- il y a 13 heures
Donald Trump en Chine, datacenters dans l’espace, vaches à louer… La semaine d'Arnaud Montebourg à découvrir en intégralité sur la chaîne YouTube de BFMTV.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00– Votre rendez-vous du vendredi soir, ancien ministre de l'économie aujourd'hui,
00:06retiré de la vie politique, entrepreneur, question qui nous anime chaque vendredi soir.
00:10D'abord Arnaud, comment allez-vous ?
00:12– Mieux que la France, Paola, mieux que la France.
00:14– Faut peut-être qu'on trouve une variante Arnaud, on va y réfléchir en sortant des émissions.
00:19– Bon allez, soyons sérieux, vous vous êtes intéressé à la visite de Donald Trump,
00:22le président américain qui est allé voir Xi Jinping avec une délégation incroyable,
00:27l'un des milliardaires, on a cité Elon Musk, Tim Cook d'Appel, Jensen Huang, le patron de NVIDIA
00:33et de l'autre côté Pékin avec ses terres rares.
00:35On a vu deux puissances se partager un deal commercial.
00:39Était-ce le deal du siècle ? Donald Trump en a dit un mot en rentrant.
00:44– Le président Xi est un type incroyable, on a obtenu plein de bons accords,
00:48notamment la vente de 200 Boeing avec une promesse pour 750 avions.
00:53Ce serait la plus grande commande de tous les temps s'ils font un bon boulot sur les 200 premiers.
00:57Mais je pense qu'ils assureront.
01:02Et les moteurs qu'ils achètent sont faits par General Electric.
01:05Ça fait à peu près 400, 450 moteurs pour les 200 avions.
01:09Et la promesse de 750 s'ils font un bon boulot.
01:12– Voilà, plein, plein, plein de bons accords.
01:18Mais en vrai, est-ce que Donald Trump ne s'est pas fait balader par Xi Jinping ?
01:21Est-ce qu'il n'est pas revenu un peu bredouille de ce voyage ?
01:24– Je crois que l'expression est la bonne.
01:26D'abord, les Chinois l'ont accueilli de façon fastueuse,
01:30même si les poignées de main étaient glaciales.
01:33Je me souviens avoir, lorsque j'étais au gouvernement,
01:35participé à un voyage d'État similaire.
01:38L'accueil était plus économe, mais il était un tout petit peu plus chaleureux.
01:42Et nous avons signé des accords.
01:43– Vous voulez dire que là, on a déroulé le tapis rouge à Donald Trump
01:47mieux qu'on l'a déroulé quand vous étiez ministre de l'Économie
01:49en voyage en Chine ?
01:50– Je crois, avec le président de la République
01:53ou le Premier ministre français, ça a moins d'importance.
01:56Et évidemment, la hiérarchisation des formes
02:00est toujours très importante chez les Chinois.
02:02Et la manière de mettre en scène était tout à fait étonnante
02:05avec le président Trump, qui n'est pas venu depuis 9 ans.
02:08C'était donc un vide qui avait laissé place à l'affrontement
02:12entre les deux pays.
02:13Je rappelle que M. Trump a fait campagne contre la Chine,
02:18a pris des mesures unilatérales contre la Chine,
02:20et il est allé, à ce moment-là, chez les Chinois,
02:24un peu embourbé à Hormuz, en difficulté.
02:28Je rappelle qu'il a reculé sur ses propres mesures
02:31de droit de douane à 145%,
02:33lorsque les Chinois, très tranquillement, ont dit
02:36« Eh bien, nous allons supprimer l'accès à tous les métaux critiques »
02:39était rare, ils en contrôlent à peu près 90% des marchés mondiaux.
02:42Donc évidemment, c'était toute l'industrie de la défense militaire,
02:45toute l'industrie civile des États-Unis
02:47qui se trouvait en difficulté, en goulot d'étranglement.
02:49Donc les Chinois, ils ont montré quoi ?
02:51Qu'ils sont premièrement co-gérants du monde,
02:53et peut-être même, là, à partir de maintenant, numéro 1,
02:57car ils ont les clés du désordre ou de l'ordre du monde,
03:00et ils ont montré à Trump que c'est eux les patrons.
03:03Parce que qu'est-ce qu'ils ont fait ?
03:04Ils ont dit « Vous voulez qu'on débloque nos amis raniens ?
03:08Qu'est-ce que vous voulez ? Qu'on vous achète des Boeing ? »
03:11Alors, Trump, naïvement, dit « 750 Boeing, je crois qu'ils sont à 200. »
03:15Voilà. « Vous voulez quoi encore ? »
03:17« 1000 milliards d'investissements aux États-Unis ? »
03:19Comme s'ils pleuraient misère.
03:21Les Américains, ils vont quémander de l'argent.
03:23Comme il l'a fait avec Mme Van der Leyen,
03:25sur le golfe du Turnberry Deal, qui n'est pas un deal,
03:28Mme Van der Leyen a signé.
03:30Les Chinois ont dit « On va voir. »
03:32Et qu'est-ce qu'ils ont dit ?
03:33Ils ont dit « Lâcher Taïwan ».
03:35Mais c'est impossible pour les États-Unis de lâcher Taïwan,
03:38parce que c'est la perte totale de crédibilité.
03:40L'enjeu, justement, de ce séjour, effectivement,
03:43est-ce que les États-Unis vont lâcher sur l'armement de Taïwan ?
03:47Et si, oui, s'ils lâchaient sur l'armement,
03:49quelles conséquences ça aurait dans l'ordre international ?
03:52D'abord, ils ne peuvent pas le dire.
03:54Ils peuvent le faire sans jamais le dire.
03:57Et parce que s'ils le font, déjà, il y aura des conséquences en chaîne.
04:02Vous avez tout le système d'alliances dans l'Indo-Pacifique,
04:05l'Australie, le Vietnam, la Corée du Sud, les Philippines et le Japon,
04:10qui sont des grandes puissances locales,
04:11qui vont se sentir lâchées et qui vont devoir organiser autrement sans les Américains
04:16leur protection contre le colonialisme chinois,
04:21qui est quand même de plus en plus visible.
04:23Et puis, vous allez avoir les Européens qui vont se dire
04:25« Donc, la crédibilité de la parole américaine est égale à zéro. »
04:28On reprend nos billes, on va être obligé cette fois-ci de dire
04:31« En fait, c'est les derniers clous sur le cercueil de l'OTAN. »
04:36Donc, s'ils lâchent Taïwan, c'est l'ensemble du système des alliances mondiales
04:41qui s'écroule, faute de crédibilité.
04:43Et c'est donc le début de la fin pour les États-Unis,
04:45parce que c'est l'isolement final.
04:49Et d'ailleurs, laissez-moi peut-être pronostiquer,
04:52c'est très rare ici que je pronostique,
04:53parce que je ne suis pas un fin prévisionniste,
04:56mais le Congrès ne laissera pas faire.
05:00Personne, y compris de la force,
05:02tous ceux qui pèsent dans l'appareil,
05:03dans le complexe militaro-industriel,
05:06ne laisseront pas faire ça.
05:06Parce que derrière, c'est toutes les commandes
05:09à l'industrie militaire américaine qui vont disparaître.
05:12– D'accord, donc vous pensez qu'effectivement,
05:14business first pour les États-Unis…
05:17– Monsieur Trump est embourbé, immobilisé,
05:20et de plus en plus isolé.
05:21Donc c'est, comme on dit au bullying,
05:24c'est un strike pour Xi.
05:26– Un strike pour Xi.
05:29Alors on vous a préparé une petite infographie
05:31pour regarder des chiffres, effectivement,
05:33parce que c'était assez impressionnant
05:34de voir ces big two, c'est-à-dire les États-Unis
05:37et la Chine.
05:39Regardez, 341 milliards,
05:42millions d'habitants,
05:43avec des PIB extraordinaires.
05:45Enfin, on a l'impression que là,
05:47il y a presque entre les États-Unis et la Chine,
05:49la moitié de la richesse produite sur la planète.
05:51Si jamais ces deux richesses mettent l'Europe en étau,
05:56ce qui est en train d'arriver,
05:56est-ce que vous pensez que la Chine va nous manger, Arnaud ?
06:00C'est votre plaidoyer ce soir.
06:02– C'est la panique, en effet,
06:04chez les industriels européens,
06:06et il est bon de le dire
06:07et de le partager avec ceux qui nous regardent
06:10et nous écoutent.
06:10L'industrie chinoise,
06:11qui produit à peu près un tiers
06:13des produits industriels dans le monde,
06:15c'était une croissance fulgurante extraordinaire,
06:18est en train, aujourd'hui,
06:19de nous submerger en Europe.
06:21Automobiles, chimie lourde,
06:22acier aluminium,
06:23machines-outils,
06:24pharmacie,
06:25électronique,
06:25textiles,
06:26tout est en train d'y passer
06:26et les usines ferment les unes après les autres
06:28partout en Europe,
06:29pas seulement en France,
06:30l'Allemagne est extrêmement touchée.
06:32Le haut commissariat au plan,
06:34qui est dirigé par un ancien ministre de M. Macron,
06:37Clément Beaune,
06:38vient de faire un rapport.
06:39Voilà ce qu'il dit,
06:40la concurrence chinoise menace désormais
06:42le cœur productif de l'Europe.
06:44Ce rapport montre,
06:46nous ne sommes plus face à un choc sectoriel,
06:47mais maintenant,
06:48une dynamique qui risque de nous engloutir.
06:50Alors, pourquoi ?
06:52C'est allé très très vite.
06:53Il y a un an,
06:54Donald Trump a pris des mesures
06:55contre la Chine unilatérale.
06:57On doit dire,
06:58par exemple,
06:59100% de taxes sur les véhicules électriques
07:01que nous ne taxons nous.
07:02Il a répondu très fort contre la Chine.
07:05Il a tapé très fort la Chine.
07:07Réponse,
07:07conséquences économiques.
07:09Écroulement,
07:09des importations chinoises aux États-Unis,
07:12moins 20%.
07:13En un an,
07:14sur les quatre premiers mois de 2026,
07:16on est à moins 10%.
07:18Et donc,
07:18ça a fonctionné.
07:19C'est-à-dire que le protectionniste de Donald Trump,
07:22on peut dire ce qu'on en pense,
07:24il a marché vis-à-vis des Chinois.
07:26Mais qu'est-ce qu'ont fait les Chinois ?
