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  • 10 minutes ago
Transcript
00:00Donc c'est un cauchemar jusqu'au bout.
00:01Ok.
00:02C'est un, voilà, c'est un cauchemar.
00:04Mais on s'amuse beaucoup.
00:06Mais on s'amuse.
00:06Bonjour, je suis Constance Arnoux du Média Culturel, l'éloge.
00:09Aujourd'hui, je vous emmène à l'Opéra de Rouen
00:11pour découvrir le tout premier opéra de Tiffen Raffier,
00:15notre éloge de la mise en scène 2023.
00:17Bienvenue dans les coulisses des dialogues des carmélites.
00:21C'est le chaos !
00:27Nous sommes devant la porte pour entrer en répétition.
00:30Je vous emmène avec moi.
00:31Allez, silence.
00:37Vous pouvez vous raconter un peu l'histoire
00:38pour me donner une petite carte contexte.
00:41Alors, c'est l'histoire de Blanche de La Force,
00:43qui est une aristocrate.
00:44Cette femme a un problème, elle est terrorisée.
00:47Le monde, la vie, lui fait peur.
00:49Et donc, la première scène, ça s'ouvre.
00:51C'est ce qu'on est en train de faire.
00:53Elle dit à son père qu'elle veut aller au Carmel, en fait.
00:55Elle n'y arrive pas.
00:55Elle se dit qu'elle va être en sécurité, là-bas.
00:57Et en fait, c'est le pire moment pour aller au Carmel.
01:00Ça se passe en 1789.
01:01C'est un moment de l'histoire
01:02où les religieux vont être très inquiétés.
01:06Donc, en fait...
01:06Pire idée.
01:07Pire idée.
01:09En réalité, si on doit résumer l'œuvre,
01:11c'est une femme qui va essayer d'apprendre à mourir.
01:16C'est un opéra, finalement.
01:18Et justement, c'est ta première mise en scène d'opéra.
01:20Comment tu le vis ?
01:21Je le vis...
01:24Comme si j'apprenais une autre langue, en fait.
01:27Ok.
01:27Encore un...
01:28Mais moi, c'est ce que j'aime le plus dans ce métier.
01:31C'est de faire des choses que je ne sais pas faire.
01:38Donc, tu me disais que là,
01:39c'était votre toute première répétition au plateau, aujourd'hui.
01:43On réalise, ça fait une semaine qu'on est au plateau.
01:45Ok.
01:45Moi, c'est la première fois que je travaille dans ce décor.
01:48Parce qu'il y a quatre décors en tout.
01:49Le premier, qui est chez Blanche.
01:52Moi, ça m'intéressait d'explorer vraiment celui-là.
01:54Parce qu'en général, le début, il est toujours un peu galvaudé.
01:57Puisqu'on va vite au Carmel.
01:58Moi, j'aime bien que ça, en fait,
02:00ça soit intéressant de voir où elle est,
02:02où elle a grandi, c'est quoi sa vie.
02:04Parce qu'après, on va comprendre tout
02:07en ayant exploré sa chambre
02:08et les murs de sa chambre.
02:10Ensuite, on va au Carmel.
02:12Il a deux étages.
02:12Le Carmel, c'est un Carmel qui prend l'eau.
02:14Tout prend l'eau.
02:15De toute façon, l'eau est le fil un peu conducteur
02:16de la mise en scène.
02:18Et à la fin, on va dans une sorte d'endroit
02:20qu'on a appelé le purgatoire,
02:21qui est un endroit qui fait tous les lieux
02:23de la dernière partie.
02:25Le nombre de personnes qui travaillent sur les décors,
02:27je trouve ça exceptionnel.
02:29Vraiment, il y a des trucs,
02:30mais il y a mille salles, mille ambiances.
02:32Ça fourmille.
02:33Genre du déo, t'as une hache.
02:36Vraiment, il y a un pour tous les goûts.
02:39C'est une oeuvre qui nous dit aussi
02:41à quel point l'invention de la religion chrétienne
02:46est une folie et à la fois un chef-d'oeuvre absolu.
02:50Tu dois mettre trois mots sur, justement,
02:53l'idée de la mise en scène autour de cette oeuvre.
02:55Ça serait quoi ?
02:56Je crois que je peux dire horreur.
02:57Parce qu'il y a du film d'horreur, vraiment,
02:59dans le parcours de Blanche.
03:01Il y a du sublime.
03:03Le sublime, c'est ce qui est plus grand que nous,
03:05qui nous terrifie tellement qu'on trouve ça magnifique.
03:09On va parler de chaos tout à l'heure.
03:10Je ne sais pas si c'est un bon mot, mais...
03:12Oui, j'en rajoute deux, alors.
03:13La grâce et le chaos.
03:15C'est-à-dire qu'il y a tout le temps,
03:16toutes les scènes commencent dans un chaos pas possible.
03:19Et à chaque fois, il y a un moment d'apaisement
03:23qui se crée de grâce,
03:24comme si toutes les particules retombaient,
03:26qu'il y avait un petit moment de beauté,
03:28un rayon de lumière,
03:29et c'est incompréhensible.
03:30Et en même temps,
03:32il y a cette espèce de chose à la fin
03:33qui nous dit
03:34« Est-ce qu'il ne faudrait pas apprendre à vivre
03:36plutôt qu'apprendre à mourir ? »
03:38C'est une très belle conclusion.
03:39C'est-ce qu'il ne faudrait pas apprendre à mourir ? »
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