00:00Je pense qu'il y a beaucoup de gens qui vivent dans des conditions où ils disent
00:02« j'aimerais pas vivre comme ça ».
00:03Donc il y a deux choses, il me semble, qui sont importantes.
00:07La première chose, c'est d'essayer de voir nous collectivement.
00:10Et je dis bien collectivement, c'est pas qu'une affaire de soignants,
00:13c'est une affaire de société.
00:14Qu'est-ce qu'on fait pour accompagner ceux qui sont dans la fragilité,
00:17la vulnérabilité, la question du handicap ?
00:19Il y a tellement de personnes en situation de handicap qui, aujourd'hui, nous disent
00:22« moi, ce que je veux, c'est que la société m'aide à vivre et pas qu'elle m
00:24'aide à mourir.
00:25Aidez-moi d'abord à vivre dans des conditions qui sont acceptables. »
00:28Et puis ensuite, la question, c'est quelle est la place des soignants ?
00:31Quelle est la place de la société ?
00:33Et donc, il me semble que, même si c'est difficile,
00:37est-ce que collectivement, on souhaite faire mourir tous ceux qui nous disent
00:43qu'ils ne veulent pas vivre dans ces conditions-là ?
00:45Et c'est ça, le débat dans lequel on est actuellement.
00:47Alors c'est un débat compliqué.
00:49C'est-à-dire que c'est un débat collectif par rapport à une demande individuelle ?
00:53La question, disons, c'est que la loi n'est pas une réponse singulière.
00:56La loi est un message collectif.
00:57La puissance de ce message est très importante.
00:59Et donc, on voit bien que le travail des députés, qui va être celui des sénateurs,
01:02c'est d'essayer de tracer une ligne pour savoir à qui on dit oui, à qui on dit non.
01:05Et on espère que cette ligne pourrait être une ligne claire.
01:08Et ce dont on s'aperçoit, c'est que c'est impossible de tracer une ligne claire
01:11entre des souffrances à qui on dirait oui et des souffrances à qui on dirait non.
01:14Et c'est pour ça que, pour moi, le principe de précaution doit absolument s'appliquer
01:17parce qu'on est incapable de tracer cette ligne de façon sûre.
01:21Il faut être prudent.
Commentaires