07:27Ils se sont reportés sur l'Europe,
07:28car ils ont un appareil exportateur très puissant
07:30qu'ils ne peuvent pas abandonner.
07:32Et en conséquence de quoi ?
07:33Ils ont pratiqué,
07:34ils ont baissé les prix,
07:35et ils ont attaqué l'Europe
07:36pour prendre des parts de marché.
07:37Donc,
07:38c'est ce qu'on appelle
07:38le report dangereux,
07:39cette conséquence.
07:41Les chiffres sont là.
07:42Report dangereux,
07:43vous dites grand déferlement sur l'Europe,
07:45on va refourguer nos stocks.
07:47C'est nous qui subissons,
07:47après la fermeture aux produits chinois
07:50des frontières américaines,
07:51c'est nous qui subissons la déferlante.
07:53Et les exportations chinoises en Europe,
07:56elles ont explosé de plus de 22%
07:58sur les quatre premiers mois de 2026.
08:0022% !
08:01C'est énorme.
08:02C'est énorme.
08:03Alors,
08:04qu'est-ce que fait l'Union européenne pendant cela ?
08:05Y a-t-il un numéro de téléphone ?
08:07Vous êtes ici déjà ?
08:07On lèverait bien la voix,
08:09on l'appellerait bien.
08:09Moi, je cherche le mail de Mme Van Der Leyen
08:10parce que je vais lui lancer un appel
08:12depuis notre chaîne.
08:14Elle fait des rapports,
08:16très bien.
08:16Elle fait des enquêtes,
08:17des enquêtes interminables,
08:19mais elle ne décide de rien.
08:21Il y a une trentaine de procédures
08:23anti-dumping contre l'industrie chinoise
08:28ouverte contre la Chine.
08:29Mais alors,
08:29écoutez ce que l'industrie chimique européenne
08:32a écrit à Mme Ursula Van Der Leyen
08:35dans une lettre vindicative de protestation.
08:37Je cite,
08:38« La Commission ne veut pas l'entendre. »
08:39Vous voyez,
08:40ce n'est pas très sympathique.
08:41« Mais elle devrait allouer
08:43moins de ressources
08:43à la négociation d'accords de libre-échange,
08:46dont certains pour des débouchés minimes,
08:48et libérer des effectifs
08:49pour l'instruction des plaintes
08:51quand la vague chinoise
08:52la mine,
08:53l'industrie européenne. »
08:55Fin de citation.
08:56Nous avons des industries chimiques
08:57en France qui sont en train de fermer.
08:58Il y a 500 emplois
08:59qui viennent d'être perdus
09:01à Pierre-Bénite,
09:02là-bas,
09:02dans la région lyonnaise.
09:03« La vague chinoise,
09:04la mine,
09:05l'industrie européenne. »
09:06Et vous avez des industriels
09:07qui en sont à quémander
09:08des effectifs
09:09à Mme Van Der Leyen.
09:11Donc nous avons
09:12à nous poser la question,
09:14alors que va-t-il se passer ?
09:15Par exemple,
09:16nous serions bien inspirés
09:18d'aligner notre politique
09:20protectionniste,
09:20qui n'existe pas,
09:21sur celle de Trump,
09:22puisqu'elle a fonctionné.
09:23De faire du trumpisme ?
09:25En tout cas,
09:26de le faire avec élégance
09:27et courtoisie,
09:28mais de le faire quand même.
09:29Car nous voyons bien
09:30que dans l'automobile,
09:31c'est exactement
09:32ce qui est en train
09:33de se passer,
09:34nous avons mis
09:35des droits de boine
09:35de 27% sur l'automobile.
09:37Le gouvernement chinois
09:38finance les 27%.
09:40Donc il n'y a aucun effet
09:41sur les prix
09:41et sur le marché.
09:43Et d'ailleurs,
09:43les plans sociaux
09:44ont commencé dans toute l'Europe.
09:45Volkswagen a supprimé
09:4735 000 emplois
09:48et s'apprête
09:49à fermer 8 usines
09:50en Allemagne.
09:50Donc vous comprenez
09:51pourquoi l'AFD
09:52est en train
09:53de, dans une espèce
09:55de vague bleue,
09:55de prendre le pouvoir
09:57en Allemagne.
09:58En France,
09:59nous avons subi
10:00la fermeture
10:01ou la reconversion
10:02de deux usines
10:02très célèbres,
10:03Flins et Poissy
10:04chez Renaud et Stellantis.
10:06Et dernière déclaration
10:08intéressante,
10:09c'était il y a 6 mois.
10:10Carlos Tavares,
10:10ancien patron de Stellantis,
10:13il dit
10:13qu'il va y avoir
10:14des projets de rachat
10:16en Europe
10:17par les Chinois
10:18de constructeurs
10:19automobiles.
10:19Un jour,
10:20dit-il,
10:21un constructeur chinois
10:22rachètera les activités
10:23d'un constructeur
10:24automobile européen
10:25et il sera considéré
10:26alors comme le sauveur
10:27des usines
10:28et des emplois.
10:29Ce jour n'est pas très loin
10:30et lorsque ce jour arrivera,
10:31la colère populaire
10:32frappera
10:33les gouvernements,
10:35les institutions européennes
10:36qui auront laissé faire ça.
10:37Alors, Mme Van der Leyen,
10:39je vous lance un appel
10:40depuis ici.
10:42Mettez les mêmes barrières
10:43que M. Trump
10:43devant lesquelles
10:44vous êtes agenouillé
10:45à Turnberry
10:46pour bloquer la vague chinoise
10:48qui lamine
10:49l'industrie européenne.
10:51Faites votre travail.
10:52Activez les procédures
10:53anti-dumping
10:53comme tous les industriels
10:55vous le demandent.
10:55L'Europe en sera
10:56pour une fois.
10:57Remerciez.
10:58Message entendu,
10:59Arnaud Montebourg.
11:00Il y a un mot
11:01qui est revenu
11:02dans l'actualité
11:02et qui va vous occuper
11:04ce soir.
11:04C'est la marque Chine.
11:06Vous savez,
11:06c'est donc ce géant
11:08de la fast fashion chinoise.
11:09Parce qu'on se demande
11:09effectivement,
11:10vous dites,
11:10Mme Van der Leyen,
11:11mais que peut la France
11:12déjà pour se défendre
11:13contre la Chine
11:14qui l'envahit
11:15de ses petits colis chinois ?
11:16Vous vous souvenez,
11:17il y avait une taxe
11:18qui avait été mise en place
11:19pour les petits colis.
11:21Alors, on se demandait
11:22combien ça allait rapporter.
11:24On a eu les chiffres.
11:25Eh bien,
11:25ce n'est pas très lourd.
11:262,3 millions d'euros.
11:29C'est un flop total.
11:30Pourquoi ?
11:31Parce que la marque Chine
11:32n'atterrit plus en France
11:33mais en Belgique
11:34et qu'elle envahit
11:35avec des gros camions.
11:37Comment est-ce qu'on peut
11:37se défendre ?
11:38On a l'impression
11:38d'un sentiment d'impuissance.
11:39C'est simplement
11:40que la France
11:41a pris une décision seule
11:43et qu'il y a eu
11:44un contournement logistique.
11:46Ils sont allés en Belgique,
11:47en Hollande
11:47et en Hongrie.
11:49Et d'ailleurs,
11:50Chine,
11:51il y a 5...
11:51Alors, vous voyez quand même
11:53que l'Europe,
11:53ça sert à quelque chose
11:54et qu'il faut...
11:55Mais je n'ai pas dit
11:55qu'elle servait à rien.
11:56Bien entendu.
11:57J'ai dit que celle-là
11:58était incompétente
11:59et incapable
11:59et qu'il faudrait peut-être
12:00qu'elle prenne un peu
12:01de Viagra,
12:02si vous voyez ce que je veux dire,
12:03et qu'elle fasse
12:04de la musculation.
12:05D'accord.
12:06Parce que pour l'instant,
12:06ça va très mal.
12:07Et donc,
12:0850 vols de fret
12:09en moins par semaine
12:10à Charles de Gaulle
12:11et 4 000 camions de plus
12:13qui déboulent
12:13depuis la Belgique
12:14et la Hollande.
12:16Et en vérité,
12:18Chine contourne
12:19et il va se passer
12:20un événement.
12:21L'Europe fait quelque chose
12:22mais sur 1er juillet
12:23parce que quand elle décide,
12:24c'est toujours pour plus tard.
12:25Et donc,
12:26qu'est-ce qu'elle a décidé ?
12:27De rétablir la TVA
12:29et de mettre
12:31un droit de douane forfaitaire
12:33de 3 euros,
12:33donc comme une taxe
12:34sur les petits colis.
12:35Et bien,
12:36en vérité,
12:38la riposte de Chine
12:39va être
12:40de créer un méga hub
12:41logistique en Pologne
12:43avec 40 000 m2
12:46et c'est l'équivalent
12:46de 100 terrains de football.
12:47Tout automatisé
12:49pour continuer à vendre.
12:51Mais la proposition
12:52de l'industrie textile française
12:54d'ailleurs
12:54est de dire
12:55ça ne suffira pas,
12:56on n'y arrivera pas
12:57parce qu'après avoir détruit
12:58l'industrie textile,
12:59maintenant c'est le commerce
13:00qui est détruit.
13:01Donc ils disent
13:01soit on prend des mesures
13:03sur la publicité
13:04parce qu'en fait
13:05c'est la publicité,
13:06il y a des millions,
13:07des centaines de millions
13:07à investir dans la publicité
13:08par Chine
13:09qui fait son business
13:10et puis l'autre chose
13:11c'est le bonus-malus écologique.
13:14D'où que vienne
13:15le produit
13:15si on met un bonus-malus écologique
13:18ça fonctionnera
13:18et ce sera beaucoup plus efficace
13:20que la taxe des petits colis.
13:22Et ça c'est de la proposition
13:23de la fédération du textile.
13:26À un an de la présidentielle,
13:28la campagne est lancée,
13:30on va parler un peu de politique
13:31Arnaud Montebeau
13:32puisque Édouard Philippe
13:33était en meeting
13:34et il a sorti une formule
13:36qui a fait date.
13:37Écoutez.
13:38Le RN n'est pas comme il le dit
13:40ni de droite ni de gauche,
13:41il est parfois très à droite
13:44et souvent très à gauche.
