- il y a 23 heures
Gilles Pialoux, chef de service des maladies infectieuses à l'hôpital Tenon AP-HP, était l'invité du Face à Face sur RMC et BFMTV ce mardi 12 mai 2026.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:01Il est 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour professeur Gilles Pialou.
00:06Bonjour Apolline.
00:06Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions ce matin.
00:08Vous êtes le chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l'hôpital Tenon,
00:12auteur de nombreux livres, on va y revenir.
00:14Évidemment, évidemment, ce matin, cette question.
00:17L'antavirus est donc présent sur le sol français.
00:20Une malade, 4 anciens membres du bateau de croisière, 8 cas contacts dits à haut risque
00:28et 14 cas contacts dits modérés.
00:31Qui, quoi, comment avons-nous les moyens de faire face ?
00:34C'est toutes les questions pour lesquelles nous avons besoin de vos éclairages.
00:37D'abord sur la personne qui est aujourd'hui malade, infectée.
00:42On dit que son état est stable, mais qu'elle est en réanimation.
00:46Est-ce que vous pouvez nous le confirmer ce matin ?
00:48C'est vrai que je n'ai pas d'informations directes, puisqu'il y a quand même le blocus sur
00:51ça.
00:51Mais effectivement, elle est en réanimation.
00:52Comme vous le savez, ces virus des Amériques sont des virus qui touchent au niveau respiratoire et cardiaque.
00:59Ça a été expliqué tout à l'heure par Margot de Fauxville.
01:02Et donc avec des atteintes assez sévères, pulmonaires, avec quelque chose qui rappelle d'ailleurs sur ce point le Covid.
01:08C'est-à-dire que c'est plus la réponse immunitaire qui rend malade.
01:10Et c'est vrai que c'est important que ces patients soient dans des structures
01:14où ils ont l'habitude de cette réanimation qui peut être très lourde,
01:18qui peut aller, comme ça a été dit, jusqu'à la circulation extra-corporelle.
01:21Et on l'a vu dans un exemple en Argentine à la fin des années 2018-2019.
01:26On va revenir sur ces cas et sur ce que l'on sait de ce virus.
01:29Au moment où l'on se parle, effectivement, les cinq anciens membres de cette croisière,
01:35dont la personne malade, sont à l'hôpital Bichat à Paris.
01:39Les symptômes de cette maladie, ce sont lesquels ?
01:44Alors, c'est vrai qu'il faut savoir, il faut être un peu humble, si je puis me permettre,
01:48et accepter qu'il y a des choses qu'on ne peut pas connaître.
01:52Et par ailleurs, le virus lui-même peut avoir évolué.
01:54Alors, c'est un virus qui mute beaucoup.
01:56On est toujours dans les virus ARN.
01:58Et celui-là, les Argentins notamment, qui en ont beaucoup chez les rongeurs,
02:02ont déjà publié plusieurs séquences de ce virus des Andes.
02:06Donc, un, on a des nouveaux virus chaque année,
02:09un nouvel antivirus à peu près chaque année, dans les sous-espèces.
02:12Et deuxièmement, une mutation permanente qui est presque plus élevée
02:15que celui du SARS-CoV-2, du Covid ou du VIH pour prendre deux virus ARN.
02:20Donc, effectivement, il peut y avoir une mutation.
02:22Par contre, ce qu'on ne peut pas dire, personne ne peut dire,
02:24si cette mutation qu'on observe régulièrement sur ces virus
02:27a un impact sur la transmissibilité ou un impact sur la gravité de la maladie
02:30qui est déjà fortement élevé.
02:32La gravité de la maladie d'abord.
02:34Les premiers symptômes, semble-t-il, peuvent arriver de manière très soudaine.
02:39La malade en question, ce qui nous est dit,
02:42c'est que lorsqu'elle quitte le bateau, qu'elle monte dans l'avion,
02:45elle ne présente pas de symptômes.
02:47C'est dans l'avion qu'elle présente les premiers symptômes,
02:49fièvre, semble-t-il, qu'elle est testée.
02:52Et en moins de 24 heures, on apprend, un, qu'elle est effectivement atteinte du virus
02:58et deux, que son état s'est fortement aggravé.
