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  • il y a 2 jours
é, "" : "Jeunesse en quête d'Ivresse" !

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Personnes
Transcription
00:02Ça va tous les concerner.
00:07En une soirée, je peux boire 4 litres de bière.
00:11Ça arrive à partir de la 5e, voire parfois de la 6e.
00:14Je voulais faire comme tout le monde, je voulais boire autant que les autres.
00:18On avait beaucoup moins ce fléau de l'alcool.
00:22On va vraiment pas penser ça de la jeunesse.
00:24À l'arrivée, parfois, ça dérape, si je puis dire, et il y a une agression sexuelle.
00:30Les jeunes, ils sont un marché à conquérir.
00:33C'est une bombe à retardement.
00:39Des comas éthiliques au collège, des agressions sexuelles au lycée, des soirées étudiantes mortelles.
00:46À la lecture des faits divers, la consommation d'alcool par les jeunes commence très tôt, avec des conséquences dramatiques.
00:54Pourquoi cette génération passe-t-elle plus souvent de la fête au cauchemar ?
00:58Quels sont les ingrédients de ce nouveau cocktail explosif ?
01:02Rencontre avec cette jeunesse en quête d'ivresse.
01:30Mont de Marsan, premier jour de Feria.
01:34Comme chaque année, Elodie et ses copines de l'équipe de basket se retrouvent ici en début de soirée.
01:41Elles ont un peu plus de 20 ans.
01:43Elles aiment profiter de ces journées où tout le monde se lâche un peu grâce à l'alcool.
01:54Dans toutes les bodegas, dans toutes les peignades, dans toutes les bars, il y a l'alcool.
01:57Oui, ça fait partie de notre culture. Après, voilà, comment il faut savoir gérer.
02:01Ça fait partie de la fête. On va prendre un verre et c'est autour d'un verre qu'on
02:05va discuter, qu'on va échanger.
02:07Et c'est ça qui va nouer les liens entre guillemets.
02:13Au fil des férias, nos basketteuses ont trouvé leurs recettes pour tenir toute la nuit.
02:18On alterne entre des boissons alcoolisées et non alcoolisées.
02:22Donc du bocal, de la mentalon, dans l'alcool, la fête est plus folle.
02:29On alterne. Tout va bien.
02:31Une recette que la mairie tente d'imposer.
02:34Elle demande désormais aux bodegas de servir aussi de la bière sans alcool.
02:41Car derrière la fête se cache une autre réalité qui menace ces férias.
02:48L'alcoolisation excessive.
02:52En 2009, trois jeunes en sont morts.
02:56Ce soir, il est à peine une heure et certains ont déjà franchi la ligne rouge.
03:22Amenée par des amis, cette jeune fille de 18 ans ne se souvient même plus de ce qu'elle a
03:27bu.
03:28Quand elle est arrivée, elle parlait, mais c'était un peu inaudible.
03:31On ne comprenait pas bien ses paroles, on avait du mal, on le faisait répéter.
03:36Et là, elle commence à nous reparler, à rigoler.
03:38On arrive à la faire sourire et elle réagit tout de suite.
03:40Donc c'est quand même...
03:42Elle est en train de reprendre ses esprits.
03:44C'est agréable.
03:46C'est la première nuit de la férias.
03:48Seules une dizaine de jeunes seront pris en charge.
03:51Mais au coeur de la fête, ce week-end, les civières seront toutes remplies, y compris par des mineurs.
03:58A partir de 15 ans, on commence à voir maintenant, alors qu'il y a une vingtaine d'années, c
04:02'était plutôt 21, 22 ans, les premières grosses alcoolémiques prononcées.
04:06C'est un peu une nouvelle mode, c'est pas vraiment agréable, mais ils se retrouvent et ils boivent beaucoup
04:12d'alcool très fort.
04:13On le sait, c'est connu partout et ça descend aussi dans les férias.
04:19Wouhou !
04:20Mont-de-Marsan n'est pas la seule férias à être mise en danger par ces nouvelles consommations d'alcool
04:26extrêmes de très jeunes adolescents.
04:29Nîmes, Dax, Bayonne, toutes sont concernées.
04:34Pour sauver les fêtes du Sud-Ouest, la préfecture des Landes vient de faire un film pour alerter les jeunes.
04:40Il sera diffusé dès cette année dans tous les collèges et lycées.
04:44Des images chocs sur les excès d'ivresse.
05:03Toulouse, service des urgences, 2 heures du matin.
05:10Pour cet étudiant de 19 ans qui célébrait la fin des examens, la fête est terminée.
05:19Il a beaucoup trop bu.
05:21Ses amis ont appelé les pompiers en le voyant perdre connaissance.
05:25Notre ami a voulu vraiment décompresser et a fait un peu trop l'apéron.
05:31Et voilà, on fait un sort de ingénieur au bout d'un bout de la soirée.
05:34Il a bu, il a bu et ça allait beaucoup trop loin, je pense.
05:38C'est parti trop vite et on n'a pas vu venir.
05:42Déjà plongé dans un coma éthylique à son arrivée, le jeune homme était dans un état critique.
05:47Il a dû être intubé, mis sous respirateur artificiel.
05:57L'alcool pris en trop grande quantité, ça altère les fonctions du cerveau et ça finit par faire simple, par
06:05les éteindre.
06:05C'est des gens qui font des comas neurologiques.
06:08Le risque c'est d'inhaler les vomissements et de développer des infections pulmonaires, de s'asphyxier tout simplement.
06:13En le maintenant tout le temps debout, ses amis ont empêché cette asphyxie.
06:18Ils lui ont sans doute sauvé la vie.
06:22Mais là, au milieu de la nuit, son meilleur ami se sent coupable.
06:26Pour ma part, de voir un copain comme ça, oui, c'était la première fois.
06:30Je pense que j'espère que ce sera la dernière.
06:33Ce n'est pas du tout rassurant.
06:35Surtout de le voir partir avec le pompier.
06:38On espère que ça va aller, que demain matin, il sera avec nous et qu'on le ressortira et qu
06:43'on lui fera une bonne morale.
06:44Que ça repartira et qu'on ne le fera jamais ça.
06:47On ne recommencera jamais ça, mais on espère ça.
06:51Pour ces jeunes étudiants, c'est la fin de l'inconscience.
06:55De cette expérience dramatique, ils retiendront sans aucun doute la leçon.
06:59L'alcool peut tuer.
07:02Mais la majorité des jeunes n'en a pas encore conscience.
07:10Une ignorance qui met en colère le docteur Philippe Battelle, spécialiste de la lutte contre l'alcool.
07:17Dans la tranche d'âge, 15-30 ans, c'est la première cause de mortalité.
07:22Et on reste sur des représentations du danger de l'alcool qui sont complètement fausses.
07:27Quand on demande aux scientifiques de classer la dangerosité des drogues,
07:30ils classent l'alcool en premier, en termes de dangerosité,
07:34bien avant l'héroïne, bien avant la cocaïne injectée, bien avant, bien avant le cannabis.
07:39Mais la représentation qu'on a de la dangerosité des drogues
07:42autour de cette fracture complètement stupide entre les drogues dites douces et dures,
07:46c'est que le cannabis est considéré comme une drogue potentiellement dangereuse.
07:52Elle a un indice de 14.
07:53L'indice de dangerosité de l'alcool, il est de 72.
07:57On est complètement à côté de la plaque.
08:00L'alcool tue chaque année plus de 300 jeunes dans des accidents de la route
08:05et est responsable d'un tiers des traumatismes dans les services d'urgence.
08:10Des services qui ont commencé à accueillir de plus en plus de mineurs en état d'ivresse
08:14il y a maintenant une dizaine d'années.
08:20Une situation alarmante qui n'épargne personne, touche tous les milieux,
08:26concerne les filles comme les garçons et de tous âges.
08:30Marie est médecin.