13:46Si j'osais,
13:46je vous dirais volontiers
13:47que le Rassemblement national
13:48c'est un peu le nouveau
13:49en même temps.
13:50Le nouveau en même temps.
13:51Alors les macronistes
13:52ont dû apprécier
13:53comparer Emmanuel Macron
13:54au Rassemblement national
13:55et néanmoins
13:55dans la formule
13:56qu'Édouard Philippe a lâché.
13:58N'y a-t-il pas un peu
13:58de vérité finalement ?
14:00Deux lignes.
14:00Jordan Bardella,
14:02méloniste, libéral
14:03avec une Marine Le Pen
14:04qui veut rétablir
14:05la retraite à 62 ans.
14:06Vous y comprenez quelque chose
14:07à la ligne économique du RN ?
14:09Pas grand chose
14:10parce que vous avez
14:11des mesures juxtaposées
14:12mais il n'y a pas,
14:13et d'ailleurs le programme économique
14:14reste encore très flou,
14:16et il serait utile
14:17qu'on l'étudie ici.
14:19De près.
14:20Pourquoi ?
14:20Pour le comprendre déjà.
14:21Car vous avez un parti
14:23qui est finalement
14:25confronté à deux lignes.
14:27Vous avez une sorte
14:27de droite et de gauche
14:30qui correspond d'ailleurs
14:31aux couches sociologiques
14:32de la lésion au Front national.
14:33Beaucoup d'électeurs de gauche
14:34ont rejoint le Front national.
14:35Beaucoup d'électeurs de droite
14:36ont rejoint le Front national
14:37mais ils ne sont pas d'accord.
14:39Et ça se matérialise
14:40par Mme Le Pen
14:42plutôt dans les bastions
14:45historiques du socialiste
14:46et du communiste
14:46dans le Pas-de-Calais
14:47et la Côte d'Azur
14:50qui, elle,
14:51représente plutôt
14:52les bastions de LR
14:53qui ont basculé
14:53vers le Front,
14:54vers le Rassemblement national.
14:56Mais dans tout parti
14:57de gouvernement,
14:58vous avez un moment
14:59où vous êtes toujours
15:00une droite et une gauche.
15:01Il y en avait à l'UMP,
15:02il y en avait au Parti socialiste
15:03et il y avait des batailles.
15:05Et il y a un moment,
15:06il faut mettre tout ça
15:07sur la place publique
15:07et se mettre d'accord.
15:09Mais là,
15:10c'est le grand écart.
15:12Ce n'est pas vraiment comme,
15:13par exemple,
15:13vous dites à l'UMP,
15:14il y avait une droite
15:15un peu plus forte
15:16et une droite un peu plus pleine.
15:16Mais là,
15:17c'est le grand écart
15:18entre ces deux lignes
15:20libérales et presque socialistes.
15:21C'est-à-dire que c'est à eux
15:23de résoudre ce problème
15:23s'ils veulent convaincre
15:24les Français
15:26qu'ils sont une solution.
15:28Pour l'instant,
15:28personne ne comprend
15:29quel est le problème.
15:30D'ailleurs,
15:30la dernière fois
15:31qu'il y a eu un programme,
15:31c'était après la dissolution,
15:33M. Bardella avait un programme
15:35puis dès qu'il y avait
15:35des obstacles
15:36qui surgissaient
15:36dans la campagne,
15:37il l'abandonnait.
15:38Et à la fin,
15:39il y avait tout abandonné.
15:40Donc, il n'y avait plus de programme.
15:41Et c'est tout le problème
15:42du Front National,
15:43c'est qu'il n'est pas porté
15:44collectivement
15:45par l'ensemble des forces
15:46de ce parti.
15:47Il n'est pas connu
15:48de tous les Français.
15:49Il n'y a pas de contrat
15:50passé entre les Français
15:51et ce parti.
15:53Et donc,
15:53cette affaire,
15:55on va en parler encore
15:56beaucoup.
15:57Et nous allons essayer
15:58de comprendre
15:58ce qu'est le Front National.
16:01Le Rassemblement National.
16:02Oui, pardon.
16:02Le Rassemblement National,
16:04veuillez, je vous prie,
16:05bien vouloir m'excuser.
16:07Et donc,
16:07nous avons à voir
16:09si ce parti sera capable
16:11de régler
16:12ces conflits internes,
16:13ces contradictions.
16:14La retraite à 62 ans
16:15ou la retraite à 67 ans.
16:18L'augmentation du pouvoir d'achat
16:19ou la désindexation
16:21des retraites.
16:22Tous ces sujets-là,
16:23qui sont des problèmes
16:24avec des montagnes
16:26de problèmes à régler
16:27dans le pays,
16:27pour un parti de gouvernement
16:28qui prétend les régler,
16:30il va falloir quand même
16:30qu'il arrive avec autre chose
16:32qu'un programme
16:35flou et tiktokien.
16:36Il faut lever les flous.
16:38On va parler
16:38de la guerre en Iran
16:39et de ses conséquences économiques
16:41avec l'inflation
16:42qui repart à la hausse,
16:42la croissance à zéro.
16:44Alors,
16:44le gouvernement
16:45cherche des solutions
16:46et vous allez voir
16:46que les pistes,
16:47eh bien,
16:48inquiètent les chefs
16:49d'entreprise,
16:50austérité,
16:50coûts budgétaires.
16:51Les patrons vont-ils devoir
16:53mettre la main
16:53au portefeuille ?
16:54On va en parler
16:55avec Pierre Gattaz
16:56qui nous rejoint.
16:56Bonsoir,
16:57monsieur,
16:58vous êtes ancien,
16:59patron du Medef,
17:00auteur de Gagner Plus.
17:02C'est maintenant
17:02aux éditions Fayard
17:03avec des formules choc
17:06qui feraient hurler
17:07toute la gauche.
17:07On en parlera
17:08dans un instant,
17:09notamment la semaine
17:10des 40 heures.
17:11Mais d'abord,
17:11une première question.
17:12Le gouvernement
17:13cherche 6 milliards.
17:15est-ce que les patrons
17:17ont légitimement
17:18le droit de craindre
17:18qu'on va s'attaquer
17:19à l'entreprise ?
17:21Oui,
17:21parce qu'il y a un réflexe
17:23pavlevier en France,
17:24c'est de taxer,
17:24taxer, taxer,
17:25taxer encore.
17:27Or,
17:27dans nos entreprises
17:28et dans les autres pays
17:29qui sont plutôt responsables,
17:31on essaie de faire
17:31des économies.
17:32Quand vous avez une crise
17:33dans une entreprise,
17:34vous essayez de motiver
17:36vos équipes
17:36pour continuer la croissance,
17:38mais surtout,
17:38vous baissez le point mort,
17:39vous faites des économies.
17:40Vous dégagez les marges
17:41de manœuvre
17:42et c'est ce qu'on n'a pas fait
17:43en France depuis 40 ans,
17:44malheureusement.
17:45Et c'est ça qui est désespérant,
17:46c'est qu'aujourd'hui,
17:47les partis politiques
17:48sont complètement désespérants
17:49sur le sujet,
17:50un problème,
17:51on veut taxer.
17:51Un deuxième problème,
17:53ce sera demain un Covid-2,
17:54un nouveau virus,
17:55ce sera un problème d'énergie,
17:57on va taxer,
17:58on va toujours taxer.
17:59Et là, si vous voulez,
18:00c'est une démotivation
18:01terrible pour nous
18:02parce que nos marges
18:03d'entreprise,
18:03d'entrepreneur,
18:05sont faibles.
18:05On le sait,
18:06et plus vous êtes petit,
18:06TPE, PME,
18:07artisan, commerçant,
18:08c'est difficile.
18:09Donc, quand vous leur parlez
18:10de taxer,
18:11ils disent...
18:12Et vous êtes face à un entrepreneur,
18:13maintenant,
18:14qui connaît bien la question.
18:15Et j'apprécie tout à fait,
18:16je rends hommage
18:17à Arnaud Montebourg,
18:18qui est ancien ministre,
18:19qui est devenu entrepreneur.
18:20Moi, je trouve ça formidable
18:21parce que si tous nos ministres
18:24ou sous tous nos partis
18:25avaient pu avoir
18:26une expérience
18:28d'entrepreneur,
18:30eh bien,
18:30ils comprendraient
18:31un tout petit peu
18:31ce que les 4 millions
18:32de Français,
18:34les 4 millions de patrons disent
18:35et leurs 21 millions
18:36de Français,
18:37de salariés,
18:37dans ces boîtes.
18:38Ça fait quand même
18:3825 millions de Français.
18:39Alors, allez-y.
18:40Je milite,
18:41et vous le savez,
18:41puisque vous étiez
18:42mon interlocuteur au MEDEF
18:43lorsque j'étais au gouvernement,
18:45au ministère de l'Économie,
18:48je milite pour qu'on trouve
18:50dans ce pays
18:50un compromis social durable
18:52autour de l'entreprise.
18:54L'entreprise,
18:54c'est notre poule aux œufs d'or,
18:57c'est-à-dire celle
18:58qui fait vivre l'économie
19:00et donc le reste de la société.
19:02On en a besoin.
19:03Donc, évidemment,
19:05le sujet,
19:06c'est d'éviter,
19:08c'est plutôt de la protéger.
19:09Mais il faut quand même
19:10qu'on arrive
19:11à trouver un compromis
19:14capital-travail.
19:15– Oui, ce que dirait...
19:15– Donc, ça, attention,
19:16c'est un point
19:17sur lequel, moi,
19:19quand je dis
19:20ce que vous proposez,
19:21je trouve qu'il y a
19:22un déséquilibre
19:23en faveur du capital
19:24et le travail.
19:25Alors, comment vous proposez
19:26de mettre,
19:27j'allais dire,
19:28parce qu'il va falloir
19:29qu'on trouve un accord
19:30dans ce pays
19:31pour continuer
19:32à reprendre la course
19:33et se défendre
19:35et remonter
19:36parce que nous sommes pauvres.
19:37– On va finir pauvres ?
19:38Enfin, là,
19:38on est en train
19:38de s'appauvrir.
19:40On n'est pas pauvres,
19:41on est en train
19:41de s'appauvrir.
19:42– Exactement.
19:42Depuis 40 ans,
19:43le PIB par habitant
19:44baisse ou stagne.
19:45Tous les autres pays
19:46nous dépassent.
19:47En Europe,
19:48on le voit bien,
19:49la croissance est très faible
19:50depuis 20 ans.
