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  • il y a 9 minutes
«Aujourd'hui, un homme politique est considéré comme un bandit de grand chemin», a dénoncé Pascal-Pierre Garbarini, avocat, au sujet de Nicolas Sarkozy.

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Transcription
00:00Le bénéfice du doute, c'est un principe, c'est comme le secret de l'instruction,
00:07ce sont des principes qu'on a posés mais qu'on ne respecte pas.
00:10Et puis aujourd'hui, encore une fois, on l'a vu en première instance.
00:14En première instance, M. Sarkozy, il a bénéficié quand même de trois relax.
00:20Là, il a fait appel et le parquet général aussi, le parquet également avait fait appel,
00:25de sorte que la cour, elle est saisie de tous les chefs de prévention.
00:30C'est-à-dire les quatre.
00:32Et l'association de malfaiteurs, on l'a dit souvent, c'est une infraction balai.
00:40C'est une infraction qui avait été créée au départ pour les braqueurs de banques.
00:45Parce qu'on savait qu'il y avait des équipes qui étaient en place pour attaquer les banques,
00:50mais on n'arrivait pas à avoir d'éléments matériels suffisants
00:53pour dire qu'ils avaient commis le vol à marmé.
00:55Donc du coup, on a créé cette entente préalable
00:59qui permet, grâce à cette concertation frauduleuse en vue de faire quelque chose,
01:03de prononcer des condamnations.
01:05Ce que je n'arrête pas de répéter, et notamment sur ce plateau,
01:09je dis qu'aujourd'hui, quand on est dirigeant d'entreprise
01:12ou quand on est homme politique,
01:14on est considéré de la même manière qu'un bandit de grand chemin.
01:19Il y a une équivalence aujourd'hui.
01:20C'est-à-dire de croire que parce qu'on est un homme politique
01:23et qu'on a un parcours qui est ce qu'il est
01:28et qu'on a été quand même, là pour M. Sarkozy,
01:31au plus haut courant de fonction,
01:32ce n'est pas une circonstance atténuante.
01:35C'est l'inverse.
01:36C'est une circonstance aggravante.
01:38D'où l'association de malfaiteurs,
01:40qui permettra justement de gommer les charges
01:43et les éléments matériels dont vous parlez.
01:45Bon, écoutons Christophe Anguin,
01:46qui est l'un de ses avocats qui a pris la parole après ses réquisitions.
01:52Les réquisitions du parquet général
01:54sont strictement identiques à celles du parquet national financier.
01:59Nous démontrerons dans 15 jours,
02:00lors de nos plaidoiries,
02:02la parfaite innocence de Nicolas Sarkozy.
02:06Il n'y a pas d'argent dans sa campagne.
02:08Il n'y a pas d'argent dans son patrimoine,
02:10pas d'argent libyen.
02:12Et pour cause, il n'y a pas eu de financement
02:14de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy par la Libye.
02:17Il n'y a pas eu d'enrichissement de Nicolas Sarkozy
02:20à cause de la Libye.
02:23Nicolas Sarkozy est innocent.
02:25Son élection n'a pas été biaisée.
02:28Et je le redis, Nicolas Sarkozy est innocent.
02:30Et nous le démontrerons dans 15 jours.
02:32Et rien ne trouve l'existence d'un pacte de corruption
02:35avec la Libye.
02:36Il n'y a pas d'indices, évidemment, probants
02:39qui vont dans ce sens-là.
02:40Mais vous l'avez dit, cette association de malfermeteurs
02:44permet certaines choses.
02:48Après, vous aurez observé que dans les réquisitions,
02:51parce qu'on ne l'a pas noté,
02:53le mandat de dépôt n'a pas été sollicité.
02:56Donc quand il y a un mandat de dépôt
02:57avec l'exécution provisoire
02:59qui avait été prononcée en première instance,
03:01là on appelle.
03:02Il y a une peine de prison de 7 ans
03:04qui a été requise, mais sans mandat de dépôt.