08:31Elle pensait avoir parfaitement informé sa fille de 15 ans et demi sur tous les dangers de l'alcool.
08:37Elle lui avait interdit de sortir en boîte.
08:40Je lui avais bien expliqué que c'était très dangereux de sortir en boîte de nuit à son âge.
08:44Elle est sortie, elle ne m'a pas prévenue.
08:47Et à 4h du matin, le service de réanimation m'a prévenue que ma fille était dans un état grave,
08:51hospitalisé.
08:52Tout de suite, ils m'ont dit, elle est dans le coma, c'est un coma éthylique,
08:57mais ça devrait récupérer, il faut que vous veniez.
09:01Ça a été très difficile parce que ma fille incarne le rêve d'enfant que je souhaitais.
09:05Elle est jolie comme un cœur, elle est brillante, elle est dynamique, elle est sportive.
09:10La désobéissance existe toujours, mais je n'imaginais pas que ça mettrait en péril sa vie à ce point-là.
09:16Voilà, c'est la mode en plus des shooters, j'ai découvert.
09:19C'est la mode des boissons très alcoolisées mélangées à du sirop, donc on ne sent pas l'alcool.
09:24Et puis on joue un peu à Calamity Jane, on les aligne sur le bar.
09:27Mais à 15 ans et demi, 6 shooters, on tombe.
09:32Sa fille a risqué sa vie pour participer à cette soirée.
09:38Pour le docteur Patricioire, c'était presque inévitable.
09:42Les adolescents ont toutes les chances de rencontrer sur leur chemin des sollicitations, des propositions pour s'alcooliser.
09:47C'est un âge où il est très difficile de dire non quand on est dans un groupe d'appartenance.
09:52Très difficile de dire non aux autres, de peur de se trouver ridicule, etc.
09:55Donc on peut être suggestible et se laisser entraîner au-delà de ce que l'on aurait souhaité.
10:00Alors il y en a qui vont les rechercher plus activement que d'autres, mais ça va tous les concerner.
10:09Le Valois-Péret, en région parisienne.
10:13Vendry a 18 ans et le bac depuis 3 mois.
10:17Aujourd'hui, ses parents lui ont laissé l'appartement et l'autorisation d'organiser une soirée.
10:24Avec ses copains, il est allé acheter quelques bières et deux bouteilles de vodka.
10:29La vodka, c'est mieux de la mettre au frais, non ?
10:33Bonsoir !
10:34On est dans la cuisine, après.
10:35On est dans le voie ce soir ?
10:36Oui, c'était sympa.
10:38Comme à chaque fois, les invités apportent en plus leurs bouteilles.
10:41Pas question de manquer d'alcool.
10:50Tout se sent mieux, tu peux faire plus de choses.
10:53Les tabous disparaissent un peu.
10:54Il y a un mec qui est tout timide, il va pouvoir aller choper Sinana s'il en manque.
10:58Ça fait disparaître les tabous.
11:00Après, il ne faut pas en abuser.
11:02Je n'irais pas à dire qu'on est des alcooliques parce qu'on boit en soirée, parce qu'on
11:05ne boit pas la semaine.
11:06Genre tous les soirs en rentrant chez nous, on ne prend pas notre coup de whisky comme ça.
11:10Il ne faut vraiment pas penser ça de la jeunesse.
11:17Ça a commencé en 3ème, ma première cuite en 3ème d'ailleurs.
11:21Et depuis, je n'arrête pas.
11:23Il n'y a aucune soirée où je suis allée où il n'y a pas d'alcool.
11:26Dans les verres, beaucoup de mélanges.
11:28Un jus d'orange ou une boisson énergisante très sucrée avec leur alcool préféré.
11:33Le whisky, on n'en va pas souvent.
11:34Il y a gin, manzana, vodka surtout.
11:37Bière, après, rosée, tous les vins.
11:41Et pourquoi pas whisky ?
11:44Parce que ça fait trop adulte et puis ça passe moins bien que de la vodka.
11:49Ça passe beaucoup moins bien.
11:50Enfin, whisky et coca...
11:52C'est trop ouf.
11:53Ça dévend.
11:54Enfin, ça dévend.
11:54Moi, je vais faire l'eau.
11:56Ils ont entre 17 et 18 ans et ce qu'ils adorent, c'est la vodka au bonbon.
12:02Dès que l'eau est le bout, on prend la bouteille, on la pose dedans.
12:04Comme c'est du verre, ça ne va pas réagir.
12:05Je fais de la chimie, je suis ouf.
12:07Au fur et à mesure, les tagadas vont fondre et vont se diluer dans la vodka.
12:12Sers doucement, Vendrice.
12:15Attention.
12:16Allez, à la débauche.
12:18Allez.
12:21Et elle est parfaite.
12:22Ah ouais.
12:23Ça passe tout seul.
12:25On n'aime pas boire un truc qui va te déloucher avant tout.
12:29Voilà, honnêtement, moi maintenant je vais me voir sans boire.
12:32On a marre de boire tout ce qui est vodka pur, machin et tout.
12:35Enfin, du coup, je n'y vois pas l'intérêt.
12:37Il n'y a pas de plaisir au final.
12:38Si, il n'y a pas eu de chose de tagada.
12:40Non, il n'y en a pas eu.
12:41Je donne que ceux qui sont sages.
12:43On fait un deux.
12:44A chacun son cocktail.
12:45S'il te plaît.
12:46Tu as les sages, huiles et sages de nuit.
12:48On est au passage, il s'est coupé à moi.
12:51On est au-delà.
12:55Au fil des heures, l'alcool est mis et l'ambiance monte.
13:01Moi qui est émis chez toi.
13:03C'est pas manqué de temps.
13:05Donc là, on peut bien boire.
13:06On se tâche plus, enfin, plus fascinant avec de l'alcool plutôt que le son.
13:10Et avec la musique, les amis, etc.
13:12Et entre nous, on est tous dans le même univers.
13:22Et demain, des vidéos et des photos de ce strip-tease improvisé seront sans doute partagées entre les invités sur
13:28Internet.
13:34Les souvenirs de soirées s'envoient de téléphone en téléphone, s'affichent comme des trophées sur les réseaux sociaux.
13:41Être ivre, c'est tendance.
13:44Une évolution analysée par Marie Lefourne, psychologue.
13:50Ils sont quand même très dans une gloire, une gloire d'avoir bu.
13:56Parce que ça fait rire, parce qu'être ivre, il y a quelque chose de burlesque, il y a quelque
13:59chose de pitoyable, mais à la fois sympathique.
14:03Quelqu'un qui vomit, quelqu'un qui tombe, quelqu'un qui bascule.
14:08Voilà, ça c'est drôle.
14:09Et c'est quelque chose qui fait une bonne soirée.
14:11Alors c'est assez incompréhensible, c'est un des soucis, je pense.
14:17Le souci, c'est que tout peut très vite basculer.
14:21Si des vidéos diffusées sur le net font rire,
14:25d'autres mal intentionnés rendent publiques des images dégradantes.
14:30Livresse extrême rend vulnérable, fait perdre le discernement.
14:36Des jeunes sans défense, au point d'être de plus en plus souvent victimes d'abus sexuels.
14:45Un soir, cette jeune fille que nous appellerons Mathilde a accepté d'aller à une soirée où elle ne connaissait
14:50pratiquement personne.
14:55J'avais 15 ans et demi, 16 ans.
14:58Je suis rentrée en seconde.
15:00J'étais à une soirée juste à côté de chez moi.
15:04Et donc je me souviens, on buvait de la bière, tout ça.
15:07On buvait des shooters de vodka pure.
15:10Je voulais faire compagnie, moi je voulais boire autant que les autres, tout ça.
15:13En plus, on a fait des petits jeux d'alcool aussi au début.
15:16Je ne m'en souviens plus très bien, mais voilà, je me souviens, on faisait des petits jeux d'alcool.