03:01En 24 heures, donc.
03:03Alors ça, c'est ce qui a été décrit, effectivement, notamment par les Argentins, entre autres,
03:08et aussi les Chiliens, c'est qu'il y a, et on a vu ça avec le cas index,
03:11il rentre le 1er avril à Ushuaïa sur le bateau.
03:14Le 6 avril, il présente des symptômes.
03:15Le cas index, c'est donc le premier malade, semble-t-il, celui qui monte sur le bateau,
03:20atteint de ce mal, et qui est mort depuis.
03:23Parce que tout le monde nous dit, il y avait sûrement des rats sur le bateau.
03:25Pour l'instant, cette hypothèse est complètement écartée.
03:27Et donc, il est dans une hypothèse de quelqu'un qui rentre sur un bateau,
03:30dans un milieu confiné, et avec une transmissibilité,
03:32qui va commencer par son épouse.
03:33Est-ce que vous pouvez nous rappeler le déroulement,
03:34à la fois au moment où il semble le contracter,
03:37le moment où les symptômes commencent à se manifester,
03:41et puis la dégradation ?
03:42Est-ce que je voulais vous raconter ?
03:43Le 1er avril, il monte.
03:44Le 6 avril, il a des symptômes qui sont assez bannaux au début.
03:48Tou, fièvre, etc.
03:49Il va s'aggraver très très vite, et il décède le 11 avril.
03:52Donc, c'est une pathologie extrêmement rapide,
03:53et ça, ça a été décrit dans le seul cas bien documenté,
03:57qui est le cas de Pentagonie,
04:00qui a été publié en décembre 2020.
04:02Personne ne l'a vu, parce qu'on était en plein Covid.
04:03Pourtant, c'était dans le plus grand journal,
04:05le New England Journal of Medicine.
04:07Et là, on avait 34 cas, dans un anniversaire de 100 personnes,
04:1034 cas, un cas index,
04:12qui est celui qui reste 92 minutes dans la fête.
04:15Donc, probablement qu'effectivement,
04:16il y a l'hypothèse qu'il faut quand même un contact durable.
04:19C'est un point important, parce que souvent, on nous dit,
04:21oui, il faut faire la différence avec le Covid,
04:23mais aussi une transmission par aérosol.
04:25Donc, c'est pour ça que ces patients sont dans les centres de référence en France.
04:28Donc, à Paris, il en existe trois.
04:30Necker pour les enfants, la pitié salpétrière,
04:32et Bichat, qui a les cinq du bateau,
04:34et qui sont équipés en chambre en pression négative.
04:37Donc, ça prouve bien qu'il y a à la fois une transmission
04:39par des contacts rapprochés,
04:41et probablement durable,
04:43je le rappelle, avec peu d'informations sur ces cas.
04:47Et c'est ce qui s'est passé dans le bateau,
04:48avec, il faut le dire quand même,
04:50des trous dans la raquette de la surveillance,
04:51dans toute la chaîne qui s'est passée après.
04:54Ça, on va venir, parce qu'effectivement,
04:56il y a beaucoup de questions qui se posent
04:57sur la manière ensuite dont les malades ont pu être même dispatchés.
05:01certains descendus en cours de la croisière,
05:03et d'autres depuis même, alors que l'on sait tout ça, dispatchés.
05:07Gilles Pialou, vous le disiez, 90 minutes dans une fête,
05:11un grand nombre de malades, 11 décédés.
05:14Ça, c'est ce cas d'école, en quelque sorte,
05:17que l'on a, c'est cette analyse que l'on a.
05:20Pourtant, au tout premier jour,
05:21lorsqu'on a commencé à parler de cette croisière,
05:23et de cette suspicion,
05:24je me souviens que les premiers commentaires disaient,
05:27non mais c'est une maladie qui ne se transmet pas d'homme à homme.
05:30Est-ce que ça veut dire qu'en réalité,
05:32on manquait d'éléments,
05:34qu'elle même, elle a changé, elle a muté ?
