36:59c'est complexe
37:00de toute façon
37:01c'est là
37:02on n'y reviendra pas
37:05on ne peut que
37:06s'inquiéter
37:07de la destruction
37:08que cela emporte
37:10de la vérité
37:11mais bon
37:12c'est aussi
37:13la question de lire
37:16de la confiance
37:17que l'on peut donner
37:19aux informations
37:19on ne peut que voir
37:21l'explosion
37:22du complotisme
37:22du conspirationnisme
37:24des insultes
37:25de la haine
37:25et comment on répond
37:27à tout ça
37:28par la régulation
37:29le problème
37:30c'est que la régulation
37:31ne peut être qu'européenne
37:32et qu'il faut
37:34dix ans
37:34pour arriver
37:35à une législation
37:37européenne
37:38là où la technique
37:39avance
37:40chaque mois
37:41donc
37:42à chaque fois
37:43on a dix ans
37:44de retard
37:45et encore
37:46moi ça doit faire
37:47je ne sais pas
37:48quinze ans
37:49au moins
37:50que je pense
37:51qu'on n'y arrivera
37:53jamais
37:53tant que l'on
37:55n'obligera pas
37:56les réseaux sociaux
37:58les GAFA
37:59à avoir
37:59des directeurs
38:01de publication
38:01en fait
38:02des représentants
38:02légaux
38:03en France
38:04parce que tant
38:04qu'il n'y en aura pas
38:05ils n'en ont rien à faire
38:06et comme avocat
38:07je suis confronté à ça
38:08quand je demande
38:09la suppression
38:12d'insultes
38:14homophobes
38:14racistes
38:15antisémites
38:18de calomnies
38:18de fausses vies
38:19de fake news
38:20on m'en voit balader
38:21mais ils s'en foutent
38:22ils n'ont pas responsable
38:23ils savent qu'il y a
38:24une impunité totale
38:25si vous dites n'importe quoi
38:26dans l'Express
38:27je peux vous poursuivre
38:28bien sûr
38:29et si je ne sais pas
38:29qui a écrit l'article
38:30c'est pas grave
38:31parce qu'il y a un directeur
38:32de publication
38:32qui est responsable de tout
38:34si je dis quelque chose
38:35dans l'humanité
38:36dans Mediapart
38:37dans le Figaro
38:37dans Valeurs Actuelles
38:38qui ne me plaît pas
38:39c'est pareil
38:40dans les réseaux sociaux
38:41non je ne peux rien faire
38:42et donc ça ne va pas
38:43mais tant qu'on n'en passera pas
38:46par là
38:46par l'obligation
38:47d'avoir un responsable
38:48légal
38:49qui peut être condamné
38:50et qui donc exercera
38:52une responsabilité
38:53il n'y a pas meilleure solution
38:55que d'avoir peur
38:56pour soi-même
38:56là on commence à se dire
38:57ah bah tiens
38:58je vais faire en sorte
39:00de réguler un peu
39:01mon média
39:04mon support
39:05en tout cas
39:05j'ai une dernière question
39:07qui est une question
39:09récurrente
39:09en fait c'est la question
39:10que je pose
39:11enfin à tous mes invités
39:14bon vous connaissez
39:15les billets d'euro
39:16bien entendu
39:17dessus sont représentés
39:18des arches et des ponts
39:19qui n'existent même pas
39:20et à l'Express
39:22on trouve que c'est quand même
39:23pas rendre justice
39:23à la civilisation européenne
39:25dont on parlait à l'instant
39:26que d'avoir
39:27ces arches et ces ponts
39:29qui n'existent pas
39:30alors je pose cette question
39:32à tous mes invités
39:32c'est ma contribution
39:33parce qu'il paraît
39:34que ça va changer
39:35la banque centrale européenne
39:37a dit qu'elle allait mettre
39:38maintenant
39:39soit des lieux
39:40qui existent
39:41soit des figures historiques
39:42alors vous
39:43Richard Malka
39:44si vous aviez une figure
39:45historique
39:46ou personnalité
39:47à mettre
39:48sur les billets
39:48mettons
39:49de 20 euros
39:50laquelle serait-elle ?
39:52ça va pas vous étonner
39:53beaucoup
39:54j'aurais misé sur Voltaire
39:56bah évidemment
39:58Voltaire
39:59c'est une suggestion
40:00que l'on peut faire
40:00à tous nos candidats
40:02à la présidentielle
40:03pour nous rappeler
40:03vous avez passé quand même
40:05une nuit au Panthéon
40:06avec lui
40:06absolument
40:07pour discuter
40:09avec lui
40:10de ses questions de voile
40:11de religion
40:12de laïcité
40:13voilà
40:13et donc
40:14vous le mettriez bien
40:15sur les billets
40:15dans un euro
40:16et bah écoutez
40:17très bien
40:17je vous remercie
40:18beaucoup Richard Malka
40:20merci à vous
40:21si cet entretien
40:22vous a plu
40:23n'hésitez pas
40:24à nous suivre
40:25et à nous laisser
40:25des commentaires
40:26sur toutes vos
40:27plateformes habituelles
40:29de podcasts
40:29et de vidéos
40:30je vous donne rendez-vous
40:32dans deux semaines
40:32pour un nouveau
40:33grand entretien
40:34de vidéos
40:36et de vidéos
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