15:19Alors chacun d'entre eux, on devait boire un petit sec en verre, tout ça.
15:25En fait, c'est surtout un garçon et son groupe de copains qui l'incite à boire.
15:32Je disais, allez, boit encore, boit encore, boit encore.
15:34Moi, je ne savais pas, du coup, je les écoutais et je buvais sans me poser trop de questions.
15:39Parce que je voulais sûrement être dans un état, enfin, comme je n'avais jamais assisté à une de mes
15:42premières quittes,
15:43du coup, je ne savais pas ce que ça faisait d'être vraiment mort.
15:46Je voulais sûrement tester ça.
15:48Après, je me disais des souvenirs un peu vagues,
15:51mais je me souviens qu'ils m'avaient emmené dans les toilettes avec lui,
15:54il avait mis ses pantalons, voulu que je lui fasse certaines choses.
15:58Après, je me souviens de leur pousser et avoir réussi à sortir.
16:02Après, ils m'avaient continué à faire boire,
16:04et là, ils m'avaient emmené dans une chambre,
16:06et ils m'avaient faire des trucs.
16:09Et en fait, ils me forçaient à faire des choses que je ne voulais pas.
16:14Et toi, tu ne pouvais pas te défendre ?
16:16Non, non, je n'avais pas de force.
16:17Et puis, ils me tinaient de ma tête, enfin, ils me tinaient par le bras et tout,
16:21pour ne pas que je bouge.
16:22Puis aussi, j'ai appris par la suite qu'ils faisaient ça pratiquement toutes les filles en soirée,
16:26les jeunes, enfin, vers ces âges-là, vers 16 ans, ils faisaient boire les filles,
16:31et on profitait d'elles par la suite.
16:34Mathilde a mis des mois avant de comprendre qu'elle avait rencontré un prédateur,
16:38des mois avant d'arriver à raconter son viol.
16:45Je me suis retrouvée un peu toute seule face à cette situation.
16:47Je n'en ai pas parlé à mes parents, parce que je n'ai pas voulu qu'ils soient au
16:50courant.
16:51J'en ai parlé à des copines, certaines copines, enfin, c'était assez dur d'en parler,
16:54parce que je pleurais tous les soirs, parce que c'est ce qui m'était arrivé.
16:58J'ai eu peur d'avoir eu le sida, tout ça.
17:01Puis je n'aurais pu porter plainte contre le viol que j'avais subi.
17:06Mais comme il faut être majeur pour porter plainte,
17:08je ne voulais pas en parler à mes parents,
17:09parce que je ne voulais pas qu'ils sachent ce qui s'était passé.
17:13Du coup, je leur ai dit un an après, vers mes 17 ans.
17:16Ils étaient trop tard pour porter plainte.
17:19Donc, voilà.
17:21Mais je n'ai jamais revu, donc, heureusement.
17:26Mathilde peut encore porter plainte.
17:28Pour un viol sur mineurs, la prescription est de 10 ans après la majorité.
17:37À Bordeaux, les médecins légistes qui accueillent les victimes d'agression sont inquiets.
17:43De plus en plus de mineurs viennent aujourd'hui solliciter leur aide.
17:48Certaines de ces jeunes filles, d'une manière un peu plus rare, jeunes garçons,
17:54se présentent extrêmement angoissées,
17:57parce que se sont retrouvées le lendemain de la soirée
18:02dans une maison ou un lieu qu'ils ne connaissaient pas,
18:05avec une tenue qu'ils ne reconnaissaient pas.
18:08Ils sont partis habillés d'une façon la veille,
18:09et le lendemain, ils se retrouvent habillés d'une autre façon.
18:11Ils et elles, surtout quand ce sont des filles,
18:13mais encore une fois, nous avons également des hommes,
18:16supposent ou craignent qu'ils aient été victimes d'agressions sexuelles.
18:20Ces examens sont pratiqués lorsque les victimes ont eu ces trous noirs
18:24provoqués par l'alcool,
18:25ou lors de viols collectifs sur des jeunes trop ivres pour se défendre.
18:32Ce qui est tout à fait frappant, c'est que tout le monde est concerné.
18:36Ça touche un milieu beaucoup plus favorisé d'étudiants, bourgeois.
18:42Souvent, ces jeunes filles nous racontent qu'au départ,
18:45elles partent délibérément faire la fête avec leurs copains, leurs frères même.
18:50Et à l'arrivée, parfois, effectivement, ça dérape, si je puis dire,
18:53et il y a une agression sexuelle.
18:55Parce qu'une fois que tout le monde est très enivré,
18:59il n'y a plus de barrière sociale, il n'y a plus de barrière morale,
19:02il n'y a plus rien, il n'y a plus de barrière du tout.
19:06Désormais plus précoces et plus intenses,
19:08les premières alcoolisations des ados sont à haut risque.
19:12Adeptes des mélanges sucrés qui masquent le goût des alcools forts,
19:16ces jeunes ne maîtrisent pas le danger.
19:19Cette génération recherche-t-elle davantage l'ivresse que celle de ses parents ?
19:24Quelles sont les conséquences sur la santé de ces nouveaux modes de consommation ?
19:35A Toulouse, le docteur Emmanuel Godot coordonne le volet français
19:40d'une enquête internationale menée depuis 20 ans sur la santé des collégiens.
19:4560% des enfants ont déjà goûté à l'alcool à l'entrée au collège.
19:50Et la première ivresse, c'est vers 13 ans.
19:56Ça a augmenté dans les années 90 et maintenant, ça reste stable.
20:01Il n'y a pas plus d'enfants dans la population qu'on observe
20:04qui nous déclarent des ivresses.
20:06Par contre, c'est une augmentation des ivresses répétées,
20:10de ces formes d'alcoolisation excessives dans lesquelles on boit pour être ivre.
20:14Ça, ça a augmenté et ça continue d'augmenter.
20:17Mais on n'est pas encore dans des situations aussi catastrophiques
20:21que par exemple en Angleterre ou au Danemark.
20:26L'enquête conclut à l'apparition d'usages plus anglo-saxons,
20:30des consommations épisodiques mais importantes dans une perspective de défonce.
20:35C'est ce qu'on appelle le binge drinking.
20:39Ce binge drinking, en français, alcoolo-défonce,
20:42vient des campus américains et anglais.
20:45Il est arrivé chez nous par les grandes écoles.
20:48Depuis 10 ans, il s'est répandu dans tous les milieux étudiants
20:51et même certains lycées.
20:54Aujourd'hui, plus d'un jeune de 17 ans sur 2 l'a déjà testé.
20:59C'est parti, là. C'est parti.
21:01Il n'y a pas d'hésitation.
21:03Cette vidéo d'un concours de shot trouvée sur le web
21:05en est la parfaite illustration.
21:08Il passe le quatrième.
21:11Aucune édition.
21:14Vite.
21:17Boire beaucoup.
21:18Vite pour atteindre rapidement un état second.
21:21Il y aura égalité.
21:23Égalité.
21:24Non, non, ce n'est pas le dernier.
21:25Ce n'est pas le dernier.
21:26Ils vont se tuer.
21:28Pote, pote !
21:33Ça, c'est des bêtes, mon frère.
21:38Plusieurs équipes de chercheurs soupçonnent ce binge-drinking
21:41de générer de graves séquelles.
21:47Ici, à Reims, mais aussi à Brighton, en Angleterre,
21:51le projet européen Al Cobin, je vais suivre des étudiants
21:54pendant un an pour savoir si leur cerveau est atteint.
21:57Je ne gênerai pas sur cette tâche.
22:07Ce jeune homme est l'un des 80 volontaires de l'étude.
22:10D'après le questionnaire qu'ils ont rempli,
22:1340 sont binge-drinkers et 40 ont des consommations d'alcool plus modérées.
22:18Aujourd'hui, il passe une série de tests dans l'IRM.
22:21Vous êtes prêts ?