19:51On est à 1% de croissance
19:52en France.
19:53La Suisse est à 2%.
19:54Le Singapour, 3-4%.
19:56Les Américains,
19:56bien plus élevés que ça aussi.
19:59Et il y a surtout
20:00un taux de chômage
20:00qui remonte à 8%,
20:01ce qui me traumatise
20:02personnellement.
20:03J'étais à fond
20:04dans le plein emploi,
20:05l'objectif du plein emploi.
20:06Je crois que c'est
20:06extrêmement important.
20:08Il faut qu'on y arrive
20:08à 4%.
20:09Et autre point
20:10très important,
20:11c'est qu'il faut qu'on donne
20:12du poire d'achat aux gens.
20:14Alors, c'est-à-dire
20:15qu'il faut que le salaire net
20:16augmente.
20:16Le travail ne paye plus.
20:18C'est ce que j'ai écrit
20:18dans ce livre,
20:20co-écrit avec
20:20Trois de mes pères,
20:21Michel de Roset,
20:22Xavier Fontanet
20:23et Maxime Ayache.
20:23– C'était un peu
20:24gagner plus,
20:25travailler plus
20:26pour gagner plus,
20:27votre proposition.
20:28– C'est un mix.
20:29– Vous auriez pu rajouter
20:29Nicolas Sarkozy
20:30dans les signataires, non ?
20:31– Parce qu'il y a
20:32gagner plus,
20:32c'est maintenant.
20:33Et c'est maintenant,
20:34c'est hollandais, ça.
20:35C'est François Hollande.
20:36Non ?
20:37Le changement,
20:38c'est maintenant.
20:38Donc, c'est un mix
20:39entre les deux.
20:39– Ah oui, j'ai compris.
20:40– Ah oui.
20:41– D'accord, d'accord.
20:41Je n'avais pas compris
20:42l'allusion.
20:43Le changement,
20:44on ne l'a pas trouvé.
20:44On ne l'a pas réussi.
20:45– Plus sérieusement,
20:46il faut donc…
20:47– Non, plus sérieusement,
20:48quand même,
20:48je crois que vous avez repéré
20:49des mesures
20:50dans le livre
20:50de Pierre Gattas
20:51qui, vous,
20:52l'ancien socialiste,
20:53vous vous étonnez.
20:54– Non, mais ce n'est pas
20:54seulement l'ancien socialiste,
20:56c'est aussi l'entrepreneur
20:57d'une certaine manière.
20:57La privatisation
20:58de l'assurance maladie,
21:00vous dites,
21:00en Nouvelle-Zélande,
21:01c'est intéressant,
21:03ils économisent
21:04parce qu'ils sont
21:05près de leurs sous,
21:06contrairement à la sécurité sociale.
21:07Il faut remarquer
21:07que la sécurité sociale,
21:08c'est 5% de frais de gestion,
21:11les mutuelles,
21:11c'est 11.
21:12Donc, quand c'est privé,
21:13ce n'est pas forcément meilleur.
21:14Et surtout, vous dites,
21:15les assureurs
21:16peuvent en appeler
21:17à la responsabilité individuelle
21:18des assurés.
21:20Donc, en fait,
21:21quand ils peuvent proposer
21:22des prix attractifs
21:23à ceux qui arrêtent de fumer
21:24et qui font de l'exercice,
21:25donc, en fait,
21:25on va être responsable
21:26de son cancer, maintenant.
21:28– Alors, en fait…
21:28– Vous voyez, ça va…
21:29Ça, par exemple,
21:30c'est une mesure
21:31qui me paraît excessive.
21:33– Alors, si je peux me permettre,
21:34il y a 30 mesures
21:34qui sont réparties
21:35en 4 blocs.
21:36Il y a,
21:36premier bloc,
21:37gagner plus,
21:38en travaillant un peu plus,
21:39pas beaucoup plus,
21:40un peu plus.
21:41– Non, pas beaucoup plus,
21:42quand même,
21:42c'est la semaine des 40 heures,
21:43je crois que vous voulez.
21:44– Alors, la semaine des 40 heures,
21:44si vous voulez,
21:45le problème de tout ça,
21:46c'est qu'en effet,
21:46si vous le dites comme ça,
21:47c'est mal vu.
21:48– Non, c'est pas que c'est mal vu.
21:49– Quand vous dites
21:50que c'est 8% net,
21:518% de salaire net en plus,
21:53et que je rencontre
21:54beaucoup, beaucoup
21:55de salariés,
21:56de chauffeurs de taxi,
21:56d'artisans,
21:57de gens qui me disent
21:58mais oui, 8% net,
21:59ça m'intéresse.
22:00Et j'ai mon beau-frère
22:02qui regarde la télévision,
22:03qui est au chômage,
22:04qui gagne plus que moi,
22:05ça les rend fou.
22:05Ça les rend fou.
22:06Il faut que le travail paye plus.
22:08Alors ça, c'est le premier bloc.
22:09Deuxième bloc,
22:09le modèle social.
22:10Qu'est-ce qu'on a ?
22:11On a un problème
22:11de charges sur le travail.
22:13C'est-à-dire que le salaire net
22:14est comprimé vers le bas
22:15et un coût du travail
22:16vers le haut.
22:17Donc c'est ça le problème.
22:18On a des charges patronales
22:19et salariales
22:20qui financent quoi ?
22:21Trois, quatre choses.
22:22La retraite,
22:23l'assurance chômage,
22:24la sécurité sociale
22:25et puis la maladie,
22:27la famille, etc.
22:28– Oui, la formation professionnelle.
22:29– Exactement.
22:30Regardons les trois blocs
22:31les plus importants.
22:31La retraite, en effet,
22:33on paye le fait
22:34qu'on part à la retraite
22:35assez tôt
22:36par rapport à tous
22:36nos voisins européens
22:37qui partent à 67 ans en général.
22:39L'assurance chômage,
22:40je vous le rappelle,
22:41est à 18 mois.
22:42En gros,
22:43en dessous de 55 ans,
22:44les autres pays
22:47sont à 12 mois.
22:47Et la sécurité sociale,
22:49alors j'ai regardé,
22:50ce ne sont pas
22:51des certitudes profondes,
22:53cher Arnaud,
22:53ce sont des pistes
22:54où je dis,
22:55regardons le modèle suisse.
22:56Le modèle suisse,
22:57ils sont à 3 800 euros net
22:58de SMIC à Genève.
23:00Nous, c'est 1450.
23:01C'est quand même
23:01très très faible.
23:02Et ils ont un système
23:05à 3 niveaux
23:06au niveau de la sécurité sociale.
23:07Une sécurité sociale
23:08obligatoire,
23:09premier niveau.
23:09Donc là,
23:10c'est les charges,
23:10bon, très bien,
23:11c'est comme ça.
23:12Deuxième niveau,
23:12semi-obligatoire.
23:14Et puis,
23:14un troisième niveau,
23:15c'est le fact-lutatif.
23:16Et en fait,
23:16ça leur permet de dire,
23:18en tant que citoyen suisse,
23:20bon, moi,
23:21je veux gagner du net,
23:22je veux du cash.
23:23Eh bien,
23:24ils ont la liberté
23:25de gagner du cash.
23:26Et ils disent,
23:26moi, je ne m'assure pas,
23:26tant pis,
23:27je prends le risque.
23:27– C'est comme la capitalisation
23:29en matière de retraite,
23:30en fait.
23:30C'est la même proposition
23:31que vous faites.
23:32– Mais c'est exactement ça.
23:32– Alors, j'ai noté
23:33sur les retraites
23:34que vous ne vous interrompte,
23:35mais c'est intéressant
23:37ce que vous proposez
23:37parce que je pense
23:38qu'il y a des choses
23:39qu'on doit absolument rejeter
23:41pour ma part,
23:41mais d'autres
23:42qui sont intéressantes
23:43dans ce que vous racontez.
23:44La fin de l'âge légal
23:46de la retraite,
23:46par exemple,
23:47il y a eu des propositions,
23:48y compris de la part
23:49de syndicats,
23:50qui ont dit,
23:51le sujet,
23:51c'est la durée
23:52de cotisation
23:53et certainement plus
23:56ce totem
23:56qu'est l'âge légal
23:57de la retraite.
23:58D'ailleurs,
23:59aujourd'hui,
23:59quand on regarde
24:00le temps de travail
24:01effectif dans une vie,
24:03la France n'est pas
24:03mal placée.
24:05Effectif,
24:06pas légal,
24:06mais effectif et réel,
24:08n'est pas si mal placé
24:09par rapport à l'Allemagne.
24:10Mais nous ne sommes pas
24:12assez nombreux
24:12à travailler en France
24:13pour financer
24:14notre modèle social
24:15qui est généreux.
24:16Donc, comment on fait
24:17pour recréer
24:18de l'activité,
24:19du travail,
24:20de l'emploi
24:20et des salaires ?
24:21– Alors, il y a deux questions.
24:22La première question,
24:23c'est que le problème
24:23de la France,
24:24c'est qu'on a des jeunes
24:27taux d'emploi des jeunes
24:27très faibles
24:28parce qu'on n'a pas développé
24:30les systèmes d'apprentissage
24:31à l'Allemagne,
24:31à la Suisse.
24:3370% des gamins
24:34de 17 ans en Suisse
24:35sont en apprentissage.
24:36Nous, c'est 5%.
24:37C'est très très faible.
24:38Alors, on a les lycées
24:39professionnels, etc.,
24:40mais ce n'est pas
24:40l'apprentissage.
24:41Donc, il y a beaucoup plus
24:42de gamins en Suisse,
24:43en Allemagne,
24:43en Autriche
24:44qui sont déjà
24:45dans l'entreprise
24:46depuis le début.
24:46Et puis, les seniors,
24:48les seniors qui partent
24:49à la retraite
24:49plutôt que les autres.
24:51Italie,
24:51la plupart des pays
24:52sont à 67 ans.
24:54Il faut tenir compte
24:54des métiers pénibles,
24:55des carrières longues.
24:56Je suis tout à fait d'accord.
24:57Mais vous, vous êtes
24:58pour la retraite à 67 ans.
24:59Mais moi, je suis pour
25:00le fait qu'on décale un peu,
25:01sachant que chaque année
25:02de plus par rapport
25:04à 64 ans,
25:05c'est 20 milliards de plus
25:06pour la collectivité.
