- il y a 2 jours
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- #frusciante
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En 1992, John Frusciante avait tout : la gloire avec les Red Hot Chili Peppers, l'argent et le talent pur. Deux ans plus tard, il ne lui reste plus rien.
Patreon : https://www.patreon.com/c/BengLemission
📫 contact pro : beng.emission@gmail.com
⚠️ DISCLAIMER : Cette vidéo est un documentaire à but éducatif et informatif sur l'histoire de la musique. Elle ne glorifie en aucun cas l'usage de stupéfiants. Les images et récits présentés visent à illustrer les dangers de l'addiction dans un contexte historique et biographique.
À PROPOS DE CETTE VIDÉO : Une analyse narrative sur la descente aux enfers de John Frusciante et ses "années perdues" loin des Red Hot Chili Peppers. Du sabotage volontaire de sa carrière à la destruction physique totale, jusqu'à une résurrection inespérée, qui a transformé un martyr du rock en une légende vivante.
(Musiques et archives utilisées sous licence ou dans le cadre du "Fair Use" / Droit de citation.)
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MusiqueTranscription
00:12En 1994, John Fruchente n'a que 24 ans.
00:15Il y a deux ans à peine, il était le guitariste des Red Hot Chili Peppers.
00:18Il avait la gloire, l'argent et le monde à ses pieds.
00:21Aujourd'hui, il ne lui reste plus rien, il vit au milieu des ordures.
00:24Vu de l'extérieur, on dirait juste un gamin de riche qui a pété les plombs, un énième déchet du
00:28rock'n'roll.
00:28Mais ne vous y trompez pas, ce massacre n'est pas un accident, c'est un choix.
00:32John a délibérément saboté sa carrière et son corps pour tuer la rockstar en lui.
00:35Il s'est infligé ce martyr pour voir si la musique pouvait survivre à l'enfer.
00:39Et tout commence une quinzaine d'années plus tôt, non pas avec John, mais avec deux marginaux dans une cour
00:43de lycée à Los Angeles.
00:48Avant d'être des légendes, les Red Hot Chili Peppers étaient une blague, littéralement.
00:52Tout commence au lycée Fairfax de Los Angeles.
00:54D'un côté, Anthony Kiedis, un gamin qui a déjà testé beaucoup de drogue avec son père à l'âge
00:59de 12 ans.
00:59De l'autre, son meilleur ami, Mikael Balzari, surnommé Flea, comme une puce.
01:04Et le plus drôle, c'est que Flea n'a rien d'une rockstar.
01:06À la base, c'est un petit prodige de la trompette.
01:08C'est un puriste du jazz, un fanatique de Miles Davis qui n'y connaît rien au rock.
01:12C'est leur ami, Il est le Slovaque, qui va tout déclencher.
01:15C'est lui qui apprend la basse à Flea et qui les connecte à la musique.
01:18En 1983, on leur propose de jouer pour une soirée unique dans un club, ils n'ont même pas de
01:23nom.
01:23Sur les Flyers, ils s'appellent Tony Flo and the Miraculously Majestic Masters of Mayhem.
01:28Le plan est simple.
01:29Monter sur scène, faire n'importe quoi et ne plus jamais rejouer ensemble.
01:33C'est un groupe éphémère.
01:34Sauf que ce soir-là, avec leur énergie de mutant, ils retournent la salle.
01:38Ils décident de continuer, mais l'industrie musicale va très très vite les calmer.
01:41Leur premier album est un cauchemar.
01:43En studio, c'est la gare ouverte avec les producteurs qui ne comprennent rien à leur style.
01:46Ils veulent les lisser alors que le groupe, eux, veulent faire du bruit.
01:49Le résultat est un désastre, l'album est un bide.
01:51Les critiques les méprisent, le grand public les ignore, mais le pire est à venir.
01:55En 1988, alors qu'il commence enfin à sortir la tête de l'eau, le drame frappe.
01:59Il est le Slovaque, le guitariste fondateur, l'âme du groupe, meurt d'une overdose d'héroïne.
02:03C'est l'explosion.
02:04Le groupe ne perd pas juste un guitariste, il perd son centre de gravité.
02:07La réaction est violente, Jack Irons, le batteur, est traumatisé.
02:11Il claque la porte sur le chant en leur lançant une phrase terrible.