22:23Oui.
22:24On va faire la première tâche avec les flèches.
22:26Vous appuyez avec l'index quand la flèche est orientée vers la gauche,
22:31avec le majeur lorsqu'elle est orientée vers la droite,
22:33et vous n'appuyez pas si elle est rouge.
22:35Oui, d'accord.
22:36Ce que l'on voudrait mettre en évidence,
22:38et on a déjà des indices dans la littérature,
22:40c'est que ce mode de consommation
22:42qui alterne des phases d'ivresse intense
22:44puis des phases de sevrage dans lesquelles il n'y a pas de consommation,
22:47puis à nouveau des phases de consommation intense
22:50sont très délétères pour le cerveau.
22:54Ça va ?
22:55Oui, c'est bon.
22:56Très bien.
22:57Ces chercheurs étudient particulièrement des effets sur certaines fonctions du cerveau
23:01comme la mémorisation ou la régulation des émotions.
23:04La consommation d'alcool à haute dose
23:06provoquerait une altération des connexions entre les neurones.
23:11Ces connexions entre les neurones
23:14se mettent en place progressivement au cours de la vie
23:17et la maturation termine très tard,
23:19au début de l'âge adulte,
23:21plutôt vers 20-25 ans.
23:22Et donc c'est vraiment une période extrêmement sensible
23:25pendant laquelle la consommation d'alcool
23:27peut avoir un effet sur le long terme.
23:31L'étude révélera l'an prochain
23:33si le binge-drinking abîme le développement normal du cerveau.
23:39En parallèle, à Amiens,
23:42une autre équipe du projet Alcobinj
23:43en fait la démonstration sur des rats.
23:47Ils étudient ici les conséquences à long terme de l'alcoolodéfonce.
23:58Donc là, on a un animal, un rat,
24:00qui a été exposé à l'adolescence
24:02à des expositions d'alcool répétées
24:05de type binge-drinking
24:07entre l'âge de 28 jours et 50 jours.
24:10Et nous avons entendu l'âge adulte
24:13pour observer leur comportement
24:15de consommation d'alcool
24:16dans une tâche qu'on appelle
24:18une tâche d'auto-administration opérante
24:20dans laquelle les animaux doivent appuyer
24:22trois fois sur un levier
24:23pour obtenir une petite dose d'alcool.
24:26De l'alcool est versé dans le petit abreuvoir
24:29relié au levier du rat.
24:31Et la consommation de l'ancien binge-drinker
24:33est comparée avec celle de son voisin
24:35qui n'a jamais bu.
25:07Donc dans cet exemple, cet animal a fait
25:10107 appuis en une demi-heure
25:11mais nous avons déjà vu des animaux
25:13qui ont pressé beaucoup plus
25:14et en fait, ils ne consacrent leur comportement
25:16qu'à appuyer pendant 30 minutes.
25:17Non-stop, on continue.
25:19Ces résultats semblent montrer
25:21qu'une exposition à l'adolescence à l'alcool
25:23provoquerait à l'âge adulte
25:25en fait, une propension à consommer de l'alcool
25:27de manière plus importante
25:28que si les animaux n'ont pas été exposés
25:30pendant l'adolescence.
25:33Ces rats risqueraient davantage
25:35de devenir alcooliques.
25:37Mais des recherches sont encore à réaliser
25:39pour préciser cette hypothèse.
25:46Dans son service, le docteur Battelle
25:48constate déjà l'arrivée de patients
25:50alcoolo-dépendants plus jeunes.
25:52Ils sont souvent passés par des écoles
25:54d'ingénieurs ou de commerce.
25:56Les toutes premières à avoir pratiqué
25:58le binge drinking il y a près de 20 ans.
26:02Ces expériences-là
26:03et en particulier celles de l'alcool
26:04elles sont primordiales
26:05parce qu'elles vont déterminer
26:07le rapport que le sujet a
26:08avec le produit sur le reste de sa vie.
26:11Et que cet effet boomerang
26:12qu'on a constaté, à savoir
26:14plus on a une alcoolisation précoce
26:16et plus celle-ci est émaillée
26:17d'accidents d'ivresse
26:18plus on augmente son risque
26:20de développer une alcoolo-dépendance
26:22précoce et sévère
26:2410 à 20 ans après.
26:25C'est une bombe à retardement.
26:31Adolescent, Patrice sortait
26:33et buvait le week-end.
26:35Jamais il n'aurait imaginé
26:36que ses ivresses de jeunesse
26:38le conduiraient tout droit
26:39à l'enfer de l'alcoolisme.
26:41Un enfer dont il est sorti
26:43il y a 6 ans
26:44grâce à une cure
26:45et au soutien d'une association
26:46d'anciens malades.
26:50J'étais fait tard.
26:51Voilà, fait tard.
26:53Et puis au fur et à mesure
26:55qu'on a de la pratique,
26:58on va dire,
26:59on est obligé d'augmenter les doses
27:00pour avoir l'effet qu'on recherche
27:02puisque c'est un effet qu'on cherche.
27:04C'est pas juste pour le plaisir.
27:07Moi, j'ai augmenté les doses
27:09à 25, 25, 30 ans
27:13pour une consommation régulière
27:15aux alentours d'une quarantaine d'années.
27:18Et puis alors là, oui,
27:19à 40 ans,
27:22ben voilà, j'étais malade.
27:25Patrice buvait seul,
27:27tous les jours,
27:28du matin jusqu'au soir.
27:30Pendant des années,
27:31il s'est caché de sa famille
27:33et de ses collègues.
27:35J'ai un trou de 6 mois.
27:40Je ne sais pas
27:41ce que j'ai fait
27:41pendant 6 mois.
27:44Je m'étais anesthésié.
27:47C'était dès le matin, oui,
27:48puisque quand j'ai arrêté,
27:51c'était 10h du matin,
27:54un mécanicien
27:54qui travaillait avec moi
27:55m'a dit,
27:56t'arrêtes tes conneries,
27:58t'es bourré.
27:5910h du matin, oui,
28:00il avait raison.
28:02C'est lui qui m'a fait arrêter,
28:03de toute façon.
28:08Les recherches en cours
28:09laissent entrevoir
28:10que les séquelles à court
28:11et à long terme
28:12pour le cerveau
28:13de ces jeunes buveurs
28:14sont inquiétantes.
28:16Ces ivresses
28:17qui surviennent généralement
28:18après le bac
28:19sont de plus en plus fréquentes
28:20dès le lycée.
28:22Comment l'alcool
28:23parvient-il à prendre
28:24une telle place
28:25dans la vie des adolescents ?
28:34350 millions de personnes
28:36d'euros.
28:37C'est ce que dépensent
28:38chaque année en France
28:39les 17-18 ans
28:40pour acheter de l'alcool.
28:42Et les producteurs
28:43ne sont jamais
28:44à court d'idées
28:45pour continuer
28:45à développer ce marché.
28:47Un rouleau compresseur
28:49contre lequel lutte
28:50depuis des années
28:51le docteur Alain Rigaud.
28:56Les jeunes,
28:57pour les producteurs
28:58de boissons alcooliques,
28:59les alcooliers,
29:00comme on dit,
29:01sont un marché
29:01à conquérir.
29:02Parce que les initiés
29:04d'aujourd'hui
29:05seront les consommateurs
29:06plus ou moins réguliers
29:07de demain.
29:07Et on cherche
29:08à conquérir aussi les filles.
29:10Ça s'appelle
29:10élargir l'assiette
29:11du marché.
29:13Et les filles,
29:13on cherche à les séduire
29:14avec les boissons sucrées,
29:16les vins doux,
29:17les apéritifs.
29:20Et ça marche aussi
29:21avec les plus jeunes.
29:23Preuve de l'efficacité
29:24de ce marketing,
29:26Vendry,
29:26notre organisateur
29:27de soirées.