25:07Donc, vous décalez
25:08de 64 ans à 67 ans,
25:10ça fait 3 ans de plus,
25:11ça fait 60 milliards.
25:12Mais il faut réenchanter
25:13ce travail.
25:13Il faut que ce travail paye.
25:14Il faut que ces années
25:15de plus payent.
25:17Moi, j'ai...
25:17Vous savez,
25:18parlons, vous interrompt,
25:18mais sur l'affaire
25:19de la retraite,
25:22les seniors travaillent
25:23jusqu'à l'âge de la retraite.
25:24En France, on est à 50, 55.
25:26Donc, on a la moitié
25:28des seniors qui sont au chômage.
25:30Pourquoi ?
25:30Parce que les entreprises
25:31ne veulent pas les employer.
25:33Donc, qu'est-ce que vous proposez
25:34pour que les entreprises
25:35s'emploient ?
25:35Vous êtes chef d'entreprise
25:36chez Radial,
25:37vous le savez.
25:38Il y a plusieurs choses.
25:39Moi, ce que je propose,
25:40c'est que les seniors,
25:41d'abord, aient moins de charges
25:42sur la tête.
25:43Il faut savoir qu'en Allemagne,
25:43aux Pays-Bas,
25:44en Angleterre,
25:46c'est plafonné les charges.
25:49Donc, vous pouvez vous payer,
25:49et je l'ai vérifié à Radial,
25:51trois ingénieurs en Allemagne,
25:52seniors,
25:53pour deux ingénieurs en France.
25:55Idem pour les Pays-Bas,
25:56idem pour l'Angleterre.
25:58Donc, prenons des mesures
25:59qui permettent
25:59que ça coûte moins cher.
26:00Et ces mesures,
26:01elles sont assez radicales.
26:02Pardon, je vous coupe,
26:02Pierre Gattaz,
26:03mais pas radicales,
26:04mais ce que je veux dire,
26:04c'est que globalement,
26:05dans ce livre,
26:06de bon sens ou pas,
26:08ce que vous avez repéré,
26:09Arnaud, aussi,
26:10c'est quand même,
26:10vous dites moins de charges,
26:11c'est globalement moins d'États,
26:13c'est moins d'aides dégressives,
26:15c'est tout un système
26:16à refaire.
26:16– Vous vous acharniez sur la fonction publique ?
26:18– Pas du tout.
26:18– Vous supprimez le statut
26:20pour les hospitaliers,
26:22la fonction publique hospitalière,
26:23et les profs ?
26:24– Alors, pas du tout.
26:25– Expliquez-moi,
26:26expliquez-moi ce que vous voulez faire.
26:27– Ce que je veux faire,
26:28c'est qu'il y a 5,7 millions de fonctionnaires.
26:31La moitié de ma famille est fonctionnaire,
26:32donc ce sont des gens engagés, etc.
26:34Qu'est-ce qu'ils ont comme problème ?
26:35Moi, je garde les quatre régaliennes,
26:38justice, police, armée, affaires étrangères.
26:40Les semi-régaliennes,
26:42enseignants et hospitaliers,
26:43il faut les garder.
26:44Je les garde, il n'y a pas de soucis.
26:45Par contre, c'est l'administration de l'administration.
26:48Il y a trois endroits d'affection publique
26:49qui ne vont pas.
26:50C'est l'administration de l'administration.
26:52On a estimé dans ce livre
26:54à 250 000 postes de fonctionnaires
26:56de l'administratif pur,
26:58où c'est obèse, etc.,
26:59ça ne va pas.
27:01Deuxième bloc,
27:02c'est toutes les agences.
27:03Il y a 1 000 agences
27:04qui ont été créées depuis 40 ans en France,
27:05qui ont 500 000 personnes.
27:07C'est d'une complexité inouïe.
27:09Quand vous voulez agrandir un site,
27:11j'en ai agrandi quelques-uns,
27:12vous avez 9, 10, des agences
27:15qui vont donner leur...
27:16Donc là, ça ne va pas du tout.
27:17Je pense qu'il y a la moitié
27:18de ces agences qui devraient disparaître.
27:20Et vous avez le millefeuille territorial.
27:22Vous avez six couches.
27:23Le commune,
27:24la communauté de communes,
27:25l'agglomération,
27:25l'agglomération,
27:26l'agglomération,
27:27Les Suisses en ont trois.
27:28Les Allemands en ont trois.
27:29Donc là, si vous voulez,
27:30vous avez encore quelque part
27:31comme il y a 2 millions de personnes
27:33dans les territoires.
27:34Donc là, si vous voulez,
27:35à la louche,
27:35vous avez 750 000 personnes
27:37qui ne devraient pas être là.
27:421 sur 2 ou 2 sur 3
27:43qui n'est pas la retraite.
27:44Deuxièmement,
27:45je fais du management participatif
27:46comme dans une entreprise.
27:47Vous connaissez mon usine
27:49de Château-Renaud,
27:49j'en ai 5 en France.
27:51On fait beaucoup
27:51de management participatif,
27:52on fait de l'IN,
27:53on fait de la qualité totale,
27:54on motive.
27:55Et puis on met de l'IA
27:57dans la fonction publique.
27:58Et là, à 10 ans,
28:00vous pouvez baisser
28:00cette charge énorme
28:02que nous avons
28:03qui ne sera pas en fiscalité.
28:04Vous dites effectivement
28:05que les aides sociales
28:05soient temporaires,
28:06dégressives avec des contreparties,
28:07que le RSA ne soit plus
28:09inconditionnel.
28:10Arnaud, vous,
28:10vous aviez voulu le RSA
28:12justement avec Martine Aubry.
28:13Est-ce que ça vous choque
28:14cette proposition de Pierre Gattaz ?
28:15En tout cas,
28:15on doit avoir un dispositif
28:18pour prendre en charge
28:19la pauvreté.
28:20La question de vous poser,
28:22qui est une question
28:23que beaucoup posent,
28:24mais elle est contestée
28:25par beaucoup de spécialistes
28:27de la question.
28:28Ils disent
28:28si vous vous attaquez
28:29à la pauvreté
28:30sous prétexte que les gens
28:31ne veulent pas travailler
28:31alors qu'ils n'en sont pas
28:33ils ne sont pas en situation
28:34de reprendre un travail.
28:35On va se retrouver
28:36avec des problèmes graves.
28:38Je ne dis pas ça.
28:38Je ne dis pas ça.
28:39Qu'est-ce que vous dites ?
28:40Attendez, attendez,
28:41M. Gattaz,
28:42je termine ce point.
28:44C'est un point sensible.
28:46Vous, votre position,
28:47c'est de dire
28:48que toutes les aides
28:50désincitent,
28:50n'incitent pas
28:51à retrouver le travail
28:52parce qu'il y a
28:54une espèce de voisinage
28:56qui fait que ce n'est pas intéressant
28:57de reprendre le travail
28:58quand on a quelques aides
29:00qui ne sont pas convaincants.
29:02Au bout de 15 heures par semaine,
29:05les gens préfèrent
29:07ne pas travailler
29:08et récupérer les aides.
29:09Et à 15ème heure,
29:10ça bascule.
29:11C'est clair,
29:12tout le monde le sait.
29:13Et donc là,
29:14je dis,
29:15il faut trouver un système
29:16pour que les gens
29:16travaillent 30 heures,
29:1839 heures
29:19et être un système
29:21de biseaux,
29:23des aides.
29:23Donc je ne dis pas
29:24sauvagement
29:24qu'il faut arrêter tout ça.
29:26Je dis qu'il faut
29:26les remettre au travail
29:27pour ceux qui peuvent.
29:28Alors il y a des gens
29:29qui ne peuvent pas.
29:29Bon, ceux-là,
29:30c'est le chômage,
29:31c'est le RSA,
29:32c'est les aides,
29:32etc.
29:33C'est clair.
29:34Il y a des gens
29:34qui ne travailleront pas
29:36pour des questions physiques.
29:37Mais il y en a beaucoup
29:38qui peuvent travailler
29:39et je pense qu'il faut
29:40supprimer progressivement
29:41ces aides
29:41pour que les remettent
29:42au travail.
29:42Comment les remettre au travail ?
29:43Il faut réindustrialiser.
29:45Chez Arnaud Bonnebourg,
29:46on va être d'accord.
29:47On a perdu 2 millions
29:48d'emplois industriels
29:49en 40 ans.
29:50On a créé 2 millions
29:51d'emplois de fonctionnaires
29:52en parallèle.
29:53On réindustrialise où ?
29:54Dans la souveraineté,
29:56il y a quoi comme souveraineté ?
29:57Vous avez 1, le militaire,
29:58fondamental.
29:592, la planète, l'énergie,
30:01le nucléaire, fondamental.
30:023, la santé.
30:03On ne va pas aller chercher
30:04nos médicaments en Chine encore.
30:06La santé, l'alimentaire,
30:08fondamental.
30:09Quatrièmement,
30:09tout ce qui est technologique,
30:10IA, data, quantique.
30:12Ce sont de la souveraineté
30:13qu'il faut faire
30:14pour être libre,
30:16pour ne pas dépendre des autres,
30:18pour ne pas importer
30:19de l'inflation.
30:20Ça, j'en suis convaincu.
30:21Comme vous le savez,
30:22je vous interromps.
30:24Je supporte des accords
30:25sur ce point-là.
30:26C'est le moins qu'on puisse dire.
30:27Mais vous avez en Allemagne
30:3010 points de taux d'emploi
30:32de toute la population active
30:33en âge de travailler
30:34et un écart de 10 points.
30:35Oui.
30:3668% en France,
30:3778% en Allemagne.
30:39Oui.
30:39Il manque,
30:40il manque,
30:4110% de la population active
30:43qui n'accède pas au travail
30:44parce qu'il n'y a pas de travail.
30:45Oui, parce que,
30:46pourquoi il n'y a pas de travail ?
30:47Regardez, parce que...
30:48Donc comment on va faire ?
30:48Parce qu'il y a une fiscalité,
30:49je pense qu'il faut remettre
30:50une fiscalité de compétition,
30:52comme je le dis,
30:53j'adore ce mot,
30:54une fiscalité de combat.
30:55Moi, j'ai vu mes 20 concurrents
30:57de Radial en 40 ans
30:58partir, se vendre,
30:59à cause de l'ISF.
31:01Quand je dis ça,
31:01on me dit,
31:01machin, mais c'est vrai.
