00:00On fait porter tellement sur nos profs, dès qu'il y a un problème sociétal, on dit
00:03l'éducation nationale serait bien qu'ils s'en chargent pour changer la société.
00:06On a envie de dire, attendez, le reste de la société doit bouger aussi.
00:09Ce n'est pas que à l'éducation nationale de faire le tas.
00:12J'ai jamais rêvé d'être un héros, mais que mes cours éveillent une vocation, ça oui, j'avoue que
00:16j'en ai rêvé.
00:18Bonjour Monsieur Paty.
00:21Aujourd'hui, on va faire une étude de cas.
00:23Liberté de l'expression, liberté de la presse.
00:25Ça vous dit quelque chose ?
00:25C'est faire l'hebdo ?
00:26Exactement.
00:29Le titre du film, l'abandon, envoie justement à cette idée d'abandon successif autour de Samuel Paty.
00:35Selon vous, le film l'accuse, où il cherche plutôt à comprendre comment une telle tragédie a été possible ?
00:41Moi, ce que je trouve beau, c'est qu'on ne peut pas résumer l'accusation à cette personne qui
00:46est fautive.
00:46C'est que sur un tel drame, moi, j'ai passé mon temps au début à me dire,
00:50putain, mais si le prof n'avait pas eu soutien-sco, il serait allé, si le terroriste était venu un
00:55autre jour,
00:56les autres jours, Samuel était parti en voiture, enfin, donc il y a plein de trucs comme ça où je
00:59me disais,
01:00mais bon, en fait, sur un tel drame, il y a des endroits de pas de chance,
01:05il y a plusieurs défaillances et plusieurs responsabilités et culpabilités.
01:10Mais la responsabilité aussi, effectivement, sur la question des réseaux sociaux,
01:12certains se sont jetés là-dessus pour se désolidariser, avant même de connaître les faits.
01:17On n'a même pas la présence d'esprit de se dire,
01:19attention, une gamine de 13 ans,
01:22parce que quand on regarde le mensonge qu'elle raconte sur les vidéos,
01:25la vidéo qui a tout enflammé,
01:27franchement, une gamine qui se lève en héroïne de lutte contre l'islamophobie pendant un cours
01:31et qui se fait virer par le collège deux jours pour ça,
01:37franchement, ça paraît tellement gros que quand même, il faut y aller mollo,
01:40enfin, est-ce que notre société en est à ce point ?
01:42Ça ne veut pas dire que l'islamophobie, elle est très très grande,
01:44mais elle est beaucoup plus insidieuse, souvent.
01:47Après tout ce travail autour du film et des enquêtes,
01:50est-ce que vous ressortez avec une inquiétude sur la jeunesse
01:52et le rapport à la haine ou harcèlement aujourd'hui ?
01:55Et est-ce que ça change aussi votre regard en tant que parents ?
01:58Moi, j'avoue que c'est plus les parents d'élèves que j'interroge,
02:00dans le sens où on fait porter tellement sur nos profs.
02:04Dès qu'il y a un problème sociétal, on dit l'éducation nationale,
02:06il serait bien qu'ils s'en chargent pour changer la société.
02:08On a envie de dire, attendez, le reste de la société doit bouger aussi.
02:11Enfin, ce n'est pas que à l'éducation nationale de faire le taf, quoi.
02:14Même si elle le fait, en même temps, on les a beaucoup remis en question
02:18sur des endroits à un moment légitime où il y a eu des maltraitances,
02:21où il y a eu, je veux dire, quand on voit ce qui s'est passé à Betarame, c'est
02:24énorme.
02:24Donc, effectivement, il y a eu un endroit de questionnement très très légitime et important.
02:29À côté de ça, je trouve qu'il y a beaucoup de remise en question pédagogique.
02:33On fait très peu confiance à la pédagogie des professeurs.
02:35Chaque parent estime savoir ce qui est bon, ce qui est bienveillant,
02:38ce qui est juste, ce qui n'est pas déplacé,
02:41ce qui doit être enseigné ou ne pas enseigné.
02:43Donc, moi, ça m'interroge sur le regard qu'on porte sur nos professeurs
02:47et sur notre comportement en tant que parent d'élèves.
02:49Aussi, accepter que c'est leur pédagogie, leur métier et nos enfants.
02:57Et voilà.
02:58Vu le contexte, tu nous mets tous en danger.
03:00Je peux quand même dire quelque chose parce que, visiblement, ça tourne dans mon procès.
03:03Je pense que ce serait bon de faire un bloc autour de lui.
03:05S'ils ont un couteau, je fais quoi ?
03:06Bon, il n'y a aucune raison de paniquer.
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