29:28Il expose dans sa chambre
29:29sa collection de trophées.
29:31C'est un truc que je trouve joli.
29:32Celle-là,
29:33je l'ai ramenée du Brésil.
29:34C'était une des cuites
29:35de ma meilleure amie au Brésil.
29:37Donc là, par exemple,
29:38ça, c'est ma première cuite.
29:39J'avais une soirée,
29:41je suis parté pour la soirée.
29:42J'avais acheté ça
29:43au supermarché
29:44avec une amie.
29:45Et je m'étais dit
29:46que c'était de la vodka,
29:47mais il y a de la vodka
29:48à la pomme
29:49parce qu'il y a marqué
29:49Green Apple dessus.
29:51Je me suis dit
29:51que c'est comme de la manzana,
29:52c'est pas fort,
29:53ça se voit comme ça.
29:54En fait, non,
29:54pas du tout.
29:55Et en partant de chez moi,
29:56j'ai pris la bouteille.
29:57Je l'ai mise dans une bouteille
30:00en plastique
30:01pour la boire sur le chemin
30:02en allant à la soirée.
30:04Je ne suis jamais arrivé
30:04à la soirée.
30:05Il y a blackout total.
30:07Pas que je ne me souvienne de rien,
30:08mais je sais que j'ai très mal
30:09fini la soirée
30:09qu'une heure plus tard
30:10j'étais chez moi dans ma douche.
30:12Donc ça, c'est ma première soirée.
30:13C'est ma première cuite.
30:14C'est assez nostalgique
30:15de regarder la bouteille.
30:17Donc ça, c'est ma deuxième cuite.
30:19C'est du whisky.
30:22C'est plutôt
30:24pour un âge différent en général.
30:25Les jeunes de mon âge,
30:26je n'aime pas trop ça.
30:27Après, couper du Coca,
30:28c'est super bon.
30:30Mais ce qui est bien
30:31dans cette bouteille,
30:32c'est que quand on la voit en magasin,
30:33ça attire l'œil direct.
30:34Et comme on trouve ça joli,
30:35on va l'acheter.
30:36Ça, c'est fait exprès
30:37pour les jeunes.
30:38Sûrement pas les vieux
30:39qui vont acheter une bouteille de whisky
30:40par rapport à ça, je pense.
30:44Même s'ils ne sont pas dupes,
30:45les jeunes sont des cibles parfaites.
30:47Les producteurs d'alcool
30:48créent des univers à leur couleur
30:50avec des éditions limitées
30:52à collectionner sur leurs étagères
30:54et des contenus toujours sucrés
30:56adaptés à leur papille.
31:04Ils n'aiment pas le goût de l'alcool
31:06et pourquoi ?
31:08Parce que c'est quelque chose
31:09qui est très amer.
31:09Et à l'adolescence,
31:11on a une modification des goûts
31:14qui va intervenir assez tard.
31:16C'est-à-dire que le goût,
31:17le goût astringent,
31:18le goût amer,
31:19le goût piquant,
31:21c'est quelque chose
31:22qui vient finalement
31:23avec la tempête d'hormones
31:24et en début d'adolescence.
31:26Les producteurs auraient donc
31:28trouvé la recette
31:29pour les très jeunes
31:30avec cette boisson gazeuse
31:31à base de vodka
31:32et de jus de citron.
31:33C'est une bouteille
31:34qui est blanche,
31:35qui est quand même douce.
31:37Alors quand on la regarde,
31:39elle a un côté sirop,
31:41comme un sirop.
31:42À la fois,
31:43elle a quand même presque
31:44la transparence de l'alcool.
31:46On est sur un produit
31:47qui est mis pour faire grand
31:48et à la fois,
31:50ce n'est pas les très grands
31:50qui boivent ça.
31:51On est sur une tranche
31:53quand même plutôt collège,
31:55début de lycée.
31:55Parce qu'après,
31:56ça fait peut-être
31:57un peu petit.
31:58C'est vraiment
31:59quelque chose
32:00qui est très ciblé
32:00sur un certain âge.
32:02Cette boisson
32:03qui n'a pas le goût
32:04de l'alcool
32:04mais est aussi forte
32:05qu'une bière
32:06avec un taux à 5 degrés
32:07aurait donc été
32:09délibérément conçue
32:10pour séduire les collégiens.
32:13Ici,
32:14à l'association
32:15Entreprises et Prévention
32:16qui rassemble
32:16les principaux producteurs
32:18d'alcool,
32:19la question
32:19des cocktails sucrés
32:20dérange.
32:23Les jeunes consommateurs,
32:25en tout cas,
32:26les jeunes adultes
32:26consommateurs,
32:28oui,
32:29j'imagine qu'ils aiment
32:30les cocktails.
32:31Ils sont plus
32:31effectivement aujourd'hui
32:32sur des mélanges
32:33à base d'alcool blanc
32:34que sur les boissons
32:37que buvaient leurs grands-pères.
32:38C'est clair.
32:40Mais le marketing,
32:41si c'est le sens
32:42de votre question,
32:43le marketing
32:43des boissons alcoolisées,
32:45en tout cas,
32:45chez les adhérents
32:46Entreprises et Prévention,
32:47il n'est pas fait
32:47en direction
32:48des gens
32:49qui ne sont pas en âge
32:50de consommer les produits
32:51ou de les acheter.
32:52C'est tout le problème
32:53des frontières.
32:55Il y a une frontière
32:56qui existe
32:57et qui est pour nous
32:58extrêmement importante,
32:59c'est l'interdiction
32:59de la vente d'alcool aux mineurs.
33:01Aucun rapport
33:02avec les mineurs ?
33:03Pourtant,
33:04voici les pages
33:05du site internet
33:06d'un des adhérents.
33:07Difficile de croire
33:08que tout ceci
33:09s'adresse aux plus de 18 ans.
33:14Mais les alcooliers
33:15peuvent se réfugier
33:16derrière une sorte
33:17d'immunité.
33:18Ce sont les commerçants,
33:20bars et boîtes de nuit
33:21qui doivent faire
33:21respecter la loi.
33:23La loi,
33:24c'est celle du 21 juillet 2009.
33:27Elle décrète
33:28l'interdiction complète
33:29de vendre
33:30de l'alcool aux mineurs.
33:32Une loi
33:33encore très mal appliquée.
33:41Paris,
33:4115e arrondissement.
33:43C'est exactement
33:44comme ce que
33:45je suis dit au quotidien
33:46avec les bonnes.
33:46Gabriel,
33:4715 ans,
33:48tee-shirt rouge
33:49et Martin,
33:5017 ans,
33:50ont l'habitude
33:51d'acheter de l'alcool
33:52sans aucun problème.
33:55Aujourd'hui,
33:56ils organisent
33:56une petite soirée.
33:58Nous les avons suivis
33:59en caméra cachée
34:00dans un supermarché
34:01pendant leurs courses.
34:03Ouais,
34:04voire 3.
34:05Comme ça,
34:05on en a
34:063 à prendre
34:07un 3 à prendre.
34:09si tu voulais pas
34:10prendre des bières
34:11aussi.
34:12On peut prendre
34:13une,
34:13trois bières.
34:14Une journée,
34:14on prend un petit fête.
34:16Vas-y.
34:22La caissière
34:24ne leur demande
34:24aucune pièce
34:25d'identité.
34:32D'après l'expérience
34:33de Gabriel,
34:34les refus
34:34sont très rares.
34:38Épicerie de quartier,
34:39ça arrive que certains
34:39disent non.
34:41Sinon,
34:43dans certains supermarchés,
34:45mais quand j'étais plus jeune,
34:46ça m'arrivait.
34:47Et maintenant ?
34:48Maintenant,
34:48presque ou plus,
34:49voire plus du tout.
34:50Même si tu achètes
34:51une vodka ?
34:51Même si j'achète
34:52une vodka, oui.