05:37Non, mais d'abord, il faut reconnaître
05:38que la plupart des gens qui parlent des antivirus,
05:40ne connaissaient même pas le mot
05:42au début de cette histoire de croisière.
05:44Bon, il se trouve, ce n'est pas pour faire le malin,
05:45mais moi, je m'intéresse à l'aspect One Health,
05:47qui est un aspect extrêmement important
05:48de ce type de virus,
05:51c'est-à-dire que ça inclut la santé animale,
05:54donc les rongeurs, entre autres,
05:55mais surtout les rongeurs,
05:57la santé environnementale,
05:59puisque c'est extrêmement influencé,
06:01la progression chez les rongeurs
06:03est extrêmement influencée
06:04par la déforestation,
06:06l'urbanisation des villes,
06:08la pluviométrie, etc.
06:09Il s'agissait, semble-t-il,
06:10le lieu où le patient zéro
06:12aurait contracté cette maladie,
06:14d'une décharge,
06:15dans laquelle d'ailleurs,
06:16la plupart des locaux disent
06:18ne pas aller par crainte de contamination.
06:21Alors, oui, je pense que ça va changer aussi
06:22la prévention pour les voyages.
06:23J'ai regardé hier soir,
06:24en pensant à vous,
06:25je regarde, c'est sur le site
06:26du ministère des Affaires étrangères,
06:28qu'est-ce qu'il y avait sur cette région-là ?
06:30Eh bien, le 14 avril,
06:31alors je pense que ça a été modifié depuis,
06:33ou ça l'était avant,
06:33mais depuis le 14 avril,
06:34il y a des précautions,
06:35justement, pour les personnes
06:37qui vont dans ces régions
06:38de Pentagonie ou du Chili,
06:40dont on sait que les rongeurs
06:42sont infectés,
06:43donc ça veut dire,
06:43les protections,
06:44c'est de ne pas ramasser
06:45des animaux qui sont morts,
06:47de mettre,
06:47si on est dans un univers
06:49non ventilé,
06:50de mettre un masque,
06:52etc.
06:52Enfin, il y a des protections
06:53que connaissent les vétérinaires,
06:55les forestiers,
06:56parce que c'est ces gens-là
06:57qui sont atteints
06:59par les antivirus.
07:00On parle de ça, allez-y.
07:01Il faut rappeler aux Français
07:02qu'il y a des antivirus
07:04qui circulent en Europe
07:04et en Chine,
07:05parce que c'est deux maladies différentes,
07:06il y a ceux des Amériques
07:08et ceux de l'Europe et de la Chine,
07:09et on a,
07:10Santé publique France,
07:11en 20 ans,
07:12à repérer 2900 cas
07:14d'antivirus
07:15de notre vieux monde,
07:18et qui sont peu mortels.
07:19C'est au fond la question
07:20que j'allais vous poser.
07:21Est-ce la première fois
07:22que l'antivirus des Amériques
07:24a en quelque sorte
07:26traversé l'Atlantique
07:27et qu'il se retrouve
07:27sur notre sol ?
07:28À ma connaissance,
07:29alors sauf évidemment
07:30si on vient me contredire,
07:31c'est la première fois
07:32qu'un service sanitaire européen
07:33prend en charge
07:34un patient ou une patiente
07:36atteint de ce virus des Amériques
07:38à transmission à terre humaine
07:40qui reste,
07:41je le rappelle,
07:41exceptionnel.
07:42Qui reste absolument exceptionnel,
07:44mais tout à fait aiguë.
07:45Vous le disiez,
07:46effectivement,
07:47la rapidité,
07:48et la difficulté ensuite
07:49à y échapper en quelque sorte.
07:51C'est-à-dire,
07:51je voudrais vous interroger
07:52là sur deux points.
07:53Un, la contagiosité,
07:54c'est-à-dire que vous avez parlé
07:55de ce fameux banquet,
07:56les 90 minutes,
07:57et puis ensuite
07:58la question de la mortalité.
07:59Est-ce qu'il faut toucher
08:01un malade ?
08:02Est-ce qu'il faut embrasser
08:03un malade ?
08:04Est-ce qu'il faut avoir
08:06simplement reçu ses postillons ?