02:13Je ne reste pas dans un groupe où mes amis meurent.
02:15Plus de guitariste, plus de batteur, plus de label, le groupe est techniquement mort.
02:19Pendant des semaines, ils hésitent, est-ce qu'il faudrait tout arrêter ?
02:23Mais Flea va avoir le déclic.
02:24Il comprend que la musique est la seule chose qui les tient encore debout.
02:27Il décide de continuer, non pas premièrement pour le succès, mais pour honorer la mémoire d'Hillel.
02:32Et c'est là qu'un gamin de 18 ans va faire son entrée.
02:34Et ce gamin, vous l'avez deviné, il s'appelle John Fruchente.
02:37Le jeune John, à Los Angeles, c'est pas le punk crasseux qu'on imagine.
02:42C'est un nerd de la musique.
02:44A 15 ans, John s'enferme dans sa chambre et joue 15 heures par jour.
02:47C'est pas une image, c'est réel.
02:49Car son but, c'est pas de s'amuser, c'est d'être le meilleur.
02:52Mais il y a un truc qui cloche.
02:53L'anecdote qui va tout expliquer, c'est son audition pour le groupe de Frank Zappa en 1988.
02:58Il arrive, il a 18 ans, il a le niveau technique, et il se barre avant même de commencer son
03:03audition.
03:04Pourquoi ? Et ça peut vous paraître fou, mais il l'a dit plus tard.
03:07Je voulais être une rockstar, me droguer et choper des filles.
03:10Et chez Zappa, c'était l'armée, j'aurais pas pu faire ça.
03:12Et le destin va le servir sur un plateau.
03:14Parce que John Fruchente, c'était un fan inconditionnel des Red Hot Chili Peppers.
03:18Il a passé son adolescence au premier rang de leur concert.
03:21Il ne connaissait pas Hillel Slovak personnellement,
03:23mais il connaissait chaque note, chaque silence, chaque mouvement, chaque solo de son jeu par cœur.
03:28Pour lui, Hillel était un dieu.
03:30Et quand il se présente à l'audition, il joue avec une telle ferveur, une telle connaissance du répertoire,
03:35que pour Flea et Anthony, le choc est total.
03:37Ils n'ont pas trouvé un remplaçant, ils ont trouvé un héritier.
03:40Il prend sa place, il prend ses partitions,
03:42et sans le savoir, il signe pour prendre aussi son destin tragique.
03:46Les débuts sont explosifs.
03:48En 1989, ils sortent Mother Milk, c'est le premier test pour John Fruchente.
03:53Il a 19 ans, il est bourré de testostérone, et il veut prouver qu'il est le meilleur.
03:56Sur scène, c'est la guerre nucléaire, John et Flea sont comme deux piles électriques,
04:01branchées l'une sur l'autre.
04:02Ils vivent son rêve d'adolescence, c'est l'époque de l'innocence,
04:04ils ne sont pas encore des stars mondiales, juste des rois du funk rock.
04:08Mais pour entrer dans la légende, il leur faut un chef-d'oeuvre.
04:11En 1991, ils s'isolent tous les quatre dans un immense manoir à Los Angeles,
04:15pour enregistrer Blood Sugar, Sex Magic.
04:18Et c'est là que John va commencer à vriller.
04:21L'ambiance dans ce lieu est étrange, on dit qu'il est hanté.
04:24Et John plonge dedans, la tête la première.
04:26Alors que les autres font des pauses, lui reste enfermé.
04:28Il raconte qu'il entend des fantômes, qu'il sent une énergie érotique dans les pièces vides.
04:33Il est persuadé que la musique ne vient pas de lui, mais qu'il est juste une antenne pour les
04:36esprits.
04:37Malgré tout, cette folie douce va donner un résultat magique.
04:40La chimie avec flea devient télépathique, l'album est une bombe absolue.
04:44Blood Sugar, Sex Magic sort, et la planète entière se met à genoux devant les redotes.
04:49Mais c'est précisément là que John va commencer à avoir le vertige.
04:53Il ne voit pas ce succès comme une victoire, mais comme une trahison envers lui-même.
04:57Il ne supporte pas de voir des beaufs venir se bagarrer sur sa musique.
05:00Il voulait rester un artiste underground, pas devenir un produit pour Empty.