34:54Aujourd'hui,
34:55il n'y a
34:56aucune mesure de contrôle
34:58que cette loi
34:59est respectée.
35:00Alors que par exemple,
35:01dans un pays voisin,
35:02la Suisse,
35:03eh bien,
35:03les associations
35:04sont financées
35:06pour faire du testing
35:07et pour alerter
35:09un débit de boisson,
35:11un commerce de proximité
35:12pour lui rappeler la loi
35:13et puis la deuxième fois,
35:15il sera sanctionné.
35:17Ce testing,
35:18nous l'avons également fait
35:19dans une boîte de nuit
35:20parisienne avec Martin.
35:23Il commande une bière
35:24sans le moindre contrôle.
35:30Trois ans après la nouvelle loi,
35:32c'est encore le cas
35:33presque partout en France.
35:38Une irresponsabilité
35:39envers les mineurs
35:40qui va, pour Marie,
35:42jusqu'à la non-assistance
35:43à personne en danger.
35:46L'établissement
35:47qui les a accueillis
35:47savait très bien
35:48qu'à 15 ans et demi,
35:49elle ne devait pas être là.
35:50Donc au lieu d'appeler
35:51les secours,
35:52on l'a jeté sur le trottoir.
35:53Comme un chien,
35:53puisqu'on a vu
35:54l'état des chaussures.
35:55Elle est tombée dans le coma
35:56sur le trottoir,
35:57devant la boîte de nuit
35:57qui l'ont fait sortir
35:59par moins 7,
35:59sans même sa veste.
36:00C'est là que j'ai voulu intervenir.
36:02C'est pour ça
36:02que j'ai porté plainte.
36:04L'accident peut toujours arriver,
36:06mais ne pas appeler
36:06les secours,
36:07pour moi,
36:07c'est invraisemblable.
36:09L'établissement a seulement
36:10été condamné
36:11à 250 euros d'amende
36:13pour avoir laissé entrer
36:14une mineure.
36:16Marie a donc fait appel,
36:17malgré les pressions
36:18de la direction
36:19de la boîte de nuit.
36:22On m'a expliqué
36:23que si je portais plainte,
36:24on allait aussi m'attaquer
36:28pour manque de surveillance
36:30et défaut de couverture parentale
36:34de ma fille.
36:34Je suis prête à aller en prison.
36:36Je veux bien reconnaître
36:37que je n'ai pas fait
36:38tout comme il fallait,
36:39mais je n'irai pas seule.
36:40Je ne tolérerai pas
36:41qu'on la jette dans la rue
36:42et qu'on ne lui porte pas de soin.
36:44Les ingrédients
36:45du cocktail explosif
36:46se précisent.
36:47D'un côté,
36:48les producteurs d'alcool
36:49font tout pour séduire
36:50les adolescents.
36:51De l'autre,
36:52l'interdiction de vente
36:53aux mineurs
36:54n'est pas du tout respectée.
36:56Un contexte particulièrement
36:58dangereux
36:58pour une génération
36:59qui serait plus à risque
37:00que les précédentes.
37:08Nous retrouvons Gabriel
37:09et Martin
37:10avec leurs invités.
37:11Autour de la table,
37:13ils ont entre 15 et 17 ans.
37:18mais ils parlent déjà
37:19comme des anciens combattants
37:20de leurs premières fêtes
37:21avec alcool.
37:23C'était il y a environ
37:24deux ans,
37:25en troisième.
37:27C'est une nouvelle expérience.
37:29C'est à la recherche
37:31de nouvelles sensations
37:33entre autres.
37:34Je ne sais pas,
37:35c'était ce que buvaient
37:36nos parents,
37:37c'était entre autres
37:37un interdit de nos parents aussi.
37:39Donc, c'est surtout ça en fait.
37:41Quand on était jeune,
37:42on nous a beaucoup parlé
37:43des dangers de l'alcool,
37:45de faire attention
37:45que c'était mal
37:46et du coup,
37:47c'est aussi une recherche
37:47par rapport à la contradiction
37:49qu'on veut faire à nos parents.
37:50C'était aussi une recherche
37:51un petit peu
37:51de ce que c'était justement
37:54les dangers de l'alcool.
37:55C'était une volonté
37:56de faire une expérience nouvelle.
37:58Envie de tester l'alcool
37:59et d'enfreindre l'interdit,
38:01cela fait partie
38:02du parcours normal des ados.
38:04Mais cette soif
38:05d'expérience nouvelle
38:06serait encore plus forte
38:07pour cette génération.
38:10Aujourd'hui,
38:11on a le résultat
38:13d'excitation précoce
38:14chez les tout-petits
38:15qu'on retrouve de plus en plus
38:17dès le berceau
38:18avec des berceaux remplis
38:20d'objets qui font du bruit,
38:22des lumières et tout
38:23pour les stimuler,
38:24les solliciter le plus tôt possible
38:25pour développer leurs compétences.
38:27Et on pourrait dire
38:27qu'on va retrouver
38:28au moment de l'adolescence
38:29avec toutes les questions
38:30identitaires qui se posent
38:32un besoin pour avoir
38:34un sentiment d'existence,
38:35un besoin d'excitation.
38:37Un besoin de plus en plus précoce.
38:39Nos lycéens ont découvert
38:40l'alcool autour de 15 ans.
38:42Leurs petits frères et sœurs
38:43accélèrent le mouvement.
38:47Cette accessibilité plus rapide,
38:48que ce soit pour la clope,
38:50l'alcool, la sexualité,
38:54on a l'impression
38:55que tout est de plus en plus rapide,
38:56de plus en plus vite,
38:57de plus en plus tôt.
38:58Maintenant, moi, je vois
38:59que ça arrive à partir
38:59de la cinquième,
39:02facilement de la cinquième,
39:03voire parfois de la sixième.
39:06Cette expérimentation de l'alcool
39:07dès le collège
39:08peut gravement déraper
39:09pour des adolescents
39:10plus vulnérables.
39:14Arthur a 19 ans,
39:16il a commencé à boire
39:17en troisième.
39:24Qu'en vas-tu ?
39:25Ça va et vous ?
39:26Ça va, merci.
39:27Ici, au fil des consultations
39:29avec son éducateur,
39:30il commence à trouver
39:31des pistes pour s'en sortir.
39:33L'alcool aujourd'hui,
39:34on peut dire que c'est
39:35zéro abstinence totale
39:36ou tu te positionnes
39:39par rapport à ces tentations ?
39:40Déjà, je doute un peu
39:42parfois quand je suis tout seul
39:43ou quand je m'ennuie
39:44à la maison.
39:45Mais j'arrive à réfléchir
39:48avant d'agir
39:49et en général,
39:50je n'en prends pas.
39:52Avant de trouver de l'aide ici,
39:54Arthur buvait tous les jours.
39:55Je buvais le soir,
39:58même du whisky,
40:00je buvais jusqu'à être bourré.
40:04Donc ça pouvait aller
40:055 à 6 verres de whisky
40:06ou une bouteille de rosé ou d'oeufs.
40:09À la fin, je ne sortais plus trop.
40:10Je faisais la soirée chez moi
40:11tout seul, défoncé.
40:13Arthur situe précisément
40:15l'origine de cette plongée
40:16dans l'alcool.
40:17C'était à la fin du collège
40:19quand la pression familiale
40:20a commencé à augmenter
40:21autour de ses résultats scolaires.
40:24On m'a toujours poussé.
40:25On m'a dit,
40:25il faut que tu travailles,
40:26il faut que tu fasses des études,
40:27il faut que tu réussisses ta vie
40:28si tu veux avoir un vrai métier,
40:29il faut que tu fasses des études.
40:32Et pour ma part,
40:33ça m'a détruit plus qu'autre chose.
40:36Ça m'a pas du tout aidé.
40:38C'était trop dur ?
40:39Pour moi, oui, c'était trop dur.
40:40Je ne pouvais pas supporter ça.
