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[#Reportage] Assemblée nationale : rejet de la réforme du crédit, un message politique envoyé à Oligui Nguema ?

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00:00Le rejet du projet de loi sur l'activité du crédit par l'Assemblée nationale dépasse désormais le simple débat
00:06technique ou bancaire.
00:07Derrière le refus d'un texte pourtant porté par le gouvernement, adopté en Conseil des ministres et défendu par le
00:13ministre de l'Économie, Thierry Minko,
00:16plusieurs observateurs voient émerger une séquence politique plus profonde, celle d'une majorité parlementaire qui semble vouloir affirmer son autonomie,
00:23face à l'exécutif dirigé par le président, Brice Clotaire-Oléguignema.
00:28Une posture qui interroge sur les rapports de force au sein même du pouvoir.
00:33Au Palais Léomba, le rejet du projet de loi relatif à l'activité de crédit a provoqué bien plus qu
00:37'un simple revers parlementaire pour le gouvernement.
00:40Il a surtout mis en lumière une réalité politique de plus en plus perceptible depuis plusieurs mois.
00:46Une partie de la majorité semble désormais décidée à exister politiquement face à l'exécutif.
00:52Car il faut le rappeler, ce texte n'était ni une initiative isolée d'un ministre, ni une proposition technique
00:58improvisée.
00:59Il s'agissait d'un projet porté par le gouvernement de la République, validé en Conseil des ministres et inscrit
01:04dans une logique de réforme impulsée par les plus hautes autorités de l'État.
01:09En rejetant ce texte stratégique adopté en Conseil des ministres le 25 octobre 2025, sous l'air d'Henri-Claude
01:15Oyima et aujourd'hui défendu par l'actuel ministre de l'Économie, Thierry Minko,
01:19les députés n'ont donc pas seulement désavoué un ministre de l'Économie, ils ont de facto envoyé un signal
01:24politique au chef du gouvernement.
01:26Et dans la Ve République, celui-ci n'est autre que le président de la République, Brice Clotaire, Oligi Ngema,
01:32lui-même.
01:34Officiellement, les critiques formulées par certains parlementaires portaient sur les risques d'incompatibilité avec les règlements communautaires de la CEMAC
01:40et les prérogatives de la COBAC.
01:43Mais derrière l'argument juridique, beaucoup y voient surtout une démonstration de force politique.
01:47Depuis l'installation de la nouvelle architecture institutionnelle, plusieurs députés issus de la majorité donnent de plus en plus le
01:54sentiment de vouloir s'émanciper de la logique de discipline politique
01:58qui caractérise généralement les majorités présidentielles.
02:02Le problème est que cette volonté d'autonomisation intervient sur un texte particulièrement sensible, touchant directement à la stabilité financière,
02:10à la régulation du crédit et à la protection du système bancaire.
02:13Car pendant que les débats politiques occupent l'espace parlementaire, les banques, elles, continuent de faire face à une hausse
02:19des créances en souffrance,
02:20aux défauts de remboursements et aux risques de fragilisation du secteur financier.
02:25Dès lors, une question commence à circuler dans plusieurs milieux économiques jusqu'où certains députés sont-ils prêts à aller
02:30dans la démonstration politique,
02:32au risque de bloquer des réformes structurelles jugées nécessaires.
02:36Dans les couloirs politiques, beaucoup interprètent désormais ce vote comme un avertissement adressé au pouvoir exécutif,
02:41une manière pour certains élus de rappeler que l'Assemblée nationale ne souhaite plus apparaître comme une simple chambre d
02:47'enregistrement des décisions gouvernementales.
02:50Mais cette stratégie comporte aussi un risque politique majeur, celui de brouiller la lisibilité de l'action publique,
02:55au moment même où le président Oligin Ngema tente de projeter l'image d'un État réformateur,
03:01soucieux de moderniser l'économie et de restaurer la crédibilité des institutions.
03:06Le paradoxe est d'autant plus fort que le texte rejeté visait notamment à encadrer les conditions d'accès au
03:12crédit,
03:12responsabiliser les emprunteurs et protéger les établissements financiers contre l'explosion des impayés.
03:18Autrement dit, pendant que le gouvernement tente de construire un cadre plus rigoureux pour sécuriser le système bancaire,
03:24une partie de sa propre majorité semble plus privilégier un rapport de force politique.
03:29Cette séquence révèle surtout une autre réalité.
03:31Les grandes réformes économiques deviennent progressivement des terrains de repositionnement politique.
03:36Le danger est qu'à force de transformer chaque texte structurant en bras de fer institutionnel,
03:41l'action publique finisse par perdre en cohérence et en efficacité.
03:45Car au final, les conséquences d'un blocage prolongé ne seront pas supportées par les responsables politiques eux-mêmes,
03:51mais par les acteurs économiques, les banques, les PME et les populations
03:55qui dépendent du financement pour entreprendre, investir ou simplement accéder au crédit.
04:00Dans ce contexte, beaucoup s'interrogent désormais.
04:03La majorité parlementaire cherche-t-elle simplement à enrichir le débat démocratique
04:07ou assistons à l'émergence d'une stratégie de marquage politique vis-à-vis de l'exécutif ?
04:12Une chose est certaine, en rejetant un texte porté par le gouvernement du président Oligu Nguema,
04:17l'Assemblée nationale a envoyé un message politique clair.
04:21Reste désormais à savoir comment l'exécutif choisira d'y répondre.
04:30Sous-titrage Société Radio-Canada
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