05:04Et la drogue, qui n'était pour l'instant qu'un jeu récréatif,
05:07va devenir petit à petit sa seule armure pour supporter la célébrité.
05:11Et ce malade devient tellement lourd que ça va finir par exploser en plein direct à la télévision.
05:15On est au Saturday Night Live en 1992, et regardez-moi ça, à quel point c'est gênant.
05:21John Fushante est littéralement en train de saboter le concert.
05:24Il se balade sur le manche de sa guitare, et ça énerve tellement Anthony Cadiz,
05:28qu'il va finir par lui mettre un coup de pied.
05:30Et John ne va pas du tout apprécier ça.
05:39John sabote le tube, Under the Bridge.
05:41Il joue faux, il change le rythme pour paumer le chanteur,
05:44il hurle n'importe quoi, Cadiz le regarde, il a envie de le tuer.
05:48C'est pas une fausse note, c'est un doigt d'honneur au groupe.
05:55John est en train de dire au monde entier, allez vous faire foutre, je me casse.
05:59Et on va faire une pause deux secondes, je sais qu'aujourd'hui, John Fushante c'est une légende qui
06:03est intouchable.
06:04Moi-même, je suis un grand fan du boulot de John Fushante.
06:06Mais il faut être honnête, à ce moment précis, c'est juste une immense tête à claque.
06:10Le mec a le job dont rêvent tous les musiciens de la planète, ses potes comptent sur lui,
06:13et lui par pure arrogance, il décide de saboter le travail de tout le monde,
06:17juste parce qu'il trouve que le succès c'est pas assez punk.
06:20C'est un génie, c'est un mec très talentueux, ok,
06:22et c'est aussi un comportement d'enfant gâté insupportable.
06:25Quelques mois plus tard, au Japon, il pose la guitare, il a 22 ans, il est millionnaire,
06:29et pourtant, il décide de tout craver.
06:44On appelle ça les Lost Years, les années perdues.
06:47Mais c'est poli comme terme.
06:49En vrai, c'est un véritable film d'horreur.
06:50John va s'enfermer dans sa baraque à Hollywood Hills.
06:53Et là, attention, il tombe pas dans la drogue par faiblesse.
06:55Le plus dingue, c'est que c'est une décision mûrement réfléchie.
06:58Il le dit, la musique c'est fini, maintenant, mon projet, c'est d'être un junkie.
07:04Il veut tuer son égo, il veut voir ce qui se passe quand on détruit aussi son corps.
07:08Pour comprendre ce qui se passe dans sa tête à ce moment-là, il suffit d'écouter une chose.
07:12Il sort un disque étrange,
07:14Niendra Ladès and Usually Just a T-Shirt.
07:16La première moitié, Niendra Ladès, a été enregistré quand il était encore dans le groupe,
07:20et c'est du génie brut.
07:21C'est de l'avant-garde, il déstructure la chanson pop,
07:24et lui-même, par la même occasion, en s'affichant habillé en femme sur la cover.
07:27La deuxième sera enregistrée plus tard, quand il sera dans sa chambre, en train de se piquer.
07:32Les tracks n'ont même plus de titre, c'est enregistré sur un cas de piste,
07:35c'est complètement dissonant, c'est la bençon de sa folie naissante,
07:38c'est beau, mais ça met très mal à l'avis.
07:48Sa maison devient un taudis légendaire.
07:50L'odeur.
07:51Imaginez un mélange de sang séché, de bouffe pourrie et de merde,
07:54les murs sont couverts de graffiti, parfois écrit avec son propre sang.
07:58Son ami, Johnny Depp, est même venu tourner un docu qui s'appelle Stuff,
08:01et qui est littéralement terrifiant.
08:03Tu vois John Fruchante errer là-dedans comme un spectre au milieu des mouches.
08:07Et dans cet enfer, il n'est pas seul.
08:08Sa maison devient vite le quartier général de tous les freaks
08:11et les artistes torturés de Los Angeles.
08:13Mais soyons clairs, ce ne sont pas du tout des amitiés saines.
08:16C'est de la fascination morbide,
08:17des relations toxiques, cimentées par la drogue et le mal-être,
08:20qui ne font qu'enfoncer John un peu plus dans son délire au lieu de le sauver.
08:23Et il y en a un avec qui la connexion va devenir immédiate.