03:07Et comment vous l'interprétez ?
03:08– Je pense que l'opinion publique
03:14qui s'était quand même émue,
03:15en grande partie du fait que le processus judiciaire
03:19n'était pas terminé,
03:20puisqu'il y avait la possibilité d'appel
03:22et que la présomption d'innocence justement existait,
03:25le fait que d'ores et déjà,
03:27M. Sarkozy aille en prison,
03:30je pense que ça n'a pas été accepté.
03:31D'où le nombre de personnes qui avaient...
03:35Et je pense que le parquet général,
03:39en tout cas les avocats généraux
03:40qui ont pris la parole,
03:42ils se disent,
03:42il y aura le processus judiciaire
03:43qui ira jusqu'au bout.
03:44Alors maintenant, attention,
03:45parce que le président,
03:46la cour n'est pas tenue.
03:48– Oui, j'entends bien,
03:48mais lorsqu'on est condamné
03:50à 7 ans de prison,
03:50il y a forcément un mandat de dépôt
03:52qui intervient.
03:53– S'il forme un pourvoi en cassation,
03:55le pourvoi en cassation est suspensif.
03:58En revanche, la cour peut considérer
04:01qu'il peut prononcer un mandat de dépôt.
04:03– André Vanini qui est avocat également.
04:05– Oui, un mot pour faire suite
04:07à ce que disait mon confrère Garbarini
04:09qui avait l'air de s'offusquer
04:10que les hommes politiques soient traités
04:12de la même façon que les bandits de grand chemin.
04:15La loi est la même pour tous.
04:16C'est un principe quand même fondamental du droit.
04:19Et il est heureux qu'aujourd'hui,
04:20la loi soit appliquée avec la même sévérité,
04:23quel que soit le justiciable.
04:24– L'attaque aux personnes,
04:25ce n'est pas la même chose,
04:26si vous me permettez quand même.
04:27L'attaque aux personnes dans la hiérarchie,
04:31c'est-à-dire, il y a eu un home jacking
04:33qui a été fait, et je crois que vous en parliez,
04:37la personne a eu deux ans, je crois, de home jacking.
04:40Donc la personne fait un home jacking,
04:42ça me paraît infiniment plus grave
04:44que beaucoup d'affaires qui sont traitées.
04:46L'attaque aux personnes et la violence physique,
04:50il me semble que dans la hiérarchie,
04:52c'est différent d'autres infractions.
04:55– Oui, enfin, moi, je trouve que les atteintes
04:56à la morale publique et à l'honnêteté,
04:58qu'on est en droit d'attendre un responsable politique,
05:00c'est aussi très important.
05:01Ce que je voulais ajouter, c'est que pour un avocat,
05:03et là encore, je pense que Garbainville sera d'accord avec moi,
05:06il est difficile de se prononcer vraiment de façon précise
05:09sur un dossier quand on ne le connaît pas totalement.
05:10Moi, je m'en tiens à ce que je lis dans Le Figaro,
05:13dans Le Monde, tous les jours.
05:14– Dans Le Monde, je serais vous, je ne m'en tiendrai pas
05:16à ce que vous lisez dans Le Monde.
05:18– Ce serez vous, hein.
05:19– Parce que sur Nicolas Sarkozy ou sur Mediapart,
05:23je ne m'en tiendrai pas à ce qu'est écrit Le Monde.
05:26– Alors, pour s'en tenir à ce qu'écrit Le Figaro,
05:28les charges sont lourdes, les réquisitions sont sévères.
05:32Durand Soufflant,
05:33c'est un très bon chroniqueur judiciaire qui explique des choses.
05:35– Les réquisitions sont lourdes, ça serait incontestable.
05:37– Et j'ajoute enfin qu'il me semble qu'il y a eu un tournant
05:40dans cette affaire lorsque Nicolas Sarkozy a mis en cause Claude Guéant.
05:44Du coup, Claude Guéant s'est retourné contre Nicolas Sarkozy
05:46et il me semble que le procès a basculé à ce moment-là
05:48au détriment de Nicolas Sarkozy.