31:03L'ISF, la fiscalité,
31:05lorsqu'elle est idéologique,
31:06lorsqu'elle tape la réussite,
31:07la richesse, etc.,
31:08ça ne marche pas.
31:09Alors, attendez,
31:10mais je vous le dis parce que...
31:11Non, mais M. Gattaz,
31:12vous reprenez toujours
31:13tous les marronniers du patronage.
31:14Pas du tout, pas du tout, pas du tout.
31:15Mais non, mais je vois,
31:16mais non, pas du tout.
31:17Je dis juste que...
31:18Un peu aujourd'hui.
31:19Vous vous attaquez au SMIC,
31:20au CDI...
31:21Je ne m'attaque pas du tout au SMIC.
31:22Je dis juste que je veux
31:23que les gens travaillent...
31:24Que les gens...
31:25Que le travail paye plus.
31:27Comment ils payent plus ?
31:28Il faut que les...
31:29Vous l'avez dit en introduction,
31:30que les entreprises,
31:31c'est la Sainte Vierge,
31:34c'est la poule aux oeufs d'or.
31:35Et vous, si vous avez des entreprises
31:37qui sont compétitives et profitables,
31:38avec des gens motivés,
31:40des patrons motivés,
31:41des salariés motivés,
31:42vous créez du bien-être pour les gens
31:43et vous créez du bien-être pour la planète.
31:45C'est comme ça que ça marche.
31:47C'est comme ça que je gère ma boîte radiale.
31:49Moi, plus je suis compétitif,
31:50plus je monte en gamme
31:51et moins je sois...
31:54Plus je suis en croissance
31:55et mieux je me porte.
31:56Et c'est vrai pour un pays.
31:57Donc, qu'est-ce qu'il faut faire
31:58pour répondre à votre question ?
31:59On va réindustrialiser.
32:00Il faut réindustrialiser.
32:01Pour réindustrialiser,
32:02vous devez vous attaquer à deux choses.
32:04fondamentales, ou trois choses.
32:06C'est un, la fiscalité,
32:07il faut l'améliorer un peu.
32:09En douceur, on ne remplace pas les...
32:10En douceur, en douceur.
32:12Il n'y a pas besoin d'avoir
32:13le mettre le feu au pays.
32:14Deuxièmement, cette optimisation
32:15du modèle social dont j'ai parlé.
32:17Troisième chose,
32:17cette bureaucratie, c'est énorme.
32:20Entendu.
32:21Une ultime question.
32:22Est-ce que vous avez des interlocuteurs
32:25avec qui négocier ce genre de choses ?
32:26Je vois tous les partis politiques actuellement.
32:28J'essaie de les voir.
32:29Je leur essaie d'expliquer.
32:30Des syndicats ?
32:31J'essaie de voir quelques syndicats.
32:33Que j'invite régulièrement.
32:35Oui, mais vous allez voir un peu plus.
32:37Ils ne viennent pas assez.
32:38Absolument, mais je crois que
32:39si on est d'accord sur l'entreprise
32:41et l'outil de travail
32:42et la compétitivité.
32:44Vous savez, moi, j'ai discuté une heure
32:45avec le grand patron du syndicat allemand
32:47qui s'appelle Egan Natal
32:48et qui s'appelle Hoffmann
32:49il y a une dizaine d'années.
32:50À la fin de notre rencontre,
32:52je lui ai dit
32:52qu'était votre mot-clé, monsieur Hoffmann.
32:54Il m'a dit
32:55compétitiveness, la compétitivité.
32:57Alors, je me suis écroulé.
32:58Ce n'est pas en allemand,
32:59c'est en allemand moderne,
33:00c'est en anglais.
33:00C'était en anglais.
33:01Alors, je lui ai dit
33:02mais pourquoi ?
33:02Parce que si nos boîtes sont compétitives,
33:04on peut augmenter les salaires,
33:06on peut faire des primes,
33:06on peut prendre des apprentis,
33:08on peut avoir des primes, etc.
33:11Il a tout compris
33:12et je pense que le jour
33:13où on serait d'accord,
33:14gauche-droite,
33:16patronat syndicat
33:16sur le fait que l'entreprise
33:18doit être à la clé
33:18du redressement économique du pays
33:20et pour ça,
33:21il y a quelques fondamentaux.
33:23Des gros réglages à faire.
33:24Des gros réglages.
33:26Merci, Pierre Gattaz.
33:27Tous ces réglages,
33:28effectivement,
33:29en douceur
33:29pour ne pas faire enflammer
33:30le pays son,
33:31sur votre livre
33:32que vous allez nous le remontrer,
33:34Gagnez plus,
33:34c'est maintenant
33:35votre travail
33:36mérite d'être bien payé.
33:37Merci, Pierre Gattaz,
33:38d'avoir été l'invité
33:39d'Arnaud Montebourg ce soir.
33:40Merci, monsieur Gattaz.
33:42Arnaud, on passe
33:42de notre rubrique
33:44On marche sur la tête
33:45ou plutôt
33:46on marche au-dessus de nos têtes
33:48puisqu'on va parler
33:48de tout ce qu'il y a
33:49dans ce téléphone-là,
33:50c'est-à-dire
33:51les données,
33:52les vidéos de famille,
33:54les messages WhatsApp,
33:55toutes ces données,
33:56elles sont stockées
33:56dans des énormes hangars
33:58climatisés
33:59qu'on appelle
33:59des data centers,
34:01des hangars géants
34:02qui tournent en permanence
34:03et qui consomment
34:04l'électricité entière
34:05d'une ville.
34:07Écoutez bien,
34:07qui pollue ?
34:08Alors, certains ont eu
34:09une idée folle.
34:10Eh bien, pourquoi pas
34:10de les envoyer
34:12dans l'espace,
34:13en orbite ?
34:13Bonsoir, Eric Lhomme.
34:15Vous êtes PDG
34:16et fondateur d'Alatir
34:17et je le précise,
34:18vous êtes ancien
34:19d'Ariane Group,
34:20un homme très sérieux
34:22donc qui veut
34:23concurrencer
34:23Elon Musk.
34:24Qu'est-ce que vous avez pensé,
34:25Arnaud Montebourg,
34:25d'abord,
34:26de cette folie
34:27d'envoyer ces data centers
34:29dans l'espace ?
34:29C'est une folie qui vient
34:31d'Amérique,
34:32puisque M. Bezos
34:34veut envoyer,
34:35je crois,
34:36plusieurs dizaines
34:37de milliers
34:38de data centers
34:41dans le ciel
34:42en basse orbite,
34:43que SpaceX
34:44vienne demander
34:45l'autorisation
34:45au gouvernement américain
34:46d'envoyer
34:47un million
34:47de data centers
34:49en orbite basse
34:51pour qu'il utilise
34:52l'énergie solaire
34:54gratuite,
34:55permanente
34:56et éviter
34:57que,
34:58vous le savez,
34:58les Américains
34:59ont commencé
34:59à protester
35:00contre l'IA
35:00et contre les data centers.
35:02Il y a maintenant
35:03des États
35:03qui les interdisent.
35:04Donc,
35:04il se passe quelque chose
35:05dans la révolte populaire
35:07contre le data center.
35:09Donc,
35:09c'est un sujet
35:10à surveiller
35:11comme le lait sur le feu
35:12pour nous,
35:13Européens.
35:14Et donc,
35:15SpaceX
35:16a vendu
35:17à ses actionnaires,
35:18il est en train
35:19de faire une levée en boucle.
35:20SpaceX,
35:20donc,
35:21dont Elon Musk
35:21est propriétaire.
35:22qu'il est en train
35:25de monter
35:26une levée en bourse
35:27pour 1750 milliards.
35:29Il leur vend
35:30que les data centers
35:32dans l'espace
35:33sont moins chers
35:34que sur localisation terrestre.
35:37Donc,
35:37évidemment,
35:38il y a des Français
35:38qui sont en train
35:40d'emboîter le pas
35:41ou de chercher
35:42des solutions alternatives
35:43et je crois
35:44qu'on l'a en face de nous.
35:45Cher monsieur,
35:46expliquez-nous
35:47comment vous allez faire
35:48pour lutter
35:48quand vous avez
35:49des data centers
35:50dans l'espace
35:51contre les tempêtes solaires
35:53la latence,
35:54les problèmes
35:55de refroidissement
35:55et les débris spatiaux
35:57parce que bientôt,
35:58il va y avoir
35:59en permanence
36:00des débris spatiaux
36:01qui vont détruire
36:02tout ce qu'on pourra lancer.
36:04Expliquez-nous
36:04ce que vous voyez,
36:05vous,
36:06qui êtes un homme
36:07de l'espace.
36:08Bonsoir
36:08et merci beaucoup
36:09de votre invitation.
36:10Alors,
36:10effectivement,
36:11les data centers orbitaux,
36:12ce n'est plus du tout
36:13de la science-fiction.
36:14Ça va arriver.
36:15Il y a différentes façons
36:16de le faire
36:16et nous,
36:17on le fait très différemment
36:18des Américains.
36:19Donc,
36:20ce sont des data centers
36:21qu'on assemble
36:22robotiquement
36:23directement en orbite
36:26comme par des robots.
36:27Imaginez un Lego spatial.
36:29On a divisé
36:30le data center
36:31en différentes briques
36:32essentielles
36:32qu'on va assembler
36:33comme un Lego.
36:35Et alors,
36:35ça,
36:35ça permet de passer
36:36du spatial jetable
36:38des constellations
36:39de centaines
36:40de milliers
36:40de satellites
36:40qui ont des durées
36:42de vie très courtes.
36:42Combien de temps ?
36:433, 4, 5 ans.
36:44Et qu'est-ce qu'on fait
36:44du satellite
36:45quand il est fini ?
36:46Ils sont désorbités
36:47la plupart du temps
36:47quand ils sont en orbite
36:49très basse.
36:49Ça veut dire désorbités ?
36:50C'est-à-dire qu'ils rentrent
36:51dans l'atmosphère
36:51et ils sont détruits
36:52en rentrant dans l'atmosphère.
36:54Mais ce n'est pas forcément neutre
36:55et ce n'est pas forcément
36:56la bonne façon de le faire
36:57ni sur le plan économique
36:58ni pour un espace durable.