08:27Et ce gars-là, c'est River Phoenix.
08:29Ils sont pareils, deux jeunes stars dégoûtés par Hollywood.
08:33Ils deviennent vite inséparables,
08:34et ensemble ils ne se droguent pas pour faire la fête,
08:36ils se droguent pour explorer d'autres dimensions.
08:39Ils passent des nuits entières à écrire,
08:41à s'enregistrer sur des vieux magnétophones,
08:43et il y a une anecdote qui résume tout.
08:45River, l'acteur mondialement connu, était en réalité terrifié à l'idée de chanter.
08:48Et c'est John qui le rassurait,
08:50et qui la poussait à se lâcher devant le micro.
08:52Ils ont même enregistré un titre ensemble,
08:54I Don't,
08:54et quand on l'écoute aujourd'hui,
08:56on entend deux gamins géniaux
08:58qui pensaient avoir l'éternité devant eux,
08:59pour sortir un album commun.
09:01Sauf que, ils n'auront jamais le temps de le finir.
09:10Nuit d'Halloween en 1993, au Viper Room.
09:13River fait une overdose sur le trottoir,
09:14et l'ironie la plus macabre,
09:16c'est pendant que River est en train de convulser,
09:18John ne le voit même pas.
09:20Ce soir-là, sur scène,
09:21le groupe de Johnny Depp et Flea étaient en pleine performance.
09:24John, lui, faisait son premier concert solo,
09:26un set très court d'une chanson.
09:28Et quand John pose sa guitare,
09:29et sort enfin,
09:31il est trop tard,
09:32River est parti.
09:36Il y a une ombre encore plus terrible sur cette histoire.
09:38Selon des témoins présents ce soir-là,
09:40comme Bob Forest,
09:41le chanteur et le parolier des groupes
09:42Théonius Monster and the Bicycle Thief,
09:45c'est John lui-même
09:46qui aurait tendu le gobelet fatal à River.
09:48Certains l'accusent même de l'avoir fait exprès par jalousie.
09:50John, lui, s'effondre,
09:52il vit barricadé chez lui,
09:53persuadé que la police va débarquer pour l'inculpé d'homicide.
09:56Et ça change beaucoup de choses à sa descente aux enfers.
09:58A partir de là,
09:59il ne se drogue plus pour expérimenter ou pour s'amuser,
10:02il se drogue pour exécuter sa condamnation.
10:08Le plus fascinant,
10:09c'est qu'il continue d'enregistrer.
10:11Il va sortir un album,
10:12Smile From The Street You Hold,
10:13c'est le disque le plus glauque de son histoire.
10:15John l'a avoué,
10:16il l'a sorti juste pour se payer de l'héroïne
10:18parce qu'il n'avait plus un seul rond.
10:20Tu l'entends tousser,
10:21sa voix est brisée par le crack,
10:22c'est le son d'un mec
10:23qui est totalement en train de se moyer.
10:26Il est persuadé de parler avec des esprits,
10:27il croit même que la quatrième dimension
10:29lui donne des ordres,
10:30c'est une psychose totale.
10:32Sauf que, évidemment,
10:33le corps, lui, il lâche.
10:34Vous pensiez que John avait déjà touché le fond,
10:37mais là, on arrive au moment gore.
10:39Et ce moment,
10:40c'est l'incendie.
10:41C'est l'accident inévitable.
10:43John vit au milieu d'une décharge chimique,
10:45des bouteilles de térébenthine pour sa peinture,
10:47des solvants,
10:48des mégots.
10:48Sa maison est une bombe à retardement.
10:51Et un soir, évidemment,
10:52l'étincelle arrive,
10:53tout s'embrase.
10:54Ses peintures,
10:55ses livres,
10:55ses souvenirs,
10:56tout est réduit en cendres.
10:57Dans ce chaos,
10:58un point positif,
10:59c'est que ses cassettes d'enregistrement,
11:01toute sa musique,
11:02l'œuvre de sa vie,
11:03ont été épargnées par le feu.
11:04Mais le feu l'a chopé.
11:06Il est grièvement brûlé sur les bras.
11:08Ses bras sont en train de nécroser
11:10à cause de l'héroïne
11:10et des brûlures.
11:11Les médecins lui posent un ultimatum,
11:13c'est l'amputation immédiate
11:14ou une grève de peau intégrale.