08:07Qu'est-ce qui transmet la maladie ?
08:09Alors, dans l'épidémie
08:11de 34 cas et 11 décès
08:13en Patagonie,
08:14ils ont très très bien listé.
08:15Donc, la majorité des cas,
08:1875 %,
08:19c'est une transmission
08:20par un contact proche,
08:21donc la personne
08:22qui est assise à table à côté.
08:23Transmission qui peut se faire
08:24par les fluides,
08:26y compris d'ailleurs
08:27par relation sexuelle,
08:28puisqu'il faut être très clair,
08:29la salive,
08:30la sueur,
08:31toutes les sécrétions,
08:33les gouttelettes,
08:34comme vous l'avez dit.
08:34Et effectivement,
08:35dans un certain nombre de cas,
08:36dans six cas
08:37sur l'épisode de Patagonie,
08:39ils ont rapporté ça
08:40à une transmission
08:41par les aérosols.
08:42Mais là,
08:42il y a un débat pour dire
08:43qu'effectivement,
08:44ça n'a rien à voir
08:45avec le Covid.
08:45C'est-à-dire que le Covid,
08:46vous le saviez,
08:47on en a suffisamment parlé
08:48à cette table,
08:49on pouvait être contaminé,
08:50même s'il n'y a personne,
08:51uniquement par l'aérosolisation
08:53de l'espace
08:54ou par les surfaces.
08:55Vous vous rappelez
08:56qu'on n'arrêtait pas
08:57de nettoyer, etc.
08:58Là, on est quand même
08:59dans une contagiosité moindre.
09:01Mais on ne peut pas dire
09:02alors qu'il est,
09:03que c'est que par contact
09:04rapproché.
09:04C'est ça qui est important.
09:06Contagiosité moindre ?
09:07Oui, allez-y.
09:07D'ailleurs,
09:08ils sont hospitalisés
09:08dans des chambres
09:09à pression négative.
09:10Ce qui explique...
09:10Alors, est-ce que vous pouvez
09:11nous préciser ce que c'est ?
09:12Il y a deux choses.
09:13Évidemment, moi,
09:14j'ai besoin auprès de vous
09:15de trouver des réponses
09:16sur la maladie.
09:17Mais aussi sur les...
09:19Bien sûr, savoir ce que vous savez.
09:20Est-ce que vous ne savez pas ?
09:21Est-ce qu'on ne sait toujours pas,
09:22d'ailleurs ?
09:22Est-ce qu'on ne sait pas,
09:23qui est très important,
09:31en Guyane,
09:31ils l'ont fait en 2022,
09:35quand ils ont eu
09:36un onzième cas en Guyane.
09:39Ils ont fait une étude sérologique
09:40sur les gens
09:40qui avaient des infections respiratoires
09:42non étiquetées.
09:43Bon, ils ont trouvé
09:441,6% de positif,
09:45donc c'est très peu.
09:47Mais on n'a pas fait des études
09:48en population générale.
09:49Les asymptomatiques,
09:50ça veut dire que...
09:51Comme dans le Covid.
09:52Il faut...
09:53Parce que je voudrais aussi
09:54qu'on en vienne aux réponses.
09:55Mais pour essayer de comprendre
09:56quand même ce que l'on sait,
09:57effectivement, de cette maladie,
09:58on nous parle de...
10:006 semaines d'incubation.
10:02C'est-à-dire que pendant 6 semaines...
10:036 semaines, c'est la barre maximum,
10:05donc c'est la barre de la surveillance.
10:06Jusqu'à 6 semaines.
10:07Voilà, jusqu'à 6 semaines.
10:08En moyenne, c'est plutôt 2 semaines.
10:09Est-ce que ça veut dire
10:10qu'entre le moment
10:11où vous avez croisé,
10:14contacté potentiellement
10:15quelqu'un qui était malade
10:17et le moment où vous développez
10:19les premiers symptômes,
10:20il y a 2 semaines en moyenne,
10:21c'est ça ce que vous nous dites ?
10:22Mais il peut y avoir
10:22jusqu'à 6 semaines ?
10:23Il peut y avoir jusqu'à 6 semaines,
10:24ce qui fixe finalement...