40:41Et puis, il y a eu des éléments
40:42qui ont fait que ma vie
40:45n'était pas rose.
40:47Et puis, j'ai craqué.
40:49Donc, j'ai fait avec ce que je pouvais.
40:54Donc, c'était le plus facile, l'alcool.
40:57Un engrenage de plus en plus fréquent
40:58dans une société où les jeunes
41:00doivent faire face à un avenir
41:01très incertain.
41:02De ces produits...
41:04L'engouement des jeunes pour l'alcool,
41:06il s'explique avant tout
41:07par son caractère anxiolytique,
41:09c'est-à-dire celui qui va diminuer
41:11la notion de stress.
41:12Le stress compétitif,
41:14le stress d'acquérir ou pas
41:15un statut social.
41:17Et que c'est finalement un produit
41:19et une drogue qui est accessible,
41:21pas chère,
41:21et en plus,
41:23qui jouit d'une réputation sociale
41:26française plutôt positive.
41:28Donc, qu'on ne s'étonne pas
41:29que ce soit le produit le plus consommé.
41:34Comment mieux protéger
41:35nos adolescents face à l'alcool ?
41:38Parents, écoles et pouvoirs publics,
41:40chacun a son rôle à jouer.
41:42Mais cette génération
41:44qui fait tout en accéléré
41:46exige de nouvelles réponses.
41:54Rennes, un jeudi de septembre.
42:04C'est la rentrée universitaire,
42:07une des nuits les plus alcoolisées
42:09de l'année.
42:13Certains viennent de Quimper
42:14ou de Saint-Malo.
42:16Impossible de rater
42:17cette énorme fête.
42:19J'ai une boîte de nuit,
42:20un verre, ça coûte 10 euros.
42:22Une bouteille, ça coûte 10 euros.
42:24Pourquoi on ne passe la coller
42:25dans la rue ?
42:25Avec plein de gens,
42:27avec plein de rencontres.
42:28Ça peut arriver
42:29qu'on soit tellement morts
42:30qu'il faille dormir direct.
42:32Vous venez dans le canibon,
42:33ça dépend.
42:34Est-ce que vous avez
42:34un appartement sur Rennes ?
42:42Rennes compte 60 000 étudiants.
42:45Ici, ils lâchent tout,
42:47parfois dangereusement.
42:50Salut Clément.
42:52Ça va et toi ?
42:53Je file.
42:53Lola et Périne aussi
42:55sont étudiantes à Rennes.
42:57Salut.
42:57Mais ce soir,
42:58elles sont en mission,
42:59comme chaque fin de semaine.
43:03Là, ça va peut-être être
43:04un petit peu plus compliqué.
43:06Elles font de la prévention
43:08pour la mairie.
43:10Est-ce que c'est un éthylotest ?
43:13Un éthylotest ?
43:14Tu prends le volant ce soir ?
43:15Oui.
43:16D'accord.
43:16Et t'as déjà vu
43:17combien de verres, là ?
43:18J'ai pris 3 bières.
43:193 bières ?
43:203 bières, oui.
43:20D'accord, OK.
43:21Attends, j'ai donné
43:22un éthylotest.
43:23Oh, merci.
43:25Elles font partie
43:26du dispositif Nozambule,
43:28distribuent des éthylotest
43:30et donnent des conseils
43:31très concrets.
43:33Déjà pensé à bien manger ?
43:35Non, pensé à bien manger ?
43:36À ne pas boire à Jean.
43:39Pensez à bien vous hydrater
43:40parce que quand vous buvez
43:41de l'alcool,
43:41vous vous déshydratez.
43:43Vous avez tendance
43:44à plus boire
43:45parce que vous avez soif,
43:45mais en fait,
43:46ça vous déshydrate totalement.
43:47Donc, il faut penser
43:48à boire de l'eau.
43:48L'idéal, c'est de boire
43:49un verre d'eau,
43:50un verre d'alcool.
43:51Enfin, un verre d'alcool,
43:53un verre d'eau, plutôt.
43:54C'est mieux.
43:58Vous le connaissez ?
43:59Non, mais je pense
44:03qu'il a...
44:04En fait, il a obligé
44:05de boire de l'eau.
44:06Après deux bonnes heures
44:07passées dans les rues,
44:08elles vont rejoindre
44:09le coeur de la fête
44:10sur la place des Lys.
44:11C'est le plus gros
44:12de la soirée, en fait,
44:13au Lys.
44:14Le jeudi soir,
44:15c'est étudiant.
44:17Et il y a le camion.
44:18Il y a notre camion
44:19Nozambule qui est là-bas,
44:20donc on va aller voir
44:20un petit peu
44:21ce qui se passe là-bas.
44:22Au camion,
44:23des professionnels
44:24prennent le relais.
44:25Mathieu coordonne
44:26tout le dispositif
44:27jusqu'à 2h du matin.
44:29Tu vas bien ou quoi ?
44:30Bien et toi ?
44:30Est-ce que tu aurais
44:31un petit peu test ?
44:32Oui.
44:33Cet étudiant est un habitué.
44:35Mathieu peut rapidement
44:36rentrer dans le vif du sujet.
44:38Qu'est-ce que t'as vu ce soir ?
44:41Je crois une bouteille de vodka.
44:43Une bouteille de vodka ?
44:44Carré.
44:45Carré.
44:45Pour toi, tout seul ?
44:47Non.
44:48À peu près.
44:49À peu près ça.
44:50En fait, une bouteille de vodka,
44:52c'est comme si tu bevais 22 bières.
44:54Tu vois bien qu'avec 22 bières,
44:56forcément, tu vas être largement au-dessus.
44:59Déjà, pour un homme,
45:01corpulence moyenne,
45:02au bout de 2, 3, 4 vètres.
45:04Ma corpulence,
45:04je ne prends pas ma voiture.
45:05Non, tu ne prends pas ta voiture.
45:06Donc, je rentre comment chez moi ?
45:07Ce soir, ni demain.
45:09Ni demain ?
45:10Demain, en tout cas,
45:12pas avant longtemps dans la journée,
45:13tu peux conduire
45:14si tu as une voiture.
45:15Ça, c'est clair.
45:16Monsieur ?
45:16De rien.
45:17On nous rentre à pied.
45:18Merci beaucoup.
45:18Oui, c'est mieux.
45:19Merci beaucoup, Mathieu.
45:20Merci.
45:21Oui, ils sont assez réceptifs.
45:23Après, on fait la prévention
45:25et la réduction des risques.
45:26Donc, là aussi,
45:27c'est laisser limiter la casse
45:29sur certaines soirées
45:30et notamment comme un soir sur celui-ci.
45:33Nous, on est sur une attitude bienveillante.
45:34On ne fait pas de morale.
45:36L'idée, c'est qu'ils puissent rentrer en groupe
45:37à peu près tous
45:37dans un état correct,
45:40que la soirée se passe bien jusqu'au bout
45:42pour tout le monde.
45:44En 4 ans d'existence,
45:46les nozambules ont aidé
45:47des milliers de jeunes
45:48à bien finir la fête.
45:50Une démarche désormais adoptée
45:51par de plus en plus
45:52de villes étudiantes en France.
45:58Retour à Levallois-Péret.
46:00Qu'est-ce que vous allez dire d'autre ?
46:02Oui, ta journée, Vendry,
46:03c'était quoi ?
46:04C'est l'heure de l'apéritif.
46:10Un rendez-vous familial
46:12auquel se joint ce soir Siegfried,
46:14le grand frère de Vendry.
46:15J'ai quasiment fini.
46:17Il va avoir sa piole de libre.
46:19Dans cette famille,
46:20l'alcool n'a jamais été tabou.
46:23Les parents
46:24qui interdisent à leurs enfants
46:26l'alcool,
46:27j'aimerais bien
46:28qu'ils voient leurs enfants
46:28en soirée en général.