11:16Pour son visage,
11:17c'est trop tard,
11:17ses dents sont tellement pourris
11:19qu'il faut toutes les arracher
11:20pour éviter une cétissémie mortelle.
11:22Il y a littéralement
11:23plus rien de John Fruishante.
11:26On a tous une fascination
11:28pour l'artiste torturé.
11:29On aime se dire que le génie
11:30a besoin de la douleur pour briller,
11:31que c'est absolument le prix à payer
11:33pour toucher l'éternité.
11:34Mais c'est une belle légende.
11:36La réalité,
11:37c'est que la douleur a failli
11:38nous priver de lui et de sa musique
11:39à tout jamais.
11:40À ce stade de déchéance,
11:41la souffrance ne crée absolument plus rien.
11:43Elle éteint complètement la lumière.
11:45Tout le superflu a brûlé,
11:46l'égo,
11:47la drogue,
11:47le personnage,
11:48la musique,
11:50tout a disparu.
11:51John est juste une page blanche
11:52et c'est exactement pour ça
11:54qu'il est enfin prêt.
11:55Ses potes le force à aller
11:56en cure de désintoxication.
11:57Et le plus dur,
11:58c'est dans la tête.
11:59Il doit réapprendre à vivre.
12:00Il devient un moine total.
12:03Sérieusement.
12:03Pendant un an,
12:04yoga,
12:05méditation,
12:06célibat total,
12:07il touche plus à rien.
12:08Il veut totalement nettoyer
12:10et décrasser
12:11son corps
12:13et son âme.
12:14Et il faut rendre hommage à Flea.
12:15Parce que pendant toutes ces années d'horreur,
12:17c'est le seul
12:18qui n'a jamais vraiment coupé les ponts.
12:19Quand il vient voir John en 98,
12:21il ne voit pas un monstre,
12:22il voit son frère.
12:23C'est cette connexion humaine
12:24qui a permis à John
12:25de reprendre la guitare.
12:26Sans Flea,
12:27John serait mort.
12:28C'est une certitude.
12:29Flea vient de le sauver,
12:30ok,
12:30mais il y a un problème majeur.
12:32John a tout oublié.
12:33Après 5 ans d'héroïne,
12:34son cerveau est là,
12:35mais ses mains
12:36ne suivent plus du tout.
12:37Il a perdu la corne sur ses doigts,
12:38il n'a plus aucune force musculaire.
12:40Le Mozart de la guitare
12:42finit par reprendre son instrument,
12:44mais il a mal.
12:44Et pour s'entraîner,
12:45ils ne vont pas aller dans un studio de luxe,
12:47ils s'installent dans le garage de Flea.
12:49John ne peut plus jouer vite,
12:51alors il va jouer vrai.
12:52Il gratte juste deux notes espacées,
12:54un intervalle d'une pureté absolue.
12:56C'est la naissance de Scar Tissus.
12:58Anthony Kiedis raconte
12:59qu'à l'instant précis
13:00où il a entendu ses notes,
13:02il a su que John n'était pas seulement guéri,
13:04il était devenu meilleur.
13:05La confiance revient,
13:06l'album se construit,
13:07mais il manque un titre.
13:08Le titre qui va tout changer.
13:10Et pendant des semaines,
13:11il galère sur une chanson.
13:13Cruciente essaye une version reggae
13:14qui ne marche pas du tout.
13:15Ils sont à deux doigts
13:16de jeter le titre à la poubelle,
13:18et au tout dernier moment,
13:20John a une illumination.
13:21Il court dans le studio,
13:22attrape sa guitare,
13:23et joue cet arpège cristallin
13:24et minimaliste
13:25que vous connaissez tous.
13:29Californication.
13:32Le vieux John, arrogant,
13:34aurait joué 200 notes
13:34à la seconde pour frimer.
13:36Le nouveau John, lui,
13:37joue l'essentiel.
13:38Il a remplacé la technique
13:39par l'émotion pure,
13:40et c'est cette fragilité
13:42qui va sauver le groupe.
13:43Et je peux pas passer à la suite
13:44sans vous dire un truc de dingue.
13:45Parce que John Cruciente,
13:47une fois sobre,
13:48il ne s'est pas contenté
13:49de sauver l'hérédote.
