00:00Ici matin, il est 7h46, c'est l'heure de retrouver l'invité d'ici matin.
00:04C'est un combat qui dure depuis des semaines.
00:06Le classement du collège Stéphanois, honoré d'Urfé, en REP+, en zone d'éducation prioritaire.
00:12Notre invité est directrice d'une école du secteur.
00:14Bonjour Justine Faure.
00:15Bonjour.
00:15Et bienvenue dans les studios d'ici Saint-Etienne-Loire.
00:18Quatre écoles, effectivement, se sont jointes depuis le début à cette lutte pour le classement du collège en REP+,
00:23dont la vôtre.
00:24C'est l'école Centre 2 à Saint-Etienne.
00:26Ça peut étonner, finalement, que les écoles primaires se joignent à la lutte.
00:32Est-ce que vous pouvez nous expliquer pourquoi ?
00:33Alors, normalement, ça ne devrait pas se surprendre, parce que le passage d'un collège en REP+, induit, effectivement,
00:39le fait que les écoles, elles aussi, à leur tour, du secteur, passent en REP+.
00:44Pas toutes, mais la plupart.
00:46Donc, on est concerné.
00:47Après, pareil, pour le passage en REP+, l'indice de positionnement social, c'est celui qui sert de repère.
00:54Et il faut savoir que, sur les écoles de secteur, nous sommes l'école qui a l'IPS le plus
01:00bas.
01:01Donc, effectivement, et nous sommes plus bas aussi que l'IPS du collège.
01:06Donc, effectivement, ça a du sens et c'est complètement cohérent.
01:10Et nous, on attendait qu'effectivement, un moteur soit là.
01:13Le collège s'est lancé et on y allait.
01:15Et il s'est sacrément lancé.
01:17Ça dure depuis le début du mois d'avril.
01:19Mais on a l'impression que, face à la sourde oreille des autorités, notamment du rectorat et de l'inspection
01:26académique,
01:27il faut passer la vitesse supérieure.
01:28Veillez funèbre ce soir.
01:31Ça va être des images fortes, marquantes.
01:33C'est le but ?
01:34Tout à fait.
01:35C'est le but.
01:36Après, c'est ce qu'on disait.
01:38C'est vrai que les idées nous viennent assez facilement.
01:41Et celle-ci, pour nous, était une évidence.
01:43Effectivement, l'égalité des chances, on a vraiment le sentiment qu'elle n'y est plus.
01:48Donc, effectivement, que ce soit les centres sociaux, que ce soit les écoles, le collège,
01:53cette veillée funèbre et cet enterrement de l'égalité des chances était une évidence.
01:58Il faut attirer l'œil des médias.
02:00C'est le cas ce matin sur ici Saint-Etienne-Loire.
02:02Mais est-ce que, véritablement, ces images-là sont de nature à faire changer d'avis
02:07ou à faire influer la décision du rectorat ou de l'inspection académique ?
02:11On l'espère.
02:11Alors, il n'y a pas que les images.
02:12Il y a aussi surtout les discours.
02:14Parce qu'effectivement, il y a des choses à dire.
02:17Et donc, ça va être l'occasion aussi de montrer tout ce qui a été déjà fait.
02:21Et puis, le pourquoi, on en est là.
02:24Et pourquoi, effectivement, le rêve plus, c'est une évidence, en fait.
02:27Il y a quand même une lassitude, on l'imagine, aujourd'hui ?
02:29Il y a une lassitude, oui et non.
02:32Parce qu'on est motivé.
02:34Et effectivement, on veut absolument qu'il se passe quelque chose.
02:37On ne peut pas rester dans ces conditions-là.
02:39Et il y a une lassitude parce que c'est tellement évident.
02:44On trouve ça quand même assez aberrant, justement, de devoir être dans des démarches pareilles
02:50pour obtenir quelque chose qui est une évidence et qui a un droit, en fait.
02:53Il y a une prof d'Histoire Géo qu'on entendait ce matin dans les journaux
02:57qui nous disait qu'on n'a rien à perdre, en fait, aujourd'hui.
03:02Tout a gagné tellement la situation est compliquée, voire désastreuse.
03:06C'est exactement ça, effectivement.
03:08On n'a plus rien à perdre.
03:10Effectivement, on voit que la situation se dégradait au fur et à mesure des années.
03:14Ça fait des années que c'est signalé aussi bien auprès de l'inspection, du rectorat.
03:20Ils sont au courant, on nous fait des promesses, on est au-dessus de la pile,
03:25on va nous apporter des solutions.
03:27Et les années passent et on en est toujours au même point.
03:30Sauf qu'effectivement, sur le terrain, les situations se dégradent.
03:33Donc, on a besoin d'aide.
03:35Il faut qu'il se passe des choses, en fait.
03:37Effectivement, plus rien à perdre.
03:38Juste revenir sur votre école, centre 2, du coup, à Saint-Etienne,
03:42313 élèves, 14 classes, ça fait 22 élèves par classe.
03:45On se dit que ce n'est pas beaucoup
03:47et que les conditions d'enseignement doivent être satisfaisantes.
03:51Alors, ce n'est pas tout à fait ça.
03:52On a un dispositif ULIS.
03:54Donc, déjà, il faut répartir sur 13 classes et pas 14.
03:58Donc, du coup, on passe déjà à 24.
04:01Volontairement, selon les directives, on préserve les grandes sections CP-C1.
04:05Donc, on essaye de maintenir à 21-22.
04:07Du coup, très rapidement, vous comprenez le problème.
04:10Petite section, moyenne section, CO2, CM1, CM2,
04:13on est facilement à 25-26.
04:15Donc, déjà, les effectifs changent.
04:17Donc, effectivement, pas si confortable que ça.
04:21Après, il faut savoir que notre école est une école de délestage.
04:24Je pense que c'est important de le savoir.
04:25Ça veut dire quoi, l'école de délestage ?
04:26Quand les écoles voisines sont pleines...
04:29C'est chez vous qu'on envoie les enfants.
04:30Exactement.
04:31Donc, si moi, je vous donne un exemple.
04:32Depuis la rentrée, j'ai fait 54 inscriptions.
04:35Donc, vous imaginez...
04:36En cours d'année ?
04:37Oui, depuis le mois de septembre.
04:39Donc, vous imaginez, ça fait 2-3 élèves en plus par classe.
04:43Moi, mes collègues, ils ont leur liste de classe qui change toutes les 3 semaines.
04:46Donc, il faut s'adapter.
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