46:30C'est complètement bête
46:34de dire à ces enfants
46:35qu'il ne faut pas boire,
46:35que c'est dangereux,
46:36sachant que les enfants,
46:39sachant que les parents
46:40ont bu, à mon avis,
46:41pendant leur jeunesse.
46:42On ne boit pas.
46:43Moi, j'ai jamais bu.
46:45Mais Vendry,
46:46je n'ai jamais,
46:48jamais bu
46:49une bouteille de vodka
46:50ou une bouteille de gin
46:52ou une bouteille de whisky.
46:53On buvait
46:5410 fois moins.
46:56D'abord,
46:56ce n'étaient pas du tout
46:57les mêmes alcools
46:57et on n'avait pas besoin
46:59de boire
47:00pour être bien
47:01et pour sortir.
47:02Entre toi
47:03et Vendry,
47:04il y a déjà un monde
47:06au niveau
47:06de la consommation
47:07de l'alcool.
47:08Ils évoluaient ensemble.
47:09Lucide sur les excès
47:10de leur fils,
47:11Véronique et Christophe
47:12veulent rester dans le dialogue.
47:13La règle a toujours été claire,
47:15téléphoner,
47:16même en pleine nuit,
47:17au moindre problème.
47:18C'est toujours moins...
47:20Je voudrais que mes enfants
47:21s'amusent un certain temps,
47:23OK,
47:23mais je veux aussi
47:24qu'ils sachent
47:25qu'on est derrière
47:26et qu'on ne les abandonne pas
47:27et qu'on veut
47:30leur sécurité.
47:31On ne fait pas ça exprès
47:33pour les enquiquiner,
47:33on veut...
47:34Nous, c'est la sécurité.
47:35Donc, j'aime autant
47:36savoir
47:36et aller ramener
47:37le copain untel,
47:39la copine untel
47:40qui est toute seule
47:41et qui n'est pas bien
47:42plutôt que...
47:43Et ça,
47:43les enfants le savent
47:44et ils l'ont déjà fait.
47:45Moi, je dis en un mot
47:46ne pas interdire,
47:48mais préserver.
47:51Préserver,
47:52prévenir,
47:54trouver les bons mots
47:54et le bon moment
47:55pour parler d'alcool.
47:58Ce collège près de Nantes
48:00a osé aborder
48:00la question
48:01dès la cinquième.
48:03Ils en ont même
48:04fait un film.
48:07Souvent,
48:08les jeunes boivent
48:09pour faire passer
48:10une mauvaise nouvelle.
48:12Mauvaise note,
48:13chagrin d'amour,
48:14timidité pour inviter
48:15à danser.
48:17Les élèves ont eux-mêmes
48:18imaginé et joué
48:19les situations
48:20de rencontre
48:20avec l'alcool.
48:22Bonjour.
48:24On va y aller.
48:25C'est parti.
48:26On se met où ?
48:27C'était l'an dernier,
48:29un projet développé
48:30avec leur professeur principal.
48:32Moi, j'aimerais savoir
48:33est-ce que ça vous a servi
48:34un petit peu
48:35à réfléchir
48:36le spot
48:36que vous avez créé
48:37ou pas du tout ?
48:39Ça nous a pris des choses.
48:40par rapport à l'alcool.
48:42Enfin, plus de choses
48:43qu'on en savait.
48:45Et du coup,
48:45ça pourra nous aider
48:46si on est dans des situations
48:47comme ça,
48:48un brouille,
48:49je ne sais pas.
48:49Évoquer l'alcool en cinquième
48:50à 12 ans,
48:51ça paraît très tôt,
48:52mais le collège assume.
48:54On trouve que le niveau
48:55de cinquième
48:56est un bon niveau
48:57pour aborder
48:57certaines problématiques
48:58puisque les jeunes
48:59ne sont généralement
49:00pas encore dans les consommations
49:02notamment d'alcool.
49:03Cela intervient
49:05plus souvent,
49:05on va dire,
49:06à partir de la quatrième
49:07ou vraiment de la troisième
49:08où on commence à avoir
49:09des échos
49:10de certaines choses.
49:11Est-ce que vous avez eu
49:12l'occasion
49:13d'avoir des fêtes
49:14alcoolisées,
49:15vous,
49:15en tant qu'élève
49:16de début de quatrième ?
49:17Comment ça s'est passé
49:19à la fin de la soirée ?
49:20Il y en avait beaucoup
49:21qui étaient...
49:22qui étaient pas...
49:23Oui, voilà,
49:24qui étaient...
49:24Dessous.
49:25J'avais trop bu.
49:25Naïs sont tombés par terre.
49:29Il y en a d'autres
49:30qui ont vomi.
49:35Naïs s'est vomi sur vie.
49:39Depuis cette fête,
49:41Émilie est dégoûtée
49:42par les ravages
49:42de l'alcool.
49:43Mais les autres
49:44hésitent encore.
49:45Si jamais un jour
49:46je vais à une fête
49:47et je vais pas me dire
49:48j'avais fait un spot
49:49en cinquième,
49:50il faut pas...
49:50Non, je pense pas
49:51que ça va être comme ça.
49:52Je pense que je vais
49:55être normale,
49:55je vais me comporter
49:57normalement
49:57et je pense pas
49:58que ça m'empêchera
49:59de boire.
49:59C'est sûr que je testerai.
50:01Après, je sais pas si...
50:02Enfin, après, je sais pas
50:03si ça s'est à voir plus tard,
50:04mais peut-être
50:05que je ferai un peu plus
50:05d'attention quand même
50:06à la quantité.
50:08Et plus tard,
50:09tu penses que ce sera quand ?
50:11Bah, je sais pas,
50:12dans un ou deux ans,
50:13même pas.
50:14Après, c'est pas...
50:16Enfin, voilà,
50:16peut-être une fois,
50:17mais après, c'est pas
50:17jusqu'à plus savoir
50:18ce que je fais
50:19ou des choses comme ça, quoi.
50:21S'ils réussissent
50:22à ne pas consommer
50:23avec excès,
50:24l'objectif de leur prof
50:25sera atteint.
50:27Donner des clés aux ados
50:28pour limiter les risques
50:29des premières fêtes alcoolisées,
50:31c'est une des préventions
50:32les plus efficaces.
50:33Mais faute de moyens,
50:35elle est rarement développée.
50:38Pour le président
50:39de la Fédération Addiction,
50:40il y a urgence.
50:43Il faut qu'on ait le courage
50:45de rééquilibrer ces politiques
50:46entre là où on va quand même
50:48demander à l'offre commerciale
50:50d'en rabaisser un peu,
50:52là où on va renforcer
50:53la parole éducative
50:55et la parole accompagnante.
50:56Et c'est une parole...
50:57La parole éducative,
50:59c'est une parole attentive.
51:00C'est ça que les enfants
51:01et les adolescents
51:02attendent de nous.
51:03Et puis, là où on va renforcer
51:04l'accompagnement,
51:06réduction des risques
51:06et le fait que dans certaines circonstances,
51:08il faut savoir faire ça,
51:10que ça,
51:10et c'est ça qui aidera.
51:11C'est cet équilibre
51:12entre les trois
51:13qu'on essaye de défendre
51:15et qui pourrait faire une politique
51:16adaptée au XXIe siècle.
51:20Face au nouveau péril de l'alcool,
51:22cette politique du XXIe siècle
51:24doit rassembler les familles,
51:25les enseignants,
51:26comme les pouvoirs publics.
51:31Pour mieux protéger Lilian,
51:33Émilie,
51:34Julie,
51:36Gabriel,
51:37Martin,
51:38Vendrier,
51:39sa bande,
51:40il faut s'adapter au rythme
51:42de ces adolescents
51:43qui vivent plus vite
51:43et plus fort.
51:45Pour que leur quête d'ivresse
51:47ne se transforme pas
51:48en immense détresse.
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