00:00Il y a deux choses différentes. Il y a évidemment le drame que représente déjà l'aide sociale à l
00:04'enfance,
00:04avec des centaines de milliers de gamins depuis des années qui ont plus de chances d'être handicapés que les
00:10autres.
00:10Ils vont vivre 20 ans de moins que les autres dans un département...
00:1345% d'entre eux sont issus de la ZEU pour les SDF.
00:16Bien sûr, ils vont... Voilà, une chance sur deux d'être SDF dans leur vie, avec des difficultés extrêmement fortes.
00:21Avec Stéphanie Riste, nous portons un projet de loi extrêmement ambitieux qui vise à restructurer cette aide sociale à l
00:26'enfance.
00:26Mais par ailleurs, il y a aussi plein d'incestes qui se déroulent dans des familles qui ne sont pas
00:30à l'aide sociale à l'enfance.
00:31Ça touche tous les milieux sociaux. Je ne voudrais pas qu'on pense que ce ne sont que des milieux
00:35les plus pauvres ou les plus ouvriers qui seraient concernés.
00:38Bien évidemment, ça touche tous les milieux sociaux. Et c'est leur mère, leur famille, qui peut les protéger.
00:43Donc concrètement, nous avons un projet de loi qui arrive. Ça a été validé par le Conseil d'État, qui
00:47arrive à la table du Conseil des ministres.
00:48Et je propose une ordonnance de sûreté qui, aujourd'hui, dit, ben voilà, s'il y a une suspicion, c
00:54'est une dénonciation d'inceste,
00:55et bien nous avons, ou de maltraitance de manière générale, nous avons une justice qui, en quelques heures,
01:00est capable de mettre à l'abri auprès de sa famille ou ailleurs, s'il s'agit d'aide sociale
01:04à l'enfance, un enfant.
01:05La justice agira très vite, lèvera ce soupçon, poursuivra très rapidement une sorte de bretelle d'autoroute prioritaire
01:11pour la lutte contre l'inceste et contre les viols, et protégera cet enfant.
01:15Est-ce qu'il faut que ces crimes d'inceste soient imprescriptibles, monsieur le garde des Sceaux ?
01:19Oui, je me suis exprimé depuis de nombreux mois, désormais, sur le fait que j'étais pour l'imprescriptibilité des
01:25crimes qui touchaient les enfants.
01:26Il y a un débat fort dans le monde du droit, dans la magistrature, pour s'y opposer, comme qu
01:31'on doit pardonner.
01:32Aujourd'hui, les crimes sont imprescriptibles que pour les crimes contre l'humanité.
01:36Moi, je pense qu'on tue l'humanité d'un enfant, d'un adulte, plus tard, lorsqu'il a été
01:43violé par ceux qui sont censés les protéger, par ailleurs.
01:47Ses parents, ses grands-parents, ses cousins.
01:49Je pense que oui, il faut mettre fin à ce déni, surtout que les preuves d'aujourd'hui ne sont
01:55pas les preuves de 1960.
01:56On dit souvent qu'il faut refuser l'imprescriptibilité parce qu'on n'a pas les preuves et que ce
02:00sont des procès sans preuves.
02:02Mais d'abord, les adultes mettent énormément de temps à dire qu'ils ont été violés quand ils étaient petits.
02:06Moi, j'ai personnellement un témoignage personnel de quelqu'un qui, sur son lit de mort, a plus de 70
02:11ans, a avoué que quand il était petit, il avait été violé.
02:13Je pense que c'est vraiment quelque chose qui nous touche toutes et tous.
02:17Donc, il faut comprendre ce temps aussi de l'aveu.
02:20Et deuxièmement, les preuves d'aujourd'hui, les preuves numériques, notamment les preuves médicales, seront bien mieux gardées dans 20,
02:2630 ou 40 ans que les preuves des années 1960.
02:28Donc oui, je suis pour mettre l'imprescriptibilité pour les crimes qui touchent les enfants.
02:33Gérald Darmanin, vous portez aussi un projet de loi.
02:36Sous-titrage Société Radio-Canada
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