13:50Il a eu une fièvre créatrice
13:52hallucinante.
13:53Il avait tellement de temps
13:54à rattraper
13:54qu'il s'est mis à sortir
13:55des albums solo en rafale.
13:57Des pépites,
13:57comme Shadows Collide with People
13:59ou The Empyrean,
14:00il était passé au silence total
14:01des années 90,
14:03à une logorée musicale.
14:04L'histoire pourrait s'arrêter
14:05sur ce happy end,
14:06mais John,
14:07c'est un chercheur.
14:07En 2009,
14:08alors qu'ils sont au sommet
14:09avec Stadium Arcadium,
14:10il se barre une nouvelle fois.
14:12Le public,
14:13le monde,
14:13l'industrie ne capte pas.
14:15Mais pour John,
14:16lui,
14:16c'est logique.
14:17Il s'enferme avec des machines,
14:18des synthés,
14:19des boîtes à rythme,
14:19il sort des trucs bizarres
14:21sous le nom de Trickfinger.
14:22Et il va dire une phrase géniale
14:23à ce moment-là,
14:24les machines n'ont pas d'ego,
14:25elles obéissent.
14:26Il veut s'effacer,
14:27il programme des rythmes
14:28impossibles pour un humain,
14:29juste pour forcer son cerveau
14:31à penser différemment.
14:32En 2019,
14:33c'est le retour,
14:34le troisième acte.
14:35Et c'est même plus
14:35le gamin arrogant de 89,
14:37c'est plus le junkie suicidaire
14:38de 94,
14:39c'est même plus
14:40le moine austère de 99,
14:42c'est la synthèse des trois.
14:44Sur les derniers albums,
14:45on sent tout ça.
14:46Il y a la mélodie,
14:46il y a la rage,
14:47mais il y a aussi
14:47cette sérénité
14:48qu'il a apprise avec ses machines.
14:50Il est apaisé,
14:51il sourit.
14:52John Fruchante nous a prouvé
14:53qu'on peut tout perdre,
14:55on peut suivre le chemin tragique
14:56d'Ile-Aile Slovaque
14:57ou de River Phoenix,
14:58on peut littéralement
14:59se brûler les ailes
15:00en le voulant.
15:01Mais si on a la force
15:02de recoller les morceaux
15:03un par un,
15:04avec discipline,
15:05le résultat final
15:06a une valeur inestimable.
15:09Il a fallu qu'il détruise
15:10le prodige
15:10pour devenir l'artiste,
15:11il a fallu qu'il meure
15:12en 92
15:13pour enfin commencer à vivre
15:14et franchement,
15:15au final,
15:16en écoutant le solo sur Eddie,
15:17on a la réponse
15:18à la question.
15:19Oui,
15:19la musique peut survivre
15:21à l'enfer.
15:21Et pour atteindre cette pureté,
15:22il n'y avait pas de raccourci.
15:24Il fallait que John
15:25y descende.
15:26Il fallait traverser tout ça
15:27pour qu'enfin,
15:28il brise son égo.
15:34Merci à tous
15:35d'être restés
15:35jusqu'au bout
15:36de cette histoire.
15:37Juste une petite précision
15:38avant de vous laisser,
15:39vous l'avez vu,
15:39j'ai volontairement
15:40condensé la partie
15:41sur l'histoire des Red Hot.
15:42C'était pas le sujet principal
15:43et je voulais vraiment
15:44me focus sur les Lost Years
15:45de John,
15:46même si c'était quand même
15:47important de poser le contexte.
15:48En tout cas,
15:48en tant qu'immense fan du bonhomme,
15:50je suis curieux,
15:50c'est quoi votre titre préféré
15:52de sa carrière solo ?
15:53Dites-moi ça en commentaire
15:54et je passerai vous lire.
15:55Si le travail vous plaît,
15:56vous connaissez la chanson,
15:57un like,
15:57un partage
15:58et surtout,
15:59abonnez-vous
15:59pour ne pas rater la suite.
16:00Et pour ceux qui veulent
16:01soutenir la chaîne
16:01et aller plus loin,
16:02vous pouvez nous rejoindre
16:03sur Patreon,
16:04le lien est juste en description.
16:05On se retrouve très vite
16:06pour la prochaine,
16:07c'était Bang l'émission,
16:08ciao !
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