05:50– C'est drôle parce que vous commencez par dire
05:52« je ne veux pas parler d'un dossier que je ne connais pas »
05:53et puis finalement, vous le connaissez.
05:55– J'ai lu que Guéant avait été mis en cause
05:58et qu'il s'était un peu révolté, rebellé contre Sarkozy.
06:00– Bon, écoutez, au-delà de ce que vous dites,
06:03il y a des choses que je trouve importantes de répéter,
06:06il n'y a aucune preuve matérielle directe
06:09qui établit un financement libyen.
06:11Et il n'y a pas un centime qui a été retrouvé
06:13dans tous les comptes qui ont été épluchés de Nicolas Sarkozy.
06:17Pas un centime.
06:18– Donc à partir de là, on peut parler pendant des heures.
06:22Mais on a eu souvent ces discussions.
06:24– Moi franchement, moi…
06:26– Dernier mot.
06:26– Dernier mot, mais très rapidement.
06:28Moi dans ce dossier, ce qui me gêne vraiment,
06:31c'est que cette affaire, elle soit allée devant le tribunal judiciaire
06:35et la Cour d'appel.
06:36Je ne vois pas pourquoi ça a été tranché.
06:39Mais je pense que le biais qui a été choisi,
06:43c'est-à-dire de ne pas confier ce dossier à la Cour justice de la République,
06:47est l'erreur fondamentale.
06:49Puisque cela permet au juge, encore une fois,
06:51de se prononcer sur un positionnement d'homme d'État
06:56à un moment précis.
06:57Et je trouve que là, c'est une atteinte à la séparation des pouvoirs.
07:00– Et on rappelle que c'est à partir de mars 2011
07:04que les accusations qui apparaissent précisément contre Nicolas Sarkozy,
07:08c'est lorsqu'il reconnaît le Conseil national de transition libyen
07:10et qui pousse à l'intervention militaire contre Kadhafi.
07:14Et certains y voient effectivement,
07:16et on peut y voir en tout cas,
07:17une manœuvre de représailles du régime libyen.
07:20Voilà ce qu'on pouvait dire sur ce sujet.
07:21Puisque vous avez la parole, messieurs,
07:23le plaidé coupable Gérard Darmanin
07:27semble être revenu sur ce qu'il avait imaginé,
07:30le garde des Sceaux a largement revu à la baisse
07:32la portée du dispositif du plaidé coupable.
07:35Vous étiez pourtant favorable, disiez-vous,
07:37et l'un et l'autre.
07:38– Non, non, moi j'étais défavorable.
07:40On s'était accrochés d'ailleurs l'un et l'autre.
07:42Et j'observe que Darmanin recule beaucoup.
07:44D'ailleurs, je l'ai félicité.
07:45Je lui ai envoyé un message hier soir,
07:46il m'a répondu à deux heures du matin,
07:48comme quoi il ne dort pas beaucoup.
07:49Il recule beaucoup sur les affaires les plus graves,
07:51et notamment de viol.
07:52– Non, mais il recule, il explique pourquoi il recule.
07:55– Oui, mais c'est bien, il reconnaît qu'il est allé trop loin.
07:57– Non, pas du tout, il recule parce qu'il n'a pas de majorité
08:00à l'Assemblée nationale, c'est aussi bête que ça.
08:02Il ne recule pas parce que sur le fond,
08:04en tout cas c'est ce qu'il va dire.
08:06Il était ce matin sur l'antenne de France Inter, écoutez-le.
08:10Assez rare, Gérald Darmanin,
08:11que les responsables politiques reconnaissent qu'ils se sont trompés.
08:13Est-ce que c'est ce que vous faites ce matin ?
08:15Ce plaidé coupable, c'était une erreur ?
08:17– Alors je ne le crois pas,
08:18parce que je pense que tous les pays autour de nous
08:20ont un plaidé coupable.
08:21– Mais pourquoi est-ce que vous vous reculez alors ?