10:26Imaginons, dans le meilleur des cas,
10:27que cette personne soit
10:29la dernière personne contaminée.
10:30Parce que ça a changé la donne,
10:31puisqu'il n'y avait plus de cas
10:32depuis à peu près 17 avril.
10:35Donc effectivement,
10:35il y a une espèce de tranquillité
10:36sur le bateau,
10:37de relâchement,
10:38malgré ce que vous avez dit,
10:39il y en a 36 au moins
10:40qui sont partis
10:42dans des conditions
10:42un peu dans la nature.
10:44Et puis, franchement,
10:45il y a les 22 aussi français
10:46qui vont rentrer
10:47dans les centres de référence,
10:48qui étaient aussi dans la nature.
10:50D'autres ce matin.
10:51Là-dessus,
10:53vous avez l'air vous-même
10:54et je vous ai appelé
10:57hier matin
10:58sur BFM TV
10:59et une de vos premières réactions,
11:01je me permettais
11:02de vous poser la question
11:02de manière assez naïve,
11:03mais pourquoi on ne les a pas
11:03laissés sur le bateau ?
11:04Pourquoi est-ce qu'on n'a pas
11:05été les soigner sur le bateau
11:06plutôt que de les sortir
11:08sur le territoire ?
11:09Alors, le patron de l'OMS
11:11a répondu à une interview
11:12de BFM TV hier soir,
11:14expliquant, un,
11:15qu'ils n'avaient pas forcément
11:15les moyens,
11:16et puis deux,
11:16que ça serait même
11:17une atteinte à leur santé mentale
11:19que de les laisser enfermer
11:21sur ce bateau.
11:22Mais du point de vue médical,
11:24il eût été sans doute
11:25plus logique
11:26de les garder en quarantaine.
11:28Et épidémiologiquement,
11:29l'idéal aurait été
11:30d'avoir un système de quarantaine
11:32soit au Canary,
11:33juste devant,
11:34soit un bateau.
11:35Mais l'OMS n'a pas les moyens,
11:36encore plus depuis que Trump
11:38a enlevé 18%
11:39du financement de l'OMS.
11:41Je précise que l'Argentine
11:42non plus d'ailleurs
11:42ne fait plus partie de l'OMS.
11:43Et l'Argentine qui s'est retirée
11:44officiellement
11:44quelques semaines avant.
11:45Alors pour les complotistes,
11:46c'est vrai parce qu'on dit
11:47l'Argentine s'est retirée,
11:48mais c'est partie d'Argentine.
11:49Ils font un lien
11:50entre les deux choses.
11:51Évidemment,
11:52pas de lien.
11:52Mais c'est vrai
11:53qu'on a très peu confiance
11:54et c'est un drame,
11:56c'est un trou dans la raquette
11:57d'avoir l'Amérique
11:58et l'Argentine
11:58sur lequel on a des doutes
12:00sur la qualité des informations
12:02qu'ils vont nous fournir
12:03sur la circulation
12:04de ces virus.
12:04– Il eût été en effet
12:06peut-être plus prudent
12:07de les laisser sur le bateau.
12:08Une fois qu'ils ne sont plus
12:10sur le bateau,
12:10il y a le protocole
12:11de chacun des pays.
12:12On va revenir sur le cas
12:12américain et hollandais,
12:13mais du point de vue
12:15du protocole français,
12:17il y a d'abord eu,
12:18effectivement,
12:18de manière systématique,
12:19une hospitalisation
12:20des fameux cinq membres
12:21de la croisière.
12:22Et puis,
12:23une identification
12:23de huit patients
12:24dits à haut risque,
12:26c'est-à-dire,
12:26enfin,
12:27huit personnes
12:28cas contact
12:28qui avaient pris
12:30le même avion
12:30pendant plusieurs heures
12:32dans un habitacle fermé
12:33avec une personne
12:33la veille de sa mort
12:35puisque c'est une des personnes
12:37qui, elle,
12:38ensuite est décédée.
