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  • il y a 10 heures
Lors de l'émission 120 Minutes Info le 11/05/2026, Pierre Tattevin, chef du service des maladies infectieuses au CHU de Rennes était en direct avec le plateau. Il a évoqué l’hantavirus : «Pour faire la différence avec le Covid, là c’est un virus qu’on connaît depuis plusieurs décennies». 

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Transcription
00:00C'est vraiment très bien connu. Ce n'est pas un virus nouveau, si on doit faire des différences avec
00:04le Covid.
00:05C'est ce virus Andes. Ils ont séquencé la souche. On a eu les résultats il y a quelques jours.
00:10C'est vraiment un virus qu'on connaît depuis plusieurs décennies.
00:13Il a cette caractéristique que le cas zéro, le cas index, se contamine en général au contact d'un rongeur,
00:18dans la nature, avec des déjections qui sont contaminées en respirant, mais qu'il y a très peu de cas
00:23secondaires.
00:24En général, il y a zéro ou un cas secondaire qui sont le plus souvent des gens qui vivent vraiment
00:28avec le compagnon ou la compagne du cas zéro, par exemple.
00:32Dans le cas particulier, comme ça s'est produit sur une croisière, dans les caractéristiques d'une croisière,
00:37c'est que les gens sont tout le temps ensemble du matin au soir et avec un espace plutôt restreint.
00:42Pardon monsieur, je suis désolé de vous interrompre.
00:44Je suis désolé de vous interrompre. Quand vous dites cas secondaires, qu'est-ce que ça veut dire ?
00:48Les cas qui sont après le premier cas, ceux qui ont finalement été touchés par une transmission interhumaine.
00:54Le premier se contamine avec les rongeurs et après, il peut y avoir une transmission interhumaine.
00:58Elle est normalement très limitée. Normalement, il n'y en a pas plus de un.
01:01Le plus souvent, c'était zéro de transmission interhumaine.
01:04Et elle ne survient que quand les gens ont vraiment des contacts étroits et prolongés.
01:08C'est ça qui, à première vue, mais il faut rester bien sûr vigilant, laisse penser qu'on n'a
01:14pas du tout la même situation
01:16que pourrait être un nouveau Covid ou une nouvelle grippe aviaire ou quelque chose comme ça.
01:22Mais quand bien même ce virus est connu depuis une trentaine d'années,
01:25est-ce qu'on peut imaginer que la souche en question, elle, l'est beaucoup moins
01:30et que sur cette souche précisément, il y a moins de connaissances et moins de vérités établies ?
01:39Les antivirus sont quand même bien connus.
01:41Il y a eu des épidémies aux États-Unis, par exemple, d'une souche assez proche de celle qui nous
01:45préoccupe actuellement.
01:46Donc, on ne peut pas dire qu'elle n'a pas été étudiée.
01:49Et là, cette fois-ci, ils ont été très vite.
01:51Maintenant, ils peuvent séquencer un virus très vite.
01:53Donc, on sait que c'est la souche habituelle.
01:54Donc, ça, c'est plutôt rassurant.
01:57D'accord.
01:57Ceux qui ne sont pas spécialistes dans le domaine comme vous se disent aussi peut-être
02:02« Mais pourquoi on a laissé tous ces cas contacts dans la nature ? »
02:06Est-ce qu'on n'a pas confiné les passagers sur ce bateau plutôt que de favoriser une éventuelle, je
02:13dis éventuelle, épidémie ?
02:16Est-ce que vous, spécialiste des maladies infectieuses, vous avez été surpris de voir que ces passagers avaient été laissés
02:21un peu dans la nature ?
02:23Les cas contacts étroits, c'est-à-dire tous ceux qui étaient sur le bateau, sont tous hospitalisés à l
02:29'heure où on parle.
02:29C'est ceux qui ne sont pas hospitalisés.
02:31Il y a les autorités qui nous disent quand même si des Français ont été en contact, qu'ils nous
02:36fassent parvenir un message.
02:37J'ai l'impression qu'on est quand même à la recherche de cas contacts encore aujourd'hui, qu'on
02:41n'a pas identifié tout le monde.
02:43Non. Là, les cas contacts qui sont identifiés, il y a les cinq passagers du bateau, donc l'une est
02:49malade, donc n'est plus cas contacts, et eux, ils sont hospitalisés.
02:52Et puis, il y en a 22 qui sont des gens qui ont voyagé dans l'avion qui a procédé
02:57au rapatriement du patient qui est décédé, de la patiente qui est décédée en Afrique du Sud.
03:02Donc, c'est les 22 cas contacts. On n'est pas à la recherche de cas contacts supplémentaires.
03:05Oui, mais ces 22 cas contacts dont vous parlez, ils ont été au contact de personnes elles-mêmes.
03:10C'est là que je me pose la question du fait de ne pas avoir confiné ce bateau plus durablement.
03:16Pourquoi on n'a pas gardé ces gens-là, d'une certaine façon, pour tuer dans l'œuf cette souche,
03:22quelque chose de radical ?
03:24Parce qu'il vaut mieux faire ça quand il y a 22 personnes plutôt que quand il y a 3
03:27millions de personnes infectées, non ?
03:29Les 22 personnes n'ont pas été sur le bateau.
03:31Les 22 personnes, c'est des personnes qui n'ont pas été exposées à cette transmission étroite et prolongée.
03:37C'est 22 personnes qui ont pris un avion dans lequel, sur la première partie du trajet, il y avait
03:44une personne malade.
03:45Donc, c'est ça qui explique la décision qui, pour l'instant, mais ça peut changer, est de les surveiller,
03:50de les identifier, d'être disponibles s'ils développaient des symptômes, mais pas de les hospitaliser.
03:55Et c'est ce que font la plupart des pays.
03:57Ce n'est pas quelque chose de particulier à la France.
04:00La France fait partie des pays les plus prudents sur cette épidémie.
04:02Vous diriez que le protocole actuel vous paraît de bon sens et que les choses sont faites dans le bon
04:09ordre ?
04:11Oui.
04:11Oui.
04:12Et puis, il faut, alors peut-être que dans quelques jours, on va dire différemment si on s'aperçoit qu
04:17'il y a des cas supplémentaires et que le nombre de cas contacts augmenterait à ce moment-là.
04:20Mais sur les données qu'on a actuellement, c'est plutôt vraiment très prudent ce qui a été proposé, de
04:26garder les cinq passagers de la croisière à l'hôpital Bichat.
04:29Je pense que dans quelques semaines, on pourra dire que c'était ça qu'il fallait faire.
04:33Sous-titrage Société Radio-Canada
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