08:23– Nous avons deux raisons.
08:24La première, c'est que nous n'avons pas de majorité à l'Assemblée nationale
08:26pour l'instant pour cette mesure telle qu'elle est écrite.
08:29Moi je suis un réaliste,
08:30et mon principe c'est de faire du compromis politique
08:32dans un régime parlementaire,
08:34même si ça a été validé par le Sénat,
08:35et même si le Conseil d'État l'a soutenu.
08:37Deuxièmement, parce que j'ai longuement discuté avec les avocats,
08:39il y a beaucoup d'autres mesures sur mon texte de loi,
08:41évidemment, sur les nullités,
08:43sur la création de 60 tribunaux supplémentaires,
08:45sur la généalogie génétique, sur les deux victimes,
08:47et qu'avec les avocats,
08:49nous avons discuté ces représentants
08:50pour dire que nous devions restreindre très fortement.
08:53J'ai entendu beaucoup d'interpellations
08:54et beaucoup de remarques,
08:56et dont certaines, je pense,
08:57qu'elles étaient à la fois extrêmement sincères
08:58et parfois justes.
08:59Le procès est forcément une catharsis,
09:02et il est nécessaire pour l'immense majorité des victimes.
09:04Mais j'ai aussi rencontré des victimes,
09:05sans doute minoritaires,
09:07mais des victimes qui attendent,
09:08parce que c'est ça le problème.
09:09Aujourd'hui, 6 ans, 7 ans, 8 ans,
09:11d'avoir l'audience pour leur viol,
09:13leur accusé parfois est décédé,
09:14donc il n'y a pas de procès.
09:15Alors c'est bien d'attendre un procès formidable et parfait,
09:18mais si jamais il n'y en a pas,
09:20parce que l'accusé décède,
09:22parce qu'on met trop de temps à la justice,
09:23c'est ça son problème,
09:24elle met beaucoup trop de temps,
09:26c'est un problème.
09:26Deuxièmement, il y a des victimes
09:27qui ne veulent pas du tout,
09:28sans doute très minoritaires,
09:29mais pas du tout de procès.
09:30Elles ne veulent pas vivre
09:31le moment extrêmement difficile du procès.
09:34Rappelons qu'en commission des lois,
09:35les sénateurs avaient déjà réduit
09:36la portée de ce dispositif.
09:38Mais est-ce que là encore,
09:40ce n'est pas la corporation des magistrats
09:43qui ne souhaite pas plus exactement
09:45le plaidé coupable ?
09:46C'est surtout les avocats
09:48qui ne voulaient pas du plaidé coupable.
09:49Les magistrats sont partagés,
09:51plutôt favorables dans l'ensemble,
09:52parce que ça permettrait effectivement
09:55d'écluser, si j'ose dire,
09:56le stock d'affaires en attente,
09:59de jugement.
09:59Mais ce sont surtout les avocats,
10:01et notamment les pénalistes,
10:02qui étaient très opposés à cette réforme.
10:04Non, ils ne l'étaient pas justement...
10:05À part Maître Bargar-Barini.
10:08Je ne suis pas le seul.
10:10Je ne suis pas le seul.
10:11Il y a eu une manifestation des avocats.
10:12Oui, non, mais encore une fois,
10:15peu importe, on plaidera.
10:18Moi, ça ne me dérange pas.
10:19On plaidera.
10:20La difficulté, pour autant,
10:22elle demeure.
10:24Elle demeure,
10:25puisqu'on n'arrête pas
10:27d'escamoter le procès.
10:29Moi, ça me fait rire, en fait.
10:31Et même, ça m'agace.
10:33Pourquoi ça m'agace ?
10:34Parce qu'on dit,
10:35non, on va faire le procès.
10:36Mais le procès,
10:36ce n'est plus le procès
10:37pour les affaires de viol,
10:38puisque ce n'est plus maintenant
10:39le jury populaire qui juge.
10:42Ce n'est plus le peuple français.
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