12:39Et puis ensuite,
12:4114 qui, eux,
12:42sont considérés
12:43comme à moindre risque,
12:44n'ayant été que quelque temps
12:46le début du voyage
12:47avant qu'elles ne soient débarquées
12:48de ce fameux avion
12:49qui, lui,
12:49devait revenir en Europe.
12:50– Mais vous vous rappelez
12:51dans le Covid,
12:53au début,
12:54on disait,
12:55les notes de la DGS,
12:57c'était de dire
12:57on isole,
12:58enfin,
12:58on isole les gens
13:00symptomatiques.
13:01Après,
13:01on a dit
13:01c'est les gens
13:02un jour avant
13:03le début du symptôme.
13:04Vous savez,
13:04on a bougé.
13:05Et par exemple,
13:06l'histoire du bateau
13:07du Diamond Princess
13:08pour le Covid,
13:09c'est à ce moment-là
13:10qu'on s'est aperçu
13:10qu'on pouvait avoir
13:11un taux important
13:11de personnes asymptomatiques,
13:13je parle du Covid,
13:14qui sont contaminants.
13:15On n'a pas cette information-là.
13:17– On ne sait pas
13:17si aujourd'hui
13:18des gens qui n'ont pas
13:19de symptômes
13:19peuvent malgré tout
13:20être contagieux.
13:21– Voilà, on sait probablement
13:22qu'il y a des gens
13:22qui sont asymptomatiques,
13:23on ne sait pas
13:28que cette patiente
13:30dont j'espère que les choses
13:31vont s'arranger
13:32et rentrer dans le système
13:33de soins français
13:34avec le CNR
13:35de l'Institut Pasteur
13:36de Paris,
13:37celui de Guyane,
13:38etc.
13:38On va avoir toutes ces données.
13:40Et j'espère que l'Europe
13:41va échanger,
13:42évidemment que l'Europe
13:43va échanger les informations
13:43pour faire avancer
13:45à la fois la recherche
13:46et la prévention
13:47sur ces virus.
13:47– Placer l'ensemble
13:48des cas contacts
13:49à l'isolement renforcés
13:51comme ça a été décidé
13:52finalement hier soir,
13:53ça vous paraît
13:54une solution raisonnable ?
13:55– Oui, on aurait pu même
13:56le faire d'emblée.
13:57– Vous regrettez
13:57que ça n'est pas
13:58l'écouté d'emblée ?
13:58– Non, je ne regrette pas,
13:59je comprends,
14:00après il y a la dimension humaine,
14:01mais il y a quelque chose,
14:02vous savez,
14:03l'auto-confinement,
14:05c'est un lapsus.
14:06– C'est un peu la même chose,
14:07c'est-à-dire c'est l'auto-isolement
14:08qu'on demandait effectivement
14:09au quartier de l'époque.
14:10– On en a eu l'expérience,
14:10nous, très pratique
14:12pendant l'épidémie
14:13de M-POX,
14:14de la variole du singe,
14:14en 2022.
14:16On a dit ça
14:17à des centaines de personnes,
14:18on leur a dit
14:19vous restez chez vous
14:19le temps que vous soyez
14:20plus contagieux
14:21et c'était très long
14:22parce que c'était aussi
14:22du côté de 40 jours
14:23à cause de la disparition,
14:25des lésions,
14:25des côtes, etc.
14:27pour le M-POX
14:28et souvent quand on les appelait
14:29et tout ça,
14:29on appelait les gens
14:30pour leur donner un résultat,
14:31savoir comment ils allaient.
14:32– Parfois même pour leur dire
14:33qu'ils étaient malades.
14:34– Oui, on entendait
14:35qu'ils étaient dans un restaurant
14:36et tout ça,
14:36c'est la nature humaine
14:37qui est comme ça.
14:38C'est-à-dire qu'on ne peut pas imaginer…
14:39– Comment vous réagissez
14:40à ce moment-là,
14:40vous médecin ?
14:41– Moi, je vis avec
14:42la nature humaine des gens
14:43donc il faut faire avec
14:44les prises de risques.
14:45Oui, je ne peux pas imaginer
14:46que les 22 personnes
14:48dont on parle sur tous les 8
14:49et ce n'est pas du tout
14:50un procès que je fais,
14:51ont respecté strictuleusement
14:53ne pas sortir de chez eux,
14:54ne pas se regrouper.