36:59Et donc,
37:00nous,
37:00nous voulons passer
37:01à un espace industriel,
37:03durable,
37:04où effectivement,
37:05les robots
37:06assembleront,
37:06mais resteront en orbite
37:07pour faire la maintenance,
37:08remplacer les parties
37:09de l'architecture
37:10du système
37:11qui ont besoin
37:11d'être remplacées
37:12au moment où
37:13elles ont besoin
37:13d'être remplacées
37:14sans jeter le reste
37:15de l'infrastructure.
37:16Et ça,
37:17c'est effectivement
37:18une course
37:20technologique
37:21mais aussi géopolitique
37:22avec les Etats-Unis,
37:23avec la Chine.
37:24Et cette façon de faire
37:25est une opportunité
37:26pour l'Europe
37:27pour prendre
37:28un vrai leadership technologique.
37:29Pardon,
37:29excusez-moi,
37:30je pose une question
37:30et moi,
37:31je suis très sensible
37:32à mes données personnelles.
37:33Si jamais le data center
37:34était envoyé dans l'espace,
37:35il se passe quoi
37:36si on perd le contact
37:38Houston, Houston ?
37:38Je perds toutes les données ?
37:40C'est le cloud
37:41qui disparaît
37:41dans l'espace.
37:42C'est au-dessus du cloud.
37:44Non,
37:44il n'y a pas plus de risque
37:44qu'avec un data center terrestre.
37:46Au contraire,
37:48les raisons d'envoyer
37:49un data center
37:50dans l'espace,
37:50au départ,
37:51sont de répondre
37:52aux enjeux
37:53de l'explosion
37:54des besoins de l'IA.
37:55Ça,
37:55on en est tous conscients.
37:57Les data centers,
37:58c'est l'infrastructure
37:58qui est clé,
37:59qui est au cœur
38:00de tous nos besoins
38:00et les usages
38:01vont continuer
38:02à augmenter
38:03avec toutes les contraintes
38:05que vous avez listées
38:06sur les réseaux électriques,
38:08la production d'électricité,
38:10sur la consommation d'eau,
38:11sur l'occupation
38:12des sols,
38:12etc.
38:13On a de très bonnes raisons
38:15de le faire en orbite.
38:17Une autre bonne raison,
38:18c'est la sécurité,
38:19puisque les data centers
38:20aujourd'hui sont devenus
38:21des cibles militaires
38:22sur Terre.
38:23Or,
38:23demain,
38:24en cas de catastrophe naturelle...
38:25Certaines ont été attaquées
38:26d'ailleurs pendant la guerre
38:27en Iran.
38:28Effectivement,
38:28les gardiens de la révolution
38:30s'en sont pris
38:31à des data centers.
38:32Je ne sais plus
38:32dans quel pays du Moyen-Orient,
38:34mais effectivement,
38:34ils sont des cibles
38:35et donc,
38:36c'est un enjeu de souveraineté.
38:37Attaqués physiquement,
38:38attaqués par des attaques cyber
38:40ou simplement
38:41des catastrophes naturelles
38:42qui vont disrupter
38:43l'état des réseaux sur Terre.
38:44Est-ce que vous,
38:45pardon,
38:45vous interrompt,
38:46mais est-ce que vous ne pensez pas
38:46qu'il y aura aussi
38:47des attaques spatiales
38:48et que la guerre spatiale
38:50va commencer ?
38:50Puisqu'il y aura des enjeux
38:51cette fois-ci
38:52qui seront autres
38:52que ceux qu'on a connus
38:54jusqu'à présent.
38:54C'est un degré supplémentaire
38:56de résilience.
38:57C'est-à-dire,
38:57ce n'est pas ou l'un ou l'autre
38:58en général,
38:59c'est un degré supplémentaire
39:00de résilience
39:01et c'est quand même
39:02plus compliqué
39:03et ça a beaucoup plus
39:04de conséquences
39:05d'aller attaquer
39:06une infrastructure
39:07physiquement en orbite.
39:08Mais sinon,
39:09pour la dernière question,
39:11le dernier enjeu,
39:12c'est celui de la souveraineté.
39:13Vous parlez de la souveraineté
39:14de vos données,
39:14justement.
39:15On parle beaucoup
39:16des clouds souverains
39:17et des data centers souverains.
39:19Là, ça veut dire
39:20qu'avec des data centers
39:21en orbite,
39:22on peut avoir accès
39:23depuis n'importe quel point
39:24du globe
39:25à un data center souverain.
39:27Et pour certaines industries
39:29comme la banque,
39:30par exemple,
39:30c'est quand même essentiel.
39:32Oui,
39:32insusceptible d'appropriation
39:33et de contrôle
39:34par une nation
39:36malveillante
39:36ou peu alliée.
39:37Mais en tout cas,
39:39on se met à l'abri
39:40des problématiques
39:42de réglementation
39:43et d'extraterritorialité
39:45en ayant accès...
39:46Entendu ça,
39:47effectivement,
39:47on a entendu.
39:48Arnaud,
39:48est-ce qu'on marche
39:49sur la tête ou pas ?
39:50C'est-à-dire que la France,
39:51vous parliez d'espace durable,
39:52ça m'a choquée.
39:53Après avoir,
39:53finalement,
39:54l'homme,
39:54après avoir pollué la Terre,
39:55va se mettre peut-être
39:56à polluer l'espace.
39:58Est-ce que vous avez été convaincu
39:59que les États-Unis y vont ?
40:00Est-ce que nous,
40:00on doit investir l'espace ?
40:02De toute façon,
40:03nous y sommes
40:04puisque nous sommes
40:05une puissance spatiale
40:06française et européenne.
40:08Nous y sommes.
40:09La question,
40:10c'est qu'est-ce qu'on fait
40:10de cette puissance ?
40:12Et il y a aujourd'hui
40:13des enjeux spatiaux militaires,
40:16il y a des enjeux civils.
40:18La question qui est posée,
40:19c'est est-ce que vous pensez
40:20que M. Musk
40:21va obtenir l'autorisation
40:22de la NASA
40:23pour son délire
40:26mégalomaniaque ?
40:26Alors,
40:27on est très loin
40:28de déployer un million
40:29de satellites en orbite.
40:30Aujourd'hui,
40:30il y a 15 000 satellites
40:31opérationnels en orbite,
40:32dont les deux tiers
40:33pour Starlink,
40:34donc pour Elon Musk.
40:35Donc là,
40:36on parle encore
40:36d'un autre monde.
40:38nous,
40:39on est convaincu
40:40que la bonne façon
40:41de créer
40:42ces capacités en orbite,
40:43c'est de le faire
40:43avec des robots,
40:45avec des infrastructures
40:45durables.
40:46Et effectivement,
40:47la question,
40:47ce n'est pas
40:48est-ce que ces infrastructures
40:49existeront ?
40:49Elles existeront.
40:51La question,
40:51c'est est-ce que l'Europe
40:52aura ses propres infrastructures
40:54souveraines ?
40:55Et c'est ça que l'on propose
40:56avec en plus
40:57un leadership technologique.
40:58Merci infiniment
40:59d'avoir été l'invité
41:00de cette rubrique.
41:01Merci de vos efforts.
41:02On marche sur la tête
41:03et on marche vers les étoiles.
41:06Merci infiniment.
41:07On continue à parler
41:08de cette guerre en Iran
41:09qui met les agriculteurs
41:10à genoux,
41:11qui fait flamber
41:12le prix des engrais,
41:14le prix du gazole
41:14et les banques
41:15qui ferment le robinet.
41:16Mais certains ont trouvé
41:17une solution inattendue,
41:19c'est le leasing de vaches.
41:20C'est-à-dire qu'on peut
41:21louer des vaches
41:22comme on loue une voiture.
41:23Le principe,
41:24si vous,
41:25derrière votre téléviseur,
41:25vous avez, je ne sais pas,
41:262600 euros
41:27qui sont placés
41:28sur un livret A.
41:28Vous n'êtes pas satisfait
41:30de votre rendu.
41:31Eh bien, vous pouvez
41:32confier votre argent
41:33à Maï Marguerite
41:34qui va se mettre
41:34à louer des vaches
41:36à des agriculteurs
41:37et ça vous rapporte
41:385% par an.
41:39Bonsoir,
41:40Karl Darginhoff.
41:41Vous êtes responsable
41:43de la relation investisseur
41:44chez Maï Marguerite
41:45et à votre côté,
41:46il y a Justine Chen,
41:49agriculturiste
41:49et copropriétaire
41:50de l'élevage
41:51de la pierre dorée
41:53dans l'Ins.
41:53Ce qui est intéressant,
41:54c'est que sur les 90 vaches,
41:55il y en a 40
41:56que vous louez.
41:57Qu'est-ce que vous pensez
41:58de ce nouveau système
42:00de lésime de bovins ?
42:01C'est étonnant.
42:02Alors d'abord,
42:02ce n'est pas un nouveau système
42:03parce que dans le code Napoléon,
42:04il y a le bail à cheptel
42:06qui a été inventé en 1804.
42:07Et le bail à cheptel,
42:09ça consiste à éviter
42:10l'échange de numéraire
42:12et d'argent.
42:13Je vous prête
42:1510 génisses
42:16qui vont faire des veaux,
42:17vous m'en rendez une par an
42:19chaque année
42:20sur 10 ans.
42:20Et donc,
42:21c'est ça le bail à cheptel.
42:23Et d'ailleurs,
42:23c'est un peu
42:24ce que vous avez imaginé
42:27et c'est ce que faisait
42:29cette entreprise.
42:30Alors évidemment,
42:31il y a un moment,
42:32il va falloir mobiliser
42:33de l'épargne,
42:33il va falloir financiariser
42:35un peu
42:35et faire en sorte
42:36que des éleveurs
42:37qui ont trop de dettes
42:39parce que le crédit agricole
42:40ne prête plus,
42:41qui ont eu un problème
42:42des abattages de troupeaux,
42:44c'est arrivé quand même
42:44énormément,
42:45qui ont des problèmes
42:46de rentabilité passagère.
42:48En ce moment,
42:49c'est le cas.
42:49Je rappelle qu'il y a
42:50beaucoup d'entreprises
42:51agricoles en raison
42:52des événements géopolitiques
42:53qui sont dans le négatif
42:55et ça ne va pas s'arranger.
42:56Donc,
42:57il est évident
42:57que l'agriculture
42:59doit,
42:59elle aussi,
43:00innover
43:01et inventer des solutions
43:02pour soutenir
43:04le financement
43:05des entreprises
43:07viables.
43:08Madame,
43:08vous,
43:08vous êtes éleveuse laitière.