14:55– La question que je vous pose,
14:56c'est qu'il y a des enfants dedans
14:57par exemple.
14:57– Est-ce qu'il n'est pas trop tard ?
14:59– Il n'est jamais trop tard
15:01pour prendre des mesures
15:02qui sont cohérentes.
15:04Après, on verra
15:05ce qui se passe
15:06pour les 22.
15:08– Comment est-ce qu'on soit…
15:08– Mais ça nous emmène loin
15:09puisque finalement,
15:10il faut recomonter 42 jours
15:12donc ça nous emmène joint.
15:13– 42 jours effectivement
15:14et on va être tous
15:16extrêmement vigilants.
15:16Comme on soigne l'antavirus,
15:18il n'y a pas de médicaments
15:19semble-t-il,
15:19est-ce qu'il pourrait un jour
15:20y avoir un vaccin ?
15:22– Alors c'est très…
15:23Je commence par la question
15:24de la science,
15:24c'est très intéressant
15:25parce qu'on parlait
15:25des États-Unis tout à l'heure.
15:27Les Américains,
15:28d'avant Trump,
15:29ont très vite repéré
15:31dans un centre
15:32de recherche militaire.
15:35Alors j'ai oublié
15:36le nom de la ville,
15:37qu'importe.
15:39Ils ont commencé
15:40des recherches
15:40et des recherches
15:41assez avancées
15:41avec un modèle
15:42de virus,
15:43de vaccins.
15:43ADN,
15:44des phasins,
15:45donc sur des volontaires sains.
15:46Donc ils ont déjà
15:46des données
15:47avec des anticorps neutralisants,
15:48etc.
15:49Pourquoi ?
15:49Parce qu'ils considèrent
15:50que c'est un risque,
15:51on rejoint les sujets
15:52précédents,
15:52c'est un risque
15:53pour leurs militaires,
15:54notamment s'il y a
15:55des opérations terrestres,
15:56forestières,
15:57en Amérique du Sud,
15:58vous voyez ce que je veux dire,
15:58Jean-Vénézuéla.
16:00Donc il y a une recherche
16:00qui est déjà assez avancée
16:01et qui va évidemment
16:02être accélérée,
16:04sauf que,
16:05comme vous le savez,
16:06il y a un certain nombre
16:07de recherches
16:08qui sont bloquées
16:09par l'administration
16:10Trump-Kennedy,
16:11notamment sur l'ARN,
16:12et que l'ARN
16:13est une piste
16:13très intéressante
16:14de vaccins
16:14contre les antivirus
16:15qui mute beaucoup.
16:16Les cas contacts
16:17aux Etats-Unis,
16:18pour le coup,
16:18eux,
16:19n'ont pas été placés
16:20à l'isolement.
16:21Oui, oui,
16:22alors effectivement,
16:23il y a plusieurs journaux
16:24qui m'ont questionné
16:26sur ce sujet-là.
16:27Il y a eu un volte-face
16:28que normalement,
16:29ils devaient aller
16:29dans le Michigan,
16:30tous dans un hôpital,
16:31et il y a eu un changement.
16:33Mais c'est vrai
16:33que tout ça
16:34est influencé
16:35par la politique sanitaire
16:37de Trump et de Kennedy.
16:38Et parallèlement,
16:38Hollande,
16:39une erreur visiblement
16:40dans l'application
16:41du protocole
16:42et 12 soignants
16:43qui n'ont pas appliqué
16:44les règles
16:45telles qu'elles devaient l'être
16:45et qui se retrouvent,
16:47eux aussi,
16:48donc placés à l'isolement
16:49de manière préventive.
16:52Les trois personnes
16:53qui sont décédées,
16:54les personnes qui sont malades,
16:56ont-ils un profil similaire ?
16:59Est-ce qu'il y a un âge,
17:00une fragilité particulière
17:02que vous pouvez repérer ?
17:04Là, c'est pareil.
17:05On n'a pas ces informations-là.
17:06Évidemment que ce type de virus,
17:08en plus,
17:09il donne une pathologie respiratoire
17:10qui ressemble un peu au Covid
17:11où c'est la réponse immunitaire
17:13qui est le plus délétère.
17:14Vous vous rappelez
17:15l'orage cytokinique,
17:16c'est-à-dire l'orage immunitaire
17:17dans l'antavirus.
17:19C'est aussi ça qui se passe.
17:20Donc probablement qu'effectivement,
17:21la logique,
17:22c'est que si des gens
17:23ont des infections respiratoires
17:24et cardiaques,
17:25évidemment,
17:25c'est un surisme.
17:26Mais dans l'épidémie
17:28de 2018-2019
17:30en Pentagonie,
17:31il y avait quand même
17:316 qui avaient moins de 17 ans.
17:33Donc voilà,
17:34ce n'est pas une pathologie
17:35– Donc ça ne va pas toucher
17:36que les personnes les plus âgées
17:37ou les plus fragiles.
17:39Au moment où on se parle,
17:40Gilles Pialou,
17:4124 heures après la découverte
17:43de ce premier cas,
17:45quel est votre état d'esprit ?
17:46Est-ce que vous diriez
17:48que vous êtes vigilant,
17:49inquiet,
17:51rassurant ?
17:52– Je crois que tous les experts
17:54qu'on questionne,
17:55on leur demande alors,
17:56c'est comme que vous dites...
17:57Non, on n'est pas dans une crainte
17:59de pandémie.
17:59Il y a beaucoup d'éléments
18:00qui vont contre l'idée
18:02d'une pandémie.
18:02Il faut être très clair là-dessus.
18:04Après,
18:05faire entrer dans un pays
18:06un virus,
18:07même si sa transmission
18:08interhumaine est rare,
18:10même si il y a probablement,
18:11c'est mon hypothèse à moi,
18:12on reprend,
18:13on verra si j'ai tort,
18:14la conjugaison
18:15de plusieurs événements rares.
18:16Un,
18:16une transmission interhumaine
18:17qui est elle-même déjà rare,
18:18donc il faut déjà aller chercher
18:19le virus des Andes.
18:21Deux,
18:22le fait qu'on soit
18:22dans un univers confiné,
18:23un bateau,
18:24c'est une caricature.
18:25Et trois,
18:25et c'était le cas
18:26de la Pentagonie,
18:27ce qu'on appelle
18:28les super sprites,
18:29d'ailleurs,
18:29les super excréteurs,
18:30et c'était le cas du cas index,
18:31il est possible
18:32que ça soit aussi le cas,
18:33donc on mélangerait
18:34les cas de rareté
18:35qui fait que globalement
18:37on va avoir
18:38une épidémie circonscrite,
18:40c'est une hypothèse.
18:41L'autre hypothèse,
18:42c'est qu'effectivement
18:43les cas contacts,
18:44les gens qu'on n'a pas suivis,
18:45ceux qui sortent
18:45des écrans radars,
18:47le fait que sur le bateau
18:47quand même l'alerte sanitaire
18:49a été mise très tardivement,
18:51vont faire qu'on aura
18:52une épidémie
18:53et une épidémie
18:53qui inquiète les gens.
18:54Voilà,
18:54et ça sera une épidémie
18:55circonscrite.
18:56Mais vous pensez bien
18:57qu'après,
18:59il y a l'irrationnel
19:00et c'est pour ça
19:01qu'on parle plutôt
19:03des épidémies
19:04type SRAS,
19:04etc.
19:05C'est pour ça que vous appelez
19:06aussi à l'humidité
19:07ce matin.
19:08Merci beaucoup professeur
19:09Gilles Pialou
19:09d'avoir répondu
19:10à mes questions.
19:11Chef des maladies infectieuses
19:13à l'hôpital Tenon.
19:14Nombreux livres,
19:14mais je cite votre dernier,
19:16ça s'appelle
19:17Admiration
19:18et vous brossez le portrait
19:19de cette figure marquante
19:20de l'histoire de la médecine
19:21justement
19:21et c'est aux éditions Perrin.
19:22Il est 8h48
19:23sur AMCBF.
Commentaires