43:11Oui,
43:11tout à fait.
43:12Bon,
43:13quand vous perdez
43:1410 vaches
43:15et que vous ne pouvez pas
43:16les reconstituer,
43:17vous perdez votre revenu,
43:18vous perdez votre outil
43:19de travail.
43:20Donc,
43:21la location,
43:21le bail à Cheptel
43:22est une solution
43:23qui a été inventée
43:24par les révolutionnaires.
43:26Les révolutionnaires,
43:27il y a 200 ans.
43:28Justine Chen,
43:29racontez-nous ce qui s'est passé
43:30et justement,
43:31pourquoi est-ce que
43:31vous en êtes venue
43:32à ce système de location ?
43:33Je crois que vous étiez
43:33endettée à hauteur
43:34de 700 millions d'euros,
43:35le Covid était passé par là.
43:36Racontez-nous.
43:37En fait,
43:37moi,
43:37je me suis installée
43:38en 2021,
43:39donc j'ai acheté
43:40ma ferme
43:42et on était juste
43:44avant Covid,
43:45donc les banques
43:46étaient frileuses
43:47à me prêter
43:47et je ne pouvais pas
43:48acheter mes 40 vaches
43:50pour augmenter
43:51mon troupeau
43:52pour pouvoir
43:53financer ma ferme.
43:55Donc,
43:55Gestelle est intervenue
43:56à ce moment-là.
43:59Alors,
44:00monsieur,
44:01vous,
44:01comment aujourd'hui
44:02mobilisez-vous l'épargne ?
44:04Parce que vous avez
44:0440 000 vaches
44:05aujourd'hui en bail,
44:07le troupeau
44:08de vaches laitières
44:09en France
44:09c'est 3 millions et demi,
44:11donc c'est très petit,
44:12mais vous avez des ambitions,
44:13expliquez-nous ce que vous voulez faire
44:14parce qu'on a besoin
44:15de solutions innovantes
44:17dans l'agriculture.
44:18Absolument,
44:18donc en fait,
44:19moi je souhaite mobiliser
44:21le plus grand nombre
44:22d'épargneurs français
44:22pour les informer
44:24qu'il existe un produit
44:25à leur disposition
44:26qui leur permettent
44:27en fait d'investir
44:28sur un support tangible,
44:29décorrélé des marchés financiers
44:30qui contribuent
44:31à financer
44:32l'agriculture française
44:33directement
44:33nos agriculteurs
44:34et donc pour cela,
44:36eh bien,
44:36voilà,
44:36on explique
44:38que c'est un métier
44:39qui existe depuis très longtemps,
44:41qu'il est utile
44:42de diversifier son actif
44:44lorsqu'on veut
44:47placer son argent.
44:48Alors moi,
44:48je pose une question
44:49très simple,
44:50Arnaud,
44:50si vous me permettez,
44:50je suis une bonne épargnante
44:52non contente
44:53de ce livret.
44:54Si je place mon argent
44:56chez My Marguerite
44:57et que la vache meurt,
44:58que se passe-t-il ?
44:59C'est un rendement garanti,
45:01c'est 5% garanti ?
45:02Alors,
45:02il n'y a jamais rien de garanti,
45:03mais par contre,
45:04nous avons des procédures
45:05qui permettent en fait,
45:06lorsque l'on constate
45:07un décès d'un animal
45:08qui est la propriété
45:10d'un de nos investisseurs,
45:11on va automatiquement
45:12prélever un autre animal
45:13dans le cheptel
45:14et l'éleveur,
45:15lui,
45:16fera une déclaration
45:17auprès d'une grande compagnie
45:18d'assurance
45:18de la perte de l'animal
45:19et il sera couvert en fait.
45:21Donc,
45:21un investisseur
45:22ne perd pas d'animaux.
45:24Non,
45:24et l'agriculteur
45:27est couvert aussi
45:28puisque en fait,
45:28c'est un accord
45:30gagnant-gagnant.
45:31L'investisseur ne perd pas,
45:32l'éleveur non plus
45:33puisque c'est
45:35une méthode
45:36de financement
45:37depuis très longtemps
45:39qui permet
45:40de maintenir en état
45:42un outil
45:43de travail
45:43pour des paysans
45:44qui vivent
45:46avec leur cheptel.
45:48Et quand vous avez des,
45:49vous avez eu des,
45:50après,
45:51avec la,
45:51depuis la vache folle,
45:52on a eu une succession
45:53de crise sanitaire,
45:54la dernière
45:54a été extrêmement dure,
45:56il y a eu des moments,
45:57vous savez,
45:57un éleveur
45:58avec son troupeau,
45:59quand on lui retire,
46:01vous avez vu les drames
46:02que ça a provoqués
46:02dans le sud-ouest,
46:03on le retire
46:04et comment fait-il
46:05pour reconstituer
46:06à la fois
46:07des années génétiques,
46:09de travail
46:10sur les croisements,
46:12puis il les connaît toutes,
46:13c'est vache.
46:14C'est là le plus difficile,
46:16c'est que il est,
46:16quand c'est une décision
46:18préfectorale
46:18d'abattre le troupeau,
46:19en fait,
46:19il est couvert
46:20puisque c'est nous,
46:21contribuables,
46:22qu'allons l'indemniser.
46:23La difficulté,
46:24c'est bien ça,
46:24c'est qu'il perd
46:25la qualité génétique,
46:26ça peut être des fois
46:2710, 20 ans,
46:2830 ans de génétique.
46:29Et ce qui est intéressant,
46:30c'est que ce système,
46:31il pourrait finalement
46:33se normaliser
46:33puisque votre filière
46:35Bovicache
46:35vient de lever
46:36100 millions d'euros,
46:38c'est-à-dire qu'on passe
46:38d'un petit système
46:39à une échelle industrielle
46:41et on permet
46:41à des financiers
46:42d'investir dans ce système
46:44qui pourrait rendre
46:45souveraine
46:46l'agricultrice,
46:48l'agriculteur,
46:48oh,
46:49aidez-moi Arnaud,
46:50je vous en supplie,
46:51l'agriculture.
46:52Oui,
46:52absolument.
46:54En fait,
46:54il faut bien comprendre
46:55que les choses ont changé,
46:57c'est-à-dire que
46:58nos agriculteurs,
46:59par le passé,
46:59n'avaient pas les mêmes
47:00besoins en termes
47:00de financement qu'aujourd'hui.
47:01Il y a énormément
47:02de petits agriculteurs
47:04qui ont fermé
47:05et les jeunes ne veulent pas
47:06reprendre leurs activités
47:07parce que nos jeunes agriculteurs
47:08ne veulent pas travailler
47:0920 heures par jour
47:10pour ne pas partir en vacances
47:11et ne pas gagner d'argent.
47:12Et donc,
47:12ça nécessite en fait
47:13aujourd'hui d'avoir
47:14des exploitations
47:14qui soient correctement équipées
47:16en robots de traite,
47:17en robots de distribution alimentaire,
47:19que le bien-être animal
47:20soit aussi géré
47:21avec des brumisateurs l'été.
47:22Et en fait,
47:23tout ça nécessite
47:23des financements conséquents
47:25et parce que les jeunes
47:26veulent avoir
47:27des exploitations profitables
47:28qui leur permettent
47:29d'avoir des bonnes conditions
47:30de travail
47:30et d'avoir des bonnes conditions de vie.
47:32Et enfin,
47:33l'allocation,
47:34c'est véritablement
47:34un outil financier
47:35qui vient s'associer
47:38au financement,
47:39à la dette bancaire,
47:39etc.,
47:40qui est alternatif
47:40ou complémentaire.
47:41Je vois qu'en 5 ans,
47:43on a perdu 350 000 vaches laitières.
47:45En 5 ans.
47:46Donc,
47:47il y a une déperdition très forte.
47:50Les élevages ne sont pas repris.
47:52Vous êtes jeune
47:53et ça va être votre vie
47:54pendant certainement
47:55une belle carrière agricole
47:57et je vous en félicite.
47:58J'espère.
47:59Et vous en remercie
47:59d'avoir choisi
48:00et embrassé ce métier.
48:01Vous venez d'une famille agricole
48:03ou vous avez décidé
48:04d'embrasser ce métier ?
48:06Non,
48:06je suis issue
48:07d'une famille agricole
48:08mais je n'ai pas repris
48:08la ferme familiale.
48:10Vous voyez,
48:11quand des jeunes
48:12rachètent une ferme,
48:14ils prennent des dettes
48:15pour des années
48:16et c'est quand même
48:17très difficile ensuite
48:19quand il y a un événement
48:20ou des décisions de croissance
48:22qu'il faut augmenter
48:23le cheptel.
48:25Un bon troupeau laitier,
48:26c'est 70 vaches
48:27à peu près.
48:28Oui,
48:29maintenant c'est plus.
48:30Un peu plus,
48:31vous l'avez.
48:31Ça vous a permis
48:32d'acheter votre ferme,
48:33ça met du dynamisme
48:34dans le village
48:34et je pense aussi
48:35à ces éleveurs
48:35qui louent leurs vaches
48:36si jamais ils veulent aussi,
48:38on ne sait pas,
48:38changer d'orientation
48:39et ça permet
48:40de rendre les vaches
48:41et peut-être
48:41de changer de métier.
48:43En tout cas,
48:43regardez ce petit bordeaux
48:44qu'on a fait
48:45grâce à Bastien Cochet,
48:46notre chef d'édition.
48:47Ce sont donc
48:48des jénices
48:48du Made in France.
48:49Arnaud,
48:50ça vous plaît ?
48:50Écoutez,
48:51on défend l'agriculture,
48:52on défend les innovateurs,
48:54l'agriculture,
48:54on défend les agricultrices,
48:56les agriculteurs
48:57qui se battent au quotidien
48:58et ils ont la parole
48:59ici dans cette émission
49:01comme tous ces industriels,
49:03ces innovateurs,
49:04tous ceux qui veulent
49:05donner un espoir
49:07à tous les Français
49:07parce que le Made in France,
49:09c'est notre avenir.
49:10Il faut préserver
49:10la souveraineté agricole française,
49:12c'est essentiel,
49:12c'est un pilier.
49:13Et on a beaucoup de travail,
49:14absolument.
49:14C'est sûr.
49:15Merci à vous.
49:16Merci beaucoup.
49:16Merci infiniment, Arnaud.
49:18À vendredi prochain.
Commentaires